Exhortation spéciale de mai 2012

L’harmonie dans le champ

I

Irié Anderson 1 mai 2012   ·   Koumassi   ·   26 min de lecture   ·   28 références 1 mai 2012   ·   Koumassi   ·   26 min   ·   28 références

Cette exhortation traite de l'harmonie et de l'ordre dans le champ missionnaire, en s'appuyant sur des exemples bibliques et des récits contemporains. L'auteur insiste sur la nécessité de respecter les collaborateurs, de veiller à leurs droits et de maintenir une équipe unie sous la direction de Dieu.

Mes chers amis, après avoir lu cet article de mon frère Anderson, j’ai jugé nécessaire de le publier pour l’édification du peuple de Dieu.

Fr M’BRA

L’harmonie dans le champ

Par frère IRIE Anderson – collaborateur du frère M’BRA Parfait à Koumassi

« Si Timothée arrive, faites en sorte qu’il soit sans crainte parmi vous, car il travaille comme moi à l’œuvre du Seigneur. Que personne donc ne le méprise. Accompagnez-le en paix… » (1 Corinthiens 16:10)

Je bénis le nom du Seigneur qui fait toute chose bonne en son temps et qui donne aujourd’hui la lumière sur cet aspect du ministère ou plutôt de la collaboration dans l’œuvre entre les serviteurs de Dieu. Il est bon de faire face à certaines situations selon la Parole de Dieu et non jouer à cache-cache de peur de blesser ou de frustrer ou donner l’impression que tout va bien. Il faut savoir aussi que Dieu règle les situations au fur et à mesure, jusqu’à donner l’équilibre dans le champ de mission. Il peut donc utiliser certaines situations ou certains problèmes et en cacher la solution biblique ou rendre cette même solution inadaptée à la situation, rien que dans le but de séparer ceux qui ne sont pas à leur place en vue de mettre l’harmonie.

Une fois que le Seigneur a mis en place toutes les pièces du puzzle, Il donne la lumière nécessaire pour régler toutes les affaires selon Sa Parole. Dans le récit de la création des trois premiers chapitres du livre de Genèse, le Seigneur a créé du néant d’abord et ensuite, Il a opéré les séparations nécessaires et donné les formes qui conviennent. Il a séparé la lumière d’avec les ténèbres les appelant l’une le jour et les autres, la nuit, puis les luminaires dont l’un appelé soleil pour présider au jour et l’autre, lune pour présider à la nuit. Il a créé l’homme en tant que homme et femme en une seule entité et les a ensuite séparés. Ainsi, l’homme fut d’abord et la femme ensuite.

Que devons-nous retenir de ce qui précède ?

La première idée est que le Seigneur appelle dans un premier temps à l’existence ce qui n’est pas, par Sa Parole, et dans un second temps, Il manœuvre pour leur donner la forme qui lui convient, soit en faisant venir la pluie, comme dans Genèse 2/5-6 : « lorsque l’Éternel Dieu fit la terre et les cieux, aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore : car l’Éternel DIEU n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol. Mais une vapeur s’éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol », soit en prenant de la poussière pour former l’homme et puis la femme, comme dans Genèse 2/7. Cela, Jésus l’a démontré durant Son ministère terrestre de guérison. Dans certains cas, Il a seulement prononcé la guérison, mais dans d’autres cas, Il a touché le malade pour le guérir. Cela se vérifie dans l’introduction de Jean 1/1-3 : « au commencement était LA PAROLE, et LA PAROLE était avec Dieu, et la Parole était Dieu ». On peut donc affirmer que l’une ou l’autre forment Dieu.

La seconde idée est que du « vide et de l’informe » Dieu crée premièrement dans un désordre ou chaos et après met de l’ordre, comme Il l’a prévu dans Sa pensée ou Son plan. On l’a d’ailleurs vu avec le Seigneur Jésus. Il a appelé Ses disciples et après, Il en a choisi 12 pour être apôtres.

La troisième idée est que Dieu permet souvent qu’il y ait des problèmes, image du chaos pour que l’on ait recours à Lui et alors Il révèle Sa Parole premièrement et donne ensuite Sa puissance pour appliquer celle-ci. Il annonce toujours ce qu’Il va faire. Il faut voir en cela l’image d’un chantier où on trouve un grand désordre, alors qu’une très belle construction est en cours. Et quand bien même cette belle construction serait achevée, il faudra la nettoyer et y mettre de l’ordre pour que sa beauté apparaisse. De même dans le service divin, le Seigneur rassemble toujours des gens et met par la suite de l’ordre entre eux. Il rejette certains parce qu’ils ne sont pas encore prêts. Il abaisse d’autres parce qu’ils ne font pas leur travail correctement ou pour des motifs qui relèvent de Sa souveraineté et organise enfin une équipe de travail exactement comme un sélectionneur de football le ferait.

Ce dernier fait une première sélection des 23 joueurs. Après quoi il sélectionne l’équipe-type (de 11 joueurs) qui est l’ossature avec des remplaçants pour les postes et tout ceci par plusieurs tests et autres stages de formation. Le Seigneur notre Dieu fait pareillement. Une fois l’équipe formée, il faut penser à mettre de l’ordre, afin d’assurer la veille stratégique contre l’adversaire, le diable qui rôde et qui utiliserait la faille la plus infime pour déstabiliser le groupe.

Ainsi, priver un frère ou un collaborateur d’un droit permanent et compenser cela par d’autres solutions, par crainte de toucher aux susceptibilités peut être une injustice consciente ou inconsciente. Parce qu’un frère sincère peut être injuste sans s’en rendre compte du fait de son ignorance ou d’un démon qui peut l’utiliser par faiblesse. À titre d’exemple, je rapporterai deux histoires tirées d’un livre de Kenneth E. Hagin, intitulé « L’origine et l’action des démons » ; volume 1, p-11 à 13.

La première est celle d’un pasteur qui a accepté de s’occuper d’une église sans la moindre promesse d’un salaire. Le bureau de l’église a arrêté que les dîmes et les offrandes du dimanche matin lui seraient réservées et celles des autres jours aux charges de l’église. Au départ, il gagnait très peu et ne pouvait pas subvenir correctement à ses besoins. Mais quand l’église a connu une croissance et que son avoir a augmenté, le conseil de l’église se réunit à son insu et décida d’affecter une partie de son dû à d’autres fins.

La seconde histoire est celle d’un membre (influencé par un démon) de bureau d’une église qui a aussi conseillé aux autres de réduire injustement la part d’un invité (Kenneth lui-même) et comment le Saint-Esprit l’a dénoncé publiquement par ce dernier, qui n’était pas à leur réunion. Ma préoccupation n’est pas celle de l’argent, mais la malice ou la dissimulation qui se cache derrière de telles attitudes. Cet esprit révèle que ce n’est pas une équipe unie. Or, à mon humble avis une équipe forte devrait reposer sur des principes tels que la vérité, l’honnêteté, l’amour et l’amitié pour minimiser les quelques défaillances humaines ou charnelles au sein du groupe. Dans les exemples donnés, il y a de l’opposition parmi les membres du bureau, au pasteur et une telle assemblée ne peut pas prospérer spirituellement. Cette situation peut faire du tort à l’œuvre. Il y a souvent que le diable en profite pour provoquer la séparation entre serviteurs et entraîner la mort spirituelle pour certains chrétiens attachés à l’un ou à l’autre des deux camps.

Dans ce cas, pourquoi ne pas faire recours à la Parole au lieu d’adopter des solutions humaines aussi incertaines que l’homme lui-même ? Il est gênant de parler d’argent tellement beaucoup de marchands se sont installés dans la Maison de Dieu. La première source matérielle de soutien des serviteurs de Dieu est constituée des dîmes et des offrandes versées au trésor du temple. Les dons adressés à leur personne par des frères ou sœurs selon que le Seigneur le leur met à cœur restent une affaire providentielle. Ces dons ne peuvent pas remplacer les droits attachés à l’autel. Il y a lieu ici de faire une remarque. Paul a dit lors de ses adieux aux anciens d’Éphèse, convoqués pour la circonstance à Milet « qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20/35b).

L’esprit subtil qui peut se cacher derrière la libéralité est qu’il soulage souvent le donateur et lui donne le sentiment d’être bon et il pourrait reposer dessus et attendre de la reconnaissance de la part de ceux qui en sont bénéficiaires. Il n’est pas d’ailleurs rare d’entendre plusieurs évoquer ces bienfaits dès qu’un bénéficiaire se montre négligent dans la reconnaissance vis-à-vis de leur personne. À ce propos, quand un chrétien fait des dons, il ne fait rien d’extraordinaire, car c’est une recommandation du Seigneur dans la Parole. En voici quelques citations :

« et moi je vous dis : faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer. Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes ; qui vous confiera les véritables ? Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon ». (Luc 16/9)

Celui qui ne peut pas partager les biens matériels ne peut pas recevoir des dons spirituels, les véritables richesses, parce que son égoïsme l’empêchera de mettre cela au service de la communauté. Au contraire, il en fera un moyen de se distinguer et comme il aime l’argent, il monnayera le don. Cela est valable pour le jeune serviteur comme pour tout croyant. L’amour de l’argent étant très pernicieux, il peut se cacher sous des formes extrêmement subtiles. La petite clé pourrait être : pourquoi est-on attaché à l’argent ? Est-ce pour des besoins essentiels ou superflus ?

L’autre volet de ce verset concerne la dîme qui représente « ce qui est à autrui » c’est-à-dire la part de Dieu. La dîme est ce que Dieu peut vous ordonner de donner. À la fin, ce qu’il faut retenir c’est que tout chrétien doit être sobre. C’est cela avoir du mépris pour le dieu argent. Et une autre citation semblable à la précédente :

« recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux, et de ne pas mettre leur espérance dans les richesses incertaines, mais de la mettre en DIEU qui nous donne en abondance toutes choses pour que nous en jouissions. Recommande-leur de faire du bien, d’être riches en bonnes œuvres, d’avoir de la libéralité, de la générosité, et de s’amasser ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide, afin de saisir la vie véritable ». (1 Timothée 6/17-19)

Remarquons que le Seigneur traite d’injustes et d’incertaines les richesses matérielles. Elles sont injustes et incertaines parce que ce n’est pas au mérite ou au talent qu’on les obtient toujours. Certains se sont probablement battus plus que d’autres sans pouvoir gagner des richesses. Des gens se sont retrouvés dans la vie handicapés soit physiquement ou par certaines situations qui les ont empêchés de réussir.

En plus, le Seigneur dit que celui qui a les moyens et qui ne partage pas, en tant que chrétien court le risque de ne pas entrer dans la nouvelle Jérusalem. Mon dernier constat est que dans les deux cas, il s’agit de riches chrétiens ou croyants et non des païens.

« S’il arrive chez vous faites en sorte qu’il soit sans crainte parmi vous… »

Voici ce que Paul écrit aux Corinthiens à l’égard de Timothée, un de ses collaborateurs : « s’il arrive, faites en sorte qu’il soit sans crainte parmi vous… ». Paul est alors le chef d’équipe et à ce niveau de responsabilité dans l’œuvre de Dieu, il doit veiller à ce que chacun de ses associés puisse exercer librement, sans entrave. Il fait donc des recommandations à leur sujet au peuple, afin que les droits et honneurs attachés à la fonction leur soient garantis. Quitte à eux de rester humbles, fidèles ou pas ! Conscient de la tendance naturelle chez l’homme, au culte de la personnalité, Paul demeure intraitable. Il ne ruse, ni ne flirte avec cet esprit religieux charnel. Le plus souvent, on est sensible quand on est directement victime, mais quand c’est l’autre, ce n’est pas bien grave. Tant que la victime supporte à son corps défendant l’épreuve, tout va bien. Mais qu’elle succombe ou bronche et alors, c’est une volée de bois vert. On juge qu’il est charnel. Il est bon de savoir que la non-réaction de la victime n’annule pas le péché.

Plusieurs serviteurs de Dieu ont malheureusement ce plaisir inique de tolérer les torts qui sont faits à leurs collaborateurs par des fidèles ou d’autres collaborateurs, tant qu’ils sont vénérés ou craints. Dans beaucoup d’assemblées, il y a des personnes qui ne se sentent pas concernées, tant que ce n’est pas le pasteur principal ou le « guide spirituel » qui lance un appel à faire quelque chose. Peu importe que ce soit pour le bien de l’œuvre. Ce sont des vierges folles qui s’ignorent en se privant d’un pan du ministère qui aurait pu les construire spirituellement. Ces personnes n’ont pas les yeux spirituels pour voir notre humble Seigneur au travers de tous Ses serviteurs.

Dans 1 Samuel 16/7 nous lisons :

« ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté. L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe aux yeux, mais l’Éternel regarde au cœur ».

Un petit commentaire de ce texte est utile. Il est ici question du premier fils d’Isaï dont la beauté et la taille avaient attiré l’attention du prophète envoyé vers eux par Dieu. Il avait de quoi attirer les regards, mais Dieu a dit qu’il l’avait rejeté. Il n’avait encore occupé aucune haute fonction en Israël. Il n’était qu’un soldat anonyme au repos. Cependant le mot « rejet » utilisé pour Saül au verset 23 du chapitre 15 lui est aussi collé alors même que lui, comme les autres avaient été sanctifiés (v.58).

Ce qui est caché derrière, c’est que Dieu sachant que les hommes sont naturellement attachés au premier, fait en cachette grâce à celui à qui l’on ne fait pas attention. N’est-ce pas lui qui a dit que tous les premiers-nés lui appartiennent en souvenir des premiers-nés d’Égypte qu’il avait fait périr par l’exterminateur ? Cependant, il aime utiliser les derniers pour que les hypocrites qui aiment les premières places, les premiers en tout, tombent. Il y a le cas d’Ésaü et Jacob, fils d’Isaac et le cas des fils de Joseph : Manassé et Éphraïm (Genèse 48). On peut voir comment Jacob qui était aveugle a pu poser sa main droite sur la tête du plus jeune et la gauche sur celle du premier-né de Joseph. Les protestations de Joseph n’ont rien pu faire parce que c’était une décision divine. Dans le Nouveau Testament, on a vu comment Barnabas qui est allé chercher Paul a perdu la première place au profit du même Paul. (Actes des apôtres). C’est pourquoi tous ceux qui ont la première place doivent faire attention.

Le Seigneur Jésus a dit : « plusieurs des premiers seront les derniers et plusieurs des derniers seront les premiers » (Matthieu 19/30). Pour tous les premiers, le principal danger qui les guette est de s’habituer aux honneurs et oublier Dieu qui les a élevés. Quand Dieu a rejeté Saül, ce qui intéressait celui-là, ce n’était plus les préoccupations du Seigneur qui l’avait établi sur Son peuple, mais son honneur. Il avait oublié qu’il était « benjamite, de l’une des plus petites tribus d’Israël ? Et ma famille n’est-elle pas la moindre de toutes les familles de la tribu de Benjamin ? » (1 Samuel 9/21). Il va jusqu’à demander à Samuel de l’honorer aux yeux des anciens, plutôt que de pleurer et s’humilier devant Dieu, comme David l’a fait après lui quand il a commis un grave péché.

Le pasteur ou le ministre, élevé au-dessus de ses collaborateurs doit veiller au bien-être spirituel, psychologique, moral et matériel par devoir et non pas par gentillesse ou humanisme. Il doit intégrer cela comme une responsabilité devant le Seigneur vis-à-vis de ses collaborateurs. C’est dans cet esprit que l’apôtre Paul a affirmé : « vous savez vous-même que ces mains (les mains de Paul) ont pourvu à mes besoins et aux besoins des personnes qui étaient avec moi » (Actes 20/34). C’était en toute conscience qu’il veillait à cela. Que dire alors de ces pasteurs qui vivent dans un luxe insolent, se taillant des parts léonines dans les retombées matérielles et financières de l’œuvre ? L’essentiel est affecté à leurs besoins et désirs, plutôt qu’à ce qui concerne le travail spirituel (voyages missionnaires, charges de l’église, etc.).

Le plus souvent toutes les autres dépenses sont supportées par des frères dans l’assemblée. On va même jusqu’à posséder de nombreux véhicules tout seul (achats ou dons). On est fiers de dire la fortune qu’on a alors que les collaborateurs sont à pied ou dans les transports en commun, vivotant. On devient une source de tentation pour eux. Parfois ces moyens sont utilisés pour caporaliser les autres, les dominer ou encore les mettre aux ordres. Ils deviennent plus leurs serviteurs que ceux de Dieu. Par exemple dans 1 Corinthiens 16, Paul a demandé à Apollos d’aller à Corinthe, mais il n’était pas disposé à y aller. Néanmoins, Paul n’en a pas fait une affaire. Il est vrai que ce sont des aides, mais ils sont appelés par le Seigneur lui-même. Il n’est pas rare de voir le Seigneur laisser le premier à ses rêves et remettre le témoin à un second, soit de son vivant ou après sa mort. Les exemples de Moïse et Josué, Aaron et Éléazar, son fils ; Saül et David ; Barnabas et Paul se trouvent dans la Bible et on en trouve toujours dans le Corps de CHRIST.

« …Car il travaille comme moi à l’œuvre du Seigneur ».

Paul nous donne la raison pour laquelle, il prend toutes ses dispositions. Il montre que Timothée travaille non pas pour lui Paul, mais comme lui à l’œuvre de Dieu. Paul a eu, au cours de ses voyages missionnaires, à faire beaucoup de convertis et former beaucoup de serviteurs de Dieu. Toutefois, il ne les a pas tous pris pour être ses aides dans le ministère. Conduit certainement par l’ESPRIT, il a pris certains dont Timothée avec lui. Le collaborateur du serviteur de Dieu, s’il est son propre choix, le Seigneur n’est en rien concerné par leurs affaires, mais si c’est le Seigneur qui les a mis ensemble, ils sont d’accord au service de Dieu. Le premier doit reconnaître le second comme appelé de Dieu et a la responsabilité de l’encourager.

D’ailleurs, c’est pour cela que le premier ou le bureau doit procéder à la cérémonie d’imposition des mains aux yeux de tout le peuple, pas pour lui transmettre l’onction, mais lui donner publiquement la main d’association et ainsi lui conférer l’autorité vis-à-vis du peuple. En effet, le serviteur de Dieu est à la fois un officier militaire (comme tel il dirige seul ou en collaboration les prières, les combats, les délivrances etc.) et un officier d’état civil (présente les nouveau-nés, préside les cérémonies funéraires, célèbre les mariages) et aussi un juge (parce qu’il règle les différends dans les foyers, dans l’église et prend des sanctions etc.) pour la maison de Dieu. Il faut lui déférer cette autorité pour lui permettre quel que soit son âge de faire tranquillement son travail. Ceci n’a pas pour but de le décorer ni de l’inciter à dominer le peuple.

C’est pourquoi, il faut aussi l’éprouver. C’est afin d’amener le peuple à avoir du respect pour les serviteurs de Dieu. Ainsi, il y a de l’ordre dans l’œuvre ou l’assemblée. Vu l’importance de cet ordre dans l’église, Paul écrit dans Hébreux 13/17 ceci :

« obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes dont ils devront rendre compte ; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage ».

En effet, il y a beaucoup de craintes chez certains principaux de voir leur collaborateur ravir l’œuvre et qu’eux ne soient mis en difficulté dans un conflit d’autorité. Où met-on la confiance en Dieu ? Est-ce SON œuvre ou la leur ? À ce niveau, voici deux autres histoires que des frères qui m’encadraient m’ont racontées dans une ville quand j’y étais encore élève. Elles sont marquantes en ce sens qu’elles montrent la fidélité du Seigneur quant à veiller sur Son œuvre. Il s’agit d’un brave pasteur un peu âgé qui s’occupait de façon paternaliste de son assemblée. Il s’acquittait très bien de sa tâche. Un jour, le bureau de l’église a fait venir un jeune serviteur plein de fougue. Bientôt, toute l’église n’avait d’yeux que pour le nouveau venu. Toute la libéralité allait vers lui. Ils lui ont même offert une voiture. Le comble a été que l’ancien pasteur devenu gênant a été viré de l’assemblée. Il s’est retiré le cœur pur et la conscience tranquille. Il est alors allé s’occuper d’un autre groupe qui l’avait sollicité. Au bout d’un moment le pasteur vedette a commencé à coucher avec les sœurs, à commettre bien d’autres dégâts et a fini par s’enfuir tel un mercenaire. La confusion s’est installée dans l’église. Ils sont entrés en eux-mêmes et sont allés s’humilier devant le vétéran de l’armée de Dieu pour lui demander de revenir.

Voici une autre histoire. C’est celle d’une sœur qui avait eu un don de prophétie très épatant dans une assemblée. Bientôt, les frères et sœurs vont se détourner du pasteur pour aller vers la sœur pour régler leurs problèmes. Malgré les conseils du pasteur à la sœur et à l’assemblée, rien n’y fit. Peu de temps après, le propriétaire de la vigne entra en scène et la sœur devint folle au grand désarroi de toute l’église. Plusieurs sont venus vers le pasteur pour se repentir.

Toutefois, pour éviter ces désagréments, des dispositions sont prises et indiquées dans la Bible.

Premier cas : dans Luc 6/12 à 16, Jésus a prié toute la nuit et le matin venu, Il a choisi 12 de Ses disciples pour en faire Ses apôtres. Il faut donc prier avant de choisir ses collaborateurs sous la conduite de l’Esprit Saint. Le faire de façon responsable sans hésiter.

Deuxième cas : dans Tite 1/5-16. Tite devait choisir et « établir des anciens dans l’église » de Crète. Il devait tenir compte de leurs caractères, leur situation matrimoniale, mais aussi leur témoignage auprès des frères et sœurs. Ce sont des critères objectifs observables (à l’œil nu) dont il pouvait se servir pour désigner ses collaborateurs.

Malgré toutes ces mesures, il y a toujours la souveraineté de Dieu qui n’est pas en notre pouvoir. Il y aura donc des trahisons et des séparations. C’est inévitable. Tout serviteur de Dieu qui craint cela court le risque d’être hypocrite et sans fermeté dans l’œuvre. Ainsi, Jésus a prié toute la nuit, mais cela ne l’a pas empêché de choisir Judas Iscariote qui l’a livré plus tard (Luc 6/12-16 ; Jean 6/70-71). Paul de même n’a pas pu échapper à la trahison de certains de ses compagnons. On a Phygelle et Hermogène (2 Timothée 1/15) ; Hyménée et Philète (2 Timothée 2/17-18) et Démas (2 Timothée 4/10 ; Philémon 24 ; Colossiens 4/14). Et la plus spectaculaire séparation est celle de Barnabas et Paul (Actes 15/36-41). Comme on peut le voir, le contrôle sur l’avenir d’une collaboration ou association est impossible.

« …que personne ne le méprise. Accompagnez-le en paix… »

Malgré sa jeunesse, Timothée est aussi serviteur de Dieu. Aucun frère ou sœur, quelle que soit sa fonction ou sa position dans l’église, ne doit lui manquer de respect. Des chrétiens charnels se retiennent devant le pasteur principal et n’hésitent pas à se défouler sur l’associé et cela sans retenue. Ceux-là ne lui reconnaissent aucune autorité et surtout quand socialement, il n’est pas imposant. Là, c’est le comble ! Paul savait que les Corinthiens étaient charnels dans leur façon de voir et de faire. Il lui a paru nécessaire de le leur écrire expressément. On peut voir des épouses de pasteurs se croire au-dessus des collaborateurs de leurs conjoints ; se permettant de leur donner des ordres dans l’église, de leur parler bon comme leur semble ou de les envoyer ou de les mépriser tout simplement.

Et que dire de ceux dont les épouses deviennent automatiquement leurs adjoints ? Il n’est pas exclu qu’entre frères et sœurs on puisse se demander des services. C’est la raison pour laquelle certains sont frappés, qu’ils ne sont pas exaucés sur certains sujets ou qu’ils ont des malheurs sans cause apparente. Il faut enfin comprendre que c’est pour une question d’ordre que Dieu prend un ou quelques-uns pour les mettre devant de l’œuvre de Dieu. Qui que ce soit, apôtre, prophète, docteur, évangéliste, pasteur, ancien, bishop, archi bishop ou révérend qui méprise un autre serviteur de Dieu en portera la peine devant Dieu. Il s’attire la colère de Dieu. Voilà ce que Dieu dit dans le Psaume 105/15 : « ne touchez pas à mes oints, et ne faites pas de mal à mes prophètes ! »

À propos du mépris, le méprisé peut être responsable de sa situation. Il y a parfois la peur des hommes, la crainte d’être rejeté par le pasteur principal ou ses hommes influents et qu’il ne puisse plus exercer. Ou bien le raisonnement est du genre : « Celui-ci a été choisi par Dieu et donc si je ne fais pas l’impossible pour rester à ses côtés, je suis perdu. » C’est un esprit de crainte qui n’est pas de Dieu. C’est même un culte de la personne. C’est quelque chose qui se trouve dans la psychologie de beaucoup de jeunes serviteurs qui sont plutôt contents de s’afficher avec des gens de renom. Ce n’est pas responsable. Ils pensent : « celui-ci a du succès et a une assemblée déjà, si je ne lutte pas pour espérer continuer à prêcher dans son sillage en vue de me faire connaître je ne réussirai pas. » Ça, c’est de l’aventure et non un ministère qu’on a reçu de Dieu. Ce sont des béquilles humaines sur lesquelles ils s’appuient et non Dieu. Or Dieu a dit : « maudit soit celui qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour appui, et détourne son cœur de l’Éternel ! Il est comme un misérable dans le désert… » (Jérémie 17/5-6). Toutefois, il en existe qui veulent s’affranchir dans de mauvais desseins. Ceux-là doivent savoir que nous adorons un Dieu vivant qui sait tout. Ainsi donc le serviteur de Dieu ne doit pas se mépriser lui-même en mendiant sa place que le divin maître lui a donnée pour travailler. Il doit comprendre que si Dieu l’a appelé, il le mettra là où Il veut qu’il soit. Il doit être libre dans sa tête et travailler dans une bonne conscience devant Dieu et dans le respect de ses aînés dans le service.

Généralement, celui qui est spirituel le fait aisément. Sinon, Job n’a-t-il pas dit : « ce que je crains c’est ce qui m’arrive et ce que je redoute, c’est ce qui m’atteint » (Job 3/25) ? C’est aussi dans cet esprit que Paul écrit toujours à ses jeunes collaborateurs ou associés de ne pas donner l’occasion aux gens de la maison de Dieu comme du dehors de les mépriser. Dans 1 Timothée 4/12 il est écrit : « que personne ne méprise ta jeunesse » et dans Tite 2/15 : « dis ces choses, exhorte, et reprends, avec une pleine autorité et que personne ne te méprise ».

Au-delà de l’aspect qui se trouve au niveau de la pensée du jeune associé vient celui du comportement. L’associé doit avoir une bonne conduite, un bon témoignage. N’est-ce pas ce qui a poussé Paul à prendre Timothée avec lui car « Les frères de Lystre et d’Icone rendaient de lui un bon témoignage » (Actes 16/2) ? Il doit être un modèle pour les frères et sœurs, mais pas leur Dieu.

En effet, seul Dieu est parfait. Cependant le ministre doit tendre vers la perfection. Ce n’est pas le lieu de s’abandonner paresseusement à ses faiblesses et défauts. Paul en bon père dira à Timothée : « mais sois un modèle, en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Tim 4/12b) pour éviter de se faire mépriser. Ainsi, le jeune homme doit faire ses efforts pour éviter les pièges du diable, car nous n’ignorons pas ses desseins. Le serviteur qui veut être comme le principal, avoir les mêmes privilèges que lui ou encore le dépasser est dans le faux. Un autre qui est en concurrence avec son pasteur est possédé d’un esprit de jalousie et agit avec l’amertume. On les entend dire souvent : « Nous sommes tous des serviteurs de Dieu au même titre » ou « Dieu m’a dit que je serai ceci, je serai cela ». Ceux-là ne servent pas le Seigneur et son peuple, mais tellement ambitieux, ils ne se préoccupent que de devenir importants et célèbres.

Ils ont toujours des révélations du genre « transfiguration sur la montagne » sur eux-mêmes et les autres dans des positions dégradées. Ainsi, chaque erreur de leur pasteur est habilement exploitée comme Absalom l’a fait à David son père. Ils finissent toujours par quitter d’eux-mêmes ou à diviser les assemblées pour emporter ceux qui sont leurs prosélytes avec eux pour une nouvelle aventure. L’associé doit se faire respecter et se soumettre selon l’ordre de Dieu à son pasteur. Ce dernier a à charge de faire en sorte de préserver la dignité de son associé, car c’est un serviteur de Dieu dans le même champ. Il faut éviter qu’il s’endette, qu’il tende la main aux frères et aux sœurs en privé, ce qui frise avec la mendicité, d’autant plus que tous ne sont pas convertis et qu’il y a aussi des hypocrites dans les assemblées. Cela peut avoir un effet biaisant pour l’autorité de la direction de l’église. Bien qu’il doive faire des efforts pour supporter les épreuves, il faut aussi l’assister.

En conclusion, le premier responsable d’une œuvre doit faire en sorte que ses associés soient dignes aux yeux du peuple de Dieu et veiller à cela comme un devoir sacré. Car Paul parle de pleine autorité à Tite et non une autorité à moitié. Forcément, l’associé a moins d’expérience que le principal et ce dernier ne doit pas non plus profiter de ses maladresses pour le livrer au mépris du peuple, mais lui assurer une protection pour le bénéfice de la maison du Seigneur. Le principal doit se garder de devenir un serviteur méchant et cruel pour ceux sur lesquels il a été établi par le Seigneur. Car « la moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers (sincères). Priez donc LE MAÎTRE DE LA MOISSON d’envoyer des ouvriers (qui ne cherchent pas l’argent et la renommée) dans SA moisson ». Matthieu 9/37-38.

Que le Seigneur nous bénisse et à bientôt !

Frère IRIE ANDERSON.

Les Écritures de ce texte

Index complet des 28 références

1 Corinthiens 16:10Genèse 2Jean 1Actes 20Luc 161 Timothée 61 Samuel 16Genèse 48Matthieu 191 Samuel 91 Corinthiens 16Hébreux 13Luc 6Tite 1Jean 62 Timothée 12 Timothée 22 Timothée 4Philémon 1:24Colossiens 4Actes 15Psaumes 105Jérémie 17Job 31 Timothée 4Tite 2Actes 16Matthieu 9

1 Corinthiens 16:10Genèse 2Jean 1Actes 20Luc 16 + 23 autres

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