Livre 2 : Le jeune homme et son désespoir (1933-1946). Livre 3 : L’homme et sa commission (1946-1950)
Surnaturelle : la vie de William Branham, volume II
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Surnaturelle
La VIE de
William Branham
Volume II
Livre 2
Le Jeune Homme et son Désespoir (1933-1946) Livre 3 L’Homme et sa Commission (1946-1950)
Owen Jorgensen
Surnaturelle :
La VIEde
William Branham
Livre 2
Le Jeune Homme et son Désespoir
(1933-1946)
Livre 3
L’Homme et sa Commission
(1946-1950)
Copyright © 2019
Par Owen Jorgensen
Tous droits réservés. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle doit premièrement faire l’objet du consentement de l’auteur.
ISBN Livre anglais
ISBN 13 : 978-1-7322795-4-4
Traduit, édité et publié en français
avec la permission de l’auteur par :
Assemblée Lumière du Soir
16 rue du Pont
Warden QC J0E 2M0
surnaturelle.ca
Éditeur de la version originale anglaise
Owen Jorgensen
7801 Dahl Road
Moses Lake WA 98837
Dédicace
Quelque part dans le monde, un adolescent sincère est à la
recherche de réponses à des questions comme :
Est-ce que Dieu existe réellement ? Si oui, qui est-Il ? Et où est-Il ? Et est-ce que ce Dieu s’intéresse à ma vie ? C’est à toi, jeune chercheur, que ce livre est dédié. Parce que, moi aussi, j’en ai été un.
Table des matières
Dédicace… III Introduction …7 LIVRE DEUX : LE JEUNE HOMME ET SON DÉSESPOIR …9 CHAPITRE 15 : UNE DEMANDE EN MARIAGE MUETTE (1933)…11 CHAPITRE 16 : COMME UNE CHAUVE-SOURIS SORTIE DE L’ENFER (1933 – 1934) …21 CHAPITRE 17 : UN MARIAGE PLEIN D’ESPOIR (1933 – 1934)…27 CHAPITRE 18 : L’ERREUR APRÈS MISHAWAKA (1936) …35 CHAPITRE 19 : UN RIDEAU NOIR TOMBE (1936)…51 CHAPITRE 20 : LA DÉSASTREUSE INONDATION (1937)…63 CHAPITRE 21 : HOPE MEURT (1937) …71 CHAPITRE 22 : LE MOMENT LE PLUS TRAÎTRE DE SA VIE (1937) …81 CHAPITRE 23 : COMBATTANT L’ADVERSITÉ (1939 – 1937) …93 CHAPITRE 24 : DES JAMBES ESTROPIÉES REDRESSÉES (1939)… 105 CHAPITRE 25 : LE MIRACLE DE M-I-I-I-LLTOWN (1940) … 121 CHAPITRE 26 : PERDU SUR LE MONT HURRICANE (1941) … 135 CHAPITRE 27 : LE TAUREAU MEURTRIER (1945) … 149 CHAPITRE 28 : UN ANGE APPORTE UNE COMMISSION (1946) … 167 CHAPITRE 29 : LE SIGNE DANS SA MAIN (1946)… 183 CHAPITRE 30 : DES PRISONNIERS LIBÉRÉS (1946)… 191 LIVRE TROIS : L’HOMME ET SA COMMISSION… 203 CHAPITRE 31 : LE RÊVE ÉTRANGE DE L’HOMME AVEUGLE (1946) … 205 CHAPITRE 32 : DÉFIANT LA FOLIE (1946) … 213 CHAPITRE 33 : UNE LIGNE DE PRIÈRE LONGUE DE HUIT JOURS (1946) … 225 CHAPITRE 34 : LE CHOC DU RETOUR (1946)… 241 CHAPITRE 35 : REFUSANT UN CADEAU DE 1 500 000 $ (1947)… 249 CHAPITRE 36 : UNE FOI D’APACHE (1947) … 261 CHAPITRE 37 : LA RÉPRIMANDE DE L’ANGE (1947) … 271
CHAPITRE 38 : LA « LIGNE AUX MIRACLES » (1947)…277 CHAPITRE 39 : LES ROCHEUSES DU COLORADO (1947) …285 CHAPITRE 40 : LE GRAND TEST (1947) …291 CHAPITRE 41 : LA CONNEXION BOSWORTH (1948) …303 CHAPITRE 42 : BRISÉ ET RELEVÉ (1948) …319 CHAPITRE 43 : LE SECOND SIGNE APPARAÎT (1948) …331 CHAPITRE 44 : COMPRENANT SON MINISTÈRE (1948 – 1949) …341 CHAPITRE 45 : PHÉNOMÈNES À FORT WAYNE (1949)… 357 CHAPITRE 46 : L’ANGE PHOTOGRAPHIÉ À HOUSTON (1950) …375 CHAPITRE 47 : LE VOL D’AVION DÉSESPÉRÉ DE NIGHTINGALE (1950)… 395 CHAPITRE 48 : RÉSURRECTION D’UN GARÇON MORT SELON UNE VISION (1950) …403 CHAPITRE 49 : AMIS ET ENNEMIS (1950)…421 CHAPITRE 50 : UNE LAVANDIÈRE RETARDE SON VOL (1950)…435 CHAPITRE 51 : LES VISIONS EXPLIQUÉES (1950) …441 CHAPITRE 52 : UN AIGLE SUR LE SENTIER DE LA RIVIÈRE TROUBLESOME (1950)…451 SOURCES ET NOTES DE LA FIN…463 INDEX… 475
Introduction
William Branham est né le 6 avril 1909, dans une cabane en rondins d’une pièce près de Burkesville, dans le Kentucky. Lorsque Billy avait trois ans, sa famille déménagea à Jeffersonville, en Indiana. Son père, Charles, n’ayant pas même une éducation primaire, travaillait dans des emplois peu rémunérés pour subvenir aux besoins de sa famille grandissante — une famille qui comptait au total 9 garçons et une fille, dont Billy était l’aîné. Charles Branham avait une envie irrésistible de whisky. En 1916, l’État d’Indiana avait des lois strictes interdisant la fabrication, la vente et la consommation d’alcool. Refusant d’être contraint par ces lois, il se fabriqua clandestinement un alambic pour distiller, en cachette, son propre whisky. Un après-midi, il ordonna à Billy de transporter de l’eau de leur puits, près de la grange jusqu’au hangar où cet alambic était dissimulé. Billy n’avait que sept ans. Porter un lourd seau d’eau dans chaque main lui faisait mal aux épaules. Il faisait la moue parce qu’il voulait pêcher avec ses amis. En passant sous un peuplier, il remarqua un tourbillon tournoyant dans les branches de l’arbre. Il posa les seaux pour observer. Une voix parla à partir de ce tourbillon, disant : « Ne bois pas, ne fume pas, et ne souille ton corps d’aucune façon. Tu auras un travail à faire quand tu seras plus vieux. » Terrifié, Billy abandonna les seaux et courut vers sa maison ; mais il n’oublia jamais ces mots. Des années plus tard, alors qu’il s’apprêtait à prendre une gorgée de whisky, le son d’un tourbillon l’arrêta. À l’adolescence, la même chose se produisit lorsqu’il était sur le point d’allumer sa première cigarette. Il la laissa tomber et courut. Ces expériences, et d’autres étranges l’ont finalement conduit à chercher Dieu. En tant que jeune adulte, Billy priait dans un hangar à bois derrière la maison de ses parents. Il vit alors une lumière en forme de croix suspendue dans les airs au-dessus de lui. Il réalisa que cette croix symbolisait la mort et la résurrection de Jésus- Christ. Il avait sa réponse. Billy commença à lire la Bible et à fréquenter une église baptiste locale. Débordant de joie, il parlait de
Jésus à tous ceux qui voulaient bien l’entendre. Bientôt, son pasteur demanda à Billy s’il voulait essayer de prêcher. C’est ainsi que son ministère chrétien commença. Mais son association avec l’Église baptiste se termina brusquement lorsqu’il refusa d’ordonner une femme en tant que prédicateur. Il commença alors sa propre église indépendante. Il ne le lui fallut pas longtemps avant d’avoir une petite congrégation dévouée. Le 11 juin 1933, il organisa une réunion d’évangélisation dans un chapiteau de cirque loué. À la fin de la réunion, tout le monde descendit sur la rive de la rivière Ohio pour regarder Billy baptiser chaque nouveau converti au nom de Jésus-Christ. Tandis qu’il se trouvait dans la rivière avec de l’eau jusqu’à la taille, une boule de lumière descendit d’un ciel sans nuages et se suspendit au-dessus de lui. Une voix forte déclara : « Comme Jean-Baptiste a été envoyé pour précéder la première venue de Christ, ton ministère sera le précurseur de Sa seconde venue. » À l’époque, Billy n’avait aucune idée de ce que cela pouvait signifier. En 1934, William Marrion Branham épousa Amelia Hope Brumback. En trois ans, ils eurent deux enfants : d’abord un fils qu’ils nommèrent William Paul ; puis une fille qu’ils appelèrent Sharon Rose. Tout se passait bien dans la vie de Billy jusqu’en janvier 1937, lorsque la rivière Ohio inonda Jeffersonville. Sa femme et sa fille tombèrent malades et décédèrent. Naturellement, Billy eut le cœur brisé. Le chapitre 24 commence en 1940, alors que Billy est un père monoparental qui travaille à temps plein pour la compagnie d’électricité locale, Public Service Indiana. En même temps, il a toujours son travail à temps partiel en tant que garde-chasse de l’état de l’Indiana. Et si cela ne suffisait pas, il est toujours le pasteur d’une petite église appelée Tabernacle Branham. Des choses miraculeuses continuent de se produire dans sa vie — de bonnes choses, qui ne font qu’aggraver le mystère de la raison pour laquelle il est si différent des autres. Mais il y a des réponses à venir…
Owen Jorgensen, 2018
LIVRE DEUX : Le jeune homme et son désespoir (1933 – 1946)
Chapitre 15
Une demande en mariage muette
1933
B IEN QUE William Branham fût maintenant pasteur de sa propre congrégation et qu’il prêchât au Masonic Hall à Jeffersonville, chaque dimanche matin, il continua à assister aux services du dimanche soir et du mercredi soir à l’Église Missionnaire Baptiste pendant tout l’été 1933. Il faut dire que c’était plus une excuse pour être avec sa petite amie, Hope Brumbach que pour écouter prêcher le Dr Davis. Mais maintenant que la construction de sa propre église allait être bientôt terminée, cela allait changer puisqu’il tiendrait maintenant ses propres services en semaine. Alors, quand pourrait-il voir sa petite amie ? Billy avait toujours été timide et peu sûr de lui avec la gent féminine. La pensée de perdre son excuse toute faite pour voir Hope lui donnait des sueurs froides. Billy chérissait chaque minute qu’il passait en compagnie de Hope. Lorsqu’elle souriait, il souriait. Lorsqu’elle riait, il riait. Elle amenait quelque chose de magique autour de lui, quelque chose qu’il ne comprenait pas, mais qu’il aimait. À ses yeux, elle était tout ce qui était beau et bon dans le monde ; air et pluie, été et fleurs, bonté et désir… Plus il la côtoyait, plus il voulait être avec elle. Qu’allait-il arriver à leur relation s’il n’avait plus d’excuses pour la voir chaque mercredi soir ? Allait-elle s’éloigner de lui ? Billy frissonnait à cette pensée. Et si elle trouvait un autre petit ami ? Billy avait le souffle coupé rien qu’à cette pensée. Il ne pouvait risquer de la perdre. Comment pourrait-il vivre ? Non, il fallait qu’il trouve une autre bonne excuse pour la voir régulièrement. Puis, comme Billy tournait et retournait le problème dans sa tête, il lui vint à l’esprit que la meilleure façon de passer plus de temps avec Hope Brumbach était qu’elle change son nom en Branham.
12 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir À la minute où il se décida à demander Hope en mariage, ses doutes commencèrent à le torturer sous un autre point de vue. Son père gagnait 500 $ [350 €] par mois, étant à la tête d’un syndicat de travailleurs, la ligne locale de la Pennsylvania Railroad. Billy, de son côté, gagnait 20 sous [0,14 €] de l’heure, en travaillant pour les Services publics et il aidait à entretenir financièrement, avec son maigre revenu, sa mère, son père, sept frères et une sœur. Comment pourrait-il subvenir aux besoins d’une épouse ? Tout ce qu’il avait à lui offrir, c’était son amour et son dévouement. Qui était-il pour enlever Hope de sa maison confortable et la soumettre aux difficultés de la pauvreté ? Elle méritait tellement mieux que cela. Après beaucoup d’angoisse dans son âme et son esprit, Billy décida qu’il ne pouvait pas demander Hope en mariage. Il l’aimait trop pour gâcher sa vie. Mais cette décision ne mit pas fin à sa souffrance ; elle ne fit qu’amener un autre dilemme. S’il n’allait pas demander à Hope de l’épouser, comment pourrait-il justifier de prendre de son temps ? Ne serait-il pas mieux pour elle qu’il mette fin à leur relation ? Le plus tôt il cesserait de la voir, le plus tôt elle pourrait trouver quelqu’un d’autre, un homme qui pourrait lui offrir une vie agréable. Oui, c’était la chose à faire. Et c’était ce qu’il devait faire. Mais… même si Billy pensait qu’il serait dans l’intérêt de Hope de lui dire adieu, il ne pouvait se résoudre à le faire. Il recalcula ses finances et ses possibilités. Certains de ses frères étaient maintenant assez âgés pour aider aussi sa mère à payer les factures de la famille. C’était un plus. Et ses autres frères n’étaient pas si loin derrière. D’ici quelques années, ils seraient aussi en mesure de contribuer. Un autre plus. Peut-être que Billy pourrait réduire son aide peu à peu sans causer de difficultés supplémentaires à sa mère. Alors, après tout, s’il travaillait dur, peut-être qu’il pourrait offrir une vie décente à Hope. Son excitation grandissait alors qu’il considérait les possibilités sous différents angles. Oui, il semblait qu’il pourrait s’en tirer financièrement. Devrait-il le faire ? Oui, oui. Il allait demander à Hope Brumbach d’être sa femme !
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Mais, prendre la décision de lui demander et lui demander était deux choses différentes. Comme le mois d’août laissait la place au mois de septembre, Billy essayait de rassembler assez de courage pour poser la question décisive. Il regardait ses yeux sombres et son sourire radieux, et pensait : « Oh, là là, nous serions si heureux ensemble. » Mais, chaque fois qu’il s’apprêtait à poser la question, sa bouche devenait sèche et un nœud se formait dans sa gorge, si bien qu’il avait de la peine à avaler, encore plus à prononcer une phrase compréhensible. Chaque soir qu’il était avec elle, il essayait de nouveau, mais les mots refusaient de sortir de sa bouche. Il se disait en lui-même : « Ce soir, je le ferai ! Je ne laisserai pas dix minutes passer à ma montre avant de lui demander. » Cela ne servait à rien, le temps passait et il ne pouvait rassembler le courage nécessaire pour la demander en mariage. Billy se tourmentait pendant des heures à propos de son problème. Parfois, il s’arrêtait dans un fossé où il travaillait, appuyait son menton sur sa pelle et fixait l’horizon, pendant que son cerveau creusait et grattait le sol fertile de son esprit, essayant de trouver une solution. Comment allait-il lui faire savoir qu’il voulait l’épouser, s’il n’avait pas le courage de parler ? Un moment, il envisagea la possibilité d’envoyer son ami George DeArk faire la demande à sa place. Mais cela ne semblait pas la meilleure idée. Hope pourrait même lui dire non dans ces conditions. Comment pourrait-il s’y prendre, alors ? De quelle façon ? Puis, il lui vint une idée. Il avait trouvé ! Il allait lui écrire une lettre. Ce dimanche soir-là, Billy veilla tard, papier et crayon en main, peinant sur chaque phrase, composant, réécrivant, transpirant, jusqu’à ce que cette lettre recto verso exprime au mieux ses sentiments. Une fois ce pas herculéen franchi, sa première intention fut de la remettre à Hope en personne. Puis il l’imagina en train de la lire silencieusement pendant qu’il se tiendrait à ses côtés, se tournant les pouces et se mordant les lèvres, se sentant si nerveux qu’il pourrait facilement s’évanouir. Non, cela ne fonctionnerait pas. Il décida de la poster. S’il postait sa lettre lundi, Hope la recevrait mardi et elle pourrait lui donner sa réponse mercredi soir, lorsqu’il la prendrait pour aller à l’église. Cela lui sembla être un bon projet.
14 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Lundi matin, Billy humecta un timbre, le colla sur l’enveloppe et déposa sa lettre dans une boîte aux lettres en se rendant à son travail. Un peu plus tard ce jour-là, alors qu’il creusait un fossé, une pensée horrifiante lui traversa l’esprit : qu’arriverait-il si la mère de Hope mettait la main sur sa lettre ? La sueur perla au front de Billy et ses genoux flanchèrent au point qu’il dut s’appuyer sur le rebord du fossé. Il pensa : « Si sa mère lit la lettre, je suis cuit. » Billy s’entendait bien avec le père de Hope, Charlie, mais avec sa mère, c’était une autre histoire. Chic et guindée, Mme Brumbach était fière d’appartenir à la haute société. Elle habitait une très belle maison, portait des vêtements coûteux, était membre d’une grande église formaliste et appartenait à une multitude d’organisations influentes. Elle considérait Billy comme un gentil garçon, n’ayant vraiment pas assez de classe pour épouser sa fille. Elle prenait aussi ombrage des convictions religieuses bornées de Billy. Si elle voyait cette lettre, elle s’opposerait probablement vigoureusement. Elle serait même capable de pousser Hope à rompre avec lui. Billy frissonna à cette pensée. Le mercredi soir, Billy stationna sa voiture derrière la nouvelle Buick rutilante des Brumbach. Il laissa la porte de sa vieille Ford ouverte, au cas où Mme Brumbach aurait lu la lettre et qu’il devrait partir précipitamment. Hope lui ouvrit : « Bonjour, Billy. Tu ne veux pas entrer ? » « Oh, non », pensa Billy. « Tu vas me faire entrer là où est ta mère et tu vas fermer la porte. Et alors je serai dans un beau pétrin. » Il sourit timidement et dit : « Merci, Hope, mais il fait un peu chaud. Je vais attendre ici sur la galerie, en attendant que tu sois prête. » « Allez, entre. Papa et Maman veulent te voir. » Billy pensa : « Ça y est. » Il entra nerveusement, enleva son chapeau et se tint près de la porte, prêt à s’échapper rapidement. Hope lui dit : « Va à la cuisine, où se trouvent mes parents. Je serai prête pour l’église dans quelques instants. »
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Billy marcha jusqu’à l’entrée de la cuisine. Les parents de Hope étaient assis à table. « Bonjour, M. Brumbach. Bonjour, Mme Brumbach. » Charlie Brumbach, toujours cordial, dit : « Bonjour Billy. Ne veux-tu pas entrer et prendre un verre de thé glacé ? » « Non merci, je n’ai pas soif. » « Bon, pourquoi ne viens-tu pas tout de même t’asseoir ici ? » Le complot semblait grandir. Le cœur de Billy se mit à battre la chamade. « Non merci, je vais attendre ici, si ça ne vous dérange pas. Quel temps magnifique avons-nous. » Mme Brumbach dit : « Oui, quel temps magnifique. » Ils parlèrent tous les trois du temps et de choses et d’autres, jusqu’à ce que Hope descende les escaliers. Billy put respirer normalement seulement lorsqu’ils furent sur la galerie, la porte d’entrée bien fermée derrière eux. « Billy, c’est une si belle soirée, allons à l’église à pied. » Une nouvelle vague d’angoisse traversa Billy. Il pensa : « Ça y est. Elle va me dire que c’est fini entre nous. Je ferais mieux de la regarder comme il faut, parce que c’est probablement la dernière fois que je vais être avec elle. » Mais Hope ne mentionna pas la lettre sur le chemin de l’église. Billy souffrit le martyre tout le long du service. Il n’entendit pas un seul mot de ce que prêcha le Dr Davis. Au lieu de cela, il passa son temps à regarder Hope du coin de l’œil, pensant à quel point il refusait l’idée de la perdre. C’était une jeune fille si décente. Ce soir, elle avait l’air plus radieuse que jamais. Il espérait qu’elle trouverait quelqu’un qui serait bon pour elle. Elle méritait ce que la vie avait de mieux à offrir. Il faisait nuit lorsque Billy et Hope sortirent de l’église et commencèrent à marcher en direction de la maison. Un quartier de lune était suspendu comme une lampe dans le ciel sombre. Toutes les fois qu’ils sortaient de l’ombre des arbres, les rayons de lune
16 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir contrastaient avec les cheveux noirs de Hope et ses yeux sombres avec ses douces joues blanches. Billy tremblait d’amour et du désir de demeurer toujours à ses côtés. « Alors, Billy, comment as-tu trouvé le service de ce soir ? » demanda Hope avec désinvolture. « Oh, c’était bien, j’imagine. » Billy avait l’impression que sa mâchoire était faite en carton ; elle semblait si raide et inutile. Il observa Hope pour découvrir un froncement de sourcil ou un autre indice qui indiquerait que le moment fatidique était arrivé. Chaque fois qu’elle remuait les lèvres pour parler, Billy était sûr que la fin était proche. Au lieu de cela, elle lançait une remarque anodine, comme si elle n’avait rien d’autre à l’esprit que les plaisirs de l’été indien. Comme ils arrivaient en vue de sa maison et qu’elle n’avait toujours pas mentionné la lettre, Billy commença à soupçonner qu’elle n’avait pas reçu de lettre du tout. Peut-être que celle-ci était restée prise dans la boîte aux lettres ou qu’elle avait été perdue au bureau de poste. Quelque chose devait lui être arrivé. Si Hope l’avait lue, elle l’aurait sûrement mentionné. Billy retrouva son sang-froid et sa langue se délia. Il étendit la main et pris Hope par le bras. Il se sentait bien. Ils étaient presque devant sa maison, maintenant. Pendant une pause dans la conversation, Hope dit : « Billy, j’ai reçu ta lettre. » Un frisson parcourut l’échine de Billy ; un nœud se forma dans sa gorge et empêcha l’air de passer, si bien qu’il avait de la peine à respirer. Il déglutit et réussit à dire d’une voix rauque : « Vraiment ? » Hope dit : « Mm-hm » et continua à marcher. La tension était insupportable. Il pensa : « Femme, dis quelque chose, sinon je vais m’évanouir ! » Mais Hope semblait vouloir laisser ses mots suspendus dans les airs sans faire de commentaires. Billy pensa : « Là, il faut que je dise quelque chose, parce que nous ne sommes qu’à quelques pas de sa porte. » Il rassembla tout son courage et dit : « L’as-tu lue ? »
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Elle répondit : « Oui, oui » et c’était tout. Billy sentait que ce suspense allait le rendre fou : « L’as-tu aimée ? » Ses lèvres ébauchèrent un sourire, un sourire impitoyable : « Oh, elle était bien. » Billy sentit une bouffée d’adrénaline l’envahir. Il arrêta et se tourna pour lui faire face. « Hope… » « Billy, j’aimerais beaucoup t’épouser », dit-elle. « Je t’aime. » Le lendemain, Billy et Hope se rendirent au centre-ville, dans une bijouterie. Billy paya 8 $ [5,50 €] pour une paire de bagues de mariage. Billy attacha l’alliance dans sa poche pour ne pas la perdre accidentellement. Puis, il prit gentiment le doigt gracieux de Hope dans sa main calleuse et commença à y glisser la bague de fiançailles. Hope l’arrêta : « Billy, ne penses-tu pas qu’il serait courtois de demander à Maman et Papa d’abord ? » Billy sentit battre les muscles de son cœur. « Oh, là là » pensa-t-il : « nous y voilà de nouveau. » Il craignait que Hope ne change d’idée si Mme Brumbach s’opposait assez fermement. Lentement, à contrecœur, il lâcha : « Oui, je suppose. » Puis, il eut une idée : « Dis, Hope, lorsque nous serons mariés, ce sera moitié-moitié, n’est-ce pas ? » « C’est vrai, j’aurai ma part. » « Et moi la mienne. Qu’en dirais-tu si l’on commençait maintenant : tu demandes à ta mère et moi à ton père ? » Hope haussa les épaules : « C’est d’accord. » « Tu devrais peut-être me laisser demander à ton père en premier », suggéra Billy astucieusement. Il voulait obtenir l’accord de Charlie avant que Mme Brumbach en entende parler. Cela lui semblait être sa meilleure chance. « Vas-tu lui demander bientôt ? »
18 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
« Je le ferai dimanche soir. » Le dimanche soir d’après, lorsque Billy ramena Hope chez elle après l’église, ils étaient tous deux assis au salon en train d’écouter le phonographe Victrola. Charlie Brumbach était en train de taper un texte à son bureau. Mme Brumbach faisait du crochet, assise dans une confortable chaise Morris. Hope le regarda en fronçant les sourcils et lui fit un signe de tête en direction de son père. Billy secoua la tête et lui fit signe en direction de sa mère. Il ne pouvait demander à son père maintenant, pas avec sa mère assise au salon. Ça serait comme de leur demander aux deux. Sa mère pouvait faire une scène et Billy repartir sans rien. Billy se leva. « Il est neuf heures et demie. Je crois que je devrais y aller. » Hope l’accompagna à la porte, en tenant sa main. Il lui dit bonne nuit et essaya de s’en aller, mais elle ne lâcha pas sa main. Elle murmura : « Tu ne lui demandes pas ? » « Je ne peux pas lui demander si ta mère est assise là. » « Dans ce cas, je vais aller à l’intérieur et tu pourras l’appeler dehors. » C’était plutôt embarrassant pour Billy, mais il n’avait pas d’autre idée. « D’accord. » Hope retourna au salon. Billy s’éclaircit la gorge : « M. Brumbach, puis-je vous parler un instant ? » Charlie arrêta de taper et se retourna sur sa chaise. « Certainement Billy, que veux-tu ? » « Je veux dire, sur la galerie. » Mme Brumbach quitta son ouvrage des yeux et fronça les sourcils d’un air inquisiteur. Charlie dit : « Certainement » et il suivit Billy jusque sur la galerie, en fermant la porte derrière lui. Billy observa la lune et dit : « C’est une belle soirée, n’est-ce pas ? »
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« Une très belle soirée » acquiesça Charlie. « Il a fait très chaud ces derniers temps. » « Certainement. » Billy cherchait les mots justes, « Vous savez, euh, je me demandais si, euh, si… » « Tu peux l’avoir, Billy. » Un soulagement intense l’envahit. Il aurait voulu embrasser M. Brumbach, mais se contenta de lui serrer la main. « Charlie, je suis pauvre. Je ne peux pas prendre soin d’elle aussi bien que vous. Je ne gagne que 20 sous [0,14 €] de l’heure. Mais, Charlie, elle ne pourrait pas trouver quelqu’un qui l’aime autant que moi. Et je vais travailler jusqu’à ce que mes mains soient en sang pour lui procurer de quoi vivre. Je lui serai fidèle et ferai tout ce que je peux pour la rendre heureuse. » Charlie posa sa grande main sur l’épaule de Billy. « Billy, je sais que tu l’aimes et je sais qu’elle t’aime ; et je préfère que ce soit toi qui l’aie dans ces conditions, plutôt que quelqu’un qui la maltraiterait, peu importe combien d’argent il pourrait avoir. De plus, ce n’est pas ce que tu possèdes dans la vie qui compte, mais c’est de se contenter de ce que l’on a. » « Merci, Charlie. Je vais m’en souvenir. » Billy ne demanda jamais à Hope ce que sa mère avait dit lorsqu’elle lui avait demandé, ça lui suffisait de savoir qu’elle ne se tiendrait pas en travers de leur chemin. La date du mariage fut fixée au mois de juin de l’année suivante.
20 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
Billy et M. Brumbach
Chapitre 16
COMME UNE CHAUVE-SOURIS SORTIE DE L’ENFER
1933 — 1934
L A CONSTRUCTION sur le lotissement à l’angle de la rue Penn et de la 8e rue fut terminée à la fin du mois de septembre 1933. Par amour et respect pour leur pasteur, les membres de la congrégation votèrent pour appeler le bâtiment « Tabernacle Branham ». La bâtisse ne ressemblait pas à la structure typique d’une église. Elle n’avait pas de clocher, pas de grand-croix, pas de toit pointu, pas de plafond en voûte. C’était un simple bâtiment en béton, avec un toit légèrement en pente, une façade, ainsi que des portes et des fenêtres rectangulaires. Dans la région, certains disaient en plaisantant que ça ressemblait plus à un garage ou un entrepôt qu’à une église. Mais, aux yeux de William Branham, elle était magnifique. Il plaça la chaire exactement à l’endroit où il s’était agenouillé, lorsque le Seigneur lui avait donné l’inspiration d’acheter ce terrain. Il plaça trois crucifix devant l’auditoire, un sur la chaire et un de chaque côté, comme il l’avait vu dans la vision. Le prix total du projet s’éleva à 2 000 $ [1 400 €], avec un crédit bancaire sur vingt ans. C’était beaucoup d’argent pour une congrégation pauvre, au milieu de la Grande Dépression. Pour être sûr que le Tabernacle Branham puisse assumer ses obligations mensuelles, Billy refusa de prélever les dîmes et les offrandes pour couvrir ses propres dépenses, préférant plutôt reverser cet argent pour le bâtiment. Billy conserva son emploi aux Services Publics de l’Indiana, bien qu’il ait été transféré dans un autre département. Il avait pour mission de patrouiller le long des lignes électriques à haute tension qui traversaient la campagne boisée. Ce travail allait tellement bien
22 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir avec ses tâches de garde-chasse, qu’il pouvait souvent faire les deux en même temps. C’était une bonne chose, car il ne gagnait toujours pas d’argent en tant que garde-chasse. Un des moyens que Billy avait trouvés pour économiser sur les frais de construction du Tabernacle Branham, c’était de laisser le plancher en terre battue. Lorsque le sol gela, le plancher de l’auditorium gela aussi. Un mercredi soir, Billy arriva en avance à l’église pour allumer les deux poêles à charbon afin de réchauffer l’air avant que la congrégation commence à arriver. Les gens entrèrent dans l’église sur un sol gelé. Mais, à la fin du service, le sol était devenu boueux et collant. Les grands-mères, de même que les petites-filles, s’enfoncèrent dans la boue jusqu’aux chevilles, alors qu’elles essayaient de sortir. Même si, par la suite, ils rirent tous de bon cœur de cet incident, ils couvrirent le sol de sciure afin que cela ne se reproduise plus. Billy embrassa ses nouvelles tâches de pasteur avec l’énergie de la jeunesse et le zèle d’un jeune homme qui a finalement découvert sa passion. En plus des tâches normales consistant à prêcher, conseiller et prier pour les malades, il dirigeait aussi les chants, payait les dettes et retirait les cendres des poêles. Chaque fois qu’il y avait quelque chose à faire, Billy offrait son temps. Le fait d’être un jeune pasteur en plus d’un jeune chrétien remplissait les journées de Billy d’expériences enrichissantes, quelques-unes prévisibles, d’autres très étranges. Retournant chez lui, un samedi soir, dans sa voiture, les phares de Billy éclairèrent un homme saoul titubant dans la rue. Il s’avéra que c’était Wayne Bledsoe, un jeune homme qui avait été l’ami d’Edward, le frère de Billy. La prohibition étant encore en vigueur, Billy mit Wayne dans son auto et emmena l’ivrogne chez lui avant qu’il tombe entre les mains de la justice. Il aida Wayne pour entrer dans la maison, le coucha dans son propre lit et se prépara un lit sur le divan. Billy le réprimanda : « Wayne, n’as-tu pas honte de toi ? » « Ne — ne dis pas ça, Bi - Billy. »
Comme une chauve-souris sortie de l’enfer | 23
« Boire n’est pas une solution. Ça va te tuer avant l’heure. Tu devrais donner ta vie à Jésus-Christ. Cela allongerait tes jours jusque dans l’éternité. » « Ah, Billy. » Billy imposa les mains sur le front de Wayne. « Je vais prier pour toi Wayne. » À l’extérieur, un taxi s’arrêta. La porte du taxi claqua et Billy entendit les pas de quelqu’un qui courait sur le trottoir. Une femme frappa frénétiquement à la porte en criant : « Frère Billy ! frère Billy ! » Billy pensa : « Ça alors, quelqu’un doit être en train de mourir. » Il alluma d’une chiquenaude, s’habilla et courut ouvrir la porte. Nellie Sanders, une jeune fille de dix-huit ans, se tenait à la porte, le visage pâle, les yeux rouges et gonflés. « Entre, Nellie. » Nellie pénétra à l’intérieur : « Oh ! Billy, je suis perdue, je suis perdue. » « Qu’est-ce qui se passe Nellie ? Tu as eu une crise cardiaque ? » « Non, frère Billy. Je descendais la rue Spring et, honnêtement frère Billy, je ne voulais rien faire de mal. » L’esprit de Billy tournait dans tous les sens, se demandant ce qu’il fallait faire avec cette fille hystérique. « Allons, calme-toi, sœur. Raconte-moi ce qui s’est passé. » Nellie était une jeune chrétienne, une des personnes qui s’étaient converties avec Billy, lors de ses réunions sous tente en juin. Avant de donner son cœur au Seigneur, elle avait été l’une des meilleures danseuses en ville et son partenaire, Lee Horn, avait encore les trophées pour le prouver. Nellie respira profondément afin de calmer ses mains qui tremblaient. Elle essaya de parler lentement et distinctement, mais ses mots prirent de la vitesse, si bien que le dernier mot fut presque
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inaudible : « Je passais à pied près du Redman’s Hall et j’ai entendu de la musique de danse. Je me suis arrêtée un instant pour écouter. La musique retentissait de mieux en mieux. J’ai dit : “Seigneur, Tu sais que je T’aime, mais je me souviens si bien du temps où Lee et moi gagnions toutes ces coupes et ces prix. Peut-être que si je gravis ces marches, je pourrai témoigner à quelques personnes.” Alors je suis montée et avant même que je me rende compte de ce que je faisais, j’étais dans les bras d’un garçon, en train de danser. Oh ! Billy, est-ce que je suis perdue pour de bon, maintenant ? Je ne veux pas finir comme Margie. » Billy se souvint de Margie, la fille portant un minuscule maillot de bain qui avait refusé de sortir de son canot à rames, lorsqu’il lui avait demandé de partir, le jour où il baptisait de nouveaux convertis, après ses réunions de réveil sous tente. Lorsque la mystérieuse étoile était tombée du ciel, Margie s’était évanouie. Par la suite, elle s’était mise à boire. Pendant une bagarre dans un bar, quelqu’un l’avait frappée au visage avec une bouteille cassée, provoquant une terrible balafre. Selon les dernières nouvelles que Billy avait eues d’elle, elle se trouvait dans un asile de fous. Nellie était tellement tourmentée, qu’elle tremblait. Billy essaya de la consoler : « Non, sœur, tu n’es pas perdue. Mais tu as fait une erreur lorsque tu t’es arrêtée pour écouter la voix du diable qui t’appelait à retourner à ce que tu étais avant de rencontrer Jésus. Je ne suis pas un chrétien depuis bien longtemps, mais je sais que la plus grande bataille jamais livrée est dans l’esprit humain. C’est la bataille entre la foi et le doute. Vas-tu croire la Parole de Dieu ou douter d’elle ? Tu dois faire ton propre choix. » « Oh ! Billy, je veux choisir la foi en Jésus. » Wayne Bledsoe avait dessoûlé un peu et il était assis au lit, curieux, observant ce qui se passait. « Je ne connais pas bien la Bible, dit Billy, mais je crois que Jésus a dit ceci, “en mon nom, ils chasseront les démons”.1 » Posant la main sur l’épaule de Nellie, il pria : « Démon, je ne sais pas qui tu es, mais
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c’est ma sœur et tu n’as pas le droit de la retenir. Tu vas devoir la quitter, maintenant. Tu m’entends ? » La porte-moustiquaire commença à s’ouvrir et se fermer rapidement toute seule, bing badaboum, bing badaboum. Nellie écarquilla les yeux : « Billy, regarde là. Que se passe-t-il ? » Billy était aussi surpris : « Je ne sais pas. » Il se tourna de nouveau vers Nellie et dit : « Satan, quitte-la. Au Nom de Jésus, sors d’elle. » Aussitôt que Billy mentionna le Nom de Jésus, l’ombre d’un spectre jaillit de derrière Nellie Sanders, une ombre qui ressemblait à une chauve-souris géante avec de longs poils qui pendaient de ses ailes et ses pattes. Elle émit un grognement guttural « rrrrrrrrrr » et fonça sur Billy, qui cria : « Sang de Jésus, protège-moi ! » Le démon changea de direction et vola vers le lit où Wayne était assis. Il fit un tour, puis disparut dans le lit. Les yeux écarquillés et aussi sobre qu’un homme d’église, Wayne cria, sortit des couvertures et courut dans l’autre chambre. Billy reconduisit Nellie chez elle. Lorsqu’il revint, sa mère et lui démontèrent le lit et secouèrent les draps. Il n’y avait rien. Troublé, Billy raconta l’incident à plusieurs pasteurs. Ils lui dirent tous à peu près la même chose : « Billy Branham, le temps de chasser les démons est révolu. Et puis, de toute façon, un homme ne peut pas voir un démon. Cela devait être ton imagination. » Billy aurait peut-être mis cela sur le compte de son imagination, mais Wayne et Nellie avaient aussi vu l’apparition. Est-ce que c’était ce démon qui le poursuivait tout le temps ? Est-ce qu’il le suivait toujours ? Était-il responsable de toutes les choses étranges qui se passaient dans sa vie, y compris les visions ? Des pensées comme celles-ci le tourmentaient continuellement. Il se demandait pourquoi sa vie semblait si différente de celle des autres pasteurs qu’il connaissait.
Chapitre 17
Un mariage plein d’espoir
1934 — 1935
W ILLIAM MARRION BRANHAM épousa Amelia Hope Brumbach le vendredi 22 juin 1934. Billy avait vingt-cinq ans et Hope en avait presque vingt-et-un. Ils louèrent une petite maison au 434 rue Graham, près du Tabernacle Branham. La maison n’avait que deux pièces. Ils utilisaient un côté comme salon et chambre à coucher, tandis que l’autre côté servait de cuisine. La maison n’avait pas l’eau courante ; Hope devait aller chercher l’eau à un robinet public, un bâtiment plus loin. D’une manière générale, ce n’était pas la meilleure des maisons, mais, pour 4 $ [2,80 €] par mois, c’était ce qu’ils pouvaient s’offrir de mieux. Les jeunes mariés commencèrent leur vie commune avec très peu de biens. Billy possédait un vieux divan de cuir et sa voiture Ford. La mère de Billy leur donna une tête de lit en fer. Quelqu’un d’autre leur donna un vieux lit pliant. Billy acheta une cuisinière d’occasion pour 75 sous [0,54 €] chez un brocanteur, puis paya 1,25 $ [0,90 €] pour de nouvelles grilles dans le four. Hope alla travailler à la Fine’s Shirt Factory, une usine de chemises, pour aider à acheter d’autres meubles. Ils économisèrent bientôt assez d’argent pour acheter, chez Sears, une table et des chaises de cuisine non peintes, pour le prix de 3,98 $ [2,80 €]. Billy peignit la table en jaune avec un gros trèfle vert au centre de la table et sur le siège de chaque chaise, parce que Hope le taquinait souvent à propos de ses origines irlandaises. La table et les chaises améliorèrent leur foyer considérablement. Mais les chaises rigides en bois n’étaient pas faites pour la détente. Billy était si fatigué, ayant deux emplois pendant la journée et s’occupant de ses obligations pastorales le soir. Il aurait aimé pouvoir s’asseoir
28 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir confortablement dans un fauteuil inclinable, relever les pieds et se reposer en lisant sa Bible. Avec Hope qui travaillait, Billy pensa qu’après tout, ils pourraient peut-être s’offrir un meuble confortable. Ils partirent donc ensemble tous les deux et traversèrent la rivière pour aller à Louisville acheter un bon fauteuil rembourré. Ils trouvèrent un fauteuil Morris qui ne coûtait que 16,98 $ [11,90 €]. Cela ne semblait pas être au-dessus de leurs moyens. Tout excité par cette nouvelle expérience, Billy donna au vendeur un acompte de 3 $ [2 €] et ils retournèrent à la maison avec le magnifique fauteuil Morris vert. Ils le placèrent dans un coin de la chambre à coucher. Billy se laissa tomber entre ses deux bras doux comme du velours, remplissant ses poumons du parfum rafraîchissant du tissu neuf. Il n’eut qu’un seul mot pour décrire cela : céleste. Cette chaise Morris était de loin le plus grand luxe que Billy ait jamais possédé. Après avoir suivi les lignes à haute tension toute la journée et prêché en ville une partie de la nuit, le fauteuil Morris accueillait ses muscles fatigués sur ses coussins reposants. Pendant le mois qui suivit, Billy s’endormit souvent dans son fauteuil, sa Bible ouverte sur les genoux. Avec amour, Hope insistait pour qu’il se lève et le mettait au lit. Mais son achat créa vite un problème auquel Billy n’était pas préparé. Selon les termes du contrat, il était censé payer sa dette à raison de 1 $ [0,70 €] par semaine. Il apparut que c’était de l’argent dont il avait réellement besoin pour autre chose. Les semaines passant, le remboursement de 1 $ [0,70 €] par semaine devint de plus en plus lourd à assumer. La septième semaine, Billy sauta une échéance. Il n’avait tout simplement pas 1 $ [0,70 €] de disponible. La semaine d’après ne fut pas mieux. Lorsque Billy manqua trois paiements de suite, la société de financement appela. Billy s’excusa et le cœur lourd, leur suggéra de venir reprendre le fauteuil. Quelques jours plus tard, lorsque Billy revint à la maison après son travail, une odeur de tarte aux cerises tout juste sortie du four flottait dans la cuisine. Sa préférée. Après le souper, il mangea deux tranches de tarte baignant dans de la mélasse chaude. Il taquina Hope : « Pourquoi es-tu si gentille avec moi ce soir ? »
Un mariage plein d’espoir | 29
Elle sourit comme si elle cachait quelque chose : « Billy, j’ai demandé au garçon de nos voisins de ramasser des vers de terre cet après-midi. Que penserais-tu d’aller pêcher ensemble à la rivière ? » Billy trouva la proposition étrange parce que Hope n’aimait pas tellement la pêche. « Premièrement, allons-nous asseoir dans l’autre pièce pour digérer cette tarte aux cerises. » « Non, Billy, allons pêcher tout de suite. » Sa voix semblait implorante. « Chérie, que s’est-il passé aujourd’hui ? » Hope dit : « Rien », mais ses yeux étaient humides. Se doutant de ce qui faisait problème, Billy répéta : « Allons d’abord dans l’autre pièce. » Lorsqu’il vit son visage se décomposer, Billy sut qu’il avait raison. Il passa son bras autour d’elle et ils entrèrent ensemble dans l’autre pièce. Le fauteuil Morris n’était plus là. Hope appuya la tête sur la poitrine de Billy et pleura : « Oh ! Billy, j’ai essayé de le garder pour toi, j’ai vraiment essayé. » Billy la serra gentiment contre lui : « Je sais chérie. Ce n’est pas ta faute. On ne pouvait rien faire. Mais un de ces jours, les choses seront différentes. Un jour, Dieu trouvera une solution et nous aurons un beau fauteuil. » Elle leva la tête afin de pouvoir plonger son regard dans les yeux rassurants de son mari : « Je l’espère Billy. »
EN DÉPIT des difficultés causées par la pauvreté, Billy et Hope Branham étaient très heureux ensemble. Ils se chérissaient mutuellement et leur amour infini atténuait les crevasses et les nids de poules rencontrés sur leur chemin. En décembre 1934, Hope devint enceinte. Ils étaient tous les deux excités à l’idée d’avoir un bébé. Parce que Billy était de souche irlandaise et Hope de souche allemande, Billy la taquina en disant : « Si c’est un garçon, nous allons l’appeler Heinrick Michael. »
30 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
Hope eut le souffle coupé : « Oh, Billy, c’est horrible. » Le 13 septembre 1935, ce fut le début du travail pour Hope. Ce fut difficile et elle faillit mourir pendant l’accouchement. Billy arpenta de long en large le couloir de l’hôpital. À trois heures de l’après-midi, le bébé pleura. Au même moment, Billy cria : « Merci Seigneur ! C’est un garçon et il s’appellera Billy Paul. » Quelques minutes plus tard, le médecin sortit de la salle d’accouchement. Avec un sourire, il dit : « Révérend Branham, je devrais vous facturer l’usure de mon linoléum. Mais ça en a valu la peine ; vous avez un garçon. » Une fois que Billy fut certain que sa femme allait bien, il ne put s’empêcher de plaisanter. « Chérie, j’ai changé d’idée. Je ne crois pas que nous devrions l’appeler Heinrick Michael. Comme il est né un vendredi 13, on devrait l’appeler “Jinx” [Fam. Porte-guigne, oiseau de malheur, N.D.T.] » « Mais Billy, je voulais l’appeler comme son père », dit-elle en riant. « Alors nous l’appellerons comme son père ; et aussi comme le grand apôtre Saint Paul. Nous l’appellerons Billy Paul. »
EN OCTOBRE 1935, les journaux annoncèrent l’invasion inattendue de l’Éthiopie par Mussolini. L’Italie, avec ses machines de guerre modernes, avait pénétré ce pays sous-développé et anéanti la résistance éthiopienne. L’Europe exprima son indignation en appliquant immédiatement des sanctions économiques à l’Italie. Billy lut les nouvelles avec un vif intérêt. Il ne comprenait pas la force étrange qui lui permettait de voir dans le futur, mais peu importe ce que c’était, ce qu’il voyait finissait toujours par arriver. Il se demanda encore une fois comment, selon ses amis pasteurs, un tel don pouvait venir du diable. Il se sentait vraiment tout embrouillé.
Un mariage plein d’espoir | 31
Un dimanche après l’église, Billy entendit Walt Johnson dire : « Tu aurais dû entendre ces saints comédiens, la nuit dernière… » Billy se mêla à la conversation : « Qu’est-ce que c’était, frère Walt ? » Walt mâchait une pelure d’orange séchée pour soulager son indigestion : « Les pentecôtistes, Billy. Tu n’as jamais rien vu de pareil ; ils sautaient et se roulaient par terre. Et ils disaient que si tu ne baragouinais pas une espèce de langue inconnue, tu n’étais pas sauvé. » « Où est-ce ? » « Une réunion sous tente de l’autre côté de Louisville. Ce groupe se nomme La Maison de David et ils nomment ces réunions “l’École des Prophètes.” Des gens de couleur, naturellement. » « Oh, cela explique tout », dit Billy, sachant à quel point certaines personnes de couleur étaient fanatiques dans leur manière d’exprimer leur religion. « Il y avait aussi beaucoup de blancs. » « Vraiment ? Et ils faisaient aussi cela ? » « Oui, ils le faisaient aussi. » « C’est étrange comment les gens se retrouvent mêlés à ces choses. » Billy hocha la tête : « J’imagine que nous ne pouvons pas éviter ce genre de choses. » Mais la discussion aiguisa la curiosité de Billy et, le lundi suivant, il se rendit à Louisville, de l’autre côté de la rivière, pour jeter un coup d’œil. Même s’il ne vit personne se rouler par terre, la foule était certainement excitée par quelque chose et ils semblaient avoir d’étranges doctrines. Pendant le service, un homme étrange, d’âge moyen, se leva pour témoigner. Il rappelait à Billy un prophète de l’Ancien Testament, avec des cheveux gris qui descendaient jusque sur ses épaules et une longue barbe ondulée qui lui tombait sur la poitrine. Son témoignage était aussi frappant que son apparence. Il se
32 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir présenta comme étant John Ryan de Dowagiac, au Michigan. Il dit que le Seigneur lui avait montré de venir à Louisville, Kentucky, pour témoigner à cette réunion. Il parla de la puissance de Dieu, du feu de la Pentecôte et du baptême du Saint-Esprit. Son témoignage dégageait tant d’énergie et de conviction, que Billy décida de rencontrer cet homme particulier. Ils parlèrent un long moment après le service. John Ryan lui dit qu’il avait été acrobate dans un cirque, lorsqu’il était jeune. Il avait appartenu à l’Église catholique pendant de longues années, mais il devint pentecôtiste après avoir donné son cœur au Seigneur et, maintenant, il voyageait comme le Seigneur le dirigeait, témoignant de la puissance de Dieu partout où il allait. Billy lui raconta la vision en sept parties qu’il avait vue en juin 1933. Lorsqu’il apprit qu’une des parties de la vision concernait l’invasion de l’Éthiopie par Mussolini, John Ryan eut de la peine à contenir son enthousiasme et demanda s’ils pourraient en parler plus en détail, un peu plus tard. Billy n’y voyait pas d’objection et il invita donc cet homme âgé à venir passer la nuit chez lui. Le lendemain matin, ils restèrent longtemps attablés à la cuisine, alors que Billy partageait certaines de ses expériences étranges. Il se sentait plus à l’aise de parler à cet étranger qu’à des pasteurs qu’il connaissait depuis des années. John Ryan encouragea Billy à prêter attention aux visions, laissant entendre que c’était peut-être la voix de Dieu qui lui parlait. Puis, il commença à lui parler de ce qu’il appelait « l’expérience pentecôtiste » qui, disait-il, était la puissance de Dieu en tant que force dynamique et vivifiante dans la vie du chrétien. Billy ne saisissait pas ce qu’il voulait dire. L’homme utilisait des termes qui lui étaient peu familiers, des termes comme « baptême du Saint-Esprit » : « parler en langues » et « interprétation des langues ». Mais une chose était certaine : John Ryan croyait fermement à ce qu’il disait. Il s’animait à mesure qu’il parlait. Tout à coup, il leva les mains en l’air et commença à parler une espèce de charabia. Au bout d’un petit moment, il s’arrêta. Puis il contourna la table et posa sa main sur l’épaule de Billy en disant : « Frère Billy, voici l’interprétation. Tu n’es qu’un gamin, maintenant. Il y a encore
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beaucoup de jeunesse en toi. Mais un jour, elle va se calmer et le Dieu Tout-Puissant va t’utiliser pour réveiller les nations. »
Billy et son amie Hope Brumbach avec M. et Mme George DeArk
Chapitre 18
L’erreur après Mishawaka
1936
D URANT LES SIX MOIS qui suivirent, Billy invita à plusieurs reprises John Ryan chez lui ; ainsi il apprit à mieux le connaître. L’habitude de Ryan à parler en langues fatiguait Billy, mais ce dernier respectait beaucoup sa marche chrétienne. L’homme était très humble et accordait une grande importance à la prière et à la conduite du Seigneur. John Ryan vivait à Dowagiac, Michigan, une petite ville à environ 500 km au nord de Jeffersonville, juste au-delà de la frontière de l’État d’Indiana. Il invita Billy à venir lui rendre visite et il mit cela attrayant en lui racontant que le lac Papaw tout proche était un excellent endroit pour pêcher. Billy était tenté. Même s’il n’avait pas pris de vacances depuis des années, le coût d’un tel voyage le faisait hésiter. Hope avait économisé 8 $ [5,60 €] sur son salaire à l’usine de chemises. Comment pourrait-il justifier d’utiliser pour des vacances, l’argent que son épouse avait durement gagné, alors qu’ils avaient besoin de tellement d’autres choses ? Mais Hope n’était pas de cet avis. Comme c’était elle qui avait économisé cet argent, elle estimait avoir son mot à dire sur la façon dont il serait dépensé et elle voulait que son mari prenne des vacances. Billy finit par dire qu’il irait, mais qu’il voulait qu’elle vienne avec lui. Hope déclina l’invitation, disant qu’elle préférait rester à la maison pour s’occuper de Billy Paul qui avait neuf mois. De plus, elle était enceinte de trois mois de son deuxième enfant. Souvent, le matin, elle se sentait fatiguée, sans énergie. Alors elle pensait qu’elle n’apprécierait pas de toute façon les vacances. C’est ainsi qu’au mois de juin 1936, Billy fit le plein d’essence de son vieux Ford modèle-T et prit la direction du nord pour ses
36 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir vacances. Lorsqu’il arriva à Dowagiac, Michigan, Mme Ryan l’accueillit chaleureusement. À la grande surprise de Billy, John Ryan n’était pas là. Mme Ryan expliqua : « Le Seigneur l’a appelé à aller quelque part près d’Indianapolis. » Billy regarda autour de lui la petite cabane de deux pièces. Les armoires n’avaient pas de portes et il pouvait voir qu’elles étaient vides. « Vous voulez dire que vous avez laissé cet homme partir comme ça et vous laisser seule sans rien à manger dans la maison ? » « Oh, mais frère Billy, il est un serviteur de Dieu », dit-elle. Billy pensa : « Eh bien, Dieu vous bénisse, ma chère sœur. Si vous avez autant d’estime pour votre mari, alors je ne veux pas non plus le critiquer. » Après avoir pêché toute la journée sur le lac Papaw, Billy rapporta ses prises chez Mme Ryan. Elle n’avait même pas de graisse pour faire frire le poisson, alors Billy alla en ville acheter des provisions. Le samedi matin, Billy prit la direction de la maison. En traversant la petite ville de Mishawaka, Indiana, il remarqua une auto avec une grande affiche sur le côté, qui disait :
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Le Tabernacle Branham, au coin de la 8e et de la
rue Penn à Jeffersonville, Indiana (1930)
« JÉSUS SEUL ». Billy pensa : « Qu’est-ce que ça veut dire ? » Puis, il vit une autre voiture avec les mots « JÉSUS SEUL » sur le côté, puis une autre et encore une autre. Cette affiche semblait être partout, sur des Cadillac, des Buick, des Ford et même sur des bicyclettes. Intrigué, Billy suivit une de ces voitures qui le conduisit jusqu’à une grande église située à la périphérie de la ville. Les rues avoisinantes et les lotissements inoccupés qui entouraient l’endroit étaient remplis d’autos stationnées qui portaient presque toutes cette curieuse affiche avec « JÉSUS SEUL ». En passant près de l’église, Billy put entendre chanter par les fenêtres ouvertes. Les chants étaient accompagnés par des cris et des hurlements. Cela semblait être le même genre de service d’adoration que Billy avait vu lorsqu’il était allé à Louisville rendre visite au groupe de la Maison de David. Il pensa : « Maintenant, je vais voir ce que c’est que de saints comédiens ! »
38 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Il stationna son auto et entra. Le sanctuaire était rempli d’au moins 2 000 personnes, des blancs et des noirs. Billy dut rester debout à l’arrière et regarder par-dessus des têtes pour voir ce qui se passait. Quelque part à l’avant, on entendait un piano désaccordé. Les gens chantaient avec enthousiasme en frappant des mains : « L’un d’entre eux, l’un d’entre eux ; je suis si heureux de dire je suis l’un d’entre eux… » Les femmes hurlaient, donnant à Billy des frissons dans le dos. Puis, quelqu’un commença à danser dans l’allée en y mettant toute son énergie. Bientôt, d’autres le rejoignirent. La foule entière semblait se balancer et tanguer au son de la musique. Au début, Billy pensa : « Aïe aïe aïe ! En voilà une manière de se comporter dans une église ! Qu’est-ce qui leur arrive ? » Mais plus il se tenait là, mieux il se sentait. Il se mit à penser : « Il n’y a rien à redire avec ces gens. Ils ne sont pas fous ; ils sont juste excités. » Lorsque la prédication commença, Billy apprit que c’était une convention nationale pentecôtiste. Elle devait avoir lieu dans le Nord parce que la ségrégation raciale faisait toujours rage dans le Sud. Un jeune prédicateur parla du baptême du Saint-Esprit, en pointant son doigt alors qu’il prêchait. Billy avait l’impression que l’homme le montrait lui-même du doigt. Ce prédicateur se référait constamment à des passages de l’Écriture tels Actes 2.4 : « Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » ; Actes 2.38 : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit » ; et Actes 10.44, 46 : « Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole… ils les entendaient parler en langues et exalter Dieu. » « Ça fait partie de la Bible », pensa Billy. « Je ne l’avais jamais vu de cette façon auparavant. Peut-être qu’il y a quelque chose de bon dans tout ça, finalement. » Plus il écoutait, plus il aimait ce qu’il entendait. Lorsque le service fut terminé, il pensa : « Une chose est sûre à propos de ces gens : ils n’ont pas honte de leur religion. Je crois que je vais revenir ce soir. »
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Billy voulait vraiment rester dans les parages et découvrir ce que ce « baptême du Saint-Esprit » signifiait, alors il alla à son auto pour compter son argent. Il lui restait 1,75 $ [1,25 €]. Comme il savait de quelle quantité d’essence il aurait besoin pour retourner chez lui, il estima qu’il lui restait 20 sous [0,14 €]. Cela ne suffisait pas pour louer une place réservée aux touristes pour la nuit. Peu importe, il pourrait dormir dans un champ de maïs. En allant en ville, Billy acheta un sac de petits pains rassis pour 5 sous [0,035 €], estimant qu’il en aurait assez pour deux jours. Il mangea un petit pain, posa le sac sur la banquette arrière et retourna à l’église pour la réunion du soir. Avant le début du service, un homme s’avança sur l’estrade et dit : « Ce soir, nous aimerions que tous les prédicateurs, peu importe leur dénomination, viennent s’asseoir sur l’estrade. » Plus de 200 prédicateurs s’avancèrent, y compris Billy. Ils s’assirent derrière la chaire, faisant face à l’auditoire. Lorsqu’ils furent tous assis, l’homme derrière la chaire dit : « Nous n’avons pas assez de temps pour vous inviter tous à prêcher, mais nous aimerions que chacun de vous vienne au microphone. Dites simplement qui vous êtes et d’où vous venez. » Le microphone était suspendu au plafond par un fil et se balançait juste au-dessus de la chaire. Billy n’avait jamais vu de microphones auparavant. Il le regarda avec curiosité, alors qu’il s’approchait et disait : « William Branham, évangéliste, Jeffersonville, Indiana. » Ce soir-là, Billy vit des choses étranges et intrigantes dont il se rappellerait toute sa vie. Assis dans l’auditoire, il y avait deux hommes qui semblaient être spécialement utilisés par Dieu. Il les avait remarqués plus tôt dans l’après-midi et voilà qu’ils le faisaient de nouveau. Un des hommes se levait et se mettait à parler dans une langue inconnue aussi vite qu’une mitraillette, puis l’autre homme se levait et interprétait en anglais ce qu’avait dit le premier dans sa langue inconnue. Après un petit moment, ils le faisaient de nouveau, mais vice-versa. Étonné de la spiritualité de ces deux hommes, Billy décida de leur parler avant de partir le lendemain.
40 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Lorsqu’arriva l’heure de la prédication, un vieil homme de couleur monta en boitillant sur l’estrade. Il portait un long veston noir avec un col de velours. Il avait juste une petite couronne de cheveux blancs à l’arrière de sa tête. Il avait l’air si faible et si fragile. Billy se dit : « Ils ne vont tout de même pas faire prêcher ce pauvre prédicateur âgé, non ? » Mais c’est exactement ce qu’ils allaient faire. Le vieux gentleman vint au microphone et dit : « Mes chers enfants, ce soir, je vais prendre mon texte dans Job 38:4-7. » Il ouvrit sa Bible et lut : « Où étais-tu quand je fondais la terre ? Alors qu’ensemble les étoiles du matin éclataient en chants de triomphe, et que les fils de Dieu lançaient des acclamations ? À partir de là, au lieu d’apporter son sujet de façon concrète, le vieux prédicateur remonta dans le temps, dix millions d’années plus tôt, afin de décrire ce qui se passait dans les cieux alors que la terre n’était qu’une pensée dans l’esprit de Dieu. Puis, il se rapprocha dans le temps, traversant les dispensations, suivant l’arc-en-ciel horizontal jusqu’au millenium, aux nouveaux cieux et à la nouvelle terre. Il était maintenant si heureux qu’il cria : « Gloire à Dieu ! Vous pensez que j’ai une nouvelle religion ? Frères, j’ai seulement une valise flambant neuve de religion du bon vieux temps ! Youpi ! » Il sauta en l’air, claqua les talons et hurla : « Alléluia ! Je n’ai pas assez de place pour prêcher. » Et il sauta de l’estrade, aussi leste qu’un enfant. Billy en resta bouche bée. Il pensa : « Si le baptême du Saint-Esprit peut faire en sorte que ce vieil homme agisse comme cela, qu’est-ce que ça va faire si ça m’arrive à moi ? » Après l’église, Billy s’arrêta à une bouche d’incendie pour boire, mangea quelques petits pains, puis sortit de la ville et stationna dans un champ de maïs. Son bon pantalon était tout froissé alors il essaya de repasser son gros pantalon de toile. Il l’étendit sur la banquette avant et baissa le siège arrière dessus, espérant que le lendemain matin, le poids du siège aurait effacé quelques faux plis. Puis, il se coucha dans l’herbe sous un cerisier et pria : « Seigneur, dans quoi suis-je tombé ? Est-ce, ce que John Ryan appelait, “l’expérience pentecôtiste” ? Seigneur, aide-moi à y voir clair. Je n’ai jamais vu de gens aussi religieux de ma vie. Je ne sais pas exactement ce qu’ils
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ont, mais je sens que c’est ce que mon cœur affamé recherche. Ô, Dieu, permets que, d’une façon ou d’une autre, je sois en faveur auprès de ces personnes. » Longtemps après minuit, il roula sa chemise pour s’en faire un oreiller puis s’assoupit. Le lendemain matin, Billy examina son pantalon de toile. Il ne s’était pas beaucoup amélioré, mais il était quand même mieux que son bon pantalon. Quant à sa bonne chemise, c’était une catastrophe. L’éducation baptiste de Billy lui dictait d’être toujours bien vêtu dans la maison de Dieu. Il se demandait s’il pouvait se résoudre à aller à l’église en T-shirt et gros pantalon de toile. Puis, il pensa : « Pourquoi pas ? Ici, personne ne me connaît, ça ira. » Il arriva à l’église de bonne heure. Alors que le sanctuaire se remplissait de gens, un homme de couleur s’assit d’un côté de Billy et une femme blanche de l’autre. Après les chants, un homme vint au microphone et dit : « Hier soir sur l’estrade, le plus jeune prédicateur que nous avions avec nous était un évangéliste qui s’appelait William Branham de Jeffersonville, Indiana. Nous voudrions qu’il vienne apporter le message de ce matin. » Billy n’en croyait pas ses oreilles. Il baissa les yeux sur ses vêtements de travail, puis s’enfonça inconsciemment dans son siège. L’homme répéta : « Est-ce que quelqu’un ici sait où se trouve William Branham, un évangéliste de Jeffersonville ? Il était sur l’estrade hier soir. Nous voudrions qu’il apporte le message, ce matin. » Billy s’enfonça encore plus au fond de son siège. L’homme de couleur qui était assis à côté de lui se pencha vers lui et demanda : « Dites, le connaissez-vous ? » Ne voulant pas mentir, Billy murmura : « Oui, je le connais. » « Est-il ici ? » « Euh, oui, il est ici, mais… » « Alors, allez le chercher. »
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Billy était pris au piège : « Euh, hum, vous savez, frère, je vais vous dire, c’est moi. » L’homme de couleur hocha la tête et sourit : « J’ai bien pensé que quelque chose vous dérangeait. Bon, alors levez-vous et allez prêcher. » « Non, je ne peux pas aller là-bas vêtu ainsi. » Billy désigna son T-shirt blanc. « Ces gens ne se soucient pas de la façon dont vous êtes habillé. Allez-y. » « Non, monsieur, je ne peux vraiment pas. » Le microphone résonna de nouveau : « Quelqu’un a-t-il trouvé le Révérend William Branham ? » L’homme de couleur leva la main et pointa Billy du doigt en criant : « Il est ici ! Il est ici ! » Lentement, Billy se leva. Toutes les têtes dans l’auditoire se tournèrent dans sa direction. Il rougit tellement, que ses oreilles lui semblèrent être en feu. Sa Bible sous le bras, il descendit l’allée et monta sur l’estrade. Timidement, il prit place derrière la chaire. La foule le rendait nerveux ; la façon dont il était vêtu le rendait nerveux ; même le microphone le rendait nerveux. Mais surtout, il était nerveux parce qu’il n’avait pas la moindre idée sur quel sujet prêcher. Il commença donc à parler : « Hum, mes amis, je ne sais pas vraiment comment vous prêchez ici. Je passais par cette route et… » Il posa sa Bible à plat sur le pupitre et l’ouvrit au hasard. Tout en parlant, il jeta un coup d’œil au premier verset au haut de la page. C’était Luc 16.23 : « Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, en proie aux tourments… Et il pleura… » Instantanément, Billy reconnut l’histoire du riche qui avait négligé un mendiant du nom de Lazare. Puis, l’homme riche mourut et alla en enfer. Billy avait son sermon. Il lut l’histoire à l’auditoire, puis prêcha : « Il y a là un homme assis en enfer. Pourquoi était-il tourmenté ? Il vit qu’il n’y avait pas de fleurs là ; et il pleura. Il vit qu’il n’y avait
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pas d’enfants là ; et il pleura. Il vit qu’il n’y avait pas de chants là ; et il pleura… » Billy continua dans cette ligne de pensée, montrant la tragédie finale d’une vie qui avait rejeté l’Évangile. Plus il prêchait, plus les gens entraient dans son sujet, jusqu’à ce que la foule vibre d’émotion : « Il n’y avait pas de paix là ; et il pleura. Il n’y avait pas d’amour là ; et il pleura. Il n’y avait pas de chrétiens là ; et il pleura. Il n’y avait pas de Dieu là ; et il pleura. » Finalement, Billy pleura. La foule bondit sur ses pieds et cria à Dieu pour implorer sa miséricorde. Alors, le service sembla devenir trouble dans l’esprit de Billy et il se perdit dans le flot émotionnel des gens qui bougeaient. Lorsqu’il reprit tous ses sens, il se trouvait dehors, dans le cimetière. Un grand homme costaud vint vers lui et dit : « Vous dites que vous êtes évangéliste ? » « Oui, monsieur. » « Je suis Elder Johnson, du Texas. Que diriez-vous de venir au Texas tenir des réunions de réveil pour moi ? » Billy observa l’homme aux bottes de cow-boy à hauts talons et son gigantesque chapeau de cow-boy. « Êtes-vous prédicateur ? » « Certainement. » Au même moment, un homme plus petit s’avança. Il était vêtu d’un pantalon à carreaux, comme ceux que les joueurs de golf portaient dans le temps : « Je suis le Révérend Smith, de Miami, Floride. J’ai une église de 500 personnes. J’aimerais aussi que vous veniez tenir des réunions de réveil. » Billy pensa : « J’ai l’impression que mon pantalon de toile et mon T-shirt n’étaient pas si mal choisis après tout. » Une femme vint à son tour et dit : « Je fais un travail missionnaire chez les Indiens, au nord du Michigan. Pendant que vous prêchiez, le Seigneur m’a dit de vous demander de venir m’aider avec les Indiens. » « Un instant, dit Billy, laissez-moi prendre un papier. »
44 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Alors qu’il relevait les noms et les adresses, d’autres pasteurs vinrent le voir avec la même requête, au point qu’il avait assez d’invitations pour voyager pendant un an. Billy s’extasiait. Sa vie était sur le point de changer. Il avait hâte d’arriver à la maison et de le dire à Hope. Mais, avant d’aller à la maison, il y avait deux autres hommes que Billy voulait rencontrer. Il chercha parmi la foule jusqu’à ce qu’il trouve l’un des hommes qui l’avaient impressionné pendant les réunions avec tant de parlers en langues et d’interprétations. Billy se fraya un chemin jusqu’à lui et se présenta. « Dites, vous êtes le jeune homme qui a prêché ce matin », lui dit le vieux gentleman. « Avez-vous reçu le baptême du Saint-Esprit ? » « Je suis baptiste. » « Mais avez-vous reçu le baptême du Saint-Esprit depuis que vous avez cru ? » « Hum, frère, je n’ai pas ce que vous avez tous, ça, je le sais. » « Avez-vous déjà parlé en langues ? » « Non, monsieur. » « Alors je peux vous dire tout de suite que vous n’avez pas le Saint-Esprit. » Billy haussa les épaules : « Si c’est ce qu’il faut pour avoir le Saint-Esprit, alors je ne l’ai pas. » Comme ils parlaient, Billy observa l’homme attentivement, cherchant à saisir l’esprit de l’homme. Même si Billy ne comprenait pas le don exceptionnel qu’il possédait, il apprenait à s’en servir pour parvenir à ses fins. Il avait découvert que, s’il voulait réellement connaître quelque chose à propos de quelqu’un, il le découvrait généralement s’il parlait à cette personne assez longtemps pour capter son esprit. Maintenant, ce vieux chrétien semblait sentir que quelque chose de particulier était en train de se passer, parce que ses yeux regardaient nerveusement autour de lui. Billy garda la conversation centrée sur les réunions et bientôt, la
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vision vint. Billy fut satisfait ; cet homme était un authentique chrétien.
Billy et Hope
Maintenant, convaincu qu’il était sur la bonne voie, Billy brûlait dans son âme d’avoir plus de Dieu. En retournant à sa voiture, il croisa l’autre homme qui l’avait impressionné dans l’auditoire. Billy se présenta. L’homme lui demanda : « À quelle église appartenez-vous ? » « Je suis baptiste. » « Vous n’avez pas le Saint-Esprit, pas vrai ? » « Eh bien, je ne sais pas. Je sais que je n’ai pas ce que vous avez tous. » « Avez-vous déjà parlé en langues ? »
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« Non, monsieur. » « Alors, vous ne l’avez pas. » Pendant qu’ils parlaient, Billy essayait de saisir son esprit à lui aussi. Lorsque la vision finit par venir, elle dévoila la vie de l’homme comme un œuf pourri que l’on casse. Billy vit qu’il était marié à une femme aux cheveux noirs, mais qu’il vivait actuellement avec une femme blonde et qu’il avait eu deux enfants avec elle. La vision continua de dévoiler des détails choquants. C’était là un vulgaire hypocrite. Cet homme n’était pas un « Jésus seul », c’était un « Seulement le dimanche ». Dans la vision, Billy le vit assis dans une taverne, buvant et jurant ; puis assis à l’église le dimanche, parlant en langues et prophétisant ! Billy en fut horrifié. « Seigneur, pardonne-moi. L’esprit au milieu de ces gens doit être mauvais, sinon, comment cet hypocrite pourrait-il se tenir debout à l’église et prophétiser ? » Billy s’excusa et alla rapidement à son auto. Comme il s’éloignait de Mishawaka, ses pensées rebondissaient dans sa tête autant que sa vieille Ford sur la route. « Seigneur, je ne comprends pas. Comment le vrai Saint-Esprit peut-il tomber en même temps sur cet authentique chrétien et sur cet hypocrite ? C’est impossible. Peut-être que je suis séduit, mais, je ne peux pas le voir dans la Bible. Je crois que je devrais laisser ces affaires de “langues et les prophéties” de côté. » Puis Billy se rappela Marc 16 : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues… » Billy pensa : « Ça aussi c’est l’Écriture. Qu’est-ce que je vais en faire ? Les pièces du puzzle ne voulaient pas s’assembler, alors Billy le laissa là et tourna ses pensées vers toutes les invitations qu’il avait dans sa poche. Son esprit se ressaisit ; son rêve étendait maintenant ses ailes comme l’aigle et volait bien haut au-dessus des nuages, regardant sa future route par anticipation. Billy se rappela ce que le Seigneur lui avait dit le jour où il avait posé la pierre angulaire de
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son tabernacle : “Fais l’œuvre d’un évangéliste…” Il semblait que Dieu était en train de préparer un chemin pour que cela arrive. Lorsque Billy arriva chez lui, il se sentait tellement excité, qu’il était prêt à faire ses bagages et à partir le lendemain. Hope sortit à sa rencontre en courant, ses longs cheveux noirs flottant dans le vent. Dès qu’ils s’embrassèrent, Hope ressentit son excitation. “Billy, pourquoi es-tu si heureux ?” “Chérie, j’ai trouvé l’église la plus fantastique du monde !” “Où es-tu allé ?” “Près de Mishawaka. Chérie, tu parles d’une église ! Ces gens poussent des cris et se réjouissent ; ils n’ont pas honte de leur religion.” Hope leva les sourcils d’un air sceptique. “Ce ne sont pas de saints comédiens, n’est-ce pas ?” “Je ne sais pas quel genre de comédiens ils sont, mais ils ont quelque chose dont j’ai besoin. J’ai vu un homme de quatre-vingt-dix ans redevenir jeune. Certains parlent des langues inconnues et d’autres interprètent ce qu’ils disent. Et les prédications ! Ils prêchent jusqu’à ce qu’ils n’aient plus de souffle, qu’ils tombent sur leurs genoux, puis ils se relèvent, reprennent leur souffle et continuent à prêcher. Je n’ai jamais rien entendu de pareil dans ma vie. Et regarde ça.” Billy lui montra le papier avec les noms et les adresses. “Tous ces pasteurs veulent que j’aille prêcher pour eux, du Michigan au Texas. Je vais quitter mon emploi, laisser mon église et commencer à prêcher à plein temps pour ces gens. J’ai reçu assez d’invitations pour toute une année. Veux-tu venir avec moi ?” Sans hésiter un instant, Hope lui répondit : “Billy, quand je t’ai épousé, j’ai promis que je serais avec toi jusqu’à ce que la mort nous sépare. Bien sûr que je vais aller avec toi. En outre, si ces gens sont aussi heureux que tu le dises, j’aimerais aussi faire cette expérience. Comment est-ce qu’ils l’appellent ?” “Ils l’appellent le baptême du Saint-Esprit. Allons trouver Jésus de cette manière.”
48 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir La prochaine étape consistait à l’annoncer à leurs parents. Lorsque Billy approcha sa mère, Ella lui dit : “Billy, je me souviens d’un rêve que j’ai fait quelques jours après ta conversion. Je t’ai vu debout sur un nuage blanc, prêchant au monde entier.” Billy se rappelait vaguement qu’elle le lui avait raconté, des années auparavant. Il haussa les épaules : “Je ne sais pas si c’est le monde entier, mais je vais certainement prêcher dans tous les États-Unis. Et, Maman, tu devrais voir à quel point ces gens sont excités à propos de Jésus. Ils n’ont pas honte du tout de crier Son Nom.” “Il y a longtemps de cela, au Kentucky, on avait ce que l’on appelait les ‘baptistes à l’ancienne mode’. Ils avaient l’habitude de chanter et crier. C’est une vraie religion du cœur, Billy.” “Je crois à la religion qui vient du cœur.” Elle lui tapota le bras. “Je sais, Billy. Et je crois que Dieu va te bénir.” Cependant, ce fut une autre histoire lorsqu’ils allèrent annoncer la nouvelle à la mère de Hope. M. et Mme Brumbach étaient maintenant séparés. Charlie Brumbach avait déménagé à Fort Wayne, en Indiana, et Mme Brumbach demeurait toujours chez elle à Jeffersonville. Assis sur la galerie avec Hope et sa mère, Billy dit : “Mme Brumbach, j’ai trouvé un merveilleux groupe de gens. Hope et moi envisageons d’aller chez eux.” Puis il lui raconta ce qui s’était passé à Mishawaka. Mme Brumbach fronça les sourcils. “William, je voudrais que tu comprennes que je ne permettrai jamais à ma fille d’aller avec de la racaille de saints comédiens.” “Oh, mais Mme Brumbach, ce sont les gens les plus heureux du monde. Ils n’ont pas honte de leur religion. J’aime cela.” “Racaille”, insista-t-elle. “William, pourquoi ne restes-tu pas avec ton église jusqu’à ce qu’elle soit payée. Ensuite, achète-toi un presbytère et agis comme quelqu’un qui a du bon sens. Crois-tu que je pourrais être heureuse en sachant que ma fille est trimbalée à
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travers le pays ? Un jour, elle mange et le lendemain pas, n’ayant même pas de vêtements de rechange ou une jolie robe à porter ?” “Mme Brumbach, ceci n’a rien à voir avec une robe. Le fait est que je sens que le Seigneur veut que je le fasse.” “Non, je ne permettrai jamais à ma fille d’aller avec une telle racaille.” Mme Brumbach se retourna et jeta un regard accusateur à Hope. “Et si elle le fait, sa mère descendra dans la tombe le cœur brisé.” Hope haleta. “Maman, tu le penses vraiment ?” “C’est exactement ce que je pense.” Hope se mit à pleurer. Billy mit son bras autour de ses épaules. “Mme Brumbach, c’est ma femme.” “Mais, c’est ma fille !” Billy dit : “Oui, madame.” Il se leva et se dirigea vers l’auto. Hope courut après lui : “Billy, peu importe ce que dit Maman, je veux rester avec toi.” “Oh, c’est en ordre. Oublions tout ça.” “Mais, Billy, si tu sens que Dieu veut que tu y ailles, alors tu devrais y aller.” Billy soupira : “Chérie, je me sens pris entre deux feux. Je ne veux pas blesser ta mère. Que ferions-nous si quelque chose lui arrivait pendant que nous sommes sur la route ? Tu passerais le reste de tes jours à te demander si tu n’as pas brisé le cœur de ta mère. Mettons cela de côté pour le moment.” C’est ainsi que Billy ignora le premier appel de Dieu pour évangéliser dans tout le pays. Ce fut la pire erreur de sa vie ; une erreur qui allait bientôt avoir des conséquences désastreuses.
Chapitre 19
Un rideau noir tombe
1936
C OMME S’IL ESSAYAIT de soulager sa conscience, William Branham augmenta ses efforts pour évangéliser dans la région de Jeffersonville. Ayant le sentiment que son histoire pourrait inspirer d’autres personnes à avoir foi en Dieu, Billy écrivit quelques-unes de ses expériences personnelles et imprima un petit tract de quinze pages. Il prit le titre dans Hébreux 13.8, Jésus-Christ, le même hier, aujourd’hui et pour toujours 2 et il signa son travail “par le Rév. W.M. (Billy) Branham.” 3 En guise d’introduction, il écrivit : “Ce livre a été écrit dans le but que chaque lecteur sache que Jésus-Christ sauve et guérit encore aujourd’hui. Je crois qu’Il va revenir bientôt. Ce livre explique comment Dieu a choisi un garçon pauvre et l’a appelé au ministère, comment le garçon L’a tout d’abord fui pour un temps pour ensuite Le servir de tout son cœur.” Billy continua, la page suivante, avec une prière : “Ô Père Céleste, puisses-tu bénir chaque personne qui lira ce livre. Fais-lui savoir que Tu vas bientôt appeler une Église remplie de Ta puissance, une Église comme nous n’en avons jamais vu. Nous croyons toujours en Toi. Crée un désir dans chaque cœur et ô, Jésus, aide ton humble serviteur à apporter Ton message. Je sais que Tu m’as caché dans les joncs, comme Tu l’as fait avec
2 Il emprunta le titre d’Hébreux 13.8 3 La version originale contenait 15 pages. Une autre version de 24 pages fut écrite par la suite. (Cette version est toujours disponible, voir la bibliographie.)
52 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Moïse, dans un but. Alors Père, aide-moi à glorifier Ton Nom, car je le demande au Nom de Jésus. Amen.” Les sept pages suivantes soulignaient la vie hors du commun de Billy, commençant par la fois où sa mère et lui seraient morts dans une tempête de neige, sans l’intervention d’un voisin. Il raconta comment une voix venant des branches d’un arbre lui avait parlé lorsqu’il avait sept ans, disant : “Ne bois jamais, ne fume ni ne souille ton corps d’aucune autre façon. Il y aura un travail à faire pour toi lorsque tu seras plus âgé.” Puis, il mentionna son voyage en Arizona, en 1927, comment la mort de son frère Edward l’avait ramené à la maison et l’avait poussé à réfléchir à ce qu’il y avait au-delà de la vie. Il écrivit comment il avait inhalé du gaz pendant qu’il travaillait pour la compagnie des Services publics, l’opération qui s’en suivit et la croix lumineuse qui l’avait tourné vers Dieu. Puis, il décrivit la guérison miraculeuse de ses troubles d’estomac et de son astigmatisme, son appel à prêcher et, finalement, la boule de feu qui était apparue au-dessus de sa tête alors qu’il baptisait dans la rivière Ohio, en 1933. (Cependant, il ne mentionna pas la voix qui avait dit : “Comme Jean-Baptiste fut envoyé pour annoncer la première venue de Jésus-Christ, tu es envoyé pour annoncer Sa seconde venue.”) Il conclut le tract par ces mots : Cher lecteur, si seulement j’avais assez de place dans ce livre pour vous raconter toutes les choses qui sont arrivées, comment notre tabernacle a été construit et les nombreuses réunions de puissants réveils que nous avons tenues. Des gens sont venus de près et de loin pour être guéris. Mais je dois m’assurer que ce livre soit petit pour qu’il se vende à prix abordable et qu’il soit accessible à tous. Ces choses ont été écrites pour que vous sachiez que Jésus-Christ est le même qu’Il était hier et aujourd’hui et qu’Il le sera pour toujours, et pour que vous croyiez en Lui et soyez sauvés. Si vous le pouvez, chaque fois que nos réunions de réveils se tiendront dans votre région, venez y assister. » Les deux pages suivantes étaient des témoignages de gens qui avaient été miraculeusement guéris, y compris ceux de M. Merrill et de Mme Der Ohanion, qui furent les premières personnes à être guéries par vision après que Billy fut devenu un chrétien.
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M. Merrill écrivit, « J’étais à l’hôpital, à New Albany, Indiana, lorsque j’ai entendu parler de frère Branham. J’avais été renversé par une auto. Mes côtes étaient pratiquement toutes brisées. Mon dos était tout tordu. J’étais un cas désespéré du point de vue médical. Frère Branham est venu prier pour moi et, instantanément, mes côtes ont repris leur place, de même que mon dos. Le docteur ne pouvait pas comprendre. Je me suis levé, j’ai mis mes vêtements, je suis retourné chez moi et je suis allé au travail. Que Dieu soit loué pour Sa puissance de guérison. » William Merrill 1034, rue Clark New Albany (Indiana)
Mme Der Ohanion écrivit, « J’étais estropiée depuis de nombreuses années. J’étais clouée au lit depuis un certain temps. Mes membres étaient repliés si bien que je ne pouvais pas marcher. J’ai entendu parler de William Branham et comment Dieu exauçait ses prières. Alors je l’ai appelé. Lui et un autre jeune homme nommé DeArk sont venus prier pour moi. Aussitôt, mes membres ont été guéris. Je pouvais marcher. Je marche toujours. Cela est arrivé il y a quatre ans. Je loue le Seigneur pour Sa puissance merveilleuse. » Mme Der Ohanion 2223, rue East Oak New Albany (Indiana)
Le tract se terminait par un sermon de deux pages sur la
puissance de guérison de Jésus-Christ aujourd’hui. Billy écrivit, « De nombreuses personnes qui lisent la Bible aujourd’hui disent : “Si seulement je vivais au temps de la Bible, j’irais vers Jésus et Il m’aiderait.” Ami, Il est ici aujourd’hui pour vous aider, de la même façon qu’Il y était en ce temps-là. Croyez seulement au Saint-Esprit, Il est le Témoin de Jésus. S’il vous plaît, à l’endroit même où vous êtes, croyez en Lui et vous serez guéri. »
54 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Les membres de la congrégation de Billy distribuèrent des exemplaires du tract Jésus-Christ le même hier, aujourd’hui et pour toujours à leurs amis et à leur parenté, qui à leur tour en passèrent à leurs propres amis et voisins. Avec le temps, ce petit tract sans prétention allait son chemin vers beaucoup d’endroits peu fréquentés et produire des miracles étonnants…
UN PEU PLUS TARD pendant l’été 1936, Billy et Hope se préparaient à aller à Fort Wayne, Indiana, pour rendre visite au père de Hope. Billy était pressé de prendre la route parce que, s’ils arrivaient à temps, ils pourraient assister au service du samedi soir au Tabernacle Redigar, une église qu’il aimait visiter lorsqu’il était à Fort Wayne. « Hope, tu ne vas pas prendre un bain avant de partir, n’est-ce pas ? » dit Billy en regardant sa montre nerveusement. « Ça ne me prendra pas beaucoup de temps. Mais, Billy, si l’on va à l’église ce soir, j’aurai besoin d’une nouvelle paire de bas. Pendant que je me prépare, veux-tu aller m’en acheter une paire chez J.C. Penney ? » « Bon, si ça peut accélérer les choses. » « Oui, ainsi, on va gagner du temps. Voici 60 sous [0,42 €]. Maintenant, fais bien attention d’acheter des bas en soie et pas en rayonne. Et veille à ce qu’ils aient une forme galbée. Pourras-tu te rappeler cela ? » « Bien sûr, bas de soie, forme galbée. » Les bas en soie étaient faits de soie naturelle, ils étaient doux et c’était un produit de luxe. Malgré le fait qu’ils soient trois fois plus chers que ceux en rayonne, ils étaient les préférés des femmes qui voulaient être élégantes et à la mode. Les bas en rayonne étaient souvent choisis par les femmes plus âgées, plus intéressées par les économies réalisées et l’utilité que par leur apparence. Billy Branham ne connaissait pas grand-chose à la mode féminine et il avait de la difficulté à distinguer, dans son esprit, entre la soie et la rayonne. Pour être certain de ne pas oublier, il répétait mentalement
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ce qu’il devait acheter tout en se rendant à pied au magasin. « Soie… soie… soie… » Quelqu’un lui dit bonjour alors qu’il passait. « Bonjour », répondit-il tout en continuant à se répéter : « Soie… soie… soie… » Puis, il rencontra Orville Spon, un vieux copain de pêche. Orville lui dit : « Billy, savais-tu que la perche mord de l’autre côté de la jetée ? Il y en a des longues comme ça. » Orville leva ses mains pour indiquer la taille. Billy siffla, impressionné. Les deux hommes discutèrent d’appâts et de techniques de pêche pendant quelques minutes. Lorsque Billy s’éloigna, il avait oublié quelle sorte de bas il était censé acheter. Qu’allait-il faire, maintenant ? Il était embarrassé de retourner à la maison pour dire à Hope qu’il avait oublié. De plus, cela prendrait trop de temps. Soudain, il pensa à Thelma Ford, une de ses amies qui travaillait dans un supermarché tout près. Elle pourrait probablement lui dire ce qu’il avait besoin de savoir. Tout près de la porte, Billy s’arrêta au rayon sport pour admirer sa carabine préférée, une carabine de calibre .22 qui était sur le présentoir. C’était une très belle arme à feu, parfaite pour la chasse à l’écureuil. Billy voulait l’acheter depuis plus d’un an. Mais la carabine coûtait 17 $ [12 €] et il ne pouvait même pas mettre de côté les 3 $ [2 €] nécessaires pour un acompte. Un jour peut-être… Thelma Ford vint vers lui : « Bonjour Billy, puis-je t’aider ? » « Bonjour Thelma. Hope veut que je lui achète une paire de chaussettes. » Thelma plissa le nez : « Euh, Billy, je ne crois pas que Hope veuille des chaussettes. » « Si, c’est ce qu’elle veut. Elle en veut même de forme galbée. » « Oh, tu veux dire des bas. Quelle sorte de bas ? » Se sentant idiot et ne voulant pas montrer encore plus son ignorance, Billy décida de bluffer : « Quelles sortes avez-vous ? »
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« Nous avons toutes les sortes, de la rayonne à… » « C’est exactement ce qu’elle veut, en rayonne. Combien coûtent-ils ? » « 20 sous [0,14 €] la paire. » « Dans ce cas, je vais en prendre deux paires. »
Hope Branham
Maintenant, Billy était content de lui. Lorsqu’il arriva à la maison, il taquina Hope : « Vous, les femmes, vous vous vantez d’être de bonnes acheteuses. Vous traversez la rivière pour aller à Louisville et passez toute la journée à chiner, pendant que moi je vais au centre-ville, ici à Jeffersonville, et j’achète deux paires de chaussettes avec l’argent que tu m’as donné pour une seule paire, et il me reste encore de l’argent. » « Tu as acheté de la soie ? »
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« Oui. » Soie, rayonne, cela avait l’air d’être la même chose, pour lui. Hope prit le sac et regarda à l’intérieur. Elle sourit : « Oui, Billy, tu trouves vraiment les bonnes affaires. » Lorsqu’ils arrivèrent à Fort Wayne, en fin d’après-midi, Billy fut ennuyé lorsque Hope lui dit qu’elle devait s’arrêter dans un supermarché avant d’aller à l’église. Billy arrêta la voiture et Hope se dépêcha d’entrer dans le magasin. Quelques minutes plus tard, elle en ressortit avec un petit sac de papier. Elle ne dit pas ce qu’elle avait acheté et, comme la seule préoccupation de Billy était d’arriver à temps au Tabernacle Redigar, il ne le lui demanda pas non plus. Billy ne se doutait pas que l’innocente petite erreur de ce matin-là allait revenir le hanter. UN RAYON de soleil illumina la vie de Billy lorsque sa fille naquit, le 27 octobre 1936. Ils la nommèrent Sharon Rose, une inversion de Rose de Saron, l’un des titres poétiques de Jésus-Christ. Sharon Rose était un bébé magnifique et Billy l’aimait plus que le soleil qui brille sur une belle journée d’automne. Il ne savait pas que la naissance de Sharon Rose allait être son dernier rayon de bonheur avant de nombreuses années. Les nuages sombres commencèrent à s’accumuler au mois de novembre. Tout d’abord, la belle-sœur de Billy mourut. Puis Charles Edward Branham Jr, un de ses frères fut tué à l’âge de dix-sept ans. Un dimanche soir, Charlie faisait du stop et monta sur le marchepied d’une voiture conduite par un ivrogne. La voiture dérapa et percuta un poteau électrique, éjectant Charlie qui se brisa la nuque. Billy était en train de prêcher à l’église. Un autre de ses frères lui apporta la nouvelle. Billy annula le service immédiatement, mais lorsqu’il arriva à l’hôpital, son frère Charlie était déjà mort. La mort de Charlie affecta profondément le père de Billy. Étant toujours désespérément pauvre et en mauvaise santé, Charles Branham Sr commença à réfléchir à sa vie passée et future. Un matin, Billy le vit assis sur sa charrue en train de pleurer. Billy lui demanda : « Qu’est-ce qui se passe, Papa ? »
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« Tu ne comprendras pas maintenant Billy, mais un jour tu vas comprendre. J’aimerais revoir mon ancienne maison. J’ai cinquante-deux ans et je n’y suis pas retourné depuis près de vingt-cinq ans. » « Si tu veux retourner là-bas, Papa, je vais te donner l’argent pour y aller. » Pour la dernière fois, Charles Branham visita l’endroit près de Burkesville, Kentucky, où il était né. Lorsqu’il retourna à Jeffersonville, il alla dans un bar et pensa à la façon dont il avait gâché sa vie avec l’alcool. Un homme lui offrit de lui payer un verre. Se sentant coupable, mais ne pouvant s’en empêcher, Charles accepta. Comme le liquide brun pâle réchauffait son estomac, Charles dit : « Les gars, un de mes fils se tient derrière une chaire, ce soir. Ce garçon a raison et j’ai tort. Ne laissez pas mon penchant pour la boisson avoir des répercussions sur mon fils. » Lorsqu’il porta le verre à ses lèvres, sa main tremblait tellement que son whisky coula sur son menton. Les hommes se moquèrent de lui. Charles craqua et se mit à pleurer. Il prit son chapeau et sortit. Deux semaines plus tard, le 30 novembre 1936, Charles Branham eut une crise cardiaque foudroyante. Il était toujours en vie lorsque Billy arriva à ses côtés. Billy serra la tête de son père dans ses bras. Ses boucles noires sur ses tempes commençaient tout juste à grisonner. Billy pensa : « J’ai contribué à rendre ces cheveux blancs. Combien de fois lui ai-je fais mal au cœur ? » Il regarda la main de son père à laquelle il manquait un doigt à cause d’un accident et il pensa combien son père avait travaillé dur pour élever ses dix enfants. Billy ne se souciait pas de ce que les autres pouvaient penser de Charles Branham ; cet homme était son père et il l’aimait. Charles regarda dans les yeux de son fils aîné : « Billy » murmura-t-il : « j’ai eu tort. » « Papa, il n’est pas trop tard pour changer. » Et juste là, près du lit de mort de son père, Billy le conduisit au Seigneur de toute vie, Jésus-Christ. En l’espace d’une heure,
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Charles Branham s’en alla rencontrer son Créateur. À ce moment-là, Billy vit un ange en robe blanche qui se tenait devant lui. Malgré sa souffrance, Billy eut au moins la consolation de savoir que l’âme de son père était en sécurité en Christ.
LE MALHEUR SUIVANT survint une semaine avant Noël, lorsque les deux enfants de Billy s’enrhumèrent. Bientôt, Hope se mit à renifler et à tousser avec eux. La température à l’extérieur était descendue au-dessous de zéro. Hope mit des couvertures au bas des portes et des serviettes au bas des fenêtres pour bloquer les courants d’air. Cela aida un peu, mais, comme la maison était mal isolée, le poêle de la cuisine ne suffisait pas à garder les deux pièces au chaud. En 1936, Noël tomba sur un vendredi. La veille de Noël, Hope alla avec une amie à Louisville, Kentucky, de l’autre côté de la rivière, pour acheter des cadeaux de dernière minute aux enfants. Billy se rendit au travail comme d’habitude. Pendant sa pause de midi, il ouvrit un compte en banque pour Sharon et y déposa 80 sous [0,56 €], son cadeau de Noël pour sa fille de deux mois. Puis, il déposa un cadeau de Noël au cabinet de son ami d’enfance, Sam Adair, qui venait de terminer ses études de médecine et était de retour à Jeffersonville pour y ouvrir un cabinet. Plus tard dans l’après-midi, Billy reçut un appel urgent. Pendant qu’elle faisait des achats à Louisville, Hope s’était évanouie dans la rue. Elle était maintenant au lit, à la maison, et avait désespérément besoin de sa présence. Billy se précipita et trouva Hope enroulée dans les couvertures qui frissonnait de manière incontrôlable. Il toucha son front. Sa peau était brûlante. Billy appela Sam Adair, qui vint tout de suite. Le Dr Adair glissa un thermomètre sous la langue de Hope. Appuyant son stéthoscope sur sa poitrine, il écouta et fronça les sourcils. Puis il regarda le thermomètre : « Oh ! là, là, elle a 42 °C [105 °F] de température. Billy, c’est grave. Elle a une pneumonie. Il faut lui donner du jus d’orange toute la nuit. Fais-lui en boire au moins 7 litres cette nuit, pour faire tomber la fièvre. »
60 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Billy resta au chevet de Hope toute la nuit, lui donnant une gorgée de jus d’orange toutes les quelques minutes. Le matin de Noël, la fièvre était descendue de quelques degrés. Mme Brumbach passa voir sa fille et fut horrifiée par la pièce froide et remplie de courants d’air : « William, cette maison n’est pas assez chaude pour Hope. Je vais l’emmener dans ma maison. » Billy dit : « J’aimerais mieux demander au Dr Adair si l’on doit la déplacer. » « Adair ? Je ne lui demanderais rien du tout. Ce garçon n’a même pas assez de bon sens pour venir ici sous la pluie. Je vais demander au Dr Lawrence de s’occuper d’elle. » Puis elle partit. Billy appela le Dr Adair, qui lui donna ce conseil : « Billy, ne la déplace pas. Si tu sors Hope, maintenant, par cette température glaciale, cela va la tuer. » « Mais, Docteur, sa mère va le faire tout de même. » « Alors je vais arrêter de m’occuper du cas dès maintenant. Billy, je t’aime comme un frère, tu le sais. Mais je ne peux pas être responsable de Hope dans ces conditions. Je vais devoir laisser le cas et le remettre entre les mains du Dr Lawrence. » « Bien, Docteur, tu sais quels sont mes sentiments. » Tourmenté, Billy marcha jusqu’à l’église, s’agenouilla et pria : « Seigneur, j’aime ma femme. S’il te plaît, aie pitié d’elle et guéris-la, veux-Tu, Seigneur ? » Billy vit un drap noir tomber devant ses yeux, comme un rideau qui tombe après une pièce de théâtre. Il frissonna d’horreur à cette vision. Puis, comme il observait, des nuages sombres bouchèrent le soleil. Des pluies torrentielles s’abattirent sur la campagne, faisant déborder la rivière Ohio et céder les digues qui protégeaient Jeffersonville, inondant la partie basse de la ville. Il vit un homme descendre du ciel avec une règle et mesurer le niveau d’eau sur la rue Spring à 6,5 m [21 pi].
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La vision troubla Billy. Jusque-là, chaque vision qu’il avait eue s’était avérée être vraie. Il partagea donc sa vision partout en ville, espérant que les gens en prendraient note et se prépareraient et qu’ainsi, des vies pourraient être sauvées. Mais les gens à qui il le dit se moquèrent, pouffèrent de rire ou rirent tout simplement aux éclats. Même certaines personnes de sa congrégation furent sceptiques, comme Jim Wiseheart, un ancien, qui lui dit : « Billy, c’est en 1884 qu’a eu lieu la dernière inondation et il n’y a que 6,5 m [21 pi] d’eau dans la rue Spring. » Billy répéta la vision : « J’ai vu un homme descendre du ciel prendre une règle, l’enfoncer à la rue Spring et dire “6,5 m”. » Jim Wiseheart se moqua : « Billy, tu es tout excité. » « Je ne suis pas excité. C’est “ainsi dit le Seigneur” ! De plus, le même Dieu qui m’a dit qu’il y aurait une inondation m’a montré un rideau noir qui s’est interposé entre Lui et moi. Il ne m’entend pas lorsque je prie pour ma femme. Je crains qu’elle ne s’en remette jamais. »
Chapitre 20
La désastreuse inondation
1937
A LORS QUE Billy Paul et Sharon Rose se remirent rapidement de leur rhume, la pneumonie de Hope ne la lâchait pas. Elle passa le mois de janvier au lit chez sa mère, incapable de faire quoi que ce soit elle-même. Billy s’occupait de ses enfants après son travail, mais, pendant la journée, il devait les laisser à une garde d’enfants. Il engagea Meda Broy. Meda avait presque dix-huit ans. Elle avait terminé l’école secondaire en mai de l’année précédente et n’avait pas encore trouvé d’emploi à temps plein. Ceci était donc un bon moyen pour elle de gagner un peu d’argent et d’aider son pasteur en même temps. Durant la dernière moitié du mois de janvier, une tempête se déplaça dans le Nord-Est des États-Unis. Pendant deux semaines, une pluie froide tomba sur la vaste région à l’ouest des Appalaches, d’où s’écoulait la rivière Ohio. Chaque jour, le niveau de la rivière Ohio montait de quelques centimètres le long des digues qui protégeaient Jeffersonville et Louisville. Des hommes patrouillaient en permanence le long des digues. Si une seule d’entre elles cédait, des centaines de kilomètres de terres agricoles seraient inondés, de même que toutes les parties des villes de la région bâties le long des rives. Les digues étaient bien bâties, mais c’était seulement de la terre ; elles ne pouvaient supporter une telle pression d’eau que pendant un certain temps. Elles s’affaiblissaient de jour en jour. Finalement, un jour à la mi-février, les autorités décidèrent d’évacuer les gens qui habitaient dans les zones en danger. Toute la journée, les routes furent remplies de gens qui se déplaçaient vers les parties les plus élevées de la ville. La maison de Billy, de même que celle de Mme Brumbach étaient toutes deux situées dans une des régions menacées. Billy devait donc trouver un
64 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir endroit pour loger son épouse. Il commença par chercher dans les hôpitaux habituels. Malheureusement, ils étaient tous pleins. Finalement, il dut conduire son épouse et les enfants dans un hôpital provisoire établi par le gouvernement. Puis, il rejoignit l’équipe d’évacuation civile. Malgré les nombreux avertissements, certaines personnes demeuraient dans leur maison, le plus souvent parce qu’elles n’avaient pas les moyens de voyager. Des volontaires travaillèrent fébrilement pendant toute la nuit pour localiser ces gens et les déplacer ailleurs avant qu’il soit trop tard. Vers minuit, une partie d’une digue du côté Indiana de la rivière lâcha, envoyant ainsi un puissant mur d’eau s’écraser dans le centre-ville de Jeffersonville. Toutes les sirènes de la ville retentirent en un avertissement final ; le pire était arrivé. Billy était à l’autre bout de la ville à ce moment, patrouillant avec un des camions de la compagnie des Services publics. Il avait son bateau accroché à l’arrière, au cas où il en aurait besoin. Un appel retentit à sa radio : « Billy, la digue a cédé de notre côté. Dépêche-toi de te rendre à la rue Chestnut avec ton bateau, on va avoir besoin de toi. » Lorsque Billy arriva à l’endroit indiqué par radio, plusieurs hommes firent signe au milieu des eaux déchaînées qui tourbillonnaient entre les maisons : « Il y a une mère et un groupe d’enfants en rade là-bas. Nous ne pouvons aller jusqu’à eux. Crois-tu que tu pourrais les atteindre avec ton bateau à moteur ? » Observant à travers la neige fondante et l’obscurité, Billy aperçut une silhouette qui se tenait sur la galerie d’une maison près de l’endroit où la digue avait cédé. Le torrent jaillissait à travers ce trou dans la digue et la maison était secouée violemment par l’assaut de l’eau. À travers le bruit du vent et de l’eau mugissante, Billy pouvait entendre faiblement le cri d’une femme qui appelait à l’aide. Le courant avait l’air menaçant : « Je vais faire tout mon possible. Aidez-moi à mettre le bateau à l’eau. » Faisant démarrer son bateau, Billy essaya de se diriger directement vers la femme, mais le courant était trop fort et le
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faisait dévier. Il pointa donc le nez de son embarcation à contre-courant, mit les gaz à fond et se dirigea tant bien que mal vers la source de l’inondation. Son petit moteur et sa petite hélice luttaient pour maintenir le cap. Lorsqu’il arriva aussi près qu’il l’osait de la digue rompue, il fit tourner son bateau dans l’autre direction et se dirigea à toute allure en travers du courant, ce qui l’amena en diagonale à son but. Il heurta le côté de la maison et attacha rapidement son bateau à un pilier de la galerie. La mère s’était évanouie. Elle faisait pitié, étendue sur la galerie gelée, la neige fondante collant ses cheveux sur son visage et ses vêtements sur sa peau. Derrière elle, deux petites filles terrifiées étaient blotties dans l’encadrement de la porte. Billy réussit à les faire passer toutes les trois, sans anicroche, de la galerie glissante à son bateau ballotté. Il pointa son bateau directement vers les terres surélevées où il avait laissé son camion, mais le courant puissant le fit dévier de près de 1,6 km. Un groupe de secouristes volontaires commença par sortir les enfants du bateau. Lorsqu’ils soulevèrent la mère inconsciente, celle-ci se réveilla et se mit à crier hystériquement : « Mon bébé ! Mon bébé ! Oh, ne laissez pas mon bébé ! » Saisi, Billy regarda les deux fillettes qu’il avait secourues. La plus jeune avait au moins deux ans. La panique le fit frissonner encore plus que la neige fondante qui lui dégoulinait sur le visage. Il n’avait pas inspecté la maison ! Il devait avoir laissé un petit bébé dans la maison condamnée ! Billy hurla en direction des autres secouristes : « Je vais retourner chercher le bébé. » Les hommes acquiescèrent. Billy tourna son bateau de bord et se dirigea de toutes ses forces à contre-courant vers la digue rompue. Lorsqu’il atteignit son objectif, une partie de la galerie de la maison s’était déjà détachée et le reste de la maison semblait être sur le point de suivre. Billy attacha son bateau à un des poteaux de la galerie qui étaient restés en place et courut à l’intérieur de la maison, fouillant frénétiquement une pièce après l’autre. Il n’y avait pas de bébé. Qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Puis il réalisa : la mère avait été inconsciente tout au long du sauvetage ; elle ne savait pas que ses deux petites filles étaient en sécurité. Elle faisait
66 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir probablement référence à sa plus jeune fille, lorsqu’elle avait crié : « Mon bébé ! » Autour de lui, la maison gémissait et se tordait à fendre l’âme. Des morceaux de plâtre pleuvaient du plafond et rebondissaient contre les murs comme du maïs soufflé. Un énorme craquement résonna dans le couloir. Le plancher fut secoué alors que la maison bougeait, projetant Billy contre une porte de penderie. Un autre craquement retentit peu après le premier, en même temps que le bruit du bois qui éclatait. Le bâtiment était en train d’être arraché de ses fondations.
Une vue aérienne de l’inondation à Jeffersonville
Dévalant le couloir, Billy plongea à travers la porte d’entrée, sans savoir que la galerie venait de se détacher complètement de la maison. Il atterrit dans l’eau glacée. Par la grâce de Dieu, il réussit à s’accrocher à une partie de la galerie qui était entraînée par les vagues. Se tirant hors de l’eau, il grimpa par-dessus les planches enchevêtrées jusque dans son bateau. Il défit le nœud avec ses
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doigts engourdis. Quelques instants plus tard, la maison s’arrachait complètement de ses fondations et disparaissait dans la nuit. Billy savait qu’il n’était pas encore hors de danger. Le moteur avait calé pendant qu’il fouillait la maison et maintenant, son petit bateau était ballotté sans contrôle dans les rues inondées. Une vague ou une branche d’arbre pouvaient le faire chavirer à tout moment. Billy attrapa la corde d’arrimage, couverte de glace, et enfila le bout noué dans le cran du volant. Il tira fort. Rien ne se passa. Il tira de nouveau ; toujours rien. Il mit l’étrangleur et essaya une autre fois. Rien. Le moteur était maintenant noyé. Encore et encore, Billy tira sur la corde de démarrage jusqu’à ce que ses muscles le supplient d’arrêter. Le moteur refusait de démarrer. Pendant ce temps, le courant l’avait entraîné jusqu’à la rue Market, puis à travers un autre trou dans une digue, jusque dans la rivière Ohio même. La terreur redonna de l’énergie à Billy. Il pouvait entendre le rugissement des chutes de l’Ohio à quelques minutes de lui ! Des vagues de 4,5 m [15 pi] de haut se dressaient autour de lui. Billy luttait pour garder l’équilibre tout en se battant avec son moteur. Entre deux tractions, il lui semblait entendre une voix qui lui disait : « Maintenant, que penses-tu de ta décision de ne pas aller parmi ces pentecôtistes ? » Billy tira à nouveau sur la corde de démarrage. Rien. Il pouvait entendre les chutes de l’Ohio gronder non loin de là. S’agenouillant dans l’eau glacée au fond de son bateau, Billy joignit désespérément ses doigts gelés. « Seigneur, j’ai une femme malade ainsi que deux bébés malades qui sont dans un hôpital. Dans quelques minutes, je vais couler dans ces chutes. Oh, Dieu, je t’en prie, aide-moi. Je ne veux pas mourir ici sur la rivière et laisser ma famille sans appui. » Une pensée divergente interrompit sa prière. Il lui semblait entendre sa belle-mère dire : « De la racaille, ce n’est que de la racaille. Je ne te permettrai jamais d’entraîner ma fille parmi de telles ordures. »
68 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Tremblant de remords, Billy pria : « Dieu bien aimé, je sais que j’ai fait une erreur, mais, s’il te plaît, pardonne-moi. Jésus, s’il te plaît, aie pitié de moi. Fais démarrer ce moteur ! » Le grondement des chutes devenait de minute en minute plus fort. Se levant, Billy tira une dernière fois sur la corde de démarrage. Cette fois-ci, le moteur cracha, toussa deux fois, puis démarra. Billy fit tourner son bateau et donna tous les gaz qu’il pouvait. Il gagna lentement de la distance à contre-courant, jusqu’à ce qu’il soit assez loin des chutes pour pointer le nez de son bateau en direction des rives de l’Indiana. Il échoua non loin du parc Howard, à des kilomètres de son point de départ, presque à New Albany. Après avoir attaché son bateau à un arbre, il se mit à marcher en direction de Jeffersonville.
Billy durant l’effort de sauvetage
Ce n’est que très tôt le matin suivant qu’il hissa son corps fatigué derrière le volant de son camion de service. Il se mit immédiatement en route pour aller voir sa femme et ses enfants, mais, il dut dévier lorsqu’il réalisa que le chemin était bloqué par l’inondation. Il essaya d’emprunter une autre route. Elle était aussi
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bloquée. Au bout de près d’une heure de tentatives infructueuses, Billy réalisa que toutes les routes allant dans cette direction étaient impraticables. Soudain, une nouvelle vague de terreur le submergea. Se pouvait-il que l’hôpital public soit sous l’eau ? Il se précipita dans les bureaux du gouvernement et y trouva un de ses amis, le major Weekly. « Major, est-ce que l’hôpital a été inondé ? » « Billy, il y a plus de 6 m [20 pi] d’eau dans cette zone. Y connaissais-tu quelqu’un ? » « Oui, une épouse malade et deux bébés malades. » « Ne t’inquiète pas, tout le monde a pu sortir. On les a tous mis dans un train et on les a envoyés dans le Nord, à Charlestown. Pas fantastique, j’en ai bien peur. Tout ce qu’il y avait de disponible, c’étaient des wagons à bestiaux. » Quelqu’un d’autre dit : « J’ai entendu dire que le train avait déraillé là où les chevalets du pont enjambent le ruisseau Lancassange. Je crois que tout le monde s’est noyé. » Toutes les lignes téléphoniques et télégraphiques entre Jeffersonville et Charlestown avaient été emportées par les flots. Il n’y avait donc aucun moyen d’obtenir d’autres informations à moins de s’y rendre. Billy sauta dans son camion et prit la route d’Utica Pike en direction de Charlestown, qui était à 20 km au nord de Jeffersonville. Le ruisseau Lancassange l’arrêta net. Il était sorti de son lit sur des kilomètres, transformant en marécages des champs de maïs et inondant les autoroutes sur des kilomètres de distance. Billy retourna à Jeffersonville à toute vitesse, chargea son bateau, remplit le réservoir d’essence et retourna là où la route d’Utica Pike et les voies ferrées disparaissaient sous l’eau. La neige mouillée s’était transformée en grêle et martelait le fond du bateau, alors que Billy faisait glisser la quille dans l’eau. Il essaya de suivre les voies ferrées qui étaient sous l’eau et réussit relativement bien pendant 1,5 km ; mais plus il approchait du milieu du ruisseau, plus il devait se battre contre le courant, jusqu’à ce qu’il dérive complètement hors de son chemin. Il se retrouva bientôt
70 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir complètement perdu au milieu d’un champ de maïs marécageux situé entre deux terrains boisés. Il devenait trop dangereux d’avancer ou de reculer. Bien que cela lui brise le cœur, Billy savait qu’il allait devoir attendre jusqu’à ce que la tempête se calme. Il accosta sur une petite île, se construisit un abri avec des troncs d’arbre et fit un feu. Puis il s’assit pour attendre… et s’inquiéter.
Chapitre 21
Hope meurt
1937
L « INONDATION bloqua Billy sur son île pendant trois misérables jours. Il passa la plupart du temps à se tourmenter, imaginant le pire, voyant des images de sa femme et de ses enfants flottants la tête en bas dans la rivière, accrochés quelque part à des broussailles. Ce genre de pensées l’anéantissait presque. Angoissé, il pria son Maître pour demander de l’aide. Mais, quelle qu’ait été l’ardeur avec laquelle il pria, il ne put trouver de réconfort auprès du Seigneur. Il lui semblait que Dieu lui avait tourné le dos et refusait d’écouter. Chaque fois que Billy priait, ses pensées le ramenaient à Mishawaka, là où il avait rencontré ces pentecôtistes. Étaient-ils vraiment le rebut des autres églises ? Ou bien avaient-ils quitté les autres églises parce qu’ils avaient trouvé quelque chose d’authentique ? Assis pendant des heures, prisonnier sur son île, Billy eut amplement le temps de considérer si ces pentecôtistes émotifs étaient de la racaille ou non et si, oui ou non, il aurait dû accorder plus d’importance à l’opinion de sa belle-mère qu’à la conduite du Saint-Esprit. Le deuxième jour de son isolement, il cessa finalement de pleuvoir. Le ciel s’éclaircit et le soleil commença à briller. Un avion le repéra et lui largua de la nourriture. Le troisième jour, le vent se calma et Billy décida d’essayer de nouveau de traverser. Il réussit à faire avancer son bateau encore 1,5 km le long du ruisseau, jusqu’à une petite communauté du nom de Port Fulton, située juste assez haut pour que les vagues ne viennent lécher que quelques pas de porte. Il demeura à Port Fulton pendant sept jours, désirant ardemment que le niveau d’eau baisse et que le courant soit moins fort. Finalement, il ne put plus supporter l’attente. Il essaya une nouvelle fois de se rendre sur l’autre rive et cette fois-ci, il réussit.
72 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Attachant son bateau à un arbre, il se mit à marcher le long de l’autoroute en direction de Charlestown. Lorsqu’il arriva à l’entrée de la ville, il demanda à tous ceux qu’il rencontra s’ils avaient entendu parler d’un train venant de Jeffersonville, avant que l’inondation efface les voies. Personne n’en avait entendu parler. Découragé, Billy remonta lentement la rue en direction de la gare. Une auto passa près de lui et s’arrêta. « Tiens, Billy Branham, qu’est-ce qui t’amène à Charlestown ? » C’était le colonel Hayes, un vieil ami de la famille. Après que Billy lui eut expliqué sa situation critique, le Colonel Hayes lui dit : « Monte, Billy, je vais t’aider à les retrouver. » Ils se retrouvèrent bientôt à la porte du poste de contrôle de la compagnie de chemin de fer. Billy demanda en tremblant : « Il y a dix jours… la nuit où la digue s’est effondrée à Jeffersonville… y a-t-il eu un train qui est arrivé ici vers minuit ? Ce devait être un train composé de wagons à bestiaux, mais les wagons étaient pleins de gens, des gens malades. » « Comment pourrais-je oublier ce train ? » répondit le contrôleur. « C’est le dernier qui est arrivé avant que les voies soient submergées par les flots. » Billy poussa un soupir de soulagement. « Qu’est-il arrivé à ces gens ? » demanda-t-il avidement. « Je ne pourrais te répondre. Le train ne s’est pas arrêté ici. Je ne sais pas où il a abouti, mais le mécanicien qui le conduisait va arriver dans quelques minutes. Restez dans les parages. » Le mécanicien fut d’un plus grand secours. « Une mère avec deux petits enfants ? Oui, je m’en souviens. Ils étaient tous très malades. Nous les avons amenés jusqu’à Colombus, Indiana. Mais, jeune homme, impossible de vous rendre là-bas. L’inondation a interrompu tous les trains pour Colombus et les routes sont également toutes bloquées. » Lorsque Billy et le colonel quittèrent la gare, Billy était rongé par l’inquiétude et se tordait les mains. Le colonel Hayes mit sa main rassurante sur l’épaule de Billy et dit : « Je peux t’y emmener Billy.
Hope meurt | 73
Je connais une route secondaire sur les hauteurs. Je suis certain qu’elle contournera l’eau. » « Alors, allons-y. » La ville de Colombus, Indiana, se trouvait à 80 km au nord. Ils y arrivèrent au crépuscule et apprirent qu’une église baptiste avait été convertie en hôpital provisoire pour installer les malades et les blessés victimes de l’inondation. Lorsqu’ils arrivèrent devant le bâtiment, Billy gravit quatre à quatre les marches de l’escalier. L’auditoire était comble. Les bancs avaient été poussés contre un mur et le plancher était maintenant occupé par de nombreuses rangées de lits de camp militaires. Le bruit et la confusion dominaient dans la grande pièce ; des gens marchaient dans les allées, d’autres toussaient ou gémissaient. Billy cria frénétiquement : « Hope ! Hope ! Où es-tu ? » Des gens se retournèrent pour le regarder, mais Billy ne s’en soucia pas. Il courut entre les lits de camp, cherchant le visage qu’il aimait plus que tout au monde. « Hope, où es-tu, ma chérie ? » Tout au bout de la pièce, Billy vit une main se lever en l’air. Il courut dans l’allée jusqu’à son lit. Le premier regard qu’il posa sur sa femme bien-aimée le fit frissonner involontairement. « Dieu bien aimé, aie pitié », pensa-t-il. La peau de Hope était aussi blanche que du coton. Ses bras avaient l’air si maigres ; elle devait avoir perdu 10 kg [25 lb]. Ses yeux étaient enfoncés dans les orbites et ses joues étaient tellement creuses qu’on pouvait facilement voir le contour de ses pommettes. Hope leva les yeux vers lui et sourit faiblement : « Billy, je suis désolée d’avoir une tête pareille. » Billy tomba à genoux et la serra dans ses bras. Il lutta pour parler d’une voix ferme : « Non, chérie, tu es très bien. Je regrette que tu sois si malade. Où sont Billy Paul et Sharon ? » « Quelqu’un les a emmenés dans une autre pièce. Ils ne me laissent pas les voir. » Une main toucha l’épaule de Billy. « Êtes-vous le Révérend Branham ? »
74 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
« Oui. » « Je suis un des médecins ici. Puis-je vous parler quelques instants en aparté ? » Aussitôt qu’ils furent assez éloignés pour que Hope ne les entende pas, le médecin dit : « Révérend Branham, je suis désolé de devoir vous l’apprendre, mais votre femme a contracté une pneumonie tuberculeuse. Je ne crois pas que quelque chose puisse l’arrêter. » Les mots du médecin tombèrent comme un scalpel tranchant sur la poitrine de Billy. « Non, Docteur, c’est impossible. Dieu peut la sauver. » « Eh bien, c’est peut-être vrai, mais, en ce qui concerne la science, c’en est fini pour elle. Nous ne pouvons plus rien faire pour elle. Je m’occupe également de vos enfants. Votre petit garçon va bien, mais votre bébé est très malade. Elle a une pneumonie. Vous aurez de la chance si elle s’en tire. » Billy sanglota : « Oh, Dieu, aie pitié. » « Ne craquez pas devant votre femme, recommanda le médecin, cela ne fera qu’empirer les choses. Elle ne sait pas qu’elle se meurt. » Billy lutta pour contenir son angoisse. « Quand pourrai-je les ramener à Jeffersonville ? » « Aussitôt que les routes seront praticables. » En retournant vers le lit de Hope, Billy dit : « Chérie, le docteur a dit que je pourrai te ramener à la maison dans quelques jours. Nous allons demander au Dr Sam Adair de s’occuper de toi. » Les lèvres minces de Hope esquissèrent un pauvre sourire. « Ce sera bien, Billy. Peut-être que Dieu va avoir pitié et me laisser vivre. » Luttant pour conserver une voix ferme Billy dit : « Je l’espère de tout mon cœur. »
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PENDANT CINQ MOIS, Hope fut obligée de rester à l’hôpital de Jeffersonville. Le Dr Adair essaya toutes les astuces que contenait sa mallette de médecin pour la sauver. Rien n’y fit. Lorsque Hope commença à cracher du sang, Billy devint fou d’angoisse. Le Dr Adair ne pouvait pas faire grand-chose pour le rassurer, sinon lui expliquer ce qui arrivait. « Le bacille de la tuberculose qui infecte ses poumons a rongé un vaisseau sanguin dans les bronches. C’est de là que vient le sang. » « Docteur, n’y a-t-il rien d’autre que l’on puisse essayer ? Je suis désespéré. » « Je connais un certain Dr Miller qui travaille au sanatorium à Louisville. C’est un spécialiste de la tuberculose ; il aurait peut-être des suggestions. Je vais l’appeler. » Le Dr Miller traversa la rivière pour examiner Hope avant de donner son opinion. « La maladie semble très avancée. La seule chose qui pourrait éventuellement fonctionner serait un pneumothorax artificiel. » Billy eut l’air perplexe. « Qu’est-ce qu’un pneumothorax ? » « Pneumo signifie poumon et le thorax est la cavité qui contient le cœur et les poumons. Le pneumothorax, c’est un état dans lequel de l’air ou du gaz a pénétré entre les poumons et la paroi thoracique, augmentant la pression dans cette région et causant l’affaissement des poumons. Cela se produit spontanément lors de certaines maladies pulmonaires et c’est généralement très grave. Lors d’un pneumothorax artificiel, on affaisse un poumon volontairement. Comme la bactérie qui provoque la tuberculose a besoin d’un très fort taux d’oxygène pour survivre, on peut parfois étouffer la bactérie en affaissant un poumon à la fois. « Cela semble prometteur. Qu’est-ce que ça implique ? » « On insère une aiguille entre les côtes, dans la cavité de la poitrine. On injecte ensuite une quantité d’air mesurée, affaissant un poumon à la fois. Graduellement, les poumons absorbent cet
76 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir air, alors nous devons injecter plus d’air à intervalles réguliers tout au long du traitement. » Maintenant, Billy était moins sûr. « Cela semble risqué. » « Il n’y a pas de garantie. » Billy en parla avec Hope et elle accepta de prendre le risque. L’hôpital de Jeffersonville n’étant pas équipé en pneumothorax, Billy emprunta de l’argent pour en louer un à l’hôpital de Louisville. Il tint la main de Hope pendant que les médecins anesthésièrent son côté et introduisirent une aiguille entre ses côtes et la cavité thoracique. Tout au long du processus, Hope se mordit les lèvres et serra la main de Billy jusqu’à ce qu’elle devienne blanche. Elle souffrait terriblement. Lorsque le Dr Miller eut terminé, Billy dut enlever les doigts de Hope de sa main. Après le traitement, le Dr Miller voulut des radiographies des poumons. Il les examina attentivement, puis appela Billy dans un cabinet de consultation. « Révérend Branham, j’ai bien peur que nous ayons échoué. Les poumons de votre femme sont déjà trop atteints. Nous ne pouvons plus rien faire pour elle. Le Dieu Tout-Puissant l’appelle à Lui. J’ai bien peur qu’il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. » Déchiré, Billy retourna dans la chambre de Hope. Elle était si pâle et avait l’air si fragile, telle une poupée de porcelaine étendue sur un lit. Il l’aimait tellement. Qu’allait — il faire sans elle ? Et les enfants, Billy Paul n’avait même pas deux ans et Sharon à peine neuf mois, qu’allaient-ils devenir sans leur mère ? Hope demanda : « Le médecin t’a-t-il dit quelque chose ? » Billy secoua la tête : « Ne me demande pas, ma chérie. Je dois aller travailler, maintenant, mais je reviendrai toutes les deux ou trois heures pour voir comment tu vas. » Il détestait la quitter, mais il avait emprunté des centaines de dollars [des tranches de 70 €] pour les frais médicaux, durant les derniers mois, et il devait continuer à travailler pour rembourser tout cet argent. Le jeudi 22 juillet, Billy patrouillait à 50 km au nord de Jeffersonville, près de Scottsburg, Indiana, lorsque le message qu’il
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craignait tant lui fut transmis par radio : « William Branham, votre femme est mourante. Vous devriez venir maintenant, si vous voulez la revoir en vie. » Billy arrêta son camion sur l’accotement et sortit. Il enleva son fusil, le déposa sur la banquette puis enleva son chapeau et s’agenouilla sur le bord de la route. Inclinant la tête devant Dieu, il pria : « Père Céleste, j’ai fait tout ce que j’ai pu. Tu sais que tu déchires l’âme de ton serviteur, mais j’ai probablement déchiré ton âme en écoutant la voix de ma belle-mère au lieu de la Tienne. Je t’ai déjà dit que j’étais désolé. Seigneur, je T’en prie, ne laisse pas Hope mourir avant que je puisse la voir encore une fois. » Il remonta dans la cabine, mit la sirène en marche et conduisit jusqu’à l’hôpital aussi vite que son camion pouvait rouler. Montant les escaliers à toute vitesse et franchissant la porte d’entrée, Billy vit Sam Adair dans le couloir, qui venait dans sa direction. Le Dr Adair jeta un regard à Billy, baissa rapidement la tête et entra dans une autre pièce pour ne pas avoir à lui faire face. Billy courut dans le couloir et ouvrit la porte. Sam mit son bras autour de ses épaules et murmura avec sympathie : « Billy, mon gars. » « Dis-moi, Docteur, est-elle encore en vie ? » « Je crois que oui, Billy. Mais pas pour longtemps. » « Docteur, viens avec moi dans sa chambre, d’accord ? » Le Dr Adair secoua la tête. « Oh ! Billy, ne me demande pas d’y aller. Hope m’a préparé tant de tartes. Elle est comme une sœur pour moi. Je ne peux pas supporter de retourner dans cette chambre. » Une infirmière ouvrit la porte et entra dans la pièce. « Révérend Branham, j’aimerais que vous preniez ce médicament. Cela va calmer vos nerfs. » Billy le repoussa et se dirigea vers la chambre de Hope. L’infirmière dit : « Je vais avec vous » et elle le suivit.
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Le Dr Adair l’appela : « Billy, elle est inconsciente. » Hope était étendue sur le lit avec un drap sur le visage. Billy releva le drap. Ses yeux étaient fermés et sa mâchoire ouverte. Elle pesait maintenant moins de 45 kg [100 lb]. Billy posa la main sur son front ; il était froid et collant. Agrippant son épaule, il la secoua doucement. « Hope, ma chérie, réponds-moi. Je t’aime de tout mon cœur. Peux-tu me parler juste encore une fois ? » Il n’y eut pas de réponse, aucun mouvement. À haute voix, Billy pria : « Ô Dieu, je sais que j’ai eu tort, mais s’il Te plaît, laisse-moi lui parler juste une… » Avant qu’il ait terminé sa prière, les paupières de Hope remuèrent, puis s’ouvrirent. Elle essaya de lever les bras, mais elle était trop faible. Ses lèvres bougèrent et elle prononça quelques mots faiblement : « C’est si facile », dit-elle. « Pourquoi m’as-tu rappelée ? » Billy se pencha au-dessus d’elle pour mieux l’entendre. « Que veux-tu dire, ma chérie ? » « Billy, tu en as parlé, tu as prêché à ce sujet, mais tu n’as aucune idée à quel point c’est beau. » « De quoi parles-tu ? » « Je m’en allais à la maison. Il y avait deux personnes vêtues de blanc qui se tenaient à mes côtés. Nous marchions sur un sentier bordé de magnifiques fleurs et de palmiers élégants. Il y avait de beaux oiseaux qui chantaient et volaient d’arbre en arbre. C’était si paisible. Puis, je t’ai entendu m’appeler au loin et je suis revenue te voir. » Hope remarqua l’infirmière qui se tenait derrière son mari. « Louise, j’espère qu’un jour tu auras un aussi bon mari que le mien. Il a été si bon, si compréhensif. » L’infirmière couvrit son visage avec un mouchoir et sortit précipitamment de la chambre. « Non chérie, je n’ai pas pu faire pour toi ce que j’aurais voulu. » « Tu as fait du mieux que tu pouvais, Billy et je t’aime pour cela. Mais je dois me dépêcher ; ils m’attendent. Mais, avant de partir, il
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y a certaines choses que j’aimerais te dire. Tu sais pourquoi je m’en vais, n’est-ce pas ? » Il essaya de dire oui, mais les mots ne voulurent pas sortir. Il acquiesça seulement d’un hochement de tête. « Nous n’aurions jamais dû écouter Maman », murmura-t-elle. « Ces pentecôtistes ont raison. Promets-moi d’aller vers ces gens, un jour. Élève nos enfants comme cela. » « Je sais que je n’aurais jamais dû écouter ta mère. Oh ! si seulement je pouvais le refaire, j’agirais différemment. Mais, je me rattraperai un jour. » « Billy, tu te souviens de la carabine que tu voulais acheter, celui dont nous n’avions pas assez d’argent pour verser le premier acompte ? » « Oui, chérie, je sais lequel. » « Je voulais tellement que tu aies cette carabine. J’ai économisé des pièces de monnaie sur le montant que tu me donnais chaque semaine pour les vêtements. Lorsque tu iras à la maison, regarde au-dessus du lit pliant. Tu y trouveras une enveloppe avec l’argent dedans. Promets-moi d’acheter cette carabine. » La gorge nouée, il lui promit. « Je l’achèterai par amour pour toi. » « Autre chose, je veux te demander pardon parce que je t’ai caché quelque chose. Te souviens-tu de la fois où nous allions à Fort Wayne, et tu m’as acheté ces bas ? » « Oui, je me rappelle. » « Billy, tu ne m’as pas acheté les bons. Ces bas étaient pour une femme plus âgée. Je les ai donnés à ta mère. Je ne te l’ai pas dit pour ne pas te faire de la peine. » Soudain, Billy sentit un autre genre de souffrance lui briser le cœur. Par sa négligence, ce jour-là, il avait déprécié les besoins de Hope. Comment avait-il pu manquer d’égards à ce point ? Son angoisse lui semblait maintenant insupportable.
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Le visage de Hope devint paisible : « Ils reviennent. Je peux les sentir s’approcher. Billy, c’est facile. Ce merveilleux Saint-Esprit que nous avons reçu me fait traverser. Promets-moi de prêcher le baptême du Saint-Esprit jusqu’à ta mort. Il est réel et c’est une mort merveilleuse. » « Je te le promets. » Hope réussit à esquisser un pauvre sourire : « Je veux aussi que tu me promettes de ne pas vivre seul. » « Oh ! Hope, je ne peux pas te promettre cela. Je t’aime trop. » « Billy, nous avons deux enfants. Je ne veux pas qu’ils soient trimbalés à droite et à gauche. Trouve une gentille jeune fille chrétienne et épouse-la, quelqu’un qui va aimer nos enfants et leur faire un foyer. » « Oh, Hope, s’il te plaît, ne me demande pas de te promettre cela. » « S’il te plaît Billy, tu ne me laisserais pas mourir malheureuse, n’est-ce pas ? » Le cœur presque arraché de sa poitrine, Billy murmura : « Je te promets de faire de mon mieux. » Les dernières paroles qu’elle lui adressa furent : « Billy, demeure dans le champ. » Billy dit : « Chérie, je vais t’enterrer à Walnut Ridge. Et lorsque je mourrai, je serai enterré à tes côtés. Si Jésus revient avant que je meure, je serai quelque part sur le champ de bataille en train de prêcher l’Évangile du Saint-Esprit. En ce jour glorieux où Jésus déchirera le ciel et où la Nouvelle Jérusalem descendra des cieux, je prendrai Billy Paul et Sharon, et nous te rencontrerons à la Porte orientale avant d’entrer. » Hope sourit une dernière fois et serra sa main. Puis, elle ferma les yeux pour marcher sur ce sentier bordé de palmiers en direction de la Cité de Dieu. Dans l’esprit de Billy, elle aurait toujours vingt- quatre ans.
Chapitre 22
LE MOMENT LE PLUS TRAÎTRE DE SA VIE
1937
E LLA BRANHAM pressa son fils de rester chez elle, la première nuit après la mort de Hope. Elle savait que ses enfants étaient avec Mme Broy et Ella ne voulait pas que Billy se retrouve seul. Mais Billy dit non, il voulait aller à la maison. Même s’il n’y avait pas grand-chose — on aurait pu vendre tout ce qui se trouvait dans les deux pièces pour 10 $ [7 €] — la petite maison était leur maison. Hope l’avait tenue propre, elle l’avait arrangée avec amour et avait transformé des locaux à l’étroit et quelconques en un foyer chaleureux et accueillant. Mais, aussitôt que Billy franchit la porte, il sut qu’il s’était trompé. L’endroit n’avait pas de gaieté, pas de vie, rien d’hospitalier. En entrant dans la chambre, il regarda au-dessus du lit pliant. Sous un journal, il trouva l’argent mentionné par Hope. Billy versa les petites pièces de monnaie sur le lit et les compta. Il y avait 2,80 $ [2 €]. Il ne manquait que 20 sous [0,14 €] pour l’acompte de cette carabine .22 dont il rêvait depuis plus d’un an. Billy décida dans son cœur de mettre cet argent de côté pour la carabine et, malgré les centaines de dollars qu’il devait en frais médicaux, il fit le vœu de payer les mensualités pour cette carabine jusqu’à ce qu’elle lui appartienne en propre, en mémoire de son épouse dévouée. Il s’étendit sur le lit, souhaitant ardemment s’échapper dans le sommeil. Une souris était parvenue à entrer dans le four de la cuisine et faisait craquer le papier d’allumage entre les grilles. Pour Billy, c’était comme si Hope était en train d’ouvrir l’emballage de quelques friandises qu’elle aurait conservées sur une étagère de la cuisine. Il se leva et ferma la porte de la cuisine avec le pied. La robe de chambre de Hope était accrochée à un crochet derrière la porte.
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Il réalisait maintenant qu’il aurait dû aller chez sa mère ; tout ce qui l’entourait lui rappelait sa femme qui était maintenant à la morgue. Billy enfouit ses joues mouillées dans le matelas et donna libre cours à son chagrin. Des coups furent frappés contre la porte avec insistance. Billy sauta du lit et fit entrer Frank Broy et son fils Fletcher dans la pièce. Frank dit : « Billy, j’ai de mauvaises nouvelles pour toi. » « Je sais Frank, j’étais avec Hope lorsqu’elle est décédée. » « Mais ce n’est pas tout. Ton bébé est aussi en train de mourir. » « Sharon ? » haleta Billy : « Ce n’est pas possible ! » « Si. Le Dr Adair vient de l’emmener à l’hôpital. Elle a la méningite. Le docteur dit qu’elle n’a aucune chance de s’en sortir. Viens, je vais te conduire là-bas. » Au lieu de bouger, Billy s’écroula sur le plancher. Frank et son fils l’aidèrent à se relever et monter dans le véhicule pickup de Frank. Lorsque Billy arriva à l’hôpital, le Dr Adair le conduisit au laboratoire et lui montra à travers un microscope un spécimen du fluide qu’il avait extrait de la colonne de Sharon. « C’est la méningite tuberculeuse », dit tristement le Dr Adair : « Elle l’a attrapée avec sa mère. Habituellement, le bacille de la tuberculose s’arrête dans les poumons, mais il arrive qu’il pénètre dans la circulation du sang et atteigne les méninges qui recouvrent le cerveau. C’est ce qui est arrivé à ta fille. Je suis désolé, Billy, mais, à ce stade, on ne peut absolument rien faire pour elle. » « Où est-elle, Docteur ? Je veux la voir. » « Elle est en bas, en salle d’isolement, alors tu ne peux pas aller la voir. Elle est contagieuse. » « Ça m’est égal de mourir. Je dois voir Sharon encore une fois. » Avec peine, le Dr Adair demeura ferme : « Tu ne peux pas faire cela, Billy. C’est la méningite. Tu pourrais transporter le microbe sur ton manteau et le transmettre à Billy Paul. »
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Billy s’assit et enfouit son visage dans ses mains, sanglotant : « Amène-moi du chloroforme et laisse-moi mourir avec elle. Qu’est-ce que la vie pour moi, maintenant ? Tout ce que j’aime est parti. » Le Dr Adair ressentait le désespoir de son ami comme si c’était le sien : « Billy, reste ici. Je vais demander à une infirmière de t’apporter quelque chose qui va calmer ta douleur. » Aussitôt que le docteur Adair eut quitté la pièce, Billy se glissa dehors par une autre porte et descendit au sous-sol. Sharon Rose était étendue dans un petit lit, elle gémissait et était secouée par des spasmes musculaires. On avait recouvert son corps d’une étamine pour la protéger des moustiques, mais le battement de ses jambes et ses torsions l’avaient repoussée et les mouches suçaient maintenant l’humidité autour de ses yeux. Billy chassa les mouches et replaça le linge. « Sharon », dit-il doucement. Lorsqu’elle se retourna pour le voir, ses lèvres frémirent. Elle avait tellement souffert, qu’elle louchait d’un œil. Billy tomba à genoux, ferma les yeux et joignit les mains : « Oh, Dieu bien aimé » dit-il en pleurant : « Tu as pris mon épouse chérie et, maintenant, Tu prends mon bébé ! S’il Te plaît, ne prends pas ma petite fille. C’est moi qui ai mal agi ; c’est moi que Tu devrais prendre. Je suis désolé d’avoir écouté quelqu’un d’autre au lieu de Toi. J’essaierai de ne plus jamais le refaire. Seigneur, j’irai vers ces gens qu’elle appelait de la “racaille” et des “gens qui vont à contre-courant” et ça me sera égal qu’on m’appelle un saint comédien. Je ferai tout ce que Tu me demanderas ; seulement, s’il Te plaît, ne prends pas ma petite fille. » Aussitôt qu’il ouvrit les yeux, il vit comme un rideau noir tomber entre Sharon et lui. Il avait vu la même chose lorsqu’il avait prié pour Hope au dernier Noël. Il sut que Dieu avait rejeté sa prière. Cet instant fut le moment le plus traître de la vie de Billy. Alors qu’il était agenouillé sur le plancher du sous-sol d’isolement, près de sa fille de neuf mois qui était en train de mourir devant lui, le
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tentateur vint lui murmurer : « Tu dis que Dieu est amour. Est-ce que c’est de l’amour, ça ? Tu as prêché Sa Parole et tu as essayé de toutes tes forces de vivre pour Lui et, maintenant, alors qu’il est question de la vie de ton bébé, Il te rejette ! Quel genre de Dieu sers-tu donc ? » Pendant une minute, Billy chancela dangereusement sur la « Great Divide » [N.D.T : ligne de partage des eaux entre l’Atlantique et le Pacifique.]. Puis sa réponse vint, comme jaillissant d’une source de force cachée au plus profond de son âme : « Comme Job autrefois, je dirai, “L’Éternel a donné, l’Éternel a repris, béni soit le Nom du Seigneur.”4 Ô, Dieu, je ne sais pas pourquoi Tu me déchires comme cela, mais ça ne change pas ma foi en Toi. Même si Tu me tues, je Te ferai confiance. Je crois en Ta bonté. » Il se leva et se pencha pour la dernière fois au-dessus du petit lit de sa fille : « Sharon, après que les anges auront porté ton âme auprès de ta mère, je t’enterrerai dans ses bras. » Amelia Hope Branham fut enterrée le samedi 24 juillet 1937, au cimetière Walnut Ridge, sur une concession que son père avait achetée pour sa femme et lui-même. Sharon Rose mourut le jour suivant. Le lundi, l’entrepreneur des pompes funèbres rouvrit la tombe de Hope, descendit le petit cercueil de Sharon et le déposa sur celui de sa mère. Billy avait tenu promesse ; il avait enterré Sharon dans les bras de sa mère.
PENDANT LES SEMAINES qui suivirent, Billy vécut dans un profond désespoir. Ses journées lui semblaient interminables ; ses nuits étaient souvent une torture sans sommeil. Chaque jour de semaine, il se forçait pour aller travailler. Il savait qu’il avait l’obligation de payer ses dettes de frais médicaux et cela lui donnait une raison de vivre. Les après-midis, il allait chercher Billy Paul chez les Broy, faisait à souper, puis marchait dans les rues pendant des heures, son fils sur les épaules. Un jour, après son travail, Billy posa son fils sur les marches à l’entrée et voulait se diriger vers la cour arrière pour aller voir son
4 Job 1.21
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chien de chasse qu’il gardait attaché à un chêne au fond de son terrain. Billy Paul demanda : « Papa, où est Maman ? » Billy avait répondu à cette question des centaines de fois, mais Billy Paul, à deux ans, était trop petit pour comprendre. « Elle est au ciel. Elle est allée voir Jésus. » « Quand reviendra-t-elle ? Je veux la voir. » « Elle ne reviendra pas, Billy, mais toi et moi allons la revoir un jour. » Billy commença à marcher sur le sentier derrière la maison. Billy Paul pointa son petit doigt vers le ciel : « Papa, regarde ! J’ai vu Maman là-haut sur ce nuage. » C’en était trop pour Billy. Il tomba face contre terre et resta étendu là pendant une heure, sans bouger, pendant que Billy Paul était assis sur les marches à réclamer sa mère en pleurant. Lorsque Billy finit par retrouver la force de se lever, il prit Billy Paul, le ramena chez les Broy, puis poursuivit sa marche en direction de Walnut Ridge. Avant qu’il atteigne le cimetière, une auto passa et s’arrêta. M. Isler, un sénateur de l’Indiana qui vivait à Jeffersonville, sortit de son auto. « Où vas-tu, Billy ? Au cimetière ? » « Oui. » « Ce n’est pas la première fois que je te vois monter cette colline. Qu’est-ce que tu fais là-haut ? » « Je m’assieds à côté de la tombe de ma femme et de ma petite fille, et j’écoute le vent jouer de la musique dans les arbres. » « Quel genre de musique est-ce ? » Billy cita la première strophe d’un cantique : « Il y a un pays au-delà de la rivière qu’on appelle éternité et nous atteignons ce rivage seulement par la foi. Un à un, nous gagnons le portail pour vivre là-bas avec les immortels ; un jour, ils feront sonner ces cloches d’or pour toi et moi. »
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Le sénateur Isler serra les mains de Billy dans les siennes : « Billy, je veux te demander quelque chose. Je t’ai vu au coin des rues prêcher jusqu’à ce qu’on aurait dit que tu étais sur le point de tomber raide mort. Je t’ai vu monter et descendre les rues à toute heure de la nuit, faisant des appels pour des malades. Mais, après toutes ces choses qui te sont arrivées, qu’est-ce que Christ représente pour toi, maintenant ? » « Il est tout ce qui me reste, M. Isler. Il est ma vie, mon espérance, tout ce que j’ai. Il est la seule chose solide dans la vie à laquelle je puisse m’accrocher. » M. Isler secoua la tête : « Après qu’Il a pris ta femme et ton bébé, tu veux toujours Le servir ? » « Je Lui ferai confiance même s’Il me tue. » Tôt le lendemain matin, Billy fut désigné pour réparer une ligne secondaire endommagée, sur l’autoroute 150, près de New Albany. Fixant ses éperons et sa ceinture de sécurité, il commença à grimper au poteau, s’arrêtant juste au-dessous de la barre transversale. Hope et Sharon accaparaient ses pensées. Il pouvait comprendre pourquoi Dieu avait pris son épouse, mais son bébé… Pourquoi Dieu avait-il prit sa petite fille ? Tout en travaillant, il chanta ce vieux cantique Gospel, Sur une colline au loin se tenait une vieille croix rugueuse, L’emblème de la souffrance et de la honte ; C’était sur cette vieille croix que Jésus a souffert, Et c’est là qu’Il mourut pour sauver le plus vil des pécheurs.
Juste à ce moment-là, le soleil pointa à l’horizon et l’inonda de lumière, projetant une ombre sur la colline derrière lui, l’ombre d’un homme accroché à une croix. « C’est juste », sanglota-t-il : « ce sont mes péchés qui T’ont mis là, Jésus. Je suis aussi coupable que n’importe qui d’autre. » Tout à coup, une idée confuse lui traversa l’esprit. Profitant de cette confusion, le diable le pressa de mettre fin à sa vie. Billy regarda ses gros gants de caoutchouc, puis la ligne de transmission principale
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de 2 300 volts qui se trouvait juste à côté de la ligne secondaire. Il considéra les possibilités. C’était mal, très mal. Mais, à ce moment-là, en quelque sorte, l’esprit embrouillé par le désespoir, ce qui était mal lui sembla bien. Arrachant l’un de ses gants de protection, il dit : « Cher Dieu, j’ai horreur de faire cela, mais je suis un lâche. Je ne peux pas continuer à vivre sans elles. » Il tendit sa main nue vers la ligne de 2 300 volts, en sachant qu’au moment où il la toucherait, le courant ferait bouillir son sang et fracasserait ses os : « Sharon, Papa va venir vous voir, toi et Maman. » Il ne sut jamais ce qui se produisit ensuite. Lorsqu’il revint à lui, il était assis par terre avec sa ceinture de sécurité encore attachée au poteau. Son corps était couvert de sueur et il tremblait de façon incontrôlable. Incapable de continuer à travailler, il lança ses outils à l’arrière de son camion de service et retourna chez lui. Il y avait plusieurs lettres dans la boîte aux lettres, sur la galerie devant la maison. Billy les prit et les porta à l’intérieur, et il les étala sur la table de la cuisine. En plus des habituelles factures mensuelles, l’une des lettres était plutôt inattendue. Elle venait de sa banque et était adressée à « Mlle Sharon Rose Branham ». Les mains de Billy tremblaient tandis qu’il déchirait le rebord. Puis il comprit. La banque renvoyait les 80 sous [0,56 €]. Billy avait oublié le compte d’épargne qu’il avait ouvert pour Sharon, quelques jours avant Noël. C’était juste avant que… Sa digue mentale s’effondra, inondant ses pensées de ces terribles souvenirs. Il pria : « Jésus, quand j’étais un gamin, j’ai eu faim et froid si souvent. Tout le monde se moquait de moi et me traitait de poule mouillée. Je me sentais tellement seul. Quand je suis devenu chrétien, Tu m’as donné une petite maison et une famille. J’ai essayé de vivre correctement. Maintenant, Tu m’as enlevé tout cela. Je suis si tourmenté ; je ne peux pas continuer comme cela. Oh, Dieu, pourquoi ne me prends-Tu pas aussi ? » Encore une fois, le diable vint comme dans une brume, embrouillant la capacité à raisonner de Billy et son bon sens. Pendant un moment, Billy perdit de vue la main de Dieu qui le guidait. Durant ce traître instant, Satan le pressa de prendre les
88 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir mesures extrêmes. Billy gardait son revolver de garde-chasse dans un étui accroché à un clou derrière la porte de la cuisine. Prenant en main ce pistolet, il s’agenouilla par terre, près d’un lit de camp à côté du poêle. Appuyant le canon contre sa tête, il arma le pistolet et commença à presser sur la détente, tout en priant à haute voix : « Notre Père qui es aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ta volonté soit faite… » Il pressa de plus en plus fort sur la détente bien huilée, mais elle ne bougea pas. Il y mit toute la force qui lui restait, mais le croissant d’acier ne voulait pas bouger. Finalement, Billy renonça et jeta le pistolet de côté. Lorsqu’il heurta le sol, le coup partit et une balle transperça le mur. Billy tomba sur le lit de camp : « Ô, Dieu, Tu me mets en pièces. Tu ne veux même pas me laisser mourir. » A la fin, ayant pleuré jusqu’à l’épuisement, il s’endormit et rêva. Ce n’était pas un rêve ordinaire, aux contours brumeux et aux souvenirs vagues. Les contours étaient clairs et distincts, et ils restèrent dans sa mémoire aussi clairement que s’il avait été là réellement. Il rêva qu’il était quelque part dans une prairie de l’Ouest, marchant le long d’une route déserte, chantant une ballade populaire de l’Ouest : « Il y a une roue du chariot qui est brisée et l’écriteau sur le ranch dit “À vendre…” » Billy marchait à côté d’un vieux chariot bâché, du genre de ceux que les pionniers appelaient un « schooner des prairies ». Une roue avant du chariot était brisée, ce qui faisait pencher un angle du caisson au point que l’essieu touchait le sol. À côté de la roue de bois fendue se trouvait une jolie jeune fille qui le regardait, appuyée contre le chariot. Le vent faisait danser sa longue chevelure blonde. Ses yeux bleus étincelaient au soleil. En passant à côté, Billy enleva son chapeau de cow-boy et la salua joyeusement : « Bonjour, madame. » Elle répondit : « Bonjour, Papa. » Billy s’arrêta et dévisagea cette belle jeune femme vêtue de blanc. Elle avait l’air d’avoir au moins vingt ans : « Mademoiselle, comment puis-je être votre père, alors que vous êtes presque aussi âgée que moi ? »
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Son sourire s’élargit, dévoilant des dents parfaites : « Papa, tu ne sais tout simplement pas où tu es. Sur terre, j’étais ta petite Sharon Rose. » « Sharon ? Mais tu n’étais qu’un petit bébé. » « Il n’y a pas de bébés ici, Papa. Nous avons tous le même âge ; nous sommes immortels. Où est mon frère Billy Paul ? » « Je l’ai laissé chez Mme Broy, il y a un petit moment. » Sharon dit : « Je vais attendre Billy Paul ici. Pourquoi ne vas-tu pas voir Maman ? Elle t’attend là-haut, dans votre nouvelle maison. » « Nouvelle maison ? Les Branham n’ont jamais eu de maison ; nous avons toujours été de pauvres vagabonds. » « Tu as une maison ici, Papa. Regarde. » Elle montra du doigt le haut de la route. Au bout du chemin se trouvait un magnifique palais perché au sommet d’une colline. Le soleil venait juste de se coucher derrière le toit du château et, maintenant, les rayons de soleil étincelaient dans toutes les directions comme la lumière d’un phare qui guide les voyageurs fatigués à bon port. Billy monta la route en chantant les bras levés « Mon chez-moi, mon doux chez-moi… » Un long escalier montait du bas de la colline jusqu’au pas de la porte d’entrée. Hope attendait sur le seuil de la porte, vêtue de blanc, ses longs cheveux noirs chatoyant dans la brise. Billy gravit les marches d’escalier quatre à quatre. Lorsqu’il arriva en haut, il tomba à ses pieds. Hope le pressa gentiment de se relever. Billy dit : « Hope, je viens de rencontrer Sharon sur la route. Elle est devenue une si belle jeune fille. » « Oui. Billy, tu dois arrêter de t’inquiéter à propos de Sharon et moi. » « Chérie, je ne peux pas m’en empêcher. Je m’ennuie tellement de vous deux. Billy Paul pleure tout le temps pour te voir ; je ne sais pas que faire avec lui. »
90 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
« Sharon et moi sommes dans une bien meilleure situation que toi. Promets-moi que tu ne t’inquiéteras plus à notre sujet. » Hope mit un bras autour de son épaule et lui caressa le dos, comme elle l’avait fait si souvent sur terre : « Billy, tu as l’air si fatigué. Tu t’épuises à aller prier pour les malades. Viens avec moi à l’intérieur ; maintenant, tu peux t’asseoir et te reposer. » Il entra avec elle dans le palais. Il y avait là un fauteuil Morris vert, exactement comme celui qu’ils avaient dû rendre à la compagnie de financement parce qu’il ne pouvait pas payer les mensualités.
Billy Paul Branham à un jeune âge
Hope dit : « Te souviens-tu de ce fauteuil ? »
Le moment le plus traître de sa vie | 91
Un nœud se forma dans la gorge de Billy : « Bien sûr, je me souviens. » « Ils ne prendront pas celui-ci » assura-t-elle : « il est déjà payé. » « Je ne comprends pas. » « Tu retournes là-bas, maintenant, Billy. Promets-moi que tu ne t’inquiéteras plus pour Sharon et moi. » « Hope, je ne peux pas te promettre ça. » Mais, Hope avait soudain disparu et Billy était en train de se réveiller. Il était toujours à genoux sur le lit de camp, dans l’obscurité de sa cuisine. Il se leva et regarda dans la pièce sombre. Il lui sembla sentir un bras invisible autour de ses épaules : « Hope, est-ce toi ? » Il lui semblait la sentir lui caresser le dos : « Hope, es-tu ici dans la pièce ? » Était-il en train d’imaginer tout cela ? Ou bien pouvait-il réellement entendre sa voix murmurer : « Promets-moi de ne pas t’inquiéter. » Billy dit : « Hope, je le promets. »
Chapitre 23
Combattant l’adversité
1937 — 1939
L E NIVEAU DE LA RIVIÈRE OHIO sur la rue Spring, lors de l’inondation de 1937, avait atteint 6,5 m [21 pi], exactement comme l’ange l’avait montré à William Branham. Le Tabernacle Branham, qui n’était pas loin de la rue Spring, avait aussi reçu son baptême. L’eau de la crue avait brisé les fenêtres et tout ce qui n’était pas vissé au plancher flottait à l’intérieur de l’église ; même la chaire et les bancs. Lorsque, finalement, la rivière boueuse se retira, les bancs se retrouvèrent sens dessus dessous, cependant, la chaire était revenue presque au même endroit qu’avant, toujours droite et face à la congrégation. Le soir avant l’inondation, Billy avait laissé sa Bible ouverte sur la chaire. Lorsqu’il revint pour examiner les dégâts, il trouva sa Bible à l’endroit où il l’avait laissée, ouverte à la même page. Billy prit cela comme un signe : même si les circonstances extérieures de sa vie étaient confuses, la Parole de Dieu qu’il prêchait demeurait vraie et stable. C’était encourageant et Billy avait besoin de chaque gramme d’encouragement qu’il pouvait trouver pour l’aider à supporter sa vie. Il ne pouvait tout simplement pas se remettre de la mort de sa femme et de sa fille. Il se sentait comme en prison sans aucun espoir de libération conditionnelle. La tristesse l’enfermait comme derrière les barreaux d’une cellule ; la solitude le surveillait comme un gardien de prison ; et le désespoir, comme un sévère directeur de prison, semblait régler chacun de ses mouvements. La sentence semblait presque trop lourde à porter. Parfois, il tirait du réconfort dans son rêve avec Hope et Sharon au ciel. Il savait que c’était un rêve parce qu’il s’était endormi. (Les visions se produisaient pendant qu’il était complètement éveillé.) Mais cela avait été un rêve si mémorable, tellement saisissant,
94 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir jusqu’aux veines du bois du chariot et aux empreintes de ses bottes dans le sable. Son rêve semblait tellement sensé, comme si Dieu avait voulu lui dire beaucoup de choses. Certains points semblaient clairs : la roue brisée du chariot représentait certainement sa famille brisée et il était vrai que Hope et Sharon étaient maintenant dans un endroit meilleur que sur la terre. Mais les autres symboles n’étaient pas aussi clairs. Pourquoi le rêve avait-il eu lieu dans l’Ouest ? Le soleil couchant avait-il une signification particulière ? Et plus surprenant encore, pourquoi Hope lui avait-elle dit qu’il s’épuisait à prier pour les malades ? Il ne pouvait pas trouver de réponses satisfaisantes à ces questions. Billy trouvait sa plus grande force dans la Bible. Il lut dans Romains 8:28, où l’apôtre Paul dit : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qu’Il a appelés selon Son dessein. » Billy lutta pour y croire, mais c’était si dur à voir. Quel bien pouvait ressortir du fait d’avoir perdu sa femme et sa fille ? Il souligna dans Jean 14 où Jésus dit : « Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père… je vais vous préparer une place, je reviendrai et vous prendrai avec moi… Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’alarme pas. » Billy essaya de mettre ces versets en pratique, mais son cœur restait souvent troublé. Même s’il continuait à prêcher dans son église, il avait perdu beaucoup de son énergie et de son dynamisme. Il se souciait des gens autant qu’avant, mais, d’une certaine manière, il ne se sentait pas en règle avec le Seigneur. Quand il priait, il n’arrivait pas à atteindre le trône de Dieu de la même façon qu’avant. Il se sentait misérable. Sa mère vivait toujours à quelques pas de chez lui. Après la mort de Charles Sr, elle avait transformé sa maison en pension, ce qui lui procurait un revenu modeste, mais stable. Chaque jour, Ella cuisinait le déjeuner et le souper de ses pensionnaires. Billy s’arrêtait fréquemment chez elle pour souper. Un soir, alors que Billy aidait sa mère à débarrasser la table, Ella lui demanda ce qu’il pensait du nouveau pont en construction sur la rivière Ohio, entre Louisville, Kentucky, et Jeffersonville, Indiana : « Cela ne te semble pas familier ? » lui demanda-t-elle.
Combattant l’adversité | 95
« C’est étrange, mais oui, d’une certaine manière, c’est comme si je me souvenais de cela. » Ella acquiesça : « Un jour, il y a des années, tu es arrivé à la maison en courant, tout excité parce que tu avais vu un pont là où il n’y en avait pas. J’ai d’abord pensé que c’était ton imagination. Mais, ensuite, je me suis demandé… alors je l’ai inscrit et ai rangé le papier. » Elle sortit un papier jauni plié en deux. Billy sut ce qui y était écrit avant même de le lire ; ses souvenirs de petit garçon lui revinrent brusquement à la mémoire. Il se souvint du pommier, du jeu de billes, du pressentiment qui l’avait envahi ; il se souvenait à quel point la rivière lui avait semblé subitement proche et la façon dont le pont s’était assemblé rapidement au-dessus de l’eau, pièce sur pièce, jusqu’à ce que la poutrelle du centre se brise et s’écroule. Il déplia la vieille feuille de papier et lut le gribouillis de sa mère. Puis, il pensa au nouveau pont qui était en construction. Ça y était. C’était arrivé exactement comme il l’avait vu alors qu’il n’était qu’un gamin. « Maman, que penses-tu que ça signifie ? » Elle haussa les épaules : « Comment pourrais-je le savoir ? Mais Billy, toutes ces années, je me suis demandé si tu n’étais pas né dans un but spécial. Je crois encore que c’est le cas. » Se remémorant la vision, sa première vision, et réalisant maintenant qu’elle avait été accomplie, Billy se demanda la même chose. Sa vie était-elle destinée à remplir un but spécial ? Aujourd’hui, sa vie lui semblait si sèche, si vide de sens, qu’il lui était difficile d’imaginer comment Dieu pourrait l’utiliser pour quelque chose de spécial. Mais il ne pourrait jamais oublier le petit garçon de sept ans écoutant avec terreur la voix profonde venant d’un tourbillon dans un arbre, disant : « Ne bois jamais, ne fume, ni ne souille ton corps d’aucune façon. Il y aura un travail à faire pour toi quand tu seras plus âgé. » Était-ce pour cette raison que Dieu ne le laissait pas encore mourir ? Avait-il encore quelque chose à accomplir ? Une petite flamme d’espoir étincela dans son cœur.
96 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir LE PREMIER SEPTEMBRE 1939, Adolf Hitler ordonna à ses troupes d’envahir la Pologne. Deux jours plus tard, la France et la Grande-Bretagne déclarèrent la guerre à l’Allemagne. Les Français attaquèrent immédiatement les Allemands sur leur frontière commune le long du Rhin, mais eurent de la difficulté à pénétrer les rigides lignes de défenses allemandes. Pendant ce temps, la cavalerie polonaise faisait désespérément front aux divisions mécanisées de l’Allemagne. Après à peine dix-huit jours de bataille désastreuse, le gouvernement et le commandement militaire polonais s’enfuirent en Roumanie, pays voisin. À partir de ce moment-là, la résistance polonaise s’effondra rapidement, permettant à l’Allemagne de se concentrer sur l’invasion française. Même si les troupes françaises se retirèrent rapidement du sol allemand, il était évident pour les analystes politiques que la guerre en Europe, plutôt que d’être terminée, ne faisait que commencer. Comme chaque personne qui avait accès à la radio ou aux journaux, William Branham suivait le déroulement du drame européen avec attention. Toutefois, son intérêt pour la guerre venait d’une perspective très différente. C’était exactement ce qu’il avait vu en juin 1933, alors qu’il était entré en transe et avait vu sept événements se dérouler devant lui en une vision panoramique du futur. C’était étrange. Quel genre de puissance lui permettait de voir des événements avant qu’ils se produisent ? Et dans quel but ? Encore ce mot, but. Peut-être Dieu avait-Il réellement un but spécial pour sa vie. Si tel était le cas, pourquoi cela ne se manifestait-il pas plus clairement ? Parvenu à ce stade de sa réflexion, Billy repensait inévitablement à sa rencontre avec les pentecôtistes à Mishawaka, Indiana, deux ans auparavant. Billy savait qu’il avait désobéi au plan de Dieu pour sa vie en refusant les invitations des prédicateurs pentecôtistes à évangéliser dans leurs églises. Mais comment pouvait-il retourner dans la volonté de Dieu ? Bien sûr, il pourrait simplement commencer à visiter des églises pentecôtistes dans l’espoir que certains lui demanderaient de prêcher pour elles. Mais il y avait toujours une question lancinante, comme un barrage routier, qui l’empêchait de suivre cette direction : la question à propos des dons
Combattant l’adversité | 97
du Saint-Esprit et, plus spécifiquement, la question du parler en langues et de l’interprétation des langues. Billy était maintenant convaincu que le parler en langues et l’interprétation des langues étaient des dons de l’Esprit de Dieu ; la Bible semblait assez claire sur ce point. 5 Ce qui le troublait, c’était ces deux hommes à Mishawaka qui avaient été spécialement actifs dans l’expression des dons des langues et leur interprétation. Ils avaient tous deux démontré de puissantes manifestations de l’Esprit de Dieu pendant les services. Mais, plus tard, lorsque Billy avait parlé à chacun de ces hommes, il avait vu directement dans leur vie personnelle. Alors qu’un des hommes était un chrétien authentique, l’autre était un hypocrite absolu. Billy savait que c’était la vérité ; les visions n’étaient jamais fausses. C’était ce qui le tracassait à propos de l’idée pentecôtiste de permettre aux dons de l’Esprit d’opérer ouvertement dans les réunions d’église. Si c’était vraiment l’Esprit de Dieu qui était tombé dans cette réunion pentecôtiste à Mishawaka, comment l’Esprit de Dieu pouvait-Il bénir un tel hypocrite ? Cela semblait insensé. Mais l’esprit de Satan pouvait-il produire les œuvres de Dieu ? Cela aussi semblait douteux. Alors, était-il possible que les deux esprits soient à l’œuvre à la même réunion ? Cette idée présentait quelques difficultés. Si l’Esprit de Dieu et l’esprit de Satan produisaient les mêmes résultats, comment pouvait-on distinguer la vérité ? Ce casse-tête l’avait souvent troublé au cours des deux années précédentes. Mais, maintenant, après avoir vu cette vision de la guerre en Europe devenir réalité, Billy sentait de nouveau qu’il était urgent, pour lui, de trouver une réponse lui permettant d’oublier sa faute et de repartir vers la destinée qui était dans la pensée de Dieu. Billy prit quelques jours de congé et prit la direction du nord en empruntant l’autoroute 62, jusqu’à ce qu’il arrive dans la région de tunnel Mill. Il stationna son auto au bord de la route, traversa le ruisseau Fourteen Mile en pataugeant et grimpa dans les bois. L’automne révélait sa beauté. Les feuilles rouge, jaune et orange
5 1 Corinthiens 12:1-12 et 14 : 1-33
98 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir bruissaient et craquaient sous ses pas. Les oiseaux remplissaient l’atmosphère de leurs chants mélodieux. Finalement, Billy arriva à l’endroit où la paroi de calcaire formait un ravin de 25 m [82 pi] de profond. Il se fraya un chemin entre les arbustes et les rochers et longea le pied de la paroi jusqu’à ce qu’il arrive à l’entrée de sa grotte. Il y avait un rocher étroit et pointu qui ressemblait à une dent, devant le trou. Il alluma sa bougie, puis se faufila dans l’ouverture, les pieds en premier. Suivant le corridor qui faisant un coude, 7 m [23 pi] à l’intérieur de la colline, il s’arrêta pour observer à nouveau le rocher en forme de pyramide renversée surplombant cette table de calcaire rectangulaire. Il était impressionné chaque fois qu’il le voyait. Il posa sa veste et quelques bougies sur la saillie qui lui servait de lit. Puis, il prit sa Bible et retourna à l’extérieur pour chercher la face de Dieu sous le chaud soleil d’automne. Le tronc d’un chêne était couché près de l’entrée de la grotte. La fourche constituée par l’intersection du tronc et des branches formait un fauteuil naturel. Billy s’y installa et y demeura tout l’après-midi, lisant sa Bible et priant. Puis, le ciel s’obscurcit et les étoiles apparurent. Une brise d’automne légère, mais fraîche le força à s’abriter dans sa grotte. Le lendemain, il ne se leva pas avant que le soleil soit assez haut dans le ciel pour réchauffer l’endroit. Il avait laissé sa Bible ouverte dans la fourche du chêne mort et le vent en avait tourné les pages jusqu’à Hébreux, chapitre 6. Billy s’assit à califourchon sur le tronc et commença à lire : Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie. Lorsqu’une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qu’elle produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu ; mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d’être maudite, et on finit par y mettre le feu.
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Cela n’avait pas de sens aux yeux de Billy. Il tourna les pages, cherchant un passage de II Timothée qui lui trottait dans la tête. Lorsqu’il retira ses mains de la Bible, un courant d’air ramena les pages à Hébreux 6. Il pensa : « Comme c’est étrange. » Dieu essayait-Il de lui dire quelque chose par ce passage de l’Écriture ? Il relut le chapitre 6, mais cela n’avait toujours aucun sens pour lui. En revenant dans sa grotte, il descendit par le trou et longea le passage étroit jusqu’à l’endroit où cette pyramide de calcaire inversée pendait au-dessus de la table rectangulaire en pierre. Billy s’agenouilla et pria : « Seigneur, que veut dire Hébreux chapitre 6 ? Qu’est-ce que Tu essaies de me dire ? » Tout à coup, ses doigts devinrent engourdis, mais pas à cause de la fraîcheur de la grotte ; c’était ce sentiment étrange qui précédait souvent une vision. Ses bras et ses jambes s’alourdissaient et ses lèvres étaient épaisses comme si le dentiste venait de lui injecter une dose de novocaïne. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il vit la terre qui tournait sur son axe. Le sol ressemblait à un champ fraîchement labouré. Du bord de cette planète en révolution s’avança un homme vêtu de blanc, porteur d’un grand sac. Tout en marchant, il lançait des poignées de grain qu’il sortait de son sac. Aussitôt qu’il disparut derrière la courbe de la terre, Billy vit un autre homme, vêtu de noir celui-là, apparaître furtivement derrière le premier. Le deuxième homme portait aussi un grand sac et il semait son grain en marchant sur la pointe des pieds. Il tournait continuellement la tête, comme s’il était en train de faire quelque chose de mal et qu’il craignait de se faire prendre. Après que l’homme en noir eut disparu à l’horizon, Billy vit les semences germer et venir rapidement à maturation. Il était maintenant évident de quelles sortes de semences il s’agissait ; certaines étaient du blé et d’autres étaient des chardons, des ronces et de mauvaises herbes. Puis vint le soleil, réchauffant le champ et aspirant toute l’humidité du sol. Le blé et la mauvaise herbe penchèrent la tête ensemble, haletant et priant désespérément pour qu’il pleuve. Les plantes baissaient la tête de plus en plus vers la terre desséchée. Puis, Billy vit un immense nuage noir monter à l’horizon. Lorsqu’il se mit à pleuvoir à verse, le blé se redressa et
100 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
cria : « Gloire à Dieu ! Béni soit le Seigneur ! » Au même moment, les chardons et les mauvaises herbes relevèrent la tête et chantèrent : « Gloire à Dieu ! Alléluia ! Béni soit le Seigneur ! » La terre entière fut tout à coup remplie de sons de réjouissance, toutes les plantes sous la pluie criant la même chose : « Gloire à Dieu ! » Puis, la vision prit fin. Billy exulta. Il comprenait maintenant le chapitre 6 des Hébreux : « Ceux qui ont eu part au Saint-Esprit… qui sont tombés… soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie. Lorsqu’une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle… elle participe à la bénédiction de Dieu ; mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée… »6
C’était là sa réponse : la même pluie qui faisait croître le blé
faisait aussi croître les chardons et les mauvaises herbes. Et le même
Saint-Esprit qui nourrit et bénit les chrétiens peut aussi bénir un
hypocrite. Seulement, l’hypocrite va manifester une différente sorte
de fruit. Tout dépendait du type de semence qui avait été planté.
Billy pensa à quelque chose que Jésus avait dit : « Aimez vos
ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous
haïssent et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. Alors
vous serez fils de votre Père qui est dans les cieux, car Il fait lever son soleil sur
les méchants et sur les bons et Il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »
Ce qui existait dans le naturel existait aussi dans le spirituel. Cela
expliquait pourquoi Jésus avait dit :
« Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur ! N’est-ce pas en
Ton nom que nous avons prophétisé, en Ton nom que nous avons chassé des
démons, en Ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? Alors Je leur
6 Matthieu 5.44-45
Combattant l’adversité | 101
déclarerai : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de Moi, vous qui commettez l’iniquité. »7 Même si ces gens montraient des signes extérieurs de la puissance de Dieu, leurs motifs intérieurs étaient faux ou corrompus. Billy quitta sa grotte en comprenant finalement qu’il y avait deux esprits opérant dans l’église, tirant leur vie de la même source, mais se dirigeant dans des directions opposées. C’était comme des branches greffées sur un arbre étranger, elles tiraient leur vie du même tronc. Un oranger pouvait donc porter les branches d’un citronnier, d’un limettier ou d’un pamplemoussier. Les branches greffées pouvaient bien donner l’impression qu’elles appartenaient au citronnier, mais lorsque venait le temps de la récolte, les branches de citronnier produisaient des citrons et les branches de limettier des limes. De même, dans l’église chrétienne, il y aurait toujours des personnes qui tireraient leur vie du tronc du Saint-Esprit, mais leurs fruits seraient de l’égoïsme, de la politique, du légalisme ou de l’hypocrisie, tout sauf les fruits du Saint-Esprit. Néanmoins, si le tronc de l’arbre parent produisait sa propre branche, cette branche produirait des oranges. Jésus dit, dans Jean 15 : « Moi je suis le cep ; vous les sarments. Celui qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruits, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. » Paul écrit : « Mais le fruit de l’Esprit est : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi. »8 Jésus insiste : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. »9 Maintenant qu’il comprenait la différence entre les deux hommes qui avaient fait une démonstration si magistrale du don des langues et du don d’interprétation, à Mishawaka, Billy commença à assouplir sa position concernant les dons de l’Esprit et les manifestations extérieures d’émotion. Le 31 décembre 1939, il tint un service de longue-veille dans son église, pour accueillir l’année 1940. Il avait installé un tableau noir sur l’estrade et avait dessiné, de son mieux, une ligne du temps biblique de la Seconde
7 Matthieu 7.22-23
8 Galates 5.22-23
9 Matthieu 7.15-20
102 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Venue de Christ. Un groupe de pentecôtistes était venu de Louisville, de l’autre côté de la rivière, pour assister au service. Lorsque Billy fit une pause, quelques femmes de ce groupe voulurent chanter un chant. En fait, ce fut tout une formation musicale : une femme jouait des cymbales, la seconde frappait sur des boîtes de conserves, une autre jouait de la planche à laver avec des dés à coudre au bout des doigts, pendant que la quatrième femme tapait sur le piano. Elles jouèrent un chant rythmé et la congrégation chanta les paroles : « Il y aura une rencontre, là-haut dans les airs, dans ce beau pays au-delà du ciel. Nous verrons Jésus et nous L’adorerons pendant toute l’éternité. » Dans tout ce tintamarre, une jeune fille blonde sauta de son siège et se mit à danser dans l’allée. Billy la méprisa dans son cœur et la critiqua, pensant : « Il n’y a rien de divin là-dedans. Elle ne fait que se donner en spectacle. Elle veut qu’on la remarque. Elle fait de mon église une taverne. » Une autre jeune fille la rejoignit, puis une autre. Billy pensa : « Maintenant, attends une minute. Je me demande s’il n’y a pas une Écriture à propos de la danse. » Il se souvint de Myriam, qui voyant l’armée du Pharaon périr dans la mer Morte, prit un tambourin et dansa le long du rivage, se réjouissant de la victoire. Et les filles d’Israël la suivirent en dansant.10 Puis, il se souvint du roi David, qui avait dansé de toutes ses forces devant le Seigneur, en voyant l’arche de l’alliance retourner à Jérusalem.11 Billy pensa : « Peut-être n’ai-je pas encore assez de victoires sur moi-même. » Alors, assis sur l’estrade, il laissa son pied formaliste de baptiste taper le sol au rythme de la musique. Bientôt, son pied se mit à se balancer et à frapper des mains. Avant la fin du chant, il était dans l’allée, dansant avec les autres. Fort de cette expérience, Billy pria : « Seigneur, ne me laisse pas mépriser les autres. À partir de maintenant, laisse-moi réfléchir calmement aux choses avant de prononcer un jugement. »
10 Exode 15.20-21
11 2 Samuel 6.12-15
Combattant l’adversité | 103
C’était une prière toute simple, mais une prière qui allait avoir de grandes conséquences. Il était de nouveau sur le sentier de sa destinée.
Chapitre 24
Des jambes estropiées redressées
1940
U N CERTAIN DIMANCHE SOIR, au début du printemps 1940, William Branham s’arrêta chez sa mère, après l’église. Il s’assit avec elle à la table de la cuisine et ils parlèrent jusque tard dans la nuit. Meda Broy gardait Billy Paul chez elle pour la nuit, alors Billy n’était pas pressé de retourner chez lui. Lorsqu’il s’apprêta finalement à partir, Ella lui dit : « Il semble faire vraiment froid dehors, Billy. Pourquoi ne restes-tu pas ici pour la nuit ? » À l’extérieur, un vent tempétueux du nord projetait la neige contre les vitres. Billy pensa aux deux pièces froides qui l’attendaient chez lui : « D’accord, Maman, je vais rester pour la nuit », dit-il avec plaisir. Une fois dans la chambre d’amis de sa mère, Billy se coucha de côté dans le lit pour prier. Toute la journée, il avait senti un fardeau sur son cœur et il avait maintenant l’occasion d’en parler avec son Père Céleste. Il s’endormit une heure plus tard. Il se réveilla vers deux heures du matin, sentant toujours ce fardeau accablant son esprit. Reposé de sa sieste, il s’agenouilla près du lit et continua à prier. La pièce était si sombre qu’il n’avait pas besoin de fermer les yeux pour se concentrer. Au bout d’un moment, il remarqua quelque chose de blanc qui luisait faiblement dans un coin de la chambre. Il pensa d’abord que c’était la lessive de sa mère empilée sur une chaise. Mais, comme il observait, la lueur sembla bouger et s’élever. Maintenant, ça ressemblait plus à un nuage blanc qui s’avançait vers lui. L’instant d’après, il se retrouva au milieu d’une brillante lumière. Soudain, Billy ne se trouvait plus dans une chambre, mais quelque
106 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir part à l’extérieur. Devant lui se trouvait une maisonnette étroite, le type de maison qu’il avait coutume d’appeler une « maison-fusil ». Il pénétra à l’intérieur et se retrouva dans une pièce qui servait à la fois de salon et de chambre à coucher. Les murs étaient couverts de panneaux en lambris à rainures rouges. En face de lui se trouvait une porte qui donnait dans la cuisine, qui, comme dans son propre logement, était l’unique autre pièce de la maison. Une femme aux cheveux noirs d’environ vingt ans était appuyée contre la porte de la cuisine et pleurait. À la gauche de Billy se trouvait une femme plus âgée, assise dans un fauteuil rouge, et qui pleurait aussi. Elle avait enlevé ses lunettes et s’essuyait les yeux avec son mouchoir. Regardant sur sa droite, Billy vit un jeune homme assis sur un divan rouge. Le jeune homme avait le visage tourné vers la fenêtre, alors, tout ce que Billy pouvait voir de lui, c’étaient ses cheveux blonds ondulés. Plus loin à la gauche de Billy se trouvait un petit garçon aux cheveux bruns qui portait une salopette en velours côtelé bleue et qui était étendu sur le ventre au milieu d’un lit de fer. Le petit garçon était horriblement estropié, ses jambes étaient tordues en tire-bouchon et repliées contre ses hanches ; ses bras étaient aussi tordus et repliés contre lui. Un grand homme aux cheveux noirs, que Billy présuma être le père, se tenait à côté du lit et regardait l’enfant. « N’est-ce pas étrange ? » pensa Billy. « Il y a un moment, j’étais chez Maman et, maintenant, je suis dans cette maison. » Il sentit bientôt une présence effrayante derrière son épaule droite. Billy essaya de regarder, mais quelque chose l’empêcha de tourner la tête. Puis, il entendit la même voix qui lui parlait toujours dans les visions. L’ange demanda : « Est-ce que l’enfant peut vivre ? » « Je ne sais pas, monsieur », répondit Billy. L’ange dit : « Demande au père de t’apporter l’enfant pour que tu pries pour lui, et il vivra. » Le père sortit l’enfant du lit et le porta vers Billy, qui posa les mains sur l’estomac du garçon et commença à prier. Étonnamment, le petit garçon tomba des bras de son père. Il heurta le sol de sa
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jambe gauche, qui se redressa et devint parfaitement normale. Il fit un pas et sa jambe droite se redressa immédiatement. Au troisième pas, ses bras se déplièrent. Puis, le garçon mit ses mains dans les mains de Billy et leva la tête vers lui. Une moustache de lait couvrait la lèvre supérieure du garçon. Il dit : « Frère Billy, je suis complètement guéri. » « Eh bien, merci, Seigneur », répliqua Billy. L’ange, qui était toujours derrière Billy et hors de vue, dit alors : « Je vais t’amener ailleurs. » Il transporta Billy très loin et le déposa dans un cimetière, près d’une église de campagne. L’ange désigna une tombe et dit : « Rappelle-toi le nom et les dates qui sont sur cette tombe. C’est ça qui va te diriger. » Puis, il emporta Billy rapidement dans un autre endroit, où deux magasins, une station à essence et quelques maisons se trouvaient à un carrefour. L’un des magasins avait une façade jaune. Un homme portant des salopettes bleues et une casquette en velours côtelé jaune en sortit. Il avait une moustache blanche. L’ange dit : « Il va te montrer le chemin. » Billy fut encore une fois enlevé brusquement de la scène. Lorsque ses pieds touchèrent à nouveau le sol, il suivait une jeune femme corpulente à l’intérieur d’une maison. Billy se retrouva dans une pièce au papier peint jaune et aux motifs rouges. Une enseigne « Que Dieu bénisse notre foyer » était accrochée au-dessus de la porte. Un poêle à bois se trouvait près du mur gauche et un lit en laiton se trouvait contre le mur droit. Un adolescent était étendu sur les draps, souffrant de ce qui semblait être la polio ; ses deux jambes étaient repliées sous son corps et un de ses bras était tout ratatiné Billy ne pouvait pas dire si c’était un garçon ou une fille. Le visage semblait masculin, mais les longs cheveux et les lèvres en forme de cœur suggéraient le contraire. L’ange demanda : « Cette personne peut-elle marcher ? » Billy répondit : « Je ne sais pas, monsieur. » L’ange commanda : « Va poser les mains sur l’estomac de cette personne et prie. »
108 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Quand Billy fit ce qui lui avait été dit, la personne au lit cria : « Loué soit le Seigneur ! », alors que sa main ratatinée se redressait et que ses jambes estropiées redevenaient normales. Elle s’assit sur le lit, ce qui fit remonter une jambe de son pyjama, et Billy put voir un genou. Il était maintenant sûr du sexe de la personne. Ce n’était pas le genou osseux d’un garçon, mais le genou doux et rond d’une fille. Billy entendit quelqu’un près de lui crier : « Oh, merci, mon Dieu ! » Au loin, Billy entendit quelqu’un qui hurlait : « Oh, frère Branham ! frère Branham ! » Il se retrouva brusquement dans la maison de sa mère, au milieu de la chambre à coucher. Il secoua la tête, désorienté et confus. Sa mère l’appela de la chambre à côté : « Billy, il y a quelqu’un qui frappe à la porte d’entrée et qui t’appelle. » « J’entends, Maman. » Il traversa le couloir en titubant et ouvrit la porte. Un homme jeune à l’air éperdu et aux yeux rouges et bouffis se tenait sur le seuil. Billy le reconnut instantanément comme étant l’homme de la première vision, celui qui avait laissé tomber le petit garçon : « Entrez », insista Billy. « Que se passe-t-il ? » L’homme entra pour s’abriter du vent froid : « Frère Branham, vous souvenez-vous de moi ? » « Non, je ne crois pas. » « Je suis John Himmel. Il y a quatre ans, vous nous avez baptisés, ma famille et moi, à la rivière près de l’usine de munitions ». « Maintenant, je me souviens de vous », dit Billy, alors qu’un vague souvenir devenait plus clair. « Il y a quelques années, vous avez tué un homme, n’est-ce pas ? » « Oui monsieur. Je lui ai donné un coup de poing, lors d’une bagarre, et je lui ai cassé la nuque. J’ai fui la justice et aussi Dieu. L’an dernier, mon fils aîné est mort de pneumonie. J’ai un autre fils et il est maintenant en train de mourir d’une double pneumonie. Le docteur vient de quitter ma maison parce qu’il ne pouvait plus rien
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faire. Soudain, j’ai pensé à vous. Voulez-vous venir prier pour mon garçon ? » « Oui monsieur. Laissez-moi seulement mettre mes vêtements et mettre mon auto en marche. » « Pas besoin de prendre votre auto ; vous pouvez venir avec la mienne. Je vous ramènerai. J’habite à seulement 18 km d’ici, à quelques kilomètres d’Utica. Pendant que vous vous habillez, je vais aller chercher Graham Snelling. C’est mon cousin et je veux qu’il prie aussi pour mon fils. » Comme Billy retournait dans la chambre pour se changer, Ella l’appela pendant qu’il passait devant sa porte : « Billy, qu’est-ce que cet homme avait ? » « Maman, quelque chose est arrivé. J’étais en vision, il y a quelques instants. » « Oh, c’est vrai ? » dit-elle, presque avec désinvolture. « Est-ce que c’était quelque chose de bon ? » « Oui, le fils de cet homme va être guéri. Je te raconterai à mon retour. » Dix minutes plus tard, John Himmel arriva avec son cousin. Billy connaissait Graham Snelling, un jeune homme de son âge qui était devenu récemment chrétien. Dès que Billy monta dans la voiture, il réalisa que Graham était le jeune homme blond de sa vision, celui qui était assis sur le divan rouge et qui regardait par la fenêtre. Billy se mit à brûler intérieurement par anticipation, sachant que Dieu allait opérer un miracle. Ils prirent la direction du nord, sur la route d’Utica Pike. Billy dit : « M. Himmel, vous vivez dans une petite maison blanche, n’est-ce pas ? » « Oui monsieur. » « Votre maison est bâtie sur une colline et la porte d’entrée fait face au sud. » « C’est vrai. »
110 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
« C’est une maison de deux pièces. L’une d’elles a des panneaux de lambris à rainures rouges, qui couvrent les murs à la mi-hauteur. Dedans, il y a une chaise et un divan rouges, ainsi qu’un petit lit de fer. Votre petit garçon malade a, je dirais, environ trois ans. Il a les cheveux bruns et porte une salopette de velours côtelé bleue. Sa mère a les cheveux noirs. » John Himmel dévisagea son passager, la bouche grande ouverte : « Êtes-vous déjà venu chez-moi, frère Branham ? » « Lorsque vous avez frappé à ma porte, je venais de partir de votre maison. » Le visage de l’homme exprima de la confusion : « C’est étrange, je ne vous y ai pas vu. » « J’y étais spirituellement parlant. M. Himmel, si je vous ai baptisé, peut-être m’avez-vous entendu dire que je vois parfois des choses avant qu’elles se produisent. » « Oui, je me souviens. Quelque chose de ce genre vient-il de vous arriver ? » « Oui. Et peu importe ce qui me dit ces choses, cela n’a jamais été un mensonge. M. Himmel, votre fils va être guéri lorsque j’arriverai là-bas. » À ces mots, John Himmel arrêta son auto, se jeta contre le volant et se cacha le visage dans ses mains. Il lâcha ces mots : « Ô, Dieu, j’ai honte de moi. Si Tu me pardonnes, je promets que je vais vivre pour Toi le reste de mes jours. » Lorsqu’ils arrivèrent à destination, cela ressemblait exactement à la maison que Billy avait vue en vision. Il entra confiant. Le divan et le fauteuil rouges étaient là, de même que la jeune mère aux cheveux noirs, le petit lit de fer et le garçon malade. John demanda à sa femme : « Est-ce qu’il respire encore ? » Les poumons du jeune garçon ne bougeaient pas assez pour que ce soit perceptible, alors la jeune mère tint un morceau de papier
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devant le nez du garçon pour voir s’il y avait le moindre souffle : « Oui, il est toujours en vie, mais à peine. » Maintenant, Billy savait que les bras et les jambes affreusement tordus dans la vision représentaient la pneumonie qui était en train de tuer le petit garçon : « Amenez-moi le bébé » commanda-t-il. Le père prit son fils et le tint pendant que Billy priait. Mais au lieu de s’améliorer, sa condition empira. Le mouvement avait éveillé ses sens. Il étouffait maintenant à cause des glaires qui étaient dans sa gorge et finit par arrêter complètement de respirer. Paniquant, ses parents lui tapèrent dans le dos et le secouèrent jusqu’à ce qu’il remplisse à nouveau ses poumons d’air. Mais chaque nouveau souffle semblait être le dernier ; il toussait et crachait tout en luttant pour trouver de l’air, laissant parfois échapper un faible sanglot entre ses prises d’air. « Il y a quelque chose qui ne va pas », se dit Billy. Comme il lançait un coup d’œil à travers la pièce, il réalisa ce qui ne marchait pas. La situation n’était pas exactement comme celle qu’il avait vue dans la vision. La mère n’était pas appuyée contre la porte de la cuisine ; Graham Snelling n’était pas assis sur le divan en regardant par la fenêtre ; et il devait y avoir une dame plus âgée assise sur la chaise rouge, essuyant ses lunettes. Pendant que la mère tenait frénétiquement un médicament sous le nez de son fils, Billy s’assit sur le divan, mortifié. Dans son excitation, il avait agi avant que la vision soit accomplie et, ce faisant, avait manqué à la volonté de Dieu. Il ne pouvait même pas dire aux Himmel ce qui n’allait pas. La seule chose qu’il pouvait faire était de s’asseoir et attendre… et espérer que la grâce de Dieu ne tiendrait pas compte de son erreur. Billy resta assis en priant pendant une heure et demie, pendant que l’enfant luttait désespérément contre la mort. Lorsque les premières lueurs de l’aube pointèrent à l’horizon, Graham Snelling se leva et dit : « Je vais devoir partir, car je dois être à mon travail pour huit heures. » « Bien » dit John Himmel : « Je vais te reconduire. Frère Branham, voulez-vous aussi partir ? »
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« Non, je vais rester ici. » Le cœur lourd, Billy regarda les deux hommes revêtir leur manteau devant la porte. Il savait que Graham Snelling était l’homme blond de la vision. Si Graham partait maintenant, quand serait-il de retour ? Ce soir ? Billy se demandait si le petit garçon allait pouvoir survivre toute la journée. En regardant par la fenêtre, Billy vit une femme plus âgée monter le sentier en direction de la maison. Soudain, il réalisa qu’elle portait des lunettes ! Billy pensa : « Oh, merci mon Dieu. Maintenant, si seulement ces deux hommes pouvaient rester ici. » John Himmel ferma le dernier bouton de son manteau, puis se tourna vers sa femme et dit : « Je serai bientôt de retour, je n’irai pas au travail aujourd’hui. » Graham était en train de mettre sa casquette, lorsque quelqu’un frappa à la porte de derrière. La mère courut à la cuisine pour ouvrir. La femme âgée pénétra à l’intérieur, frissonnant à cause du froid. « Qui est là ? » demanda John. « C’est Maman », répondit la jeune mère, refermant la porte. « Maman, as-tu pu dormir un peu ? » « Quelques heures, tout au plus », répondit la femme plus âgée. « Comment va le garçon ? Son état s’est-il amélioré depuis que je suis partie ? » « Non » répondit la jeune mère, la voix tremblante. « Maman, il se meurt », puis elle fondit en larmes. Couvrant son visage de ses mains, elle s’appuya contre la porte de la cuisine. « Ça y est ! » pensa Billy, son excitation grandissante. « C’est exactement comme dans la vision. Maintenant, la grand-mère doit s’asseoir sur cette chaise et essuyer ses lunettes, et frère Snelling doit s’asseoir ici où je suis. »
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Billy se leva pour que le divan soit libre. Graham Snelling enleva son chapeau, s’assit à l’endroit où était Billy et regarda à travers la vitre. « Oh, là, là », pensa Billy. « Une dernière chose doit se produire. » La grand-mère vint dans la pièce de devant et s’assit sur la chaise rouge. Ses lunettes étaient embuées à cause du contraste entre l’air froid du dehors et la chaleur du salon, alors elle les retira de son nez et commença à les nettoyer… exactement comme dans la vision. A l’instant où toutes les choses furent en ordre, Billy put sentir cette pression particulière sur sa peau, comme si quelqu’un ou quelque chose se tenait tout près. Billy dit : « Frère Himmel, me faites-vous toujours confiance en tant que serviteur de Christ ? » « Bien sûr, frère Branham. » « Alors, amenez-moi le bébé. » Les parents avaient laissé le garçon étendu parce que, chaque fois qu’ils le prenaient, il avait des quintes de toux et manquait complètement de souffle. Maintenant, sans le moindre doute ou crainte, le père prit son fils dans ses bras et l’apporta à Billy. Posant ses mains sur la peau bleutée du bébé, Billy pria : « Père Céleste, pardonne la stupidité de Ton serviteur qui est allé au-devant de la vision. Guéris ce bébé au Nom de Jésus-Christ. » Le petit garçon commença à remuer. Ses joues bleues devinrent roses et ses yeux sans vie commencèrent à bouger, puis se fixèrent : « Papa ! » cria-t-il. « Oh, Papa, Papa ! » Et il se jeta au cou de son père. Tout le monde dans la pièce se tourna vers le petit garçon en se posant la même question : « Comment va-t-il ? » Le garçon dit qu’il allait bien, mais Billy dit : « M. Himmel, il ne va pas être complètement guéri avant trois jours, parce que, dans la vision, il doit faire trois pas avant que ses membres se redressent complètement. » John Himmel reconduisit Billy et Graham à Jeffersonville juste à temps pour qu’ils puissent aller travailler.
114 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Le mercredi soir, Billy raconta la vision et la guérison à sa congrégation, disant : « Demain après-midi, je veux que vous veniez tous avec moi là-bas et que vous regardiez à travers les fenêtres. Vous verrez ce petit bonhomme venir vers moi dans la pièce, une moustache de lait sur sa lèvre supérieure. Il prendra mes mains dans les siennes et dira : « Frère Branham, je suis parfaitement guéri. » Le jeudi après-midi, l’église au complet suivit Billy jusqu’à cette maisonnette de deux pièces à la campagne. Certains s’agglutinèrent autour des fenêtres, d’autres se tinrent derrière Billy alors qu’il frappait à la porte d’entrée. La mère travaillait à la cuisine à l’arrière de la maison. Billy put l’entendre courir sur le plancher de bois pour venir ouvrir. « Eh bien, c’est frère Billy. Entrez et venez voir la différence dans notre fils, maintenant. » Billy entra sans dire un mot. À travers la porte de la cuisine, Billy pouvait voir le petit garçon qui jouait avec des cubes dans un coin de la pièce. L’enfant se leva et traversa la pièce en titubant. Sa lèvre supérieure était décorée d’une moustache de chocolat au lait. Il prit les mains de Billy dans les siennes et dit : « Frère Billy, je suis parfaitement guéri. » À la réunion suivante de son église, Billy raconta le reste de la vision, à propos de la fille au bras ratatiné et aux jambes estropiées qui allait être guérie. Il souligna : « Je ne sais pas ce que ces choses signifient. Je ne peux vous dire que ce que je vois. » Deux semaines plus tard, lorsque Billy arriva à son travail le matin, M. Scott, son contremaître, lui dit : « Il y a une lettre pour toi Billy. Je l’ai mise dans ton casier. » Comme Billy rassemblait ses affaires pour son travail de la journée, il regarda l’adresse de l’expéditeur sur l’enveloppe. Elle venait de Mme Harold Nail, de South Boston, Indiana. Il n’avait jamais entendu parler d’un endroit appelé South Boston, Indiana. Déchirant l’enveloppe et dépliant la lettre, il lut, Cher M. Branham,
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Je m’appelle Mme Harold Nail. J’habite à South Boston, en
Indiana. J’ai une fille estropiée qui est complètement alitée à cause de
son état. Elle a de l’arthrite dans ses articulations et, maintenant,
elle crie jour et nuit de douleur. Je suis méthodiste. J’étais à une
réunion de prières il y a plusieurs semaines… (Billy se sentit
défaillir lorsqu’il vit la date. C’était la même nuit que celle où il
avait eu la vision de la jeune fille estropiée qui avait été guérie)
…quelqu’un m’a donné votre petit livre Jésus-Christ le même hier,
aujourd’hui et pour toujours. Après avoir lu ce livre, quelque chose
dans mon cœur m’a dit de vous écrire pour vous demander de venir
prier pour ma fille.
Bien à vous,
Madame Harold Nail
Ce soir-là, à l’église, après avoir rappelé la vision à sa congrégation, Billy leur lut la lettre : « Je suis certain qu’il s’agit de la fille de la vision, mais je n’ai jamais entendu parler de cet endroit. Est-ce que quelqu’un ici sait où se trouve South Boston ? » George Wright dit : « Frère Branham, je crois que c’est juste au sud de New Albany. » Plusieurs personnes voulurent aller avec Billy pour voir la vision se réaliser : Jim Wiseheart, le diacre âgé ; Meda Broy, qui avait maintenant 21 ans ; et M. et Mme Brace, un couple qui avait récemment déménagé dans la région pour être plus près du Tabernacle Branham, après que Mme Brace eut été miraculeusement guérie de la tuberculose par les prières de Billy. Ce week-end-là, alors qu’ils s’entassèrent tous dans la voiture de Billy, Billy remit à M. Brace un morceau de papier avec un nom et deux dates. « À quoi cela va-t-il nous servir ? » « Quelque part en cours de route, nous allons croiser un cimetière. Tu vas trouver ce nom et ces dates sur une pierre tombale. »
116 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
« Je croyais que tu avais dit n’être jamais allé à South Boston auparavant ? » « Je n’y suis jamais allé. Ces dates m’ont été données par l’ange du Seigneur. Lorsque nous les verrons, nous saurons que nous sommes sur la bonne route. » Ils prirent la direction du sud, pour découvrir finalement que George Wright avait pensé New Boston au lieu de South Boston. Ils s’arrêtèrent à un bureau de poste et apprirent que South Boston était une ville située au nord de Jeffersonville, juste au-dessus d’Henryville. Redemandant leur chemin à Henryville, on leur indiqua la direction générale. Ils suivirent une route boueuse et sinueuse pendant 10 km, traversant des champs de maïs, passant devant des fermes et escaladant des collines. Les routes secondaires (ou était-ce des routes principales ?) se séparaient souvent, rendant difficile de suivre toujours la bonne direction. Soudain, quelque chose agrippa les entrailles de Billy tellement fort qu’il en perdit presque le souffle. Il rangea son auto sur l’accotement et s’arrêta. « Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Jim Wiseheart. « Je ne sais pas. Il y a quelque chose qui ne va pas. J’ai besoin d’être seul un moment. » Billy tremblait légèrement et la sueur coulait sur ses tempes. Il sortit et contourna l’auto. Il mit un pied sur le pare-chocs arrière, priant : « Père Céleste, que veux-Tu montrer à Ton serviteur ? » Le vent printanier était rafraîchissant et bientôt, la pression sur les poumons de Billy diminua puis disparut. Comme il regardait alentour, il vit une église loin de la route. À côté de la vieille église se trouvait un petit cimetière de campagne. « Frère Brace » appela-t-il tout excité : « amène-moi ce papier. » Tout le monde sortit de l’auto et suivit Billy dans le cimetière. Juste derrière le portail se trouvait une grande tombe en marbre. Le nom et les dates gravés dans la pierre blanche et lisse étaient les mêmes que ceux qui étaient sur le papier dans les mains de M. Brace.
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« Je ne suis encore jamais venu dans cette région » dit Billy : « mais je sais que nous sommes sur la bonne route. C’était l’ange du Seigneur qui m’a arrêté. Il ne voulait pas que je manque cet indicateur. » 11 km plus loin, ils arrivèrent à un point de vue d’où ils purent voir en contrebas un petit village à un carrefour. « C’est là », dit Billy. « Voici le magasin à la façade jaune. Maintenant, observez bien : quand nous monterons, un homme à la moustache blanche va nous indiquer la direction. Il portera une salopette bleue et une casquette en velours côtelé jaune. Vous allez voir. » Mme Brace dit : « Frère Branham, je n’en reviens toujours pas à propos de la tombe, là-bas. Je n’ai jamais rien vu de semblable arriver auparavant. Si cet homme se manifeste comme vous l’avez décrit, je ne sais pas ce que je vais faire. » « S’il ne se manifeste pas » dit Billy : « alors je suis un menteur. » Comme l’auto ralentissait pour s’arrêter au carrefour, la porte du magasin s’ouvrit et un homme en sortit ; moustache blanche, salopette bleue, casquette en velours côtelé jaune et tout. Mme Brace, qui était assise sur les genoux de son mari, s’évanouit. Billy dit : « Maintenant, regardez. Il va agir étrangement parce que la puissance du Seigneur est si proche. » Baissant la vitre de son auto, il dit : « Monsieur, pourriez-vous me dire où habite M. Harold Nail ? » Au début, l’homme eut l’air surpris. Puis, comme il parlait, ses yeux se mirent à rouler d’avant en arrière, comme s’il était nerveux : « Prenez cette route qui monte pendant environ 800 m [2 500 pi], ensuite, prenez la première route à gauche. C’est la deuxième maison à gauche. Vous allez voir une énorme grange rouge sur la colline. Pourquoi ? » « Il a une fille estropiée, n’est-ce pas ? » « Oui, et alors ? »
118 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
« Le Seigneur Jésus va la guérir. » Billy suivit les indications de l’homme à la sortie de South Boston, tandis que sur la banquette arrière, M. Brace frottait le visage de sa femme. Mme Brace reprit ses esprits au moment où Billy tournait dans l’allée des Nale. Billy gara la voiture dans la cour et tout le monde sortit. Une femme corpulente ouvrit la porte de la maison. « Bonjour. Je suis frère Branham. » « J’ai bien pensé que c’était vous. Je suis Mme Harold Nail, qui vous a envoyé la lettre. » « Enchanté de vous rencontrer, Mme Nail. Ces gens sont venus avec moi pour prier pour votre fille. Elle va être guérie. » « Quoi ? » La femme ouvrit tout grand la porte. « Entrez donc. » Une fois à l’intérieur, Billy n’attendit pas que Mme Nail lui montre le chemin, mais traversa le couloir plein d’assurance jusqu’à la chambre de la jeune fille. Les autres le suivirent de près. La pièce correspondait exactement à sa vision ; le poêle à bois ; le papier peint jaune aux motifs rouges ; l’enseigne « Que Dieu bénisse notre foyer » au-dessus de la porte ; le lit en laiton et, couchée sur les draps, la jeune fille aux airs de garçon, le bras ratatiné et les jambes tordues sous son corps. Lorsque Mme Brace vit la chambre et la jeune fille exactement comme Billy les leur avait décrits, elle s’évanouit une seconde fois. Son mari se précipita vers elle, la souleva et lui tapota le visage, essayant de la ramener à elle. Il se produisit à ce moment quelque chose que Billy ne put jamais expliquer par la suite. Il lui sembla que son esprit quittait son corps et se mettait à flotter dans un coin au-dessus du groupe. De cette vue générale, il se vit (ou vit son corps) traverser la pièce et dire : « Sœur, ainsi dit le Seigneur, tu vas être guérie. » Il se vit poser les mains sur l’estomac de la jeune fille, exactement comme il l’avait fait dans la vision. Puis, son esprit rejoignit son corps et il se
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retrouva les yeux fermés en train de prier : « Seigneur, je fais ceci en croyant que c’est là Ton commandement. » La fille cria. Billy ouvrit les yeux et vit que la main ratatinée était redevenue normale. Dans son excitation, elle utilisa sa main restaurée pour se soulever sur le lit. Ses jambes se redressèrent et, ce faisant, une jambe de son pyjama remonta, exposant son genou rond, accomplissant ainsi parfaitement la vision. M. Brace avait réveillé sa femme suffisamment pour qu’elle puisse se tenir sur ses pieds. La jeune fille cria : « Maman ! Maman ! » : elle balança ses nouvelles jambes par-dessus le bord du lit, les planta sur le plancher et se mit debout. Mme Brace jeta un coup d’œil au miracle et s’évanouit de nouveau dans les bras de son mari. Peu après, alors qu’ils attendaient dans la pièce de devant, ils virent une jeune adolescente vêtue d’une robe marcher sur deux bonnes jambes en se brossant les cheveux avec la main qui avait été tordue et inutile pendant des années. Cette fois-ci, Mme Brace conserva son sang-froid.
Chapitre 25
Le miracle de M-i-i-i-lltown
1940
P LUSIEURS SEMAINES après la guérison de la fille de Mme Nail, William Branham passa encore une fois la nuit chez sa mère. Bien qu’il fût très tard, il ne parvenait pas à dormir, alors il se mit à faire les cent pas dans la chambre plongée dans l’obscurité, sentant un vague fardeau lui oppresser le cœur. Il pensa : « Il se trouve peut-être quelqu’un quelque part qui est malade et qui a besoin que je prie. » Billy s’assit au bord du lit et pria pendant un long moment, sans ressentir de soulagement. Levant les yeux, il remarqua une tache blanche dans un coin, près de l’endroit où sa mère avait mis de la lessive en pile sur une chaise. Assez étrangement, cela semblait luire doucement. Lorsque la tache blanche s’approcha de lui, Billy sut qu’il s’agissait de l’ange du Seigneur. Ça ressemblait à un petit nuage lumineux. La lumière sembla se fondre en lui et il se retrouva bientôt en train de marcher dans un désert sombre. Quelque part au loin, il entendit le bêlement d’un agneau. « Bêêêêê. Bêêêêê. » C’était un cri tellement désespéré. Billy dit : « Pauvre petit. Je vais voir si je peux le trouver. » Il s’avança donc en direction du bruit pitoyable, regardant derrière les arbres et sous les buissons, cherchant une petite boule de laine apeurée. Comme il s’approchait, le bêlement devint de plus en plus fort et sembla changer de hauteur et de ton jusqu’à devenir presque humain. Billy s’arrêta et écouta attentivement. L’agneau semblait bêler : « M-i-i-i-lltown… M-i-i-illtown. » Puis la vision le quitta. Billy n’avait jamais entendu parler d’un endroit appelé Milltown, alors, à la réunion du soir suivante, il demanda à sa congrégation si quelqu’un avait déjà entendu parler de cette ville.
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George Wright dit : « Je sais où c’est, frère Branham. C’est une petite ville à environ 58 km à l’ouest d’ici, non loin de chez moi. » « Je vais m’y rendre samedi prochain », expliqua Billy. « Il s’y trouve quelqu’un qui a besoin d’aide. » Puis, il raconta la vision à sa congrégation. « Je vais vous y conduire », offrit George Wright. Milltown s’avéra être une communauté rurale typique de l’Indiana. L’endroit le plus fréquenté de la ville était l’épicerie au centre du village, où tous les fermiers venaient faire leurs provisions pour la semaine. Descendant la rue principale, Billy pensait : « Je me demande ce que Dieu attend de moi. » Comme il n’avait pas d’autre idée, Billy décida de prêcher au coin de la rue, près du marché. Il entra dans un magasin, acheta une caisse en bois, la retourna à l’envers au coin de la rue, monta dessus, la Bible en main, pour prêcher aux passants. Mais bien qu’il ait fait ce genre d’évangélisation au coin des rues à Jeffersonville des centaines de fois, il ne trouvait pas de sujets de prédication. Il devint bientôt évident que les passants n’allaient pas s’arrêter pour écouter un sermon hésitant et impromptu. George Wright dit : « Frère Branham, je m’en vais en haut de la colline pour vendre des œufs à une connaissance. Voulez-vous venir avec moi ? » « Je ferais bien d’y aller. Je n’arrive pas à faire grand-chose ici. » En montant sur la colline, ils passèrent devant une grande église blanche. Billy commenta : « C’est un beau bâtiment. » « Oui » répliqua George Wright. « Vous savez, c’est vraiment dommage pour cette église. C’était une église baptiste, mais le dernier pasteur a eu de gros ennuis. La congrégation l’a quitté pour aller dans d’autres églises et la ville a racheté le bâtiment. » « Frère George, arrêtez-vous et déposez-moi ici. Je sens quelque chose qui m’attire vers cette église. » « D’accord, frère Branham, je vous reprendrai au retour. »
Le miracle de M-i-i-i-lltown | 123
Après le départ de l’auto, Billy monta les marches et essaya d’ouvrir la porte. Elle était verrouillée. Il s’assit sur les premières marches, joignit les mains, pencha la tête et pria : « Seigneur, si Tu me veux dans cette église, ouvre ces portes pour moi. » Bientôt, un homme arriva et dit : « Bonjour. Je vous ai vu vous asseoir ici et je me suis demandé si vous aviez besoin d’aide. » « Eh bien, je suis un prédicateur » expliqua Billy : « et ça m’aurait intéressé de visiter cette église, mais la porte est verrouillée. » L’homme dit : « J’ai la clé. » « Merci Seigneur ! » murmura Billy. L’étranger déverrouilla les portes de l’église et fit entrer Billy dans le petit hall conduisant à un grand sanctuaire qui pouvait asseoir près de 400 personnes. « À qui appartient cette église ? » demanda Billy. « À la ville. Je suis seulement responsable de l’entretien. On ne l’utilise que pour des mariages ou des funérailles. » « Serait-il possible que j’y tienne des réunions de réveil ? » « Il faut que vous en parliez à la ville. » Lorsque George Wright revint, les deux hommes cherchèrent le maire, qui répondit : « Bien sûr. Mais il faudra y installer un compteur ; il n’y a plus d’électricité dans le bâtiment. » « Cela ne sera pas un problème, dit Billy, je travaille pour la compagnie des Services publics de Jeffersonville. J’installerai mon propre compteur. » Le samedi matin suivant, Billy installa son compteur dans la vieille église, puis commença à rendre visite aux gens de la région, leur parlant des réunions de réveil qui allaient commencer le mercredi soir suivant. Son premier contact ne fut pas très encourageant : « Bonjour monsieur je m’appelle William Branham. » « Bonjour. Moi je suis M. J — ».
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« M. J —, nous allons tenir des réunions de réveil, mercredi
prochain, dans la vieille église blanche sur la colline. Voulez-vous
venir? »
M. J — s’avéra être un type coriace : « J’élève des poulets. Je n’ai
pas le temps d’aller à l’église. »
« Eh bien, ne pourriez-vous pas laisser vos poulets un petit
moment pour aller à l’église? » insista Billy.
« Écoutez-moi bien Monsieur », coupa l’homme.
« Occupez-vous de vos propres affaires et je prendrai soin des miennes. » « Je ne voulais pas vous offenser, Monsieur ! » Et le reste de la journée se déroula de façon similaire. La plupart des gens se montrèrent plus courtois avec lui que M. J —, mais toutes les personnes à qui il parla résistaient à l’idée d’un réveil. Billy se serait senti découragé s’il n’avait pas eu l’assurance qu’il était là par la parole de Dieu. Quelque part à Milltown, un agneau de Dieu appelait à l’aide en bêlant. Comme la vision ne lui avait donné qu’un seul petit détail, le nom de la ville, Billy savait qu’il devait continuer d’essayer jusqu’à ce que le l’agneau dans le besoin arrive. George Wright plaça une annonce dans le journal local à propos des réunions de réveil, décrivant son pasteur comme étant « un autre Billy Sunday », comparant Billy au célèbre joueur de base-ball devenu un évangéliste et qui était mort en 1935. Cette publicité aurait pu attirer une petite foule curieuse, mais l’annonce mentionnait aussi « guérison divine » et disait que le Révérend William Branham allait prier pour les malades. L’attitude conservatrice de Milltown se refroidit face à des idées aussi radicales. Ce dimanche-là, les pasteurs locaux avertirent leur congrégation de ne pas prendre part à de telles folies. L’assemblée locale de L’Église de Christ alla même jusqu’à menacer d’excommunier les membres de l’église qui oseraient assister aux réunions de réveil. Avec une telle opposition, il n’était pas surprenant que seulement quatre personnes aient pris place sur les bancs de la vieille église baptiste de Milltown : George Wright, sa
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femme, son fils et sa fille. Billy prêcha son message de la même façon qu’il l’aurait fait si le bâtiment avait été plein. Le jeudi soir semblait être parti pour être une répétition du soir précédent. Mais cinq minutes avant le début du service, un homme, la pipe à la bouche, monta les marches et regarda par les portes ouvertes. Remarquant l’homme qui se tenait là, George Wright se dépêcha d’aller à sa rencontre et l’invita à entrer : « Eh bien, M. Hall, c’est bon de vous voir ici. » L’homme avait les cheveux ébouriffés, ses vêtements étaient sales et il lui manquait plusieurs dents. Il retourna sa pipe et la secoua contre le bâtiment, laissant les cendres tomber sur les marches : « Où est ce petit “Billy Sunday” dont tu vantes les mérites ? Je voudrais le regarder. » M. Hall se glissa sur le premier banc qu’il rencontra, tandis que George Wright allait devant pour avertir son pasteur : « Frère Billy, le pire renégat du pays vient d’entrer dans l’église. Il s’appelle William Hall. Il dirige la carrière sur la colline. Oh, c’est un vrai causeur d’ennuis. » Billy était assis derrière la chaire en train de lire sa Bible. Il mit son signet entre les pages et se leva. « C’est peut-être lui que le Seigneur veut sauver. » Comme Billy commençait à prêcher, George Wright alla à l’arrière de l’église et invita M. Hall à s’asseoir plus à l’avant. « Non merci, je vais m’occuper de mes affaires ici, tu peux t’occuper des tiennes à l’avant. » Mais, lorsque Billy eut terminé de prêcher, M. Hall s’était non seulement approché, mais il était agenouillé à l’autel devant la chaire, pleurant et demandant à Dieu d’avoir pitié de son âme. Le vendredi soir, le nouveau William Hall avait contraint une douzaine de ses voisins et employés à venir avec lui à la réunion de réveil. À la fin du service, Billy offrit de prier pour les malades. Plusieurs s’avancèrent et furent guéris.
126 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
Un peu plus tard, M. Hall dit : « Vous savez frère Branham, pendant que je parlais des réunions et invitais les gens à y assister, j’ai découvert qu’il y avait une jeune fille ici qui vous demandait. Elle s’appelle Georgie Carter et elle a la tuberculose ; elle l’a depuis des années. Georgie a vingt-sept ans et si je me rappelle bien, elle est alitée depuis neuf ans et huit mois. Elle est en piteux état ; elle n’a que la peau et les os. Elle est tellement faible qu’on ne peut même pas la soulever pour mettre une cuvette sous elle. Il semble qu’elle ait lu un petit livre que vous avez écrit à propos de Jésus qui est le même aujourd’hui qu’hier et elle a supplié que vous veniez prier pour elle. » L’intuition de Billy lui dit que c’était elle, l’agneau bêlant de la vision : « Qu’attendons-nous ? Allons prier pour elle. » « J’ai bien peur que ça ne soit pas si simple. Ses parents appartiennent à L’Église de Christ, alors ils ne veulent rien avoir à faire avec vous. Ils pensent que vous êtes un imposteur. » « Dans ce cas » dit Billy : « je vais remettre son cas entre les mains du Seigneur dans la prière. » Les guérisons qui eurent lieu le vendredi soir suscitèrent des discussions et des débats dans la communauté. Certains se mirent en colère, d’autres se moquèrent ; mais quelques-uns étaient curieux. Le samedi soir, trente nouveaux visages prirent place sur les bancs de la vieille église blanche et une douzaine d’autres miracles attisèrent la polémique locale. Après le service, M. Hall rapporta une bonne nouvelle : « Les Carter ont changé d’avis et vont vous laisser prier pour leur fille ce soir, pour autant que ni l’un ni l’autre des parents ne soit obligé de rester dans la maison lorsque vous viendrez. » « J’imagine qu’ils ont dû demander la permission à leur pasteur avant de me permettre d’y aller », commenta Billy. « Bon, allons-y quand même. » Ce que Billy vit en entrant dans la chambre de la jeune femme le bouleversa profondément. Pendant les neuf années de sa maladie, Georgie Carter avait perdu tellement de poids qu’elle avait
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maintenant l’air d’un squelette recouvert de peau. Ses bras avaient l’air de manches à balai. Elle ne devait pas peser plus de 23 kg [50 lb]. À côté d’elle, sur les draps, se trouvait un exemplaire du petit livre de Billy Jésus-Christ le même hier, aujourd’hui et pour toujours. Les lèvres de Georgie remuèrent, mais Billy ne pouvait pas entendre ce qu’elle disait. Il marcha jusqu’à son lit et se pencha vers elle. Elle murmura : « Frère Branham, je croyais vraiment que vous viendriez et que Jésus me rétablirait. » « Sœur, s’Il le fait, voulez-vous Le servir de tout votre cœur ? » Elle acquiesça faiblement et répéta : « De tout mon cœur. » Puis, elle se mit à tousser. Son infirmière tint une tasse devant sa bouche, mais la pauvre fille était si faible qu’elle n’avait pas assez d’énergie pour cracher. Pour encourager sa foi, Billy raconta à Georgie la guérison de la fille de Mme Nail. Georgie demanda : « Pourquoi ne pouvez-vous pas faire la même chose pour moi ? » « Sœur, c’était une vision. Je dois d’abord avoir une vision. Dans deux semaines, je tiendrai de nouveau quatre jours de réunions de réveil ici en ville. Peut-être que d’ici là, Dieu va me montrer quelque chose de plus explicite. Pour le moment, je peux prier pour vous ; c’est tout ce que je sais. Si Dieu me montre quelque chose de plus, je reviendrai. Mais je crois toujours qu’une fois que nous aurons prié ensemble, vous vous sentirez mieux. » Lorsque, deux semaines plus tard, s’ouvrirent de nouveau les portes de la vieille église baptiste de Milltown, Billy prêcha sur la grâce salvatrice et la puissance de guérison de Jésus-Christ à deux fois plus de gens que la fois précédente. La foule augmentait chaque soir et produisait plus de conversions, amenant Billy à prévoir un service de baptême le samedi après-midi. Le samedi 1er juin 1940, ils se retrouvèrent à Totem Ford, près de la rivière Blue. Billy fut surpris de constater qu’il y avait plus de gens sur les rives de la rivière qu’il y en avait eu pour une seule soirée de réunion de réveil. Lorsqu’il le mentionna à George Hall,
128 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir celui-ci lui répondit que le pasteur d’une congrégation locale avait encouragé ses membres à venir observer. Billy avança jusqu’à la taille dans l’eau froide et agitée, puis invita les nouveaux croyants à venir sceller leur témoignage par le baptême. Une cinquantaine de personnes répondirent. Un à un, Billy les baptisa au Nom du Seigneur Jésus-Christ. Lorsqu’il arriva à la dernière personne, il pria : « Seigneur, comme tu as envoyé Jean pour baptiser Jésus, Jésus nous a dit : “Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris.” » 12 À ce moment-là, la foule se mit à crier, à hurler et à serrer et à taper des mains comme si l’Esprit de Dieu se déplaçait de l’un à l’autre. Presque tous les gens qui avaient encore des vêtements secs firent la queue pour être baptisés, y compris le pasteur qui était venu avec sa congrégation. Une à une, ces personnes entrèrent dans la rivière ; des hommes en costumes et cravate, des femmes en robes de soie, des parents avec leurs enfants. Billy continua à baptiser des personnes jusque tard dans l’après-midi. Lorsqu’il eut terminé, ses jambes étaient tellement gelées et engourdies qu’il fallut deux hommes pour le sortir de l’eau. George Wright conduisit Billy chez lui pour manger et se reposer avant la réunion du soir. Lorsqu’ils arrivèrent, il restait encore une heure avant que le souper soit prêt. Billy dit à son ami : « Je vais aller dans la forêt pour prier. J’ai un lourd fardeau sur mon cœur. » « Pas de problème, répondit George, mais venez aussitôt que je ferai sonner la cloche, parce qu’il va falloir se dépêcher de manger si on veut arriver à l’église à l’heure. »
12 Marc 16.15-18
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Billy se fraya un chemin dans les bois et s’agenouilla près d’un buisson. Le soleil se couchait et les ombres s’allongeaient. Bien qu’il ait le cœur lourd, Billy n’arrivait pas à se concentrer dans la prière. L’air était frais et il n’arrivait pas à s’installer confortablement ; des épines traversaient ses pantalons et il était inquiet d’arriver en retard à l’église. Mais il persévéra jusqu’à ce que les ailes de sa prière parviennent sous le vent de l’Esprit de Dieu, élevant Billy bien au-dessus de choses aussi futiles que les épines ou le froid. La cloche annonçant le repas sonna, mais Billy priait trop profondément pour l’entendre. La cloche sonna et sonna sans résultat. Bientôt, les Wright se mirent à chercher leur pasteur dans les bois à l’aide de lampes de poche. Ouvrant les yeux, Billy sursauta en voyant une lumière ambre briller sur lui qui semblait rayonner du buisson. Une voix profonde résonna dans les bois, disant : « Passe chez les Carter et Georgie va être guérie. » Poussant des cris de joie, Billy sauta sur ses pieds et partit en courant en direction de la ferme des Wright. Il traversa un champ, contourna un bâtiment et se retrouva dans les bras de George Wright. « Frère Billy, où étiez-vous ? Il y a des gens partout sur la colline qui vous cherchent. Maman attend depuis une heure pour servir le souper ». « Frère Wright, je ne souperai pas ce soir. Georgie Carter va être complètement guérie. C’est “ainsi dit le Seigneur” ! » George Wright haussa les sourcils : « Vous voulez dire qu’elle va pouvoir se lever ? » « Elle va être normale et complètement guérie dans quelques minutes, dès que j’arriverai là-bas. » « Venez, alors, dit George, je vais aller chercher l’auto pendant que vous irez dire à Maman que vous êtes retrouvé. Elle pourra le dire aux autres. »
130 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir M. Brace était à la maison. Lorsque Billy lui annonça la bonne nouvelle, il ne pouvait y croire : « Vous voulez dire ce paquet d’os ? Puis-je y aller avec vous ? » « Certainement. » George arriva avec son auto et ils se retrouvèrent bientôt tous les trois parcourant à toute allure les 13 km de routes en terre battue conduisant à Milltown.
AU MÊME MOMENT, Mme Carter s’inquiétait en faisant les cent pas sur le plancher de sa maison. Plus tôt ce jour-là, elle s’était assise au chevet de sa fille pendant que Georgie avait conclu un marché avec Dieu. Georgie avait promis à Dieu que s’Il la guérissait ce jour-là, elle irait à Totem Ford pour être baptisée avec les autres. Lorsque l’après-midi passa sans qu’il y ait de miracle, Georgie fut dans tous ses états, pleurant jusqu’à l’épuisement. Mme Carter était maintenant tracassée par la situation. Elle alla à la cuisine, s’agenouilla et pria : « Cher Dieu, aie pitié de Georgie. La pauvre petite est étendue là si près de la mort et maintenant cet imposteur est venu dans la région en prétendant être quelqu’un qu’il n’est pas et il a rendu mon enfant toute confuse et désemparée. Ô, Dieu, aie pitié. » Elle leva la tête et s’essuya les yeux. Les rayons du soleil couchant inondaient la cuisine d’une lumière rouge intense. Mme Carter vit l’ombre d’un homme bouger sur le mur. Elle pensa tout d’abord que c’était son mari qui venait d’entrer dans la maison. Mais lorsque les contours se précisèrent devant elle, on aurait dit l’ombre de Jésus-Christ. Elle bégaya : « Qui-qui êtes-vous ? » L’ombre se retourna et regarda en direction de la porte. Mme Carter se retourna aussi et fut surprise de voir ce prédicateur, Billy Branham, entrer sans même avoir frappé à la porte. Elle savait que c’était Branham parce qu’elle avait vu sa photo dans le petit livre qui avait rendu sa fille si agitée. Branham tenait une Bible sur son cœur et il était suivi de deux autres hommes. L’un d’eux était
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un homme de la région, George Wright, tandis que l’autre était un homme qu’elle ne connaissait pas. Ces trois hommes passèrent devant elle en direction de la chambre de Georgie ; mais, ils disparurent avant d’y arriver. Mme Carter mit sa main devant la bouche et cria : « Oh, là là, je dois être endormie ! » Elle courut à la chambre de sa fille en balbutiant : « Georgie ! Georgie ! Tu ne devineras jamais ce qui vient de se produire. J’étais dans la cuisine en train de prier et… » Elle entendit une automobile monter l’allée et s’arrêter devant la maison. Des portières claquèrent. Mme Carter regarda dans la cuisine par la porte ouverte et vit le jeune Révérend Branham entrer dans la maison avec sa Bible sur son cœur. Deux hommes marchaient derrière lui. C’était si bizarre qu’elle n’y comprenait rien. Ses yeux roulèrent en arrière et elle s’évanouit, frappant le plancher comme un sac de farine tombé d’une chaise.
LORSQUE BILL sortit de l’auto devant la maison des Carter, il sentit l’euphorie d’une confiance absolue envahir tout son corps. Maintenant, rien ne pouvait l’arrêter. Il avait la vision. Il savait où il se tenait. Comme il montait les marches vers la porte d’entrée, il lui sembla que son esprit se séparait de son corps. Il se vit ouvrir la porte et entrer sans frapper. Là, au lit, était étendue cette pauvre jeune femme, Georgie Carter, maigre et ratatinée comme une momie égyptienne. Sa mère, agenouillée près du lit, lui jeta un regard et s’évanouit. Billy se regarda marcher vers le lit. Puis, son esprit retourna dans son corps. Il se pencha au-dessus de la fragile jeune fille sous les couvertures et dit : « Sœur Georgie, le Seigneur Jésus-Christ, que tu as aimé et à qui tu as fait confiance tout ce temps, ce même Jésus m’a rencontré dans les bois, ce soir, et m’a dit par vision que tu allais être guérie. C’est pourquoi je te prends par la main en disant, au Nom de Jésus-Christ, mets-toi sur tes pieds et sois guérie. » Saisissant sa main osseuse, Billy la tira doucement. Mais il n’avait pas besoin d’être doux ; Georgie cria, alors qu’une puissance surnaturelle entrait dans son corps. Rejetant ses couvertures, elle
132 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir bondit de sa prison aussi pleine d’entrain qu’une écolière le jour de Noël. La jeune sœur de Georgie entendit le tapage et arriva dans la pièce en courant. Elle vit sa grande sœur qui avait été alitée depuis aussi loin qu’elle pouvait se rappeler, danser à travers la pièce comme un petit squelette. Le choc lui fit perdre momentanément la raison. Elle se mit à crier et à se tirer les cheveux en courant vers la porte d’entrée qui était toujours ouverte, hurlant : « Il est arrivé quelque chose ! Il est arrivé quelque chose ! » M. Carter arrivait de l’étable, transportant un sceau de lait. Entendant les cris et craignant le pire, il laissa tomber le lait et courut à toutes jambes vers la maison juste pour s’arrêter sur le seuil et regarder avec étonnement sa fille Georgie, assise au piano, jouer un cantique qu’elle avait appris à jouer lorsqu’elle était une petite fille, Jésus, garde-moi près de la croix, Là où une précieuse fontaine, Gratuite pour tous, un flot de guérison, Coule du mont Calvaire.
Plus tard, George Wright conduisit jusqu’en haut de la colline pour annoncer à la foule qui attendait à l’église, pourquoi le Révérend Branham était en retard. Tout le monde voulut être témoin du miracle. Lorsqu’ils arrivèrent à la maison des Carter, Georgie marchait à quatre pattes dans le jardin de devant, embrassant l’herbe et les fleurs.13 Bien entendu, le soir suivant, la vieille église était remplie à craquer. Lorsque le service fut terminé, William Hall demanda :
13 Georgie Carter a vécu en bonne santé jusqu’en 1954 alors qu’on lui diagnostiqua un cancer du sein. Elle avait alors 41 ans. Lorsque le cancer fut découvert, il y avait déjà des métastases. Cela signifiait qu’elle n’avait pas d’espoir médical pour une guérison. En désespoir de cause, elle demanda à William Branham de prier pour elle. Il l’a fait et Georgie Carter fut guérie de nouveau. Elle a vécu pour un autre 44 ans, décédant le 22 mars 1998 à l’âge de 84 ans.
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« Frère Branham, qu’envisagez-vous de faire avec cette église maintenant ? » « Je n’en sais rien. Je n’ai pas réfléchi plus loin que de trouver l’agneau de la vision ». George Wright observa : « Ce serait une honte de laisser ces gens s’en aller sans leur donner une bonne base des enseignements fondamentaux de la Bible. » Billy acquiesça : « J’imagine que je pourrais revenir ici régulièrement en attendant que Dieu appelle quelqu’un d’autre pour faire ce travail. » M. Hall, qui devint plus tard le pasteur de l’Église Baptiste de Milltown, exprima son approbation : « Ça serait bien d’utiliser cette belle vieille église pour autre chose que des funérailles. Il semble y en avoir bien trop ces temps-ci. Il y en aura encore d’autres lundis. » « Oh, est-ce quelqu’un que je connais ? » demanda George. « J’imagine que vous connaissiez M. J — ? » George et Billy échangèrent un regard. George dit : « Je suppose qu’il n’élèvera plus de poulets. » Billy ajouta : « C’est dommage qu’il n’ait pu trouver le temps de s’occuper de son âme. »
134 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
Plusieurs membres de la famille accompagnèrent Billy à Milltown au dernier jour du réveil et à Totten’s Ford pour le baptême. Dans la rangée arrière, de gauche à droite : Edgar (Doc), frère (27 ans), Billy, Delores, sœur (12 ans), Ella Branham, mère (54 ans). Rangée d’en avant : Donnie, frère (14 ans) et Billy Paul, fils (5 ans)
Chapitre 26
Perdu sur le mont Hurricane
1941
L A CHANSON SE TERMINA. Tout excité, Billy Paul se plaça en face de son gâteau, remplit ses poumons de tout l’air qu’ils pouvaient contenir et souffla jusqu’à ce que ses six bougies soient éteintes. Rayonnant de joie, il déchira l’emballage de ses présents. William Branham sourit, heureux de voir que son fils avait du plaisir pour son anniversaire, grâce à la bonté de Meda Broy. Elle avait préparé un gâteau pour Billy Paul et avait organisé sa fête d’anniversaire avec soin, voulant que ce jour, samedi 13 septembre 1941, soit un souvenir mémorable pour son jeune protégé. Meda gardait maintenant Billy Paul Branham tous les jours de semaine depuis près de cinq ans. Il lui semblait normal d’organiser son anniversaire. Toutefois, tout le monde ne voyait pas d’un très bon œil la relation entre Billy et Meda. Plusieurs méchantes rumeurs couraient concernant « ce jeune prédicateur et sa gouvernante. » Billy n’aimait pas ces potins qui nuisaient à la bonne réputation de Meda, mais il pouvait comprendre pourquoi les gens jasaient ; Meda était une belle jeune femme en âge de se marier, qui n’avait rien de mieux à faire que de laver son linge, faire son ménage et s’occuper de son fils. Ce n’était vraiment pas juste de sa part de prendre tant de son temps. Billy décida, pour le bien de Meda, de mettre fin à son emploi. Il prévoyait de le lui annoncer un après-midi en allant chercher Billy Paul après le travail. Mais chaque fois que se présentait une occasion, les mots ne sortaient pas. Comment pouvait-il dire à cette jeune fille au cœur tendre, qui s’était occupée de son fils pendant près de cinq ans, qu’il voulait
136 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
maintenant une nouvelle gouvernante ? Il ne pouvait s’y résoudre. Mais pour son bien à elle, il sentait que c’était ce qu’il devait faire. Meda devait être libérée de ses liens temporaires avec lui afin de pouvoir envisager une relation pour la vie avec un autre homme. Finalement, Billy trouva un plan détourné. Il pensa que s’il demandait à une autre femme de sortir avec lui, Meda serait si fâchée contre lui qu’elle quitterait son emploi d’elle-même. Cela ne se passa pas comme ça. Meda ne fut pas fâchée du tout ; elle eut le cœur brisé. Elle en pleura des journées entières. Billy se sentit aussi terriblement mal. Il estimait tellement Meda et essayait de faire ce qu’il croyait être le mieux pour elle ; mais au lieu de cela, il avait fait un gâchis. Il lui devait au moins une explication : « Meda, ne vois-tu pas ? Je prends trop de ton temps. Tu es trop bonne de gâcher ta vie pour moi. » « Mais Billy, je t’aime. Je t’ai toujours aimé. Je n’aimerai jamais d’autre homme que toi. » « J’apprécie cela Meda. Je t’aime aussi. Mais tu sais, je vais tout simplement vivre en ermite. Je ne vais pas me remarier, jamais, alors comment puis-je continuer à prendre de ton temps ? » C’était là un argument que Meda ne pouvait tout simplement pas accepter. Lorsqu’elle se retrouva seule, elle mit sa Bible fermée sur ses genoux et pria : « Seigneur, si c’est là ce que Tu veux, je ne veux pas Te désobéir… mais j’aime Billy. Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Seigneur Jésus, veux-Tu m’aider ? Je ne T’ai jamais demandé cela de ma vie, Seigneur, et j’espère ne jamais devoir le faire de nouveau ; mais je te demande maintenant, lorsque j’ouvrirai ma Bible, pourrais-Tu, s’il Te plaît, me donner une écriture pour me guider et me consoler ? » Fermant les yeux, elle ouvrit sa Bible au milieu et mit son index au centre de la page. Puis, elle regarda. Son doigt désignait un verset dans Malachie au chapitre 4 : Voici je vous enverrai le prophète Élie avant la venue du jour grand et redoutable… » « C’est un étrange verset de consolation », pensa-t-elle. « Je me demande pourquoi le Seigneur… ? » Puis elle se souvint… Des
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années auparavant, elle se tenait sur les rives de la rivière où Billy était dans l’eau en train de baptiser, lorsque cette étoile était apparue à midi. Elle n’avait pas vu l’étoile parce qu’elle avait gardé les yeux fermés ; mais elle ne pourrait jamais oublier la voix qui avait déclaré : « Comme Jean le Baptiste fut envoyé pour annoncer la première venue de Jésus-Christ, tu es envoyé pour annoncer sa seconde venue. » Elle réalisait maintenant pourquoi le Seigneur lui avait donné cette Écriture particulière pour la consoler : « Voici je vous enverrai Élie le prophète… » Meda se leva et continua son chemin le cœur en paix, convaincue que Billy et elles se marieraient. Billy n’était pas loin d’arriver à la même conclusion. Un jour, Billy alla chercher son fils chez les Broy après son travail. Billy Paul jouait dans un bac à sable. Billy dit : « Billy Paul, viens à la maison avec Papa. » Billy Paul tourna la tête et dit : « Papa, c’est où ma maison ? » Billy fut secoué. Depuis peu, il vivait dans une petite maison-bateau sur la rivière parce qu’il détestait se retrouver dans sa maison qu’il louait ; elle semblait si vide sans Hope. Il regarda son fils de six ans et pensa : « Si un jour il est condamné à la chaise électrique, il pourrait se tourner vers moi et dire, “Papa, si tu avais fait ce que Maman t’avait demandé de faire, si tu t’étais remarié et m’avais donné un bon foyer au lieu de me trimbaler partout, les choses n’auraient pas tourné comme ça.” » Comme Billy essuyait le sable sur le pantalon de son fils, il pensa : « Peut-être que Hope, sur son lit de mort, avait raison. » Cette nuit-là, quelque chose tira Billy d’un profond sommeil. Étendu calmement dans l’obscurité, il écouta le bruit des vagues qui frappaient doucement sa petite maison-bateau. Mais il y avait maintenant quelque chose d’autre. Quelqu’un se tenait-il à la porte ? Ses cheveux se dressèrent sur sa tête. Puis Billy entendit une voix profonde résonner et dire : « Prends Meda Broy et épouse-la le 23 octobre prochain. »
138 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir WILLIAM BRANHAM et Meda Broy s’unirent par les liens du mariage le 23 octobre 1941. Comme lune de miel, Billy suggéra d’aller visiter les chutes Niagara, puis de continuer en direction de l’Est, le long de la frontière nord des États-Unis, jusqu’aux montagnes Adirondack, au nord de l’état de New York. Billy était allé dans cette région plusieurs fois et connaissait là-bas un garde forestier. Deux années auparavant, lui et le garde forestier Denton avaient tiré trois ours près du Mont Hurricane, non loin de la frontière canadienne. Si Billy pouvait aller à la chasse cet automne, il pourrait peut-être tirer un autre ours et ils auraient de la viande tout l’hiver.
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Meda Broy Branham
Meda trouva cette idée raisonnable. Elle savait dans quelle pauvreté ils commençaient leur vie de couple. Elle avait aidé Billy à cueillir des mûres le soir, afin de gagner assez d’argent pour leur charbon de l’hiver. Une provision de viande serait un atout bienvenu pour leur budget serré. Billy écrivit : « M. Denton, je vais venir cet automne. J’aimerais de nouveau aller chasser l’ours avec vous. »
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M. Denton répondit : « D’accord, Billy, viens. Je serai dans la cabane au bout de la route du Mont Hurricane… » et il donna la date en novembre. « Tu pourras m’aider à démonter la ligne de téléphone qu’on a installée ce printemps, puis on ira à la chasse à l’ours. » Il y avait un poste de guet pour les incendies au sommet du Mont Hurricane. Ce printemps-là, Billy avait aidé le garde-chasse à installer une ligne de téléphone de 8 km de long, qui reliait le poste de guet à une cabine au bout de la route. Cela prendrait au moins une journée pour enrouler ces fils pour l’hiver, mais Billy trouvait que c’était un marché équitable pour avoir le privilège d’aller à la chasse avec un excellent guide. Billy, Meda et Billy Paul arrivèrent avec quelques jours d’avance. La cabane de garde-chasse était fermée à clé, mais il y avait un petit abri un peu plus loin sur le sentier qui les protégerait du vent. Il n’avait pas encore neigé, mais cela pouvait commencer à tout instant. Cette nuit-là, la température descendit au-dessous de zéro. Pour empêcher Billy Paul d’attraper froid, Billy et Meda le placèrent entre eux pour dormir. Le lendemain matin, Billy dit : « Tu sais, chérie, ça serait bien si je pouvais tirer un gros chevreuil et le ramener à la maison avec un ours. Si je pouvais aller chasser un peu aujourd’hui, nous aurions certainement notre viande pour l’hiver. » Jetant un coup d’œil aux nuages noirs, Meda demanda : « Crois-tu que c’est prudent d’aller sans le garde-chasse ? Qu’est-ce qui arrivera si tu te perds ? » « Me perdre ? Moi ? » Billy trouva cela amusant. « Il n’y a pas de risque. Tu ne pourrais me perdre nulle part. Ma mère est à demi indienne, tu te souviens ? J’ai assez d’instinct pour savoir où je suis à n’importe quel moment. Je suis comme mon grand-papa Harvey. En plus d’être professeur d’école, c’était le meilleur chasseur et trappeur de tout le Sud. » Meda lui lança un regard résigné voulant dire « Je n’en suis pas si sûre ». « Bon, mais ne pars pas trop longtemps, Billy. Souviens-toi
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que je ne suis jamais allée dans les bois auparavant. Je n’y connais rien. » « Je serai de retour vers deux heures », promit-il. Il mit son fusil sur son épaule et commença à descendre le sentier jusqu’à ce qu’il arrive à un endroit qui avait été déboisé des années auparavant. Parmi les souches et les tas de branches, de nouveaux arbres avaient maintenant atteint 4,5 m [15 pi] de haut. Cela semblait être l’habitat idéal pour les chevreuils ; de la nourriture en abondance et un bon camouflage. Billy quitta le sentier et s’enfonça dans la forêt. Pendant l’heure qui suivit, Billy vit plusieurs traces de chevreuil, mais les empreintes étaient tout étroites, ce qui signifiait que c’étaient des biches. Il avait besoin d’un cerf. Comme il passait par-dessus une crête puis descendait dans un canyon, Billy entendit quelque chose bouger dans les buissons. Il s’arrêta et demeura immobile comme une souche. Il entendit distinctement des pieds qui faisaient craquer des aiguilles de pin sèches, pas des sabots, mais des pattes avec des coussinets plantaires. Juste à ce moment, la créature s’élança. Billy eut le temps d’apercevoir un immense lion des montagnes courir vers les bosquets. Il chargea son fusil, mais le géant était trop rapide. Billy n’eut pas le temps de tirer avant qu’il disparaisse entre les arbres. Billy poursuivit ce lion pendant 1,6 km dans le canyon. Il lui arrivait parfois de l’entendre remuer dans les buissons. Mais le félin fut bientôt trop éloigné. Billy dut se remettre à chercher des traces et des branches pliées. Finalement, le lion pénétra dans la forêt géante où il put s’enfuir agilement de branche en branche. Billy perdit sa piste et abandonna. Il se remit en marche pour escalader le canyon, mais s’arrêta en sentent l’odeur particulière d’un vieil ours mâle. Tout excité, il grimpa le canyon contre le vent, franchit à nouveau la crête et descendit de l’autre côté. Il perdit plusieurs fois l’odeur, mais il fut capable de la retrouver. Le sol était maintenant plus plat. Billy continua à marcher, cherchant des indices sur le terrain comme un terrier de fourmis démoli ou des marques de griffes sur un arbre. Il
142 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir parvint à une autre crête et descendit dans un ravin peu profond. Lorsqu’il arriva au fond, il sentit à l’odeur que son gibier était proche. Billy chercha derrière les rochers et les crevasses jusqu’à ce qu’il trouve la caverne de l’ours. Il n’y avait pas d’erreur ; l’odeur fétide le fit pleurer. Il s’approcha prudemment de l’ouverture sombre, son fusil chargé et prêt. La grotte était vide. Billy regarda sa montre. Les aiguilles indiquaient 12 h 30. Il allait devoir partir, s’il voulait tenir sa promesse envers Meda. Mais ça ne le dérangeait pas d’interrompre sa chasse. Maintenant qu’il savait où était la cachette de l’ours, M. Denton et lui pourraient revenir dès qu’ils auraient terminé avec la ligne de téléphone sur le Mont Hurricane. Il venait de commencer à monter hors du ravin lorsqu’il vit un buisson bouger de l’autre côté du canyon : « Il est là », pensa-t-il. Il chargea son arme et se tint immobile. Au lieu d’un ours, c’est un cerf majestueux qui sortit du buisson. Billy leva son arme et pressa sur la détente. Le cerf s’écroula à l’endroit même où il était. Il était plus d’une heure, lorsque Billy eut fini de saigner et de vider son gibier. Il suspendit le cerf par les pattes de derrière à une grosse branche d’arbre et sortit du canyon aussi vite que les broussailles le lui permettaient. Il remarqua que le ciel se couvrait. Le Mont Hurricane était déjà voilé. Il pensa : « Je vais devoir me dépêcher. Cette tempête s’approche tout près. » Il savait que si le brouillard s’installait, il ne pourrait pas voir ses points de repère. Il avança en faisant des bonds pendant une demi-heure, cherchant l’endroit par lequel il avait pénétré dans ce canyon. S’arrêtant pour se reposer, il sortit son mouchoir de sa poche et essuya la transpiration sur son visage : « Fichtre, c’était loin. Je ne croyais pas m’être éloigné autant. » Il se remit à courir. Quelques minutes plus tard, il s’arrêta, complètement éberlué ; son chevreuil était suspendu juste devant lui. « Bon, qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai dû manquer mon intersection quelque part. Mais comment ai-je pu faire demi-tour et me retrouver ici ? »
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Il se remit en route en pensant : « Cette fois-ci, je l’aurai. Je n’étais pas assez attentif. » Marchant rapidement, il se mit à chercher l’endroit d’où il avait descendu la pente raide. Les nuages étaient juste au-dessus des arbres, maintenant. Il était de plus en plus difficile de reconnaître quoi que ce soit. Après quarante minutes, il arriva à un endroit qui lui semblait familier. La seconde d’après, il sut pourquoi ; son chevreuil y était suspendu à l’arbre. Comme Billy repartait pour la troisième fois, il pensa : « Je ne peux pas faire la même erreur trois fois de suite. » Mais une heure plus tard, il se retrouva de nouveau devant son cerf. Fatigué et essoufflé, il s’assit pour se reposer et reprendre ses esprits. Il savait ce qui lui arrivait. Les Indiens appelaient ça la marche de la mort ; un homme qui se perd dans les bois et qui tourne en rond jusqu’à ce que, épuisé, il meure de froid. Si Billy avait été seul dans les montagnes, il ne se serait pas inquiété. Il serait tout simplement retourné à la grotte de l’ours et aurait hiberné jusqu’à ce que la tempête se calme et que le ciel se dégage. Une fois ses points de repère visibles, il serait facile de retourner à la cabane. Mais, dans les circonstances présentes, ce plan était hors de question. Meda n’avait jamais été dans les bois auparavant. Elle ne saurait pas faire un feu. Si Billy ne rentrait pas au camp, elle et Billy Paul pourraient facilement mourir de froid durant la nuit. De plus, elle serait terrifiée par l’obscurité. Et si elle entendait le cri d’un animal ? Elle pourrait penser que c’est lui et partir à sa recherche, pour se perdre elle aussi. Billy pensa ensuite au lion des montagnes qui rôdait dans la forêt près de leur abri… Terrorisé, Billy se leva et se mit à courir dans les broussailles. Mais, après quelques minutes, il se dit : « Un instant, William Branham. Que se passe-t-il ? Es-tu devenu fou ? » Il avait été forestier toute sa vie. Il savait que le pire danger était une situation comme celle-ci : un homme s’agite et se met à courir désespérément dans la forêt ; puis, au printemps, quelqu’un retrouve ses ossements au fond d’un ravin. Il respira profondément pour calmer ses nerfs à fleur de peau : « Il faut que je me ressaisisse », pensa-t-il. « Je ne suis pas vraiment perdu ; seulement un petit peu désorienté. Il faut seulement que je me m’oriente. »
144 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Le brouillard s’était installé et tout lui semblait maintenant étranger. Pour aggraver les choses, il se mit à neiger. Le pire, c’est que le soleil se couchait et que la nuit tombait rapidement. S’il ne trouvait pas son chemin rapidement, il ne trouverait pas son chemin du tout. Alors ils périraient tous les trois pendant la nuit. Luttant pour garder son calme, Billy pensa : « Je ne peux pas être perdu. Je suis un trop bon forestier pour me perdre. Réfléchis un instant. Lorsque je suis venu ici, j’avais le vent de face. Ça y est, il faut simplement que je garde le vent dans le dos et, alors, je m’en sortirai. » Il prit donc la direction opposée au vent. Tout ce qu’il pouvait voir autour de lui, c’était l’ombre des arbres et des buissons près de lui qui ondulait dans le brouillard et la neige. Le vent changeait très souvent de direction. Il devint bientôt évident que le vent qui tourbillonnait autour des sommets ne pouvait pas servir de boussole. Pour se donner du courage et conserver son calme, Billy dit tout haut : « Tu n’es pas perdu. Tu sais où tu te trouves. » Mais sa conscience appela cela du bluff : « Billy, tu sais que tu es perdu. » Il se répondit à lui-même : « Moi ? Pas moi. Je ne peux pas me perdre. » Puis, il arriva près d’un tronc géant qu’il savait n’avoir jamais vu auparavant. Il commença à trembler. La sueur coulait sur son front : « Tu es perdu, admets-le » pensa-t-il. « Ça ne sert à rien de continuer à prétendre le contraire. » Ce n’était pas son orgueil qui lui faisait mal, c’était la terreur qu’il ressentait pour sa femme et son fils : « Je suis vraiment perdu » se dit-il à lui-même. « Je n’arrive pas à distinguer l’Est de l’Ouest. Il faut que je choisisse une direction et que je marche tout droit, parce que, pour l’instant, je tourne en rond. Alors je vais marcher comme ça. » Prenant une direction au hasard, il commença à marcher, faisant très attention aux quelques arbres qu’il voyait, essayant d’avancer en ligne droite d’un arbre à l’autre. Alors qu’il marchait, il lui sembla
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entendre une voix murmurer : « Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui se trouve toujours dans la détresse. » 14 Billy pensa : « Maintenant, je deviens fou. J’entends des voix. » Il continua à marcher, se concentrant aussi fort qu’il le pouvait sur la mission qu’il s’était donnée. Bientôt, il l’entendit de nouveau, un peu plus fort que la fois d’avant. « Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui se trouve toujours dans la détresse. » Billy continua à marcher, traînant son fusil ; il était si fatigué. La voix insistante devint plus forte encore : « Dieu est pour nous un refuge et un appui… » Billy s’arrêta et dit tout haut : « Seigneur Jésus, je suis perdu. Je n’ai ni boussole ni points de repère, mais je T’ai encore Toi. Seigneur, je ne suis pas digne de vivre, mais s’il Te plaît, ne laisse pas mourir ma femme et mon fils. » Puis il entendit de nouveau la voix. Ce n’était pas son imagination ; il l’entendait clairement avec ses oreilles : « Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui se trouve toujours dans la détresse. » Posant son arme contre un arbre, Billy enleva son chapeau, le laissa tomber dans la neige et s’agenouilla dessus. Levant les yeux, il dit : « Père Céleste, je croyais que je savais tout de la forêt, mais je me suis trompé. Je sais que je ne vais pas dans la bonne direction, mais je ne sais pas de quel côté tourner. J’ai été un tel vantard, je mérite d’être perdu. Je devrais rester ici des jours et des jours et manger des porcs-épics pour survivre. Mais, Seigneur, ma pauvre femme est innocente. Elle et mon fils vont mourir ce soir si je ne sors pas d’ici. Père, il fait presque nuit et je suis perdu, totalement perdu. S’il Te plaît, aide-moi. Sois ma boussole et mon guide. » Se relevant, il secoua la neige sur sa casquette et dit : « Seigneur, je crois que cette voix qui m’a murmuré à l’oreille était Ta voix. Je crois qu’il y a un ange du Seigneur quelque part dans cette forêt qui me suit. Seigneur, je T’ai demandé de me guider. C’est tout ce que je peux faire. Maintenant, je vais avancer comme ça. »
14 Psaumes 46.1
146 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Il commença à marcher dans la même direction qu’il avait prise auparavant. Soudain, il sentit une main sur son épaule, le retenant, comme pour l’arrêter. Effrayé, Billy tourna la tête pour voir qui était là. Chose étrange, il n’y avait personne. Mais comme il regardait, le brouillard se dissipa un moment et il aperçut le Mont Hurricane derrière lui. C’était le chemin vers la sécurité. Et il marchait exactement dans la direction opposée ! Il avait maintenant juste assez de temps pour faire demi-tour et longer la montagne avant que le brouillard s’épaississe à nouveau. Levant sa main, Billy cria : « Oh, grand Jéhovah Dieu, Tu es si près de moi que Tu as posé Ta main sur mon épaule. Tu es vraiment un secours dans la détresse. » Billy grimpa vers le Mont Hurricane en ligne droite du mieux qu’il le put dans le crépuscule brumeux, s’assurant à chaque seconde d’être toujours sur le bon parcours. La forêt disparut dans la nuit. Billy marchait en gardant un bras en l’air, cherchant la ligne de téléphone qui était accrochée d’arbre en arbre sur 8 km sur le flanc de la montagne. S’il parvenait à mettre la main sur l’un de ces deux câbles, il n’aurait qu’à le suivre au bas de la montagne jusqu’à la cabane. S’il manquait ces câbles, lui, sa femme et son fils périraient. Pendant les trois heures qui suivirent, il poursuivit son chemin, escaladant parfois des falaises rocheuses. Les rafales de neige s’étaient transformées en blizzard. Le vent rugissait, arrachant parfois des branches d’arbre. Billy portait son fusil d’une main et gardait l’autre au-dessus de sa tête jusqu’à ce qu’elle lui semble aussi lourde qu’un baril de poudre. Ensuite, il changeait de main, en prenant toujours soin de reculer de quelques pas avant de continuer, afin de s’assurer qu’il n’avait pas manqué cette ligne téléphonique pendant le changement. Parfois, sa main rencontrait un objet et il criait : « Je l’ai ! » Mais il n’avait agrippé qu’une branche d’arbre. Ses doigts s’engourdissaient dans ses gants. Il avait si froid qu’il avait de la peine à garder l’un ou l’autre bras en l’air. Il devait pourtant continuer à en garder un en l’air. Trois vies en dépendaient.
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Il faisait maintenant si noir qu’il pouvait à peine voir la neige tourbillonner devant son visage. Il perdait espoir. Peut-être avait-il passé dans un endroit plus bas et son bras levé avait-il manqué les câbles parce qu’ils étaient trop hauts ? Si cela s’était produit, alors ils étaient tous condamnés. Son bras buta contre quelque chose d’élastique. Il tira sa main jusqu’à ce que ses doigts s’enroulent autour d’un câble mince. Il l’avait trouvé ! Il était sauvé ! Ils étaient tous les trois sauvés ! Billy laissa tomber son fusil, enleva son chapeau et remercia Dieu : « Oh ! Dieu, quel sentiment d’être trouvé quand on est perdu. Comment pourrai-je assez Te remercier ? Au bout de ce câble se trouve tout ce que j’ai de plus précieux au monde : ma femme et mon fils. Cette ligne de téléphone sera mon guide jusqu’au bas de la montagne. Je ne lâcherai ce câble pour rien au monde. Mais, vraiment, Seigneur, c’est Toi qui es mon guide. Et j’ai l’intention de m’accrocher à Toi pour le reste de mes jours parce que je sais qu’à la fin se trouvent le repos, la chaleur et la sécurité. »
Chapitre 27
Le taureau meurtrier
1945
L A GUERRE dévastatrice en Europe tirait à sa fin avec les Allemands qui étaient maintenant pris en tenailles de deux côtés par les Alliés. En janvier 1945, l’armée russe, dirigée par le général Joukov, fit une percée jusqu’au fleuve Oder, à seulement 65 km à l’est de Berlin. Mais bientôt, les divisions mécanisées russes se retrouvèrent prises dans la boue printanière face à une solide résistance allemande. Au même moment, les Alliés occidentaux progressaient à travers la France et la Belgique avec les Américains qui avaient pénétré très loin en territoire d’occupation allemande. Au début du mois de mars, la 3e Armée du général Patton atteignit le Rhin à Coblence. Quelques jours plus tard, la 1re Armée du général Hodge s’empara d’un pont un peu en aval, à Remagen. Les généraux américains voulaient continuer à progresser afin d’arriver à Berlin avant les Russes, mais ils reçurent l’ordre d’attendre les vingt-cinq divisions britanniques du général Montgomery. Le 25 avril, les Russes avaient non seulement encerclé Berlin, mais encore rejoint les troupes américaines sur le fleuve Elbe, 70 km plus à l’ouest. Au même moment, la défense allemande en Italie s’effondrait, permettant aux Alliés occidentaux de progresser rapidement vers le nord de la botte italienne. Le 28 avril, le dictateur italien Benito Mussolini fut arrêté et exécuté par son propre peuple, alors qu’il essayait de fuir devant l’avance des Alliés. Le fascisme venait de s’effondrer en tant que force politique et le nazisme était sur le point de rendre son dernier souffle. Le communisme, en revanche, s’étendait de plus en plus, dévorant tout ce qui se trouvait sur son passage. Pendant que les communistes et les nazis se battaient dans les rues de Berlin, Hitler nomma l’un de ses aides, Karl Donitz, chef de l’État allemand. Puis, le 30 avril, Adolf Hitler disparut discrètement de la surface de la Terre. Donitz entreprit
150 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
immédiatement le processus de reddition, qui fut officiellement
complété le 8 mai 1945. La guerre en Europe était terminée.
FACE À CES événements mondiaux de portée considérable, Billy ne pouvait qu’observer et s’émerveiller ; des sept visions concernant l’avenir qu’il avait eues en ce matin de juin 1933, trois s’étaient maintenant littéralement accomplies. Mussolini était mort dans la disgrâce, Hitler avait connu une fin mystérieuse et le communisme devenait une force politique de plus en plus forte. Il ne faisait pas de doute que les quatre autres visions allaient s’accomplir au temps de Dieu. Cela donna à Billy une raison d’être optimiste face à son propre avenir. Le Seigneur avait sûrement un but spécial pour sa vie, sinon pourquoi le Tout-Puissant lui aurait-il donné un tel don exceptionnel ? Billy avait besoin de tout l’espoir qu’il pouvait trouver pour demeurer optimiste, parce que, dans le naturel, il ne trouvait aucun moyen de sortir de sa pauvreté assez pour pouvoir accomplir quelque chose de grand pour le Royaume de Dieu. Il avait toujours ses trois activités, dont deux sans rémunération. Même s’il était toujours à court d’argent, il n’avait jamais envisagé de prendre de l’argent pour ses services rendus en tant que pasteur. Il avait pour cela plusieurs raisons. Premièrement, en lisant sa Bible et en observant les pasteurs autour de lui, il réalisa très tôt que l’amour de l’argent pouvait être l’un des pièges mortels auxquels un prédicateur pouvait être exposé et Billy voulait l’éviter. Deuxièmement, même si certains membres de sa congrégation gagnaient près de 3 $ [2 €] de l’heure, la plupart étaient aussi pauvres ou encore plus pauvres que lui. Billy ne pouvait se résoudre à demander à ces gens pauvres de faire encore davantage de sacrifices. Il prêchait bien le principe biblique de la dîme et chaque membre mettait le dixième de son revenu dans une boîte à l’arrière de l’église qui était prévue à cet effet. Mais Billy n’utilisa pas un sou de cet argent pour lui-même. Tout l’argent était destiné au remboursement du prêt et il restait juste assez d’argent pour entretenir le bâtiment. Sa troisième raison était une question de
Le taureau meurtrier | 151
fierté et d’indépendance. Comme il était fort et capable de travailler, il pensait : « Pourquoi ne pas travailler ? » Un après-midi du jour de paye, Billy et Meda préparaient leur budget avec le chèque hebdomadaire de 28 $ [20 €] que Billy recevait pour son travail aux Services publics de l’Indiana. Sa propre dîme venait en premier. Puis, Meda indiquait les factures qui avaient absolument besoin d’être payées. Quelle que soit la façon dont ils divisaient les 25,20 $ [17,60 €] restants, ils n’arrivaient tout simplement pas faire face à toutes leurs obligations urgentes. Il leur manquait environ 10 $ [7 €]. Billy prit une facture et dit : « Chérie, on ne peut pas commencer à payer celle-ci. » « Mais il faut la payer » dit-elle : « Oh, Billy, qu’allons-nous faire ? » Billy eut une idée. « Tu sais quoi, ce soir, à l’église, je vais prélever une offrande. » La première réaction de surprise de Meda se mua en amusement. « Je vais bien m’amuser en te regardant essayer. » Ce soir-là, après les chants, juste avant de commencer à prêcher, Billy dit : « Bon, mes amis, ce soir… hum, je déteste devoir vous demander cela… » Meda le regarda d’un air drôle, sachant à quel point il se sentait mal à l’aise. Billy évita de la regarder pendant qu’il bégayait en cherchant ses mots : « Je n’ai encore jamais fait cela… les jours sont difficiles, vous savez et… j’ai de la peine à joindre les deux bouts… si vous avez des petites pièces de monnaie que vous aimeriez mettre dans mon chapeau… Frère Wiseheart, voulez-vous venir prendre mon chapeau ? » Le diacre Wiseheart s’avança, l’air aussi surpris que le reste de la congrégation. Ce n’était pas que ces gens n’aimaient pas leur pasteur, ils l’aimaient vraiment et étaient prêts à l’aider comme ils le pouvaient. C’était seulement que cela ne s’était jamais produit au cours des douze années précédentes. Frère Wiseheart passa le chapeau dans la première rangée. Billy regarda Mme Weber mettre la main dans la poche de son tablier à carreaux et en sortir une petite bourse. Lorsqu’elle en sortit une
152 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir pièce de 5 sous [0,035 €], Billy sentit son cœur s’enfoncer comme un petit plomb au bout d’un fil de pêche dans la boue d’un étang. Il savait que les temps étaient durs pour tout le monde, pas seulement pour lui. Il ne pouvait pas faire cela : « Un instant, sœur Weber. Vous n’avez pas besoin de mettre cette pièce de cinq sous. Je n’étais pas sérieux. Je voulais seulement vous taquiner tous pour voir ce que vous feriez. » Le vieux diacre Wiseheart était maintenant plus perplexe que jamais. Il demanda : « Frère Branham, que dois-je faire ? » « Remettez le chapeau à sa place, frère Wiseheart. Je vais continuer le service. » Meda se couvrit la bouche avec sa main et secoua la tête. Billy put voir dans ses yeux qu’elle riait. John Ryan, un vieil ami de Billy qui venait d’un peu plus au nord, faisait des visites à Jeffersonville cette semaine-là. Ce vieil homme plein de cran avait pédalé sur sa bicyclette depuis le Michigan, sur à peu près 400 km. Mais il avait eu tellement de problèmes sur la route, avec la bicyclette, qu’il décida de l’abandonner et de faire du stop pour retourner chez lui. Avec sa générosité caractéristique, il l’offrit à Billy, qui la répara rapidement et acheta de la peinture pour environ 10 sous [0,07 €] et la remit d’aplomb. Billy n’avait pas vraiment besoin d’une bicyclette, mais il pensa qu’il pourrait la vendre pour se faire un peu d’argent dont il avait encore besoin. Le second emploi non rémunéré de Billy, garde-chasse pour l’État de l’Indiana, coïncidait tellement bien avec son emploi aux Services publics qu’il ne considérait pas cela comme un effort supplémentaire. Fort heureusement, parce que son emploi sur les lignes à haute tension était assez épuisant pour deux emplois. Une de ses tâches principales pour les Services publics de l’Indiana était de patrouiller le long des lignes de transmission à haute tension qui s’étendaient sur des centaines de kilomètres dans les forêts retirées de l’Indiana. La plupart de ces endroits n’étaient pas situés près des routes, alors Billy se retrouvait souvent à marcher 50 km par jour, six jours par semaine, pour seulement 60 sous [0,40 €] de l’heure. Son emploi avait pourtant d’autres avantages hormis l’argent. Il
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travaillait à l’extérieur de la ville, dans la campagne qu’il aimait. Occasionnellement, en tant que garde-chasse, il remettait un braconnier sur le droit chemin et protégeait ainsi la faune et la flore. Puis, il s’arrêtait toujours pour discuter avec les fermiers qui travaillaient dans leurs champs. Le sujet tournait invariablement autour de Dieu et Billy pouvait ainsi partager avec eux l’amour de Jésus-Christ. Il arrivait parfois qu’un fermier s’adoucisse et donne son cœur à Jésus. Billy l’amenait immédiatement au cours d’eau le plus proche et le baptisait au Nom du Seigneur. Ils se quittaient et retournaient ensuite, tous deux les vêtements trempés, à leurs tâches respectives, en se réjouissant. Un après-midi, Billy était près d’Henryville, Indiana, en train de relâcher des poissons dans un ruisseau, pour le Département de la pêche et des loisirs. Il n’était pas loin de la ferme d’un de ses amis qui était malade. Alors Billy pensa qu’il serait gentil de s’arrêter afin de prier pour cet homme. La ferme étant séparée seulement par quelques clôtures, Billy ne prit pas la peine d’utiliser son véhicule pour contourner les champs par la route. Il enleva son étui, jeta son arme sur le siège avant de son camion, ferma la porte et enjamba la première clôture en oubliant qu’il y avait une pancarte à chaque coin du pâturage, prévenant : « DANGER ! ATTENTION AU TAUREAU ». Billy fredonnait un cantique tout en traversant le pré nonchalamment. Au milieu du pâturage se trouvait un bouquet de chênes en buisson, des petits arbres d’environ dix 3 m [10 pi] de haut. Billy avançait dans cette direction, lorsque l’immense taureau se leva et s’ébroua. Jusque-là, il était couché tranquillement à l’ombre des branches de chêne, hors de la vue de Billy. Lorsque Billy l’aperçu, il évalua rapidement la situation. Ce taureau Guernesey, en particulier, avait une solide réputation. C’était un reproducteur qui avait remporté des prix pour la ferme Burk, près de Jeffersonville, mais il était tellement méchant qu’il avait fini par tuer son gardien d’un coup de corne, obligeant son propriétaire à se débarrasser de lui. Mais comme il avait gagné tant de prix, Burk l’avait vendu à cet homme d’Henryville, en espérant que l’isolement de la campagne l’empêcherait de faire des sottises.
154 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Billy savait tout cela, mais ça lui était sorti de l’esprit. Il évalua désespérément ses chances. Les arbres étaient trop petits et dans la mauvaise direction. Les clôtures étaient trop loin. Il ne lui restait plus que son fusil. Il allait peut-être devoir tirer l’animal, puis rembourser le fermier. Le taureau meurtrier baissa la tête, s’ébroua et gratta le sol. Ses longues cornes acérées ressemblaient à des armes meurtrières. Billy étendit la main pour saisir son fusil. Il n’était pas là. Puis il se souvint ; il avait laissé son étui sur la banquette de son camion ! « Eh bien ! Seigneur, si mon heure est venue, je veux faire face à la mort comme un homme. » Il redressa les épaules et regarda froidement son adversaire. À ce moment, quelque chose d’extraordinaire se produisit en lui. Sa peur s’évanouit et fut remplacée par un amour et une sympathie comme il n’en avait jamais ressenti auparavant. Il pensa : « Ce pauvre taureau était étendu là dans son pré, je suis venu et l’ai dérangé. Il ne sait rien faire d’autre que se protéger. » Le taureau se mit à s’ébrouer plus fort et de plus en plus vite, grattant le sol avec son sabot, soulevant la poussière comme le font les taureaux avant de charger. Billy dit tout haut : « Taureau, je suis désolé de t’avoir dérangé. Je ne veux pas que tu me tues. Je suis un serviteur du Seigneur et je m’en vais prier pour un malade. J’ai oublié qu’il y avait ces panneaux. » Le taureau chargea tête baissée, les cornes courbées pointées droit sur la cible. Étonnamment, Billy ne ressentit aucune crainte, mais seulement de l’amour. Il dit : « Au Nom de Jésus-Christ, va-t’en et couche-toi sous ces arbres. » Le taureau continua à charger de tous ses muscles et sa fureur. Lorsqu’il ne fut plus qu’à 3 m [10 pi], il raidit ses pattes avant et s’arrêta dans un nuage de poussière. Une expression étrange parcourut sa face pendant qu’il tournait la tête à droite et à gauche. Puis, l’animal fit demi-tour et montra sa queue. Il retourna lentement jusqu’aux buissons de chênes, s’étendit et regarda Billy traverser le champ nonchalamment.
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Pendant la fin de cette journée et encore de nombreux jours, Billy s’émerveilla de ce qui s’était produit dans le pré entre lui et le taureau. Face à une mort presque certaine, il avait dépassé ses propres craintes pour sentir le battement de cœur d’une autre vie. Il avait compris, d’une certaine façon, les craintes du taureau et avait sympathisé avec l’animal. En tant que pasteur, il devait souvent se donner entièrement, aidant et se souciant de tous. Mais cette expérience était différente, plus profonde. Pendant quelques minutes, toute peur avait disparu et il ne restait plus qu’un amour parfait.
À CETTE MÊME PÉRIODE, Billy apprit qu’une de ses voisines, Mme Reed, qui vivait au bout de son quartier, se mourrait de la tuberculose. Elle avait été envoyée dans un sanatorium à Louisville pour protéger ses quatre jeunes enfants de la maladie extrêmement contagieuse. Comme la tuberculose était le démon qui avait tué Hope, Billy ressentait un lourd fardeau pour Mme Reed. Il ne pouvait tout simplement pas la chasser de ses pensées ; une mère si jeune qui souffrait tant et qui avait dû quitter tous ces petits enfants dans le besoin. Un soir, Billy se rendit au sanatorium et pria pour elle. Deux jours plus tard, alors qu’il était assis sur son perron, le Seigneur lui montra une vision de Mme Reed, une grand-mère aux cheveux blancs, serrant la main à ses enfants devenus adultes. Billy retourna au sanatorium et lui dit : « Ainsi dit le Seigneur, “vous allez vivre” ! » Mme Reed cria : « Oh, merci ô Dieu ! » Billy demanda : « Voulez-vous vous lever, être baptisée au nom du Seigneur Jésus-Christ et Lui demander de vous laver de vos péchés ? » Elle répondit : « Je ferai tout ce que Dieu me demandera de faire. » Quelques jours plus tard, Billy était sur le trottoir, prêt à enfourcher sa nouvelle bicyclette pour se rendre à l’épicerie. Il venait juste de passer la jambe par-dessus la barre et s’apprêtait à
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partir, lorsque son voisin l’appela : « Dites, attendez une minute, pasteur. Où allez-vous ? » « Bonjour, M. Andrews. Je m’en vais à l’épicerie. Voulez-vous que je vous ramène quelque chose ? » « Non, je voulais seulement vous demander quelque chose » sa voix devint tranchante : « n’avez-vous pas honte de vous ? » « Que voulez-vous dire ? » « Dire à cette pauvre mère mourante qu’elle allait vivre et donner ainsi de faux espoirs à sa famille. » Maintenant, Billy comprenait de quoi il retournait. M. Andrews était un bon voisin, la plupart du temps, mais il avait toujours été méprisant face à la foi de Billy en Dieu. M. Andrews travaillait avec M. Reed au dépôt du gouvernement et devait l’avoir entendu parler de la vision. « Mais, M. Andrews, elle va vivre » insista Billy. « Des milliers de gens meurent de la tuberculose, chaque année. Qu’est-ce qui vous fait penser que Mme Reed va vivre ? » Billy lui donna la seule explication qu’il avait : « Parce que Jésus l’a dit. Il me l’a montré en vision. » M. Andrews renifla de dégoût : « J’aurais honte de moi si j’étais vous, séduire les gens comme ça. Je sais que je suis dur avec vous, mais… » « C’est en ordre M. Andrews, vous avez vos idées et j’ai les miennes. » Billy enfourcha sa bicyclette et partit. Pendant ce temps, l’état de Mme Reed s’était si remarquablement amélioré, que les médecins voulurent refaire des radiographies de ses poumons. À leur plus grande surprise, ils ne trouvèrent aucune trace de la maladie dans son corps. Il n’y avait maintenant plus aucune raison de la garder au sanatorium. C’est avec une joie débordante qu’elle retourna à la maison auprès de sa famille.
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Deux jours plus tard, Meda dit : « Billy, j’ai entendu dire que Mme Andrews était très malade. Tu devrais aller la voir. »
Billy, Meda et Billy Paul Branham
« D’accord, j’irai. Mais je vais devoir y aller en douceur avec son mari. Il ne pense pas le plus grand bien de moi. » Billy se rendit à la porte d’à côté et frappa. M. Andrews ouvrit la porte : « Bonjour, M. Andrews. J’ai appris que votre femme était malade. Puis-je faire quelque chose pour vous aider ? »
158 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir « Écoutez-moi bien, répondit son voisin d’un ton bourru, nous avons un bon médecin et nous n’avons pas besoin de votre aide. Elle n’a qu’une appendicite. On va lui enlever son appendice et elle ira mieux. Nous n’avons pas besoin de prières par ici. » « M. Andrews, je ne vous ai pas demandé si je pouvais prier pour votre femme. Je voulais seulement vous offrir mon aide. Je pourrais vous amener de la soupe, faire vos courses ou quoi que ce soit d’autre dont vous auriez besoin. » « Merci, mais, non merci », répondit M. Andrews insolemment. « Tout va bien. » « Je l’espère vraiment », dit Billy. « Si je peux vous aider en quoi que ce soit, faites-le moi savoir. » Son voisin grogna et claqua la porte. Le matin suivant, Billy se rendit au travail comme d’habitude, patrouillant le long des lignes à haute tension pour la compagnie des Services publics. Il sortit de son camion, attacha son étui avec son fusil et commença à marcher. Il n’était pas allé bien loin, lorsqu’il se sentit poussé à faire demi-tour et à retourner chez lui. Le ciel était gris et une pluie fine tombait, mais le temps n’était pas assez mauvais pour quitter le travail, alors il ignora cette pression étrange et poursuivit sa route. Mais, ce sentiment revint, encore plus fort qu’avant. Billy rebroussa chemin et retourna à son camion, envoya un message radio à son contremaître pour lui dire qu’il ne travaillerait pas ce jour-là. Puis, il se mit en route vers sa maison. Meda fut surprise de voir son mari arriver à la maison au milieu de la matinée : « Qu’est-ce que tu fais ici si tôt ? » « Je ne sais pas exactement. Le Seigneur m’a dit de revenir, alors c’est ce que j’ai fait. » Il posa son fusil sur la table de la cuisine, le démonta puis se mit à huiler et à polir les pièces. Par la fenêtre, il vit M. Andrews qui contournait la maison. Un instant plus tard, on frappa à la porte et M. Andrews appela : « Mme Branham, est-ce que le pasteur est là ? »
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Meda, qui était en train de travailler au comptoir de la cuisine, s’essuya les mains à son tablier et dit : « Oui. Entrez, M. Andrews. » Leur voisin entra par la porte de la cuisine, avec l’air d’un chien battu. Ses yeux étaient rouges et bouffis et il avait la goutte au nez. Son chapeau était froissé et de travers sur sa tête : « Bonjour, pasteur », dit-il, tout contrit. « Bonjour, M. Andrews, prenez une chaise. » M. Andrews s’assit à côté de Billy. Chaque trait de son visage montrait qu’il était bouleversé : « Avez-vous eu des nouvelles de Mme Andrews ? » « Non, qu’est-ce qui ne va pas ? » « Eh bien ! pasteur », sa voix tremblait : « elle va mourir. » « Je suis vraiment désolé d’apprendre cela, M. Andrews. Pourtant, je sais que vous avez un bon médecin. » « Oui » répondit-il en se mouchant : « mais ce n’était pas l’appendicite, finalement. C’est un caillot de sang qui va atteindre son cœur dans quelques heures. Nous avons un spécialiste de Louisville à l’hôpital. Il a dit que lorsque le caillot atteindrait le cœur, elle mourrait. » « Oh, c’est bien ennuyeux, dit Billy, je suis désolé d’apprendre cela, mais je suis vraiment heureux que vous ayez un bon médecin qui s’occupe de son cas. » M. Andrews se mit à bégayer et à chercher ses mots : « Heuh, hum, elle est vraiment mal en point et, hum, je me demandais si euh, euh, si vous pourriez l’aider ? » « Moi ? » Billy pointa ses mains sur sa poitrine. « Je ne suis pas médecin. Comment saurais-je ce qu’il faut faire ? » « Eh bien, hum, je pensais que, peut-être, vous pourriez l’aider un peu, comme vous avez aidé cette femme au coin de la rue, Mme Reed. »
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« Ce n’était pas moi », expliqua Billy. « C’est le Seigneur Jésus qui a aidé Mme Reed. Je pensais que vous ne croyiez pas en Lui. » M. Andrews balbutia : « Vous savez, une de mes tantes était une chrétienne qui vivait dans les collines. Une fois, elle a promis à Dieu de donner 5 $ [3,50 €] à un prédicateur itinérant, à la fin de l’année. Elle lava des vêtements pour des gens, essayant d’économiser l’argent, mais comme la fin de l’année approchait, elle ne l’avait tout simplement pas. Le jour précédant l’arrivée du prédicateur, elle acheta un morceau de savon pour 5 sous [0,035 €]. Elle était debout près de la bassine, pleurant parce qu’elle ne pouvait pas tenir sa promesse. Elle sécha ses larmes avec son tablier, mit les mains dans l’eau et commença à frotter le savon contre la planche à laver pour faire de la mousse. Le savon fit un drôle de bruit, comme un tintement. Lorsqu’elle regarda plus près, elle vit une pièce d’or de 5 $ [3,50 €] incrustée dans le morceau de savon. Elle fut donc en mesure de tenir la promesse qu’elle avait faite à Dieu. » « Comment la pièce d’or s’est-elle retrouvée là ? » demanda Billy, même s’il sentait qu’il connaissait la réponse. M. Andrews secoua la tête. « Je ne sais pas. Je me suis souvent demandé. » « Je vais vous dire comment. C’est Jésus le Ressuscité qui a fait cela. Cette femme avait fait une promesse de bonne foi et avec un cœur sincère. Elle pensait vraiment pouvoir le faire. Dieu a seulement fait en sorte qu’elle puisse tenir sa promesse. » M. Andrews acquiesça : « J’ai beaucoup pensé à cela. Ça m’a même poussé à me demander s’il y avait un Dieu. » « M. Andrews, il y a un Dieu. » L’homme pencha la tête : « Pensez-vous qu’Il pourrait aider ma femme ? » « Certainement. Je sais qu’Il le peut. » « Voulez-vous prier pour elle ? »
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« Commençons par le commencement. Vous avez besoin que votre cœur soit droit. Voulez-vous vous agenouiller ici avec moi et nous allons prier ensemble ? » « Heuh, je ne sais pas vraiment quoi dire. » « Je vais vous aider. » Ils éloignèrent donc leurs chaises de la table et s’agenouillèrent en appuyant leurs coudes sur leur chaise. Billy donna des instructions : « Du plus profond de votre cœur, dites “Dieu, aie pitié de moi, un pécheur.” » Ils continuèrent à prier jusqu’à ce que cet athée endurci accepte la foi en Jésus-Christ en pleurant. Puis M. Andrews s’essuya les yeux et dit : « Eh bien, pasteur, voulez-vous venir à l’hôpital, maintenant ? » « Oui, j’irai. » Meda alla avec lui. Lorsqu’ils arrivèrent à sa chambre d’hôpital, Mme Andrews était si mal en point, que ses yeux n’avaient plus de couleur. Son visage était si enflé, qu’elle ressemblait à peine à la personne qui vivait à côté de chez eux depuis tant d’années. Meda se mit à sangloter en la voyant. Billy s’agenouilla près du lit et pria : « Cher Dieu, s’il te plaît, aide Mme Andrews. Nous sommes tous impuissants. Le médecin a fait tout ce qu’il pouvait, mais elle est tout de même mourante. Jésus, nous savons que Tu es ressuscité des morts et que Tu vis parmi nous avec la puissance pour tout accomplir. Nous Te demandons d’avoir pitié de cette pauvre femme et de la laisser vivre. » Billy demeura là un moment, tenant la main enflée de Mme Andrews dans la sienne. Meda demanda : « Est-ce que tu vois quelque chose ? » « Non chérie. » Ils sortirent de la chambre et descendirent le couloir jusqu’à la maternité pour regarder les nouveau-nés de l’autre côté de la vitre. Puis, ils retournèrent dans la chambre de Mme Andrews. Au moment où il franchissait le seuil, Billy vit Mme Andrews dans sa
162 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir cuisine, en train de sortir une tarte aux pommes de son fourneau. Puis, Billy se vit assis sous le porche de sa propre maison. Mme Andrews arriva de l’autre côté de la maison et lui offrit toute la tarte. Après avoir découpé la tarte, Billy en prit un morceau et le mangea. Puis, aussi vite qu’il était parti, il se retrouva dans la chambre d’hôpital. Il se tourna vers Meda et dit : « Chérie, tout va bien aller. Ne t’inquiète pas, Dieu a entendu nos prières. » Une infirmière entendit sa remarque. Elle demanda : « Révérend Branham, que voulez-vous dire ? » Billy expliqua : « Dans trois jours, Mme Andrews va me préparer une tarte. Si cela n’arrive pas, je quitterai le ministère. » Ils retournèrent chez M. Andrews et Billy lui dit : « Ainsi dit le Seigneur, “votre femme va être guérie”. Ne vous inquiétez pas, M. Andrews. » « Comment pouvez-vous en être sûr ? » « Dieu me l’a montré par vision, de la même façon qu’Il me l’a montré pour Mme Reed, qui est maintenant à la maison et se sent bien. » Mais Billy ne mentionna pas la tarte aux pommes. Billy et Meda retournèrent chez eux. Deux heures plus tard, M. Andrews frappa de nouveau à leur porte : « Pasteur, le médecin dit qu’elle est en train de mourir. Elle émet des râles d’agonie dans sa gorge. « « Mais, le Seigneur Jésus a dit qu’elle allait vivre », répondit Billy, essayant de le rassurer. « Ne croyez-vous pas ce que je vous ai dit ? » « Eh bien pasteur, j’aimerais bien, mais, les médecins disent qu’elle ne peut pas survivre encore une heure. » « Peu importe ce que les médecins disent. Lorsque Dieu dit quelque chose, cela doit arriver. » Nerveux et pas confiant du tout, M. Andrews partit à l’hôpital. Meda, se souvenant à quel point Mme Andrews avait l’air mal en point, demanda à son mari : « Billy, que penses-tu réellement ? »
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« Ne t’inquiète pas pour ça. Dieu l’a dit et ça règle la question. Dans trois jours, cette femme va me préparer une tarte aux pommes et je serai assis sous le porche, lorsque je mangerai le premier morceau. Si cela ne se produit pas, alors Dieu ne me parle pas. » Une heure plus tard, M. Andrews revint tout excité en criant : « Pasteur, savez-vous ce qui s’est passé ? » Billy venait juste de finir d’assembler son revolver. Il fit tourner le baril, le referma et glissa l’arme dans son étui : « Que s’est-il passé, M. Andrews ? » « Toute l’eau qui était en elle est partie. Elle s’est redressée dans son lit et a dit, “Je meurs de faim.” Lorsqu’une des infirmières lui a apporté du bouillon de poule, elle a dit, “Je ne veux pas de bouillon ; je veux des saucisses et de la choucroute.” Pasteur, ils ont dit que je pourrais la ramener à la maison dans quelques jours ! » Trois jours plus tard, alors que Billy était assis sous le porche, Mme Andrews arriva au coin de la maison, une tarte dans les mains. Billy se leva et mangea le meilleur morceau de tarte aux pommes de sa vie. Le jour suivant, Billy vendit sa bicyclette remise à neuf pour 10 $ [7 €], juste assez pour payer ses emprunts du mois en cours. Il sut que le Seigneur prenait soin de lui.
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Billy et son assemblée au Tabernacle en 1944
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M. et Mme John Ryan
Chapitre 28
Un ange apporte une commission
1946
P ENDANT PLUSIEURS HEURES, Billy marcha de long en large dans la salle d’attente de l’hôpital. Dans une salle d’accouchement toute proche, Meda était en train de mettre au monde son premier enfant. Ce n’était pas une naissance facile. À la fin, le médecin dut sortir la petite fille par césarienne. C’était le 21 mars 1946, cinq jours avant le vingt-septième anniversaire de Meda. Un peu plus tard ce jour-là, le médecin recommanda à Billy de ne plus avoir d’enfant. Selon son avis de spécialiste, le corps de Meda ne pourrait pas supporter le stress d’un second accouchement. Billy accepta ce conseil avec philosophie. Il avait presque trente-sept ans. Quelques années plus tôt, il avait cru que Billy Paul serait sa seule famille. Il avait maintenant non seulement une femme qu’il chérissait, mais aussi une petite fille. Si Dieu avait décidé qu’il n’aurait pas d’autre enfant, il ne s’en plaindrait pas. Meda et Billy nommèrent leur nouvelle petite fille Rebekah. Même si elle faisait paraître leur maison de deux pièces encore plus petite, Rebekah compensait cet inconvénient en ajoutant un soupçon de fraîcheur aux journées de Billy, qui, autrement, auraient été surchargées de périodes de découragement et de doute. La dépression de Billy avait de profondes racines. Depuis qu’il avait laissé passer sa chance de prêcher parmi les églises pentecôtistes, il y a de cela presque dix ans, Billy avait rarement été satisfait de sa relation avec Dieu. Même s’il avait prié, étudié, prêché ou témoigné pendant toutes ses années, il lui semblait qu’il n’allait nulle part avec tout ça. Bien sûr, il y avait eu quelques visions et de nombreuses guérisons, certaines exceptionnelles. Mais, paradoxalement, ces événements rendaient Billy plus troublé et
168 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir confus qu’autre chose, car ils étaient farouchement critiqués par presque tous les pasteurs de la région. Les pasteurs les plus sévères disaient de Billy qu’il était un séducteur possédé du diable et un charlatan sans scrupules. Les plus gentils le décrivaient comme un homme bien intentionné qui était séduit. Mais ils s’entendaient tous pour dire que les visions que Billy avait et les miracles qui suivaient étaient opérés par des puissances démoniaques ; Dieu ne faisait tout simplement plus ce genre de choses. Lorsque Billy était devenu chrétien, au début, il avait été décontenancé par de telles attitudes de condamnation chez les pasteurs. Après tout, les visions qu’il voyait s’étaient toutes réalisées et étaient généralement bénéfiques, montrant le chemin conduisant à une guérison miraculeuse dans la vie de quelqu’un. Comment quelque chose produisant de si bons résultats pouvait-il être inspiré par le Prince des ténèbres ? Mais après tant d’années de critiques de la part de ses pairs, Billy commença à penser autrement. Si tant d’hommes bien informés, ses collègues de travail pour l’Évangile de Jésus-Christ, s’accordaient pour dire que les visions étaient inspirées par les démons, alors les visions devaient venir de la mauvaise source. Cela tourmentait affreusement l’âme de Billy. Parce qu’il aimait Jésus-Christ de tout son cœur, la pensée du diable ayant une étrange et inexplicable puissance dans sa vie rendait Billy malheureux. Il priait depuis longtemps pour être délivré d’événements aussi extraordinaires, demandant : « S’il Te plaît Dieu, enlève cette chose de moi. Je ne veux plus jamais voir cela. Père Céleste, je suis un chrétien, maintenant. Je n’appartiens pas à Satan ; j’appartiens à Toi. S’il te plaît, ne laisse pas ces choses étranges m’arriver de nouveau. Ne me laisse pas continuer comme maintenant. Je veux être comme les autres pasteurs chrétiens, étudiant simplement la Parole comme on m’a enseigné. » Cette prière ne fut pas exaucée. Peu après la naissance de sa fille Rebekah, il eut une autre vision dans laquelle il se vit marcher sur une route en direction du nord-est. A ce moment-là, l’Esprit de Dieu lui fit faire demi-tour et lui désigna l’ouest. Billy vit une grande plaine, puis une montagne qui s’élevait de la prairie, une montagne avec un imposant clocher au sommet.
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Un ange se tenait derrière Billy, sur sa droite, hors de sa vue. L’ange lui commanda : « Va à l’ouest vers cette montagne. » Billy obéit. En s’approchant, il vit une porte au pied de la montagne. Il pénétra à l’intérieur et rencontra une belle femme vêtue d’une robe de mariée. La robe compliquée, qui avait dû être blanche comme la neige à une certaine époque, était maintenant tachée et souillée. La femme dit : « Bonjour, je suis Mme Méthodiste. Êtes-vous frère Billy Branham ? » « Oui. Dites-moi, pourquoi votre robe est-elle toute tachée ? » « Oh, cela » dit-elle en faisant un geste de la main pour montrer qu’elle ne s’en souciait pas. « J’ai été tellement occupée. » « C’est juste », acquiesça Billy. « Vous, les méthodistes, vous avez tellement d’organisations et de sociétés dans vos églises, que vous n’avez pas eu beaucoup de temps pour le Seigneur. » Mme Méthodiste dit : « On m’a dit que vous étiez envoyé vers moi. Peut-être devrais-je aller réveiller mon mari. » Puis, elle descendit un tunnel latéral en hâte et ne revint pas. Regardant à gauche, Billy aperçut une petite pile de miches de pain croustillant entourée d’un troupeau de poules blanches. Les poules regardaient le festin du coin de l’œil en piaillant ; certaines picoraient un peu, mais la plupart des miches de pain étaient toujours intactes. L’ange demanda : « Les connais-tu ? » « Non ! » répondit Billy. « C’est ton tabernacle et ils ne veulent plus manger le Pain de Vie. Je t’envoie plus loin à l’ouest. » Continuant vers l’ouest, Billy quitta la montagne et arriva dans un désert aride où il vit une grande structure, ressemblant à une tente ou une cathédrale. Billy entra par les côtés ouverts et monta sur une estrade dressée. Il s’arrêta enfin devant un épais rideau. L’ange ordonna : « Tire le rideau ! »
170 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Lorsque Billy tira sur la cordelette, le rideau glissa sans effort d’un côté, révélant une immense pile du Pain de Vie. L’ange dit : « Donne ceci à manger aux gens ! » Billy se retourna pour apercevoir une multitude de gens revêtus de robes blanches arriver de toutes les directions, se rassembler sous le pavillon et former une vaste assistance. Puis, la vision se termina. Cette vision troubla Billy encore plus que d’habitude. Il avait prié si fort dernièrement pour être délivré de ces distractions indésirables. Et voilà qu’il avait une autre vision. Pourquoi Dieu permettait-Il à Satan de le harceler comme ça ? Comme pour empirer les choses, la vision avait l’air si spirituelle. Elle ne faisait qu’apporter d’autres questions. Pourquoi la direction de l’ouest ? Pourquoi la montagne du Pain de Vie était-elle si immense ? D’où venaient tous ces gens ? Et, finalement, comment pourrait-il nourrir tous ces gens avec le Pain de Vie ? Après tout, il n’était qu’un pauvre pasteur de petite ville, sans éducation. Pourquoi tant de gens viendraient-ils l’écouter prêcher l’Évangile ? Pourtant, jusque-là, les visions n’avaient jamais été fausses. C’était probablement là la question qui troublait le plus Billy : pourquoi le diable lui donnerait-il des visions qui s’accomplissaient réellement ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Tout cela semblait tellement troublant. À midi, le mardi 7 mai, Billy stationna son camion de service au 922 de la 8e rue Est devant sa maison, juste en face du Tabernacle Branham. Comme il sortait de son véhicule, Roger Gibbs, un membre de sa congrégation, se stationna juste derrière lui. Roger dit : « Billy, viendrais-tu à Madison avec moi, cet après-midi ? » « Désolé, frère Roger, mais je ne peux pas. Je dois aller patrouiller à Henryville. Mais entre, ma femme a préparé à dîner. » « Non, je ferais mieux d’y aller. On se verra à l’église, dimanche. »
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« D’accord, à dimanche. » Billy releva ses manches et se lava les mains au robinet du jardin. Puis, il fit le tour de la maison, débouclant son ceinturon pour poser son étui à revolver sous le porche. Il y avait un grand érable qui ombrageait cette partie du terrain. Billy se trouvait sous ses branches, lorsqu’il entendit le vent mugir au-dessus de lui. Il leva les yeux et sursauta en voyant un énorme tourbillon qui se dirigeait droit sur lui. Il semblait arracher l’arbre et le toit de la maison, projetant toutes les feuilles et les bardeaux contre sa poitrine. Billy trébucha et tomba sur le perron, à moitié évanoui. Roger Gibbs sauta de son auto et courut vers son pasteur : « Frère Billy, que se passe-t-il ? » Lentement, Billy regarda autour de lui, ne comprenant pas ce qui s’était passé. Le tourbillon n’était plus là. Il faisait chaud et tout était calme. Il regarda la cime de l’érable, puis le toit de sa maison. Étonnamment, ils étaient intacts et n’avaient subi aucun dommage. Il réalisa alors ce que c’était : « Je vais bien », dit-il d’une voix absente. « Frère Roger, tu peux y aller. Ça va aller, merci. » Meda sortit de la maison en courant, avec une cruche d’eau : « Billy, est-ce que tu t’es évanoui ? » Repoussant l’eau, Billy dit : « Non, je vais bien. » Après le départ de Roger, Meda le pressa de questions pour avoir des précisions. « Qu’est-ce qui s’est vraiment passé, Billy ? Es-tu malade ? » « Non, chérie. C’est de nouveau la même chose. » Elle l’aida à se relever : « Rentre. Le dîner est prêt. » « Meda, chérie, je suis fatigué de cela. » Sa voix trahissait la souffrance causée par ses doutes les plus secrets et sa dépression. « Je sais dans mon cœur que j’aime Jésus-Christ. Je ne veux pas que le diable ait quoi que ce soit à voir avec moi. J’ai prié et supplié Dieu de ne pas laisser ces choses m’arriver de nouveau, mais ça revient quand même. Je ne peux pas continuer comme cela. Tout le monde
172 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir me dit que je suis possédé par un démon et moi j’essaie de vivre une vie chrétienne. Je suis prisonnier ! » « Billy, tu ne devrais pas écouter ce que ces gens te disent. » « Mais chérie, regarde ces autres pasteurs. Ils ne sont pas harcelés par ce genre de chose. » Meda pouvait voir la détermination grandir dans les yeux cernés de son mari et cela lui fit peur : « Que veux-tu faire ? » « J’aimerais que tu téléphones à mon patron et que tu lui dises que je ne travaillerai pas cet après-midi. Peut-être que je serai de retour demain ; peut-être que je ne reviendrai jamais. Dis-lui, si je ne suis pas de retour d’ici vendredi, de mettre un autre homme à ma place. Meda, j’ai économisé 17 $ [12 €] à la banque. Ça suffira pour vivre en mon absence. » « Billy, où est-ce que tu t’en vas ? Que vas-tu faire ? » « Je monte dans ma grotte, à Green’s Mill, pour mettre les choses au point avec Dieu. Je ne sais pas quand je reviendrai à la maison ; ça peut être dans deux jours ou dans deux semaines. Meda, je ne sortirai pas de cette grotte avant que Dieu me promette qu’Il chassera cela de ma vie et ne laissera plus jamais ces choses m’arriver. » Lorsqu’il arriva dans la région sauvage du tunnel Mill, Billy stationna son automobile dans un creux, à un virage serré de la route. Après avoir marché 2,4 km le long de cette piste, il arriva à une vieille cabane abandonnée. Étant enfant, il s’était souvent arrêté dans cette vieille cabane abandonnée alors qu’il chassait, pêchait et tendait des pièges dans ces bois. Lorsqu’il était devenu un chrétien, il venait prier ici à l’occasion ; c’était lorsqu’il ne voulait pas s’aventurer plus loin jusqu’à sa caverne secrète. Demain, il se dirigerait jusqu’à cette caverne. Maintenant, il voulait lire sa Bible ; aussi, il s’arrêterait ici et y passerait la nuit. Il pénétra par la porte ouverte et regarda autour. L’intérieur de la cabane était vide sauf quelques boîtes de bois et un petit poêle à bois en acier auquel il manquait la partie supérieure. Le plancher
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était fait de simples planches de bois et il y avait seulement une fenêtre. Bien entendu, la fenêtre n’avait pas de vitre. Déplaçant les boîtes près de la fenêtre, Billy en utilisa une comme chaise et l’autre pour une table. Il ouvrit sa Bible dans I Corinthiens et commença à lire. Une partie du chapitre 14 remua ses émotions. Les versets 32 et 33 mentionnaient : « Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ; car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. » Voilà ce après quoi le cœur de Billy soupirait, la paix. Depuis qu’il était un jeune garçon, depuis sa première vision, il avait toujours été rempli de confusion. Le fait de devenir chrétien avait rendu certaines choses plus claires, mais cette confusion persistait. Où était cette paix promise par Dieu ? Et qu’est-ce que la Bible voulait dire par « Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ? » Lorsque la lumière devint trop faible pour qu’il puisse continuer à lire, il ferma sa Bible et arpenta le plancher de la cabane. Quelques-unes de ces vieilles planches craquaient sous ses pas. Son âme semblait grincer elle aussi, luttant contre quelque chose, ou peut-être pour quelque chose, comme pour une délivrance. Il pria : « Père, pourquoi laisses-Tu ces choses étranges m’arriver ? Tu sais que je T’aime. Je ne veux pas être possédé du diable. Je ne veux pas que ces choses m’arrivent. S’il Te plaît, ô, Dieu, ne laisse plus ces choses m’arriver. Je ne veux pas aller en enfer. À quoi me sert-il de prêcher et de faire tant d’efforts, si je suis dans l’erreur ? Et je ne fais pas que me diriger vers l’enfer, j’égare aussi des centaines de personnes. » Les heures passèrent lentement, mais pas une fois il ne tomba endormi. Il était trop démoli dans son esprit pour dormir. La pièce était sombre, quoique légèrement éclairée par la lumière des étoiles qui filtrait au travers la fenêtre et la porte. Il s’arrêta à la fenêtre, regardant le ciel nocturne. Ses pensées demeuraient concentrées. Alors que ses yeux regardaient vers les cieux, son esprit s’élevant au-delà de la lune et des étoiles et de la dimension du temps et d’éternité, cherchant un endroit où il pourrait finalement communier avec son Créateur. Après un moment, il se leva et se remit à faire les cent pas, plaidant avec Dieu de le délivrer de cette étrange chose qui le suivait continuellement de près. Quelques fois,
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il priait à haute voix ; quelques fois, il priait silencieusement ; et quelques fois, il pensait seulement à sa situation désespérée. C’était plusieurs heures après minuit qu’il s’assit sur une boîte pour reposer ses jambes. Il pria à haute voix : « Seigneur, s’il Te plaît, délivre-moi. Tu connais mon cœur. Tu sais que je T’aime. Tous ces gens d’Église n’arrêtent pas de me dire que l’esprit qui évolue autour de moi vient du diable. Pourquoi permets-Tu que ma vie soit tourmentée comme cela ? Ô, Dieu, je resterai ici jusqu’à ce que je meure si Tu ne viens pas me délivrer de ma prison. Pourquoi ne me délivres-Tu pas de cette chose pour que je puisse être comme les autres prédicateurs ? » Il sentit de nouveau cette étrange pression, incontestablement réelle, encore mystérieuse, comme si une présence invisible était entrée dans la cabane. Billy en eut la chair de poule et ses cheveux se dressèrent sur sa tête. Peut-être le Seigneur était-Il sur le point de lui donner la réponse qu’il avait demandée. Il s’assit silencieusement dans la nuit, dans l’attente d’entendre la voix du Seigneur. Pendant qu’il attendait, il fut frappé par une nouvelle pensée : et si tous ces pasteurs avaient tort ? Billy n’avait encore jamais envisagé une telle possibilité. Et s’ils avaient tort ? Et si c’était Dieu, et non Satan, qui était derrière ces étranges expériences qui le suivaient ? Mais, si c’était le cas, comment se faisait-il que des gens possédés du diable tels que les diseurs de bonne aventure, astrologues et médiums puissent reconnaître un don dans sa vie et que ces prédicateurs chrétiens n’en savaient rien ? Dès qu’il formula cette question avec des mots, la réponse survint avec la force d’une météorite. Lorsque Jésus vint au monde, ce sont les observateurs d’étoiles, des astrologues, qui virent l’étoile à l’est et la suivirent jusqu’à Bethléem15. Pas un seul homme saint en Palestine ne la vit ; ou s’il l’avait vue, ils ne la reconnurent pas comme le signe que cela représentait. Se pourrait-il que ce soit la même étoile qui est apparue au-dessus de la rivière Ohio, en 1933, alors qu’il baptisait des gens après ses premières réunions de réveil ? Il se souvenait si clairement de cet événement ; l’eau lisse et
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transparente, le ciel bleu sans nuages, la boule de feu tourbillonnante, la voix qui déclara : « Comme Jean le Baptiste a été envoyé pour annoncer la Première Venue de Jésus, ainsi tu es envoyé avec un message comme précurseur de sa Seconde Venue. » Billy se souvenait du groupe d’hommes d’affaires, plus tard cet après-midi-là, qui était venu vers lui et lui avait demandé ce que ça signifiait. Il ne savait pas, à cette époque. Il ne l’avait pas su pendant toutes ces années. Mais, maintenant… maintenant, dans le silence de la nuit, après avoir pleuré toutes les larmes de son corps ; après avoir plaidé avec Dieu d’enlever de lui ces visions et de ne jamais les laisser se produire de nouveau ; maintenant, pour la première fois de sa vie, il se demandait s’il n’avait pas demandé à Dieu la mauvaise chose ! L’image de sa vie étrange, qui pendant tant d’années avait semblé confuse et difficile à comprendre, devenait maintenant étonnamment claire. Billy se rendit compte que, lorsque Jésus parcourut la terre, Israël débordait d’hommes religieux — pharisiens, sadducéens, avocats, scribes, prêtres et rabbins. Beaucoup de ces hommes étaient des érudits, très versés dans les Écritures. Pourtant, chose curieuse, lorsque Jésus commença son ministère public, la plupart d’entre eux le renièrent froidement, traitant Jésus de démon, de Belzébul, de prince des diseurs de bonne aventure, le meilleur médium de tous.16 Chose encore plus étrange, des gens possédés du diable identifièrent Jésus correctement, disant : « Il est le Fils de Dieu ! » Billy se mit à trembler, alors que les Écritures affluaient dans son entendement. Les prédicateurs en Israël disaient que Jésus était un démon ; les démons disaient que Jésus était le Saint d’Israël. Ce modèle pouvait-il s’appliquer à la vie de Billy ? « Oui » pensa-t-il ; oui, ce modèle ne se limitait pas seulement à la vie de Christ. Lorsque Paul et Silas prêchèrent l’Évangile en Asie Mineure, la plupart des Juifs les considérèrent comme de faux enseignants et de fauteurs de troubles ; alors que dans la cité de Philippes, une diseuse de bonne aventure, une fille clairement possédée par un démon proclama que Paul et Silas étaient des serviteurs du Dieu
16 Matthieu 9.32-34, 10,25 et 12,22-28 ; Marc 3.22-26 ; Luc 11.15-20
176 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir très haut qui montraient aux gens la voie du Salut.17 Puis, Billy se souvint de la façon dont Jésus et Paul traitaient les démons, les chassant et leur commandant de sortir de leurs corps — ce qu’ils faisaient. Ni Jésus ni Paul n’avaient besoin de l’aide du diable — mais c’était intéressant de voir que les gens possédés de démons, regardant dans les réalités spirituelles, pouvaient reconnaître le vrai Esprit de Dieu sur quelqu’un lorsqu’ils le voyaient. « Peut-être que j’ai été dans l’erreur pendant tout ce temps » pensa Billy. « Peut-être, aurais-je dû accepter cela au lieu de le combattre. » Et il pria à haute voix : « Ô, Dieu, si j’ai fait erreur et essayé de me détourner de quelque chose qui venait de Toi, parce que je ne pouvais pas le comprendre ; si j’ai mal agi, pardonne-moi, s’il Te plaît. » Lorsqu’il eut terminé cette prière, il vit le scintillement d’une lumière briser l’obscurité. Cela le fit tressaillir. Il avait sa tête inclinée, ainsi il voyait cette lumière scintiller sur le plancher. Instantanément, il leva la tête pour voir que produisait cela, pensant que quelqu’un venait sur le sentier avec une lampe de poche ? Mais la lumière ne venait pas de l’extérieur ; c’était dans la pièce — un petit point de lumière suspendu en l’air qui palpitait d’énergie, devenant de plus en plus gros et brillant jusqu’à ce que ce soit une boule de feu vibrante et tourbillonnante illuminant l’intérieur de la cabane. Billy plissa les yeux et mit la main devant son visage pour se protéger de la lumière éblouissante. Puis, il entendit un léger clump, clump, clump de pas sur le plancher de bois. Juste en dessous de la lumière ambre, Billy aperçut un pied nu et une robe blanche. Puis, un homme sortit de cette lumière. C’était un homme comme Billy n’en avait jamais vu auparavant ! Il était très grand, au moins 2 m [6,5 pi] de haut et devait peser près de 90 kg [200 lb]. Il avait des bras énormes croisés sur la poitrine. Ses cheveux noirs tombaient jusque sur ses épaules. Il avait l’air d’avoir environ trente ans. Son visage sans barbe était foncé, de couleur
17 Actes 13.45 et 50 ; 14.2 et 19 ; 17,5 ; 22,22 ; et 24,1-9 ; Paul
réprimande un mauvais esprit : Actes 16.16-18
Un ange apporte une commission | 177
olive. Et quels yeux ! Ces yeux foncés et perçants semblaient regarder directement à l’intérieur de lui, dans son âme. Comme cet homme s’approchait à la droite de Billy, la lumière ambre diminua en montant vers le plafond, vibrant et tournoyant au-dessus de la tête du visiteur. Billy était assis là, glacé de terreur. Il se mordit le doigt tellement fort qu’il se mit à saigner. L’homme s’arrêta et le regarda avec une expression de bonté. Billy se rappellerait toujours ce visage, même s’il n’arrivait jamais à le décrire avec précision — un visage si gentil, si paisible, et en même temps, possédant une telle force de caractère qu’il semblait qu’il pourrait créer un Nouveau Monde avec juste une parole. D’une voix douce et profonde, l’homme dit : « Ne crains pas… » Aussitôt que Billy entendit cette voix, sa peur s’envola. C’était lui ! Il ne faisait aucun doute. C’était la même voix qui lui avait parlé du peuplier lorsqu’il n’était qu’un petit garçon, disant, Il y aura un travail à faire pour toi quand tu seras plus âgé. » Billy ne pourrait jamais oublier cette voix. Il l’avait entendue tellement de fois au fil des ans. Cet homme devait être le même ange que celui qui avait parlé à Billy dans toutes ces visions. Billy n’avait jamais bien pu le voir avant. Parfois, l’ange s’était tenu juste derrière lui, à sa droite, mais hors de sa vue. A d’autres occasions, l’ange s’était montré, mais son image avait toujours été floue, si bien que Billy n’avait jamais pu distinguer ses traits correctement. Mais, maintenant, Billy le voyait clairement. Et ce n’était pas une vision ! L’homme excitait les sens de Billy de manière aussi réelle que le sang qui coulait au bout du doigt que Billy avait mordu de terreur. L’ange continua : « Je suis envoyé de la présence du Dieu Tout-Puissant pour te dire que ta naissance particulière et l’existence mal comprise que tu as vécue jusqu’à maintenant avaient pour but d’indiquer que tu es sur le point de recevoir un don de guérison divine pour aller à travers le monde et prier pour les malades. Si tu es sincère quand tu pries et si tu peux amener les gens à te croire, rien ne résistera à tes prières, pas même le cancer. Tu iras aux extrémités de la terre et tu prieras pour des rois, des autorités et des gens puissants. Tu prêcheras à des multitudes dans le monde entier et des milliers de gens viendront à toi pour demander conseil. Tu dois leur dire qu’au ciel, leurs pensées parlent plus fort que leurs paroles. »
178 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Billy entendit les paroles de l’ange aussi clairement que s’il écoutait son patron lui donner des instructions pour son travail aux Services publics de l’Indiana ; mais il ne pouvait pas imaginer comment il pourrait remplir une tâche aussi noble : « Monsieur, je suis un homme pauvre et je vis parmi des gens pauvres. Comment pourrais-je aller à travers le monde ? Et comment pourrais-je me faire comprendre ? Je suis allé seulement à l’école primaire. Peut-être qu’il faudrait quelqu’un avec assez d’éducation pour parler aux gens. Ils ne voudront pas m’écouter. » Le visage de l’ange devint sévère : « Comme il fut donné au prophète Moïse deux signes pour prouver qu’il était envoyé de Dieu, il te sera aussi donné deux signes.18 Premièrement, lorsque tu prendras avec ta main gauche la main droite de la personne pour laquelle tu prieras, tu seras capable de discerner la présence de la maladie par des vibrations que tu sentiras dans ta main gauche. Alors, tu prieras pour la personne. Si ta main redevient normale, tu annonceras à la personne qu’elle est guérie ; sinon, demande seulement une bénédiction pour elle et continue ton chemin. Lorsque tu seras sous l’onction de Dieu, n’essaie pas de penser tes propres pensées ; les paroles appropriées te seront inspirées. » « Et s’ils ne me croient quand même pas ? » demanda Billy. « Le second signe est plus grand que le premier. Si tu demeures humble et sincère, tu seras capable de dire, par vision, les secrets mêmes de leur cœur. Alors, les gens seront obligés de te croire. Ceci va instaurer l’Évangile en puissance qui va précéder la seconde venue de Christ. » Ces mots frappèrent encore plus ses pauvres nerfs qui avaient été mis à l’épreuve par des mois — non, des années — de doute et de dépression. Toute son angoisse revint, brûlante et douloureuse : « Monsieur, c’est la raison pour laquelle je suis ici en train de prier, ce soir. Les hommes d’Église me disent que ces visions viennent d’un mauvais esprit. » « Ne comprends-tu pas » lui dit l’ange, « que c’était comme ça du temps de Jésus notre Seigneur ? »
18 Exode 4.1-8
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La perception qu’avait Billy du monde spirituel changeait si
rapidement qu’il avait du mal à garder son équilibre. « Dans ce cas, quel genre d’esprit me donne ces visions ? » « C’est le Saint-Esprit de Dieu. Et maintenant, ces visions vont se multiplier dans ta vie. » Le fait d’entendre ces mots changea la perception de Billy pour toujours. Il s’était laissé influencer par l’opinion d’autres hommes pendant bien trop longtemps. Il réalisait maintenant à quel point la marche d’un homme avec Jésus-Christ était personnelle. Les bras de l’ange restaient croisés sur sa poitrine et son visage demeurait impassible. Il instruisit Billy dans l’anglais de King James chaque fois qu’il citait la Bible, sachant qu’il serait ainsi plus facile pour Billy de reconnaître les Saintes Écritures. L’ange dit : « Considère la vie de Jésus-Christ. Lorsque Nathanaël se tint pour la première fois en sa présence, Jésus dit, “Voici un Israélite en lequel il n’y a point de fraude !” Nathanaël demanda, “D’où me connais-tu ?” Notre Seigneur répliqua, “Avant que Philippe t’ait appelé, quand tu étais sous le figuier, je t’avais vu.”19 Comment notre Seigneur avait-il “vu” Nathanaël ? Par vision. Souviens-toi comment le Fils de Dieu a déclaré, : “Le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait également.”20 T’es-tu déjà demandé ce que ça signifiait ? Cela signifie que le Père donnait des visions au Fils pour Lui montrer ce qu’Il devait faire. Il prouva cela à la piscine de Béthesda, lorsqu’il passa à travers une foule de gens malades et nécessiteux pour aller guérir un homme en particulier. »21 « Les visions montraient par avance au Seigneur Jésus ce qui allait arriver. Te souviens-tu qu’Il savait que Pierre allait trouver une pièce d’or dans un poisson ?22 Rappelle-toi comment le Seigneur Jésus, alors qu’il approchait de Jérusalem, dit à ses disciples, “Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, et amenez-les-moi. Si quelqu’un vous dit quelque chose, vous répondrez, le
19 Jean 1.43-51 20 Jean 5.19 21 Jean 5.1-15 22 Matthieu 17.24-27
180 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Seigneur en a besoin. Et à l’instant, il les laissera aller.”23 Cela ne s’est-il pas déroulé exactement comme le Seigneur l’avait dit ? Il savait cela parce que le Père le lui avait montré en vision premièrement. » « Il viendra un temps dans ton ministère où les visions te révéleront les secrets cachés des cœurs des gens qui les empêchent d’être guéris. Regarde la femme au puits en Samarie. Jésus lui parla jusqu’à ce qu’Il contacte son esprit ; puis, par vision, Il vit où se trouvait son problème. Il dit, “Va, appelle ton mari et reviens ici.” Lorsque la femme répliqua, “Je n’ai pas de mari,” Jésus répondit, “Tu as bien fait de dire, Je n’ai pas de mari. Car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari.” Cela amena la femme à s’exclamer, “Seigneur, je vois que tu es un prophète.”24 Si tu es sincère, cela arrivera aussi dans ton ministère. » L’ange fit une pause, laissant ainsi à Billy une chance de répéter ses doutes : « Monsieur, je ne sais pas comment cela pourrait se produire dans ma vie. Je suis pauvre et sans éducation… » L’ange l’interrompit : « N’oublie jamais que Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours, comme les Écritures le déclarent.25 Ce n’est pas toi qui accompliras ces choses ; ce sera le Seigneur Jésus-Christ. Souviens-toi que Jésus a promis à ses disciples, “Celui qui croit en moi fera, lui aussi, les œuvres que je fais, et il en fera aussi de plus grandes, parce que je m’en vais vers le Père… Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez parce que moi je vis, et que, vous aussi, vous vivrez. En ce jour-là, vous connaîtrez que moi, je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous.” »26 Qu’est-ce que Billy pouvait dire de plus ? Devant lui se tenait un messager de Dieu avec une commission extraordinaire ; que lui, Billy Branham, allait avoir un don de guérison pour les peuples de la terre. Cela semblait presque impossible. Il se sentait effrayé, dépassé par tout cela et pourtant, quelque chose au plus profond de son cœur remuait à la pensée des Écritures que l’ange avait
23 Matthieu 21.1-7, Marc 11.1-7, Luc 19.28-35
24 Jean 4.6-19
25 Hébreux 13.8
26 Jean 14.12 et 19-20
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appliquées à sa vie, des Écritures qui semblaient avoir un sens dans la vie excentrique de Billy. Pourtant, il hésitait. « Je serai avec toi », lui dit l’ange. Billy prit sa décision : « J’irai. » L’ange ne sourit pas. Il approuva seulement de la tête une fois et dit : « Chaque fois que tu éprouveras le même sentiment que tu ressens actuellement en ma présence, tu sauras que je suis là. » La boule de feu au-dessus de la tête de l’ange commença à grossir, crépitant et tourbillonnant, lançant des étincelles. L’ange sembla s’évaporer au centre de cette étoile. Puis, la Colonne de Feu disparut à travers le plafond. Instantanément, la pièce était sombre et silencieuse, faisant que Billy se questionna sur sa propre santé mentale. Avait-il réellement parlé avec un ange ; ou était-ce un rêve réaliste ? Il mit un doigt entre ses dents et se mordit assez fort pour prouver qu’il ne rêvait pas. Il était réveillé et correct. Cela signifiait que l’ange qu’il venait de voir était aussi réel que le goût du sang au bout de son doigt. Non, il ne douterait pas d’un seul mot de ce que l’ange lui avait dit. Billy s’agenouilla sur le sol, joignit les mains et dit : « Père Céleste, merci de m’avoir envoyé ton ange pour m’expliquer les choses. Cela semble incroyable que tout cela m’arrive, que je vais prêcher à des multitudes par le monde et que je vais prier pour des rois, des dirigeants et tout cela. Je suis si pauvre. Comment pourrais-je me le permettre ? Je sais que par moi-même, je ne le peux pas. Mais je sais aussi que Tu peux faire toutes choses. Seigneur, j’irai et je Te promets que je demeurerai sur le champ aussi longtemps que Tu pourvoiras à mes besoins de sorte que je n’aie jamais à mendier de l’argent. » Ce mercredi matin du 8 mai 1946, William Branham retourna chez lui un homme nouveau.
Chapitre 29
Le signe dans sa main
1946
A PRÈS QUE WILLIAM BRANHAM eut raconté à sa femme la commission de l’ange, il appela immédiatement son ancien pasteur. Le Dr Roy Davis était maintenant évêque de toutes les églises missionnaires baptistes de cette section de l’Indiana. Même si Billy et le Dr Davis avaient eu des désaccords dans le passé, Billy respectait toujours le jugement de cet homme plus âgé et le considérait comme son mentor. Et maintenant, plus qu’à n’importe quel autre moment de sa vie, Billy avait besoin de conseils. L’ange lui avait dépeint un fantastique tableau d’un ministère mondial, mais ne lui avait donné aucun indice quant à savoir où commencer et dans quelle direction aller. Peut-être le Seigneur voulait-Il qu’il commence dans le cadre de l’Église baptiste missionnaire. Si tel était le cas, le Dr Davis pourrait l’aider à démarrer. Assis dans le bureau de l’évêque, Billy décrivit l’angoisse et la dépression qu’il avait vécues à la pensée que le diable pouvait avoir une influence sur sa vie. Il raconta comment hier, un érable avait semblé se briser et lui tomber dessus, et comment il s’était résolu à aller dans les bois et à n’en revenir que lorsque le Seigneur l’aurait rencontré et délivré de son agonie. Il parla au Dr Davis de la boule de feu tourbillonnante dans la cabane et de l’ange qui en était sorti. Il dépeignit le visage de l’ange, puis commença à partager ce que l’ange lui avait dit, comment il allait prier pour des rois et des dirigeants, et comment des gens allaient venir à lui des quatre coins du monde pour lui demander des conseils. A ce moment-là, le Dr Davis l’interrompit et rendit brusquement son verdict : « Billy, qu’as-tu mangé pour souper, cette nuit-là ? Tu as manifestement fait un cauchemar. » Billy se
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senti désemparé : « Dr Davis, je n’apprécie pas cela du tout. » Le vieil homme balaya la remarque d’un geste de la main : « Oh, va à la maison Billy et oublie cela. C’est encore une de ces hallucinations que tu as. Tu as une imagination débordante. » « Dr Davis, vous pouvez me dire d’oublier ça, mais Dieu a ancré quelque chose au fond de mon cœur. Et si vous ne me voulez pas, il y en a d’autres qui vont vouloir m’avoir. Je suis dans l’obligation envers Dieu d’aller prêcher au monde. » Voyant à quel point le jeune homme semblait être sérieux à propos d’une visitation angélique, le Dr Davis tenta de le raisonner : « Billy, tu veux me dire que tu vas aller partout dans le monde et gagner des milliers d’âmes à Christ avec ton niveau de septième année primaire ? » « C’est ce qu’il m’a dit et c’est ce que je crois. » « Comment vas-tu le faire ? » « Je ne sais pas. J’espérais que vous auriez quelques suggestions. » Le Dr Davis sourit : « Ma suggestion est que tu ailles à la maison faire une longue sieste. Peut-être seras-tu plus raisonnable lorsque tu te réveilleras. Tu penses réellement faire face à un monde instruit en leur présentant une telle théologie sur la guérison divine ? » « Ce n’est pas ma guérison divine », riposta Billy. « C’est la promesse de Dieu. C’est Lui qui m’a donné cette commission. » Le Dr Davis ne fut pas impressionné. « Tu penses vraiment que les gens vont te croire ? » « Ce n’est pas mon problème » dit Billy résolument. « Mon affaire est de rester fidèle à cette Parole. » « Billy, si tu prêches une chose pareille, tu vas prêcher aux poteaux qui soutiennent le toit de ton église. »
Le signe dans sa main | 185
« Je prêcherai alors la Parole de Dieu aux poteaux, parce que Dieu est capable de ces poteaux de susciter des enfants à Abraham. Si Dieu m’envoie, il y aura quelqu’un là-bas qui croira cela. » Billy quitta la maison du Dr Davis toujours aussi déterminé à suivre la commission de l’ange malgré les conséquences ou les difficultés. Toutefois, les moqueries de l’évêque avaient laissé un petit doute dans son cœur, qui le fatigua et le dérangea le reste de la semaine. Après tout, cela semblait être un rêve absurde ; comment le modeste petit Billy Branham pourrait-il apporter un don de guérison divine aux peuples de la terre ? Si l’on y pensait d’une manière logique, cela paraissait improbable. Un certain vendredi après-midi, Billy descendait la rue Spring vers la pharmacie Mason pour aller encaisser son chèque hebdomadaire de 28 $ [20 €] et rapporter des biberons et des tétines de caoutchouc afin que sa petite Rebekah, âgée de six semaines, puisse commencer à boire du thé de cataire. Billy venait de sortir du travail et portait encore son uniforme de garde-chasse. Comme il s’approchait du magasin, un autobus venant de Louisville s’arrêta au coin de la rue pour déposer des passagers. La plupart des gens sortirent de l’autobus dans un but précis et s’éloignèrent rapidement, sauf un homme. Cet homme déposa sa valise sur le trottoir et regarda autour de lui d’un air perplexe. Lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de Billy, une étrange expression se peignit sur son visage. Entrant dans la pharmacie pour faire ses emplettes, Billy oublia cet homme bizarre qui était à l’extérieur. Lorsqu’il ressortit, il vit l’homme ramasser sa valise et se diriger vers la pharmacie. L’homme vit Billy et s’arrêta, le fixant de nouveau avec cette expression perplexe. Pendant un instant, Billy pensa que l’homme voulait le voler. Puis, Billy réalisa que cette idée était absurde puisqu’il faisait jour, qu’il était dans une intersection achalandée et qu’il portait un pistolet à la ceinture bien en vue. Billy tourna pour remonter la rue. Il sentit immédiatement une main lui toucher l’épaule. Se retournant, il vit que c’était cet étranger énigmatique.
186 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir « Excusez-moi », dit l’homme. « Êtes-vous un officier ? » « Je suis garde-chasse », répliqua Billy. « Je travaille pour le Département de la faune de l’Indiana. » L’homme parlait de façon entrecoupée, comme s’il était peu sûr de lui : « Je, euh, je cherche une certaine personne. Peut-être pourriez-vous m’aider. Êtes-vous, euh, connaissez-vous bien l’endroit, ici ? » « J’ai vécu ici pratiquement toute ma vie », dit Billy. « Qui cherchez-vous ? » Le visage de l’homme redevint perplexe. « Je ne suis pas tout à fait certain. Vous allez peut-être penser que je suis fou, mais laissez-moi vous raconter mon histoire. J’habite à Paducah, Kentucky, à environ 320 km d’ici, en aval de la rivière. Depuis environ deux ans, ma santé s’est détériorée. Au début de la semaine, j’ai fait un rêve dans lequel j’ai vu un grand ange brillant descendre du ciel pour me dire d’aller à Jeffersonville, Indiana, pour demander à quelqu’un du nom de Branham de prier pour moi. Connaissez-vous quelqu’un ici du nom de Branham ? » Le cœur de Billy battait tellement fort d’excitation, qu’il eut l’impression qu’il allait sortir de sa poitrine. Il dit : « Ma mère tient une pension là, juste au coin de la rue. Son nom est Branham. » « Oh, c’est une Branham. Ne serait-ce pas aussi votre nom ? » « Frère » dit Billy en mettant son bras autour des épaules de l’homme : « un peu plus tôt cette semaine, j’étais dans une cabane, lorsqu’une lumière étincelante est apparue et qu’un ange m’a dit d’aller prier pour les malades. » L’homme éclata en pleurs. Billy enleva son chapeau et ils s’agenouillèrent tous les deux au coin de la rue et demandèrent à Dieu de redonner la santé à cet homme. Lorsque Billy finit de prier et ouvrit les yeux, il vit que les piétons s’étaient arrêtés. Les hommes, par respect, avaient enlevé leur chapeau et les femmes empêchaient leurs enfants de courir. Billy se sentit comme si l’aiguille de Dieu avait piqué sa peau et retiré définitivement toute
Le signe dans sa main | 187
ombre de doute. Maintenant, il était certain que Dieu l’envoyait et, si Dieu l’envoyait, Dieu tracerait un chemin pour lui.
LORSQUE BILL entra à l’église, le dimanche suivant, la première chose qu’il entendit fut un nouveau cantique chanté par sa congrégation. Il aima ce qu’il entendit. (Ce chant allait devenir son refrain favori.) Le rythme suivait une mélodie simple, mais très belle. Alors que Billy écoutait les gens chanter les différents couplets, il sentit la présence de l’ange du Seigneur… comme si l’ange aimait aussi ce chant. Crois seulement, crois seulement, Tout est possible, crois seulement…
Jésus est ici, Jésus est ici,
Tout est possible, Jésus est ici…
Seigneur, je crois, Seigneur, je crois,
Tout est possible, Seigneur, je crois…
Ce dimanche-là, Billy fit face à sa congrégation et, sans l’ombre d’un doute dans son esprit, il leur raconta tout ce que l’ange lui avait dit. Il dit : « Des milliers de gens vont venir ici de tout le pays. Ils vont vous pousser dehors. Vous n’aurez pas de place à moins d’être sincères avec Dieu et d’arriver de bonne heure. » Sa congrégation le crut, y compris un homme qui s’appelait Charlie McDowell. Le lundi, à son travail, Charlie se brûla les yeux en soudant. Son médecin lui assura que la cécité serait temporaire et ne durerait que huit à dix jours. Mais Charlie appela tout de même Billy pour qu’il vienne prier pour lui. Le lendemain matin, Charlie voyait assez bien pour retourner au travail. Son patron, M. Morgan, fut surpris de voir Charlie de retour au travail si rapidement. Il le questionna et Charlie lui expliqua que Jésus avait répondu à la prière de son pasteur.
188 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir
M. Morgan dit : « Je me demande si les prières de votre pasteur auraient de l’effet pour ma femme. Elle est à l’hôpital baptiste, en train de mourir du cancer. » Charlie répondit : « Je ne sais pas. Pourquoi ne l’amenez-vous pas à l’église, mercredi soir, pour voir. » Margie, la femme de Morgan — une infirmière diplômée depuis 21 ans — se mourrait du cancer depuis de nombreux mois. Elle avait subi plusieurs traitements de radiothérapie, mais en vain. Les médecins pratiquèrent une opération exploratoire et découvrirent que le cancer ravageait son corps de la poitrine jusqu’en bas. Le cancer était si avancé qu’il s’était enroulé autour de son tractus intestinal, comme les racines d’un arbre autour d’un tuyau d’égout. La recousant, les médecins n’eurent qu’un seul pronostic ; il n’y avait plus aucun espoir pour elle. Le mercredi soir, M. Morgan fit transporter sa femme à l’église sur une civière, pour la réunion du soir. Elle était à peine consciente. Billy regarda la pauvre femme avec pitié. Elle délirait à cause de la douleur. Billy prit sa main droite dans sa main gauche, comme l’ange lui avait dit de faire. Son poignet et son avant-bras commencèrent à vibrer. Sa main enfla et devint rouge foncé. Des petites bosses blanches apparurent sur sa main. Il pouvait sentir les vibrations monter dans son bras, passer à travers son épaule, traverser sa poitrine jusqu’à son cœur. Levant les yeux vers le mari de la femme, Billy demanda : « Qu’est-ce qu’elle a ? » « Elle se meurt du cancer », dit M. Morgan. « Pouvez-vous l’aider ? » Billy pensa aux mots de l’ange : « Si tu es sincère et que tu amènes les gens à te croire, rien ne se tiendra devant tes prières, pas même le cancer. » Il regarda M. Morgan droit dans les yeux : « Monsieur, je crois que Dieu peut la guérir. La question est, le croyez-vous ? » « Oui » répondit M. Morgan. Billy ferma les yeux et demanda la guérison de la femme au Nom de Jésus-Christ. Soudain, les vibrations dans son bras gauche
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cessèrent. Billy ouvrit les yeux et fut surpris de voir que sa main gauche était maintenant aussi normale que sa main droite. À ce moment, il eut une vision de Mme Morgan en uniforme d’infirmière, en train de soigner des patients dans un hôpital. Billy se leva et déclara : « Monsieur, ne craignez pas ; car ainsi dit le Seigneur, “Votre femme vivra” ! » Le médecin de Margie Morgan, qui l’avait accompagnée à l’église, protesta : « Je vous demande pardon, révérend Branham, mais ce cancer lui serre les intestins si fort que nous ne pouvons même pas lui faire un lavement. » « Je me fiche de ses problèmes. J’ai eu une vision d’elle en train de s’occuper à nouveau de patients dans un hôpital. Et cet ange, que j’ai rencontré dans les bois, m’a dit de dire tout ce que je voyais et qu’il en serait ainsi ! Et je le crois ! » Le jour suivant, Margie Morgan était complètement consciente et saine d’esprit. Le vendredi, son appétit était revenu, de même qu’une partie de ses forces. Le samedi, au plus grand étonnement de ses médecins, elle marchait dans les couloirs et suppliait pour qu’on la laisse retourner chez elle.
Chapitre 30
Des prisonniers libérés
1946
L ES NOUVELLES DE LA GUÉRISON de Margie Morgan se transmirent par le téléphone arabe d’ami à voisin, voyageant et s’étendant de façon mystérieuse, traversant même le fleuve du Mississippi. Billy reçut bientôt un télégramme du Révérend Robert Daugherty de Saint-Louis, Missouri, lui demandant de venir prier pour sa fille Betty, qui souffrait d’une maladie inconnue. Reconnaissant la main du Seigneur derrière cela, Billy annonça à sa congrégation qu’il irait aussitôt qu’il aurait économisé assez d’argent pour le voyage. Sa congrégation sentit aussi que c’était là la volonté de Dieu. Unissant leurs ressources, ils recueillir immédiatement les 11 $ [8 €] nécessaires pour un billet de train aller-retour. Billy emprunta un costume à un de ses frères et prit un train de nuit pour le Missouri. Lorsque le train arriva à Saint-Louis, le matin suivant, Robert Daugherty attendait à la gare. Il avait l’air abattu. « Frère Branham, avez-vous entendu quelque chose du Seigneur ? » « Non, frère Daugherty. Comment va votre petite fille ? » Ses épaules s’affaissèrent et sa voix résonna complètement découragée : « Elle est très mal en point. Venez, je vais vous conduire vers elle. » En conduisant vers sa maison, il expliqua : « Ma fille souffre de cela depuis trois mois. Les médecins sont déroutés. Ses tremblements continuels laissent croire qu’il s’agit de la danse de Saint-Guy, mais elle a d’autres symptômes qui infirment ce
192 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir diagnostic. 27 Les médecins n’ont rien pu faire pour aider. J’ai prié et prié pour elle ; ma famille a prié ; ma congrégation a prié et d’autres pasteurs en ville ont jeûné et prié pour elle. Mais elle ne va quand même pas mieux. » En arrivant chez eux, Billy rencontra Mme Daugherty. Elle avait l’air découragée ; les coins de ses yeux et de sa bouche étaient tombants. Semaine après semaine, cette mère était demeurée assise au chevet de sa fille malade. Pour ce qui était de la petite Betty Daugherty aux cheveux bouclés, elle souffrait constamment. Elle faisait tellement pitié. Sa lèvre inférieure était rouge vif et enflée parce qu’elle saignait, à force de se mordre de douleur. Elle se balançait constamment d’avant en arrière sur ses draps. La pauvre enfant avait tellement gémi et pleuré qu’elle n’avait plus de voix. Malgré cela, elle essayait toujours de pleurer. S’agenouillant près du lit, Billy prit la main droite de la fillette dans sa main gauche. Il fut surpris de ne sentir aucune vibration. L’ange avait dit qu’il sentirait la maladie dans sa main gauche et c’était exactement ce qui s’était produit avec Margie Morgan. Pourquoi ne pouvait-il pas le sentir maintenant ? Alors, Billy se souvint : l’ange avait dit qu’il pourrait sentir les vibrations seulement si l’affliction était causée par une vie démoniaque, comme un microbe. Cela signifiait que Betty Daugherty n’avait pas de maladie. Alors, qu’est-ce qui pouvait bien l’affliger ? Billy pria pour la petite fille souffrante, sans résultat immédiat. Ne sachant pas que faire d’autre, Billy suggéra que le Révérend Daugherty et lui aillent à son église pour continuer à invoquer Dieu. Là, dans le silence du sanctuaire, ces deux hommes prièrent pendant trois heures, demandant à Dieu d’avoir pitié de la petite Betty Daugherty. Avant de terminer, Billy pria : « Père Céleste, si Tu permets à cette pauvre fillette de se rétablir, je te promets d’entrer dans le ministère que Tu m’as appelé à remplir. Et je te
27 La danse de Saint-Guy est un trouble du système nerveux qui peut se produire lors d’un certain type d’infection de streptocoque. La condition est latente avec des symptômes qui apparaissent des mois après l’infection. Cela se produit souvent chez les filles et est caractérisé par des mouvements involontaires et saccadés.
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promets de nouveau de demeurer dans le champ tant et aussi longtemps que Tu pourvoiras à mes besoins, parce que je ne veux pas avoir à solliciter les gens pour de l’argent. » Lorsqu’ils retournèrent à la maison, l’état de Betty Daugherty n’avait pas changé. Billy s’assit sur le divan du salon, en priant tranquillement. Des gens allaient et venaient sans arrêt. Après plusieurs heures, Billy sortit pour se dégourdir les jambes, continuant à prier tout en marchant de pâté de maisons en pâté de maisons. Le grand-père Daugherty le rencontra sous le porche lorsqu’il revint, et lui demanda : « Le Seigneur vous a-t-il montré quelque chose, frère Branham ? » Billy répliqua tristement : « Non, pas encore. » Il rentra et s’assit sur le divan. Tandis qu’il regardait par la fenêtre, la pièce changea. Il vit le lit de la petite fille, vit des gens rassemblés autour, puis il se vit en train de faire quelque chose à l’enfant. Qu’est-ce que c’était ? Avant qu’il puisse le dire, la vision disparut brusquement et il se retrouva de nouveau dans le salon, assis sur le divan. Alors, Billy réalisa ce qui s’était passé. Le grand-père était revenu dans la maison, interrompant ainsi la vision. Le grand-père demanda : « Puis-je vous apporter quelque chose, frère Branham ? » « Non merci. » Billy se leva et se dirigea vers la porte d’entrée. « Excusez-moi, mais, j’ai besoin d’être seul un moment. » Il sortit et s’assit dans l’auto de Robert Daugherty, demandant à Dieu de faire revenir la vision. Bientôt, ses oreilles captèrent le son rythmé d’un tourbillon. Levant les yeux, il vit la même colonne de feu que celle qui avait palpité au-dessus de la tête de l’ange dans la cabane. La lumière tourbillonnait maintenant à environ 1 m [3 pi] au-dessus du capot du véhicule. La vision se déroula à toute allure. Billy vit la petite fille à l’extérieur de la maison des Daugherty en train de jouer sur une porte de cave inclinée. Il la vit sauter au sommet de la porte. Puis, il la vit glisser et tomber sur le sol comme une masse. Billy vit alors quel était son problème et ce qu’il fallait qu’il fasse pour l’aider.
194 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Ouvrant brusquement la portière de la voiture, Billy sortit se précipita dans la maison : « Frère Daugherty, avez-vous confiance en moi, en tant que serviteur de Dieu ? » « Oui, frère Branham. » « J’ai le “ainsi dit le Seigneur” pour votre fille. Mais vous devez faire exactement ce que je vous dirai. Premièrement, je veux que tout le monde, sauf la famille, sorte de la maison. » Une fois les nombreux amis partis, Billy dit à la mère : « Sœur Daugherty, il y a deux jours, vous avez acheté une cuvette blanche et l’avez mise sous l’évier, dans le garde-manger. Vous ne l’avez pas encore remplie d’eau. » « C’est vrai, frère Branham. Comment le saviez-vous ? » « Allez la chercher, remplissez-la d’eau et apportez-la ici avec un linge blanc. » Lorsqu’elle revint, Billy s’agenouilla près du lit de la fillette et continua : « J’aimerais que le grand-père s’agenouille à côté de moi et le père de l’autre côté. Pendant que je réciterai le Notre Père, j’aimerais que la mère mouille ce linge, le torde et essuie le visage de l’enfant, puis ses mains, puis ses pieds jusqu’au moment où je terminerai. » Billy inclina la tête et commença : « Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… » Lorsqu’il eut terminé sa prière, il dit avec autorité : « Ainsi dit le Seigneur, “Betty Daugherty sera guérie.” Elle est tombée de la porte de la cave et s’est déplacé un os. Remettez cet os en place et elle sera guérie. » Robert Daugherty tourna sa fille sur l’estomac et tâta la courbe de sa colonne vertébrale. C’était bien ça, une vertèbre saillait excessivement. De ses mains fortes, il appuya rapidement et fermement sur cet endroit et la vertèbre se remit en place. Instantanément, Betty arrêta de gémir et de trembler. Elle fut bientôt assise dans son lit et sourit. Plus tard dans la journée, Billy et Betty descendirent à pied jusqu’à une crémière et partagèrent un lait frappé au malt.
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PLUSIEURS SEMAINES PLUS TARD, en fin d’après-midi, Billy était assis sous le porche, devant sa maison, lorsque la famille Daugherty arriva. Betty sauta la première du véhicule. Ses boucles blondes retombèrent sur ses épaules, lorsqu’elle courut vers Billy et lui donna un gros baiser. Robert Daugherty s’assit sous le porche et demanda à Billy s’il étudierait la possibilité de retourner à Saint-Louis pour tenir une semaine de réunions de guérisons. Billy n’eut pas à étudier la proposition très longtemps. Il pensa à la vision qu’il avait eue au mois de mars, dans laquelle il se trouvait à l’Ouest en train de distribuer une montagne de Pain de Vie. Saint- Louis était à l’ouest de Jeffersonville. Peut-être que ce réveil serait l’accomplissement de cette vision. Mais, même si ce n’était pas, Billy sentait que, maintenant, il devait garder sa promesse envers Dieu et entrer dans son nouveau ministère à temps plein. Le jour suivant, il quitta son emploi aux Services publics de l’Indiana et son poste de garde-chasse. À l’église, le dimanche suivant, Billy parla à sa congrégation des réunions de réveil qui allaient avoir lieu à Saint-Louis. Il expliqua aussi sa promesse faite à Dieu que, si Betty Daugherty était guérie, il ferait le travail d’un évangéliste aussi longtemps que Dieu pourvoirait à ses besoins sans devoir solliciter les gens pour de l’argent. Puis, Billy prêcha son dernier sermon au Tabernacle Branham, le dernier avant bien des années. Il prit le sujet du petit David qui vainquit Goliath, le géant philistin. Ce texte semblait bien convenir à la situation, car, comme David, Billy était tout différent de ses ennemis. Il était un prédicateur provincial sans le sou, qui faisait un pas de foi pour combattre quelques-uns des démons géants de ce monde tels que la maladie, la souffrance et l’ignorance spirituelle. Mais il ne s’inquiétait pas de son manque de ressources et de qualifications, car il savait que Dieu était avec lui. Et avec Dieu, tout est possible (comme le prouva l’histoire de David et Goliath).28
28 1 Samuel 17
196 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Margie Morgan accompagna Billy et Meda à Saint-Louis, de même que plusieurs autres membres de son église. Robert Daugherty loua un grand chapiteau et fit de la publicité pour les réunions de réveil dans toute la ville. Seules quelques dizaines de personnes vinrent l’écouter, le premier soir. Billy leur raconta comment l’ange l’avait rencontré et lui avait donné, de la part du Seigneur, la commission d’apporter le don de guérison divine aux peuples de la terre. Ensuite, il fit venir Margie Morgan sur l’estrade pour qu’elle donne son témoignage. Et quel témoignage ! Un mois et demi plus tôt, Margie était couchée dans un lit, délirant de douleur. Ses heures semblaient être comptées. Le cancer l’avait consumée au-delà de tout espoir. Puis vint un miracle. À présent, elle se sentait aussi forte et en bonne santé que jamais auparavant. Après cela, Betty Daugherty s’avança en sautillant. Elle aussi avait l’air en aussi bonne santé que n’importe quelle fille de huit ans. Avec ces deux témoignages comme toile de fond, Billy prêcha un court sermon, encourageant les gens à avoir une foi absolue dans les promesses de guérison de Dieu. Puis, il invita les personnes malades à s’avancer. Dix-huit s’approchèrent pour la prière. Une des premières personnes pour qui Billy pria était une femme de soixante-dix ans, avec un pansement autour de la tête. Elle avait aussi une tumeur de la grosseur d’une balle de golf au bout du nez. Prenant la main droite de la femme dans sa main gauche, la main de Billy devint rouge vif et se mit à enfler. Il pouvait sentir les vibrations qui venaient de la femme se déplacer de sa main à son bras, puis jusqu’à son cœur. Il étudia les petites taches blanches qui apparaissaient sur sa main rouge et enflée. Elles avaient la même forme que celles qu’il avait vues en touchant la main de Margie Morgan : « C’est le cancer, n’est-ce pas ? » dit-il. La femme le confirma. Après que Billy eut prié pour elle, les vibrations dans son bras cessèrent, sa main désenfla et redevint normale. Billy la prononça guérie, même si la tumeur était toujours évidente sur son nez. Ensuite, Billy se déplaça vers un homme âgé qui s’était avancé en boitant et en s’appuyant péniblement sur sa canne. L’homme dit
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à Billy qu’il était estropié depuis de nombreuses années. Lorsque Billy prit la main de l’homme, il n’y eut pas de vibrations. Alors, Billy proclama la promesse de Dieu, dans Jacques 5.14-15 : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les anciens de l’Église, et que ceux-ci prient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur ; la prière de foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera. » Billy toucha le front de l’homme avec une goutte d’huile d’olive et demanda à Jésus-Christ de le guérir. Avant même que Billy ait fini de prier, l’homme jeta sa canne et se mit à marcher aussi droit que s’il avait vingt ans de moins. Ramassant la canne, Billy l’accrocha aux barres transversales au-dessus de l’estrade. C’est donc ainsi que se déroula la soirée, une guérison après l’autre. Ce soir-là, deux personnes sourdes retrouvèrent l’ouïe et une personne aveugle recouvra la vue. Bien sûr, toutes les guérisons n’étaient pas visibles ; mais tous ceux qui s’avancèrent prétendaient que quelque chose de surnaturel leur était arrivé après la prière de Billy. Les nouvelles de miracles si spectaculaires firent bientôt le tour de la ville et, le lendemain soir, tous les sièges sous le chapiteau étaient occupés. On rajouta des chaises, le soir suivant, mais il y avait quand même des gens debout. Il en fut de même tout au long de la semaine de réunions de réveil ; la tente n’était pas assez grande pour contenir tout le monde. Pourtant, ceux qui ne pouvaient entrer ne rentrèrent pas à la maison. Ils se pressèrent aux ouvertures de la tente pour entendre Billy prêcher, espérant ainsi avoir une chance plus tard de s’avancer pour la prière. Et les guérisons ! Billy n’avait jamais vu autant de miracles et de guérisons avoir lieu en une seule semaine. Des gens furent délivrés de strabisme, de l’arthrite, de hernies, de la tuberculose, du diabète, de troubles cardiaques, de la paralysie infantile, de tumeurs, de cancers, de troubles nerveux, de problèmes d’estomac et ainsi de suite. Les gens qui souffraient des maladies, Billy les identifiait par le signe dans sa main. Il commençait à comprendre quelque peu ce que ce don dans sa main pouvait faire. Apparemment, la vie de chaque maladie causée par des germes vibrait selon une fréquence
198 | Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir spécifique. Son bras gauche réagissait physiquement à ces vibrations. Les marques blanches qui apparaissaient sur sa main l’intéressaient encore plus. Le modèle ou le genre de taches semblaient être différents pour chaque maladie. En apprenant la signification de chaque modèle de taches, il devrait être capable de diagnostiquer n’importe quelle maladie causée par un microbe ou un virus. Il s’exerçait vraiment bien. Le samedi soir, un homme de quatre-vingt-treize ans avec une longue barbe blanche fut porté devant. Il avait une jambe de bois et un œil en verre, mais sa requête de prière était pour son ouïe. Il était complètement sourd. Après avoir été oint d’huile et qu’on eut prié pour lui au Nom de Jésus, l’homme put entendre même un murmure. Le dimanche soir, un pasteur noir de soixante-cinq ans fut guidé devant. Cet homme était aveugle depuis vingt ans. Billy pointa une lampe de poche en direction de son visage sans obtenir le moindre clignement de paupières. Il pria pour l’homme en l’oignant d’huile et en invoquant le Nom du Seigneur. Puis, Billy mit sa main devant le visage de l’homme et demanda : « Pouvez-vous voir ma main ? » L’homme frissonna d’excitation : « Oui ! Oui, je vois quelque chose. C’est flou et embrouillé. » « C’est ma main », dit Billy. « Gardez les yeux fixés sur elle et dites-moi lorsque vous ne la verrez plus. » Billy recula sur l’estrade en laissant sa main au niveau des yeux de l’homme. Lorsque Billy arriva au bout de l’estrade, 12 m [40 pi] plus loin, l’homme leva soudain les yeux et dit : « Loué soit le Seigneur ! Je peux compter les lampes ! Et je peux même voir les montants auxquels elles sont attachées. » Le lundi matin, plusieurs pasteurs de la ville vinrent à la chambre d’hôtel de Billy pour lui demander s’il pourrait continuer les réunions une semaine. Billy dit qu’il allait prier à ce sujet et leur dirait. Lorsque les pasteurs partirent, Billy et Meda s’agenouillèrent pour demander la direction du Seigneur. Après qu’ils eurent prié un moment et que leur voix se fut tue, Meda se sentit conduite à lire dans sa Bible. Elle l’ouvrit au hasard et commença à lire dans Ésaïe, au chapitre 42 :
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« Voici mon serviteur auquel je tiens fermement, mon élu,
en qui mon âme se complaît. J’ai mis mon Esprit sur lui ;
il révélera le droit aux nations… Moi, l’Éternel, je t’ai
appelé pour la justice et je te prends par la main, je te protège
et je t’établis pour faire alliance avec le peuple, pour être la
lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, pour
faire sortir de prison le captif et de leur cachot les habitants
des ténèbres. »
Billy sentit que c’était sa réponse. N’avait-il pas vu des prisonniers être libérés cette semaine, des gens recouvrer la vue ? Il appela les pasteurs de Saint-Louis et leur dit qu’il continuerait les réunions de guérison une semaine. Ce soir-là, il prêcha à une tente remplie à craquer et pria pour les malades jusqu’à une heure du matin. Les prisonniers continuèrent à être libérés, de troubles des sinus, de calculs rénaux, de désordre glandulaire, de vision défectueuse, d’hypertension artérielle, d’arthrite et de cancer. Rien ne semblait pouvoir résister à la foi des gens en la puissance de Jésus-Christ. Un homme avait un bras paralysé depuis vingt-neuf ans. Après la prière, il put le faire tournoyer au-dessus sa tête. Une femme estropiée qu’on avait portée à l’intérieur ressortit en marchant sans aide. Un homme qui avait la tuberculose osseuse à sa jambe droite se mit à marcher sur sa jambe qui avait été malade sans ressentir la moindre douleur. Une femme tenant un petit enfant dit à Billy que le bébé n’avait jamais ouvert les yeux. Billy pria au nom de Jésus et les yeux du bébé s’ouvrirent. Un soir, une fille de onze ans du nom d’Évangéline Getty s’avança avec un garçon plus jeune qui était sourd. Lorsque Billy entendit son histoire, il la fit répéter au microphone. Évangéline dit que les parents de Bobby ne croyaient pas en Dieu. Mais, elle croyait en Dieu et avait vu ce qu’Il pouvait faire. Elle avait donc emmené son ami Bobby à la réunion pour qu’il soit guéri. Billy oignit Bobby avec de l’huile et pria pour lui au Nom de Jésus. L’ouïe de Bobby fut restaurée. Ce ne fut pas le seul enfant à être guéri. Un soir, vers minuit et demi, alors que Billy s’apprêtait à mettre fin au service de prières,
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un homme surgit du fond de la tente en criant : « Frère Branham, attendez ! Ne fermez pas encore. » L’homme guida une jeune fille de douze ans en avant. Il expliqua : « Je suis un pasteur du nord de l’Illinois. Des amis m’ont appelé et m’ont dit comment le Seigneur Jésus répondait à vos prières. J’ai roulé toute la journée pour que vous puissiez prier pour ma fille. Elle n’a jamais entendu un seul son de sa vie ; elle est née sourde. » Oignant la fille d’une goutte d’huile d’olive, Billy leva les yeux vers le ciel et pria doucement : « S’il Te plaît cher Seigneur, restaure l’ouïe de cette enfant, au Nom de Jésus-Christ. » La jeune fille sursauta. Mettant les mains sur ses oreilles, elle courut vers son père. Elle pouvait entendre ! Au début de chaque service, quelques-unes des personnes qui avaient été guéries dans les réunions de réveil précédentes s’avancèrent pour parler de leur guérison. L’une d’entre elles était la vieille dame qui avait une tumeur au bout du nez. Le soir où Billy avait prié pour elle, la tumeur tomba, laissant une cicatrice à l’endroit où la grosseur se trouvait. Une autre vieille dame montra à quel point ses mains pouvaient travailler maintenant, expliquant que pendant deux ans, ses deux mains avaient été estropiées et inutilisables, à la suite d’une opération ratée. Un homme qui pouvait à peine bouger à cause de l’arthrite montra à l’assistance comment il pouvait maintenant utiliser ses membres de façon efficace. Une jeune femme raconta qu’elle s’était fracturée le métatarse du pied droit et que l’os faisait une bosse juste sous la peau. Les médecins ne pouvaient rien faire pour elle. Mais, un quart d’heure après que Billy eut prié pour elle, elle sentit son pied devenir froid. Baissant les yeux, elle s’aperçut que la bosse avait disparu et que l’os était de nouveau à sa place. Les derniers soirs de la campagne de guérison, il y avait tellement de gens rassemblés sur l’estrade pour qu’on prie pour eux, que Billy avait de la peine à se déplacer d’une personne à l’autre. Avec difficulté, il réussit à prier pour tous ceux qui désiraient la prière, mais, du coup, les réunions duraient jusqu’à deux heures du matin. À la fin de chaque service, il était si faible, que le Révérend Daugherty devait l’aider à marcher jusqu’à l’auto. En plus de ces
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services épuisants, le Révérend Daugherty emmenait Billy pendant le jour afin de prier pour ceux qui étaient trop malades pour assister aux réunions du soir. Finalement, sa première campagne de guérison se termina, laissant Billy excité à propos du futur. Il entrait dans son nouveau ministère et Dieu bénissait. Au cours des onze derniers jours, Billy avait atteint et prié pour plus de 1 000 personnes. Des prisonniers avaient été libérés, mais cela ne s’était pas fait sans effort. Physiquement, Billy était vidé. Toutefois, il était satisfait, parce qu’il savait qu’il avait fait de son mieux pour servir la cause de Christ. Malheureusement, à Saint-Louis, il avait instauré un modèle pour ses campagnes qui le laisserait presque complètement anéanti, deux ans plus tard.
LIVRE TROIS :
L’HOMME ET SA COMMISSION (1946 — 1950)
Chapitre 31
LE RÊVE ÉTRANGE DE L’HOMME
AVEUGLE
1946
I NSPIRÉ par les guérisons stupéfiantes qui eurent lieu au réveil de Saint-Louis, les nouvelles se répandirent comme une traînée de poudre à travers les états du centre-ouest des États-Unis. On y racontait l’histoire d’un prédicateur de l’Indiana du nom de William Branham qui avait été visité par un ange. Il avait reçu un don de guérison divine et il avait été commissionné par Dieu pour soulager l’humanité souffrante. Peu après son retour de Saint-Louis, Billy reçut un télégramme d’un autre prédicateur qu’il ne connaissant pas — un Révérend Adams de Camden, Arkansas, qui voulait parrainer Billy pour une campagne de guérison divine d’une semaine dans sa ville. Billy accepta et les dispositions furent prises pour que le réveil se tienne au début du mois d’août 1946. Comme Billy ne possédait pas de costumes, il emprunta un complet à un de ses frères. Le costume avait été porté lors d’un accident d’auto et était déchiré à plusieurs endroits. Meda reprisa les pantalons pendant que Billy recousait une longue et très évidente déchirure sur la poche droite du veston. Meda prit ensuite ses deux chemises blanches, en décousit les cols, raccommoda les accrocs, tourna les cols à l’envers et les recousit sur chaque chemise. Billy entassa ses effets dans une petite valise qu’il mit dans le coffre de sa vieille Ford et prit la direction du sud. Lorsqu’il arriva à Camden, Billy salua le Révérend Adams en lui donnant une poignée de main à l’envers, disant : « Désolé pour la main gauche, Révérend, mais elle est plus près de mon cœur. » En réalité, il gardait sa main droite devant la poche de son veston pour
206 | Livre Trois : L’homme et sa commission en dissimuler le raccommodage qui l’embarrassait. Cette pratique allait devenir courante dans les mois qui suivirent. La ville de Camden, située près de la frontière sud de l’Arkansas, avait une population modeste de 15 000 habitants. Mais lorsque les réunions commencèrent, il était évident que les gens qui y assistaient venaient de partout à travers le Sud. Le pasteur Adams avait loué le gymnase d’une grande école et l’endroit fut rempli à craquer dès le premier soir. Billy essayait d’amener les gens à croire en Dieu, leur rappelant « qu’avec Dieu, tout est possible » ; mais la foule demeurait austère et peu convaincue. Les gens semblaient être venus par curiosité et avaient une attitude du genre « prouve-le-nous ». Billy les encourageait à ouvrir leur esprit, disant : « Chers amis, je ne suis qu’un homme, mais j’essaie de vous expliquer que Dieu a envoyé son ange et qu’Il m’a visité. » En un instant, Billy sentit l’atmosphère changer. Il pouvait ressentir la présence qu’il avait sentie dans la cabane à tunnel Mill. Il était évident que l’auditoire la ressentait aussi puisque les gens commençaient à regarder autour d’eux avec des yeux inquisiteurs. Puis, Billy vit un anneau de feu tourbillonner à travers les portes du gymnase. « Je n’ai plus besoin d’en parler davantage, dit Billy, parce que c’est ici maintenant. » Le feu surnaturel monta dans l’allée et se tint juste au-dessus de la tête des gens. La foule retint son souffle. Puis des femmes et des enfants se mirent à crier ou à s’évanouir, alors que d’autres, en état de choc, demeuraient immobiles. Un prédicateur baptiste infirme était assis dans un fauteuil roulant dans l’allée. Lorsque la colonne de feu passa au-dessus de lui, il bondit hors de sa prison roulante et se mit à pousser son fauteuil devant lui, louant Dieu du plus fort qu’il pouvait crier, tirant ainsi la foule de son scepticisme. Pendant ce temps, la lumière ambrée continuait à avancer vers l’estrade où elle s’arrêta, tournoyant juste au-dessus de la tête de Billy. Le Révérend Adams se tenait de l’autre côté du pupitre lorsqu’un journaliste prit une photo, capturant ainsi la lumière surnaturelle sur film. L’instant d’après, le Révérend Adams s’avança vers le phénomène comme s’il s’apprêtait à le toucher, criant : « Je
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le vois ! » La lumière se mit à briller plus fort et le pasteur Adams recula en titubant, temporairement aveuglé. Puis l’étoile disparut. À partir de ce moment, tout scepticisme quitta la foule et pour le reste de la soirée, la foi se déversa comme un raz-de-marée dans l’auditoire. Des centaines de personnes se levèrent et se tinrent dans ce qui ressemblait vaguement à une ligne de prière. Billy voulait que les gens l’approchent du côté droit parce qu’il pouvait sentir la pression de l’ange du Seigneur qui se tenait là. Billy prenait la main droite d’une personne dans sa main gauche. Sa main devenait rouge et enflée s’il tenait la main d’une personne qui avait une maladie causée par un microbe ou un virus. Après la prière, il savait que la personne était guérie si sa main redevenait normale. Pour ce qui était des gens qui avaient un autre problème, la foi était si grande dans leur cœur qu’une simple prière dans le Nom de Jésus était tout ce qu’il leur fallait pour que s’accomplisse l’impossible. Ce soir-là, des miracles prirent place dans des centaines de vies. Billy pria pour les malades, chacun d’entre eux jusque tard dans la nuit. Lorsqu’il put finalement arrêter, son bras gauche était si engourdi qu’il dut le tenir sous l’eau courante pendant une demi-heure avant de pouvoir sentir ses muscles de nouveau. Le lendemain matin après le petit déjeuner, alors que Billy était en prière dans sa chambre d’hôtel, il entendit une conversation juste derrière sa porte. Un homme disait : « Je veux seulement parler au Révérend Branham. Je suis journaliste et j’ai quelque chose à lui montrer. » Un employé de l’hôtel, qui était responsable de surveiller la porte de Billy, répondit : « Qui vous êtes ne fait pas de différence. Mes ordres sont de ne laisser entrer personne. C’est son temps de prière. » Ouvrant la porte, Billy invita le journaliste à l’intérieur. L’homme pénétra dans sa chambre avec enthousiasme. Il avait amené une photographie qu’il tenait dans sa main. « Frère Branham, regardez ceci. » Prenant la photo, Billy étudia son contenu. C’était une photographie en noir et blanc de la réunion du soir précédent. Billy
208 | Livre Trois : L’homme et sa commission se vit se tenant derrière la chaire. Au-dessus de lui rayonnait une lumière surnaturelle et le Révérend Adams se tenait à sa gauche. « Frère Branham, dit le journaliste, je dois admettre que j’étais un sceptique la nuit dernière. Je pensais que cette histoire d’ange et de guérison était seulement de la psychologie. Mais maintenant, il y a cette photo ! Remarquez les quatre lumières équidistantes juste au-dessous du jubé. Elles étaient les seules lumières derrière vous. Cela signifie que la lumière qui brille au-dessus et autour de votre tête ne peut être que surnaturelle. » Billy acquiesça : « Cela ressemble effectivement à la lumière que j’ai vue. » Le journaliste dit : « J’appartiens à l’Église baptiste, mais je veux avoir le Saint-Esprit de la même façon que vous l’avez. » Avant que Billy ne puisse répondre, quelqu’un frappa à la porte. S’attendant à ce que ça soit une femme de chambre, il fut surpris d’ouvrir à la gérante de l’hôtel. Elle pénétra à l’intérieur, faisant nerveusement tourner une clé autour de son doigt. Billy lui montra la photo de l’ange du Seigneur. « C’est la raison pour laquelle je suis venue vous voir », dit-elle. « Frère Branham j’étais là hier soir et j’ai vu la lumière aussi. Je… » Elle semblait mal à l’aise, cherchant les bons mots. « Frère Branham, je… je veux naître de nouveau. » Pour toute réponse, Billy ouvrit la fenêtre et montra du doigt les collines à l’extérieur de la ville. « Voyez-vous la route blanche qui passe par ces pins ? Il y a quelques jours, je suis demeuré là-bas pendant quatre heures, priant avec ferveur pour que Dieu laisse son ange visiter la ville et remuer le cœur des gens comme jamais auparavant. Maintenant, c’est arrivé. Naître de nouveau n’est pas difficile. Il suffit d’abandonner complètement sa vie à Jésus-Christ. » Ils s’agenouillèrent tous les trois sur le plancher de la chambre d’hôtel et la gérante et le journaliste naquirent de nouveau dans la famille de Dieu.
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Une heure plus tard, un garçon vint à la porte avec un télégramme d’un autre prédicateur, le Révérend G. Brown, qui demandait à Billy de venir tenir des réunions dans sa ville, à Little Rock, Arkansas. Le garçon qui avait livré le télégramme se tenait toujours dans le cadre de la porte, comme s’il avait autre chose à dire. Billy lui demanda s’il y avait autre chose. Le garçon répondit : « Mon papa avait un problème de dos depuis des années. Il a été guéri la nuit dernière et aujourd’hui, il est différent. C’est comme si j’avais un nouveau papa. Je veux connaître Jésus moi aussi. » « Béni soit ton cœur, mon garçon. Viens ici et ferme la porte. Tu peux trouver Jésus ici même ; ce n’est pas difficile. » Le jeune garçon s’agenouilla sur le plancher, posa sa casquette sur le sol et donna son cœur à Christ. Le reste de la semaine à Camden, les foules devinrent de plus en plus nombreuses à mesure que les gens témoignaient des guérisons à leurs amis et voisins, les exhortant à venir constater par eux-mêmes comment Dieu visitant la ville avec son ange. Nuit après nuit, Billy priait pour une file interminable de personnes jusqu’à ce que l’horloge indique plus de minuit. Lorsque Billy prêcha le dernier service de guérison le samedi soir, il était épuisé. Le Révérend Adams avait planifié que Billy prêcherait dans une église locale le dimanche matin. Comme il ne ferait que prêcher et non prier pour les malades, Billy sentait qu’il aurait la force de le faire. Bien sûr, il vint plus de gens que l’église ne pouvait en contenir. Après le service, quatre policiers costauds escortèrent Billy et le Révérend Adams jusqu’à la voiture rouge du pasteur. Des gens s’assemblèrent autour de l’auto pour voir Billy, quelques-uns essayèrent de le toucher, mais furent repoussés par les policiers. Le cœur de Billy se brisait à la vue de gens infirmes et de mères tenant leur bébé malade sous la pluie fine, voulant désespérément être guéries. Il aurait voulu toucher chacun d’eux et prier pour eux, mais il savait qu’il ne le pouvait pas. Après un court repos, il aurait des obligations à remplir à Little Rock.
210 | Livre Trois : L’homme et sa commission Au-dessus du murmure de la foule, Billy entendit quelqu’un crier : « Ayez pitié ! Ayez pitié ! » Il se retourna et vit un vieil homme et une vieille femme de couleur se tenant sur une petite butte derrière l’église, loin de la foule composée uniquement de blancs. (À cette époque, les lois de Jim Crow étaient encore en vigueur dans le Sud, défendant aux gens de race noire de se mêler aux blancs dans les lieux publics.) Ce vieil homme noir tenait sa casquette dans sa main, permettant ainsi aux gouttes de pluie de mouiller les mèches de cheveux gris sur le dessus de sa tête. Il continuait son chant pitoyable : « Pitié ! Pitié ! Ayez pitié ! » « Pauvre homme », pensa Billy en continuant à marcher. Puis il s’arrêta brusquement et regarda le vieil homme de nouveau. Quelque chose d’inhabituel se passait. Billy pouvait sentir comme une pression sur sa peau, aiguisant ses sens. C’était un bon sentiment, pas un mauvais, et Billy sentit intuitivement que cela se rapportait au vieil homme de couleur qui criait du haut de cette butte. Billy se mit à marcher dans sa direction. Un des policiers de l’escorte dit : « Où allez-vous, Révérend ? » « Le Saint-Esprit veut que j’aille là où se tient cet homme de couleur », répliqua Billy. L’officier l’avertit : « Ne faites pas ça, mon garçon. Avec tous ces gens de race blanche autour de vous, vous allez causer une émeute raciale. Nous sommes dans le Sud. » Billy ignora le danger. « Je ne peux rien faire à propos de vos lois. Le Saint-Esprit me dit d’aller parler à cet homme. » Les quatre policiers suivirent Billy jusqu’à la petite butte où se tenaient l’homme et la femme de couleur. Comme il s’approchait, Billy entendit la femme dire : « Chéri, voici le pasteur. » Billy monta sur la butte tout près de lui pendant que les policiers les encerclaient, empêchant ainsi la foule de s’approcher. « Puis-je vous aider, mon oncle ? » demanda Billy.
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L’homme avait la tête penchée vers la mauvaise direction pour le regarder. Billy réalisa que le vieil homme était aveugle. L’homme balbutia : « Est-ce, est-ce vous, Pasteur Branham ? » « Oui, mon oncle. » Le vieil homme leva ses mains et toucha doucement le visage de Billy. « Oh, vous êtes un tout jeune homme. » « Pas si jeune », dit Billy. « J’ai 37 ans. » « Pasteur Branham, avez-vous juste une minute pour m’écouter ? » « Allez-y, mon oncle. » « Je reçois une pension à cause de mon handicap depuis plus de dix ans. J’habite à plus de 320 km d’ici. Je n’ai entendu parler de vous que depuis ce matin. Vers trois heures du matin, je me suis réveillé dans ma chambre. Bien sûr, je ne peux pas voir, mais écoutez, ma vieille maman se tenait juste devant moi. Elle est morte depuis plusieurs années maintenant, mais lorsqu’elle vivait, elle avait de la religion comme vous en avez. Ma vieille maman ne m’a jamais raconté de mensonge de sa vie. Ce matin, elle s’est tenue là et a dit, “Mon enfant chéri, lève-toi, habille-toi et va à Camden, Arkansas. Demande quelqu’un du nom de Pasteur Branham et tu recouvras la vue”. Alors me voici, pasteur. Pouvez-vous m’aider ? » Rempli de sympathie, Billy posa la main sur les yeux du vieil homme et pria : « Père Céleste, je ne comprends pas l’apparition de sa mère dans son rêve, mais je te demande dans le Nom de Jésus de lui redonner la vue. » La foule poussait de partout. Les policiers avaient de la difficulté à contenir la foule. Billy savait qu’il devait retourner à son auto le plus tôt possible alors il se tourna et partit. Le vieil homme souriait en hochant la tête, disant calmement, rempli de satisfaction : « Merci, Seigneur, merci. » Sa femme le regarda, les yeux écarquillés. « Chéri, vois-tu ? »
212 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Certainement que je vois. Je t’ai dit que si j’allais là-bas, je verrais. Regarde par là. » Il désigna la voiture qui était la destination de Billy. « Tu vois cette auto ? Elle est rouge. » Sa femme cria : « Oh, Jésus ! » alors qu’ils se jetaient dans les bras l’un de l’autre, remplis de joie. Resserrant leur mur protecteur, les policiers escortèrent rapidement Billy à travers la foule excitée jusqu’à ce qu’il soit en sécurité dans la berline rouge.
Photo aux réunions de Camden montrant la lumière derrière la tête de Billy
Chapitre 32
Défiant la folie
1946
A PRÈS CAMDEN, William Branham prêcha un réveil de guérison d’une semaine à Pine Bluff, Arkansas, puis se rendit à Little Rock, la capitale de l’état. Le Révérend Brown avait loué un grand auditorium non loin des immeubles du centre-ville. La réputation de Billy s’était répandue si loin, à cause du bouche-à- oreille, que les foules qui assistèrent aux réunions de Little Rock étaient encore plus grosses qu’à Camden. L’auditorium fut bientôt comble et plusieurs personnes se tenaient à l’extérieur. Le premier soir, Billy expliqua la commission de l’ange et partagea des témoignages de guérisons qui s’étaient produites à Camden et à Pine Bluff. Puis, il demanda à ceux qui voulaient faire prier pour eux de former une ligne à sa droite. Des centaines de gens se levèrent sur les pieds et formèrent graduellement une ligne, non sans une grande confusion. Le pianiste jouait la chanson « Crois seulement » encore et encore pendant que les gens s’avançaient un par un. Lorsqu’une personne se tenait devant lui, Billy lui prenait la main droite dans sa main gauche. Si la personne avait une maladie, Billy en ressentait instantanément les vibrations dans son bras comme s’il était traversé par un courant électrique de faible intensité. Puis sa main gauche enflait et devenait rouge comme si elle était infectée et une série de petits points blancs apparaissaient sur le dos de sa main. D’après le patron ou le modèle de ces boutons, Billy pouvait déterminer la maladie de la personne. Parlant dans le microphone pour permettre à l’auditoire de l’entendre, Billy identifiait le problème : ulcère, tuberculose, cancer, etc. Ses
214 | Livre Trois : L’homme et sa commission diagnostics étaient toujours justes. Puis il priait, chassant les démons dans le Nom de Jésus-Christ. Aussitôt que le démon quittait le malade, sa main retrouvait sa forme et sa couleur normale. Il déclarait alors que la personne était guérie, puis se tournait vers le malade suivant. À ces moments, un murmure spontané d’étonnement s’échappait des lèvres de ceux qui observaient. Ces hommes et ces femmes n’avaient jamais rien vu de tel. Ces guérisons étaient des preuves visibles que Dieu était au milieu d’eux. Cela en inspira plusieurs à verser des larmes de révérence. Billy était aussi émerveillé de son don que tous les autres. Avant de recevoir sa commission, il ne lui était jamais venu à l’esprit que les microbes et virus émanaient des vibrations. Il pouvait maintenant, non seulement sentir ces vibrations, mais aussi en voir les effets sur sa main gauche : l’enflure et les petits boutons blancs qui formaient un modèle différent selon la maladie. Plus il utilisait son don, plus il en apprenait sur les démons et leurs façons de faire. Par exemple, il savait maintenant que la raison pour laquelle les petits points blancs bougeaient sur le dos de sa main c’était parce que la vie démoniaque de la maladie s’agitait en la présence de l’ange. La signification spirituelle de ces vibrations devenait, elle aussi, plus claire. Pendant ses moments libres entre les services, Billy lisait et relisait le Nouveau Testament, essayant de comprendre les ministères de guérison de Jésus, Pierre et Paul (afin de pouvoir comprendre le sien). En joignant ses connaissances des Écritures à ses propres notions de médecine moderne, il en vint à la conclusion que les maladies avaient deux aspects, l’un était physique et l’autre spirituel. Le plan physique était le microbe ou le virus que le scientifique pouvait voir au microscope. Mais d’où venaient ces microbes et virus ? Certainement pas de Dieu. Les microbes et virus tiraient leur vie de celle insufflée par Dieu dans le corps de la personne qu’ils avaient envahie. En lisant les rapports bibliques du ministère de guérison de Jésus, Billy reconnut que les microbes et virus représentaient l’aspect physique des puissances démoniaques. Tout comme chaque créature vivante a un aspect physique et un
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aspect spirituel, il en est de même pour les maladies. Les docteurs en médecine étaient concernés par la physiologie d’une maladie alors que Billy traitait avec la démonologie. Le signe dans sa main captait les vibrations de la vie démoniaque qui s’attaquait à la vie donnée par Dieu à l’homme. Billy savait que l’enflure dans sa main ne pouvait guérir personne, mais pouvait élever la foi. De voir une maladie révélée surnaturellement élevait la foi de la personne au point où elle pouvait croire en Dieu pour sa guérison. Jésus dit : « Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit. »29 C’était Jésus qui opérait les guérisons tant par le passé qu’aujourd’hui encore. Évidemment, ce n’était pas tous les problèmes qui avaient besoin d’être révélés surnaturellement. Certains troubles étaient évidents. Un homme avait un goitre rouge dans le cou. Aussitôt que Billy demanda à Jésus la guérison de cet homme, le goitre devint blanc, tomba sur le plancher et roula entre les pieds de Billy. Un journaliste prit une photo qui fit la manchette du journal du lendemain. Un homme boiteux, qui n’avait marché qu’à l’aide de béquilles pendant des années, fut guéri devant tout le monde et descendit l’allée portant ses béquilles au-dessus de sa tête en criant des louanges à Jésus-Christ. Le soir suivant, lorsque le service commença, un homme assis à l’avant portait une affiche dans son dos qui disait : JÉSUS-CHRIST, LE MÊME HIER, AUJOURD’HUI ET POUR TOUJOURS. Comme Billy s’avançait vers le podium, cet homme se leva et appela : « Eh, prédicateur, je veux vous demander quelque chose ! » Billy fit un signe à l’homme. « Qu’y a-t-il, Papa ? » « Je suis un nazaréen et lorsque je vous ai entendu prêcher pour la première fois, j’ai pensé que vous étiez aussi un nazaréen. Puis, lorsque j’ai vu tous les pentecôtistes qui assistaient à vos réunions, je me suis dit que vous étiez sûrement pentecôtiste. Ensuite, je vous ai entendu dire que vous étiez baptiste. Je ne comprends pas. »
29 Marc 9.23 ; aussi Matthieu 19.26 ; Marc 10.27 ; Luc 1.37
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« C’est simple, Papa » répliqua Billy. « Je suis un nazaréen-pentecôtiste-baptiste. » Après que la foule eut terminé de rire de sa plaisanterie, Billy dit : « Sérieusement, je représente seulement la grâce de Jésus-Christ. Les Écritures disent que nous sommes tous baptisés dans un seul corps et devenons un seul peuple. 30 Jésus ne nous demandera pas si nous sommes méthodistes ou baptistes. Il va nous juger d’après ce qu’il y a dans nos cœurs. » Soir après soir, des centaines de gens s’avancèrent pour la prière. Aussi épuisant que cela était pour son corps, Billy continuait à prier jusqu’à une, deux, parfois trois heures du matin. Puis le Révérend Brown le guidait, alors qu’il était engourdi et épuisé, jusqu’à sa chambre d’hôtel où il dormait, d’un sommeil agité, pendant six d’heures. Un matin, le Révérend Brown le réveilla à cause d’une situation urgente. « Il y a un certain M. Kinney de Memphis qui attend au rez-de-chaussée. Il semble que son ami, M. D —, qui est le receveur des Postes à Memphis, soit en train de mourir d’une pneumonie asthmatique. M. Kinney est venu jusqu’ici en avion afin de vous demander de retourner avec lui prier pour M. D — . M. Kinney vous a déjà réservé un billet d’avion pour que vous puissiez aller à Memphis ce matin. Vous devriez pouvoir être de retour à temps pour la réunion de ce soir. Je vais descendre lui dire qu’il peut venir vous voir. » Billy s’habilla et venait tout juste de mettre son manteau lorsqu’il entendit le son d’un vent fort. Il présuma qu’il venait de l’extérieur et pensa : « Il y a vraiment du vent aujourd’hui ! » Puis il vit la lumière surnaturelle dans sa chambre, suspendue dans les airs, tournoyant et palpitant avec énergie. Billy s’agenouilla près du lit. Il entendit bientôt la voix de l’ange lui dire : « Ne va pas là, son heure est venue. » Puis la lumière disparut. Billy se leva et enleva son manteau. Quelques minutes plus tard, le Révérend Brown revint avec un homme qui avait l’air stressé et anxieux. « Frère Branham, mon
30 1 Corinthiens 12.12-27
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nom est Kinney. Mon ami, M. D — est actuellement inconscient, mais j’ai foi que Dieu peut… » Billy l’interrompit : « Monsieur, le Saint-Esprit vient tout juste de s’entretenir avec moi et m’a averti de ne pas aller avec vous, car « ainsi dit le Seigneur : L’homme va mourir. » « Vous voulez dire qu’il n’y a plus d’espoir ? » « Il sera probablement déjà décédé avant votre retour à Memphis. Mais je vais continuer de prier à son sujet. Appelez-moi pour me faire connaître sa condition, s’il est encore vivant ou s’il était déjà décédé à votre arrivée. N’essayez pas de m’appeler ce soir, car je serai à la réunion jusqu’à deux ou trois heures du matin. » Ce soir-là, après plusieurs heures de prières constantes pour les malades, le Révérend Brown dit à Billy : « Frère Branham, faites-moi savoir lorsque vous aurez besoin de prendre une pause. Je voudrais vous montrer quelque chose dans le sous-sol de l’auditorium. C’est un cas comme je n’en ai encore jamais vu. » Fatigué à cause de la tension, Billy saisit cette excuse pour se reposer l’esprit un instant. « Je suis prêt pour une pause », dit-il. Pendant que les gens attendaient dans la ligne de prière, le Révérend Brown guida Billy jusqu’au sous-sol où ils rencontrèrent un jeune homme au pied des escaliers. Il ressemblait au fermier typique de l’Arkansas, vêtu d’une chemise bleue délavée et d’une salopette. L’homme avait le regard hagard, les yeux vitreux et l’air abattu. Billy regarda aussi et fut bouleversé par ce qu’il y vit. De toute sa vie, Billy n’avait jamais vu une telle chose. Dans le centre de la grande pièce du sous-sol, étendue sur le plancher dénudé, se trouvait une femme large et musclée, vêtue d’un T-shirt blanc et d’un short noir. Billy devina qu’elle devait avoir environ 30 ou 35 ans. Elle était allongée sur le dos, les bras et les jambes élevées dans les airs. Ses jambes étaient couvertes du sang provenant de ses nombreuses coupures. Billy se tourna vers l’homme qui se tenait dans les marches. Il demanda, incrédule : « Frère, est-ce votre femme ? » « Oui, frère Branham. »
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« Oh là là. Qu’est-ce qu’elle a ? » « Le médecin pense qu’elle est entrée en ménopause prématurément après avoir donné naissance à notre dernier enfant. Il lui donna des injections, mais cela a mal tourné et elle est devenue sauvage. Elle a passé les deux dernières années dans un asile psychiatrique. J’ai vendu ma ferme pour payer ses soins médicaux, mais rien de ce que les médecins ont essayé n’a fonctionné. Frère Branham, j’ai quatre enfants à la maison. Lorsque j’ai entendu parler de cette femme aliénée qui fut guérie à vos réunions l’autre soir, j’ai vendu ma mule pour pouvoir emmener ma femme ici en ambulance. » « Pourquoi ses jambes saignent-elles ? » « Les gens de l’institut m’ont permis de partir avec elle pour une seule nuit, mais ils n’ont pas réussi à la mettre dans une ambulance. J’ai donc appelé quatre frères de mon église et nous avons réussi à la monter à bord d’une auto. Puis, en route, les quatre frères n’ont pas réussi à la maîtriser et elle a brisé la vitre arrière du véhicule à grands coups de pied. Lorsque nous l’avons emmenée dans le bâtiment, elle se débattait et nous poussait partout. Nous sommes finalement parvenus au sous-sol et l’avons allongée sur le dos. Elle est restée comme ça depuis, les bras et les jambes dans les airs. » Billy regarda la femme aliénée avec pitié, étendue sur le plancher, les bras et les jambes ensanglantés dans les airs. Billy dit à son mari : « Je vais aller vers elle et prendre sa main pour voir si je peux sentir des vibrations. » La terreur apparut dans les yeux de l’homme. « Frère Branham, ne vous approchez pas d’elle. Elle vous tuera ! » Ignorant l’avertissement, Billy s’avança vers la femme démente qui observait son approche avec un regard intense et calculateur. « Bonsoir » dit Billy en tendant la main. Juste comme il encerclait le poignet de la femme de sa main, elle tourna soudainement sa paume et encercla son poignet à lui, le tirant si puissamment qu’il faillit tomber. Elle ne devait pas peser plus de 77 kg [170 lb], mais devait posséder au moins quatre fois la
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force d’une femme de taille moyenne. Comme elle l’attirait plus près d’elle, Billy eut peur qu’elle lui brise les os. Il leva son pied et la frappa sur la poitrine. Elle lâcha prise et il courut jusqu’à l’escalier. La femme démente le poursuivit, toujours sur le dos, tordant son corps rapidement sur le plancher de béton tel un serpent géant en poussant des grognements inhumains. À mi-chemin dans les marches, elle changea de direction et se dirigea vers un banc en bois qui était appuyé contre un mur. Elle se cogna la tête tellement fort sur le banc que le bois se fendit. Du sang se mêla à ses cheveux. Elle ramassa un morceau de bois et le lança à son mari, le manquant de quelques cm et faisant un trou dans le mur derrière lui.
« Frère Branham, sanglota le mari, y’a-t-il le moindre espoir pour elle ? » « Écoutez, frère, dit Billy en mettant son bras autour de ses épaules, la seule chose que je puisse affirmer, c’est que l’ange m’a dit qui si j’étais sincère et que je pouvais amener les gens à me croire, les malades seraient guéris. Avez-vous foi que Jésus-Christ, le Fils de Dieu, peut chasser les démons ? » Rassemblant son courage, l’homme répondit : « Je le crois. » Lorsque la femme possédée entendit cela, elle hurla : « William Branham, tu n’as rien à faire avec moi. C’est moi qui l’ai emmenée ici. » « Qu’est-ce que c’est ? » demanda le mari, très surpris. « Cette femme ne connaît même pas son propre nom ! Elle n’a pas dit un seul mot en deux ans. » « Ce n’était pas elle », dit Billy. « C’était le démon qui la garde en sa possession. Il sait qu’il va devoir la quitter si vous croyez au Seigneur Jésus-Christ maintenant. Prions. » La femme hurla de nouveau : « Tu n’as rien à faire avec moi ! » alors que Billy inclinait la tête et priait : « Père Céleste, dans le Nom de ton Fils Jésus-Christ, fais sortir ce démon d’elle. »
220 | Livre Trois : L’homme et sa commission La femme devint silencieuse. L’instant d’après, elle s’effondra sur le plancher, comme si elle était sans vie. Son mari demanda : « Que dois-je faire maintenant ? » « Aussitôt que le service sera terminé, ramenez-la à l’institution. Si vous croyez, cela doit arriver. Vous m’en donnerez des nouvelles. »
LE LENDEMAIN MATIN, les rayons de soleil réveillèrent Billy. Il tourna la tête pour regarder par la fenêtre de l’hôtel et fut surpris de voir une femme assise près de son lit. Ses cheveux gris étaient rassemblés en un chignon serré et elle portait un costume brun avec une ceinture blanche. Elle ne le regardait pas, mais avait la tête tournée vers le mur, lui permettant ainsi de voir son profil. Elle avait l’air triste. Troublé, Billy pensa : « Comment cette femme est-elle entrée dans ma chambre ? La porte est verrouillée et la clé est sur la table de nuit. » Se levant sur ses coudes, il demanda : « Madame ? » Puis Billy vit un homme, juste derrière la femme. C’était un grand homme aux cheveux gris, portant un complet brun et une cravate rouge vif. Il avait l’air triste lui aussi. La femme tourna la tête pour regarder l’homme et ils se sourirent. « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Il s’assit dans son lit. Lorsqu’il le fit, il n’était plus dans le lit, mais debout sur la plate-forme d’une église qu’il ne reconnaissait pas. Il se mordit un doigt très fort pour s’assurer qu’il ne dormait pas. La douleur lui assura qu’il était tout à fait réveillé. Puis il réalisa que c’était une vision. L’église s’effaça et Billy se retrouva dans son lit. Il observa l’homme et la femme aux cheveux gris. Ils lui sourirent, hochèrent la tête et semblèrent glousser comme s’ils étaient maintenant heureux. Puis ils disparurent. Fermant les yeux, Billy murmura : « Seigneur, je ne comprends pas cela. S’il te plaît, montre-moi ce que ça signifie. » Il pressentait que ces deux personnes allaient être dans la ligne de prière ce soir-là.
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Cela lui était arrivé plusieurs fois auparavant : il voyait une personne en vision avant le service et un peu plus tard, pendant la réunion, il reconnaissait la personne dans la ligne de prière et savait que Dieu allait faire quelque chose de spécial dans la vie de cette personne. Habituellement, une vision de ce type lui montrait exactement ce qui allait arriver pendant le service de prière. Toutefois, cette vision- ci s’était terminée en laissant planer un mystère. Prenant sa Bible qui était posée sur la table de chevet, Billy demanda : « Seigneur, que vas-Tu me faire lire dans ta Parole ce matin ? » Puis il ouvrit sa Bible au hasard. Les pages se séparèrent dans II Rois au chapitre 20. Billy y lut à propos du prophète Ésaïe qui se rendit vers le roi Ézéchias pour lui dire que son heure était venue et que la maladie allait l’emporter. Le roi Ézéchias se tourna vers le mur et pria avec ferveur pour avoir plus de temps. Le Seigneur entendit la prière d’Ézéchias et parla à Ésaïe, disant : « Va dire à mon serviteur Ézéchias que je lui accorde quinze années de plus. » À ce moment, le téléphone sonna. Billy décrocha le récepteur, croyant que ce serait le pasteur Brown. Au lieu de cela, ce fut M. Kinney qui l’appelait de Memphis. Cette affaire avait complètement échappé à l’esprit de Billy, mais maintenant il s’en souvenait. « Alors, M. Kinney, qu’avez-vous à m’annoncer ? » La voix de M. Kinney était abattue. « Frère Branham, nous sommes demeurés auprès de lui toute la nuit dernière. Il devrait partir d’une minute à l’autre maintenant. » « Dites-moi, M. Kinney, M. D— porte-t-il parfois un complet brun pâle et une cravate rouge ? » « Oui, il est toujours vêtu ainsi. Pourquoi donc ? » « Et est-ce que Mme D — porte parfois un costume brun avec une ceinture blanche ? « C’est la robe qu’elle porte actuellement. Comment le savez-vous ? Frère Branham, les connaissez-vous ? » « Oui. Dites à Mme D — de venir au téléphone. »
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M. Kinney hésita : « Je lui ai déjà dit ce que vous aviez dit. » « Je veux lui parler », insista Billy. Bientôt, une voix tremblante et éperdue se fit entendre au bout du fil. Billy dit : « Sœur D —, ainsi dit le Seigneur : “Votre mari vivra.” Croyez-vous cela ? » Mme D — ne répondit pas. Billy pouvait entendre une certaine agitation à l’arrière-plan puis M. Kinney reprit l’appareil. « Que lui avez-vous dit, frère Branham ? La femme s’est évanouie. » « Je lui ai dit que son mari allait vivre. Je vous l’ai décrit parce que je l’ai vu en vision il y a quelques instants. J’arriverai à Memphis par le prochain avion. Attendez-moi à l’aéroport. » Lorsque Billy arriva à l’hôpital de Memphis, la sœur de M. D — le rencontra dans le corridor. Elle était froissée et contrariée. « Quelle idée ! Un saint comédien de prédicateur qui vient prier pour mon frère mourant. Je pense que c’est une honte. » Billy continua à marcher, pensant : « Satan n’a pas assez de démons en enfer pour arrêter cela maintenant. C’est déjà accompli parce que c’est le “Ainsi dit le Seigneur”. » Une infirmière sortit de la chambre. « Y a-t-il d’autres infirmières ou docteurs à l’intérieur ? » « Oui, dit-elle, il y a deux médecins. » « Veuillez leur demander de sortir, s’il vous plaît » Offusqués, les médecins quittèrent la chambre. Billy reconnut instantanément l’homme qui languissait sous la tente à oxygène comme étant l’homme de la vision qu’il avait eue ce matin-là. M. D — était étendu sur le dos, fixant le plafond de ses yeux sans vie. Billy étendit la main sous la tente à oxygène et prit la main de l’homme. Sa propre main commença à enfler au rythme des vibrations de la pneumonie. « Frère D-, m’entendez-vous ? » Mme D — dit : « Mon mari est inconscient depuis deux jours, frère Branham. » Billy regarda la dame plus âgée. Elle était exactement comme il l’avait vue dans la vision. « Vous ne doutez pas de ce que je vous ai dit, n’est-ce pas ? »
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« Non. Je ne doute pas. » Tournant son attention vers le mourant, Billy pria : « Cher Dieu, je sais que ce sont les gens que j’ai vus dans la vision de ce matin. Maintenant, au Nom de Jésus-Christ, veuille guérir cet homme. » Même si ses yeux étaient toujours fermés, il savait que l’enflure diminuait sur sa main, car les vibrations avaient cessé. Puis Billy sentit l’homme serrer sa main. Billy ouvrit les yeux et vit M. D — mouiller ses lèvres avec sa langue. Mme D — était debout au pied du lit, les yeux fermés et toujours en prière. Billy dit : « M. D—, me connaissez-vous ? » L’homme hocha la tête lentement et dit : « Oui, vous êtes frère Branham. » Sa femme leva la tête d’étonnement. Puis aussitôt qu’elle réalisa ce qui venait de se passer, elle plongea sous la tente à oxygène criant : « Papa ! Papa ! » l’inondant de baisers et de caresses. Sans dire un autre mot, Billy se glissa hors de la chambre et prit le prochain avion pour Little Rock. Deux jours après, M. D — mangeait des œufs et du jambon pour déjeuner et put quitter l’hôpital. Le jour suivant, il était de retour à son travail de receveur des Postes.
Chapitre 33
UNE LIGNE DE PRIÈRE LONGUE DE
HUIT JOURS
1946
P ENDANT LE RESTE de l’été et l’automne 1946, Billy prêcha à travers l’Arkansas sans même prendre de congé. Comme chaque réunion assurait une excellente publicité pour la prochaine réunion, la foule augmentait à chaque service et les lignes de prières s’allongeaient toujours. Billy poussa ses limites au maximum, priant pour les malades jusqu’aux petites heures du matin. Il essayait de reprendre le temps perdu, comme s’il voulait réparer l’erreur qu’il avait faite dix ans plus tôt, lorsque Dieu l’avait appelé à un ministère d’évangéliste à temps plein et qu’il avait refusé. Même s’il était en très bonne forme physique grâce à ses longues marches dans la campagne pour examiner les lignes à haute tension, l’effort constant et le manque de sommeil minaient de plus en plus sa santé. Il était tout simplement en train de s’épuiser. Cela aurait peut-être été différent s’il avait pu récupérer ses heures de sommeil durant le jour, mais il en avait rarement l’occasion. Il y avait toujours des besoins spéciaux que Billy ne pouvait pas refuser, comme la fois où il prêcha pour le pasteur Johnson à Corning, Arkansas. Après avoir terminé une réunion à trois heures du matin, Billy s’écroula dans un lit du presbytère, à côté de l’église, épuisé. Quelques heures plus tard, la sonnerie du téléphone le réveilla. Il entendit Mme Johnson dire : « On ne peut pas le réveiller. Il vient juste de se coucher. » La personne au bout du fil semblait être plutôt persistante. Finalement, Billy descendit dans le salon et dit en baillant : « Laissez-moi lui parler. »
226 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Bonjour frère Branham, mon nom est Paul Morgan », dit l’homme d’une voix fatiguée, mais déterminée. « Je suis le chef du comté ici à Walnut Ridge, à environ 115 km de l’endroit où vous êtes. Ma fille de 12 ans se meurt de pneumonie. Voudriez-vous s’il vous plaît venir prier pour elle ? » Le téléphone était près d’une fenêtre, ce qui permettait à Billy de voir à l’extérieur. Le ciel était couvert. Une pluie fine tombait sur plus d’une centaine de gens rassemblés en petits groupes sur la pelouse. Billy savait qu’ils attendaient pour le voir. « M. Morgan, je serais ravi de venir si je le pouvais, mais écoutez, il y a des mères ici qui se tiennent sous la pluie, attendant que je prie pour leur bébé. Elles ont attendu là toute la nuit. Comment pourrais-je les quitter pour aller prier pour votre fille ? » « Je comprends cela, dit M. Morgan, mais ces mères n’ont pas des bébés mourants. Les meilleurs spécialistes que j’ai pu trouver s’accordent pour dire que ma fille ne survivra pas plus de trois heures. Frère Branham, elle est ma fille unique. S’il vous plaît, venez prier pour elle. » Pensant à la mort de sa petite Sharon Rose, Billy dit : « Je serai là aussitôt que je le pourrai. » Lorsqu’il raccrocha, le pasteur Johnson protesta : « Frère Branham, vous ne pouvez pas aller là-bas. Vous êtes presque mort de fatigue. » « J’essaierai de dormir un peu en chemin. » Le Révérend Johnson conduisit à 115 km/h sur les routes mouillées pendant que Billy, étendu sur la banquette arrière, dormait d’un sommeil agité, se réveillant à tout moment. Il ne réussissait pas à s’installer confortablement. Ses yeux brûlaient et il avait mal à la tête. Se redressant, Billy appuya sa tête contre la vitre. Soudainement, il se mit à avoir la chair de poule et la pression sur ses tympans s’accentua. Puis il vit l’ange du Seigneur assis à côté de lui sur la banquette. Billy était maintenant pleinement réveillé. Il retenait son souffle, les yeux grands ouverts et les muscles tendus.
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Juste au-dessus de l’ange, la lumière surnaturelle tourbillonnait à travers le toit de l’auto, moitié à l’intérieur, moitié à l’extérieur. Comme d’habitude, l’ange avait les bras croisés et regardait Billy d’un air sévère. Mais lorsqu’il parla, sa voix était chaleureuse et rassurante. « Dis à Paul Morgan, “Ainsi dit le Seigneur…” » Aussitôt que l’ange eut fini de donner ses instructions, il disparut. À l’hôpital, Billy vit quelque chose qu’il n’avait jamais vue auparavant. Au lieu d’utiliser une tente à oxygène, une infirmière se tenait près du lit et mettait périodiquement un masque à oxygène de caoutchouc sur le nez de la jeune fille. Chaque fois que l’oxygène arrivait, la jeune fille prenait quelques petites respirations brèves et saccadées. L’infirmière dit : « Je vais devoir continuer à lui mettre ce masque à oxygène. C’est le seul moyen de la garder en vie. Elle ne respire plus par elle-même. » M. Morgan mit ses bras autour de Billy et sanglota : « Frère Branham, j’ai essayé de vivre une bonne vie. Je ne sais pas pourquoi Dieu m’enlève ma petite fille. » « Ne vous agitez pas, M. Morgan », dit Billy d’un ton rassurant. « Ne craignez pas. J’ai un message pour vous de la part du Seigneur. Mais premièrement, je vais prier pour votre fille. » Posant ses mains sur la jeune fille, Billy réclama sa guérison au Nom de Jésus-Christ. L’infirmière s’apprêtait à remettre le masque à oxygène sur le nez de la patiente. Billy l’arrêta avec sa main. Il y eut un moment d’attente anxieuse. Puis la fille prit une petite inspiration d’elle-même. L’infirmière regarda Billy d’un air inquisiteur. Billy lui fit signe d’attendre. La fillette prit une autre respiration d’elle-même, puis une autre. Il devint bientôt évident qu’elle n’avait plus besoin du masque. Billy se tourna vers les parents. « Plusieurs spécialistes ont déclaré que votre fille est mourante, mais ainsi dit le Seigneur : “‘M. Morgan, votre fille va se rétablir. »’ Et voici votre message de la part du Seigneur (et souvenez-vous en pour le reste de votre vie), ‘‘Les eaux sont claires au-devant de vous.’’ » Même si Billy ne put se reposer avant le service, il sentait que des voyages-éclair comme celui-là en valaient la peine puisque trois
228 | Livre Trois : L’homme et sa commission jours plus tard, la petite fille des Morgan se sentait assez bien pour aller à l’école.
IL VINT UN TEMPS, un peu plus tard à l’automne 1946, où Billy réalisa qu’il ne pourrait pas continuer à ce rythme indéfiniment. Il décida qu’après les huit réunions qu’il devait tenir à Jonesboro, Arkansas, il devrait s’arrêter pour se reposer quelque temps. Le Révérend Reed parrainait la campagne de guérison et avait obtenu la coopération d’un grand nombre d’églises locales. Ensemble, ils louèrent le plus grand auditorium de la ville. Malgré cela, il était loin d’y avoir assez de places pour asseoir tout le monde. Des milliers et des milliers de gens étaient venus de partout à travers le Sud et le Centre-Ouest des États-Unis. Il n’y avait plus une seule chambre d’hôtel ou de motel disponible dans un rayon de 80 km. Ceux qui n’avaient pas pu trouver d’hébergement dormaient dans des tentes, sous leur camion ou dans leur automobile. Un journal local estima la foule à au moins 28 000 personnes. Lorsque les réunions commencèrent, plusieurs milliers avaient dû rester debout à l’extérieur, espérant avoir une chance de pénétrer à l’intérieur. Billy commença la première réunion de Jonesboro de sa façon chaleureuse habituelle : « Si jamais vous avez besoin de moi, appelez-moi et si c’est possible, je viendrai, que ce soit par beau temps ou par mauvais temps. Si vous êtes proche de Jeffersonville, Indiana, passez me voir à la maison. J’habite près de mon église, au coin des rues Penn et 8e rue. Je vous aime et ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous aider. » Puis Billy fit une déclaration courageuse. « Comme cette semaine sera ma dernière en Arkansas pour quelque temps, j’ai l’intention de demeurer derrière cette chaire jusqu’à ce que la dernière personne dans la ligne de prière soit passée. » À ce moment, Billy remarqua une femme assise à l’avant qui lui faisait de grands signes de la main. « Que puis-je faire pour vous, sœur ? » demanda-t-il.
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« Ne me reconnaissez-vous pas ? » demanda-t-elle en souriant. « Non, je ne crois pas. » « La dernière fois que vous m’avez vue, c’était à Little Rock. Ils m’ont dit que mes jambes étaient ensanglantées et que je n’étais pas saine d’esprit. » Maintenant, Billy la reconnaissait. C’était la femme pour qui il avait prié dans le sous-sol du centre municipal de Little Rock. Quelques mois auparavant, elle était si démente qu’elle avait brisé la vitre arrière d’une auto en donnant des coups de pied et qu’elle avait traversé le plancher du sous-sol de l’auditorium en se tortillant sur le dos. Elle était maintenant assise calmement à côté de son mari et de ses quatre enfants. Son mari témoigna : « Après que vous ayez prié pour elle ce soir-là, elle est demeurée assise tranquillement sur la banquette arrière de la voiture tout le long du trajet jusqu’à l’institution. Trois jours plus tard, ils ont déclaré qu’elle était parfaitement guérie et l’ont laissée revenir à la maison. » Le fait de commencer le service avec un tel témoignage éleva la foi de l’auditoire de façon extraordinaire. Ils observèrent le signe dans la main de Billy révéler surnaturellement les maladies et s’émerveillèrent de voir à quel point ses prières tranquilles pouvaient changer une situation. Bientôt, plus rien ne semblait impossible. Formant une ligne à la droite de Billy, les gens s’avançaient pour la prière comme le flot d’une rivière intarissable. Heure après heure, ils continuèrent à avancer. Aussitôt qu’une personne ayant reçu la prière s’asseyait, une autre se levait et se plaçait au bout de la file. La foule avait le sentiment inéluctable que Jésus-Christ se tenait près du petit homme sur la plate-forme et chacun voulait avoir son tour pour se tenir dans la présence de Christ. Comme il n’y avait pas d’heure déterminée pour terminer le service, la réunion se poursuivit purement et simplement. Billy pria pour les malades pendant toute la nuit, s’arrêtant occasionnellement pour boire un jus d’orange. Parfois, il s’étendait derrière la chaire et sommeillait un peu durant les petites heures du matin. Lorsqu’il se relevait, l’organiste était toujours en train de
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jouer doucement la chanson « Crois seulement, crois seulement, tout est possible, crois seulement » et la ligne de prière était toujours là, le prochain patient attendant patiemment son tour. Toutes les deux heures, un musicien en bonne forme échangeait sa place avec l’organiste fatigué comme deux coureurs à relais s’échangeant le bâton et la musique continuait ainsi gardant une atmosphère de révérence. Billy prenait ses repas à côté de la chaire afin de pouvoir continuer à prier pour les malades toute la journée durant. Ceux qui furent assez chanceux pour obtenir un siège à l’intérieur de l’auditorium le premier jour ne voulurent pas quitter de peur de perdre leur place. Plusieurs d’entre eux gardèrent leur siège jour après jour, envoyant quelqu’un chercher des sandwiches lorsqu’ils avaient faim. Ils téléphonaient aussi à leurs parents et amis, leur racontant les choses extraordinaires qui se produisaient dans la présence de Dieu, les pressant de venir assister aux réunions pour être témoins des miracles. Cela fit en sorte qu’encore plus de gens se rendirent à Jonesboro cette semaine-là. Ceux qui étaient à l’extérieur de l’auditorium attendaient patiemment, pêle-mêle à la porte de devant, espérant avoir une chance de pénétrer à l’intérieur. Lentement, très, très lentement, la ligne avançait ; au fur et à mesure que quelques personnes sortaient de l’auditorium, quelques-unes de l’extérieur y entraient. Lorsque les gens sortaient, ils décrivaient les miracles stupéfiants qui se déroulaient à l’intérieur. Peu de gens de la ligne extérieure quittèrent les lieux de toute la durée de la campagne. Seulement quelques personnes de la foule quittèrent l’auditorium lorsqu’il se mit à pleuvoir vers le milieu de la semaine. Nuit et jour, Billy priait pour une ligne sans fin de malades et d’affligés. Les miracles eux, se produisaient tout aussi indéfiniment. Un matin, vers quatre heures, une dame de 35 ans s’approcha de Billy, tenant un mouchoir devant son nez avec sa main gauche. Billy présuma qu’elle pleurait. Il prit sa main droite dans sa main gauche et les vibrations révélèrent sa maladie. Il dit : « Vous avez un cancer, n’est-ce pas madame ? » La femme enleva le mouchoir de devant son nez. Elle n’avait plus de nez du tout ; le cancer l’avait déjà dévoré. « Croyez-vous ? » demanda Billy.
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Sa voix trembla de désespoir. « Frère Branham, je dois croire. C’est mon seul espoir. » « Alors sœur, je peux vous aider. Parce que l’ange m’a dit que si j’étais sincère et si je pouvais amener les gens à me croire, rien ne pourrait résister à mes prières, pas même le cancer. » Billy avait pitié de cette jeune femme qui était dans une condition si critique. Il pria pour elle au Nom de Jésus-Christ et bientôt, les vibrations dans son bras cessèrent et il sut qu’elle était guérie.31 La huitième et dernière soirée de la campagne de Jonesboro, Billy interrompit la ligne de prière incessante assez longtemps pour aller à la gare rencontrer sa femme. Ils ne s’étaient pas vus depuis des mois. Elle avait pris le train pour assister à la dernière soirée de sa campagne pour ensuite l’accompagner à Jeffersonville où il prendrait le repos dont il avait tant besoin. En revenant vers l’auditorium, leur auto dut s’arrêter à une bonne distance de sa destination. Les rues et les stationnements étaient bondés de voitures, de camions, de bicyclettes, de tentes… Billy et Meda commencèrent à marcher. Finalement, Meda vit l’immense foule qui attendait à l’extérieur du bâtiment, plusieurs personnes tenant des journaux au-dessus de leur tête afin de se protéger de la pluie. Même si Billy lui avait décrit tout ça au téléphone, elle n’était pas préparée à une telle réalité. « Billy, est-ce que tous ces gens sont venus pour t’entendre prêcher ? » « Non, répondit-il, ils sont venus voir Jésus. » Meda prit sa main dans la sienne et commença à chanter : « Ils viennent de l’Est et de l’Ouest, ils viennent de lointains pays, à la
31 Plusieurs mois plus tard, Billy exerçait son ministère à Texarkana, Texas, où une femme s’avança et lui dit : « Frère Branham, me reconnaissez-vous ? » « Non, sœur, je ne le crois pas », dit Billy. « Souvenez-vous à Jonesboro, vous avez prié pour une femme dont le nez avait été mangé par le cancer ? » Alors Billy se souvint. « N’êtes-vous pas cette femme ? “Oui, je la suis”, répondit-elle. “Non seulement ce cancer est parti, mais, comme vous pouvez le voir, mon nez est revenu.”
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fête du Roi, manger à Sa table ; que ces pèlerins sont bénis ! » Billy se joignit à elle : « Contemplant Son saint visage, brillant d’un éclat divin ; convives bénis de Sa Grâce, tels les joyaux rutilants de Sa couronne. » Billy n’avait jamais été un très bon chanteur, sa voix était plutôt rauque et il avait de la difficulté à garder la bonne note, mais il aimait chanter. Ensemble, Billy et Meda entonnèrent le refrain : « Depuis que Jésus m’a libéré, je suis aussi heureux qu’un cœur puisse l’être… » Un groupe d’huissiers les rencontrèrent, les guidant à travers la cohue jusqu’à l’intérieur du bâtiment. Près de la porte, Billy remarqua un homme qui agitait sa casquette bleue pour attirer son attention. Billy s’approcha assez pour demander : « Est-ce à moi que vous faites signe, Monsieur ? » L’homme tordait maintenant sa casquette nerveusement. « N’êtes-vous pas frère Branham ? » « Oui, c’est moi. Mais je ne devrais pas prier pour quelqu’un ici sinon je vais déclencher une émeute. Si vous pouvez trouver une place dans la ligne de prière, je… » « Oh, je ne demande pas des prières pour moi », expliqua l’homme. « Je suis un ambulancier. Aujourd’hui, j’ai emmené une patiente âgée et très malade du Missouri. Elle agonise dans mon ambulance. Je pense qu’elle est peut-être déjà morte. Je ne peux trouver de médecin nulle part et je ne sais pas ce que je devrais faire. Pourriez-vous venir la voir ? » « Monsieur, ce n’est pas à moi de constater le décès. Vous devriez vous adresser à un entrepreneur de pompes funèbres. » L’ambulancier le pressa. « Si vous pouviez seulement venir. Son mari est tout simplement frénétique et peut-être pourriez-vous le calmer. » Billy savait où l’ambulance était stationnée. Les agents de la circulation avaient désigné un endroit exclusivement pour les ambulances. « Je ne crois pas pouvoir parvenir à cette dame. Il doit y avoir 2 000 personnes entre nous et cette ambulance. »
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« Nous allons vous aider », offrit l’un des quatre huissiers. Billy accepta donc d’y aller. Après s’être fait pousser de tous côtés et non sans beaucoup de difficulté, ils atteignirent la rangée d’ambulances. Les quatre huissiers demeurèrent à l’extérieur pendant que Billy et l’ambulancier grimpèrent dans l’ambulance. Un homme d’âge avancé s’y trouvait, agenouillé près du corps inerte d’une vieille femme ridée. La chemise de l’homme était rapiécée et sa salopette délavée. On voyait ses bas à travers les trous de ses chaussures. Une barbe d’une semaine couvrait son visage fatigué. Il était voûté au-dessus du lit, hochant faiblement la tête, il sanglotait : « Oh, Maman, Maman, pourquoi m’as-tu quitté ? » La façon dont l’homme agrippait son vieux chapeau de paille rappelait à Billy son père. Il demanda : « Qu’est-ce qui se passe, Monsieur ? » Le vieil homme leva la tête. « Êtes-vous le médecin ? » « Non, je suis frère Branham. » « Oh, frère Branham, pauvre Maman. » Il jeta un regard à la femme immobile sur la civière. « Je l’ai perdue, j’en suis sûr. Elle a arrêté de respirer il y a quelques instants. Elle voulait tellement vous voir avant de mourir. Elle a été une si bonne femme pour moi. Elle a élevé mes enfants et labouré les champs à mes côtés, m’aidant à chaque étape de notre vie. Elle a eu un cancer dans ses organes féminins il y a quelques années. Nous l’avons emmenée à Saint- Louis pour que les médecins puissent l’opérer, mais cela n’a pas changé grand-chose. Son état continuait à empirer. » Il se tourna vers Billy et dit d’une voix amère : « Ce matin, nous écoutions la radio lorsqu’un homme témoigna que bien qu’il ait été aveugle pendant dix ans, il avait été complètement guéri après que vous ayez prié pour lui. Nous n’avions plus d’argent puisque j’avais utilisé toutes mes économies pour payer l’opération. Mais je suis allé vendre quelques courtepointes qu’elle avait cousues et des mûres qu’elle avait mises en conserve et j’ai engagé cet ambulancier pour nous amener jusqu’à Jonesboro. » Il regarda tristement sa femme de nouveau. « Maintenant, elle est morte et je ne sais pas ce que je vais faire sans elle. Je vais être si seul. »
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D’une voix réconfortante, Billy dit : « Eh bien, Papa, la seule chose que je puisse faire est d’offrir une prière. » Billy ne savait pas si la femme était décédée ou non. À vrai dire, elle semblait morte. L’ambulancier lui avait enlevé son dentier et ses lèvres s’étaient toutes affaissées. Elle avait ce qui ressemblait à de l’eau boueuse dans les yeux. Son front était froid et collant. Billy prit sa main droite dans sa main gauche pour tâter son pouls. Il ne le trouva pas. De plus, la main gauche de Billy ne pouvait pas détecter les vibrations du cancer. Courbant la tête, Billy dit calmement : « Cher Seigneur Jésus, je Te prie d’accorder Ta grâce à mon frère, aide-le et bénis-le. Et pour cette femme qui a fait tout ce chemin croyant que… » Billy pensait avoir senti la femme serrer sa main. Ouvrant les yeux, il l’étudia attentivement. Elle avait toujours l’air d’un cadavre. Était-ce son imagination ou un spasme musculaire ? Billy ferma les yeux et continua sa prière, mais quelques instants plus tard, il sentit la pression de nouveau. Cette fois, il savait qu’elle était en vie. Il ouvrit les yeux et étudia son visage. La peau de son front se plissa. Elle ouvrit les yeux et le regarda. Billy ne dit pas un mot. Le vieil homme avait toujours les yeux fermés, se tordant les mains, la tête relevée vers le plafond. La femme leva sa tête lentement et demanda : « Quel est votre nom ? » « Je suis frère Branham. » Le vieil homme baissa la tête et se mit à crier d’étonnement : « Maman ! » Puis rempli de joie, il l’entoura de ses bras et balbutia : « Maman ! Maman ! » Comme la couleur revenait sur les joues de la vieille femme, Billy nota qu’il ne pouvait toujours pas sentir les vibrations du cancer dans son corps. Cela signifiait que la maladie était partie.32
32 Billy revit cette femme huit ans plus tard. En 1954, elle était
forte et en santé.
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Les cris du vieil homme avaient attiré l’attention de quelques personnes autour de l’ambulance et ils regardaient maintenant par la fenêtre. L’ambulancier dit à Billy : « Je crois qu’ils viennent de réaliser qui vous êtes. Vous allez avoir de la difficulté à retourner au bâtiment. » Billy savait que l’ambulancier avait raison. Il avait été en sécurité lorsqu’il s’était déplacé à travers la foule pour venir ici, car les gens ne l’avaient jamais vu auparavant. La plupart de ces gens avaient attendu des jours durant afin d’avoir une chance d’entrer et de se joindre à la ligne de prière. Aussitôt qu’ils sauraient qu’il était au milieu d’eux, la nouvelle se répandrait comme une traînée de poudre et il aurait de la difficulté à retourner à l’auditorium. Billy eut soudainement une idée. Il dit à l’ambulancier : « Si vous vous teniez dos à cette fenêtre et enleviez tranquillement votre manteau, cela cacherait l’intérieur de l’ambulance juste assez longtemps pour que je puisse me glisser à l’extérieur par l’autre porte. Si je peux sortir d’ici sans être vu, je vais être sauf. Personne ne me connaît à l’extérieur. Je pourrai me déplacer derrière la foule vers le stationnement d’en arrière. Vous allez devoir dire aux huissiers de m’attendre là-bas. Je ne crois pas pouvoir traverser la foule dans l’auditorium sans leur aide. » « Je vais leur dire », dit l’ambulancier. Puis, il tourna le dos à la fenêtre où plusieurs visages l’observaient. Il retira lentement un bras de sa manche, obstruant efficacement les petites fenêtres de l’ambulance. « Allez-y. » Billy sortit tranquillement de l’autre côté et marcha rapidement derrière la rangée d’ambulances jusqu’au stationnement arrière. Les projecteurs électriques illuminaient la bruine qui tombait sur les milliers d’hommes, femmes et enfants qui attendaient aux portes arrière de l’auditorium. Billy se sentait complètement anonyme puisqu’aucune personne ici ne l’avait vu auparavant. Alors, au lieu d’attendre l’aide des huissiers, il décida de traverser la foule seul. Une grosse voix rauque lui dit sèchement : « Arrêtez de pousser ! »
236 | Livre Trois : L’homme et sa commission « Excusez-moi », dit Billy en essayant toujours de continuer son chemin. Un homme costaud et bourru se retourna pour lui faire face : « J’ai dit : arrêtez de pousser ! » grogna-t-il. « Oui, Monsieur » dit Billy penaud. « Excusez-moi. » S’écartant de la foule, Billy se demanda ce qu’il devait faire. Les huissiers n’étaient nulle part en vue. Il entendit la voix d’une femme dire : « Papa ! Papa ! » Billy se retourna pour voir d’où venait le cri et aperçut une jeune fille noire d’environ 17 ans qui essayait de se frayer un chemin parmi la foule de gens de race blanche. Il était évident qu’elle était aveugle ; ses yeux étaient couverts de cataractes. Et, à cause de la loi de Jim Crow sur la ségrégation raciale, personne ne voulait l’aider. La fille avançait à tâtons vers Billy. Billy se fraya un chemin jusqu’à ce qu’il soit directement dans sa trajectoire. En peu de temps, elle se buta contre lui. « Excusez-moi, dit-elle, mais je suis aveugle et j’ai perdu mon papa. Pourriez-vous m’aider à trouver l’autobus vers Memphis ? » Billy regarda la rangée d’autobus qui étaient alignés au bout du stationnement. « Oui, je peux vous aider », dit-il. « Que faites-vous ici ? » « Mon papa et moi sommes venus pour voir le guérisseur », répliqua-t-elle. « Comment avez-vous entendu parler de lui ? » « Ce matin, à la radio, j’ai entendu un homme raconter qu’il n’avait pas prononcé un seul mot pendant des années et que maintenant il pouvait parler. Un autre homme a dit qu’il recevait une pension depuis 12 ans à cause de sa cécité et que maintenant il pouvait voir assez bien pour lire sa Bible. Cela m’a redonné espoir pour ma vue. Quand j’étais une petite fille, j’ai commencé à avoir ces cataractes dans les yeux. Le docteur a dit que lorsque je serai plus vieille, il pourrait les enlever, mais maintenant que je suis plus âgée, il dit que les cataractes se sont enroulées autour des nerfs
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optiques et qu’il ne peut pas les opérer. Alors ma seule chance est de me rendre jusqu’au guérisseur. Mais ce soir est son dernier soir et mon papa et moi n’avons même pas pu nous approcher du bâtiment. Maintenant, j’ai perdu mon papa et je ne peux même pas retourner à l’autobus. Gentil Monsieur, pourriez-vous m’aider s’il vous plaît ? » « Oui, madame, je vais vous aider. Mais avant, j’aimerais vous poser quelques questions à propos du guérisseur dont vous parlez. Croyez-vous que Dieu a envoyé un ange et qu’Il guérit les malades aujourd’hui ? » « Oui, Monsieur, je le crois. » « Vous voulez dire que vous croyez cela même s’il y a tant de bons médecins et d’hôpitaux aux alentours ? » Billy avait un peu honte d’utiliser la cécité de la jeune fille de cette façon, mais il voulait éprouver sa foi. Elle lui répondit rapidement : « Pas un seul de ces docteurs ne peut m’aider. Monsieur, si vous me prenez par la main et me conduisez au guérisseur, je pourrai trouver mon papa toute seule ensuite. » Billy ne pouvait plus continuer à faire semblant. « Sœur, peut-être suis-je la personne que vous désirez voir. » Elle agrippa la manche de son manteau de toutes ses forces. « Êtes-vous le guérisseur ? » demanda-t-elle. « Non, madame. Je suis frère Branham, le prédicateur. Jésus-Christ est le guérisseur. Maintenant si vous voulez bien lâcher mon manteau… » Billy saisit ses poignets pour qu’elle lâche prise. La jeune fille serra le pan de son manteau encore plus fort. Elle l’avait trouvé et n’avait pas l’intention de le laisser aller. « Ayez pitié de moi, frère Branham », supplia-t-elle. « Sœur, voudriez-vous me laisser tenir votre main pendant que je vais prier ? » Billy réussit à lui faire lâcher son manteau. Il pouvait sentir les vibrations des cataractes dans son bras alors qu’il commençait à prier. « Cher Jésus, un jour Tu as porté cette vieille
238 | Livre Trois : L’homme et sa commission croix rugueuse dans les rues, le sang coulant sur Tes épaules, Ton petit corps frêle tremblant sous la charge. Un homme de couleur du nom de Simon de Cyrène est venu près de Toi, a pris la croix et T’a aidé à la porter.33 Et maintenant, une des enfants de Simon vit dans un monde de ténèbres constantes. Je suis sûr que Tu comprends… » La fille frissonna. « Quelque chose m’a traversée », dit-elle en tremblant. « Mes yeux sont si froids. » Billy pouvait sentir les vibrations dans son bras diminuer ; la vie démoniaque venait tout juste de quitter les cataractes. « Sœur, fermez vos paupières pour un moment. C’est ça. Les cataractes rapetissent. Dans un instant, vous allez être capable de voir. Ne dites rien à propos de cela sinon les gens vont me reconnaître. Je ne veux pas que les gens sachent que je suis ici. Maintenant, ouvrez lentement les yeux. Jésus vous a redonné la vue. » Ses paupières s’ouvrirent en papillotant. Elle leva la tête : « Est-ce que ces choses sont des lumières ? » dit-elle, le souffle coupé. « Oui. Pouvez-vous les compter ? » « Il y en a quatre ! Est-ce que ce sont des gens qui se promènent ? » Avant que Billy puisse répondre, elle cria de toutes ses forces. Plusieurs se retournèrent. « Loué soit Dieu ! Je peux voir ! Je peux voir ! J’étais aveugle, mais maintenant je vois ! » 34 Les gens commencèrent à se rassembler autour de Billy et la jeune fille. Juste à ce moment, le groupe d’huissiers repéra Billy et vint à son secours. Mais avant qu’ils ne parviennent à l’emmener avec eux, un homme à la jambe tordue appuyé sur un bâton cria : « Je sais que vous êtes frère Branham. Ayez pitié de moi. Je suis ici depuis huit jours. J’ai cinq enfants à la maison et je suis estropié. Jean 33 Matthieu 27.32 ; Marc 15.21 ; Luc 23.26 34 Des années plus tard, Billy rencontra cette femme. Elle travaillait comme serveuse et lui dit qu’elle n’avait jamais eu de problème avec ses yeux depuis le jour de sa guérison en 1946 à Jonesboro, Arkansas.
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crois que vous êtes un bon garçon. Si vous demandez à Dieu de me guérir, Il le fera. » Billy dit : « Alors au Nom de Jésus-Christ, donnez-moi votre bâton… » Sans hésitation, l’homme estropié donna à Billy sa canne de fabrication artisanale. Instantanément, sa jambe tordue se redressa et l’homme pouvait maintenant marcher sans aide. Claquant son soulier sur la chaussée, l’homme dit : « Je suis guéri ! Je suis guéri ! » Excitée, la foule s’approcha davantage. Les quatre huissiers protégèrent Billy de leur mieux alors qu’ils essayaient de se frayer un chemin jusqu’à l’auditorium. Les gens qui étaient assez proches tendaient la main afin de toucher les vêtements de Billy comme il passait près d’eux. Que son complet soit rapiécé ne les dérangeait pas du tout.
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Billy et Meda avec la jeune Rebekah
Chapitre 34
Le choc du retour
1946
À JONESBORO cet automne-là, William Branham demeura sur la plate-forme pendant huit jours et huit nuits d’affilée, priant pour un flot continu de malades et de nécessiteux. Il prenait ses repas sur l’estrade et dormait derrière la chaire pendant que les gens dans la ligne de prière attendaient patiemment qu’il se réveille et poursuive son travail. À la fin de la semaine, Billy était si fatigué qu’il sentait battre ses tempes. Il n’avait plus de poils sur le dos de ses mains à force de se les arracher pour demeurer éveillé. Mais malgré sa fatigue, il ne voulait pas arrêter. Il voulait demeurer là et prier pour tous les malades qui viendraient ; mais il ne put y parvenir. Les nouvelles des guérisons et des miracles étaient comme un aimant, attirant des milliers de gens de plus à Jonesboro tout au long de la semaine. Lorsque Billy finit par arrêter, le huitième soir de la campagne de guérison, la ligne de prière était encore plus longue que lorsqu’il avait commencé. Billy était épuisé physiquement et mentalement. Le Pasteur Reed le mit au lit, mais Billy était si nerveux qu’il ne pouvait s’endormir. Il se tourna et retourna sous les couvertures pendant des heures. Il finit par décider de partir tout de suite pour Jeffersonville, là où il pourrait dormir dans son propre lit pendant des jours sans être dérangé. Après quelques heures de route, Billy avait de la difficulté à garder les yeux ouverts. Pour se garder éveillé, il commença à se cogner la jambe contre la porte jusqu’à ce qu’elle soit totalement bosselée. Une fois, il s’endormit. Un coup de klaxon le réveilla en sursaut, juste à temps pour qu’il puisse se ranger du bon côté de la
242 | Livre Trois : L’homme et sa commission route. Ébranlé, il stationna l’auto sur l’accotement afin de pouvoir reprendre ses esprits. Meda dormait toujours à poings fermés sur la banquette arrière. Billy sortit de l’auto, espérant qu’une marche le rafraîchirait. Il s’endormit quelque part, épuisé. Lorsqu’il reprit connaissance, il était debout dans un pâturage, la main étendue, marmonnant : « Croyez seulement, sœur. C’est tout ce que vous avez à faire. Croyez. » Il secoua sa tête vigoureusement, pensant : « Que se passe-t-il avec moi ? On dirait que je perds l’esprit. » Ils arrivèrent à Jeffersonville tard dans la soirée et arrêtèrent chez les parents de Meda pour prendre les enfants. Rebekah avait maintenant 5 mois. Billy ne l’avait pas vue depuis trois mois, il n’était donc pas surprenant qu’elle ne le reconnaisse pas. Lorsqu’il essaya de la prendre dans ses bras, elle se mit à pleurer et lutta pour retourner dans les bras de sa mère. Cela lui fit de la peine. « Elle ne me reconnaît pas », se lamenta-t-il. Tout en berçant Rebekah pour la calmer, Meda désigna une photo de Billy sur la table d’appoint. « J’ai cette même photo sur notre commode. Je la lui ai montrée chaque jour, disant : “C’est ton papa.” » Billy examina la photographie, puis se regarda dans le miroir de l’entrée. « Elle peut bien ne pas me reconnaître. J’ai perdu 9 kg [20 lb] ; j’ai perdu beaucoup de cheveux ; mes épaules sont même voûtées. Je ne me ressemble plus du tout. » Un autre choc les attendait lorsqu’ils arrivèrent chez eux : de longues files d’autos étaient garées des deux côtés de la rue et environ 200 personnes attendaient dans sa cour. « Qu’est-ce que tout cela ? » demanda Meda. Billy rougit. « Partout où je suis allé, j’ai donné notre adresse en invitant les gens à s’arrêter chez nous s’ils passaient près de Jeffersonville et avaient besoin de prière. Mais je ne pensais pas qu’ils se présenteraient ici si tôt. » Billy pria pour les gens qui étaient dans sa cour jusqu’à tard dans la nuit. Finalement, la dernière personne s’en alla. Meda aida Billy à se mettre au lit. Il était deux heures du matin. Il était allongé là,
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tranquille, sombrant dans un état vague de demi-sommeil, quand il se réveilla en sursaut. Il avait des crampes dans les jambes. Meda était assise sur le bord du lit. « Billy, sais-tu ce que tu étais en train de faire ? » « Je pensais que je dormais. » « Tu enlaçais ton oreiller et tu murmurais : “Qui est le suivant ?” Maintenant, si vous vouliez tout simplement croire, parce que l’ange m’a dit que si je pouvais amener les gens à me croire… “Billy, je m’inquiète pour toi.” » Ils entendirent une voiture arriver. Cela semblait être une vieille auto. Le ralenti du moteur chevrotait, faisant vibrer les ailes. Bientôt, quelqu’un cogna à la porte. Meda mit ses doigts sur les paupières de Billy et les ferma gentiment. « Je vais leur dire de revenir demain. Dors, mon chéri. » Billy pouvait entendre une voix d’homme venant de la cuisine qui disait : « Le bébé est malade depuis longtemps. Il n’arrête pas de pleurer. Il pleure jour et nuit. Le médecin ne trouve pas le problème. » Billy entendait le bébé faire des bruits étranges, sa respiration était sifflante, comme s’il essayait de pleurer, mais n’avait plus l’énergie pour produire un son. Le bruit ne semblait même pas humain. Billy entendit Meda dire : « Je viens juste de mettre Billy au lit et je ne veux pas le réveiller maintenant. » Puis Billy entendit une autre femme dire : « Nous venons du nord de l’Ohio. Nous avons voyagé toute la journée et toute la nuit pour venir ici. » Billy pensa : « Comment pourrais-je dormir alors que ce pauvre bébé souffre dans l’autre pièce et qu’une prière pourrait peut-être l’aider ? » Il se leva et, chancelant, se rendit dans l’autre pièce, revêtu de son pyjama. Un bébé de dix semaines était couché sur la table de la cuisine, enveloppé d’une couverture. Son petit visage se tordait alors qu’il essayait de pleurer faiblement. Billy demanda à tout le monde de s’agenouiller et de prier ensemble Celui qui avait la puissance de délivrer ce bébé souffrant : Jésus-Christ. Le bébé
244 | Livre Trois : L’homme et sa commission arrêta de pleurer et son visage se détendit. Dix minutes plus tard, lorsque le couple s’apprêtait à partir, le bébé riait et roucoulait. Avant que Billy ait le temps de retourner au lit, une autre auto arriva dans la cour. Billy entendit des pas courir vers la maison. Quelqu’un cognait fort à la porte. Billy laissa entrer un jeune homme excité dans la cuisine. Le jeune homme dit : « Frère Branham, ma sœur fait une appendicite. Elle est dans un très mauvais état. Elle est censée subir une opération à Louisville dans la matinée, mais mon père ne pense pas qu’elle soit en mesure de supporter le voyage jusqu’à l’hôpital. C’est une route de montagne très cahoteuse. On habite à environ 56 km à l’ouest d’ici, près de Milltown. Nous savons ce que Dieu a fait pour Georgie Carter, alors mon père m’a envoyé vous demander si vous viendriez prier pour ma sœur. Viendriez-vous ? » Sans hésiter une seconde, Billy répondit : « D’accord. Laissez-moi changer de vêtements rapidement. Je prendrai ensuite mon auto et vous suivrai. » Meda commença à pleurer. « Chéri, tu vas t’endormir quelque part. » « Non, tout ira bien, chérie », la rassura Billy. Son assurance ne dura pas plus d’une vingtaine de kilomètres. Ses paupières étaient devenues aussi lourdes que des plombs. Afin de demeurer réveillé, parfois il se pinçait ou se mordait les doigts ; il alla même jusqu’à se mettre du crachat sur les paupières. Le jeune homme avait eu raison : les conditions routières étaient terribles, surtout pendant les 12 derniers km où la route n’était plus que deux ornières longeant une clôture jusqu’au sommet. Au moins, il n’avait plus besoin de lutter contre le sommeil ; l’auto rebondissait chaque fois que ses pneus heurtaient une roche ou s’enlisaient dans un nid de poule. Ils stationnèrent leur véhicule dans la cour. Après avoir salué le père et la mère, Billy fut conduit au chevet d’une jeune fille d’environ 18 ans. Sa peau était pâle et la sueur perlait à ses tempes. Elle montra à Billy son côté enflé.
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Le père de la jeune fille dit : « Elle n’a pas mangé depuis trois jours. Aujourd’hui, elle ne pouvait même pas avaler de l’eau. Elle doit subir une intervention chirurgicale plus tard dans la matinée. Une ambulance doit venir la chercher dans quelques heures, mais son état s’est tellement détérioré que j’ai peur qu’elle ne puisse survivre au trajet. » Billy était familier avec l’appendicite, ayant observé son ami Sam Adair opérer plusieurs patients. Si l’appendice de la fille était sur le point de rompre, ce qui semblait être le cas, elle ne survivrait certainement pas les 64 km jusqu’à New Albany. Ces 12 premiers km, à eux seuls, étaient assez pour l’achever. La jeune fille demanda nerveusement : « Oh, frère Branham, pensez-vous que je vais survivre ? » Choisissant ses mots avec soin, Billy dit : « Je crois que vous allez être guérie si vous avez assez de foi. Croyez-vous que Jésus-Christ peut vous guérir ? » Sa réponse jaillit de ses lèvres en un flot de paroles nerveuses : « Oh, oui, je crois. Mon église dit que les jours des miracles sont passés, mais je ne me soucie pas de ce que mon église dit, je crois. Georgie Carter a été guérie et je serai guérie aussi. J’ai peur de l’opération. » Ayant été témoin de milliers de miracles et de guérisons au cours des six derniers mois, Billy perçut le doute et la crainte cachés sous la confession nerveuse de la jeune fille. « Sœur, je ne voudrais pas vous blesser, mais vous ne croyez pas. Habituellement, il y aurait assez de temps pour vous laisser prendre le petit peu de foi que vous avez et vous amener à croire en votre guérison. Mais ceci est une urgence. Vous devez croire dès maintenant ou, je vais être honnête avec vous, vous ne vivrez pas assez longtemps pour voir l’hôpital. » La jeune fille et ses parents n’apprécièrent pas sa franchise, mais Billy n’avait pas le choix. La situation était urgente. Il avait décidé d’être radical pour qu’elle puisse saisir pleinement la situation. Billy était assis au bord du lit de la jeune fille, du côté le plus proche du centre de la pièce. Ses parents et quelques voisins, eux, étaient assis de l’autre côté, près du mur. Il y avait un plafonnier au centre de la
246 | Livre Trois : L’homme et sa commission pièce. De son abat-jour pendait une cordelette au bout de laquelle était attaché un bracelet rouge et blanc, le tout pendant à mi-chemin entre le plafond et le plancher. Billy ignorait l’utilité de ce bracelet. Peut-être servait-il à amuser le bébé. Quoi qu’il en soit, Billy réalisa que le bracelet saurait lui être utile. Billy demanda aux adultes de se tourner face au mur puis il se tourna vers la jeune fille : « À quelle distance croyez-vous que ce bracelet se trouve de vous ? » « À environ 4 ou 5 m [15 à 20 pi]. Pourquoi ? » « Vous me dites que vous avez la foi pour croire que tout est possible. Je veux que vous me le prouviez. Je veux que vous regardiez ce bracelet suspendu à cet endroit et que vous le fassiez tournoyer. Ensuite, je veux que vous le fassiez osciller d’avant en arrière ; puis arrêtez-le. Si vous arrivez à faire cela, je saurai que vous avez assez de foi pour l’accomplissement d’un miracle. » La surprise initiale de la jeune fille se mua en déception. « Oh, frère Branham ! Pourquoi me demandez-vous quelque chose comme ça ? Personne ne peut faire cela. » « Oh, oui ! » dit Billy. « Quelqu’un qui a la foi pourrait le faire. Jésus a dit, “Tout est possible à celui qui croit.” » Elle était toujours sceptique. « Mais Jésus parlait de choses spirituelles. Ceci est matériel. Pourriez-vous le faire ? » « Oui, madame. » « Pourriez-vous le faire devant moi ? » « Si vous le voulez. Gardez les yeux fixés sur le bracelet. » Billy fixa ses propres yeux sur le bracelet et concentra sa foi. Il avait vu Dieu faire tant de miracles qu’il savait que toutes choses étaient réellement possibles à ceux qui croient. L’instant d’après, le bracelet se mit à tournoyer au bout de la cordelette. Puis il le fit osciller d’avant en arrière comme un pendule pour ensuite l’immobiliser. La fille en eut le souffle coupé : « Frère Branham, c’est du spiritisme ! »
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« J’ai bien pensé que vous me diriez quelque chose comme ça. Non, ce n’est pas du spiritisme, c’est la foi. Les spirites utilisent cela plusieurs fois pour exécuter des tours comme briser du verre, plier des cuillères et ainsi de suite, mais c’est toujours la foi. » La fille ne pouvait pas comprendre ce qu’il disait. « J’appartiens à l’Église de Christ. On dit ce que la Bible dit et on demeure silencieux où la Bible est silencieuse. Et il n’y a rien de ce genre dans la Bible. » « Certainement que c’est dans la Bible », dit Billy. « Souvenez-vous de ce matin où Jésus alla vers un figuier pour cueillir des figues. Lorsqu’il n’en trouva pas, il maudit le figuier et l’arbre se mit à dessécher. Lorsqu’il revint ce soir-là, l’arbre avait séché jusqu’aux racines. Pierre remarqua à quel point la mort de l’arbre avait été subite alors Jésus répondit que non seulement on pourrait faire la même chose au figuier, mais que si l’on disait à cette montagne de bouger, sans douter dans notre cœur, elle se déplacerait.35 Ne l’a-t-Il pas dit ? Certainement qu’Il l’a dit. Je sais bien que votre pasteur essaie de justifier sa propre incrédulité en disant que Jésus parlait d’une montagne de péchés, mais c’était du Mont des Oliviers dont il était question. Et Il a dit que cela ne prenait qu’un tout petit peu de foi, pas plus que la grosseur d’une graine de moutarde. Maintenant si une si petite quantité de foi peut déplacer une montagne, combien de foi avez-vous besoin pour faire bouger ce bracelet ? » La fille ne répondit pas. Son souffle était laborieux à cause de la douleur qui la tenaillait. Billy essaya une autre approche. « Écoutez, sœur. Un ange est venu à moi il y a de cela cinq mois et m’a dit qu’avant même le jour de ma naissance, j’avais été préordonné par Dieu pour apporter un don de guérison divine aux gens de la terre. Je me suis tenu face à face avec un être surnaturel qui m’a dit que si je pouvais amener les gens à me croire et être sincère quand je priais, rien ne s’opposerait à ma prière. Si vous croyez de tout votre cœur, c’est cela qui va toucher Dieu. Votre foi vous sauvera. Pas ce
35 Matthieu 21.18-22 ; Marc 11.12-14
248 | Livre Trois : L’homme et sa commission que vous vous êtes répété dans votre pensée, mais ce que vous croyez réellement. » Puis la jeune fille répondit : « Frère Branham, je sais qu’il y a quelque chose au-delà de ce que je peux atteindre. Que Dieu ait pitié de moi. Je vais essayer de tout mon cœur de croire en Lui. » Prenant sa main droite dans sa main gauche, Billy regarda sa propre main devenir rouge et enflée au rythme des vibrations invisibles. Il avait senti les vibrations de l’appendicite auparavant et était familier avec le modèle de petits boutons qui se formaient sur le dos de sa main. À cause de l’intensité des vibrations, il savait que le cas était sévère. Comme il demandait au Seigneur Jésus d’intervenir, les vibrations diminuèrent puis cessèrent complètement. Sa main gauche redevint normale. Billy dit : « Que Dieu vous bénisse, sœur. Votre foi vous a sauvée. » Au milieu de la joie et du soulagement qui traversèrent la pièce, Billy s’assit et s’endormit instantanément. Quelques heures plus tard, il se réveilla avec des rayons de soleil sur le visage. Le père lui dit bonjour et serra la main de Billy avec enthousiasme pour le remercier. « J’ai appelé les ambulanciers et leur ai dit qu’ils n’avaient plus besoin de venir puisque ma fille était complètement guérie. » La fille était maintenant assise à la cuisine en train de manger de la crème glacée. « Je me sens si bien, frère Branham. L’enflure a complètement disparu de mon côté et je n’ai plus mal du tout. Et j’ai tellement faim ! »
Chapitre 35
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1947
M AINTENANT qu’il était de retour à Jeffersonville, Billy découvrit que de nouvelles responsabilités l’attendaient. Des lettres lui arrivaient de partout à travers les États-Unis et le Canada. Au début, Billy et Meda essayèrent de répondre eux-mêmes à tout ce courrier. Mais chaque jour, le facteur déposait à leur porte un gros sac rempli de lettres et Billy réalisa bientôt que c’était tout simplement trop de travail. Il loua un petit bureau et engagea M. et Mme Cox, des membres de sa congrégation, comme secrétaires. Avec leur aide, Billy séparait les lettres en deux piles. La première pile, qui était aussi la plus grosse, contenait les lettres de gens qui décrivaient leurs troubles et leurs besoins et qui désiraient qu’il prie pour eux. Billy considérait ces lettres comme une autre part de sa commission et priait avec ferveur pour chacune des requêtes. La deuxième pile contenait les lettres des différents prédicateurs qui l’invitaient à venir tenir des campagnes de guérison dans leur localité. Billy mettait ces invitations de côté et demandait à Dieu de lui montrer là où il devait aller. Il finit par tracer un itinéraire qui le garderait occupé jusqu’à la première moitié de l’année 1947. Premièrement, alors que les états plus au nord seraient encore sous la neige, il voyagerait dans le Sud, en commençant par la Louisiane, puis il se dirigerait vers l’ouest pour atteindre le Texas, l’Arizona et la Californie. Plus tard au printemps, il passerait plusieurs mois plus près de la maison avant d’aller vers le nord, en Saskatchewan et en Alberta, au Canada. Même s’il n’était pas encore tout à fait remis de son épuisement, Billy était impatient de retourner au travail pour lequel Dieu l’avait
250 | Livre Trois : L’homme et sa commission commissionné. Il commença à Shreveport, Louisiane où il était censé tenir cinq réunions pour le révérend Jack Moore, pasteur d’une église pentecôtiste indépendante connue sous le nom de Life Tabernacle. Lorsque le Révérend Moore emmena Billy à son église pour le premier service, il fut stupéfait de voir son grand tabernacle si rempli d’étrangers que son invité et lui avaient de la difficulté à pénétrer à l’intérieur. C’était simplement le bouche-à-oreille qui avait attiré des gens de partout à travers l’Arkansas et la Louisiane. Jack Moore décida qu’ils avaient besoin de plus d’espace, alors il loua l’auditorium d’une école secondaire. Ils ne tinrent que deux réunions à cet endroit avant qu’ils ne retournent au Life Tabernacle. Les gens arrivaient si tôt à l’auditorium et en si grand nombre qu’ils troublaient les journées d’école. Cette semaine-là fut une semaine comme Jack Moore n’en avait jamais vu auparavant ; cinq soirées remplies de miracles et de merveilles. Plus tard, il écrira : « Les gens étaient devenus humbles et tendres parce qu’ils savaient que Jésus de Nazareth était présent dans son serviteur… Oui, les jours de la Bible étaient ici à nouveau. Il y avait là un homme qui mettait en pratique ce qu’il prêchait. Je ne dis pas cela pour élever un homme, mais bien pour préciser que notre profonde appréciation pour notre frère (William Branham) provient du fait que son ministère semble rapprocher notre Seigneur Jésus plus près de nous, nous rendant plus familiers avec sa Parole, sa personnalité, sa déité, comme jamais rien ni personne ne l’avaient fait auparavant… »36 Sentant qu’il devait en savoir plus à propos de ce ministère phénoménal, Jack Moore laissa son assemblée entre les mains de son assistant-pasteur afin de pouvoir voyager avec William Branham pour le reste de l’année. Après la Louisiane, Billy prit l’avion pour le Texas et y tint des réunions pendant 15 soirs de suite. Il se rendit ensuite à Texarkana et San Antonio. Pendant la première réunion à San Antonio,
36 William Branham, Un Homme envoyé de Dieu, par Gordon Lindsay, 1950, pages 103 — 104
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quelque chose se produisit qui remua profondément l’essence même de son âme. Le service venait tout juste de commencer ; le directeur de chant venait de présenter Billy à l’auditoire et la foule attendait avec révérence et anticipation. Alors que Billy marchait sur la plate-forme en direction de la chaire, un homme qui était assis sur l’estrade se leva et se mit à parler dans une langue inconnue, en mitraillant un flot de mots inintelligibles. Lorsqu’il eut terminé, l’auditoire demeura tranquille. Un autre homme se leva à l’arrière de l’auditorium et dit d’une voix forte : « Ainsi dit le Seigneur : “L’homme marchant sur la plate-forme s’avance avec un ministère qui a été ordonné par le Dieu Tout-Puissant. Comme Jean le Baptiste a été envoyé pour annoncer la première venue de Jésus-Christ, cet homme est envoyé pour annoncer sa seconde venue. » » » Billy se sentit si faible et étourdi que ses genoux flanchèrent. Il s’agrippa à la chaire tout en disant dans le microphone : « Monsieur, vous à l’arrière qui venez juste d’interpréter la prophétie, connaissez-vous cet homme sur la plate-forme qui a parlé en langues ? » L’homme qui était à l’arrière se leva de nouveau. Il avait l’air d’un cow-boy. « Non, Monsieur, je ne le connais pas. » « Avez-vous déjà entendu parler de moi auparavant ? » « J’ai entendu parler de vous pour la première fois aujourd’hui. » « Comment vous êtes-vous retrouvé ici ce soir ? » « Les gens pour qui je travaille prévoyaient de venir aux réunions ce soir et m’ont demandé si je voulais les accompagner, alors je suis venu. » Se tournant vers l’homme qui était sur la plate-forme et qui avait parlé en langues, Billy demanda : « Connaissez-vous cet homme qui a interprété la prophétie ? » « Non, Monsieur. » « Pourquoi êtes-vous ici ce soir ? »
252 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Je suis un commerçant local, j’ai vu l’annonce dans un journal à propos d’un “‘guérisseur divin »’ ; alors j’ai décidé de venir voir ce qu’il en était. » Ayant étudié 1 Corinthiens 12 jusqu’à 14, Billy savait que « l’interprétation des langues » était un don du Saint-Esprit. Cependant, Billy soupçonnait depuis longtemps que ce que les pentecôtistes appelaient les « langues » n’était en réalité qu’une excitation qui frisait le fanatisme. Cette « interprétation-ci » ne pouvait se classer dans aucune de ces trois catégories. Celle-ci semblait véritable parce que l’étranger avait répété ce que Billy avait entendu ce jour de 1933 pendant qu’il baptisait dans la rivière Ohio alors que l’étoile était apparue au-dessus de sa tête. Cela s’était passé il y a plus de 14 ans ! Billy frissonna, se demandant s’il y avait plus dans son ministère que la prière pour les malades.
APRÈS LE TEXAS, Billy voyagea jusqu’à Phoenix, Arizona.
Le stress continuait à l’épuiser — mais une étrange sorte de stress.
Cela lui semblait bien plus que de longues heures passées debout et
de nuits trop courtes. Lorsque Billy priait pour les malades, il
pouvait sentir les forces démoniaques qu’il combattait. C’était aussi
épuisant que de creuser un fossé dans un sol rocheux à l’aide d’un
pic et d’une pelle lorsqu’il travaillait pour la compagnie des Services
publics à Jeffersonville. Chaque fois que Billy prenait la main droite
d’un patient dans sa main gauche, permettant ainsi à la maladie de
vibrer de son bras jusqu’à son cœur, il pouvait sentir une partie de
son énergie s’envoler : de l’énergie qui ne se récupérait pas après
une nuit de sommeil.
Billy apprit sur les démons en joignant ce qu’il lisait dans la Bible
à ce qu’il exprimait en priant pour les malades. Il lut dans le
Nouveau Testament comment les démons chassés d’une personne
pouvaient ensuite chercher à s’installer chez une autre.37 Il avait
observé le même phénomène se produire dans ses réunions.
Pendant qu’un patient dans la ligne de prière était délivré de la folie,
une personne irrévérencieuse dans l’auditoire pouvait recevoir du
37 Matthieu 8.28-32 et 12,43-45
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coup cette même maladie. Dans une réunion en particulier, un groupe de gens s’était montré irrespectueux, huant et émettant des sifflements pendant que Billy priait pour un jeune homme étendu sur le sol, secoué de spasmes épileptiques. (Tout épileptique qui venait dans la présence de l’ange du Seigneur faisait automatiquement une crise.) Le jeune homme fut promptement délivré. Aussitôt que les vibrations dans la main de Billy cessèrent, les incroyants irrespectueux, qui étaient environ une douzaine, furent atteints de crises d’épilepsie. Après cet incident, Billy devint très prudent. Lorsqu’il sentait un cas plus rebelle, il demandait à l’auditoire de courber la tête et de prier avec lui. Il découvrit que même les incroyants étaient en sécurité s’ils étaient respectueux pendant ses réunions. Un soir, à Phoenix, une enfant s’avança dans la ligne de prière. Billy prit la main de la fillette et sentit les vibrations particulières de l’épilepsie. Aussitôt, la fillette se mit à faire une crise, tomba sur la plate-forme et fut secouée de spasmes. L’auditoire retenait son souffle. Billy demeura calme et demanda aux gens de courber la tête. Lorsqu’il inclina la tête pour prier, il sentit comme une coupure dans le flot continu de foi. Il regarda dans la foule et repéra un homme qui n’avait pas courbé sa tête. Billy dit dans le microphone : « Il y a un homme à ma droite qui n’a pas courbé la tête. Monsieur, même si vous ne croyez pas, s’il vous plaît, inclinez la tête et soyez respectueux. Ces puissances démoniaques peuvent se déplacer d’une personne à l’autre. » L’homme ne courba pas la tête. Un des huissiers s’approcha de lui et lui parla à l’oreille puis monta sur la plate-forme et dit à Billy : « C’est M. K —, un personnage public de la ville de Phœnix. Il dit que tout cela n’est que de la psychologie. Il insiste pour garder la tête haute. » Billy prit le microphone à nouveau. « D’accord, Monsieur. Je vous aurai averti. C’est tout ce que je peux faire. » Puis Billy se tourna vers la fillette qui était toujours sur le sol, émettant de lents bruits gutturaux. Billy pria : « Dieu, ne laisse pas cette enfant innocente souffrir à cause de l’incrédulité de cet homme. Bénis l’enfant et délivre-la. » La fillette se calma et ouvrit les yeux. Son
254 | Livre Trois : L’homme et sa commission tuteur se rua à l’avant pour l’aider et ensemble ils descendirent de la plate-forme en louant Dieu. M. K — sourit triomphalement, comme pour montrer qu’il avait eu raison. Malheureusement, sa victoire fut de très courte durée. Lors de son dernier soir à Phœnix, Billy promit à la foule qu’il essaierait de prier pour tous les malades qui étaient dans le bâtiment. Cela aurait été impossible à faire s’il avait eu à prendre la main de chaque personne pour que les vibrations révèlent la maladie. Ce soir-là, il essaya quelque chose de différent. Il appela cela une ligne de prière rapide. Les gens dans la ligne de prière avançaient à un rythme régulier pendant que Billy posait la main sur leur épaule alors qu’ils passaient, demandant au Seigneur Jésus de les guérir. De tous les miracles qui eurent lieu ce soir-là, le plus stupéfiant fut celui de Haddie Waldorf, une femme qui se mourait de cancers du cœur, du foie et du colon. Comme les médecins avaient abandonné tout espoir, elle essayait maintenant désespérément de voir cet homme qui proclamait avoir un ange à ses côtés pendant qu’il priait pour les malades. Le mari de Haddie et un interne de l’hôpital la transportèrent à la réunion sur une civière. Pendant qu’ils attendaient dans la ligne de prière, elle sentit sa vie commencer à s’envoler. Elle dit à son mari : « Amène-moi à l’avant même si je meurs. » Ils étaient loin derrière. Pendant que la ligne avançait petit à petit, elle perdit conscience. Bientôt, sa poitrine cessa de bouger. Ne pouvant trouver son pouls, l’interne remonta le drap sur son visage. Mais M. Waldorf garda sa place dans la ligne avec détermination. Il dut attendre près d’une heure avant d’atteindre Billy. Quelqu’un l’avertit qu’on lui amenait un cadavre. Billy arrêta le flot de la ligne de prière afin de pouvoir prier un peu plus longuement pour ce cas. La femme était froide lorsqu’il la toucha. Lorsque Billy demanda à Dieu de redonner la vie à Haddie Waldorf, celle-ci se mit non seulement à respirer, mais elle put
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s’asseoir et, un peu plus tard, elle sortit du bâtiment de ses propres forces.38 Cette longue ligne de prière à Phoenix fut remplie de miracles et de guérisons. Même si Billy faisait de courtes prières, il lui fallut jusqu’à trois heures du matin pour toucher tous les malades qui passèrent. Selon l’estimation de Jack Moore, Billy pria pour 2 500 personnes en cette nuit de février 1947.
AU MOINS DE MARS, Billy se dirigeait vers la côte de la Californie. Ses premières réunions à Los Angeles remplirent la grande église de Monterey Park à tel point que les églises coopératrices durent déplacer les réunions à l’auditorium municipal de Long Beach. Le deuxième soir de la campagne, trois hommes et une jeune femme s’avancèrent dans la ligne de prière en transportant une femme inconsciente sur une civière. Billy prit la main flasque de la patiente et ressentit les vibrations familières. « C’est le cancer », dit-il. La jeune femme répondit : « Oui. Son nom est Melikian. Je suis sa fille et cet homme est son médecin. Elle s’est récemment rendue à Saint-Louis et a subi l’ablation des deux seins, espérant que le cancer cesserait de se répandre, mais cela ne changea rien. Dieu est maintenant sa seule chance. » Penchant la tête, Billy demanda à Dieu d’opérer un miracle. Les vibrations dans sa main cessèrent. Il était sur le point de la déclarer guérie lorsqu’un sentiment étrange l’envahit et il dit sans même réfléchir : « Ainsi dit le Seigneur : “Dans trois jours, cette femme fera ses courses dans les marchés de rue.” » Le médecin, qui se tenait tout près et qui de façon évidente n’était venu que pour faire plaisir à la famille, renifla d’indignation.
38 Mme Haddie Waldorf continua d’assister aux réunions de William Branham jusqu’à la mort de celui-ci en 1965. Il la saluait souvent dans l’auditoire et mentionnait ce merveilleux miracle.
256 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Quelle idée, Révérend Branham ! Cette femme est mourante. Comment pouvez-vous donner de tels faux espoirs aux gens ? » Billy répondit calmement : « Docteur, si cette femme n’est pas guérie et ne fait pas ses courses d’ici trois jours, vous pourrez mettre une pancarte sur mon dos qui mentionne que je suis un faux prophète et me promener à travers la ville sur le capot de votre voiture. » Vers la fin de la semaine, Billy fut réveillé au son de coups frappés à la porte de sa chambre d’hôtel. Dans le couloir se tenait l’officiel de l’église chargé de s’assurer que Billy ne soit pas dérangé dans son intimité. Derrière lui se tenaient deux hommes élégamment vêtus. « Je suis désolé de vous déranger, frère Branham, mais ces deux hommes ont besoin de vous voir. Je sais que vous avez besoin de votre sommeil, mais leur mission est si extraordinaire que j’ai pensé… » « Entrez. Que puis-je faire pour vous ? » Les deux hommes pénétrèrent à l’intérieur et le porte-parole alla droit au but. « Nous sommes des agents pour M. Melikian. » « Melikian ? » Billy répéta le nom, essayant de se rappeler où il l’avait entendu. « M. Melikian dirige l’entreprise vinicole Mission Bell. Sa femme a été guérie du cancer dans une de vos réunions cette semaine. » Billy se souvenait maintenant de la femme inconsciente étendue sur la civière. « Comment se porte-t-elle ? » « M. Branham, sa guérison a stupéfié tout le monde, spécialement son médecin. Le jour après que vous ayez prié pour elle, elle a repris connaissance et s’est assise dans son lit. Le troisième jour, elle est allée faire des courses avec sa fille, exactement comme vous l’aviez dit. M. Melikian vous est si reconnaissant qu’il nous a envoyés pour vous remettre ce chèque de 1 500 000 $ [1 050 000 €]. » L’homme tendit le chèque. Billy ne bougea pas. Il pensait à sa famille qui vivait dans une petite baraque de deux pièces à
Refusant un cadeau de 1 500 000 $ | 257
Jeffersonville et à sa femme qui devait aller puiser de l’eau à un puits à quelques maisons de distance de chez eux pour ensuite revenir vider l’eau usée parce qu’ils n’avaient pas de système de plomberie. Il pensait à quel point la maison était froide et humide en hiver et comment Meda mettait des guenilles sous les portes et les fenêtres pour empêcher l’air froid d’entrer. Ce serait merveilleux de pouvoir offrir quelque chose de mieux à sa femme et à ses enfants ; mais pourtant… Pendant tant d’années, Billy avait lutté pour comprendre son appel. Lorsqu’il avait refusé de suivre la volonté de Dieu pour sa vie, en 1937, il avait si atrocement souffert que maintenant, même un chèque de 1 500 000 $ [1 050 000 €] ne pouvait le détourner de ses convictions. Il savait qu’il n’avait pas guéri Mme Melikian de son cancer ; le Seigneur Jésus-Christ l’avait guérie. Comment pourrait-il accepter une récompense pour quelque chose qu’il n’avait pas fait ? De plus, Billy avait remarqué les trois pierres d’achoppement si souvent responsables de la ruine des hommes qui avaient commencé à vivre pour Dieu : les femmes, la popularité et l’argent. Tout prédicateur qui flirtait avec une de ces trois causes d’échec s’exposait à glisser et à chuter. Depuis longtemps, Billy avait résolu de s’éloigner de ces choses, peu importe le prix qu’il devait payer. « Messieurs » dit-il fermement : « Je ne veux même pas regarder ce chèque. Dites à M. Melikian que j’apprécie son geste, mais que je ne peux pas accepter son argent. » 39
APRÈS LA DERNIÈRE ligne de prière à Long Beach, Californie, qui se termina à deux heures du matin, Billy, engourdi et quasi inconscient, se rendit en titubant vers la voiture qui l’attendait. Jack Moore et Young Brown conduisirent à travers la ville pendant une heure, parlant à Billy, essayant de l’amener à réagir. Ils ouvrirent sa fenêtre pour que la pluie lui martèle le visage. Finalement, Billy revint à lui suffisamment pour vouloir aller se coucher.
39 2 Rois 5.1-16
258 | Livre Trois : L’homme et sa commission Ils le reconduisirent à son hôtel. Un groupe de personnes s’était assemblé dans une petite salle d’attente, à la sortie de l’ascenseur, appelant le nom de Billy et voulant lui parler. Pendant que Moore et Brown le poussaient à travers la pièce, une femme tomba devant lui et agrippa son pantalon. Jack Moore se pencha pour la repousser, mais Billy lui fit signe, disant : « Écoutons au moins son histoire. » Malgré l’assurance qu’il allait l’écouter, la femme ne lâcha pas prise. Le désespoir se lisait dans ses yeux. « Frère Branham, je suis Mme K — . Mon mari et moi étions à vos réunions à Phœnix. Lorsque vous étiez en train de prier pour cette enfant épileptique, mon mari a refusé de courber la tête. Le jour suivant, il s’est mis à se sentir étrange. Il pensa que ce n’était que son imagination. Deux jours plus tard, les policiers l’ont retrouvé errant dans le centre-ville de Phœnix. Il avait perdu l’esprit. Il ne sait plus qui il est ni ce qu’il fait. » Billy remarqua un homme qui se tenait à l’arrière du groupe. Ses yeux étaient creux, son visage émacié, il était échevelé, ses vêtements étaient chiffonnés et ses joues recouvertes d’une barbe clairsemée. « Est-ce votre mari ? » demanda Billy. « Oui, frère Branham » gémit Mme K — . « J’ai essayé de l’amener dans la ligne de prière chaque soir, mais je n’ai jamais pu me rendre jusqu’à vous. Je suis désespérée. Quelque chose doit être fait. Il ne mange pas. Je dois même le faire boire. » Elle posa son front sur le soulier de Billy. Se tournant vers Jack Moore, Billy dit : « Amenez M. K — dans ma chambre pour que je puisse le voir en privé. » Jack Moore prit la main de M. K — et le guida vers la chambre aussi facilement que s’il avait été un enfant. Billy essaya de suivre, mais Mme K — était toujours agrippée à sa jambe et refusait de lâcher prise. Finalement, Moore et Brown durent transporter Billy dans leurs bras, traînant Mme K — derrière eux. Après avoir verrouillé la porte, ils réussirent à la convaincre de lâcher la jambe de Billy.
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« Sœur, dit Billy, il y a environ un an, un ange du Seigneur m’est apparu et m’a dit que j’aurais un don de guérison divine pour les peuples de la terre. Il m’a dit que si j’étais sincère et pouvais amener les gens à me croire, rien ne se tiendrait devant ma prière. J’ai découvert que c’était vrai ; il n’y a pas une affliction, peu importe la gravité, qui n’a pas été guérie si je priais assez longtemps pour cette personne. Me croyez-vous ? » « Oui, frère Branham. » M. K — était assis immobile, sans cligner des yeux, le regard fixe et vide. Mais lorsque Billy s’approcha de lui, il recula et rugit comme un animal. Pour des raisons de sécurité, Moore et Brown tinrent Mme K — par le bras pendant que Billy imposait les mains à son mari et commençait à prier. La victoire ne fut pas obtenue facilement. Pendant 45 minutes, Billy lutta avec le démon de la folie. Finalement, M. K — cligna des yeux et regarda autour de la pièce, comme quelqu’un qui avait dormi longtemps et qui venait de se réveiller dans un endroit inconnu, se demandant où il était et ce qu’il y faisait. Après que sa femme lui eut raconté les événements, M. K — prit Billy par le cou et l’embrassa tel un frère retrouvé après une longue absence. Il quitta l’hôtel, l’esprit aussi vif qu’auparavant ; cependant, il était devenu passablement plus en harmonie avec l’Évangile de Jésus-Christ.
Chapitre 36
Une foi d’Apache
1947
L ORSQUE WILLIAM BRANHAM arriva à Oakland, Californie, à la mi-mars 1947, il entendit parler du petit David Walker, un « garçon prédicateur » qui tenait des réunions évangéliques dans la ville les mêmes soirs que Billy devait prier pour les malades. Cela éveilla la curiosité de Billy au point où il termina son service plus tôt le premier soir de sa campagne afin d’aller écouter le petit David Walker prêcher. Billy aima ce qu’il entendit. Même si David Walker n’était qu’un adolescent maigrichon, il maniait la Parole de Dieu avec une sagesse et une assurance bien au-delà de son âge. Après le service, Billy s’avança pour faire sa connaissance. Pendant leur conversation, les deux évangélistes comparèrent la taille des foules qui assistaient à leurs réunions respectives. Le petit David Walker prêchait à Oakland depuis déjà plusieurs soirs, mais son bâtiment n’était jamais rempli à plus du tiers. (L’auditorium qu’il avait loué pouvait asseoir 7 000 personnes, mais ses foules comprenaient environ 2 500 personnes.) De son côté, Billy tenait des réunions dans un auditorium qui pouvait asseoir 3 000 personnes, mais lors de sa première réunion, il y eut une foule d’au moins 7 000 personnes. Le petit David suggéra d’échanger d’auditorium. C’est ce qu’ils firent et tout se déroula pour le mieux des deux côtés. Billy voulut payer la différence de prix entre les deux auditoriums, mais le garçon ne voulut pas en entendre parler, disant : « Peut-être qu’un jour, ce sera moi qui aurai besoin de votre aide. »
262 | Livre Trois : L’homme et sa commission Pendant ce temps, Jack Moore, qui suivait toujours les campagnes Branham, prit l’avion pour Ashland, Oregon, afin de persuader son ami Gordon Lindsay de venir voir ce ministère phénoménal. Moore décrivit avec exubérance la puissance de Dieu dont il avait été témoin tous les soirs ; l’enflure dans la main de Billy, les maladies révélées, l’aveugle, le sourd et le boiteux délivrés et les démons chassés. Il le convainquit qu’il s’agissait là de quelque chose qui en valait le détour. Ils conduisirent donc jusqu’en Californie et arrivèrent à temps pour les réunions de Billy à Sacramento. Le service de ce soir-là secoua Gordon Lindsay jusqu’aux racines mêmes de sa foi. À l’âge de 41 ans, Lindsay était maintenant un prédicateur du plein Évangile depuis 23 ans : les cinq dernières années, il avait été pasteur d’une congrégation à Ashland, Oregon, mais avant cela, il avait passé 18 ans à faire le travail d’évangéliste, voyageant à travers les États-Unis et le Canada. Durant toutes ces années et pendant toutes ses réunions, il n’avait jamais vu la puissance du Saint-Esprit se manifester aussi tangiblement que ce soir-là à la réunion de Sacramento. Cela éleva sa foi au maximum. Comme il souhaitait pouvoir partager son expérience avec ses amis ! Pendant qu’il pensait aux pasteurs et aux congrégations qu’il connaissait à travers le pays, une idée se forma dans son esprit. Le lendemain, Gordon Lindsay rencontra Billy et lui partagea ses pensées. Ce fut le début d’une grande amitié qui allait avoir d’importantes répercussions pour tous les deux. De Sacramento, Billy alla à Santa Rosa, Californie. Un samedi soir, les huissiers avaient de la difficulté à empêcher un jeune homme de contourner la ligne de prière. Ils pensaient qu’il ne voulait pas attendre son tour. Le brouhaha qui en résulta dérangeait Billy pendant qu’il priait pour un malade. Billy entendit le jeune homme dire : « Je ne veux pas être dans la ligne de prière, je veux seulement poser une question au prédicateur. » S’avançant au bord de la plate-forme, Billy demanda : « Que voulez-vous, Monsieur ? » Le jeune homme demanda : « Comment épelez-vous votre nom ? » Billy trouvait que c’était une raison étrange pour tant d’agitation. Il répondit : « B-R-A-N-H-A-M. »
Une foi d’Apache | 263
L’homme regarda un morceau de papier qu’il tenait dans sa main puis se tourna et cria d’une voix excitée dans la foule : « Maman, ça y est ! Ça y est ! » La mère s’avança et expliqua : « Mon mari et moi sommes des évangélistes pour les Assemblées de Dieu. J’ai le don de parler en langues et mon mari a le don de l’interprétation. Il y a 22 ans, je priais en langues et mon mari en a donné l’interprétation, prophétisant d’une soirée comme celle-ci. J’ai écrit la prophétie et l’ai conservée dans un coffre pendant toutes ces années. Lorsque j’ai entendu parler de vos réunions, j’ai ressorti le papier, mais nous voulions être sûrs que vous étiez bien la personne de la prophétie. » Elle retira le papier des mains de son fils et le passa à Billy. Il y était écrit : Ainsi dit le Seigneur : « Dans les derniers jours, avant l’avènement du Seigneur, j’enverrai Monserviteur William Branham sur la côte Ouest. »
« Il y a 22 ans ! » pensa Billy. « Cela était donc en 1925, alors que je n’avais que 16 ans. » Un frisson lui traversa le dos. Ici, dans cette vieille prophétie, se trouvait une autre preuve que son ministère avait été préordonné par Dieu pour une raison spéciale.
VERS LA FIN du mois d’avril 1947, Billy retourna à Phoenix afin de tenir une réunion spécifiquement pour la population espagnole de la ville. C’était la première fois qu’il devait diriger une réunion par l’intermédiaire d’un interprète. Pendant la journée, Billy rencontra un missionnaire chrétien qui travaillait avec les Apaches à la réserve indienne de San Carlos, 80 km à l’est de Phoenix. Le missionnaire avait amené avec lui trois Indiens malades, espérant que ces Indiens auraient une place dans la ligne de prière et puissent être guéris. Le missionnaire invita Billy à venir tenir une réunion dans la réserve indienne. Billy promit au missionnaire que si Dieu guérissait les trois Indiens ce soir-là, il tiendrait une réunion pour les Apaches.
264 | Livre Trois : L’homme et sa commission Ce soir-là, Billy lança un défi audacieux. Il était maintenant si convaincu que Jésus-Christ désirait guérir le peuple que sa propre foi avait très peu de limites. (L’ange du Seigneur ne lui avait-il pas dit que s’il était sincère et pouvait amener les gens à le croire, rien ne résisterait à sa prière ?) Après tous les miracles dont il avait été témoin dans la dernière année, Billy ne craignait pas de s’attaquer aux cas les plus difficiles qu’il pouvait trouver. Il les accueillait même avec joie, sentant qu’ils étaient une preuve supplémentaire que son Dieu pouvait faire toute chose. Maintenant, devant ces gens de langue espagnole, il dit : « Amenez-moi quelqu’un qui est estropié ou affligé, amenez-moi le pire cas que vous pourrez trouver. Je vous garantis que cette personne sera guérie avant même que j’aie fini de prier pour elle. » Quelqu’un amena une fillette mexicaine qui n’avait jamais marché de sa vie. Elle était horriblement déformée : son dos était arqué et ses jambes étaient recroquevillées, inertes. Sans même l’ombre d’un doute, Billy commença à prier pour la délivrance de la petite fille. Cinq minutes passèrent sans qu’il y ait aucun changement… puis dix minutes… puis quinze. Billy n’était pas inquiet. Il savait que Dieu le ferait. Le temps que ça prendrait n’était pas important. Vingt minutes passèrent… puis trente. Billy continuait doucement d’implorer Dieu de délivrer l’enfant de sa prison. Une heure passa… puis une heure et demie. Les gens dans l’auditoire devinrent agités tout en essayant d’avoir la même confiance que le petit homme sur l’estrade semblait posséder. Après une heure quarante-cinq minutes, la petite fille mexicaine poussa un cri. Son dos craqua alors qu’elle redressait sa colonne pour la première fois de sa vie. L’auditoire vibrait d’excitation et de soulagement alors que la fillette qui avait été estropiée toute sa vie se tenait maintenant sur ses deux jambes et marchait sur la plate-forme en tenant la main de Billy.
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William Branham chancelant sous l’onction alors qu’il exerce son
ministère à la réserve indienne de San Carlos
En réponse, les gens se jetèrent en une ligne de prière pour attendre leur tour. Par l’intermédiaire d’un interprète, Billy pria pour les malades et les nécessiteux durant dix heures de plus. Ces gens de langue espagnole croyaient en Jésus-Christ d’une foi si pure que plusieurs miracles se produisirent ce soir-là. Parmi les centaines de miracles qui eurent lieu ce soir-là, les trois Indiens apaches amenés par le missionnaire furent guéris. Fidèle à sa parole, Billy se rendit quelques jours plus tard à la réserve indienne de San Carlos pour y tenir une réunion. La petite église en bois était trop petite pour contenir les centaines et centaines d’Indiens qui s’étaient assemblés pour entendre Billy prêcher, alors le missionnaire brancha un microphone et un
266 | Livre Trois : L’homme et sa commission amplificateur à plusieurs haut-parleurs qu’il installa à l’extérieur. Des familles étendirent des couvertures sur le sol et s’y assirent pour écouter. Billy commença à parler juste comme le soleil se couchait. Une femme apache servit d’interprète. Comme l’Ouest américain avait toujours été cher au cœur de Billy, il avait beaucoup lu au sujet des Indiens et s’était souvent penché sur leur condition. C’était peut-être le soupçon de sang indien qui coulait dans ses veines qui lui donnait une telle empathie pour ces Apaches. Ce soir-là, comme il ouvrait son cœur à ses frères et sœurs à la peau rouge, il ressentit son sermon encore plus profondément que d’habitude. Il dit aux Indiens qu’il était désolé pour la façon dont leurs ancêtres avaient été maltraités par les hommes blancs. Et il savait que même aujourd’hui, l’intérêt fondamental des Indiens était rarement considéré par le gouvernement des États-Unis. « Mais il y a quelqu’un qui va toujours être juste envers vous, leur dit-il, et c’est le Seigneur Jésus-Christ. » Lorsque Billy eut fini de prêcher, il demanda à ceux qui avaient besoin de prière de former une ligne à sa droite. Pas un seul Indien ne se leva. Étonné, Billy demanda à son interprète, Guy Evans, ce qui n’allait pas. Guy Evans ne le savait pas. Ils étaient probablement sceptiques. Retournant à la mission, le missionnaire ramena quelques-unes de ses aides qui avaient accepté de s’avancer pour la prière. La première fut une Indienne avec un papoose attaché dans son dos. La femme ne parlait pas anglais. Aussitôt que Billy prit sa main droite dans sa main gauche, il put sentir le pouls d’une vibration démoniaque. Il ressentit comme une décharge électrique allant de son bras à son cœur. Le dos de sa main devint rouge et enflée, et de petits boutons blancs apparurent sur sa peau. Billy dit dans le microphone : « Madame, vous avez une maladie vénérienne. » La femme le regarda d’un regard étonné qui semblait vouloir dire : « Comment le saviez-vous ? » Puis elle admit que c’était la vérité.
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Tenant toujours sa main, Billy expliqua le don de guérison à l’auditoire, décrivant comment le signe dans sa main pouvait sentir les vibrations de toutes les maladies causées par des microbes et des virus. Il ferma ensuite ses yeux et courba la tête, demandant à Jésus-Christ de guérir cette femme de son affliction. Lorsqu’il leva la tête, sa main gauche était redevenue normale. Ceux qui étaient assis à l’avant purent le voir. Elle était guérie. Des murmures d’étonnements parcoururent les rangées des sceptiques. La suivante dans la ligne de prière fut une mère avec sa fille. Billy prit la main de la fillette puis se tourna vers l’interprète et dit : « Je ne sais pas ce qui ne va pas avec elle. Ce n’est pas une maladie causée par un virus parce que je ne sens pas la réaction d’une autre vie en elle. » Comme la mère ne parlait que la langue Apache, Guy Evans dut lui demander quel était le problème de sa fille. Puis Guy expliqua à Billy : « Cette fille ne peut pas parler ou entendre. Elle a eu une fièvre lorsqu’elle était un bébé et cela l’a rendue comme cela. » Billy prit la fillette dans ses bras et pria : « Seigneur Jésus, s’il Te plaît fais quelque chose qui va permettre à ces gens de comprendre. » Lorsqu’il eut terminé sa prière, il sut qu’elle était guérie. Il la pressa à essayer de parler. Un regard surpris vint sur son visage. Elle inclina sa tête et regarda sa mère avec un air interrogateur qui lui indiqua en se servant de signes qu’elle devrait essayer de parler. La petite fille marmonna quelques sons inintelligibles. Billy dit en s’excusant : « Oh, elle parlera mieux dans quelque temps. » Guy Evans sourit et dit : « Elle parle très bien maintenant. » Voyant le miracle, l’auditoire devint excité avec des commentaires chuchotés de voisin à voisin. Ils devinrent rapidement silencieux lorsqu’une autre mère s’avança avec son petit garçon. Billy le prit par la main, mais ne put sentir aucune vibration. Lorsqu’il demanda à la mère ce qu’il avait, elle le saisit par les cheveux et lui versa la tête par en arrière, révélant des yeux qui
268 | Livre Trois : L’homme et sa commission louchaient. À toutes les fois que Billy voyait un enfant qui louchait, cela lui rappelait sa fille, Sharon Rose, alors qu’elle se mourrait de la méningite. Ses yeux s’étaient mis à loucher à cause de la douleur. Billy demanda à la foule de courber la tête. Puis il prit le petit garçon apache dans ses bras afin que la tête du garçonnet soit appuyée contre son épaule, dos à la foule. Avec toute la sincérité qu’il possédait, Billy demanda à Dieu de délivrer l’enfant. Lorsqu’il sentit que le Saint-Esprit avait guéri l’enfant, Billy demanda aux Indiens de lever la tête. Sans même jeter un regard au petit garçon, il le tourna face à la foule. Les Apaches murmurèrent leur approbation. Les yeux du gamin étaient maintenant parfaitement alignés. Grâce à l’interprète, Billy demanda au petit garçon de bouger les yeux de tous côtés pour démontrer sa guérison. Cela fut convaincant. Des nuages de poussière se levèrent dans la salle alors que des centaines d’Apaches se ruèrent à la droite de Billy pour recevoir la prière eux aussi. Billy était émerveillé par la foi toute simple des Apaches. Lorsque ces Indiens virent le surnaturel agir au milieu d’eux, ils ouvrirent tout grand leur cœur et en recueillirent les bienfaits. Une vieille femme au dos voûté s’avança à l’avant à l’aide de deux manches à balai en guise de béquilles. Ses cheveux étaient décorés de bandes de cuir et sa peau brune était ridée par les années, le soleil et le vent. Lorsqu’elle leva les yeux sur Billy, des larmes coulaient sur ses joues plissées. Billy pouvait sentir sa foi, son amour et son respect. Avant même qu’il ne commence à prier pour elle, elle se redressa d’elle-même et lui tendit ses béquilles. Puis elle quitta la plate-forme sans aucune aide. Toute la nuit, Billy pria pour la longue file d’Apaches. À l’aube, il remarqua que plusieurs Indiens dans la ligne de prière étaient mouillés de la taille aux pieds. Il demanda à Guy Evans quelle en était la cause. Guy expliqua : « Au début, ils pensaient que vous étiez un imposteur. Mais lorsqu’ils virent les yeux du garçon redevenant droits, plusieurs marchèrent des kilomètres, passèrent à gué la rivière, trouvèrent leurs bien-aimés et les ramenèrent pour la prière. »
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Deux Indiens, qui étaient détrempés de la taille aux pieds, transportaient un vieil homme sur une civière de fortune faite de branchages mal dégrossis. L’air était frais. Billy demanda au premier Indien : « N’avez-vous pas peur d’attraper une pneumonie ? » L’homme répondit : « Jésus-Christ prendra soin de moi. J’ai amené mon papa. Je crois que Jésus le guérira. » Posant les mains sur le vieillard, Billy pria : « Que le Seigneur Jésus vous guérisse et vous rétablisse. » Les deux jeunes hommes transportèrent le vieil homme en bas de l’estrade. Après que Billy eut prié pour plusieurs autres personnes, il entendit des cris. Lorsqu’il regarda pour essayer d’en trouver l’origine, il vit le vieil homme se tenir sur ses jambes, criant et agitant sa civière dans les airs. Le matin suivant, les Indiens demandèrent à Billy s’il aimait chasser. Billy savait que cette réserve était située là pour empêcher les blancs de chasser en territoire apache alors il considéra l’invitation comme un honneur. « Oui, j’aime beaucoup chasser. » Ils partirent à dos de poneys, remontant un canyon. La chasse fut merveilleuse. Il y avait tellement de dindons sauvages que Billy aurait pu les attraper avec ses mains.
Chapitre 37
La réprimande de l’ange
1947
E N MAI 1947, William Branham fut impliqué dans le miracle le plus stupéfiant qu’il ait jamais vu. Il tenait des réunions sous la tente à Vandalia, Illinois. Comme d’habitude, la foule débordait de la tente jusque dans le stationnement. Le premier soir, Billy lança le même défi qu’il lançait à chaque nouvelle campagne depuis les réunions avec les gens espagnols à Phœnix le mois précédent. Il dit : « Amenez-moi le pire cas que vous pourrez trouver et accordez-moi assez de temps pour prier pour la personne et je vous garantis que Jésus-Christ va guérir cette personne avant même qu’elle ait quitté l’estrade. » Une femme arriva en guidant un garçon de 16 ans. Elle se pencha et murmura quelque chose à l’oreille de Billy. Se tournant vers le microphone, Billy annonça : « Cette mère me dit que son fils est né aveugle. » Un murmure tendu parcourut l’auditoire, comme si la foule se demandait : « Serait-ce là quelque chose de trop difficile pour Dieu ? » Mais Billy croyait que Dieu allait le faire. Il avait vu tellement de miracles au cours de cette dernière année qu’il savait qu’avec Dieu, tout était possible à ceux qui croyaient. Posant la main sur l’épaule du garçon, il pria pour un miracle au Nom de Jésus. Les minutes s’écoulèrent. Une demi-heure passa… puis une heure… une heure et demie… sans résultat. Il pleuvait à torrents sur le toit de toile de la tente. La foule commençait à devenir agitée. Il ne faisait aucun doute que plusieurs se demandaient pendant
272 | Livre Trois : L’homme et sa commission combien de temps encore cet évangéliste pourrait prier face à une si grande impossibilité. Après tout, le garçon était né aveugle. Mais la foi de Billy ne faillit pas et il continua à prier sa prière toute simple. Il gardait en tête les paroles de l’ange : « Si tu es sincère et peux amener les gens à te croire, rien ne résistera à ta prière, pas même le cancer. » Après une heure et quarante-cinq minutes de prière, le garçon commença à trembler. Il tourna la tête vers la droite, puis vers la gauche. Avec un cri, il s’éloigna de Billy, se jetant dans les bras de sa mère. Elle le tint fermement contre elle alors qu’il poussait des petits cris d’excitation et agitait ses bras dans toutes les directions, montrant du doigt tout d’abord les lumières, puis tous les objets autour de lui. Il pouvait voir ! La foule fut inondée de foi en la puissance de guérison de Jésus-Christ. Des centaines de miracles eurent lieu en même temps ; des infirmes quittaient leur fauteuil roulant, jetaient leurs béquilles dans les airs ou se levaient de leur civière. Rien ne semblait impossible. Une fois le service terminé, les huissiers ramassèrent tous les fauteuils roulants et les béquilles abandonnées et les amassèrent en un énorme monceau. Billy, qui se tenait toujours derrière la chaire, regardait la scène avec joie et satisfaction. Une femme et un garçon revinrent dans la tente, marchant vers lui dans l’allée sablonneuse. C’était le jeune homme qui était né aveugle. Maintenant, c’était lui qui guidait sa mère dans l’escalier qui montait vers l’estrade. Les yeux du garçon étaient humides d’émotion. « J’ai dit à ma mère que je voulais voir l’homme qui m’a ouvert les yeux. » Billy sourit : « J’espère que tu vas Le voir un jour, parce que c’est le Seigneur Jésus qui a ouvert tes yeux. » Le garçon prit la cravate de Billy et se mit à l’examiner. « Ces choses qui sont là, est-ce que c’est ce qu’on appelle des rayures ? » La mère du jeune homme, qui se tenait derrière eux, éclata en larmes de joie. Lorsque Billy arriva à sa chambre d’hôtel, il était deux heures du matin. Il partageait une chambre avec son fils Billy Paul et son frère
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cadet Donny. Âgé de 22 ans, Donny aidait Billy pendant les réunions, distribuant des cartes de prière avant chaque service et aidant à organiser et diriger les gens qui s’alignaient pour la prière. Billy Paul, qui avait maintenant 11 ans, était venu juste pour le plaisir. Comme l’école était presque terminée, Billy allait le laisser l’accompagner pendant tout l’été. Cette chambre d’hôtel à Vandalia avait deux grands lits. Donny et Billy Paul étaient déjà endormis dans l’un d’eux. Mettant son pyjama, Billy se blottit dans l’autre lit et s’endormit lui aussi. Seulement quelques minutes s’étaient écoulées lorsque quelque chose le réveilla en sursaut. « Oh ! là là, est-ce déjà le matin ? » se demanda-t-il, observant une lumière qui grandissait dans la pièce. « On dirait que je viens juste de me coucher. Eh ! attends une minute, la fenêtre est de l’autre côté de la pièce. Ce n’est qu’un mur ça là-bas. » La lumière était de plus en plus intense. Maintenant, elle ressemblait plus à un nuage fluorescent sans contours définis. Billy savait que c’était un esprit, mais de quel genre d’esprit il s’agissait, il ne le savait pas encore. Il y avait tellement de démons qui étaient chassés lorsqu’il priait pour les malades et, une fois séparés de leurs hôtes, il n’était pas inhabituel que quelques-uns de ces démons le suivent jusqu’à sa chambre d’hôtel après le service. Il sentait ensuite leur pression dans la chambre pendant des heures et il entendait parfois des bruits qui sonnaient comme des clochettes. Se glissant hors de ses couvertures, Billy s’agenouilla près de son lit, ferma les yeux et pria. Son cœur battait la chamade à cause de la terreur du surnaturel. Il pouvait sentir l’esprit s’approcher. Lorsque la présence atteint le bord du lit, il sut que c’était l’ange du Seigneur. Il le savait parce que c’était le même sentiment qu’il avait expérimenté dans la cabane l’année précédente lorsque l’ange l’avait rencontré et lui avait donné sa commission. C’était une présence différente de celle des vies démoniaques qu’il combattait dans les lignes de prière. Ces esprits étaient méchants et menaçants ; cet Esprit était saint et inspirant.
274 | Livre Trois : L’homme et sa commission
Billy dit : « Oh ! Père Céleste, que veux-Tu me dire par Ton ange ? Ton serviteur écoute. » La réponse ne vint pas immédiatement. Billy attendit. Même s’il gardait les yeux fermés, il savait que l’ange était toujours là. Il pouvait sentir sa présence au pied de son lit. Cinq minutes plus tard, l’ange s’approcha jusqu’à ce qu’il soit au-dessus du lit, juste devant Billy. Puis, aussi clairement que n’importe laquelle autre parole qu’il avait entendue dans sa vie, Billy entendit la voix profonde et résonnante de l’ange dire : « Ta commission était de prier pour les malades. Tu limites trop le don de guérison à l’aspect spectaculaire des miracles. Si tu continues comme cela, il viendra un jour où les gens ne te croiront pas à moins de voir un miracle. » Ces mots ne furent pas prononcés sévèrement, mais ils frappèrent tout de même le cœur de Billy comme un couteau tranchant. Il repensa aux défis qu’il avait lancés pendant les réunions du mois passé : « Amenez-moi le pire cas que vous pourrez trouver et je vous garantis que Jésus-Christ va le guérir… » Billy ne savait pas qu’il déplaisait au Seigneur en lançant ce défi ; il avait seulement voulu exalter la puissance de Jésus-Christ devant les gens. Mais ses bonnes intentions ne rectifiaient pas la situation. Humblement, Billy dit : « Je ne le ferai jamais plus. J’en prends Dieu à témoin ! » Il sentit l’ange s’éloigner de lui. Ouvrant les yeux, Billy vit qu’il s’était arrêté au milieu de la chambre, entre le lit et le petit lavabo dans le coin. Il était suspendu dans les airs, vibrant et tourbillonnant dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Billy le regarda un moment. Il se sentait soulagé, comme si son péché lui avait été pardonné. Puis, sous l’impulsion du moment, il dit : « Monsieur, est-ce que cela vous ferait quelque chose si mon petit garçon vous voyait ? » Ce n’était pas là une requête sans but. Depuis le jour où Billy avait commencé à voyager à travers les États-Unis, Billy Paul était devenu obsédé par la possibilité de perdre son père. Souvent avant que Billy ne parte, Billy Paul suppliait : « Papa, ne me quitte pas. Mère est partie et qui d’autre sur la terre ai-je sinon toi ? J’ai si peur que tu partes et ne reviennes jamais. » Bien sûr, Billy essayait de le
La réprimante de l’ange | 275
rassurer. Pourtant, cela le faisait toujours réfléchir une seconde fois avant de partir. Puis il pensait à ce que Jésus dit : « Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. »40 Et Billy finissait toujours par partir. Il n’était pas facile de laisser son fils en détresse. Maintenant, agenouillé près de son lit à Vandalia, Illinois, avec cette lumière surnaturelle suspendue dans les airs et Billy Paul endormi dans l’autre lit, il vint à l’esprit de Billy que si son fils voyait l’ange du Seigneur, peut-être Billy Paul réaliserait-il à quel point il était important pour son père de le quitter parfois pour aller travailler pour le Seigneur. Même si l’ange ne répondit pas directement à la question de Billy, il ne quitta la chambre pas non plus. Billy en déduit que cela devait être correct. Ne voulant pas bouger, Billy essaya de réveiller Billy Paul d’un fort murmure : « Billy. Psst… Billy ! » Le garçon ne bougea pas alors Billy appela son frère. « Donny. Donny ! » Il n’y eut pas de réponse. Billy prit son oreiller et le lança sur l’autre lit. L’oreiller atterrit sur la tête de Donny, le réveillant juste assez pour qu’il puisse repousser le coussin de son visage. « Donny ! » murmura Billy à nouveau. Il se retourna et dit : « Ouais, que veux-tu ? » « Donny, réveille Billy Paul pour moi. » Encore endormi, Donny se redressa sur ses coudes et secoua Billy Paul. « Billy, réveille-toi. Ton papa veut te voir. » Billy Paul se retourna et ouvrit ses paupières à demi. « Que veux-tu, Papa ? » Comme Donny se recouchait, il aperçut le feu surnaturel qui brûlait dans les airs. Il hurla de terreur et se lança en bas du lit pour s’éloigner de l’ange. Cela réveilla Billy Paul d’un seul coup. Lorsque le garçon vit l’ange, il cria à son tour. Sautant en bas de son lit, Billy Paul s’élança dans les bras de son père, hurlant : « Ne le laisse pas m’attraper, Papa ! Ne le laisse pas m’attraper ! »
40 Matthieu 10.37-38 ; Luc 14.26-27
276 | Livre Trois : L’homme et sa commission Billy tint son fils tout tremblant contre son cœur et le rassura. « Mon garçon, il ne te fera aucun mal. C’est l’ange du Seigneur qui dirige ton Papa. Il vient juste de terminer de me parler et je lui ai demandé si tu pouvais le voir pour que tu ne t’inquiètes plus lorsque ton Papa devra partir travailler pour le Seigneur. » Billy Paul regarda la lumière surnaturelle de nouveau. Cette fois-ci, il vit un homme vêtu d’une tunique blanche qui se tenait les bras croisés et qui le fixait d’un regard grave. Soudainement, l’homme rétrécit et se transforma en une vapeur blanche qui se précipita hors de la pièce à la vitesse de la lumière. Étrangement, une phosphorescence aux couleurs de l’arc-en-ciel semblait flotter dans la pièce à l’endroit où s’était tenu l’ange. Le lendemain matin, Billy se tenait sur le bord de la fenêtre de sa chambre et regardait dans la rue lorsqu’une escorte de police y passa, dirigeant un camion pour bétail rempli de béquilles, de fauteuils roulants et de civières, toutes des vestiges de la réunion de la veille. Derrière le camion marchaient tous ceux qui avaient abandonné ces articles. Ils chantaient le chant thème de Billy : « Crois seulement, crois seulement, tout est possible, crois seulement. » Billy pleura de joie, se souvenant que la foi de tous ces gens avait été inspirée par un seul miracle ; un garçon qui était né aveugle et qui avait retrouvé la vue. Il était vrai que de prier pendant une heure quarante-cinq minutes pour une seule personne était plutôt long alors qu’il y avait des centaines d’autres personnes qui attendaient leur tour. Mais ce cortège ne montrait-il pas que cela en valait la peine ? La nuit dernière, Billy avait cru comprendre le reproche de l’ange. Ce matin, pourtant, il n’en était plus aussi sûr.
Chapitre 38
La « ligne aux miracles »
1947
P ARTOUT où William Branham tenait une campagne, il voyait de grandes foules et des miracles spectaculaires. En juin 1947, il passa de nouveau deux semaines à Jonesboro, Arkansas. Encore une fois, comme ils l’avaient fait l’année précédente, des milliers de gens convergèrent dans la ville, venant de partout à travers le Sud. Cette fois-ci, Billy essaya de conserver ses énergies. Au lieu de prier nuit et jour pour les malades comme il l’avait fait lors de sa dernière visite, il terminait les services vers une heure ou deux du matin. Mais, malgré cela, il demeurait épuisé. Outre la fatigue de se battre tous les soirs contre les puissances démoniaques, il lui arrivait souvent de ne pas pouvoir se reposer pendant la journée. Soit que sa nervosité l’empêchait de dormir, soit que survenait une situation requérant son attention immédiate. Un certain matin, son hôte, le pasteur Young Brown frappa à sa porte et dit : « Frère Branham, je déteste devoir vous réveiller, mais ceci est une urgence. J’ai besoin de vous parler. » « Entrez, frère Brown. » « J’ai reçu un appel ce matin d’un père d’El Dorado, Arkansas. Son nom est Myrick. Il semble que sa fille se meurt du cancer et il voulait savoir si vous iriez prier pour elle. » « El Dorado est à un bon bout de chemin d’ici, n’est-ce pas ? » « Oui, à environ 370 km. Il y a un avion Cessna qui est posé non loin d’ici et qui vous attend si vous décidez d’y aller. »
278 | Livre Trois : L’homme et sa commission Sentant que le Saint-Esprit voulait qu’il y aille, Billy dit : « D’accord, je serai prêt à partir dans 30 minutes. » Lorsque l’avion privé atterrit à El Dorado, un médecin attendait Billy pour le conduire chez les Myrick. En route, le médecin lui donna plus de détails. « Laddie Myrick a 28 ans. Frère Branham, la jeune femme a eu la vie dure. La polio l’a rendue infirme alors qu’elle n’était qu’une toute petite fille et maintenant, c’est le cancer qui la consume. Il y a deux semaines, j’ai pratiqué une ouverture à son côté et j’y ai retiré une masse cancéreuse de 2,7 kg [6 lb]. La masse s’est déjà reformée. Selon moi, il n’y a plus d’espoir pour elle. » Quinze personnes, parents, amis, frères et sœurs, oncles, tantes et cousins attendaient Billy dans la cour. Après les poignées de main, tout le monde s’entassa dans la cuisine. Billy demanda : « Est-ce que Laddie est au courant de sa maladie ? » « Non », répondit son père. « Nous ne lui avons jamais dit. Nous pensions que ce serait mieux ainsi. Ne lui dites pas, frère Branham. » « Je ne peux pas vous promettre cela. » Billy pouvait voir que le père ne le prenait pas très bien. « Ne pleurez pas. Cela ne ferait qu’ébranler votre foi. Vous devez être fort et croire que Jésus-Christ peut guérir votre fille. Êtes-vous un chrétien ? » « Non, frère Branham. Laddie est la seule personne de la famille à être chrétienne. Je suppose que nous sommes trop mauvais. Ça doit être la raison pour laquelle Dieu nous l’enlève. » Billy y vit là une occasion. « Si Dieu permet à cette jeune femme de vivre, est-ce que chacun d’entre vous me promet de se repentir de ses péchés, de donner son cœur à Jésus-Christ, de se faire baptiser et de vivre une vie chrétienne ? » Ils acceptèrent à l’unanimité. Billy se rendit seul dans la chambre. Laddie était si pâle et enflée ; elle avait vraiment l’air d’une femme qui n’avait plus que quelques jours à vivre. Billy se présenta. Laddie dit : « Frère Branham, je comprends que vous pouvez dire aux gens ce qui ne va pas avec eux. »
La « ligne aux miracles » | 279
« Oui, madame, par la grâce et l’aide de Dieu, je le peux. » « Frère Branham, voudriez-vous me dire quel est mon problème ? Ils ne veulent pas me le dire. » « Oui, madame. » De sa main gauche, il s’empara de la main droite de la malade et sentit les vibrations du cancer, fortes et mortelles. « C’est le cancer, dit-il, mais votre médecin me l’avait déjà dit. Il ne vous donne pas plus de deux ou trois jours à vivre. Êtes-vous prête ? » Un doux et magnifique sourire se forma sur ses lèvres enflées. « Frère Branham, je suis prête. Je suis une chrétienne et il n’y a rien entre mon âme et mon Sauveur. Mais j’aimerais tant que mes parents et amis soient sauvés. J’ai essayé de les conduire à Christ, mais je n’ai pas réussi. » Billy tapota le dos de sa main : « peut-être aurez-vous maintenant l’opportunité que vous attendiez. Ils vous aiment tous tellement. Chacun d’eux a fait la promesse que si vous étiez guérie, ils serviraient Dieu. » S’agenouillant au bord du lit, Billy commença à prier, tenant toujours la main enflée de Laddie. Après quelques minutes, les vibrations du cancer cessèrent. Laddie frissonna et dit : « Frère Branham, quelque chose de froid m’a traversée. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je me sens différente. Je sais que je vais être guérie. » « Oui, sœur Laddie, acquiesça Billy, le Seigneur Jésus a tué la vie de ce cancer. »
GRADUELLEMENT, la condition de Laddie Myrick s’améliora. Sa famille appela cela un miracle, de même que ses amis, ses voisins et son médecin. Mais William Branham préféra appeler cela une guérison. Il sentait qu’un miracle était différent d’une guérison, même si Dieu était responsable des deux. Dans une guérison, Dieu influençait les lois de la nature à restaurer la santé de la personne. C’est pourquoi une guérison se produisait après un
280 | Livre Trois : L’homme et sa commission certain temps, selon les lois de la physiologie et de la biochimie. Un miracle, en revanche, se produisait instantanément, défiant ainsi toutes les lois naturelles. Par exemple, lorsqu’un certain Révérend Shepherd s’était avancé dans la ligne de prière à Jonesboro, avec une grosse tumeur sur le côté de son cou. Billy avait chassé le démon au Nom de Jésus et le cancer devint immédiatement blanc, tomba du cou, frappa la plate-forme et roula entre les pieds de Billy. M. Shepherd se pencha, ramassa la tumeur et quitta l’estrade en se réjouissant. Quelques jours plus tard, il était venu témoigner de la puissance de guérison de Jésus-Christ, tenant le cancer qu’il avait mis dans une bouteille d’alcool pour le préserver et montrant à la foule l’endroit sur son cou où la tumeur avait été. Ceci était indéniablement un miracle ; une impossibilité scientifique, et pourtant, le résultat était là. Mais dans le cas de Laddie Myrick, aussi miraculeux que cela puisse paraître, Billy appelait cela une « guérison » parce qu’il fallut plusieurs semaines avant qu’elle ne soit complètement rétablie. Puisque le résultat d’une guérison était souvent le même que celui d’un miracle, Billy les considérait aussi bien l’un que l’autre. Toutefois, les gens qui travaillaient avec lui ne voyaient pas tous les choses ainsi. Le Révérend Kidson, qui était responsable d’organiser les campagnes de Billy au Canada au mois d’août, croyait que si les gens pouvaient être témoins de quelques miracles au début de chaque réunion, cela élèverait la foi de chaque personne dans le bâtiment. C’est ainsi qu’à toutes les fois qu’une ligne de prière se formait, à Saskatoon, Saskatchewan, en premier, puis à Edmonton, Alberta et finalement à Calgary, M. Kidson parcourait la longue file de gens et choisissait deux ou trois cas difficiles et les plaçait au début de la ligne. C’était parfois une personne sourde, quelqu’un qui était aveugle ou qui louchait ou encore une personne qui boitait ; toute personne dont la délivrance pouvait être facilement observée par les gens dans la salle et décrite comme étant un miracle. Au début de la campagne de Calgary, Alberta, le Révérend Kidson décida qu’il serait intéressant d’observer ce qui se passerait si la ligne de prière était composée uniquement de personnes infirmes. Il annonça ses intentions de tenir ce service de prière le
La « ligne aux miracles » | 281
vendredi soir. Faisant la promotion d’une « ligne aux miracles », il définit un « infirme » comme étant toute personne ayant un handicap physique externe. Lorsque Billy entendit parler du plan, il se sentit mal à l’aise. La réprimande de l’ange résonnait encore à ses oreilles : « Tu limites trop le don de guérison à l’aspect spectaculaire des miracles. » Billy avait promis à Dieu qu’il ne lancerait plus le défi aux gens d’amener le pire cas qu’ils pourraient trouver. Selon toute apparence, il avait gardé sa promesse, il ne lançait plus de défis. Cependant, il savait que frère Kidson plaçait quelques-uns des pires cas à l’avant de la ligne de prière et qu’il ne s’y était pas opposé. Que voulait dire l’ange par « limiter » ? Pendant que Billy réfléchissait à ce qu’il devrait faire, il pensa à toutes ces années où il avait été comme un paria rejeté de tous. Aujourd’hui, il avait des amis et du soutien partout à travers le pays et frère Kidson était l’un d’eux. Si le frère Kidson avait une telle confiance en lui, ne devrait-il pas lui retourner cette confiance ? Billy décida d’aller de l’avant avec cette « ligne aux miracles », advienne que pourra. Ce vendredi soir-là devait être le rassemblement chrétien le plus étonnant depuis les jours où Jésus marcha en Galilée : « guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple. »41 Plus de 600 personnes formèrent la « ligne aux miracles. » Des enfants sourds entendirent leurs parents, des yeux qui louchaient furent alignés et des personnes aveugles virent la lumière ; des boiteux marchèrent, lançant leurs béquilles et leur canne de part et d’autre ; des gens qui étaient arrivés couchés sur une civière aidèrent ensuite à transporter leur civière à l’extérieur. Chaque personne dans la ligne reçut son miracle. Après avoir été témoin de ce spectacle grandiose, qui dans l’auditorium pouvait douter que Jésus-Christ fût vivant ? Un des miraculés était le jeune Ukrainien nommé Bardanuck qui était né avec une jambe 8 cm plus courte que l’autre. Pour compenser, il portait un soulier qui avait une semelle de 8 cm d’épaisseur. Mais sa foi était si grande qu’il avait apporté une paire
282 | Livre Trois : L’homme et sa commission de chaussures normales dans la ligne de prière. Il avait attaché les deux chaussures par les lacets et les portait autour de son cou bien à la vue. Après la prière, il quitta le bâtiment, ses nouvelles chaussures aux pieds et laissa la vieille paire sur l’estrade. Un autre cas remarquable fut celui d’un homme de 33 ans qui avait passé presque toute sa vie en fauteuil roulant. L’homme était terriblement handicapé ; ses bras et ses jambes étaient flétris et inertes. Sa mère l’avait amené à toutes les réunions que tenait Billy au Canada, premièrement à Saskatoon, puis à Edmonton, essayant désespérément de trouver une place dans la ligne de prière, mais sans succès. À Calgary, ses fonds s’épuisèrent et elle pensa devoir retourner à la maison, bredouille. Mais lorsqu’elle entendit le révérend Kidson annoncer qu’il y aurait une « ligne aux miracles » le vendredi soir pour les infirmes et handicapés, elle laissa sa bague de mariage à un prêteur sur gages afin de pouvoir obtenir les fonds nécessaires pour demeurer à Calgary toute la semaine. C’était maintenant vendredi soir et ce jeune homme attendait son tour dans la « ligne aux miracles. » Une seule autre personne se tenait devant lui, une fillette de neuf ans qui souffrait d’une déviation de la colonne vertébrale. Donny Branham aida la fillette à gravir les marches jusqu’à l’estrade. Billy posa sa main gauche sur la cuisse de la petite fille et demanda au Seigneur Jésus d’avoir pitié d’elle. Sa main devint très chaude puis il sentit ensuite comme un courant d’énergie traverser la jambe de la jeune patiente. Le moment d’après, la colonne de la fillette se redressa en une série de craquements. Pendant que la foule laissait libre cours à son excitation, Billy posa sa Bible sur la tête de la petite fille et la fit marcher d’un bout à l’autre de la plate-forme. Elle réussit aussi bien qu’une acrobate de cirque, la colonne droite et la tête haute. C’était maintenant au tour du jeune homme dans le fauteuil roulant. Donny Branham poussa la chaise du quadriplégique sur la plate-forme. Billy jeta un regard aux membres flétris du jeune homme et son cœur fut chaviré. Pendant 35 minutes, il implora le Seigneur de délivrer le jeune homme de son affliction. Puis, en un
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clin d’œil, Billy sentit partir la puissance démoniaque qui retenait le jeune homme en esclavage. Le jeune homme le sentit aussi et essaya de bouger ses membres. Un de ses bras se leva à demi ; une jambe remua ; puis son autre bras se leva encore plus haut que le premier. Il poussa un petit cri d’excitation alors qu’il sentait une vie nouvelle couler dans ses membres morts, mais il ne put pas quitter son fauteuil ce soir-là.
LE SOIR SUIVANT était la dernière réunion de Billy à Calgary. Jack Moore dirigeait le service de chant pendant que Billy priait à l’écart, attendant d’entendre son chant thème : « Crois seulement » qui était son indication pour monter sur l’estrade. Ce samedi soir-là, le Révérend Moore fit quelque chose qu’il n’avait jamais fait auparavant et qu’il ne ferait plus jamais ; il divulgua le secret de William Branham, le côté de l’évangéliste que le public ne verrait jamais, mais que Jack Moore avait observé attentivement pendant sept mois. Moore décrivit comment le Révérend Branham jeûnait et priait pendant des jours avant chaque campagne et comment il allait jusqu’au bout de ses énergies s’il pensait pouvoir aider qui que ce soit. Moore raconta à la foule à quel point le Révérend Branham était prudent face à l’argent et qu’il refusait de recevoir des gains financiers pour le don que Dieu lui avait donné. Puis Moore décrivit à la foule la baraque de deux pièces sans système de plomberie dans laquelle le Révérend Branham et sa famille vivaient. Il leur dit à quel point l’isolation des portes était mauvaise et que l’hiver, Meda Branham devait couvrir les portes de couvertures pour empêcher l’air froid d’entrer afin que les enfants n’attrapent pas une pneumonie. Puis Jack Moore demanda aux gens de donner une « offrande d’amour » pour cet évangéliste courageux qui travaillait exclusivement pour leur bénéfice, sans aucune pensée pour lui-même. L’offrande servirait uniquement à l’achat d’une nouvelle maison pour le Révérend Branham. La foule répondit généreusement avec amour et appréciation. Lorsque Billy arriva sur l’estrade, il n’avait aucune idée de ce qui venait de se passer. Mais il pouvait sentir à quel point la foi des gens était enflammée. Avant de commencer la ligne de prière, il demanda
284 | Livre Trois : L’homme et sa commission au jeune homme qui était dans un fauteuil roulant la veille de s’avancer et de donner son témoignage. Pendant des années, cet homme avait été quadriplégique. Ce soir-là, il marcha lentement dans l’allée en poussant son fauteuil roulant. Il raconta à l’auditoire comment un frisson l’avait traversé quand William Branham avait prié pour sa délivrance. Bien que la veille il n’avait pu que remuer ses bras et ses jambes, ce matin il avait été capable de manger et de se raser lui-même. Excité par ses progrès, il avait continué à explorer ses limites. À midi, il avait pu se tenir debout et se traîner les pieds, s’agrippant aux chaises et aux rebords des tables. Sa condition s’était améliorée d’heure en heure après cela. Ce samedi soir-là, plus de 2 000 personnes s’avancèrent dans la ligne de prière. Le cœur rempli d’une ferme assurance, les gens reçurent non seulement la guérison, mais des centaines reçurent le salut, se détournant de leurs péchés pour se tourner vers Jésus-Christ, le Dieu vivant. Le lendemain matin, Billy fut bouche bée en apprenant ce que Jack avait fait le soir précédent et combien d’argent il avait recueilli pour que Billy puisse acheter une nouvelle maison. La première réaction de Billy fut de refuser l’offrande. « Je n’ai rien emporté avec moi en venant au monde et il est certain que je n’en rapporterai rien non plus. J’ai déjà une maison, pourquoi en aurais-je besoin d’une nouvelle ? » Jack insista : « Si tu ne le veux pas pour toi, fais-le pour ta femme. Il est injuste de la traiter de cette façon lorsque tu as les moyens de mieux la traiter. » « Mais je n’en ai pas les moyens. » « Oui, tu en as les moyens. Tu as 28 000 $ [19 500 €]. Cet argent t’appartient parce que les gens te l’ont donné. » « Oh, retourne l’argent, frère Jack. » « Et comment suis-je sensé le faire ? Ils sont tous repartis chez-eux. » Billy dut accepter cet argument. À contrecœur, il accepta l’offrande.
Chapitre 39
Les Rocheuses du Colorado
1947
A PRÈS ses campagnes de l’été 1947, William Branham avait hâte de retourner chez lui revoir sa famille et prendre un repos indispensable. Mais lorsqu’il arriva à Jeffersonville, il y avait tellement d’autos dans sa rue qu’il ne put même pas trouver un endroit pour stationner son véhicule. Un seul regard à sa maison lui suffit pour en comprendre la raison. Il y avait des gens partout, marchant de long en large dans sa cour et sur le trottoir, assis dans leur auto et debout sur son balcon. Il était évident que tous ces étrangers attendaient son retour. Billy n’avait plus assez d’énergie pour arrêter leur parler. Il passa tout droit. Pendant cinq jours, Billy demeura chez une famille de son église pendant qu’il réfléchissait et priait sur ce qu’il allait bien pouvoir faire. Finalement, quelques diacres du Tabernacle Branham se rendirent chez lui et parlèrent aux squatters, leur expliquant que Billy avait besoin de se reposer et de passer du temps en privé avec sa famille. La foule se dispersa et Billy put rentrer chez lui. Cela faisait maintenant plus d’un an que l’ange l’avait rencontré dans la cabane et qu’il l’avait commissionné d’un don de guérison pour les peuples de la terre. Les résultats de sa commission commençaient à poindre et surpassaient tout ce qu’il aurait pu imaginer. En une brève année, après le plus humble des commencements, son ministère avait touché des dizaines de milliers de vies en Amérique du Nord. Mais une montée aussi fulgurante avait son prix. L’immense tension et le stress d’une année d’efforts continus avaient fini par le rattraper. Les longues nuits de prière, le manque de sommeil, les déplacements continuels
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de ville en ville ; tout cela avait contribué à la fatigue de Billy. Il semblait pourtant y avoir autre chose en cause, quelque chose de spirituel que Billy avait de la difficulté à comprendre. Pendant les campagnes, lorsque la main de Billy enflait sous l’effet des vibrations des démons, c’était plus qu’une simple réaction physique de la maladie. C’était une bataille spirituelle. Même si la puissance de Jésus-Christ était toujours plus forte, ces démons ne partaient pas sans livrer bataille. Billy ressentait l’impact de chaque bataille. Lorsque les vibrations des maladies cessaient, Billy pouvait sentir une partie de son énergie s’envoler. À la fin de chaque service, il titubait et devenait presque inconscient. Le jour suivant, peu importe le nombre d’heures de sommeil, il se sentait toujours épuisé. Puis le prochain service de prière commençait et Billy devait à nouveau se battre pendant quatre ou cinq heures contre les puissances démoniaques alors qu’il priait. Il n’avait aucune chance de se rétablir et sa condition précaire empira progressivement. Il savait qu’il avait besoin d’une pause dans son horaire rigoureux. Quelques mois de vacances lui permettraient peut-être de récupérer ses forces. Billy passa une grande partie du mois de septembre à planifier sa nouvelle maison. Il avait acheté un lot au 208 rue Ewing Lane à Jeffersonville et avait engagé un entrepreneur local pour en réaliser la construction. Après avoir réglé ces détails, Billy tria son courrier. Il passa plusieurs jours en forêt, priant Dieu pour les milliers de requêtes de prière qui s’étaient empilées pendant son absence. Il y avait aussi des centaines de lettres venant de prédicateurs, chacun le suppliant de venir tenir des campagnes de guérison dans sa région. Évidemment, il ne pouvait pas tous les accommoder. Plus Billy priait à ce sujet, plus il aimait l’idée que Gordon Lindsay lui avait proposée quelques mois plus tôt. Le Révérend Lindsay avait proposé d’organiser une tournée à travers le nord-ouest du Pacifique. Lindsay avait suggéré que ces réunions soient organisées à partir d’un tout nouveau concept. Jugeant que le ministère de Billy attirerait des chrétiens de plusieurs dénominations différentes, le Révérend Lindsay voulait regrouper
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le plus de dénominations possible en une seule coopérative de parrainage. L’idée enthousiasmait Billy. Depuis que l’ange l’avait rencontré et lui avait donné sa commission, il avait espéré que son ministère puisse aider à unifier la communauté chrétienne fragmentée. Il pensait à la vision de 1933 dans laquelle il s’était tenu entre deux vergers, ramassant les pommes et les prunes des deux vergers. C’était à ce moment que le Seigneur lui avait dit : « Fais l’œuvre d’un évangéliste. » Billy avait toujours interprété cette vision dans le sens d’aller prêcher l’Évangile dans toutes les dénominations sans jamais se joindre à l’une d’entre elles. Il était donc heureux de laisser le Révérend Lindsay organiser une série de réunions dans le nord-ouest du Pacifique pour la première partie du mois de novembre.
EN OCTOBRE 1947, Billy prit des vacances. Voyageant dans l’ouest du Colorado, il loua des chevaux de randonnée et monta haut dans les Montagnes Rocheuses pour passer plusieurs semaines à chasser, camper et communier avec son Créateur. Même si la dernière année l’avait mis en contact direct avec des dizaines de milliers de gens ; dans son cœur, il demeurait toujours un homme des bois. Ici, au milieu des hautes vallées et des pics enneigés des Rocheuses du Colorado, Billy se sentait libre des foules et des soucis qui le pressaient. Les matins givrés autour du feu de camp le revigoraient et les après-midis ensoleillés, avec leur douce brise murmurant dans les pins, apaisaient ses nerfs tendus. Un jour, Billy repéra un aigle royal perché haut dans une paroi rocheuse qui était une partie d’une épine rocheuse de la montagne. À travers ses jumelles puissantes, il observa sa beauté sauvage. Éventuellement, il étendait ses ailes, se lançant du rebord des parois, captant la brise et grimpant le long de la saillie. Sa force et sa grâce remuaient quelque chose de profond dans l’âme de Billy. Ce soir-là, à la lueur de son feu de camp, Billy chercha le mot « aigle » dans sa concordance et suivit les références tout au long de sa Bible. Un passage en particulier le fascina — dans Exode 19.4, le Seigneur a comparé le ministère de Moïse aux ailes d’un aigle. Pourquoi Dieu devrait-Il comparer Son prophète à un aigle ?
288 | Livre Trois : L’homme et sa commission Peut-être était-ce parce qu’un aigle pouvait voler plus haut et plus loin et voir plus loin qu’aucune autre créature sur la terre. Oui, c’était là l’appel des prophètes de Dieu. Le Seigneur leur donnait l’habileté d’aller plus haut et de voir plus loin dans le domaine spirituel, les laissant voir le passé et le futur, de même que le vrai et le faux. Billy avait vu des portions du futur — et ces aperçus s’étaient toujours avérés exacts. Cela voulait-il dire qu’il avait quelque chose en commun avec Moïse ? Lorsque l’ange l’avait rencontré dans la cabane, il avait dit : « Comme il fut donné au prophète Moïse deux signes pour prouver qu’il était envoyé de Dieu, il te sera aussi donné deux signes. » Billy tourna dans Exode 3 et lut à l’endroit où Dieu rencontra le berger Moïse, lui commandant de porter un message de délivrance aux Israélites qui étaient esclaves en Égypte. Dans Exode 4, Billy lut : Moïse répondit : Voici ils ne me croiront pas et n’écouteront pas ma voix. Mais ils diront, l’Éternel ne t’est pas apparu. L’Éternel lui dit : Qu’y a-t-il dans ta main ? Il répondit : un bâton. L’Éternel dit : jette-le par terre. Il le jeta par terre et cela devint un serpent. Moïse s’enfuit devant lui. L’Éternel dit à Moïse : étends ta main et saisis-le par la queue. Il étendit la main et le saisi, et cela redevint un bâton dans sa main. C’est, dit l’Éternel, afin qu’ils croient que l’Éternel, le Dieu de leurs pères, t’est apparu, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. L’Éternel lui dit encore : mets ta main dans ton sein. Il mit sa main dans son sein ; puis il la retira, sa main était couverte d’une lèpre blanche comme de la neige. Il dit, remets ta main dans ton sein. Il remit sa main dans son sein ; puis il la retira de son sein ; elle était redevenue comme sa chair.
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S’ils ne te croient pas, dit l’Éternel, et ne prêtent pas
attention au premier signe, ils croiront à ce dernier signe.
Manifestement, Dieu savait à quel point les Israélites seraient hésitants à croire que Moïse était le prophète envoyé par le grand « JE SUIS ». Ces deux signes surnaturels étaient conçus à dessein pour convaincre et impressionner. Il était évident qu’aucun homme ne pouvait faire cela de lui-même. Les signes devaient être la manifestation de la puissance de Dieu. Comme Moïse, Billy avait considéré ses propres incapacités lorsque l’ange lui avait commandé d’apporter le don de guérison aux peuples de la terre. Comme à Moïse, il lui avait été promis deux signes pour authentifier sa commission. Il regarda sa main gauche. Soir après soir pendant les réunions, il avait vu le dos de sa main enfler sous l’effet des vibrations de différentes maladies. Après que Jésus eut chassé les démons, Billy avait vu sa main redevenir normale. Il n’avait jamais vu le signe faillir. Mais qu’en était-il du second signe ? L’ange avait dit : « Si tu demeures humble et sincère, il adviendra que tu pourras discerner les secrets de leur cœur. Alors les gens devront te croire. » Qu’est-ce que ça signifiait ? Quand cela arrivera-il ? Billy lança une autre bûche dans le feu et s’appuya contre un arbre, se demandant s’il y avait d’autres parallèles entre sa propre vie et celle de Moïse. Lorsque Dieu utilisa Moïse pour délivrer les enfants d’Israël de la captivité en Égypte, Il se révélait sous la forme d’un nuage pendant le jour et une colonne de feu pendant la nuit. Dieu était certainement apparu sous plusieurs formes dans l’histoire, mais un nuage et une colonne de feu semblaient être les formes les plus fréquemment utilisées. En fait, c’était le Seigneur sous la forme d’une colonne de feu qui avait attiré l’attention de Moïse dans le désert lorsqu’il vit le buisson en feu, mais que celui-ci ne se consumait pas.42 Cette colonne de feu, pouvait-elle avoir été la même étoile qui avait dirigé les trois mages de Perse jusqu’à Bethléem où ils trouvèrent l’Enfant Jésus ?43 C’était indéniablement cette même lumière aveuglante qui avait converti Saul de Tarse en
42 Exode 3.2 43 Matthieu 2.1-2
290 | Livre Trois : L’homme et sa commission l’apôtre Paul.44 Cette lumière était-elle la même qui était apparue dans la cabane le matin où Billy était né ? Était-ce aussi l’étoile brillante qui était apparue au-dessus de sa tête pendant qu’il baptisait ses premiers convertis en 1933 ? Est-ce que c’était la lumière qui était apparue dans la vieille cabane la nuit où l’ange l’avait rencontré ? L’ange était sorti du milieu d’une lumière qui pourrait être décrite comme la Colonne de Feu. Quel lien y avait-il exactement entre la colonne de feu et l’ange du Seigneur ? Chaque fois que l’ange l’avait visité sous forme humaine, une lumière surnaturelle tourbillonnait à environ 1 m [3 pi] au-dessus de la tête de l’ange. En pensant à l’ange du Seigneur, Billy se sentit soudainement troublé. Pendant la première année du ministère de guérison de Billy, l’ange lui était apparu fréquemment. Il y avait maintenant six mois que l’ange l’avait visité. Billy n’avait pas vu l’ange depuis Vandalia, Illinois, lorsque l’ange l’avait mis en garde de mettre trop d’accent sur les miracles. Billy s’ennuyait des visites de l’ange. Pourquoi était-il absent ? Y avait-il quelque chose qui clochait ?
44 Actes 9.1-5
Chapitre 40
Le grand test
1947
E N NOVEMBRE 1947, William Branham commença son tour du nord-ouest du Pacifique avec une campagne de guérison de quatre jours à Vancouver en Colombie-Britannique. La coopération entre les églises des dénominations locales surpassait tout ce que la ville de Vancouver avait vu auparavant. Le grand auditorium municipal était comble tous les soirs. Soir après soir, les réunions étaient stupéfiantes. Un évangéliste local, Ern Baxter, fut tellement impressionné que, comme Jack Moore et Gordon Lindsay, il annula ses engagements afin de pouvoir suivre les campagnes Branham de ville en ville. Le prochain arrêt de Billy fut à Portland, Oregon. Comme à Vancouver, des centaines de prédicateurs locaux coopérèrent pour que les réunions soient un succès. La première soirée, 7 000 personnes pénétrèrent dans l’auditorium avant que le chef du département des pompiers ordonne de fermer les portes. Des milliers de gens durent demeurer à l’extérieur. Ce fut lors du troisième soir de la campagne de Billy à Portland que Satan essaya de le détruire. Gordon Lindsay faisait chanter, à la foule, la chanson thème de Billy « Crois seulement, crois seulement, tout est possible, crois seulement » pendant que Billy se dirigeait vers l’estrade. Après avoir salué l’auditoire, Billy encouragea les gens à avoir foi en Dieu pour les guérisons et les miracles. Pendant qu’il parlait, il remarqua un grand homme vêtu d’un complet gris qui descendait avec détermination l’allée centrale vers la plate-forme. Lorsque l’homme commença à monter les marches de l’estrade, Billy se demanda s’il était un des huissiers qui avait un
292 | Livre Trois : L’homme et sa commission message important à lui transmettre. Peut-être quelqu’un s’était-il évanoui ou avait fait une crise cardiaque et avait besoin de prière immédiatement. Mais lorsque l’homme atteint l’estrade, Billy constata que quelque chose n’allait pas, vraiment pas. Le colosse s’arrêta. Ses yeux roulaient de gauche à droite, regardant d’abord vers l’auditorium bondé puis vers les 300 personnes qui étaient sur la plate-forme. Il concentra finalement son attention sur le petit prédicateur qui se tenait derrière la chaire. Le grand homme se renfrogna. Sa mâchoire inférieure avançait et reculait, faisant grincer ses dents. Il avait levé les deux poings comme s’il s’apprêtait à les utiliser. Il fit un pas en avant, grognant : « Espèce d’hypocrite, serpent dans l’herbe. Je vais te montrer quel genre d’homme de Dieu tu es réellement. Je vais briser chaque os de ton petit corps chétif. » Sans dire un mot, Billy se retourna et fit face à la menace. Le colosse semblait plus que capable d’exécuter sa menace. Il mesurait près de 2 m [6 pi] et devait peser au moins 115 kg [250 lb]. En comparaison, le poids de Billy avait baissé à 53 kg [118 lb]. Les bras de cet homme délirant semblaient être plus gros que les cuisses de Billy. Lentement, l’homme s’approcha. Deux policiers arrivèrent de la foule pour l’intercepter, mais Billy, ignorant sa peur, leur fit signe d’arrêter et dit : « Ceci n’est pas une situation qui concerne la chair et le sang. C’est une bataille entre des puissances spirituelles. » Les deux officiers reculèrent à contrecœur et observèrent le maniaque qui continuait toujours à avancer lentement, délibérément. Le colosse dit en grognant : « Imposteur, prétendant être un serviteur de Dieu. Je vais montrer à ces gens que tu n’es rien d’autre qu’un menteur. Je vais te battre à mort et te jeter sur leurs genoux. » Le géant s’arrêta à 2 m [6 pi] de Billy. Il était si grand que Billy devait lever la tête pour voir son visage. Silencieusement, Billy pria : « Cher Dieu, le seul espoir que j’ai est en Toi. » Il entendit un son familier, comme le souffle du vent, whoossssh, puis sentit la présence de l’ange du Seigneur s’approcher.
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Instantanément, les craintes de Billy s’évanouirent, submergées par un amour profond. Le maniaque continuait ses imprécations : « Imposteur, je vais briser chaque os de ton petit corps chétif. » Ses muscles se tendirent et ses poings se resserrèrent. Billy pensa : « Pauvre homme, il ne sait pas ce qu’il fait. » Puis il ouvrit la bouche, ayant l’intention de dire : « Je ne ferais pas cela si j’étais vous, mon ami », mais les mots qui sortirent de sa bouche furent différents. Sans avoir planifié dire cela, il dit : « Ainsi dit le Seigneur, “Parce que tu as défié l’Esprit de Dieu ce soir, tu vas tomber à mes pieds, en courbant l’échine devant le Nom de Jésus-Christ” ». Le colosse cracha un gros bouchon de salive et de mucus directement sur le visage de Billy. Puis il grogna : « Hypocrite, je vais te montrer qui va tomber aux pieds de qui. » Avançant d’un pas, il éleva son poing dans les airs, prêt à frapper. Billy dit doucement : « Satan, sors de cet homme. » Telle une statue, le bras du maniaque se figea dans les airs. Ses yeux devinrent ronds, sa bouche s’ouvrit et sa langue se mit à rouler et tourner dans tous les sens, hors de contrôle. Il gémit comme un chien battu alors que ses yeux roulaient dans leurs orbites et il s’écroula sur le sol, inconscient. Sa tête atterrit sur les souliers de Billy et son bras s’enroula autour du pied de Billy, le serrant si fort que Billy ne pouvait plus bouger. Les deux policiers se ruèrent à l’avant et s’agenouillèrent près de l’homme inconscient. Un des officiers leva la tête et demanda : « Est-il mort ? » « Non » dit Billy. « C’était seulement Dieu montrant sa puissance pour forcer ce démon à s’incliner devant Lui, c’est tout. » « Est-ce que tout rentrera dans l’ordre… là-haut ? » demanda le policier en montrant du doigt la tête de l’homme. « Non, Monsieur, répondit Billy, s’il était prêt à abandonner cet esprit, le démon ne reviendrait pas. Mais il pense qu’il a raison. Il
294 | Livre Trois : L’homme et sa commission adore cet esprit alors il le reprendrait volontiers. Pourriez-vous l’enlever de sur mes pieds ? » Les policiers soulevèrent le bras du colosse et plusieurs hommes aidèrent à le transporter hors de l’auditorium. Avant de quitter, un des policiers dit : « Je connais cet homme. Il a eu plusieurs démêlés avec la loi dans le passé suite aux ennuis qu’il créait dans les services religieux. Il avait été placé dans une institution, mais il s’en est échappé. Nous avons un mandat d’arrêt contre lui. Hier seulement, il a brisé la mâchoire d’un homme, le frappant tellement fort qu’il s’était écroulé dans la rue. On dirait qu’il s’est finalement attaqué à plus fort que lui ce soir. » Retournant sur l’estrade, Billy s’adressa à l’auditoire. « Comme vous pouvez le constater, notre Père Céleste a tout pouvoir dans les cieux et sur la terre… » À l’avant, un homme malade étendu sur une civière cria : « Oui, c’est vrai ! Il m’a guéri ! » et il se leva de sa civière. À l’autre extrémité du bâtiment, un homme appuyé sur des béquilles cria : « Il m’a guéri aussi ! » Lançant ses béquilles dans les airs, il se mit à courir dans l’allée sur deux bonnes jambes. Un autre homme se leva de son fauteuil roulant, s’écriant : « Moi aussi ! » À partir de cet instant, la puissance de Dieu éclata dans l’auditorium, touchant chaque cœur qui s’élevait dans la foi pour croire à un miracle ou à la guérison du Tout-Puissant. La tournée rapide de Billy dans le nord-ouest du Pacifique se termina à Ashland, Oregon, après 15 jours seulement. Gordon Lindsay écrivit à ce sujet, disant : « En 14 jours de réunions, avec seulement un petit nombre d’annonces dans les journaux, 70 000 personnes ont entendu l’Évangile de guérison et au moins 1 000 d’entre elles étaient des prédicateurs. »45 C’était un accomplissement stupéfiant.
45 William Branham, un homme envoyé de Dieu, par Gordon
Lindsay, 1950, page 125
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À LA FIN DE NOVEMBRE 1947, Billy s’envola pour Phœnix, Arizona, pour tenir trois réunions les vendredi, samedi et dimanche soirs. Une fois rendu à Phoenix, Billy entendit dire que les prédicateurs qui parrainaient la campagne, impressionnés par les comptes-rendus de Calgary, avaient planifié leur propre « ligne aux miracles » pour le dimanche soir. L’ayant fait une fois auparavant, Billy ne se sentait pas mal à l’aise de le faire encore. Une heure avant la réunion du vendredi soir, l’ange du Seigneur apparut soudainement pendant que Billy priait dans une petite pièce derrière l’estrade. Comme toujours, l’ange avait les bras croisés sur sa poitrine et ce feu surnaturel tournoyait au-dessus de sa tête. L’ange ne bougea ni ne parla. Son visage avait toujours eu l’air sévère, mais cette fois-ci, on aurait dit qu’il fronçait les sourcils et le regardait d’un œil réprobateur. Rempli de crainte, Billy poussa un cri et tomba face contre terre. Entendant le cri, Gordon Lindsay se précipita dans la pièce. Aussitôt, l’ange s’évapora comme dans un brouillard et disparut. Pendant les deux jours suivants, Billy s’inquiéta au sujet de cette visitation. Pourquoi n’avait-il pas vu l’ange pendant sept mois ? Pourquoi l’ange lui était-il apparu maintenant ? Et pourquoi n’avait-il pas parlé ? Était-il fâché ? Billy ne pouvait pas oublier le regard réprobateur de l’ange. Chaque soir de la campagne à Phœnix, Billy prêchait environ une demi-heure avant d’appeler la ligne de prière. Son sujet portait sur les enfants d’Israël traversant le désert vers la terre promise. Le dimanche soir, alors que la foule attendait anxieusement de voir la « ligne aux miracles », Billy prit son texte dans Nombres au chapitre 22 où Dieu dit au faux prophète Balaam de ne pas aller avec le prince Balak pour maudire Israël. Balaam continuait à demander à Dieu s’il pouvait y aller quand même jusqu’à ce que Dieu le lui permette finalement. Puis l’ange du Seigneur rencontra Balaam sur sa route et l’aurait tué si l’âne de Balaam ne lui avait pas sauvé la vie en s’écartant du chemin par trois fois. Pendant que Billy dénonçait Balaam pour sa désobéissance au premier commandement de Dieu, il réalisa soudain qu’il était coupable du même crime. Dieu ne lui avait-Il pas déjà dit qu’il
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mettait trop d’accent sur les miracles ? Cela pouvait-il être la raison pour laquelle l’ange lui était apparu deux soirs plus tôt ? Était-ce pour l’avertir qu’il désobéissait au Seigneur en permettant à ces « lignes aux miracles » de continuer ? Billy se sentit si faible à l’intérieur qu’il lui semblait que ses genoux allaient flancher. Agrippant la chaire, il essaya de continuer son sermon, mais sa conscience coupable le condamnait tellement qu’il dut arrêter. Pendant que la « ligne aux miracles » se formait, Billy pria silencieusement : « Père Céleste, si j’ai mal fait et si ce n’est pas Ta volonté divine que je me concentre sur les miracles, s’il Te plaît, montre-le moi clairement. Si une personne dans la ligne de prière n’est pas guérie ce soir, alors je saurai que je ne suis pas dans Ta volonté et je ne laisserai plus personne amener les pires cas en premier ou former une autre “ligne aux miracles.” » Une mère et sa fille furent les premières à s’avancer. Billy demanda à la petite fille où elle vivait, mais elle ne répondit pas. « Elle est dure d’oreille », expliqua la mère. « C’est la raison pour laquelle nous l’avons emmenée ici ce soir. » Élevant la voix, Billy demanda à la petite fille où elle habitait. Cette fois-ci, elle répondit : « Californie. » Prenant la main droite de la fillette, Billy sentit des vibrations dans sa main gauche signifiant qu’une vie démoniaque était à l’origine du problème. Soit une infection avait brisé son tympan, soit une tumeur obstruait les sons. Lorsque Billy chassa le démon au Nom de Jésus, les vibrations cessèrent. Lâchant sa main, Billy dit : « L’enfant est guérie. » Puis il lui parla, mais elle ne répondit pas. Billy éleva la voix, mais il n’eut pas de réponse. Il dut battre trois fois des mains avant qu’elle fasse signe qu’elle entendait. Au lieu d’entendre mieux, elle semblait entendre moins bien qu’auparavant. Alarmé, Billy prit sa main de nouveau. Il sentait les vibrations qui étaient maintenant plus fortes que la fois précédente. Pour une seconde fois, Billy chassa le démon au Nom de Jésus-Christ. Le démon sembla quitter plus lentement que la fois précédente, mais Billy savait qu’il était parti parce que l’enflure dans
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sa main avait diminué et les vibrations avaient cessé. Mais aussitôt qu’il essaya de lui parler (il tenait encore son poignet), la main de Billy enfla à nouveau et les vibrations recommencèrent plus fortes que jamais. Pire encore, elle ne pouvait maintenant plus entendre un seul mot, peu importe comment fort Billy criait. Cette pauvre enfant n’était plus simplement dure d’oreille, elle était devenue complètement sourde ! Ébranlé et confus, Billy ne savait plus que faire sinon de laisser la fillette tranquille et de passer au cas suivant. La personne suivante était un vieil homme affirmant être dur d’oreille lui aussi. Billy éleva la voix : « Croyez-vous, Monsieur ? » L’homme acquiesça et pencha la tête. Billy prit la main du vieil homme. Il n’y avait pas de vibrations, ce qui signifiait que le problème n’était pas causé par un démon, mais, plus probablement, par un trouble neurologique. Après avoir prié au Nom de Jésus pour la guérison de l’homme, Billy demanda d’un timbre de voix normal : « Maintenant, Monsieur, pouvez-vous m’entendre ? » L’homme, qui avait toujours la tête penchée et les yeux fermés, ne répondit pas. Billy éleva la voix et posa la question de nouveau. Toujours pas de réponse. Billy tapa des mains le plus fort qu’il pouvait. L’homme ne broncha pas. Il était maintenant complètement sourd ! Pendant que l’épouvante l’envahissait, Billy réalisa que le don de guérison ne fonctionnait pas comme d’habitude ! Que pouvait-il faire de lui-même ? Sans la présence de l’ange du Seigneur à ses côtés sur l’estrade, il était aussi incapable que quiconque. Était-ce ainsi que s’était senti Samson après que Dalila lui eut coupé les cheveux, le laissant faible et sans ressources devant les Philistins ? Se tenant devant la foule pleine d’attentes, Billy se sentit ridicule… et honteux… et condamné. La seule chose qu’il pouvait faire était de confesser son péché à l’auditoire et terminer la réunion. Cette nuit-là, Billy ne put fermer l’œil. Dans la noirceur, il se torturait à propos de sa folle audace. Comment pouvait-il avoir été effronté au point de défier les gens : « Amenez-moi votre pire cas et je vous garantis que Jésus-Christ va accomplir un miracle devant vos yeux » ? Jésus n’avait jamais lancé un tel défi. En fait, la Bible dit que Jésus ne put accomplir aucun miracle dans sa ville natale à
298 | Livre Trois : L’homme et sa commission cause de l’incrédulité des gens46. Si cela était vrai pour le Fils de Dieu, qu’en était-il de ses serviteurs ? Maintenant, Billy réalisait à quel point il était anti-scripturaire de déclarer que n’importe qui pouvait être guéri, que la personne soit croyante ou non. Il était vrai qu’il avait arrêté de lancer de tels défis après la visite de l’ange à Vandalia, Illinois, mais il avait permis à ses partenaires de rassembler les pires cas à l’avant des lignes de prière afin que l’auditoire puisse voir des miracles dès le début des services. Et, pire que tout, il leur avait permis de former ce qu’ils appelaient la « ligne aux miracles ». Billy ne s’était pas opposé parce qu’il savait que Dieu pouvait guérir n’importe qui de n’importe quoi. Mais juste parce que Dieu peut faire quelque chose ne signifie pas que c’est Sa volonté de le faire. L’apparition de l’ange, le vendredi précédent, avait été un second avertissement. Billy avait dénoncé Balaam avec tant de force et pendant tout ce temps, il s’était tenu dans les souliers de Balaam ! Balaam avait désobéi à Dieu à cause de son amour pour l’argent. Dans le cas de Billy, il savait que ce n’était pas l’amour de l’argent qui l’avait poussé à désobéir ; c’était sa sympathie pour les gens. Mais peu importe les raisons, il est toujours mal de désobéir au Seigneur. Le matin suivant, les yeux bouffis et l’air découragé, Billy prit l’avion pour son prochain engagement à Long Beach, Californie. Ses pensées le tourmentaient encore et son angoisse était imprimée sur son visage. Une hôtesse de l’air descendit l’allée et lui demanda : « Qu’y a-t-il, Monsieur ? » Il ne pouvait le lui dire. Comment pourrait-elle comprendre ? Parce qu’il avait désobéi au Seigneur, Billy craignait que Dieu lui ait retiré le don de guérison. Lorsque Billy atterrit à Long Beach, plusieurs prédicateurs le rencontrèrent à l’aéroport pour le conduire à sa chambre d’hôtel. Il ne leur fallut pas beaucoup de temps pour remarquer sa tristesse. Billy leur partagea son fardeau et son inquiétude. Un de ces prédicateurs était Ern Baxter qui se trouvait maintenant dans la position singulière d’essayer d’encourager l’homme pour lequel il avait voyagé si longtemps afin de le
46 Matthieu 13.58 ; Marc 6.5-6
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rencontrer. « Frère Branham, je peux vous assurer que le “don de guérison” ne vous a pas quitté. Romains 11.29 dit que “les dons et les appels sont sans repentance”, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas basés sur nos actions. Dieu ne serait pas fidèle à Sa promesse s’Il avait enlevé ce don de votre vie. Cela ne peut pas vous quitter. Samson dormit toute la nuit avec une prostituée, mais sa force ne le quitta pas. Le matin suivant, il arracha les portes de la ville et les transporta sur le sommet d’une colline.47 Et même si les Philistins coupèrent ses cheveux, sa force le quitta seulement pour une saison ; ses cheveux repoussèrent et ses forces lui revinrent.48 Rappelez-vous lorsque Moïse a frappé le rocher au lieu de lui parler comme Dieu le lui avait prescrit, les eaux s’y échappèrent quand même.49 Frère Branham, peu importe les erreurs que vous avez commises, Dieu va traiter avec vous personnellement à leur propos, mais le “don de guérison” est toujours là. » Les arguments de Baxter étaient pleins de bon sens, mais Billy avait de la difficulté à croire qu’ils pouvaient s’appliquer à lui. Il se sentait si vide, si solitaire, si complètement abandonné par Dieu. C’était comme l’enfer sur terre. Et si le don de guérison l’avait quitté pour toujours ? Comment pourrait-il le supporter ? Comment pourrait-il vivre, sachant qu’il avait trahi Dieu si misérablement ? La seule façon de savoir s’il était condamné ou non était d’aller de l’avant avec la campagne de guérison. La campagne de guérison de Long Beach devait commencer le mercredi 3 décembre pour se terminer trois jours plus tard. Le mercredi soir, à l’église, Billy expliqua à l’auditoire qu’il avait désobéi au Seigneur en mettant l’accent sur les miracles au détriment des guérisons. Il dit aux gens qu’il ne savait pas si le don de guérison était encore avec lui, mais qu’il le découvrirait bientôt. Pendant que les gens formaient la ligne de prière, Billy avait les mains moites et pouvait sentir la sueur se former autour de son cou tandis qu’un nœud lui nouait l’estomac.
47 Juges 16.1-3
48 Juges 16.16-30
49 Nombres 20.7-13
300 | Livre Trois : L’homme et sa commission Une femme s’avança à l’avant avec sa fille de dix ans à ses côtés. Les nerfs de Billy étaient à vif alors qu’il prenait la main droite de la fillette dans sa main gauche. Les vibrations étaient là, fortes et distinctes, parcourant sa main, son bras et se rendant jusqu’à son cœur, comme un courant électrique. Billy se sentit soulagé qu’au moins cette partie du don soit encore intacte. Mais la question était : Dieu allait-Il honorer sa prière pour la petite fille en besoin ? Billy étudia le modèle de petits boutons qui se formaient sur sa main enflée. « La fillette est sourde-muette, dit-il, et elle est aussi atteinte de tuberculose. Courbez tous la tête et priez avec moi. » Doucement, Billy pria : « Cher Jésus, s’il Te plaît, pardonne ma stupidité. Ne laisse pas mes erreurs empêcher la guérison de cette petite fille. » Puis, rassemblant tout son courage, il déclara : « Esprits de mutisme et de surdité, démon de tuberculose, sortez de cette fillette immédiatement au Nom de Jésus-Christ. » C’était le moment de vérité. Billy retint son souffle. Oui, c’était en train de se produire ! Au plus grand soulagement et à la plus grande joie de Billy, les vibrations cessèrent et sa main redevint normale. Même s’il savait que la tuberculose était partie, la foule, elle, ne pouvait pas le voir. Billy demanda donc à la petite fille : « Peux-tu m’entendre ? » Ses yeux s’agrandirent d’excitation et il sut qu’elle le pouvait. Billy dit lentement : « Amen. » La fillette essaya de reproduire le son, mais cela ressemblait plus à « ah-aaaaa. » Billy dit distinctement : « Amen ! » Elle essaya de nouveau : « Ah-zi. » Billy dit : « Papa. » Elle reproduisit la forme de ses lèvres et produisit un son comme « poooppoo ». Une foi immense envahit l’auditoire comme une traînée de poudre. Dans les heures qui suivirent, des guérisons et des miracles eurent lieu partout à travers le bâtiment. Un professeur d’une institution pour muets amena dans la ligne de prière cinq enfants qui étaient nés sourds et muets. Les cinq enfants recouvrèrent et l’ouïe et la voix. Un homme étendu sur une civière fut instantanément guéri de sa maladie de Parkinson. Plusieurs boiteux jetèrent leurs béquilles pendant que d’autres se levaient de leur fauteuil roulant pour se mettre à courir autour du bâtiment, louant
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Jésus-Christ. Haute pression sanguine, glaucome, asthme, ulcères et cancers succombèrent devant à la foi des gens. Le jeudi soir, alors que Billy commençait à prier pour les malades, un garçon atteint de polio boitilla à l’avant, les jambes emprisonnées dans des orthèses. La mère vint avec lui et dit : « Frère Branham, si vous pouviez seulement prier pour lui. » « Très bien, sœur. Maintenant si vous ne… » Elle l’interrompit. « Je ne désire pas un miracle. Je veux seulement que vous priiez. Je peux croire en Dieu moi-même pour la guérison. » En une prière toute simple, Billy demanda à Jésus de guérir le garçon handicapé. Le vendredi soir, le même garçon descendit l’allée vers l’estrade, ses orthèses sur les épaules. Montrant ses orthèses à la foule, le garçon témoigna que Jésus accomplissait encore des miracles. Ce soir-là était la dernière réunion de la campagne de Billy à Long Beach alors il voulait prier pour le plus de gens possible. Au lieu de discerner les maladies par le signe dans sa main, il forma une « ligne de prière rapide » où il offrait une courte prière à chaque personne qui passait devant lui. De cette façon, Billy pouvait prier pour des centaines de personnes par heure. Mais aussi rapide que la ligne puisse être, c’était encore trop long pour un homme qui s’était dépensé sans compter pendant un an et demi et qui n’avait presque pas dormi les jours précédents. Après avoir prié pour près de 3 000 personnes, avec des centaines qui attendaient encore leur tour, Billy s’écroula, inconscient. Le samedi matin, encore faible et tremblant, Billy prit l’autobus pour Phœnix. Il voulait dire aux gens que Dieu lui avait pardonné. Le dimanche, à l’église, il dit : « La dernière fois que je me suis tenu derrière cette chaire, j’étais un homme condamné. Je sentais que Sa présence m’avait quitté et je réalisais à quel point je ne peux rien faire sans Lui. Aujourd’hui, la grande épreuve est terminée. Je ferai de cette épreuve un tremplin (et non une entrave) qui me permettra de mieux suivre les voies du Seigneur afin de vivre plus près de Lui. En vivant plus près de Lui, je suis en mesure de vous aider
302 | Livre Trois : L’homme et sa commission davantage et d’être conduit par l’Esprit. Je veux remercier Dieu de m’avoir redonné le don de guérison et d’avoir permis plus de succès dans la prière pour les malades (à partir de dimanche passé) qu’il n’y en avait pas eu depuis des mois. Le don est encore plus béni que jamais. » Billy expliqua ensuite pourquoi il avait eu tort de lancer des défis. « J’ai déclaré qu’aucune maladie, peu importe la gravité de celle-ci, ne résisterait à la prière et qu’aucune affliction ne perdurerait, peu importe le degré de handicap, si je prenais le temps de prier pour la personne. Vous m’avez entendu mentionner cela partout où je suis allé. Et c’est encore vrai. Mais c’est moi qui faisais tout. J’empêchais les gens de participer. Vous avez quelque chose à faire vous aussi. C’est comme lorsque Jésus dit à Marthe et Marie d’enlever la pierre.50 Vous devez faire quelque chose par vous-mêmes, vous devez croire et alors vous serez guéris. »51
50 Jean 11.39 51 William Branham, « Expériences # 1 », sermon prêché à Phoenix, Arizona, 7 décembre 1947 (édité)
Chapitre 41
La connexion Bosworth
1948
W ILLIAM BRANHAM passa décembre 1947 à sa maison à Jeffersonville, Indiana, essayant de se reposer et de recouvrer ses forces. Au même moment, il priait pour que Dieu lui montre où il devait aller par la suite. Depuis qu’il avait rencontré l’ange dans le lieu désertique de tunnel Mill, la conduite du Saint-Esprit était devenue plus forte dans sa vie, quelques fois le poussant à faire des choses qu’il n’aurait jamais considéré faire s’il utilisait juste son esprit rationnel. Un après-midi, il reçut un appel téléphonique d’un médecin qui lui dit qu’Elijah B — venait juste de mourir à la maison. Elijah B — était un ami de Billy. Il était un chrétien qui venait occasionnellement au Tabernacle Branham pour entendre Billy prêcher. Billy alla à la maison d’Elijah pour offrir ses condoléances à la famille. Par le temps qu’il arriva là-bas, le médecin était déjà parti. Le corps d’Elijah reposait toujours dans le lit de la chambre à coucher où il était mort. Le docteur avait étendu un drap blanc sur lui. Mme B — et plusieurs de ses amis était assis dans le salon, sous le choc et peinés. Billy parla à Mme B — au sujet de la foi d’Elijah en Jésus et comment son mari était maintenant dans un meilleur endroit. Après avoir partagé quelques versets réconfortants des Écritures et prié pour Mme B —, il lui dit au revoir. Comme il franchissait la porte d’entrée, il sentit que quelqu’un lui saisissait le bras par l’arrière. Il ressentit comme une solide main humaine avec une poigne solide — une poigne assez forte pour l’arrêter au milieu de sa foulée. Mais lorsqu’il se retourna pour voir qui c’était, il n’y avait personne là ! Un frisson courut le long de sa colonne
304 | Livre Trois : L’homme et sa commission vertébrale. Maintenant, il savait que l’ange du Seigneur ne voulait pas qu’il quitte cette maison tout de suite. Il retourna au salon. Mme B — lui demanda s’il avait oublié quelque chose, mais il l’ignora. Il la dépassa et entra dans la chambre à coucher où le corps d’Elijah reposait, flasque et raide sous le drap blanc. S’agenouillant à côté du lit, Billy commença à prier. Au commencement, il ne savait pas pourquoi il était là, ainsi il ne savait pas exactement ce qu’il devait dire. Bientôt, le Saint-Esprit s’empara de sa prière et il était à peine conscient de ce qu’il était en train de dire ou faire. Une demi-heure plus tard, il réalisa qu’il était étendu sur le corps de l’homme mort de sorte que son visage et le visage d’Elijah n’étaient séparés que par ce mince drap de coton. Billy poussa un cri : « Frère Elijah ! frère Elijah ! Où es-tu, frère Elijah ! » — cherchant en quelque sorte pour l’esprit qui avait quitté Elijah. Soudainement, il sentit une main saisir son oreille. Billy secoua sa tête juste assez pour voir qui c’était. La main qui le touchait venait de l’homme qui était sous le drap ! Rapidement, Billy descendit du lit et tira la couverture. Elijah avait ouvert ses yeux et souriait. Billy demanda Mme B — de venir dans la chambre à coucher. Instantanément, ses larmes de tristesse se transformèrent en larmes de joie. Quelques jours après sa résurrection, Elijah B — retourna travailler à son emploi au chemin de fer Pennsylvania. Billy continua à prier Dieu qu’Il lui montre où Il voulait qu’il aille par la suite.
À LA MI-JANVIER 1948, William Branham reçut un appel du petit David Walker, le prédicateur adolescent qu’il avait rencontré à Long Beach, Californie, dix mois plus tôt. « Bonjour, frère Branham, j’appelle de Miami, Floride. Je viens de commencer un réveil de deux semaines ici et ça ne fonctionne pas très bien. » « Oh, qu’est-ce qui ne va pas ? »
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« J’ai loué une tente qui peut contenir 2 500 personnes, mais jusqu’à maintenant, il n’y a qu’une poignée de gens qui sont venus chaque soir. C’est gênant. » « C’est bizarre. » Sachant avec quel talent ce garçon pouvait prêcher, Billy fut surpris d’apprendre que si peu de gens assistaient à ses réunions. « As-tu une idée des raisons qui empêchent les gens de venir assister aux réunions ? » « Je crois que c’est de la jalousie et des soupçons de la part des prédicateurs de là-bas. Aussitôt qu’ils entendirent que je venais, chaque église en ville avait soudainement son propre “garçon prédicateur”. C’est dur à croire, mais il y a deux pages chaque jour dans les journaux de Miami qui annoncent tous les “prédicateurs adolescents” qui tiendront un réveil. Ils doivent avoir peur de perdre des membres si quelques-uns parmi ceux-ci venaient m’écouter. » « C’est dommage », dit Billy. Il savait à quel point les jalousies mesquines étaient présentes parmi les prédicateurs. « Il est dommage que les chrétiens ne puissent se rapprocher les uns des autres dans l’amour de Christ. » « Ça l’est certainement. » Le petit David fit une pause puis mentionna la raison de son appel. « Frère Branham, pourriez-vous venir à Miami pour m’aider ? » Billy se rappela cette soirée de mars à Long Beach lorsque le garçon évangéliste LUI avait fait une faveur. « Certainement, je viendrai. » Il prit le prochain train vers le sud, se préparant à un long voyage. En passant à travers le Tennessee, Billy sentit la présence de l’ange du Seigneur s’approcher. Il pouvait sentir les cheveux de sa nuque se hérisser de peur. Malgré les nombreuses visites de l’ange au cours des 21 derniers mois, Billy ne pouvait toujours pas s’habituer à la présence surnaturelle. Sa peur se mit toutefois à diminuer à mesure qu’il entrait dans une vision. Les conversations des passagers diminuèrent d’intensité et le roulis du train ne devint
306 | Livre Trois : L’homme et sa commission plus qu’un murmure avant de disparaître complètement. Bientôt, le wagon entier disparut. Billy se retrouva debout dans un décor vallonné et verdoyant, couvert de grands cèdres et parsemé de grandes strates de roches superposées les unes sur les autres. Son attention fut attirée par un jeune garçon qui devait avoir entre huit et dix ans et qui était étendu, difforme et sans mouvement, sur le bord d’une route. Le garçon avait l’air mort. Billy s’approcha assez pour voir les traits du gamin, un nez plat, des yeux bruns, des cheveux coupés de façon inégale, comme par une main malhabile. Il était pauvrement vêtu de vêtements qui avaient l’air étrangers — des bas aux genoux et une culotte de golf [knickerbocker] garnie de gros boutons de cuivre à la taille. Il devait y avoir eu un accident parce que le visage du garçon était éraflé et défiguré et ses vêtements étaient en lambeaux. Un de ses souliers était toujours lacé à son pied, mais l’autre manquait. Billy ne pouvait voir aucun signe de vie. Pendant que Billy se tenait là à se demander ce que tout cela signifiait, l’ange du Seigneur s’approcha de lui à sa droite. L’ange demanda : « Le garçon pourra-t-il vivre ? » Billy répondit : « Monsieur, je ne le sais pas. » L’ange était maintenant dans son champ de vision, lui montrant comment s’agenouiller près de la forme sans vie et démontrant la façon de poser les mains sur le corps de l’enfant lorsqu’il prierait pour lui. En un instant, les poumons de l’enfant se remplirent d’air et il s’assit. Puis la vision prit fin. Billy se retrouva soudainement de retour dans son siège à bord du train quelque part au Tennessee. Peu après l’arrivée de Billy à Miami, le petit David lui montra le journal du matin. Une publicité était encadrée dans le coin d’une page annonçant que le Révérend William Branham tiendrait cinq services de guérison dans la ville. Le reste de la page était rempli d’autres publicités plus grosses et plus tape-à-l’œil annonçant d’autres réunions de guérisons dans les églises locales. Le petit David soupira. « Ils ont fait cela le jour après que j’eus placé la première publicité à propos de votre venue. Aussitôt qu’ils l’apprirent, toutes les autres dénominations en ville ont
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soudainement trouvé quelqu’un pour prêcher la guérison divine dans leur propre église. » « J’aimerais qu’ils puissent comprendre que nous ne sommes pas venus ici pour commencer un autre groupe », commenta Billy. « Nous sommes venus seulement pour servir la cause de Christ. » Malgré les tentatives des églises locales pour saper le réveil, le nom de William Branham avait développé son propre magnétisme. Lorsque Billy arriva le premier soir, il trouva la tente à moitié remplie de spectateurs curieux. Billy salua les gens. Puis avant de parler à propos de la guérison divine, il leur raconta la vision qu’il avait eue en traversant le Tennessee. Billy incita la foule : « Inscrivez-le sur la page de garde de votre Bible ; puis attendez et vous verrez que ce gamin sera ressuscité des morts par la puissance de Jésus-Christ. Je ne sais ni où ni quand cela aura lieu, mais cela arrivera, car c’est l’“ainsi dit le Seigneur.” Et lorsque cela se produira, nous ferons paraître le compte-rendu dans la nouvelle revue que frère Lindsay publiera. » Gordon Lindsay, toujours excité par le potentiel du ministère unique de Billy, avait déjà mis ses capacités d’organisateur à l’œuvre. Lindsay avait suggéré à Billy qu’il devrait engager un assistant à temps plein pour aider à organiser les réunions et s’occuper des nombreux détails des campagnes, ce qui permettrait à Billy de se concentrer uniquement sur la prière pour les malades. Le succès des campagnes de Billy dans le nord-ouest du Pacifique, organisées par Lindsay, avait prouvé la validité de cette idée. Toutefois, Lindsay ne voulait pas cet emploi pour lui-même, ou du moins, pas à temps plein. Il avait une autre ambition. Gordon Lindsay avait commencé à publier une revue qui donnerait les comptes-rendus officiels des campagnes Branham, imprimant des articles à propos des dernières réunions et annonçant les prochaines, de même que les témoignages écrits de gens qui avaient été guéris. Lindsay planifiait intituler son magazine La Voix de la Guérison. Aussitôt que Billy eut donné son accord, Lindsay avait commencé à travailler à la publication. La première édition mensuelle de La Voix de la Guérison allait sortir dans deux mois.
308 | Livre Trois : L’homme et sa commission Le premier soir à Miami, des centaines de gens passèrent dans la ligne de prière. La foi s’intensifiait dans l’auditoire au fur et à mesure que Billy discernait les maladies à l’aide du signe dans sa main. La plupart des gens furent guéris et quelques miracles stupéfiants eurent lieu, incluant deux petits garçons qui étaient nés aveugles et qui recouvrèrent la vue. Un compte-rendu de ces deux guérisons fut imprimé dans les journaux du matin. Cela éveilla la curiosité d’une chaîne de radio locale et les deux garçons furent invités au studio pour une entrevue en direct. Débordants de zèle, les deux garçons témoignèrent de la puissance de guérison de Jésus-Christ. L’intérêt du public était maintenant éveillé ; certains étaient curieux, d’autres excités et d’autres encore, sceptiques. Un auditeur en particulier semblait ressentir un mélange des trois émotions. Le Révérend Fred Bosworth était très familier avec la puissance de Jésus-Christ pour la guérison, ayant prêché à ce sujet d’innombrables fois au cours des quarante dernières années. Dans les années 1920, Bosworth avait tenu des réunions de réveil dans une douzaine de villes américaines, pressant le pécheur à la repentance et le chrétien à croire en Dieu pour la guérison de ses maladies. Son style énergique et sa présentation ordonnée s’avérèrent un tel succès qu’après une réunion à Ottawa, Canada, on estima à 12 000 personnes le nombre de ceux qui reçurent le salut par la grâce de Jésus-Christ. Puis la Grande Dépression écourta son ministère évangélique. Comme les revenus de tous diminuaient dans les années 1930, il devint de plus en plus difficile de financer de larges campagnes de réveil. Quittant le champ missionnaire, Fred Bosworth devint un pionnier de la radio évangélique, établissant la radio nationale de la Croisade du Réveil Missionnaire. Il écrivit aussi deux livres, La Confession chrétienne et Christ le Guérisseur. Il prit sa retraite un peu plus tard et déménagea en Floride. Maintenant âgé de 71 ans, Fred Bosworth avait quitté le ministère à temps plein depuis plusieurs années. Il pensait que tout ce qu’il voulait maintenant dans la vie était une succession de jours lents et sans souci. Mais lorsqu’il entendit le témoignage de ces deux garçons à la radio, quelque chose d’inattendu le remua à l’intérieur. Nés aveugles ? Et maintenant, ils pouvaient voir ? Au cours des
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années, Fred Bosworth avait été témoin de plusieurs miracles ; il avait vu des muets parler, des sourds entendre, des infirmes marcher, des cancers disparaître. En fait, il avait reçu au-delà de 200 000 témoignages écrits de gens qui avaient été guéris sous son ministère. Mais il n’avait jamais vu ou entendu parler de personnes nées aveugles qui avaient recouvré la vue. Qui était cet homme, William Branham ? Était-il un escroc ? Ou était-ce l’Esprit de Dieu qui travaillait d’une façon dont il n’avait jamais été témoin auparavant ? Bosworth était curieux et, il devait bien l’admettre, un peu excité aussi. Peut-être devrait-il aller y jeter un coup d’œil ? Le Révérend Fred Bosworth n’était pas le seul qui désirait mener sa petite enquête. Il vint tellement de gens aux réunions de Billy pendant le reste de la semaine que la tente devint trop petite pour contenir la foule. Plusieurs rebroussèrent chemin et retournèrent chez eux, mais des milliers d’autres demeurèrent à l’extérieur, espérant avoir une chance d’avoir une place dans la ligne de prière. Comme il y avait tant de gens qui désiraient recevoir la prière, Billy décida de ne pas utiliser le don de discernement dans sa main. Cela prenait trop de temps. Il forma donc une « ligne de prière rapide », imposant les mains aux malades et offrant une courte prière pendant qu’ils défilaient devant lui. Lors de la dernière soirée du réveil de Miami, avant que le service ne commence, le petit David vint vers Billy et dit : « Il y a un père qui cause de l’agitation à l’arrière. Il semblerait que son fils se soit noyé dans un fossé d’irrigation ce matin. Le père a assisté à toutes les réunions et il vous a entendu parler de la vision du petit garçon qui est ressuscité des morts. Il se demande maintenant si la vision était à propos de son fils. Il a vu assez de miracles et de guérisons cette semaine pour croire que ça pourrait arriver à son fils et ne laisse donc pas l’entrepreneur de pompes funèbres toucher à son enfant avant que vous l’ayez vu. » « Je serais heureux d’aller le voir », dit Billy. En descendant l’allée vers le père en deuil, il ne fallut à Billy qu’un regard pour savoir. Il dit au père : « Je suis désolé, mais ce n’est pas lui. Le garçon que j’ai vu dans la vision avait les cheveux bruns coupés de façon inégale et devait avoir au moins huit ou dix ans. Votre fils a des cheveux
310 | Livre Trois : L’homme et sa commission noirs et n’a pas plus de cinq ans. Et il est trop bien habillé. Le garçon dans la vision était pauvrement vêtu. De plus, votre fils est mort noyé tandis que le garçon de la vision était tout éraflé et défiguré comme s’il venait d’avoir un accident. Je suis désolé, Monsieur, mais tout ce que je peux faire est de prier pour la consolation de la famille. » Ce dernier soir à Miami, il y eut tellement de gens désirant un contact de Dieu que Billy forma deux lignes de prière afin que le petit David et lui puissent prier en même temps ; lui d’un côté et le petit David de l’autre. Parmi les milliers de gens qui se bousculaient autour de lui, Billy remarqua une malheureuse jeune fille qui avançait dans la ligne de prière avec l’aide d’une dame plus âgée. La fille avançait péniblement avec de lourdes orthèses qui lui montaient jusqu’à la taille. Prenant un moment pour prendre la main de la jeune fille pendant qu’elle passait, Billy sentit les vibrations démoniaques de la polio. Il perçut aussi que la jeune fille n’avait pas encore assez de foi pour être guérie. Mettant la jeune fille de côté, Billy lui dit : « Ma chérie, reste là derrière moi et prie pour que Dieu augmente ta foi. » La jeune infirme fit ce qui lui avait été dit, tenant la queue du complet de Billy pendant qu’elle penchait la tête et priait. Billy reporta son attention à la ligne de prière. Après un moment, il sentit la foi de la jeune fille s’élever comme un battement de cœur : boum-boum, boum-boum, boum-boum. Il se retourna vers elle et dit : « Maintenant, ma petite amie, au Nom de Jésus, je chasse ce démon qui te retient prisonnière. Satan, sors d’elle. » Regardant la femme plus âgée qui était venue avec elle, Billy ordonna : « Enlevez-lui ses orthèses. » La femme eut l’air horrifiée. « Mais frère Branham, elle ne peut pas se tenir debout toute seule ! » « Madame, ne doutez pas. Faites seulement ce que je vous dis de faire. » La femme ravala sa salive, manifestement inquiète. Mais elle commença toutefois à délacer les orthèses. Bientôt, un cri strident transperça le tintamarre de la foule. Billy se retourna pour voir cette fille qui avait été infirme tenir ses orthèses au-dessus de sa tête en
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marchant le long de la plate-forme aussi parfaitement que n’importe lequel autre enfant. C’était là un miracle que personne dans la tente ne pouvait manquer de voir. La foi des gens atteint son summum et tous essayaient de toucher Billy en passant près de lui. Billy priait pour le plus de personnes qu’il pouvait, le plus rapidement possible. Quelques minutes plus tard, il sentit un autre regain de foi chez quelqu’un. Il tourna la tête maintes fois pour voir où en était la source. Puis il la trouva. Billy s’approcha du microphone et dit : « Monsieur, vous à l’arrière, à quatre sièges de l’allée, l’homme vêtu d’une chemise blanche. Je peux sentir votre foi jusqu’ici. Levez-vous sur vos pieds, Jésus-Christ vous a guéri. » L’homme se leva sur ses pieds, levant les mains au-dessus de sa tête en même temps. Mais aussitôt que ses bras furent complètement allongés, il les baissa brusquement et se mit à fixer un de ses bras comme s’il était surpris. Puis il se mit à crier. Cela fit se lever la femme qui était assise à côté de lui. Regardant le bras de l’homme, elle manifesta aussi sa surprise, levant ses bras dans les airs, sautant et criant sans retenue. Pendant que Billy reportait son attention vers la ligne de prière, Fred Bosworth se leva de son siège et descendit l’allée jusqu’à l’arrière de la tente. Lorsque l’homme qui venait d’être guéri finit par se calmer, Bosworth demanda : « Monsieur, je suis un prédicateur de l’Évangile et je me demandais si vous pourriez m’expliquer ce qui vient de se produire ? » L’homme tendit la main. « Regardez ceci ! » dit-il tout excité. « Ça m’a l’air d’une main bien ordinaire », dit Bosworth. « Elle est normale ! C’est ça le miracle. Il y a quelques années, je suis tombé du haut d’un cheval et j’ai atterri sur cette main. Depuis ce temps, elle a été infirme et inerte — jusqu’à maintenant ! » Il bougea énergiquement ses doigts pour montrer à quel point ils fonctionnaient bien. Bosworth demanda : « Pourquoi n’êtes-vous pas allé dans la ligne de prière comme tous les autres ? »
312 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Je suis venu ici ce soir en critique. Mais plus je regardais, plus j’ai commencé à croire que Dieu pouvait encore opérer des miracles. Puis lorsque j’ai vu cette jeune fille infirme enlever ses orthèses, j’ai tout de suite su que Dieu pouvait aussi guérir ma main flétrie. » Bosworth se fraya un chemin jusqu’à l’avant, attira l’attention de Billy et dit : « Révérend Branham, je suis un prédicateur de l’Évangile et je voudrais vous poser une question. Comment avez-vous fait pour savoir que cet homme à l’arrière avait assez de foi pour être guéri ? » « Je me suis soudainement senti devenir faible », expliqua Billy. « J’ai su que la foi de quelqu’un tirait fort sur le don, alors je me suis mis à regarder autour de moi. Il me sembla que mes yeux étaient toujours attirés vers cet homme. » Fred Bosworth se frappa la joue, émerveillé. « C’est exactement ce qui s’est produit lorsque la femme avec une perte de sang a touché le vêtement de Jésus.52 Il a dit qu’Il a senti une vertu s’échapper de lui. La vertu est une force. Puis-je dire quelque chose à la foule ? » « Allez-y. » S’approchant du microphone, Fred Bosworth partagea le miracle à la foule, ajoutant : « Cela prouve que Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. Le don qui était en Jésus-Christ serait comme l’océan Atlantique dont les vagues se brisent contre les plages ; le don qui est dans notre frère est comme une cuillerée d’eau de cet océan. Mais les mêmes minéraux qui se trouvent dans l’océan se trouvent aussi dans cette cuillerée. » Le soir suivant, Fred Bosworth et Billy soupèrent ensemble à l’hôtel. Bosworth raconta à Billy quelques miracles dont il avait été témoin pendant les 40 années de son ministère. « Pourtant, pendant toutes ces années, remarqua-t-il, je n’ai jamais rien vu comme la réunion d’hier soir. »
52 Matthieu 9.20-22 ; Marc 5.25-34 ; Luc 8.43-48
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Billy raconta donc à ce prédicateur âgé comment l’ange du Seigneur l’avait rencontré en 1946 et l’avait commissionné d’un don de guérison divine pour les peuples de la terre. Il expliqua le signe dans sa main, comment il pouvait discerner plusieurs maladies à travers les vibrations causées par la vie démoniaque de la maladie, ce qui ferait enfler sa main et produirait un modèle de petits boutons sur le dos celle-ci. Fred Bosworth oublia soudainement ses plans de retraite. « Frère Branham, auriez-vous besoin de mon expertise ? J’aimerais beaucoup voyager avec vous et vous aider de quelque façon que ce soit. » « Frère Bosworth, je serais honoré d’avoir votre compagnie. J’ai prié pour trouver un gérant pour mes campagnes. » Ils quittèrent l’hôtel et marchèrent le long de la plage, parlant de la seconde venue de Christ. Le soleil se couchait derrière les hôtels qui longeaient la plage. Des vagues écumantes venaient lécher les pieds des deux hommes. Billy remarqua une certaine vigueur dans la marche de Fred Bosworth, une énergie tellement différente de ses propres pas traînants. Billy se sentait épuisé même s’il avait bien dormi pendant la journée. Il lui semblait qu’il pouvait à peine lever ses pieds du sable. Il demanda : « Frère Bosworth, quel âge avez-vous ? » « Soixante et onze ans. » « Quand avez-vous été au meilleur de votre forme ? » « Maintenant, frère Branham. Je ne suis qu’un enfant qui vit dans une vieille maison. » Billy enviait sa vigueur. Il n’avait lui-même que 38 ans et il était presque mort de fatigue. Qu’est-ce qui lui tirait ainsi toutes ses énergies ?
AU MOIS DE MARS, Billy devait se rendre de nouveau à Phoenix, cette fois-ci pour une campagne qui devait durer toute
314 | Livre Trois : L’homme et sa commission une semaine. Le jour de son arrivée dans la ville, Billy mentionna sa fatigue chronique au pasteur qui parrainait ces réunions. « Frère Branham, dit le pasteur, votre problème est que vous êtes trop sincère. Après avoir prié pour les enfants de Dieu, vous devriez tout simplement les oublier. Après tout, c’est le problème de Dieu si les gens acceptent leur guérison ou non. » « Je ne savais pas que je pouvais être trop sincère à propos du travail du Seigneur », remarqua Billy. « Je pensais que plus j’étais sincère, plus Dieu pouvait m’utiliser. » « Bien, si vous continuez à ce rythme, avertit le pasteur, vous allez faire un épuisement nerveux. » Billy se rendit dans le désert pour prier. « Père Céleste, comment se fait-il que je devienne si faible ? Les autres prédicateurs n’ont pas ce problème. Frère Bosworth m’a dit qu’il a gardé un rythme semblable au mien pendant des années et que cela ne l’a jamais dérangé. Peut-être est-il plus rempli du Saint-Esprit que moi. Si c’est ça mon problème, alors s’il te plaît Seigneur, donne-moi plus de ton Saint-Esprit pour que je puisse être plus fort. » Il fit une pause, observant le désert et ses figues de Barbarie, ses arbustes fleuris « palo verde » et ses petits arbres épineux « mesquite ». Il pouvait voir au loin les montagnes abruptes qui contrastaient avec la plaine sablonneuse. Pendant que Billy écoutait, il lui sembla entendre Dieu lui parler, pas de façon audible, mais dans ses pensées, disant : « Ces hommes dépendent de leur propre foi et prêchent leurs propres paroles. Tes forces sont épuisées par un don surnaturel. » Soudainement, certaines Écritures frappèrent sa compréhension. Il se souvint que le prophète Daniel fut troublé physiquement après avoir vu une vision.53 Billy se rappela aussi le commentaire de Fred Bosworth à propos de la femme qui fut guérie après avoir touché le vêtement de Jésus. Jésus dit qu’Il a senti une vertu sortir de Lui. Cet après-midi-là pendant qu’il conduisait dans le désert, Billy se sentait si épuisé qu’il aurait pu s’écrouler sur
53 Daniel 7.15
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le sol, mais il connaissait maintenant au moins la raison de sa fatigue continuelle. Lors de sa deuxième soirée à Phœnix, alors que la ligne de prière tirait à sa fin, Billy prit la main d’une femme corpulente. Au début, il ne pouvait pas interpréter les vibrations qu’il sentait. « Vous avez soit un cancer, soit des troubles féminins ; les deux maladies vibrent de façon similaire. Attendez une minute… ce sont des troubles féminins, n’est-ce pas ? C’est presque un cancer. Votre vie ne fut pas un lit de roses. Non, vous avez eu votre lot de labeurs. Mais ce soir, Jésus-Christ peut alléger vos fardeaux si vous le croyez. » Le prochain patient en ligne était un homme d’âge moyen qui était élégamment vêtu. Billy prit sa main. « Monsieur, je ne sens aucune vibration. Peu importe quel est votre trouble, il n’est pas causé par un microbe ou un virus. » L’homme sanglotait. « Frère Branham, j’imagine que j’ai été hypocrite d’attendre dans la ligne de prière alors que je ne suis pas malade, mais c’est le seul moyen que je connaissais pour vous atteindre. J’ai entendu dire que vous étiez un homme pauvre. Je veux vous donner une petite offrande. » Il tendit un chèque. Billy repoussa le chèque gentiment. « Je n’accepte pas les offrandes. » « Écoutez, je veux seulement démontrer ma gratitude au Seigneur. Hier soir, j’ai amené ma femme dans la ligne de prière dans un fauteuil roulant. Après que vous ayez prié pour elle, elle a marché pour la première fois en 16 ans. » « Mais ce n’est pas moi qui l’ai guérie », insista Billy. « Jésus-Christ l’a guérie. » « Je travaille dans le pétrole au Texas et j’ai signé un chèque de 25 000 $ [17 500 €] à votre nom… » Prenant le chèque des mains de l’homme, Billy le déchira en deux, superposa les pièces ensemble et le déchira à nouveau en deux. Puis il redonna à l’homme les morceaux du chèque.
316 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Monsieur, je ne veux pas votre argent. Ce que je voudrais, c’est que votre foi soit fermement ancrée en Jésus-Christ. » La dernière personne pour laquelle Billy pria ce soir-là était une femme qui boitillait avec difficulté. Son mari l’aidait pendant qu’elle montait péniblement les marches de la plate-forme où Billy se tenait. Prenant la main de la femme, Billy dit : « Je ne sens aucune vibration en vous non plus. » « Je souffre d’arthrite », lui dit la femme. « Voilà qui explique tout », dit Billy. « Les vibrations proviennent de virus ou de microbes. Je ne peux pas sentir votre trouble parce que l’arthrite est causée par des acides. Mais Jésus-Christ peut vous guérir si vous croyez qu’Il le peut. Le don qu’Il m’a donné ne guérit pas ; il aide seulement à élever la foi des gens. Jésus-Christ est le seul guérisseur. » Comme Billy commençait à prier pour elle, les yeux de la femme se mirent à fixer le vide et ses muscles se détendirent comme si elle venait de tomber en transe. Pendant que le pasteur hôte donnait congé à la foule, la femme arthritique demeura sur la plate-forme, les yeux fixés sur Billy pendant qu’il titubait en franchissant une porte sur le côté de l’auditorium. Quelques jours plus tard, le mari de cette femme supplia le portier qui gardait la chambre d’hôtel de Billy de le laisser entrer. Billy l’invita à l’intérieur. « Frère Branham, vous ne m’avez jamais rencontré, mais vous avez rencontré ma femme dans la ligne de prière il y a quelques jours. Elle souffrait d’arthrite et fut la dernière personne pour laquelle vous avez prié ce soir-là. » « Oui, je me souviens d’elle. Comment se porte-t-elle ? » « Son arthrite semble avoir diminué, mais quelque chose d’autre ne va pas. Elle parle comme si elle délirait. » « Que voulez-vous dire ? »
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« Après que vous ayez prié pour elle, on aurait dit qu’elle était dans une transe jusqu’à ce qu’on arrive à la maison. Le lendemain matin, elle me demanda, “Qui était l’autre homme près de frère Branham pendant qu’il priait pour moi ?” Et j’ai répondu, “Il n’y avait pas d’autre homme.” Elle dit, “Oh, oui. Il était grand avec la peau foncée et des cheveux noirs qui tombaient sur ses épaules.” Frère Branham, de quoi parlait-elle ? Vous étiez seul sur la plate-forme. » Billy savait qu’elle avait vu l’ange du Seigneur, mais il ne voulait pas le dire à l’homme tout de suite. « Monsieur, est-ce que vous ou votre femme avez assisté à une de mes réunions avant ce soir-là ou entendu raconter mon histoire ? » « Non, nous n’avions jamais entendu parler de vous avant cette semaine. » « Je vois. Veuillez m’en dire plus au sujet de cet homme que votre femme a vu sur la plate-forme avec moi. Qu’a-t-il fait ? » Le visiteur de Billy se mit à se trémousser comme s’il était inquiet que son histoire paraisse incroyable. « Elle dit qu’elle a vu l’homme vous regarder pendant que vous étiez en train de prier pour elle. Lorsque vous avez terminé votre prière, l’homme a regardé ma femme et lui a dit, “Vous êtes venue chercher la guérison. Ne vous inquiétez pas, la prière de frère Branham va être exaucée et vous allez être guérie.” Puis l’homme vous a regardé de nouveau et a dit à ma femme, “Ne trouvez-vous pas que frère Branham a l’air maigre et fragile ? Mais ses forces lui reviendront après un certain temps.” Puis lorsque vous êtes parti, elle dit qu’elle a vu l’homme sortir par la porte de côté avec vous. Frère Branham, j’étais là aussi. Je sais que vous et ma femme étiez les seules personnes sur la plate-forme. Qu’en dites-vous ? » Billy expliqua calmement : « C’est l’ange du Seigneur qui se manifeste à moi. Je suis heureux que vous soyez venu me raconter cela. Je suis si épuisé et vidé d’énergie ; il est bon de savoir que je prendrai des forces dans quelque temps. »
Chapitre 42
Brisé et relevé
1948
A PRÈS PHOENIX, ARIZONA, William Branham tint des campagnes de guérison à Pensacola, Floride ; à Kansas City, Kansas ; à Sedalia, Missouri et à Elgin, Illinois. Dans chacune de ces villes, il raconta à la foule la vision du petit garçon ressuscité des morts, disant : « Écrivez-la sur la page de garde de votre Bible afin que lorsque cela arrivera, vous croyiez que ce que je vous dis est la vérité. » Pendant ce temps, la santé de Billy continuait de se détériorer. Pendant les services de prière, il avait de la difficulté à garder son équilibre en priant pour les malades. Il avait de la difficulté à s’endormir après chaque réunion et lorsqu’il finissait par succomber au sommeil, il avait ensuite à peine la force de se lever pour le prochain service. Il avait constamment mal à la tête et son corps se mettait parfois à trembler. Son estomac était devenu acide et il ne pouvait rien garder de ce qu’il mangeait. Son esprit s’embrouillait parfois, oscillant entre le rêve et la réalité. Il se sentait comme une épave. Le jeudi 13 mai 1948, il commença une campagne de guérison de cinq soirs dans l’état de Washington. 6 000 personnes remplirent l’Aréna Tacoma Ice au maximum de sa capacité. Chaque soir, la longue ligne de prière avançait lentement pendant que Billy utilisait le signe dans sa main pour déceler les maladies et élever la foi des gens avec assez d’intensité pour qu’ils acceptent la puissance de guérison de Jésus-Christ. Ruby Dillard était parmi les gens qui s’avancèrent. À cette époque, Ruby était presque étouffée par une tumeur cancéreuse dans sa gorge. Elle écrivit plus tard dans le
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magazine La Voix de la Guérison : « Même si ma gorge me faisait horriblement mal pendant que le cancer partait, je n’ai plus jamais eu de problème par la suite. » Des centaines de personnes qui assistèrent à la campagne de Tacoma avaient des témoignages tout aussi étonnants. À la fin du dernier service le lundi soir, Billy était de nouveau au point de s’écrouler de fatigue. Il tituba en reculant derrière la ligne de prière et serait tombé sur le sol si deux hommes ne l’avaient pas rattrapé. Comme les deux hommes le transportaient à l’extérieur, Billy les supplia de le laisser dire au revoir à la foule. Gordon Lindsay l’entendit dire cet « au revoir » à la foule, ne réalisant pas à cette époque sa véritable signification. Le lendemain, Billy rassembla son équipe de soutien, Jack Moore, Gordon Lindsay, Ern Baxter et Fred Bosworth, et leur dit qu’Eugene, Oregon, serait la dernière campagne qu’il tiendrait pour quelque temps. Tous ses autres engagements allaient devoir être annulés. Naturellement, ces prédicateurs demandèrent pendant combien de temps il se retirerait du champ. Billy leur dit qu’il ne le savait pas ; ça pourrait être quelques mois ou plus d’un an. Mais en lui-même, il n’était pas si optimiste. Son énergie était tellement épuisée qu’il se demandait s’il pourrait prier pour les malades de nouveau. Pour Gordon Lindsay, en particulier, cette nouvelle fut dévastatrice. Il avait non seulement donné sa démission comme pasteur de son église à Ashland, Oregon, pour suivre les campagnes Branham, mais il avait aussi mis toutes ses énergies dans la planification de la revue La Voix de la Guérison, une revue qui n’avait maintenant plus de raison d’être. Après de longues heures de prière agonisante, Gordon Lindsay réalisa qu’il s’était rendu trop loin avec La Voix de la Guérison pour abandonner maintenant. Les deux premiers exemplaires avaient déjà été publiés. Il décida d’investir ses propres économies pour continuer la publication. Mais quel serait maintenant le thème central de la revue ? Peut-être n’avait-il besoin que d’un nouveau ministère à suivre. Il ne manquait certainement pas de candidats. L’ascension fulgurante de William Branham sur la scène nationale en 1946 avait
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élevé l’opinion publique à propos de la guérison divine et en avait inspiré d’autres à suivre les traces de Billy. Des douzaines d’autres ministères de guérison divine avaient débuté en 1947 et plusieurs autres prenaient de l’expansion à cette période de l’année 1948. Dans quelques exemplaires, La Voix de la Guérison mettait en vedette William Freeman, un jeune homme qui avait un succès moyen dans la prière pour les malades. Mais Gordon Lindsay sentait que La Voix de la Guérison devait survivre sans l’influence du nom de William Branham. Le magazine ne devrait pas se limiter à suivre un seul individu, mais un vaste réseau de ministères de guérison et de délivrance. « Après tout, pensa Lindsay, combien de fois ai-je entendu frère Branham dire que Jésus-Christ était le seul guérisseur ? » Pendant ce temps, Billy se languissait à la maison, malade et abattu. Jour après jour, il demeurait au lit pendant que son estomac semblait produire de l’acide caustique en grande quantité. À toutes les fois qu’il essayait de manger, de l’eau chaude et graisseuse lui remontait dans la gorge et lui brûlait la bouche. Son poids descendit à un peu plus de 45 kg [100 lb]. Ses yeux se renfoncèrent. Son visage était pâle et émacié. Lorsqu’il essayait de se lever, il avait des élancements dans la tête et ses jambes pouvaient à peine supporter son poids. Il se sentait comme s’il allait mourir. Les médecins ne pouvaient pas l’aider. Ils décrivirent sa maladie comme étant un « épuisement nerveux » dû au surmenage et ils lui prescrivirent beaucoup de repos. Mais après avoir suivi les prescriptions médicales pendant deux mois, Billy se sentait toujours aussi malade. Il implora le Seigneur en prière ; il pria Jésus, sa vie ; Jésus, son amour ; Jésus, son seul espoir. Il le supplia pour sa guérison jour après jour, mais malgré cela, son état ne s’améliora pas. Il ruminait. Il pensait aux milliers de miracles et de guérisons qu’il avait observés pendant ses réunions. Le Seigneur les avait guéris, eux ; alors pourquoi ne le guérissait-Il pas ? Cela lui semblait injuste. Éventuellement, Billy comprit la réponse — le Seigneur essayait de lui apprendre quelque chose d’essentiel. Lorsque Billy passa en revue les deux dernières années de son ministère, il eut honte en
322 | Livre Trois : L’homme et sa commission pensant à quel point il avait repoussé ses limites au-delà du bon sens. Jonesboro en était un exemple extrême alors qu’il était demeuré derrière la chaire pendant huit jours d’affilée, priant nuit et jour pour les malades. Mais dans l’ensemble, c’était en laissant les lignes de prière s’étirer jusqu’à une ou deux heures du matin qu’il s’était fait le plus de tort. Il avait toujours soupçonné que c’était là son erreur, mais il avait pitié de ces pauvres gens qui souffraient et dont la vie dépendait souvent de ses prières. Il s’était donc démené, démené, démené et démené. Il en payait maintenant le prix. Il s’était attiré lui-même cet ennui et Dieu voulait maintenant qu’il reçoive une bonne leçon. Billy réalisa que le fait que Dieu lui ait donné un don de guérison ne signifiait pas qu’il devait porter le fardeau en entier sur ses épaules. Il lut dans Exode 19 comment Moïse, qui avait 2 000 000 d’Israélites à sa charge, s’épuisa en essayant de régler les problèmes des gens par lui-même. Jéthro, son beau-père, le pressa à diviser la charge entre plusieurs hommes dignes de confiance dans le camp. Billy lut comment Dieu prit l’Esprit qui était sur Moïse et le divisa entre 70 anciens afin qu’ils puissent aider Moïse à porter la charge. Billy parcourut les dernières éditions de La Voix de la Guérison et fut émerveillé de voir combien d’hommes et de femmes dirigeaient maintenant des campagnes de guérison à travers les États-Unis et le Canada — William Freeman, Oral Roberts, Jack Coe, Tommy Osborn, A.A. Allen, W.V. Grant et plusieurs autres. Il connaissait quelques-uns de ces prédicateurs personnellement parce qu’ils avaient assisté à ses réunions et lui avaient serré la main. Tommy Osborn, par exemple, qui était présent en Oregon lorsque le maniaque avait menacé de lui briser tous les os du corps. Mais ce ne fut pas le fait de voir ce colosse de 115 kg [250 lb] s’écrouler sur le plancher qui avait inspiré le jeune Osborn ; ce fut d’observer Billy imposer les mains à une fillette sourde et muette, disant tranquillement : « Esprit de mutisme et de surdité, je t’ordonne de sortir de cette enfant au Nom de Jésus-Christ. » Lorsque Billy claqua des doigts, la fillette pouvait entendre. Puis elle parla. Cela alluma un feu dans l’âme de Tommy Osborn pour démarrer son propre ministère indépendant, un ministère qui se frayait un
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chemin de salut et de guérison dans le territoire du diable, enflammant les cœurs de la foi en Jésus-Christ. Un autre nom que Billy reconnaissait était celui d’Oral Roberts. Billy avait rencontré le jeune homme pour la première fois l’été précédent à Tulsa, Oklahoma. À cette époque, Roberts, qui avait 32 ans, venait juste de commencer son propre ministère indépendant de délivrance et n’était pas certain quant à la direction à prendre. Après avoir assisté à une des réunions de Billy et d’avoir été témoin de la puissance de guérison de Jésus-Christ, il avait décidé de mettre aussi l’accent sur la guérison divine. Billy avait rencontré Oral Roberts une deuxième fois à Kansas City, au printemps, et il fut impressionné de voir à quel point le jeune homme avait pris de la maturité en dix mois. Roberts irradiait maintenant de la confiance et du leadership. À cause du talent naturel du jeune homme à s’adresser au public, son ministère était constamment en expansion. Roberts avait aussi un bon sens des affaires et maniait d’une main de maître l’argent qui lui passait entre les mains. Pour couper sur les coûts de ses campagnes, il avait acheté sa propre tente. En plus de radiodiffuser sa propre émission, il avait aussi commencé à publier sa propre revue Healing Waters (les Eaux de Guérison). Ces deux entreprises élargissaient à la fois son réseau d’influence et la base de son support financier. Impressionné par la sincérité et l’initiative d’Oral Roberts, Billy était réconforté par le fait qu’il avait influencé le jeune prédicateur enthousiaste. En fait, en feuilletant les pages de la revue La Voix de la Guérison, Billy réalisa que son propre ministère avait influencé chacun de ces hommes et ces femmes de façon directe ou indirecte. Lorsqu’il avait commencé, en 1946, il n’y avait pas un seul autre prédicateur en Amérique qui tenait de grosses campagnes et prêchait la guérison divine. Maintenant, ils semblaient être partout, prêchant chacun une variation du thème de Billy, Jésus-Christ le même hier, aujourd’hui et pour toujours. Cela ne devrait pas le surprendre. N’était-ce pas ce que l’ange du Seigneur lui avait dit dans la cabane ? « Tu es envoyé pour apporter un don de guérison aux peuples de la terre. » À cette époque, Billy avait pensé qu’il serait le seul à porter le don. Il pouvait maintenant voir qu’il n’avait été qu’une étincelle qui avait démarré un réveil mondial. Son ministère de
324 | Livre Trois : L’homme et sa commission 24 mois avait enflammé un saint feu dans des milliers de cœurs et le Saint-Esprit allumait maintenant des flammes de réveil dans toutes les directions. Cela voulait-il dire que Dieu en avait terminé avec lui ? Non, c’était impossible. L’ange lui avait dit qu’il lui serait donné deux signes pour prouver qu’il était envoyé de Dieu. Qu’en était-il du second signe ? L’ange lui avait dit que s’il était sincère, il arriverait à discerner les secrets des cœurs des gens. Billy n’avait aucune idée de ce que cela voulait dire, mais il savait que cela ne s’était pas encore produit. La vision du petit garçon qui ressuscitait des morts ne s’était pas accomplie non plus. Dieu n’en avait certainement pas terminé avec lui, à moins qu’il n’ait court-circuité les plans de Dieu pour sa vie en gaspillant ses énergies. Il pria avec ferveur que cela ne soit pas le cas.
LE 15 SEPTEMBRE 1948, Billy se rendit à la clinique Mayo à Rochester, Minnesota, espérant que les médecins puissent l’aider. Pendant trois jours, une équipe de spécialistes le soumirent à tous les tests qui pourraient leur donner un indice. Le matin où il devait recevoir les résultats de ces tests, Billy se réveilla anxieux. Dans quelques heures, il allait se rendre à la clinique afin de recevoir les résultats finaux sur sa condition. Y aura-t-il un espoir pour lui ? Ou était-il fini ? Il s’assit sur le rebord de son lit et pria : « Cher Jésus, des gens ayant toutes sortes d’épuisements nerveux sont venus à mes réunions et Tu les as guéris. Pourquoi ne ferais-Tu pas de même pour moi ? Durant toutes ces années, Tu m’as montré des visions d’autres personnes qui étaient guéries, mais Tu ne m’en as jamais montrées qui me concernaient. J’ai vécu avec cette nervosité irrépressible depuis que je suis enfant. Mes forces ont maintenant disparu et il me semble que je n’ai pas assez de foi pour croire Ta Parole pour ma propre guérison. Qu’adviendra-t-il de moi ? » Aussitôt qu’il eut fini de prier, il entra dans une vision. La chambre d’hôtel disparut. Billy semblait se retrouver dans un creux boisé. En face de lui se trouvait un petit garçon de sept ans se tenant
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près d’un vieux tronc d’arbre. Où avait-il vu ce visage auparavant ? Soudainement, Billy se souvint — le garçon ressemblait à lui-même à cet âge. Oh, c’était lui ! Billy aperçut ensuite une petite boule de fourrure s’enfuir dans un trou du tronc d’arbre. Billy dit au garçon : « Laisse-moi te montrer comment faire sortir l’écureuil de là. » Il ramassa un bâton et se mit à frapper de haut en bas contre le tronc. C’était un vieux truc de chasse pour faire sortir un écureuil d’un billot creux. Le truc fonctionnait maintenant, mais la créature qui sortit du trou ressemblait plus à une belette qu’à un écureuil, sans toutefois avoir tous les traits de la belette. Elle avait un long corps noir et mince, une petite tête étroite et des petits yeux noirs. Elle avait l’air féroce et mauvaise. « Fais attention », dit Billy au garçon. « Ne t’approche pas de ce vieux tronc d’arbre. Tu ne peux pas savoir si ce rongeur est dangereux. » Billy se retourna pour voir si le garçon avait écouté son avertissement. Le garçon, lui-même alors qu’il était garçon, avait disparu. Billy se retourna vers l’arbre. L’animal grogna, tendant son corps comme s’il allait attaquer. Billy n’avait pas son fusil ; tout ce qu’il avait était son petit couteau de chasse attaché à sa ceinture. Il pensa nerveusement : « Si cet écureuil m’attaque, mon couteau ne me servira pas à grand-chose. Je suis vraiment vulnérable. » Provenant de quelque part à sa droite, Billy entendit l’ange du Seigneur dire : « Rappelle-toi, il ne mesure que 15 cm. » Billy étendit la main pour prendre son couteau. Mais avant qu’il puisse sortir la lame de son étui, la créature fit un bond et atterrit sur son épaule. Billy essaya de la frapper, mais l’écureuil était trop vif. Il sautait d’épaule en épaule tellement vite que Billy ne pouvait même pas y toucher. Billy ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Rapide comme l’éclair, l’animal entra dans sa bouche et descendit dans sa gorge. Billy pouvait le sentir courir dans son estomac, le mettant complètement en pièces. Levant ses mains, Billy cria : « Oh, Dieu, aie pitié ! »
326 | Livre Trois : L’homme et sa commission Comme il sortait de la vision, il entendit la voix de l’ange répéter cette ligne énigmatique : « Rappelle-toi, il ne mesure que 15 cm. » Ébranlé, Billy s’écroula sur son lit. Sa femme, Meda, le remua, mais il ne se réveilla pas. Pendant un long moment, Billy demeura étendu sur son lit, réfléchissant à la vision. Ce drôle d’écureuil devait faire référence à cette condition nerveuse qui pouvait attaquer son estomac avec tant de force que Billy se sentait sur le point de mourir. Mais que représentait le petit garçon de sept ans ? Billy se souvint qu’il était âgé de sept ans lorsqu’il eut sa première crise de nervosité. Sept ans, c’était son âge lorsqu’il avait réalisé pour la première fois toutes les choses qui n’allaient pas dans sa vie — son père buvait, sa famille était pauvre, il était rejeté à l’école et, en plus de tout cela, il voyait des choses que nul autre ne pouvait voir. Il n’était pas étonnant qu’il soit devenu si nerveux et si mélancolique. Sa vision commençait à avoir du bon sens. Soudainement, il reconnut la périodicité de cette condition tout au long des années de sa vie. En effet, sa condition nerveuse lui était revenue tous les sept ans avec une régularité étonnante. Il fut de nouveau frappé de nervosité à l’âge de 14 ans, après que son cousin lui eut accidentellement tiré dans les jambes avec son fusil de chasse. Pendant cet hiver où il fut alité, il avait souffert de dépression nerveuse pendant des mois. Environ sept ans plus tard, il avait inhalé des gaz toxiques pendant qu’il testait une fuite de gaz, ce qui lui causa des troubles d’estomac si sévères qu’il faillit en mourir. Pendant cinq mois, il n’ingurgita que du jus de pruneaux et de la soupe à l’orge. Il serait mort à l’heure actuelle si Dieu ne l’avait pas guéri. Sept ans plus tard, Hope et Sharon Rose moururent. Cette tragédie l’avait tellement dévasté, le rendant si nerveux qu’il avait essayé de se tuer. Lentement, le Seigneur Jésus l’avait rétabli et pendant les années qui suivirent, sa condition nerveuse l’avait laissé tranquille, ne le dérangeant pas plus que ce qu’il considérait comme normal. Puis vint la commission de l’ange et durant les deux années qui suivirent, Billy s’était dépensé au-delà des limites d’endurance humaine. Son corps s’était finalement rebellé, le plongeant dans cet épuisement nerveux.
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Réfléchissant toujours à la vision, il considéra ensuite le petit couteau. Pendant la dernière semaine de tests, un des médecins avait suggéré de couper quelques nerfs dans l’estomac de Billy. Le couteau dans la vision devait représenter le scalpel du chirurgien, montrant ainsi à Billy qu’une opération contre son ennemi serait inutile. Qu’en était-il des paroles de l’ange ? « Rappelle-toi, il ne mesure que 15 cm. » Cela voulait-il dire qu’il allait souffrir de ses troubles d’estomac pendant seulement six mois ? Si cela était ainsi, alors Dieu allait le guérir bientôt parce qu’il y avait environ six mois qu’il était tombé malade. Son cœur se remplit d’espoir. Puis une pensée décourageante lui traversa l’esprit. Rien dans la vision ne laissait croire que cet écureuil étrange était mort. Cela signifiait-il que ce problème allait revenir dans sept ans ? Allait-il devoir souffrir ces attaques périodiquement pendant le reste de sa vie ? Oh ! s’il pouvait seulement voir une vision où cet écureuil mourrait, alors il saurait que c’était terminé ! Quelques heures plus tard, Billy était assis dans un bureau dans la clinique Mayo pendant qu’un médecin âgé lui expliquait les résultats de ses tests. « Jeune homme, je suis désolé de vous dire cela, mais votre condition est héréditaire. Comme plusieurs Irlandais, votre père aimait le whisky. Votre mère est à demi indienne et nous savons que les Indiens ne peuvent pas tolérer l’alcool. Le mélange de ces deux sortes de gènes vous a donné cette condition nerveuse. Vous ne serez jamais guéri. Vos nerfs affectent votre estomac et font remonter la nourriture dans votre gorge. Il n’y a pas de remède, rien que vous puissiez faire. Vous allez avoir ce problème pour le reste de votre vie. » Billy connaissait mieux. Lorsqu’il retourna à Jeffersonville, sa mère vint le visiter pour savoir ce que les médecins de la clinique avaient dit. Billy dit : « Je serais un homme découragé si le Seigneur ne m’avait pas donné espoir dans cette vision. » Ella Branham acquiesça. « Billy, il est intéressant que tu aies eu cette vision jeudi matin parce que de bonne heure ce même jour, j’ai fait un rêve étrange à ton sujet. »
328 | Livre Trois : L’homme et sa commission Billy savait que sa mère ne rêvait presque jamais, mais que les quelques fois où elle avait rêvé, ses rêves semblaient avoir une signification spirituelle, comme la fois peu après la conversion de Billy où elle l’avait vu debout sur un nuage blanc en train de prêcher au monde entier. Ella continua : « J’ai rêvé que tu étais étendu, malade, sur le porche ; presque mort à cause de tes troubles d’estomac. Tu étais en train de construire une maison sur une colline dans l’Ouest. Puis j’ai vu… » « Maman, l’interrompit Billy, laisse-moi le terminer. Après que tu m’as vu étendu là, tu as vu six colombes blanches descendre du ciel en formant la lettre “S”. Elles ont atterri sur ma poitrine. La colombe la plus proche de ma tête roucoulait et se frottait la tête contre ma joue comme si elle essayait de me dire quelque chose. Elle avait l’air désolée. Puis j’ai crié, “Loué soit le Seigneur !” juste avant que tu te réveilles. » « C’est juste. Comment l’as-tu su ? » « Maman, tu sais bien que chaque fois que quelqu’un me raconte un rêve qui a une signification spirituelle, le Seigneur me montre le même rêve ainsi que son interprétation. Comme dans la Bible. Te souviens-tu lorsque le Roi Nebucadnetsar faisait des cauchemars et voulait savoir ce qu’ils signifiaient ? Son problème était qu’il ne pouvait jamais se rappeler ses rêves. Alors le Seigneur montra à Daniel le même rêve afin que Daniel puisse rappeler au roi son rêve, ce qui prouvait à Nebucadnetsar que l’interprétation de Daniel venait de Dieu. » 54 « Alors Billy, qu’est-ce que mon rêve signifie ? » « Le Seigneur t’a donné ce rêve en même temps qu’Il m’a donné la vision. Les deux sont liés ensemble. L’écureuil bizarre représente ma condition nerveuse qui me revient environ tous les sept ans. L’animal qui m’a attaqué mesurait environ 15 cm de long et tu as vu six colombes dans ton rêve. Cela signifie qu’après chaque période de maux d’estomac, je serai guéri… pour un temps.
54 Daniel 2
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Bibliquement, six est un chiffre incomplet. Dieu est complet en sept. Un jour, je verrai cet écureuil bizarre mourir puis je verrai une septième colombe et je saurai que la bataille sera terminée. » Deux jours plus tard, Billy était assis sur le balcon en train de lire un livre écrit par Fred Bosworth, La confession chrétienne. Mettant le livre de côté, il prit sa Bible et l’ouvrit au hasard. Les pages se séparèrent dans Josué au chapitre un. Billy lut : « Fortifie-toi et prends courage… Car l’Éternel ton Dieu est avec toi partout où tu iras. » Soudainement, il sut que cela devrait être sa confession. Puis il entendit une voix intérieure lui murmurer : « Je suis l’Éternel qui te guérit. »55 Rempli de joie, Billy entra dans la maison et prit sa femme dans ses bras, disant : « Chérie, Dieu vient de me guérir ! »
55 Exode 15.26
Chapitre 43
Le second signe apparaît
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L A SEMAINE APRÈS son retour de la clinique Mayo, William Branham prit 5,5 kg [12,5 lb]. Il était encore faible et tremblant, mais il savait que ce n’était maintenant plus qu’une question de temps avant qu’il se sente assez fort pour reprendre son ministère. Pendant qu’il récupérait, il suivait les nouvelles de la guerre en Palestine avec grand intérêt. Israël, la nouvelle-née, se défendait bien contre ses voisins arabes plus forts et plus nombreux. Il était facile pour Billy de s’identifier avec les difficultés de cette Israël en herbe. Presque au même moment où Billy fut forcé de suspendre son ministère de guérison à cause de l’épuisement nerveux qui menaçait sa vie, les Juifs en Palestine furent forcés, eux aussi, de se battre pour défendre leur vie. Le 14 mai 1948, ils se sont déclarés une nation indépendante. Le jour suivant, cinq pays arabes déclarèrent la guerre à Israël, traversant ses frontières avec leurs armées, jurant qu’ils allaient jeter tous les Juifs à la mer. Israël n’avait pas encore sa propre armée, mais elle était animée par la témérité de son désespoir, tout comme Billy. Au début, il sembla que les Juifs de Palestine étaient condamnés. Mais après une forte résistance, ils immobilisèrent leurs ennemis. La guerre s’était maintenant enlisée en pourparlers. Billy médita pendant des heures à propos de la signification biblique de ces événements. Israël, une nation à nouveau ! Pendant près de 1 900 ans, les Juifs avaient été dispersés aux quatre coins de la terre. Ils étaient maintenant de retour dans la Terre Promise. Était-ce là le figuier dont Jésus avait parlé dans Luc 21 ? Billy était
332 | Livre Trois : L’homme et sa commission certain que la nouvelle nation d’Israël allait survivre à ce conflit parce que bibliquement, elle jouait un rôle majeur dans le plan de Dieu au temps de la fin. C’était palpitant d’en suivre le déroulement. Il lui semblait que les prophéties de la Bible s’accomplissaient partout autour de lui. À la fin du mois de septembre, Billy appela Gordon Lindsay et lui fit connaître le sombre diagnostic des médecins de la clinique Mayo, il lui raconta aussi la vision de l’écureuil bizarre et comment le Seigneur l’avait guéri pour l’instant. Lindsay était excité d’entendre cela, disant qu’il avait une valise pleine d’invitations provenant de partout à travers le pays, demandant à Billy de venir tenir des campagnes de guérison divine. Billy avertit son gérant de campagnes qu’il était encore trop faible pour supporter un horaire à temps plein. Puis Lindsay, qui était maintenant très occupé par la publication de sa revue La Voix de la Guérison, suggéra à Billy d’utiliser Ern Baxter comme gérant de campagnes. Ern Baxter avait non seulement d’excellentes qualités d’organisateur, mais il était aussi un prédicateur dynamique et il avait offert d’aider de quelque façon que ce soit. Après avoir prié à ce sujet, Billy accepta l’échange. Le révérend Baxter s’avéra être un bon organisateur de campagnes. Fred Bosworth et lui planifièrent de réintégrer Billy tranquillement à son ministère de délivrance. Protéger la santé de Billy du surmenage était leur principal souci. Ils commencèrent par analyser leurs erreurs antérieures. Pendant les nombreuses campagnes de Billy à travers le pays, le pasteur hôte avait souvent été celui qui avait décidé de l’heure à laquelle les services se termineraient. Ces hommes ne comprenaient pas à quel point le don de discernement de Billy pouvait drainer ses énergies. Jour après jour, ils laissaient les lignes de prière continuer jusqu’aux petites heures du matin ; pensant qu’aussi longtemps que Billy se tenait debout, tout allait bien. Cela s’avéra être un piètre critère parce que Billy avait tellement compassion des gens qu’il repoussait toujours ses limites aussi loin qu’il pouvait le supporter, essayant de prier pour chaque personne qui s’avançait. Lorsque l’onction était sur lui, son corps s’engourdissait progressivement et ses pensées personnelles s’embrouillaient. Éventuellement, ses forces défaillaient. Rendu à la fin de chaque service de prière, Billy était
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tellement épuisé qu’il ne savait même pas s’il marchait, rampait ou si quelqu’un le transportait à l’extérieur. Baxter et Bosworth décidèrent qu’à partir de maintenant, la décision de terminer chaque service allait appartenir à des hommes qui se souciaient de Billy personnellement ; des hommes qui l’observeraient attentivement et termineraient le service de prière au premier signe de fatigue de sa part. De telles mesures permettraient sûrement de protéger Billy d’un autre épuisement nerveux. Par mesure de précaution supplémentaire, les organisateurs suggérèrent de limiter le nombre de personnes qui s’avançaient dans la ligne de prière chaque soir. Billy reconnut la sagesse de cette idée. La prochaine question était – comment allaient-ils sélectionner ceux qui pourraient former la ligne de prière ? Après avoir discuté de plusieurs options, ils décidèrent d’utiliser les cartes de prière de nouveau. Au début du ministère national de Billy, il avait élaboré un système pour réduire la longueur des lignes de prière. De cartes numérotées étaient distribuées avant chaque réunion et personne ne pouvait se tenir dans la ligne de prières sans une de ces cartes. Cette méthode s’était avérée plus ou moins efficace parce que Billy distribuait trop de cartes, donnant de 150 à 200 cartes par soir. Il y eut aussi plusieurs services où il ignorait tout simplement le système et annonçait à l’auditoire : « Ce soir, je vais essayer de prier pour tous les malades qui sont présents. » Alors, la ligne de prière s’allongeait sans fin et Billy priait jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’énergie, soit vers une ou deux heures du matin. Cela devait maintenant changer. Le système de cartes de prière devait être réinstauré et suivi à la lettre. Le nombre de personnes pouvant s’avancer dans la ligne de prière devait être contrôlé à chaque réunion. Billy ne devait plus jamais laisser sa sympathie pour les gens dépasser son gros bon sens. Il devait être en bonne santé lui-même premièrement, avant d’aider les autres à retrouver la leur.
334 | Livre Trois : L’homme et sa commission Fred Bosworth et Ern Baxter aidèrent Billy à peaufiner les détails. Une heure ou deux avant les services, quelqu’un passait les cartes dans l’auditorium à quiconque voulait être dans la ligne de prière. Lorsque venait le temps de prier pour les malades, Billy choisissait un nombre au hasard et disait, par exemple : « Ce soir, commençons avec la carte B-75 ; nous allons essayer de prier pour le plus de gens possible, mais commençons par 15 personnes, soit du numéro 75 au numéro 90. De cette façon, personne n’a besoin de faire la file trop longtemps pendant que je prie pour les malades. Qui a la carte numéro B-75 ? Levez votre main afin que les huissiers puissent vous voir. Voilà. Maintenant, qui a la carte numéro portant le numéro B-76 ? » Pendant qu’il appelait les différents numéros, les huissiers plaçaient les gens en file d’un côté de l’auditorium vers la droite de Billy. (Billy faisait toujours approcher la ligne de prière à sa droite parce que l’ange du Seigneur se tenait toujours de son côté droit.) Les gens dans la ligne de prière attendaient sur le plancher de l’auditorium pendant que la personne à qui était le tour de recevoir la prière montait sur l’estrade pour être seule avec l’évangéliste. De cette façon, les gérants de Billy pouvaient surveiller étroitement ses forces et terminer le service aussitôt qu’ils sentaient qu’il avait assez prié.
DU 29 AU 31 OCTOBRE 1948, William Branham testa ses forces en tenant un réveil de guérison divine de trois soirs à Fresno, Californie. Puis, le 1er novembre, il conduisit jusqu’à Seattle, Washington, où il rejoignit Fred Bosworth dans une campagne de réveil qui durait depuis déjà deux semaines. Après six autres soirs de prière pour les malades, Billy se sentit complètement épuisé. Réalisant qu’il n’était pas encore prêt à retourner au travail, il retourna chez lui pour se reposer. Il essaya de nouveau en janvier 1949, tenant une campagne de cinq jours à Hot Springs, Arkansas. Il y supporta le stress un peu mieux, mais ne se sentit pas prêt à recommencer à temps plein. Un mois plus tard, il prêcha à un réveil de sept jours à Miami, Floride.
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Cette fois-là, il se sentit en pleine forme et dit à Ern Baxter de remplir son horaire pour le reste de l’année. Le 11 mars 1949, après une absence de 10 mois de prédication continuelle, Billy recommença son travail évangélique à temps plein avec une campagne de quatre jours à Zion, Illinois. Pendant les quatre mois qui suivirent, il tint des campagnes au Missouri, Indiana, Texas, Michigan, Washington, Colombie-Britannique et Dakota du Nord. Malgré les nombreux ministères qui étaient maintenant sur la scène, la mystique qui entourait le nom William Branham n’avait pas perdu de sa puissance pendant son absence. Des gens assistaient à ses réunions par milliers. Les miracles abondaient. En juillet, il commença une tournée de deux mois qu’il l’amènerait jusqu’au Canada central. C’est pendant ce voyage que le cours de l’histoire chrétienne changea complètement. Le 24 juillet 1949, Billy était à Regina, Saskatchewan, prêchant à une foule de 10 000 personnes. Il venait juste d’appeler la ligne de prière. Pendant que les huissiers rassemblaient 15 personnes en ordre numérique, Billy continua de parler à l’auditoire. « Lorsque j’étais à Miami, Floride, il y a de cela un an, le Seigneur Jésus m’a donné une vision d’un garçon qui ressuscitait des morts. Le garçon avait entre huit et dix ans et avait les yeux et les cheveux bruns. Il était drôlement habillé, comme s’il venait d’un autre pays. Cela ne s’est pas encore produit, mais c’est « ainsi dit le Seigneur, » alors cela arrivera à un moment donné. Inscrivez la vision sur la page de garde de votre Bible. Lorsque la vision s’accomplira, je vais demander au frère Gordon Lindsay d’en imprimer le compte-rendu dans la revue La Voix de la Guérison afin que vous puissiez tous le savoir. « On dirait que la ligne de prière est formée. Maintenant, soyez révérencieux. Restez concentrés sur Jésus et croyez. Ce sont des gens malades. Pour certains d’entre eux, c’est leur dernier espoir. Je dois être révérencieux moi aussi. L’ange m’a donné un signe dans la main et m’a dit : “Si tu es sincère et que tu peux amener les gens à te croire, rien ne se tiendra devant ta prière, pas même le cancer.”
336 | Livre Trois : L’homme et sa commission Cela s’est avéré être vrai partout où je suis allé. Plusieurs de vous en avez été témoins. Ce même ange m’a aussi dit, “Si tu es sincère avec ce que je te donne, il arrivera que tu connaisses les secrets mêmes de leur cœur et les choses qu’ils ont faites qui étaient mal et ainsi de suite.” » Se tournant vers son frère Donny, Billy dit : « Très bien, tu peux amener le premier patient. » C’était une soirée chaude et les projecteurs rendaient l’air encore plus chaud. De la transpiration coulait du front de Billy et mouillait son collet. Il s’essuya avec un mouchoir. Sa gorge sèche piquait. Lorsque la première personne dans la ligne de prière s’avança, Billy recula du microphone pour prendre une gorgée d’eau. Le révérend Baxter dit : « Que Dieu vous bénisse, frère Branham. » « Merci, frère Baxter. » Billy retourna au microphone. Une femme d’âge moyen l’attendait. « Bonjour, comment allez-vous madame ? » « Bonjour, comment allez-vous ? » dit-elle nerveusement. Comprenant son anxiété, Billy dit : « Cette présence que vous sentez maintenant ne vous fera pas de mal. C’est l’ange du Seigneur. Je le vois comme une lumière entre vous et moi. Je le sens aussi. C’est un sentiment très sacré… » Pendant que Billy parlait, quelque chose de fantastique se produisit. Pendant un moment, il regardait une femme normale d’âge moyen et le moment d’après, la même femme commençait à rapetisser comme si elle disparaissait à la vitesse d’un avion. Elle semblait rajeunir à mesure qu’elle rapetissait. Lorsque sa transformation atteignit l’âge de 12 ans, elle arrêta de changer. Maintenant, Billy la voyait superposée à une autre scène, très différente de l’estrade sur laquelle elle se tenait. Elle semblait être assise à un pupitre. Il y avait d’autres pupitres autour d’elle et un tableau noir sur le mur. Cela devait être une salle de classe. La jeune fille bougeait maintenant. Même si la scène se déroulait en miniature, Billy pouvait voir ce qui se passait très clairement. « Quelque chose est en train de se produire », dit Billy à l’auditoire, le microphone amplifiant ses mots. « La dame plus âgée
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m’a quitté et je vois maintenant une jeune fille d’environ 12 ans, assise dans une salle de classe. Elle cogne son crayon, non, c’est un stylo. Oh, je vois le stylo voler dans les airs et lui percer l’œil… » Billy entendait maintenant un cri distant. La salle de classe disparut. Billy secoua la tête et se frotta les yeux, rempli de confusion. En face de lui sur la plate-forme se tenait la même femme d’âge moyen. Elle n’était allée nulle part après tout. Alors où s’était-il rendu ? Qu’avait-il vu ? La femme en face de lui cria de nouveau. Elle avait la main devant sa bouche et tremblait de tout son corps. « Frère Branham, c’est moi ! Cela m’est arrivé il y a des années, alors que j’étais à l’école. Le stylo m’a atteinte et je suis maintenant aveugle de l’œil droit. » Billy secoua la tête. « Il ne m’est jamais rien arrivé de semblable auparavant. Attendez un instant… cela revient de nouveau… Je vois une jeune fille d’environ 16 ans qui porte une robe à carreaux. Ses cheveux sont coiffés en deux longues tresses attachées d’un gros ruban. Je la vois courir de son plus vite et elle a l’air terrifiée. Attendez… il y a un chien qui la poursuit, un gros chien jaune. Je la vois courir jusqu’à un balcon. La porte s’ouvre et une dame plus âgée fait entrer la fille à l’intérieur. » La femme en face de Billy s’écria de nouveau d’une voix perçante : « Frère Branham, cela m’est arrivé alors que j’étais encore à l’école secondaire. Je n’y avais pas repensé depuis des années ! » La peau du visage de Billy semblait engourdie, ses lèvres et sa langue semblaient plus épaisses que d’habitude. « Quelque chose est en train de se produire, mes amis. Je ne sais pas ce qui se passe. Sœur, laissez-moi prendre votre main. » Il prit son poignet, cherchant un indice. Il n’y avait rien. « Je ne sens pas de vibrations. » Il regardait les veines sur le dos de sa main lorsque tout bascula encore et que la scène changea de nouveau. Il regardait une femme sortir d’une grange rouge et s’en aller en clopinant vers une maison blanche. Billy dit : « Je vois une dame marcher vraiment lentement… sœur, c’est vous ! Je peux vous voir peiner pour monter les marches de la maison blanche. Il y a quelque chose qui
338 | Livre Trois : L’homme et sa commission ne va pas avec votre dos. Je vois que vous ne parvenez pas à monter ces marches. Je vous vois maintenant vous pencher au-dessus d’une plate-bande fleurie tout à votre droite et vous mettre à pleurer… Juste un moment. » Billy arrêta de parler à l’auditoire afin de mieux entendre ce que la femme de la vision disait. « Je peux vous entendre dire, “Si je pouvais seulement aller à une réunion de frère Branham, je sais que cela serait terminé.” » Sans un mot de plus, la femme roula les yeux et s’évanouit. Heureusement, un huissier se tenait assez près d’elle pour la soutenir et la déposer doucement sur le plancher. Lorsqu’elle reprit ses esprits quelques minutes plus tard, elle pouvait non seulement tourner son dos dans toutes les directions, mais elle pouvait aussi voir de son œil droit ! La tension montait dans la foule alors que les gens cherchaient à comprendre ce qui avait pris place. Billy était aussi stupéfait que le reste. « Hum, quelque chose s’est passé, amis et je ne sais pas… » Ern Baxter s’empara du microphone et dit, tout excité : « Frère Branham, ceci est justement ce que vous nous avez dit qui se produirait. C’est le second signe dont parlait l’ange ! » Des louanges exubérantes montèrent de la foule. Les gens s’étaient levés, ils criaient, applaudissaient et adoraient le Seigneur Jésus qui visitait Son peuple avec de telles merveilles. Au milieu de l’excitation et de la confusion, un jeune homme en béquilles monta sur la plate-forme sans carte de prière et boitilla jusqu’à l’évangéliste. Deux huissiers, réalisant ce que l’homme essayait de faire, le saisirent pour le faire redescendre. Entendant le tapage que faisaient les béquilles, Billy se retourna et, voyant tout le brouhaha, lui dit gentiment : « Vous devez retourner en bas vous chercher une carte de prière, mon garçon. » Le jeune homme supplia : « Frère Branham, dites-moi ce que je dois faire ; c’est tout ce que je veux. Dites-moi quoi faire. » « Mon garçon, je ne sais pas quoi vous dire… Juste une minute. Ne l’amenez pas tout de suite. » Cela se produisait de nouveau. Le
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jeune infirme qui se tenait devant lui semblait rapetisser devant ses yeux ; il reculait, reculait… Billy ne pouvait plus voir l’auditorium. À la place, il voyait un autobus portant une grosse enseigne sur le devant annonçant : « Regina Beach ». Les portes de l’autobus s’ouvrirent et Billy en vit sortir le jeune homme sur ses béquilles. « Vous avez quitté Regina Beach ce matin, n’est-ce pas ? » demanda Billy. « Vous êtes venu ici en autobus. Je vois un homme et une femme qui vous disent de ne pas y aller. Oh, ce sont vos parents. » « C’est juste », cria le jeune homme. « Je vois un autre homme vous prêter l’argent pour faire le voyage. Il ressemble un peu à votre père, mais pas tout à fait… » « C’est mon oncle. » « Je vous vois maintenant dans une pièce en train de regarder par une fenêtre en baie. » « C’est la maison de ma tante. J’habite chez elle. » Son excitation était palpable. « Frère Branham, que dois-je faire ? » « Croyez-vous de tout votre cœur ? » « De tout mon cœur, je crois que Jésus est ici. » « Alors tenez-vous sur vos pieds », commanda Billy, pointant fermement le doigt vers lui. « Jésus-Christ vous a guéri. » Les béquilles tombèrent sur le sol, claquant sur la plate-forme en bois. Se libérant de l’emprise des huissiers, le jeune homme fit un pas prudent, puis un autre un peu plus assuré, puis un troisième et un quatrième. Avec une confiance grandissante, il prit de la vitesse et les mains levées dans les airs, remercia Jésus-Christ à chaque pas. Pendant que la foule éclatait en louanges, Billy se rappela ce que le Seigneur avait dit à Moïse : « S’ils ne te croient pas et ne prêtent pas attention au premier signe, ils croiront à ce dernier signe. »56
56 Exode 4.8
Chapitre 44
Comprenant son ministère
1948 — 1949
L E SECOND SIGNE changea dramatiquement le ministère de William Branham. À partir de maintenant, en plus du signe dans sa main, Billy pouvait aussi voir les secrets des cœurs des gens. Ce second don, le discernement par vision, étonnait tous ceux qui y étaient confrontés, incluant Billy lui-même. Même s’il avait des visions depuis qu’il était enfant, il ne les avait jamais expérimentées à une si grande échelle ni avec un but si immédiat. Réunion après réunion, soir après soir, étranger après étranger, maladie après maladie, secret après secret ; rien de ce que Dieu voulait révéler ne pouvait demeurer caché. Le signe dans sa main était toujours disponible s’il voulait l’utiliser. Mais ce nouveau don, qui semblait ne pas avoir de limites, réussissait encore mieux à élever la foi des gens au point où ils pouvaient accepter leur guérison. Parce que ce nouveau phénomène était si différent de tout ce que les gens avaient vu auparavant, Billy essayait parfois de l’expliquer à ses auditeurs, disant : « Plusieurs d’entre vous rêvent. Un rêve se produit lorsque votre subconscient travaille pendant que votre conscience est endormie. Mais pour une vision, c’est différent. Le subconscient est parallèle à la conscience, ce qui rend donc possible le fait d’avoir une vision en étant éveillé. » En réalité, il était plus facile de démontrer le don que de l’expliquer. Lorsque l’auditoire voyait ce discernement par vision aller droit au cœur de chaque nouveau cas avec une précision infaillible, cela semblait au-delà de ce qu’aucun mortel ne pouvait inventer. Billy expliquait que Jésus-Christ était présent sous la
342 | Livre Trois : L’homme et sa commission forme du Saint-Esprit, se révélant Lui-même à travers un don administré par un être angélique. Cette explication ne convainquait pas tout le monde. Certains pensaient que Billy utilisait de la psychologie pour subjuguer l’auditoire. D’autres le soupçonnaient de jouer des tours avec les cartes de prière. Derrière chaque carte se trouvait un espace pour que le patient écrive son nom, son adresse et la raison pour laquelle il était dans la ligne de prière. Ces informations pouvaient alors être utilisées par les pasteurs de l’endroit qui parrainaient les réunions pour garder contact avec ces gens et voir comment ils se portaient. Billy ne voyait jamais ces cartes. Un huissier les ramassait lorsque la ligne de prière était formée le long de l’auditorium. Cependant, quelques sceptiques pensaient que l’huissier lisait les cartes et envoyait l’information à Billy par télépathie. C’était là un bien faible argument puisque ce n’était pas tout le monde qui inscrivait sa maladie sur le dos de la carte et la télépathie mentale ne révélait pas non plus comment Billy pouvait connaître les secrets des cœurs. Certaines personnes spéculaient que Billy lisait dans l’esprit des gens. Mais cela n’expliquait pas comment Billy pouvait voir dans le futur. Malgré tout, les sceptiques continuèrent à douter. Après Regina, Saskatchewan, Billy tint une campagne à Windsor, Ontario. Le premier soir, plus de 8 000 personnes y assistèrent. Vers la fin de la ligne de prière, un jeune homme s’avança et dit : « Révérant Branham, je veux être guéri. » Billy se sentait engourdi par l’effort de la prière et ses yeux avaient de la difficulté à converger. Cependant, le jeune homme avait l’air robuste et en pleine santé. Billy prit la main de l’homme. Il n’y avait pas de vibrations. « Je vois que vous n’avez pas une maladie causée par un microbe ou un virus. » « Oh, oui », argumenta l’homme. « Demandez à l’huissier, là-bas, qui a pris ma carte de prière. » Billy secoua la tête. « Je ne me soucie pas de ce que vous avez écrit sur votre carte de prière. Je le sentirais dans ma main si vous étiez malade. Vous n’êtes pas malade. » Le jeune homme insista : « Je suis un homme malade. J’ai la tuberculose. C’est écrit sur ma carte de prière. »
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« Monsieur, vous l’aviez peut-être avant, mais vous ne l’avez plus maintenant. Peut-être votre foi s’est-elle élevée au point où vous avez reçu votre guérison dans l’auditoire. » L’homme mit ses mains dans ses poches, fit un pas vers le microphone et ricana : « Alors c’est ainsi que ça se passe. “La foi quand j’étais debout dans l’auditoire” ; je savais qu’il y avait quelque chose de louche qui se passait ici. » Pendant un moment, Billy se sentit confus. Puis une vision se dévoila devant lui comme si les rideaux d’un théâtre s’étaient ouverts. Regardant le jeune homme, Billy dit : « Vous appartenez à l’Église de Christ. Vous êtes un prédicateur dans cette église. » L’expression de l’homme changea de celui qui exposait à celui qui était maintenant exposé. Il essaya de nier, mais Billy l’interrompit : « Ne mentez pas devant Dieu encore une autre fois. Hier soir, vous étiez assis à une table avec deux autres personnes. Un homme portant un complet bleu était assis en face de vous et une femme vêtue d’une robe verte était assise à votre droite. Elle avait étendu son foulard vert sur le dessus de la table ; j’en vois une partie qui pend sur le côté de la table. Vous leur avez dit que vous prendriez une carte de prière et y inscririez que vous aviez la tuberculose. Vous pensiez que je faisais de la télépathie mentale et vous aviez l’intention de me dénoncer en tant que charlatan. » Un homme dans l’auditoire se leva d’un bond et cria : « C’est la vérité ! J’étais l’homme qui était avec lui. » Soudainement, Billy sembla ne plus avoir le contrôle de sa propre voix. Il s’entendit dire : « La maladie que vous avez écrite sur votre carte de prière sera maintenant sur vous pour le reste de vos jours. » Se jetant sur le plancher, le jeune homme agrippa le bord du pantalon de Billy. « Révérend Branham, je pensais honnêtement que c’était de la fumisterie. Y a-t-il un espoir que je sois pardonné ? » « Monsieur, c’est entre vous et Dieu, pas entre vous et moi. »
344 | Livre Trois : L’homme et sa commission
MÊME SI BILL ne comprenait pas exactement comment les visions prenaient place, il reconnaissait un modèle qui l’aidait à prévoir ce qui allait se passer. Lorsque l’ange du Seigneur venait à une réunion, Billy sentait une présence sainte, distincte, qui lui donnait la chair de poule comme si l’air était chargé d’une énergie électrique. Billy voyait souvent l’ange du Seigneur sous la forme d’une bulle de lumière suspendue dans l’air à environ 1 m [3 pi] de lui. L’ange se tenait toujours du côté droit de Billy. Quand les gens dans la ligne de prière s’avançaient sur l’estrade, ils sentaient aussi cette présence angélique. Leur expression changeait, plusieurs se mettaient à s’agiter nerveusement et d’autres reculaient d’un pas. Le simple fait de parler à quelqu’un dans la présence de l’ange du Seigneur était tout ce qu’il fallait pour qu’une vision prenne place. Billy appelait cela « contacter l’esprit de la personne. » Si Billy fixait intensément la personne, il la voyait soudainement rapetisser alors que la vision, elle, s’élevait dans les airs. C’était différent d’un rêve parce que d’une part il était pleinement éveillé et que d’autre part il lui semblait faire partie de la vision. Il avait de la difficulté à expliquer l’expérience. Il disait que c’était comme d’être à deux endroits à la fois. À un niveau, il savait qu’il était encore dans un auditorium parlant à une immense foule, mais, en même temps, il se retrouvait à une quarantaine d’années dans le passé, observant quelque chose se produire dans la vie de quelqu’un d’autre. C’était comme être dans un monde différent, une dimension différente. Pendant que tout cela se déroulait, il pouvait toujours parler à la foule ; en fait, il ne pouvait s’empêcher de parler. Pendant une vision, il ne semblait pas avoir le contrôle de sa voix. C’était comme si le Seigneur Jésus parlait à travers lui, utilisant les cordes vocales de Billy pour décrire ce qui se passait dans la vision. Il pouvait observer un péché dans la vie du patient, un accident ou un autre événement significatif, comme une opération ou une visite chez le médecin. Si la foule était raisonnablement tranquille, Billy pouvait même entendre ce que le médecin disait dans la salle d’examen. Puis Billy le répétait pour que tous l’entendent. Tout ce qu’il disait s’avérait être la vérité. Cela captait l’attention des gens.
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Chaque personne attendant son tour dans la ligne de prière était apte à raisonner : il se tient là un étranger qui décrit des choses à propos de la vie des gens, des choses qui lui sont impossibles de savoir par lui-même ; même leur nom et adresse et les prières qu’ils avaient faites alors qu’ils étaient seuls dans leur chambre ! Ce n’est pas humainement possible. Et pourtant, il le fait continuellement sans faillir. Quelque chose qui est hors de l’ordinaire se déroule ici, quelque chose que je ne comprends pas. Cela pourrait-il (comme l’homme le prétend) être la présence surnaturelle du Seigneur Jésus-Christ, prouvant qu’Il est Dieu et qu’Il s’intéresse à nous ? Si frère Branham peut me dire quelque chose qui est vrai à propos de ma propre vie, alors je croirai que Jésus-Christ est ici pour m’aider. Une personne n’avait pas besoin d’être dans la ligne de prière pour faire partie du discernement. Parfois, la lumière surnaturelle suivait un patient qui descendait l’estrade et se déplaçait dans l’auditoire jusqu’à ce qu’elle s’arrête au-dessus de quelqu’un qui priait avec une grande foi. Puis la vision s’ouvrait au-dessus de cette personne et Billy décrivait ce qu’il y voyait. Il ne pouvait pas continuer de prier pour les malades tant que l’ange du Seigneur n’était pas revenu sur l’estrade. Après avoir vu une vision, Billy oubliait beaucoup de ce qu’il avait vu et entendu, comme un rêve que l’on oublie en s’éveillant. Il ne se rappelait parfois que quelques points et d’autres fois, il oubliait tout. Cependant, il savait que tout ce qu’il avait dit sous l’onction était vrai. Lorsqu’une vision se terminait, il disait souvent au malade : « Maintenant, ce qui a été dit était vrai, n’est-ce pas ? Bien sûr, j’ai oublié ce que j’ai dit, mais peu importe ce que j’ai dit, c’était exactement comme je l’ai décrit… n’en est-il pas ainsi ? » Par égard pour l’auditoire, Billy donnait habituellement la chance au malade de nier ou de confirmer ses affirmations. Elles étaient toujours confirmées. L’onction le dominait seulement durant la vision actuelle. Entre les visions, l’onction baissait. Si cela n’avait pas été le cas, Billy n’aurait pas pu tenir plus que 15 minutes avant de s’écrouler. Chaque vision le rendait plus faible. Cela prenait seulement de 15 à 20 visions pour épuiser Billy. Ses gérants, Fred Bosworth et Ern
346 | Livre Trois : L’homme et sa commission Baxter, comprenaient la situation et observaient Billy attentivement. Lorsqu’ils jugeaient qu’il avait enduré assez de tension pour la soirée, ils le retiraient du service. L’onction le quittait habituellement aussitôt que Billy commençait à quitter l’estrade. On aurait dit un vrombissement qui s’atténuait en s’éloignant. À ce moment, Billy était souvent si fatigué qu’il ne savait pas ni où il était, ni ce qui se passait. Il était parfois tellement épuisé qu’il ne savait pas s’il marchait par lui-même ou si quelqu’un le transportait. Il réalisait éventuellement qu’il avait quitté la réunion. Il ne voulait jamais parler du service tout de suite. Il avait été si proche de la merveilleuse présence de Jésus-Christ qu’il se sentait maintenant dégonflé, déprimé. Il demeurait souvent assis dans sa chambre d’hôtel à lire sa Bible pour une heure ou plus, essayant de relaxer et se détendre. Un peu plus tard, Ern Baxter et Fred Bosworth arrêtaient à sa chambre pour voir comment il se portait. Billy demandait : « Que s’est-il passé ce soir, mes frères ? Je me souviens vaguement d’avoir prié pour quelques personnes et me rappelle quelques visions, mais c’est tout. » « Oh, frère Branham, ce fut une merveilleuse réunion… » Puis l’un de ses gérants lui racontait ce qui s’était passé. Dans la quiétude de sa chambre d’hôtel, Billy comparait souvent ce nouveau don de discernement avec les Écritures. Cela allait exactement avec ce que l’ange avait prédit. Il lut dans Jean 5.19 : « Le Fils ne peut rien faire par lui-même, mais seulement ce qu’il voit faire au Père », ce qui signifiait que Jésus voyait une vision de chaque miracle avant de l’accomplir. Et pourquoi pas ? Pour le Dieu Tout-Puissant, le futur et le passé sont aussi clairs que le moment présent. Lorsque Jésus eut besoin d’un endroit pour manger le repas de la Pâque, il envoya Pierre et Jean avec des instructions : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau vous rencontrera ; suivez-le, et là où il entrera, dites au maître de la maison, Le Maître dit, où est la salle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ? Et il vous montrera une grande chambre haute aménagée et toute prête : c’est là que vous nous préparerez la
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Pâque. »57 Comment Jésus savait-il que cet homme-là serait en train de transporter une cruche d’eau, sur cette rue-là, à cette heure précise ? Il le savait parce qu’il avait déjà vu la scène se dérouler en vision. Il voyait dans le futur — par vision. Lorsque Philippe amena son frère Nathanaël au Maître, Jésus regarda Nathanaël et dit : « Voici vraiment un Israélite en qui il n’y a pas de fraude. » Cela étonna Nathanaël qui demanda : « D’où Me connais-tu ? » Et Jésus répondit : « Avant que Philippe t’ait appelé, quand tu étais sous le figuier, je t’avais vu. »58 Là encore, Billy réalisa que Jésus avait eu une vision de Nathanaël assis sous un figuier. Partout où Billy regardait dans la vie de son Maître, il voyait que Jésus était conduit par vision. Il ne faisait pas de doute que ces visions donnaient à Jésus-Christ une perspicacité qui lui permettait de percevoir les pensées des autres.59 Le premier chapitre de Jean décrit Jésus comme étant « La Parole de Dieu faite chair ». Hébreux chapitre quatre ajoute l’idée que le discernement parfait vint à travers Jésus-Christ, la Parole. « Car la parole de Dieu est… juge des sentiments et des pensées du cœur. Il n’y a aucune créature qui soit invisible devant lui : tout est mis à nu et terrassé aux yeux de Celui… » Les visions semblaient être rattachées aux actions du Maître, comme lorsque Jésus dit qu’Il avait besoin de passer par la Samarie. C’était très loin de sa destination, mais Il avait vu une vision qui devait être accomplie. Il y rencontra une femme à un puits et lui parla assez longtemps pour contacter son esprit. Puis Il dit : « Va, appelle ton mari. » Lorsqu’elle protesta en disant qu’elle n’avait pas de mari, Jésus alla au cœur du problème : « Tu as bien fait de dire : Je n’ai pas de mari. Car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. » Étonnée de ce que cet étranger soit au courant de son passé, la femme dit précipitamment : « Seigneur, je vois que tu es prophète… Je sais que le Messie vient, celui qu’on appelle Christ. Quand il
57 Marc 14.13-15
58 Jean 1.43-50
59 Luc 5.22
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sera venu, il nous annoncera tout. » Jésus dit simplement : « Je le suis moi qui te parle. » Et la femme crut.60 C’était là la clé que Billy cherchait. Une vision avait guidé Jésus à cet endroit, ce jour-là, à cette heure-là pour rencontrer cette femme samaritaine particulière afin qu’Il puisse exposer son problème. Bien entendu, Jésus était intéressé à son âme. (Comme Jésus dit : « Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »61) La femme samaritaine crut en Jésus après qu’Il eut discerné ses péchés passés. Elle reconnut dans l’homme Jésus à la fois le signe d’un prophète et le signe du Messie. En fait, les deux signes sont les mêmes parce le don dans les prophètes était le présage de l’avènement du Grand Don, Jésus-Christ, le Sauveur de l’humanité. C’était l’esprit de Christ dans les prophètes qui accomplissait le signe. Billy réalisait maintenant que ceci était la clé pour comprendre son propre ministère ; le discernement par vision était le signe du Messie.
AU FUR ET À MESURE QUE les nouvelles du rétablissement de William Branham se répandaient, des lettres venant de partout en Amérique s’empilaient sur son bureau ; des lettres de témoignages, des requêtes de prière et des invitations. Quelques personnes adressaient simplement leur enveloppe : William Branham, Jeffersonville, Indiana. Les lettres arrivaient toujours. Mais l’adresse de Billy n’était pas un secret. Grâce à la publicité que Billy recevait dans La Voix de la Guérison, des centaines de milliers de gens apprirent l’adresse de son bureau, qui ne changea pas pendant toutes les années de son ministère, sauf pour l’ajout d’un code postal : Campagnes Branham P.O Box 325 Jeffersonville, Indiana 47131 (É.-U.) 62
60 Jean 4.1-39
61 Luc 19.10
62 Cette adresse est encore en service et il est possible de recevoir
des sermons imprimés ou enregistrés de William Branham en y
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Éventuellement, le courrier devint un déluge de milliers de lettres par jour. La majorité venait de gens demandant des prières. Billy aurait aimé pouvoir répondre personnellement à chaque requête, mais il ne le pouvait pas ; il y avait tout simplement trop de lettres. Mais de l’autre côté, il ne se sentait pas à l’aise de laisser l’immense fardeau à sa secrétaire. Ces gens lui écrivaient à lui, demandant ses prières. Que pouvait-il faire ? Billy trouva sa réponse dans Actes chapitre 19, les versets 11 et 12 : « Et Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul, au point qu’on appliquait sur les malades des linges ou des étoffes qui avaient touché son corps ; alors les maladies les quittaient, et les esprits mauvais sortaient. » Billy pensa que Paul devait avoir eu l’idée en lisant à propos d’Élisée donnant son bâton à son serviteur et lui ordonnant de mettre le bâton sur le visage du garçon mort de la femme Sunamite63. Peu importe ce qui en fut la source, l’inspiration de Paul produisit des résultats. Billy savait que si cela avait réussi il y a 1 900 ans, cela fonctionnerait encore aujourd’hui. Après tout, les guérisons ne venaient pas de l’apôtre Paul ; elles venaient de la foi des gens en Jésus-Christ. Les mouchoirs étaient seulement quelque chose de tangible sur lesquels les croyants pouvaient concentrer leur foi. Jésus-Christ était le Guérisseur à cette époque le même qu’Il l’est aujourd’hui. Billy savait maintenant ce qu’il pouvait faire pour ces milliers de requêtes de prière. Comme Paul, il pouvait prier sur un mouchoir et celui-ci agirait en tant que substitut. Il courut les magasins pour acheter des mouchoirs en vrac, mais lorsqu’il découvrit qu’ils lui coûteraient dix sous [0,07 €] chacun, il abandonna l’idée à cause des coûts trop élevés. Comme il comptait les envoyer gratuitement, il devait minimiser ses dépenses. Pendant un certain temps, il utilisa des draps qu’il découpait en petits morceaux et envoyait par la poste. Finalement, il eut l’idée d’utiliser du ruban. Il achetait le ruban en grande quantité, des centaines de mètres à la fois. Lorsqu’il était à la maison entre ses différents engagements, il
envoyant la requête. Toutefois, c’est aujourd’hui sous le nom de : The William Branham Evangelistic Association. 63 2 Rois 4.29
350 | Livre Trois : L’homme et sa commission passait des heures à couper du ruban en bandes de 10 cm de longueur, priant sur chaque languette. Plus tard, sa secrétaire postait les tissus de prière avec des instructions expliquant aux gens comment accepter la guérison divine en croyant la Parole de Dieu. Billy suggérait qu’ils gardent leur tissu de prière dans leur Bible au chapitre 19 du livre des Actes. De cette façon, si un contretemps survenait ou si la maladie frappait leur famille, le tissu de prière serait facile à retrouver près d’une Écriture qui encouragerait leur foi. Bientôt, des lettres se mirent à arriver avec des témoignages de guérisons et de miracles reliés aux tissus de prière. À l’occasion, Billy en a vu lui-même les résultats. Un témoignage dramatique venait d’une femme qui vivait dans la contrée du coton, près de Camden, Arkansas. Pendant qu’elle nettoyait une lampe au kérosène, elle laissa tomber le globe de verre qui se brisa en tombant sur la table et sectionna une des artères de son bras. Elle enveloppa la blessure dans une taie d’oreiller, mais le saignement n’arrêtait pas. Elle essaya de l’envelopper dans un drap. Le saignement continuait toujours. Son mari était à Camden ; son plus proche voisin habitait à 3 km de chez-elle ; elle n’avait ni téléphone ni auto et s’affaiblissait chaque seconde. Elle savait qu’elle allait mourir sous peu à moins que… soudain, elle se rappelât le tissu de prière. Elle ouvrit sa Bible dans Actes 19, attrapa le tissu de prière et l’appliqua sur sa blessure. Le saignement arrêta immédiatement. Cet après-midi-là, elle pataugea dans la boue pendant 3 km pour prendre l’autobus Greyhound et se rendre à Little Rock, Arkansas, 160 km plus loin, où Billy tenait des réunions. Les bottes encore pleines de boue, elle arriva au service, criant des louanges à Jésus pour un tel miracle. Billy vit la balafre sur le bras de la femme et le tissu de prière qu’elle avait utilisé. Pas une seule goutte de sang n’avait taché le ruban. Dieu avait honoré sa foi toute simple.
CE NOUVEAU DON, le discernement par vision, ne faillit pas une seule fois. Il laissait les gens dans l’auditoire abasourdis devant la puissance et la proximité de Dieu. La foi de ceux qui croyaient que Jésus-Christ était présent sur l’estrade, opérant le don
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de discernement, s’élevait au point où ils pouvaient croire que toutes choses étaient possibles. Lorsque Billy tint sa première réunion à Beaumont, Texas, le grand Colisée municipal était presque comble. Alors qu’il attendait que s’avance la troisième personne dans la ligne de prière, Billy vit deux hommes dans l’allée qui transportaient une civière vers l’orchestre. L’homme sur la civière était recouvert d’un drap. Billy remarqua la rougeur du visage de l’homme. Soudainement, une vision se forma au-dessus de la civière ; une vision d’un homme prêchant derrière une chaire. C’était le même homme qui était étendu sur la civière. Montrant la civière du doigt, Billy dit : « Monsieur, vous êtes un prédicateur de l’Évangile. » L’homme releva la tête, étonné. « Oui, comment l’avez-vous appris ? » Billy ne répondit pas immédiatement parce qu’il était en train d’observer quelque chose se dévoiler dans la vision. Puis il dit : « Oui, vous êtes un prédicateur et il y a environ quatre ans, Dieu vous a dit de faire quelque chose que vous n’ayez pas fait. Depuis ce temps-là, vous n’avez eu que des problèmes et vous êtes maintenant à l’hôpital avec une greffe d’os dans une jambe. » L’homme au visage rouge s’écria : « Jésus, aie pitié ! » et le Seigneur le guérit à l’instant. Billy regarda par-dessus son épaule pour voir qui serait le prochain patient dans la ligne de prière. Donny Branham était en train de guider une jeune femme dans les marches vers l’estrade. Jetant un coup d’œil à l’homme au visage rouge qui venait d’être guéri, Billy vit que l’ange planait toujours au-dessus de la civière. Billy le regarda intensément. Bientôt, la lumière se dirigea vers l’orchestre où se trouvaient plusieurs personnes en fauteuils roulants ou étendues sur des civières. Billy gardait les yeux fixés sur l’ange du Seigneur, sachant que toute vision devait venir de cette lumière. Bientôt, la lumière s’arrêta au-dessus d’un autre homme étendu de tout son long sur une civière. Instantanément, la bulle de lumière se transforma en vision. Billy vit une plate-forme de forage
352 | Livre Trois : L’homme et sa commission pour un puits de pétrole dans une prairie du Texas. Un travailleur dans le haut de la tour essayait de faire un nœud solide dans une corde pour pouvoir lever des objets lourds avec les poulies. Billy le vit perdre pied et tomber sur le sol. « Vous, Monsieur, là-bas sur la civière. Billy le pointa directement. Il n’était pas très loin. « Vous aviez l’habitude de travailler sur les champs de pétrole n’est-ce pas ? Vous étiez foreur. Il y a environ quatre ans, vous avez fait une chute. Ils vous ont transporté à l’hôpital et un grand homme aux cheveux foncés était votre médecin. Votre femme a les cheveux blonds et vous avez deux petits enfants. Je vous vois tous à l’hôpital en train de discuter avec le médecin. Il n’a pu rien faire pour vous et vous êtes paralysé de la taille aux pieds depuis ce temps. » L’homme répondit : « Frère Branham, je ne sais pas comment vous le savez, mais tout ce que vous avez dit est la vérité. Que dois-je faire ? » Au même moment, Billy vit cet homme portant un costume brun, marchant dans les airs au-dessus de la tête des gens disant : « Béni soit le Seigneur, loué soit le Seigneur. » La vision toujours en vue, Billy déclara : « Monsieur, Jésus-Christ vous a guéri. Tenez-vous debout sur vos pieds. » Même s’il avait été paralysé pendant quatre ans, l’homme se leva, tituba un moment sur ses jambes tremblantes avant de marcher dans l’allée, louant Jésus-Christ son guérisseur. La foule éclata en louanges. Billy gardait encore les yeux fixés sur la lumière surnaturelle. Elle était toujours là dans le coin de l’orchestre, glissant au-dessus de la tête des gens. Bientôt, elle s’arrêta au-dessus d’une femme en fauteuil roulant. Lorsque la vision apparut, Billy vit une autre jeune femme qui ressemblait à la femme dans le fauteuil roulant, mais qui était assez différente pour qu’il soit certain qu’il ne s’agissait pas de la même personne. Dans la vision, cette autre jeune femme tenait un nouveau-né handicapé enveloppé dans une couverture bleue à la frange blanche. Puis la vision sembla se déplacer et pointer une dame plus âgée assise dans l’auditoire, quelques rangées derrière la
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femme assise en fauteuil roulant. Billy reconnut la femme plus âgée comme étant la jeune mère de la vision. Maintenant, il comprenait. Pointant la jeune femme dans la chaise roulante, il dit : « Jeune femme, n’êtes-vous pas née avec un handicap moteur ? » La foule se tut assez rapidement pour entendre ce nouveau drame : « Oui », répliqua-t-elle. « J’ai vu une vision de votre mère qui vous tenait enveloppée dans une couverture bleue lorsque vous étiez un bébé, il y a 25 ans. Vous êtes dans ce fauteuil roulant depuis 17 ans. Votre mère est assise à environ quatre rangées derrière vous. Madame, est-ce votre fille ? » « Oui, Monsieur », confirma la femme plus âgée. « Venez à l’avant vous tenir près de votre fille. » Pendant que la mère descendait l’allée, la jeune femme en fauteuil roulant demanda : « Frère Branham, que dois-je faire ? Suis-je guérie ? » « Sœur, tout ce que je sais, c’est ce que j’ai vu dans la vision. La vision est finie pour maintenant. Je ne peux rien dire d’autre que ce qu’Il me dit de dire. » Comme il ne pouvait plus voir la colonne de feu dans l’auditoire, Billy retourna son attention vers la ligne de prière. La prochaine patiente était maintenant à côté de lui. Elle était une magnifique jeune fille d’environ 20 ans, avec de longs cheveux noirs qui lui allaient en bas des épaules. Elle avait l’air d’une sainte de Dieu. « Bonsoir, sœur. » Il prit sa main droite dans sa main gauche. « Je sens un esprit de surdité, mais les vibrations ne sont pas très fortes. Pouvez-vous m’entendre, sœur ? » « Oui, je peux vous entendre. Je suis sourde d’une oreille. Je suis ainsi depuis plusieurs années. » « Cela explique tout. Croyez-vous que Jésus-Christ peut vous guérir si je Lui demande ? »
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« Je le crois de tout mon cœur. » Inclinant la tête, Billy pria pour la guérison de la jeune femme. Il pria une prière tranquille, le genre de prière qu’il priait toujours. Il savait que Dieu ne répondait pas aux émotions bruyantes ; Il répondait à la foi en sa Parole. Cette fois-ci, le démon ne sortit pas. Billy sentait toujours les vibrations palpiter comme de l’électricité à faible tension. Il pria de nouveau. Le modèle de petits boutons blancs qui indiquaient la surdité continuait à s’étendre sur le dos de sa main enflée. « Il y a quelque chose qui ne va pas. L’esprit de surdité ne s’en va pas. » Billy regarda profondément dans les yeux de la jeune femme. Soudainement, elle sembla disparaître alors qu’à sa place il voyait la vision d’une jeune fille aux cheveux tressés. Billy parlait tout en observant la vision se dévoiler. « Lorsque vous aviez 14 ans, vous coiffiez vos cheveux en longues nattes attachées d’un ruban à carreaux. C’est à peu près à cette époque que vous avez commencé à prendre la mauvaise voie. Vous avez eu un bébé avant d’être mariée. » La jeune femme cacha son visage dans ses mains. « C’est exact, frère Branham. » « Vous avez marié un homme que vous n’aimiez pas ; alors vous l’avez quitté. Puis vous vous êtes retrouvée mélangée à une secte religieuse et ils vous ont mariée à un autre homme que vous n’aimiez pas. Vous l’avez quitté et êtes maintenant mariée à un autre homme. » Elle sanglota : « Chaque mot est la vérité. » Billy continua : « Vous avez déjà été chrétienne, mais vous avez abandonné Dieu. » « C’est juste », haleta-t-elle, titubant comme si elle allait s’évanouir. Elle poussa soudainement un cri. Dieu lui avait non seulement pardonné, mais Il avait restauré son ouïe. Pendant que la foule adorait Dieu, l’attention de Billy se tourna vers l’orchestre où la mère se tenait maintenant près de sa fille handicapée. Il vit la lumière suspendue au-dessus d’elles et quelques
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instants plus tard, il vit une vision de la jeune femme handicapée hors de son fauteuil roulant. Il savait que c’était une vision parce que la jeune femme portait une robe différente. Pourtant, la vision avait l’air aussi réelle que le microphone qui se trouvait devant lui. Billy la vit marcher au-dessus de la tête des gens en criant : « Merci mon Dieu ! Merci mon Dieu ! » jusqu’à ce que la vision s’évapore. Billy montra la jeune femme handicapée du doigt. « Sœur, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, a entendu votre prière et vous a guérie. Levez-vous. » C’est ce qu’elle fit. Sa mère l’aida à se lever et lui aurait tenu le bras, mais sa fille, guérie, refusa l’aide de sa mère et marcha toute seule. La foule se leva d’un seul cœur. La puissance de Dieu balaya le bâtiment, guérissant toute personne qui croyait. Billy vit des gens abandonner leurs cannes et leurs béquilles et d’autres quitter leur fauteuil roulant. Combien d’autres furent guéris de maladies qui n’avaient pas de signes extérieurs ; c’était impossible de le savoir ! Billy ne continua même pas la ligne de prière. Il semblait ne plus avoir personne ayant besoin de prière dans tout le bâtiment. « C’est comme cela que ça devrait toujours être », pensa Billy. Des miracles comme ceux-ci indiquaient que les gens n’avaient pas besoin d’aller dans la ligne de prière pour être guéris ; ils n’avaient besoin que d’avoir foi dans les promesses de Dieu. C’était la raison pour laquelle Billy voulait que sa chanson thème soit chantée à toutes les réunions : Crois seulement, crois seulement, Tout est possible, crois seulement…
Jésus est ici, Jésus est ici,
Tout est possible, Jésus est ici…
« Rappelez-vous » disait Billy à ses auditeurs : « ces dons ne peuvent pas vous guérir. C’est votre propre foi dans les promesses de Dieu qui amène la guérison. Les dons servent à vous aider à réaliser que le Dieu surnaturel est ici pour garder Ses promesses. Amis, je crois que les jours des apôtres sont répétés devant vos
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yeux. Je crois que l’avènement de Jésus approche. Je crois dans le retour littéral et physique de Jésus-Christ. Et je crois que ce grand réveil universel qui balaie la terre en ce moment avec tant de force authentifie ce message : comme il en était aux jours de Noé, les nations étaient perdues dans le péché et destinées à la destruction et Noé prêcha son Évangile fanatique, appelant les gens à venir dans l’arche de la sécurité. Je crois que l’Évangile du Fils de Dieu, manifesté par le Saint-Esprit, balaie la terre aujourd’hui, appelant les gens à venir dans l’arche de la sécurité, qui est Jésus-Christ le Seigneur. »64
64 William Branham : « Mon ministère expliqué », sermon prêché à Minneapolis, Minnesota, le 11 juillet 1950 (édité).
Chapitre 45
Phénomènes à Fort Wayne
1949
W ILLIAM BRANHAM suivit le conseil de ses gérants de campagnes et retourna lentement au ministère à temps plein avec les précautions d’un homme qui a appris une dure leçon. Même s’il prêcha à de nombreuses réunions d’une seule soirée dans l’année 1949, il n’avait à son horaire que quelques campagnes où il devait prêcher pendant plus d’une soirée : Regina (Saskatchewan) ; Windsor (Ontario) ; Beaumont (Texas) ; Zion (Illinois) ; Minneapolis (Minnesota) et finalement, tard à l’automne, trois soirs à Fort Wayne (Indiana). Meda l’accompagna à Fort Wayne, amenant avec elle leur fille de trois ans, Becky. Margie Morgan y alla aussi, en tant qu’infirmière, pour encourager les patients qui attendaient dans la ligne de prière. Cela faisait plus de trois ans depuis que le mari de Margie l’avait transportée au Tabernacle Branham, inconsciente et presque morte du cancer. Lorsque Billy avait vu Margie pour la première fois, elle était faible et décharnée. Maintenant, elle était forte et en santé. Le premier soir à Fort Wayne, plus de 5 000 personnes s’entassèrent dans un théâtre du centre-ville. Comme d’habitude, Billy parla au sujet de la foi dans l’œuvre parfaite de Jésus-Christ. Il expliqua le processus de guérison divine, mettant l’accent sur ses fondements scripturaires. Il mentionna sa commission et décrivit les deux signes du mieux qu’il le put, expliquant comment chacun d’eux fonctionnait. Puis il décrivit la vision du petit garçon qu’il avait vu ressusciter des morts. « Écrivez la vision dans la page de
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garde de votre Bible », dit-il à la foule. « Lorsque cela arrivera, vous allez savoir que je vous dis la vérité. » Dans le hall planait une atmosphère froide d’incrédulité. Lorsque Billy mentionna l’ange du Seigneur, Billy vit plusieurs personnes dans l’auditoire se regarder les unes les autres sceptiques. Billy imaginait que ces gens étaient en santé. Les malades seraient plutôt désireux d’avoir de l’aide autant que les affamés d’avoir de la nourriture. Pendant que les huissiers préparaient la ligne de prière, une jeune femme vêtue d’une robe blanche jouait du piano à queue au pied de l’estrade. Avec des doigts d’experte, elle remplissait l’auditorium de la musique du vieux chant : « Le Grand Médecin ». Le premier malade dans la ligne de prière était un petit garçon paralysé par la polio. Howard Branham le transporta sur l’estrade afin que la mère du gamin puisse demeurer assise. Prenant le pauvre enfant dans ses bras, Billy courba la tête et pria : « Père Céleste, je te demande d’avoir pitié… » Soudainement, Billy vit une lumière aveuglante. Il pensa tout d’abord que c’était le gardien du bâtiment qui avait tourné le projecteur vers lui. Billy pensa : « Comme c’est grossier. Même s’il n’approuve pas les réunions, il ne devrait pas faire cela. » Clignant des yeux, Billy regarda vers le jubé, espérant pouvoir faire signe au gardien de diminuer la lumière. Il réalisa alors que ce n’était pas un projecteur, mais l’ange du Seigneur qui descendait du plafond en brillant plus fort que d’habitude. Billy pouvait maintenant entendre le son caractéristique, whoossssh. L’ange vint directement sur l’estrade. Billy ne sut jamais ce qui s’était passé ensuite, s’il avait échappé l’enfant ou si l’enfant s’était libéré de son emprise. Le petit garçon se retrouva sur le plancher, droit sur ses deux pieds, de façon tout à fait normale. Hurlant d’excitation, le gamin courut vers les marches au bout de l’estrade. La mère poussa un cri et étendit les bras pour rattraper son fils si jamais il venait à tomber. Puis elle vit l’étoile aussi… et s’évanouit.
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Lorsque la jeune pianiste vit cela, elle leva les mains vers le ciel et cria. Miraculeusement, les notes du piano continuèrent à bouger toutes seules de haut en bas du clavier, jouant le même cantique : Le Grand Médecin est ici, Le sympathisant Jésus. Il soulage les cœurs brisés, Oh, entends le Nom de Jésus…
La jeune pianiste se leva (les mains toujours dans les airs) et se mit à chanter le cantique dans un autre langage pendant que le piano continuait à jouer tout seul. Avec sa robe blanche et ses longs cheveux blonds qui cascadaient le long de son dos, elle ressemblait à un ange… et elle chantait comme l’un d’eux aussi. De voir ces deux miracles fit brûler un feu de conviction dans le cœur de l’auditoire. 700 personnes se levèrent et bondèrent les allées, essayant de venir à l’avant pour donner leur vie à Jésus-Christ. Comme il n’y avait pas assez de place à l’avant pour tous ces gens, plusieurs s’agenouillèrent dans les allées, pleurant : « Dieu, aie pitié de moi, un pécheur. » Lorsque la ligne de prière commença finalement, deux hommes guidèrent un vieil homme aveugle à l’avant pour recevoir la prière. Billy lui demanda : « Monsieur, croyez-vous que ce que je dis est la vérité ? » « Oui, je le crois », répondit-il. Puis la vision vint. Billy dit : « Votre nom est John Rhyn. Vous êtes catholique. Vous habitez à Benton Harbor où vous vendez des journaux au coin des rues. Vous avez été aveugle pendant 20 ans. Ainsi dit le Seigneur, “Vous êtes guéri.” » Rhyn se gratta la tête. « Mais je ne peux toujours pas voir. » « Cela n’a rien à y voir. Vous êtes guéri. Je l’ai vu par vision et les visions ne faillissent jamais. »
360 | Livre Trois : L’homme et sa commission John Rhyn le remercia et fut guidé vers son siège. Plus tard ce soir-là, les mêmes deux hommes guidèrent John Rhyn dans la ligne de prière pour la deuxième fois. Rhyn dit : « M. Branham, vous m’avez dit que j’étais guéri. » « Et vous m’avez dit que vous me croyiez », répliqua Billy. « Je vous crois. Vous m’avez dit des choses à propos de ma vie qu’il vous était impossible de savoir par vous-même. Je n’ai donc aucune raison de douter. Seulement, je ne sais pas ce que je dois faire maintenant. » Billy vit que l’homme avait besoin de quelque chose qui l’aiderait à garder la foi. « Répétez-vous sans cesse que “par ses meurtrissures, je suis guéri” et témoignez à tous que Jésus-Christ vous a guéri. Cela arrivera parce que c’est “Ainsi dit le Seigneur”. » Le deuxième soir de la campagne, John Rhyn était assis au jubé. Pendant la prédication, il ne cessait de se lever en criant : « Loué soit le Seigneur pour m’avoir guéri ! » même s’il était aussi aveugle qu’avant. Ce soir-là, une femme s’avança en transportant une fillette qui avait un pied dans le plâtre. Lorsque Billy vit le plâtre, il dit : « L’enfant a le pied bot, n’est-ce pas ? Sœur, ferez-vous ce que je vous dirai de faire ? » La femme répondit que oui. Sans même prier pour la fillette, Billy donna à la mère des instructions. « Retournez chez-vous et enlevez le plâtre de son pied ce soir. Vous allez trouver le pied de l’enfant parfaitement normal. Ramenez-la demain et témoignez du miracle que Jésus-Christ a accompli. » Le miracle le plus marquant de cette deuxième soirée se produisit lorsque Jésus-Christ redonna la vue à une fillette aveugle. Et pourtant, chaque guérison, qu’elle soit modeste ou grandiose, était importante pour la personne qui la recevait, comme la guérison d’une fille qui louchait et qui n’avait pas pu obtenir de carte de prière. Au milieu du service, elle alla dans le hall d’entrée où Mme Bosworth vendait de la littérature chrétienne. Mme Bosworth vit la jeune fille pleurer et lui demanda ce qui n’allait pas.
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« Je viens de voir une autre fille qui louchait être guérie sur l’estrade », sanglota-t-elle. « Si je pouvais seulement aller dans la ligne de prière, je pourrais être guérie aussi. Mais je ne peux même pas obtenir de carte de prière. » Voyant à quel point les yeux de l’adolescente louchaient, le cœur de Mme Bosworth se remplit de pitié. « Tu n’as pas besoin d’une carte de prière, sœur », dit-elle à la jeune fille. « Tu as besoin d’avoir la foi. Maintenant, voici ce que tu devrais faire. Retourne là-bas à un endroit où tu peux voir frère Branham et crois de tout ton cœur que le discernement est un don de Dieu. Je t’assure que dans quelques minutes, il va t’appeler. » Sur l’estrade, Billy avait le dos tourné à cette fille pendant qu’il priait pour les malades dans la ligne de prière. Sentant une forte pression de foi derrière lui, il se retourna dans sa direction et se mit à scruter le fond du bâtiment pour en découvrir la source. Il y avait tellement de gens qui croyaient qu’il était difficile d’identifier une seule personne. Mais il pouvait sentir que la foi de cette personne était d’une catégorie supérieure. Puis Billy l’aperçut. Il dit dans le microphone : « La jeune dame qui porte un manteau vert, assise à l’arrière. Vous avez les yeux qui louchent, n’est-ce pas ? Ne craignez plus ; Jésus-Christ vous a guérie. » Il en fut ainsi instantanément. Lorsque le service de prière se termina, Billy se sentait étourdi de fatigue. Il quitta l’estrade en titubant jusqu’au rideau de coulisse, là où il pouvait se cacher du public. Un prédicateur baptiste du nom de Dr Pedigrew attendait impatiemment de lui parler. « M. Branham, vous êtes l’orateur qui avez la grammaire la plus pauvre que j’ai jamais entendue. Et devant de telles foules. C’est terrible ! » Billy avait déjà parlé avec le Dr Pedigrew auparavant et il savait que l’homme était comme un diplomate, avec un langage raffiné et précis. « Oui, Monsieur, acquiesça Billy docilement, je sais que j’ai une mauvaise grammaire. Je suis l’aîné de dix enfants et mon père est tombé malade lorsque j’étais très jeune alors j’ai dû quitter l’école pour aller travailler. »
362 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Ce n’est pas une excuse », insista Pedigrew. « Vous êtes un homme maintenant. Vous devriez suivre un cours par correspondance et redorer votre grammaire. » « Eh bien ! depuis que le Seigneur m’a appelé à Son service, je passe presque tout mon temps à prier pour les malades. Je n’ai pas beaucoup de temps libre. » « C’est une honte », réprimanda le Dr Pedigrew. « Ces milliers de gens qui vous écoutent utiliser des mots comme “hain’t”, “fetch” et “tote”. » « Oh, ils semblent pourtant me comprendre très bien. » « Il ne s’agit pas de cela. Ces gens vous considèrent comme un conducteur. Vous devez leur montrer la bonne façon de parler. Par exemple, ce soir vous avez dit : « Vous tous qui venez de ce côté du “pole-pit”. » « Oui, Monsieur, n’est-ce pas juste ? » « Non, non, non et non ! C’est un “pulpit”, pas un “pole-pit”. Les gens vous apprécieraient davantage si vous utilisiez la bonne prononciation. » Épuisé à cause de la tension associée au discernement, Billy n’avait plus la force de poursuivre cette discussion. « Monsieur, ces gens ne se soucient pas de ma prononciation ; ils veulent que je vive une vie en ordre et que je produise ce dont je leur parle. Je ne promeus pas l’ignorance ; elle a causé son lot de problèmes dans le monde. Mais de l’autre côté, je ne crois pas qu’une personne doive avoir une bonne éducation pour connaître Jésus-Christ et avoir la vie éternelle. » À ce moment, Ern Baxter arriva à sa rescousse. Pendant que Baxter reconduisait Billy et sa famille à l’hôtel, il demanda : « Frère Branham, pourquoi n’avez-vous pas prié pour la petite fille au pied bot ? » « Il n’était pas nécessaire de prier pour elle. Cet après-midi, j’ai vu une vision dans laquelle elle était guérie. Je n’ai jamais vu les visions faillir. »
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Margie Morgan dit : « Frère Billy, j’étais en train d’aider les gens infirmes qui étaient assis à l’avant et j’ai senti un fardeau spécial pour un certain homme. Je pense que c’est parce qu’il ressemble beaucoup à mon mari. Son nom est M. Leeman. L’avez-vous remarqué ? » « Non, je ne l’ai pas remarqué, sœur Margie. Je vais essayer de le repérer demain soir. » Le vendredi, le dernier soir de Billy à Fort Wayne, Billy dit à ses gérants qu’il aimerait avoir une « ligne de prière rapide » s’ils pensaient qu’il pourrait le supporter. Ils furent d’accord à condition qu’il partage le fardeau avec les prédicateurs locaux afin que le service ne dure pas trop longtemps. C’était parfait pour Billy. La ligne de prière commença par le témoignage de la femme qui avait amené sa fille au pied bot le soir d’avant. Elle avait emmené sa fille directement à la maison après la réunion de la veille et avait passé une heure à scier le plâtre. Le pied de la petite semblait être correct. Ce matin, les rayons X du médecin l’avaient confirmé — le pied était parfaitement normal. Ce témoignage alimenta la foi collective. Tant de gens se pressèrent dans la « ligne de prière rapide » que plusieurs personnes gravement handicapées ne purent y avoir de place. Billy remarqua M. Leeman, l’homme infirme qui ressemblait au mari de Margie Morgan. Quelques hommes essayaient de l’aider à avoir une place dans la ligne de prière, mais la foule était trop agitée et ils ne purent y parvenir. Les hommes le transportèrent alors près de l’endroit où Billy priait, le hissant sur le bord de l’estrade, espérant qu’il puisse recevoir la prière à cet endroit. Malheureusement, dans la confusion, les gens venant dans la ligne de prière ne remarquèrent pas l’homme étendu sans protection sur le plancher de l’estrade. Bientôt, la chemise blanche de M. Leeman fut couverte de traces de chaussures et d’empreintes de pas. Voyant la condition de M. Leeman, Billy dit dans le microphone : « Ne laissez pas le pauvre homme sur le plancher. » Pendant qu’il parlait, les yeux de Billy rencontrèrent ceux de M. Leeman. Billy pouvait sentir la force d’attraction que la foi de
364 | Livre Trois : L’homme et sa commission l’infirme exerçait sur lui. Deux hommes transportèrent M. Leeman à son siège. Billy se sentit poussé à descendre de l’estrade pour lui parler. « Oh ! frère Branham, dit M. Leeman alors que Billy s’avançait vers lui, si j’avais seulement pu toucher la jambe de votre pantalon, je crois que j’aurais été guéri. » « Que Dieu vous bénisse, mon frère », dit Billy. Puis une vision s’ouvrit. Parmi d’autres choses, Billy vit M. Leeman marcher dans un champ et vit un autre homme sauter en bas d’un tracteur et courir à sa rencontre. Billy regarda les deux hommes se donner l’accolade. La vision s’évapora. Billy dit : « Frère, vous avez la sclérose en plaques, n’est-ce pas ? Vous êtes confiné au lit depuis dix ans. Vous êtes un homme d’affaires de Fort Wayne et n’avez jamais cessé de travailler. Je vous vois dans un lit spécial qui se lève afin que vous puissiez travailler à la machine à écrire. » M. Leeman était émerveillé. « C’est vrai, frère Branham. Comment le savez-vous ? » « Le Seigneur m’a montré une vision. Vous avez beaucoup prié et Il a entendu vos prières. Jésus-Christ vous a guéri. Levez-vous sur vos pieds. » Il y avait tellement de bruit et d’agitation dans le bâtiment que peu de gens remarquèrent le vieil homme qui se levait sur ses pieds pour la première fois depuis dix ans. Billy s’en retourna vers l’escalier de l’estrade. Un autre monsieur âgé assis dans un siège à l’avant étendit la main et attrapa le veston de Billy alors qu’il passait. La main osseuse du vieil homme était terriblement déformée. Il disait quelque chose que Billy n’arrivait pas à décoder. Billy se pencha vers lui afin de pouvoir l’entendre au milieu du vacarme. L’homme disait : « Je sais que si je peux seulement toucher votre vêtement, frère Branham, je serai guéri. » Soudainement, Billy réalisa qu’il avait déjà vu cet homme — dans la vision de M. Leeman qu’il venait juste de voir. Cet homme était l’homme sur le tracteur !
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« Vous êtes un fermier, n’est-ce pas ? Et vous êtes un ami de M. Leeman qui est là-bas. » Il désigna M. Leeman qui marchait avec ses bras dans les airs, ajoutant sa voix au reste des gens qui louaient le Seigneur. « Oui, oui. » « Vous êtes déformé par l’arthrite depuis plusieurs années, mais ne vous inquiétez pas, car ainsi dit le Seigneur, “Vous allez être guéri.” »
LE LENDEMAIN MATIN, un garçon de chambre frappa à la porte de la chambre d’hôtel de Billy. « Révérend Branham, je suis désolé de vous informer que vous ne pourrez pas sortir par la porte avant. Ils ont découvert que vous étiez ici et le hall de l’hôtel est maintenant rempli de gens qui veulent vous voir. » « C’est dommage », dit Billy. « Nous étions prêts à descendre prendre notre petit déjeuner. » Le garçon avait une suggestion. « Je peux vous conduire à travers la chambre des fournaises si cela ne vous dérange pas de grimper par-dessus un amas de cendres. » « C’est mieux que de ne pas manger. » « Je vais m’assurer que la voie est libre et revenir vous chercher dans quelques minutes. » Le garçon fut bientôt de retour et Billy, Meda, Becky et Margie Morgan suivirent le jeune homme au sous-sol. Ils dépassèrent la fournaise à charbon, enjambèrent des amas de cendres, franchirent une porte et aboutirent dans une ruelle. Personne ne les vit partir. Pour être certain que personne ne le reconnaisse, Billy enfonça son chapeau sur sa tête et remonta le col de son manteau. Il transportait sa fille Becky la tête pressée contre lui, ce qui aidait aussi à cacher son visage. Ils descendirent une courte distance sur la 2e rue, puis commencèrent à traverser la rue vers Hobb’s House, le restaurant où ils avaient mangé ces derniers jours. Soudainement, la peau de
366 | Livre Trois : L’homme et sa commission Billy se mit à le lui picoter comme il sentait la présence de l’ange du Seigneur s’approcher. Il s’arrêta. « Qu’est-ce qui se passe, chéri ? » demanda Meda. « L’esprit du Seigneur vient de me dire de tourner à gauche. » Billy tendit sa fille à Meda et se mit à marcher. « Mais frère Billy, dit Margie, c’est ici qu’on a toujours mangé. » Meda mit un doigt sur ses lèvres. « Chut. J’ai déjà vu ce regard sur son visage. L’Esprit le conduit. Suivons-le. » Après avoir marché un moment, Billy entra dans un café bondé appelé la cafétéria Miller. Ils prirent leur repas du genre buffet, et s’assirent à une table. Avant même que Billy puisse prendre une bouchée de sa rôtie, une femme à la table d’à côté s’écria : « Que Dieu soit loué ! » et elle se leva, regardant dans la direction de Billy. Margie murmura à l’oreille de Billy : « Tu ferais mieux de t’en aller. Sinon, le groupe en entier te reconnaîtra et tu seras pris en souricière. » « Ne dis pas cela, Margie. Le Saint-Esprit est en train de faire quelque chose. » La femme à la table d’à côté s’approcha. Elle dit nerveusement : « Frère Branham, j’espère que vous ne penserez pas que je suis prétentieuse, mais je crois que le Seigneur vous a conduit ici pour me voir. » « Pourquoi ne me raconteriez-vous pas votre histoire, sœur ? » « Mon frère et moi venons du Texas. » Elle montra du doigt un homme au visage blafard qui était resté assis à la table voisine. L’homme les observait, mais ne fit aucun effort pour se lever. Il n’avait pas l’air bien. La dame continua : « Mon frère se meurt de troubles cardiaques. Les médecins ne peuvent rien faire pour lui. Son cœur est si enflé qu’il s’appuie sur le diaphragme. La semaine dernière, le médecin lui a dit qu’il n’avait presque plus de temps à vivre. Frère Branham, nous vous avons suivi depuis dix réunions, mais mon frère n’a jamais pu se rendre dans la ligne de prière. Nous
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n’avions plus d’argent, mais voulions essayer une autre fois ; alors nous avons vendu notre vache pour avoir assez d’argent pour faire le voyage jusqu’à Fort Wayne. Puis lorsque nous sommes arrivés ici, les foules étaient tellement nombreuses que nous n’avons même pas pu avoir une place à l’intérieur du bâtiment. La nuit dernière, j’étais désespérée. J’ai prié toute la nuit. Tôt ce matin, je me suis endormie. J’ai rêvé que Dieu me disait de trouver un endroit appelé la cafétéria Miller et que si j’y étais avec mon frère à neuf heures, mon frère serait guéri. » Billy jeta un coup d’œil à sa montre. Il était exactement neuf heures. « Amenez-moi votre frère. » Billy toucha la main droite de l’homme avec sa main gauche. On aurait dit qu’il venait de saisir un fil électrique. Les vibrations démoniaques montaient dans le bras de Billy en grésillant. Sa montre arrêta de fonctionner. Courbant la tête, Billy pria calmement : « Père, au Nom de ton Fils Jésus-Christ, s’il Te plaît, guéris cet homme. » Les vibrations arrêtèrent. L’homme mit sa main sur sa poitrine et respira profondément. « Je me sens différent », dit-il. Il remplit ses poumons d’air une autre fois, surpris de ne ressentir aucune douleur. « Eh bien ! je me sens comme un tout jeune homme. » La scène attirait l’attention d’autres personnes. Même s’il n’avait pas encore pris une bouchée de son déjeuner, Billy décida qu’il serait sage de quitter tout de suite avant que d’autres gens le reconnaissent et qu’il ait de la difficulté à partir. Aussitôt qu’il sortit de la cafétéria, une femme se tenant près de la porte se mit à le dévisager les yeux agrandis de surprise. Le moment d’après, elle tomba sur ses genoux sur le trottoir en face de lui et agrippa la jambe de son pantalon. « Oh, Dieu », sanglota-t-elle les yeux fermés. « Oh, Dieu, merci. » Elle était une petite femme vêtue de noir. Des larmes ruisselaient sur ses joues et son corps entier vibrait d’émotions intenses. Billy mit gentiment la main sur son épaule. « Levez-vous, sœur, et dites-moi ce qui ne va pas. »
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« Je suis Mme Damico de Chicago », dit-elle d’une voix tremblante alors qu’elle se levait sur ses pieds. « J’ai une tumeur maligne. Même la clinique Mayo ne peut rien faire pour moi. J’ai suivi des traitements au radium et aux rayons X, mais la tumeur continue de grossir. Mon mari est propriétaire d’une usine de spaghettis, alors j’ai assez d’argent pour subir l’opération, mais les médecins m’ont dit que dans mon cas, cela ne servirait à rien. Frère Branham, j’ai suivi vos réunions. J’ai essayé très fort de venir jusqu’à vous, mais je n’ai pas pu. J’ai prié et prié ; je suis si désespérée. Ce matin, j’ai rêvé que le Seigneur voulait que je me tienne à la porte de la cafétéria Miller’s à neuf heures dix minutes. Et maintenant vous voici ! » Prenant le poignet de la femme, Billy pria : « Père Céleste, je sais que Tu diriges. Guéris cette femme au Nom de Jésus-Christ, ton Fils. » L’instant d’après, il sentit les vibrations du cancer disparaître. Sur le chemin de retour à l’hôtel, Meda voulut aller dans une pharmacie acheter quelques livres et crayons à colorier pour occuper Becky dans la chambre d’hôtel. Billy se dirigea nonchalamment vers la section des sports pour examiner les attirails de pêche. Il sentit la présence de l’ange de nouveau. Inclinant la tête, il pria : « Père Céleste, que veux-Tu que je fasse ? » Aussi clairement qu’il entendait sa femme parler au vendeur, il entendit la voix de l’ange lui dire : « Va au bout du bâtiment, traverse la rue et reste là. » Après avoir envoyé Meda et Margie à l’hôtel sans lui, Billy suivit les instructions du Seigneur. Il se tint là un moment, observant un policier irlandais costaud diriger la circulation, sifflet en bouche. Des gens allaient et venaient autour de lui. Billy étudiait leurs visages, se demandant pourquoi le Seigneur voulait qu’il se tienne là. Après environ dix minutes, Billy remarqua une jeune femme s’approchant du bord du trottoir de l’autre côté de la rue. Elle portait une robe à carreaux noirs et blancs et un béret écossais. Billy eut l’impression inexplicable qu’elle était la personne qu’il devait rencontrer. Il se déplaça de façon qu’elle ait à passer devant lui lorsqu’elle aurait traversé la rue. Le policier qui dirigeait le trafic leva
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la main et souffla dans son sifflet ; les automobiles arrêtèrent et la jeune femme traversa la rue. Elle avait la tête baissée et passa près de lui sans même le remarquer. La regardant s’éloigner, Billy pensa : « C’est étrange, pourquoi le Seigneur voulait-Il que je m’approche d’elle ? » La jeune femme marcha environ 6 m [20 pi], s’arrêta et se retourna brusquement. La surprise se manifesta sur son visage. « Oh, frère Branham ! » Elle se hâta vers lui. « Suis-je en train de rêver ou est-ce réellement vous ? » « Oui, sœur, c’est moi. Puis-je vous aider de quelque façon que ce soit ? » Les mots jaillirent de sa bouche comme si elle avait peur qu’il disparaisse avant qu’elle ait terminé son histoire. « Je viens du Canada. Je reçois une pension d’invalidité de 150 $ [105 €] par année. J’ai dépensé tout ce qui me restait pour venir à ces réunions, mais je n’ai pas pu obtenir une place dans la ligne de prière. J’ai dormi les deux dernières nuits sur une chaise dans le hall d’un hôtel. Ce matin, j’ai dépensé mes derniers sous pour une tasse de café et j’ai commencé à marcher vers l’autoroute afin de pouvoir faire de l’auto-stop pour me rendre à la maison. Puis quelque chose d’étrange s’est produit. C’était comme si une voix dans ma tête me disait de me retourner et marcher dans l’autre direction. L’instant d’après, j’ai levé les yeux et vous ai vu. » « Qu’est-ce qui ne va pas, sœur ? » « Mon bras est infirme. Je jouais assise sur le dos d’un chien quand j’étais petite et je suis tombée sur mon bras. Il n’a jamais fonctionné depuis ce jour. » Il n’y avait maintenant plus de questions dans l’esprit de Billy. « Étendez votre bras », commanda-t-il. « Jésus-Christ vous a guérie. » La jeune femme étendit son bras et se mit à crier lorsqu’elle vit qu’il était aussi normal que son autre bras. Des gens dans la rue s’assemblèrent autour de Billy, demandant la prière. Le policier irlandais quitta son poste pour les rejoindre. Là, dans une rue de
370 | Livre Trois : L’homme et sa commission Fort Wayne, Indiana, Billy dirigea une ligne de prière qui dura près d’une heure. Finalement, un pasteur local le trouva et le reconduisit à son hôtel.
LORSQUE les réunions de Fort Wayne furent terminées, John Rhyn retourna chez lui à Benton Harbor, Michigan. Pendant deux semaines, il se tint aux coins des rues, vendant des journaux en criant : « Extra, extra, loué soit le Seigneur pour ma guérison ! » Comme il était évident qu’il était toujours aveugle, tout le monde pensait qu’il avait perdu l’esprit. Un jour, un petit garçon le guida chez un coiffeur pour un rasage. Pendant que le coiffeur lui mettait de la crème à raser sur le visage, il le taquina en disant : « John, quelqu’un m’a dit que tu es allé à Fort Wayne pour que ce saint comédien de prédicateur prie pour toi. J’ai même entendu dire que tu as été guéri. » John répondit : « C’est vrai. Loué soit le Seigneur pour ma guérison. » Au même moment où il dit ces paroles, sa vue lui revint. Poussant un cri de joie, il se leva de son siège et descendit la rue en courant, la serviette du coiffeur encore nouée à son cou, criant la bonne nouvelle à tous ceux qu’il croisait. Ce soir-là, il appela William Branham. Quelques mois plus tard, Billy s’arrêta à Benton Harbor pour visiter John Rhyn. Le vieil homme de 70 ans lui démontra à quel point sa vue était claire en lui lisant un journal. Puis Rhyn lui demanda s’il voulait l’accompagner à un collège juif où un rabbin désirait le rencontrer. Billy fut d’accord. Le collège juif était situé sur le haut d’une colline avec une vue sur le port. Un jeune rabbin à la barbe rousse vint à la porte de la synagogue. Après avoir salué ses visiteurs, le rabbin dit à Billy : « Je sais que John était aveugle. Je lui ai fait l’aumône plusieurs fois dans la rue. Je veux savoir par quelle autorité vous lui avez ouvert les yeux. »
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« Je ne lui ai pas ouvert les yeux ; Jésus-Christ, le Fils de Dieu, l’a fait. » « Ridicule. Jésus n’était pas le Fils de Dieu et Il n’était pas non plus le Christ. Lorsque le Messie viendra, Il sera un dirigeant puissant. » « Monsieur, vous parlez de sa seconde venue. Les mêmes Écritures parlent de sa première venue comme un agneau que l’on conduit à l’abattoir. » 65 Le rabbin secoua la tête. « Vous, les chrétiens, parlez de Dieu en trois personnes. Vous dites Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit. Cela n’a pas de bon sens. Si le Père est une personne et le Fils est une personne, cela fait plus qu’un et cela signifie que vous avez plusieurs dieux comme les païens. Vous les Gentils ne pouvez pas couper Dieu en trois morceaux et Le donner aux Juifs. » Billy répondit : « Certains chrétiens coupent peut-être Dieu en trois morceaux, mais pas moi. Il n’y a qu’un seul Dieu. Dans l’Ancien Testament, il était connu comme Jéhovah et se manifestait de différentes façons, comme la colonne de feu qui dirigea les Israélites hors d’Égypte. Dans le Nouveau Testament, Dieu se manifesta dans la chair de son Fils Jésus pour mourir pour les péchés du monde. Monsieur, vous ne croyez pas vos propres prophètes ? » « Bien sûr que je les crois. » « Ésaïe dit : “Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père Éternel, Prince de la paix.”66 Voyez, ce ne sont pas trois personnes différentes ; c’est un seul Dieu se manifestant dans trois dispensations. Dans chacune de ces dispensations, Dieu se révèle sous une forme différente : premièrement en tant que Père, puis en tant que Fils et aujourd’hui, en tant que Saint-Esprit. C’est la raison pour laquelle je baptise dans
372 | Livre Trois : L’homme et sa commission le Nom de Jésus-Christ, parce que c’est le Nom du Père, Fils et Saint-Esprit. » Une larme coula dans la barbe touffue du rabbin. Billy était rempli d’espoir. « Vous croyez maintenant que Jésus était le Messie, n’est-ce pas ? » Le rabbin montra du doigt le symbole de son sacerdoce, une étoile de David à six pointes sur le toit de la synagogue. Il dit : « Je gagne bien ma vie ici. Si je n’étais pas un rabbin, je serais peut-être dans la rue, mendiant pour mon souper. » « J’aimerais mieux ne boire que de l’eau et me nourrir de biscuits soda [biscuits salés] et dire la vérité, dit Billy, plutôt que de manger du poulet rôti tous les jours et me tenir derrière un mensonge. » Tout tremblant, le rabbin les quitta et retourna dans la synagogue.
PEU APRÈS cette entrevue, William Branham se rendit à Pine Bluff, Arkansas, pour y tenir un service de guérison d’une soirée. Après la réunion, il se retira dans sa chambre au troisième étage d’un hôtel du centre-ville. Il était si fatigué qu’il s’étendit sur son lit tout habillé et commençait juste à s’endormir lorsqu’il entendit quelqu’un frapper à sa porte. C’était le gérant de l’hôtel. « Êtes-vous le Révérend Branham ? » « Oui, y a-t-il un problème ? » L’homme répondit, mal à l’aise : « Je suis désolé, mais je vais devoir vous demander de quitter l’hôtel. » « Pourquoi ? Qu’ai-je fait ? » « Ce n’est pas que vous ayez fait quelque chose de mal ; mais la situation n’est pas convenable pour notre établissement. » Le gérant s’avança à la fenêtre et montra la rue du doigt. Billy marcha jusqu’à la fenêtre pour y jeter un coup d’œil. Il eut tout un choc. Une file de gens attendaient à partir du hall d’hôtel jusque dans la rue et tout autour du bâtiment.
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« Ils ont réussi à découvrir que vous étiez ici et je ne peux pas les convaincre de s’en aller. » Billy était si fatigué que son problème lui sembla insurmontable. « Honnêtement, Monsieur, je ne sais pas quoi faire. » Le gérant de l’hôtel avait déjà un plan. « Vous pourriez descendre par la sortie d’urgence et vous échapper par la ruelle pendant que j’appelle un taxi. Je demanderai au chauffeur d’aller vous chercher. J’ai déjà pris des dispositions pour que vous passiez la nuit à un autre hôtel, ici en ville. » Billy regarda de nouveau par la fenêtre. Il neigeait. Il vit des mères tenant des journaux au-dessus de leurs bébés malades pour les protéger de la neige. Il vit d’autres gens avec des cannes. Il remarqua un homme trembler violemment, soit à cause du froid soit à cause de la maladie de Parkinson. Billy ne pouvait pas les laisser là. Il dit au gérant : « J’ai un autre plan. » Mettant son manteau, Billy se fraya un chemin jusqu’au coin de la rue. C’est ainsi qu’à cet endroit, à Pine Bluff, sous la lumière jaunâtre des réverbères, la neige voletant autour d’eux, Billy commença à prier pour les malades. Cette ligne de prière produisit les mêmes résultats que ceux obtenus dans les réunions qui figuraient au programme. Un homme lança sa canne et s’écria : « Loué soit Jésus, je suis guéri ! » Puis un autre fut guéri et un autre et les gens commencèrent à crier et à louer Dieu. Quelqu’un commença à chanter. D’autres reconnurent la mélodie. La foi de la foule s’élevait. Des flocons de neige étincelaient dans la lumière. Ce fut l’un des plus beaux services de prière dont Billy fit l’expérience. Il demeura dans la rue jusqu’à ce que ses doigts soient engourdis et qu’il n’y ait plus une personne ayant besoin de prière. Puis il se traîna jusqu’à sa chambre d’hôtel et s’endormit.
ENVIRON UN MOIS après les réunions de Fort Wayne, Billy tenait un service à Little Rock, Arkansas. Mme Damico y assista et se leva avec zèle pour donner son témoignage ; il n’y avait plus une seule cellule cancéreuse dans son corps !
374 | Livre Trois : L’homme et sa commission Quelques semaines plus tard, Billy reçut une lettre de M. Leeman disant que ses médecins ne pouvaient plus trouver une seule trace de sclérose en plaques dans son corps. Il écrivit que la semaine précédente, il conduisait à travers la campagne lorsqu’il vit son ami, le fermier qui avait déjà été déformé par l’arthrite, labourer un champ. M. Leeman arrêta son auto et commença à marcher dans les sillons du tracteur. Lorsque son ami le vit arriver, il descendit de son tracteur et se mit à courir vers lui. Ils se rencontrèrent dans le milieu du champ et se donnèrent l’accolade, se levant l’un l’autre dans les airs, louant Jésus-Christ ensemble. (Se souvenant de la vision, Billy sourit.) M. Leeman mentionnait un autre point dans sa lettre. Il dit qu’il avait raconté sa guérison à tout le monde qu’il connaissait, incluant un ami de Londres qui s’avérait être le secrétaire personnel du Roi George VI. Cela expliquait le câblogramme que Billy reçut d’Angleterre quelques jours plus tard. Manifestement, le Roi George, maintenant âgé de 54 ans, avait une santé déclinante depuis quelques années déjà. Impressionné par la guérison de M. Leeman, le roi voulait que William Branham s’envole pour l’Angleterre et vienne prier pour lui. Si la volonté de Dieu le permettait, Billy planifiait un voyage en Scandinavie au printemps 1950. Il lui serait facile d’arrêter à Londres pour prier pour Sa Majesté le Roi George. Billy repensa à la nuit où l’ange lui avait dit : « Tu iras vers plusieurs parties de la terre et prieras pour des rois, des dirigeants et des gens puissants… » À l’époque, cela lui avait semblé tiré par les cheveux et si peu probable. Mais cette parole était maintenant sur le point de s’accomplir.
Chapitre 46
L’ange photographié à Houston
1950
W ILLIAM BRANHAM se sentit finalement assez bien pour supporter des campagnes de guérison plus longues. En janvier 1950, ses gérants planifièrent une campagne de 17 soirs d’affilée à Houston, Texas. Ils commencèrent les réunions au Music-Hall, une salle qui pouvait asseoir seulement 4 000 personnes. Dès le premier soir, il était évident que le bâtiment serait trop petit pour contenir la foule qui voulait assister aux réunions. Le soir suivant, ils déplacèrent les réunions au Colisée Sam Houston. Maintenant, tout le monde pouvait avoir un siège. L’assistance était d’environ 8 000 personnes par soir, jusqu’aux deux dernières réunions où une publicité inattendue remplit soudainement le bâtiment au maximum de sa capacité. Même si plusieurs prédicateurs chrétiens de la ville travaillaient ensemble pour le succès de ces réunions, il y en avait d’autres qui refusaient d’accorder leur appui. Un certain prédicateur alla jusqu’à démarrer une attaque publique véhémente contre la campagne Branham. Fraîchement émoulu du Séminaire Baptiste, le Révérend Best était maintenant pasteur d’une grosse église de Houston. Malgré ses avertissements sévères, certains membres de sa congrégation assistèrent aux réunions Branham. Cela mit le Révérend Best en colère. Il plaça une grosse annonce dans le journal qui critiquait vicieusement la guérison divine en général et William Branham en particulier. Fred Bosworth apporta le Houston Chronicle dans la chambre de Billy à l’hôtel Rice. « Frère Branham, regardez ceci. Il y a un prédicateur en ville, un certain Dr Best, qui vous lance le défi de le
376 | Livre Trois : L’homme et sa commission rencontrer pour un débat sur la guérison divine. Écoutez ce qu’il a écrit : “William Branham est un fanatique religieux et un imposteur. Il devrait être jeté hors de la ville et je serai celui qui le fera.” Frère Branham, si j’étais vous, je relèverais le défi et apprendrais à ce jeune intellectuel impertinent une chose ou deux à propos de la Parole de Dieu. » « Frère Bosworth, je ne veux de querelles avec personne. Dieu veut que je prie pour les malades. Il y a des milliers de gens qui y croient ; pourquoi argumenterais-je avec une personne qui n’y croit pas ? Laissez-le tranquille. Jésus a dit qu’il y aurait des gens comme ça, des aveugles dirigeant des aveugles. »67 Le lendemain, lorsqu’il s’aperçut que son défi avait été ignoré, le Dr Best plaça une autre annonce dans le journal, cette dernière encore plus cinglante. Fred Bosworth fit irruption dans la chambre de Billy, lança le journal sur le lit et dit : « Vous ne croirez pas ce que ce prédicateur a dit à propos de vous. » « Qu’a-t-il dit, cette fois-ci ? » Bosworth s’empara du journal et lut : « William Branham a peur de la Vérité. Il a peur d’examiner sa doctrine de la guérison divine à la lumière de la Parole de Dieu. Lorsque le vrai Évangile lui est présenté, il a honte de débattre le sujet parce que cela exposerait ses erreurs. Il se contente de séduire les gens pauvres et sans éducation avec son mélange astucieux de psychologie et de superstition. » Bosworth relança le journal sur le lit. « Frère Branham, ne le laissez pas dénigrer la Parole de Dieu comme ça. Acceptez le défi. » « Frère Bosworth », dit Billy, pas troublé du tout : « il y a environ 9 000 personnes qui assistent aux réunions chaque soir et environ 7 000 d’entre elles veulent recevoir la prière. Il ne me reste plus que quelques jours ici à Houston. Pourquoi perdre du temps avec cet excentrique alors qu’on pourrait prier pour les malades et les nécessiteux ? »
67 Matthieu 15.12-14
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« Mais, frère Branham, tous ces gens qui viennent aux réunions ont le droit de connaître la Vérité. Quelques-uns d’entre eux commencent à se demander si vous savez vraiment de quoi vous parlez. » « L’onction du Saint-Esprit est sur moi, frère Bosworth et je n’ai pas de temps à perdre pour me chicaner. » « Alors laissez-moi relever le défi. » Jetant un regard sur ce soldat de l’Évangile de 73 ans, Billy pensa à une Écriture qu’il avait lue où Caleb demande à Josué le privilège d’attaquer les Anakims, disant : « J’ai aujourd’hui 85 ans, mais je suis aussi fort que lorsque Moïse m’a envoyé espionner le territoire de Canaan il y a 45 ans. »68 Billy dit : « Frère Bosworth, j’admire votre zèle… » Il laissa ses mots traîner, ne sachant pas s’il devait dire oui ou non. Sentant son indécision, Bosworth plaida sa cause. « Cet homme n’a pas une seule Écriture sur laquelle il peut s’appuyer. Laissez-moi lui prouver, et pas seulement à lui, mais à tous ces gens qui essaient d’avoir assez de foi pour être guéris. » « D’accord, frère Bosworth, si vous voulez le faire et si vous me promettez que vous ne vous querellerez pas. » Fred Bosworth débordait de joie. « Je vous promets de ne pas argumenter. Je vais seulement lui présenter l’Évangile. » Rempli d’excitation, Bosworth quitta la chambre et descendit avertir les journalistes qui attendaient dans le hall. La prochaine édition du Houston Chronicle narra l’histoire du débat à venir sous le titre pompeux : « PRISE DE BEC ENTRE ECCLÉSIASTIQUES ». Promptement, l’Associated Press envoya cet article à d’autres journaux à travers le pays. Cela éveilla l’intérêt public et des gens commencèrent à affluer à Houston pour assister à l’affrontement en personne. À six heures, le soir du débat, les 30 000 sièges du Colisée Sam Houston étaient presque tous pris.
68 Josué 14.6-12
378 | Livre Trois : L’homme et sa commission Au début, Billy n’avait aucune intention d’aller entendre ce débat ; l’idée d’aller écouter deux hommes se quereller à propos de la guérison divine ne l’attirait pas du tout. Son opinion était que la Parole de Dieu devait être vécue, non débattue. Mais à mesure que le temps approchait, il ressentit une forte envie d’y aller de toute façon. Meda l’accompagna, de même que son frère Howard et deux policiers. Lorsqu’ils arrivèrent à l’auditorium, les seuls sièges qui restaient étaient au troisième balcon. Le collet monté et le chapeau enfoncé sur sa tête, Billy monta les marches jusqu’à la section 30 et s’assit. Personne ne le reconnut. Fred Bosworth, qui n’avait jamais participé à un débat public, arriva avec une longue liste d’Écritures, pensant qu’ils discuteraient simplement de versets bibliques et différents concepts à tour de rôle. Mais le Dr Best avait appris son style de débat au séminaire. Il insista pour que le Révérend Bosworth prenne la première demi-heure pour présenter sa partie ; puis il prendrait la demi-heure suivante pour présenter son propre point de vue. Toute discussion aurait lieu à la fin. Avec une confiance acquise au cours de nombreuses années de prière et d’étude, Fred Bosworth monta sur le podium d’un pas assuré. « Dr Best, je suis désolé que nous ayons à débattre la Parole de Dieu comme ça, mais vous avez fait une déclaration dans les journaux disant que frère Branham était un imposteur et que la guérison divine n’existait pas. Maintenant, le sujet de discussion n’est pas le don de discernement de frère Branham, les dons de Dieu se prouvent par eux-mêmes. Le sujet de discussion est à savoir si oui ou non la guérison divine est enseignée dans la Bible. » Fred Bosworth leva ses notes. « J’ai plusieurs centaines de versets inscrits ici prouvant que l’attitude de Christ envers les malades est la même aujourd’hui qu’elle l’a toujours été. Si vous pouvez prendre une seule de ces Écritures et désapprouver ma thèse par la Bible, alors il n’y aura plus de discussion. J’admettrai ma défaite et descendrai de la plate-forme. » Bosworth offrit une copie de ses références scripturaires à son opposant. Le Dr Best refusa d’y toucher, disant : « Je prendrai soin
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de cela lorsque ce sera mon tour. Allez-y et dites ce que vous avez à dire. » « Alors, M. Best, je vais vous poser une question et si vous me répondez oui ou non, je serai satisfait. Le nom rédempteur de Jéhovah s’applique-t-il à Jésus, oui ou non ? » Le Dr Best ne bougea pas d’un poil. Bosworth continua : « Comme vous êtes un érudit, Dr Best, je sais que vous êtes familier avec les sept noms composés de Jéhovah, qui sont mentionnés dans l’Ancien Testament. Toutefois, je vais les réviser rapidement par égard pour les auditeurs. Aux pages 6 et 7 des références de ma Bible Scofield, le Dr Scofield dit dans la marge : “Jéhovah est distinctement le nom rédempteur de la déité et signifie : Celui qui existe par Lui-même, qui se révèle. Dans sa relation rédemptrice avec l’homme, Jéhovah porte sept noms composés qui Le révèlent comme satisfaisant chaque besoin de l’homme de son état perdu jusqu’à la fin.” M. Scofield énumère ces sept noms composés comme étant : Jéhovah-Jiré – le Seigneur pourvoira Lui-même pour un sacrifice (Genèse 22.14) Jéhovah-Rapha – le Seigneur notre guérisseur (Exode 15.26) Jéhovah-Nissi – le Seigneur notre bannière (Exode 17.15) Jéhovah-Shalom – le Seigneur notre paix (Juges 6.24) Jéhovah-Raah – le Seigneur mon berger (Psaumes 23.1) Jéhovah-Tsidkenu – le Seigneur notre justice (Jérémie 23.6)
380 | Livre Trois : L’homme et sa commission Jéhovah-Shammah – le Seigneur est présent (Ézéchiel 48.35) Je vous pose la question encore une fois, Dr Best. Le nom rédempteur de Jéhovah s’applique-t-il à Jésus ? » Le Dr Best changea de position dans son siège, mais ne dit pas un mot. « Je suis surpris que vous ne répondiez pas, Dr Best. Ceci est l’un de mes plus faibles arguments. Serait-ce peut-être que vous comprenez ? Si le nom de Jéhovah-Jiré s’applique à Jésus, et n’importe quel chrétien vous dira que oui, alors le nom Jéhovah-Rapha s’applique aussi. Si Jésus est le sacrifice pourvu par Dieu pour nous sauver de nos péchés, alors Il doit sûrement être notre guérisseur aussi. Qu’en pensez-vous, M. Best ? » « Je, euh, je vais m’en occuper lorsque ce sera mon tour. » Pendant les 20 minutes suivantes, le Révérend Bosworth mentionna autant d’Écritures sur la guérison divine que le temps lui permit, les expliquant et les liant ensemble en un tableau de vérité convaincant. Il aborda des versets comme : … Je suis l’Éternel qui te guérit. – Exode 15.26
… qui te guérit de toutes tes maladies.
– Psaumes 103.3
Le soir venu, on lui amena plusieurs démoniaques. Il chassa les esprits par
sa parole et guérit tous les malades. Ainsi s’accomplit la parole du prophète
Ésaïe, Il a pris nos infirmités, et il s’est chargé de nos maladies.
– Matthieu 8.16-17
Jésus parcourait toutes les villes et les villages, il enseignait dans leurs
synagogues, prêchait l’Évangile du royaume et guérissait toute maladie et
toute infirmité.
– Matthieu 9.35
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Partout où il (Jésus) entrait, villages, villes ou campagnes, on mettait des malades sur les places publiques et on le suppliait afin de toucher seulement la frange de son vêtement. Et tous ceux qui le touchaient étaient délivrés. – Marc 6.56
Et toute la foule cherchait à le toucher (Jésus), parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. – Luc 6.19
… Dieu a oint d’Esprit Saint et de puissance Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient sous l’oppression du diable ; car Dieu était avec lui. – Actes 10.38
Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour l’éternité. – Hébreux 13.8
(Le Révérend Bosworth répéta cette Écriture, soulignant le fait que c’était là le thème de toutes les campagnes de William Branham ; ce que Jésus-Christ était dans le passé, Il l’est encore aujourd’hui et le sera jusque dans l’éternité.) … lui dont la meurtrissure vous a guéris. – 1 Pierre 2.24
Et voici je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. – Matthieu 28.20
Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru ; en mon nom ils chasseront les démons… ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. – Marc 16:17,18
La prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera. – Jacques 5.15
382 | Livre Trois : L’homme et sa commission … Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et cela vous sera accordé. – Marc 11.24
Jésus lui dit, si tu peux… tout est possible à celui qui croit. – Marc 9.23
Lorsque sa demi-heure fut terminée, le Révérend Bosworth n’avait couvert qu’une fraction des Écritures qu’il avait notées. Mais l’auditoire avait saisi l’idée, Jésus-Christ le Sauveur est aussi Jésus-Christ le guérisseur. Il était maintenant temps pour le Dr Best de réfuter cette croyance. Le Dr Best commença avec 1 Corinthiens 15 : « Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Semé corruptible, on ressuscite incorruptible… semé plein de faiblesse, on ressuscite plein de force… Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. » Le Dr Best débattit que Dieu n’est pas intéressé à la guérison des corps physiques des gens, mais seulement au salut de leur âme. Autrement, les chrétiens ne mourraient de rien sinon de vieillesse. Comme des chrétiens tombent malades et meurent comme le reste du monde, où est la puissance de guérison de Dieu ? Il était vrai que Jésus guérissait alors qu’Il était sur la terre, mais cela n’était valable qu’en son temps, pour prouver qu’Il était le Fils de Dieu. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de la guérison en tant que preuve puisque nous avons les comptes-rendus des guérisons dans le Nouveau Testament. Lorsque sa demi-heure fut terminée, il était évident que ses arguments n’avaient pas convaincu la foule. Cela mit le Dr Best en colère. « Il n’y a que ces idiots de saints comédiens qui croient en la guérison divine », dit-il. « Un vrai baptiste ne croirait pas de telles choses. » Fred Bosworth se leva et s’empara du deuxième microphone. « Juste un moment, M. Best. Je voudrais demander à l’auditoire combien de baptistes ici présents peuvent prouver par une
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déclaration d’un médecin qu’ils ont été guéris lors de ces réunions à Houston ? Voudriez-vous vous lever s’il vous plaît ? » 300 personnes se levèrent. « Cela ne prouve rien », grogna le Dr Best. « Les gens peuvent attester n’importe quoi. » Bosworth dit calmement : « La Parole dit que c’est vrai et ces gens en sont la preuve. Comment pouvez-vous continuer à le nier ? » Enragé, le Dr Best cria : « Emmenez-moi ce guérisseur divin ici que je puisse le voir à l’œuvre. » « M. Best, frère Branham n’est pas un guérisseur divin. Il n’a jamais dit qu’il l’était. Il demande simplement à Jésus-Christ de guérir les gens. »
384 | Livre Trois : L’homme et sa commission
Cette photo de la Colonne de Feu au-dessus de la tête de William Branham a été prise le 24 janvier 1950 au Colisée Sam Houston à Houston, Texas. George J. Lacy a examiné le négatif de cette photographie et a conclu qu’il n’avait pas été retouché, non plus qu’il ait été soumis à une double exposition, mais que la lumière au-dessus de la tête de William Branham était le résultat d’une lumière frappant le négatif.
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Le Dr Best n’écoutait pas. « Amenez-moi ce guérisseur divin », dit-il. « Laissez-moi le voir guérir quelqu’un. » « M. Best, vous prêchez le salut en Jésus-Christ, n’est-ce pas ? » « Oui. » « Cela fait-il de vous un sauveur divin ? » « Certainement pas. » « Alors le fait de prêcher la guérison divine ne fait pas de frère Branham un guérisseur divin. » « Expliquez-moi donc pourquoi il met une enseigne dans la rue qui dit : « Un miracle à chaque soir » ? » « Premièrement, c’est moi qui ait placé cette enseigne. Et l’annonce est vraie. Un miracle est quelque chose qui dépasse l’esprit humain. Frère Branham a un don surnaturel qui lui permet de voir dans la vie des gens et d’annoncer des événements à l’avance. Ce qu’il voit ne manque jamais de se produire. Ceci est un miracle. Cela se produit chaque soir pendant les réunions. Vous pouvez venir ici demain soir et observer avec le reste du monde. » « Attendez une minute », dit le Dr Best. Il se tourna sur le côté et demanda aux deux photographes de s’avancer. Kipperman et Ayers étaient des photographes professionnels du Studio Douglas de Houston, membres de l’Association américaine des Photographes. Le Dr Best les avait engagés personnellement pour prendre les photos du débat pour le journal du lendemain. Comme c’est lui qui les avait engagés, Best avait l’intention de contrôler le contenu des photos. Allongeant brusquement un doigt vers le nez de son adversaire il dit : « Maintenant, prenez une photo. » Après le flash, Best mit son poing sous le menton de Bosworth et dit d’un ton sec : « Prenez-en une autre. » Il continua d’adopter des poses dominatrices jusqu’à ce que les photographes aient passé six négatifs. Fred Bosworth dit : « Pour ma part, je considère que cette réunion est terminée. M. Best ne peut répondre à une seule des
386 | Livre Trois : L’homme et sa commission Écritures que je lui ai données. Je crois qu’il a perdu le débat. Combien de gens parmi vous le pensez aussi ? Dites “amen”. » Le dôme retentit de voix criant amen. Furieux au-delà de tout entendement, Best rugit : « Amenez-moi ce guérisseur divin et laissez-moi voir ce qu’il peut faire pendant que je le regarde. » Conservant son sang-froid, Fred Bosworth dit calmement : « Je sais que frère Branham est dans le bâtiment parce que je l’ai vu entrer. Il n’argumentera pas avec vous, Dr Best ; ce n’est pas son genre. Mais comme nous sommes à la fin de ce débat, s’il veut venir ici donner congé à la foule, je n’y vois pas de problème. Toutefois, il n’est pas obligé de le faire. » Les gens dans l’auditorium commencèrent à regarder de tous côtés. Howard Branham mit sa main sur l’épaule de Billy et murmura : « Reste assis sans bouger. » « C’est bien ce que j’ai l’intention de faire », dit Billy. Mais une minute plus tard, il entendit le sifflement familier, comme un tourbillon de vent, whoossssh. Puis il sentit cette pression inéluctable sur sa peau et il sut que l’ange du Seigneur avait un plan différent. Billy se leva. Meda attrapa sa main. « Chéri, non… » « C’est correct, mon cœur, l’ange du Seigneur me dit d’y aller. » Lorsque Billy monta sur l’estrade, M. Ayers ajusta l’objectif de son appareil photographique. Gordon Lindsay s’interposa volontairement, demandant à M. Ayers et M. Kipperman de ne plus prendre de photographies. Ayant vu l’intention de ces deux hommes en photographiant le Révérend Bosworth, Lindsay ne voulait pas que l’image de frère Branham soit salie de la même façon. Billy s’avança au microphone et dit : « Je suis désolé que ce débat ait eu lieu. Que personne n’en veuille à M. Best. Il a droit à ses idées de la même façon que j’ai droit aux miennes. C’est la raison pour
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laquelle nos jeunes hommes se battent en Corée, pour que tout le monde en Amérique ait le droit à sa propre opinion. « Je ne suis pas un guérisseur divin. Je n’ai jamais prétendu être un guérisseur. Jésus-Christ est le seul guérisseur. Mais je vais vous dire ceci — quelque chose de surnaturel s’est produit le jour de ma naissance. C’était dans une cabane en bois rond dans les bois du Kentucky. La vieille baraque n’avait même pas de plancher, pas même une fenêtre ; seulement un petit volet dans la porte situé à la hauteur des yeux. Quelques minutes après ma naissance, à environ cinq heures du matin, ils ouvrirent ce volet et une lumière y est entrée, tourbillonnant au-dessus du lit où je me trouvais avec ma mère. J’ai appris que c’était l’ange du Seigneur parce qu’il m’a suivi tous les jours depuis ce temps. Il vient dans les réunions sous la forme d’une lumière et c’est alors que je vois des choses à propos des gens, des choses dans leur passé ou dans leur futur. Je mets toute personne au défi de me montrer une occasion où j’ai fait une déclaration au Nom du Seigneur et que celle-ci ne se soit pas réalisée telle que je l’ai décrite. Dieu est Vérité et Il ne saurait être associé à l’erreur. Si je témoigne de la Vérité, Dieu témoignera de moi… » Billy entendit ce bruit de nouveau, whoossssh, plus fort encore que la fois précédente. Levant la tête, il vit cette lumière surnaturelle au-dessus du troisième balcon, à la section 30, l’endroit où il avait été assis. Aussitôt qu’il la vit, la lumière vint à lui. Un silence s’était installé dans le bâtiment, l’auditoire sentait que quelque chose d’inhabituel était en train de se produire. Quelques personnes pensèrent entendre un son particulier. D’autres, regardant de tous côtés, virent une spirale de lumière, comme une Voie lactée miniaturisée qui descendait du balcon en tourbillonnant. Cela se passa si rapidement que les gens se demandèrent plus tard si leurs yeux ne leur avaient pas joué des tours. La lumière descendit jusqu’à l’estrade et tourbillonna au-dessus de la tête de William Branham. À ce moment précis, M. Ayers courut à l’avant avec son appareil photo et prit une photo. Le flash était temporairement aveuglant. Lorsque les yeux se réajustèrent, la mystérieuse lumière avait disparu.
388 | Livre Trois : L’homme et sa commission Sur le chemin du retour au studio, les deux photographes discutèrent du phénomène. Ayers demanda à son associé : « Qu’en penses-tu ? » Kipperman haussa les épaules. « Je suis Juif. Je ne connais pas grand-chose au christianisme. » « Je suis catholique, dit Ayers, et on nous enseigne que des miracles peuvent se produire, mais qu’ils doivent provenir de l’Église Catholique pour être de Dieu. J’avais l’habitude d’y croire, mais maintenant, je ne sais plus. J’ai vu des choses stupéfiantes ces derniers jours. Peut-être se passe-t-il ici quelque chose qui est au-delà de ma compréhension. Peut-être ai-je été trop critique envers William Branham. » « Tu l’as critiqué très fort. » « Je pensais qu’il avait hypnotisé ce soldat invalide l’autre soir. De quelle autre façon un homme avec le dos brisé pourrait-il marcher ? » Kipperman haussa de nouveau les épaules. « Je ne le sais pas. Je ne connais rien de tout cela. » Au studio, Ayers dit : « Je vais m’occuper de cette pellicule dès maintenant. M. Best veut des photographies prêtes pour les journaux de demain. » « Je suis fatigué, dit Kipperman, je crois que je vais aller à l’étage me reposer un moment. » M. Ayers pénétra dans la chambre noire, ferma la porte et de ses doigts habiles, commença à développer la pellicule. Lorsqu’il eut terminé le procédé, il alluma et observa le premier négatif. À sa plus grande surprise, il n’y avait rien. Les deux encadrés suivants étaient vides aussi. C’était étrange. Il avait utilisé ce type de pellicule avec son appareil photo plusieurs fois, mais ce genre de problème ne lui était jamais arrivé auparavant. Quelle erreur avait-il commise ? Il regarda les quatrième, cinquième et sixième encadrés. Ils étaient vides eux aussi ! Mais lorsqu’il regarda le septième négatif, il y avait une image !
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Ayers poussa un cri et recula en titubant. Une douleur aiguë lui brûla la poitrine, comme s’il était sur le point de faire une crise cardiaque. Tout tremblant et respirant avec difficulté, il courut dans le couloir et appela son partenaire en hurlant. Ted Kipperman arriva en courant. « Que se passe-t-il ? » « Regarde ça. » Il montra le négatif. « C’est la vérité, Ted. L’appareil photo ne peut pas mentir. » En dix minutes, les photographes avaient développé plusieurs copies du négatif. La photo montrait le profil gauche de William Branham, vêtu d’un costume sombre, appuyé sur la chaire. Sa main droite tenait un bout de papier et reposait sur la chaire. Son autre main pendait le long de son côté. Du côté gauche de la photographie, deux microphones étaient inclinés vers l’évangéliste, comme s’ils étaient impatients d’amplifier ses mots. Toutefois, à ce moment précis, il n’était pas en train de parler. Ses lèvres étaient closes et son visage placide. Les traits de son visage contrastaient nettement avec le fond sombre, délimitant son front presque chauve, le pli vertical entre son nez et ses lèvres, la légère fossette sur son menton et ses yeux enfoncés qui regardaient intensément l’auditoire. Mais la partie la plus saisissante de la photo, la partie qui faisait trembler les deux photographes, était la longue et mince bande de lumière en oblique dans le coin supérieur droit de la photo. Cela pourrait-il ? Cela pourrait-il réellement être le feu mystique qu’ils avaient vu descendre du balcon ? Kipperman observa la bande lumineuse avec attention. Ses contours n’étaient pas clairement définis. Cela était étrange. Tous les autres contours de la photo étaient clairs et bien découpés ; les contours de cette lisière étaient flous, comme si une lumière avait palpité si rapidement que l’appareil photo n’avait pas pu capter ses rebords en une seule position. Mais le plus étonnant était son emplacement. Comme un halo, elle planait juste au-dessus et à l’arrière de la tête de William Branham. Cela ressemblait à la main de Dieu. Réalisant qu’ils avaient entre les mains quelque chose d’une immense valeur, les deux hommes se précipitèrent à l’hôtel Rice où
390 | Livre Trois : L’homme et sa commission Billy séjournait. En dépit de leur insistance, ils furent incapables de laisser un message au-delà des gardes de sécurité qui protégeaient la vie privée de l’évangéliste. Ils se rendirent donc à l’aéroport et à 11 h ce soir-là, le négatif était en route vers Washington D.C. afin d’obtenir une protection par les droits d’auteur. Le jour suivant, quelqu’un montra à Billy un exemplaire de la photographie. La première réaction de Billy fut de la gratitude. Soir après soir, il vit cette flamme de l’Esprit dans ses réunions, et il en parla à l’assistance. Que de fois il l’avait décrite aux auditeurs. Dieu confirmait son témoignage par cette photographie. Fred Bosworth rappela à tous que ce n’était pas la première fois que la colonne de feu avait été photographiée dans les réunions de Billy. Chaque fois, les critiques avaient discrédité les photos. Pourquoi en serait-il différemment cette fois-ci ? Gordon Lindsay fit le serment que cette fois-ci serait différente. Avec le consentement des Studios Douglas, il prit des dispositions pour que le négatif soit examiné par George J. Lacy, un enquêteur privé qui était souvent engagé par le FBI pour examiner des documents douteux. Lacy prit le négatif et pendant deux jours, le soumit à tous les tests scientifiques disponibles. En plus d’un examen approfondi du négatif, Lacy inspecta aussi l’appareil photo pour voir si de la lumière avait pu s’infiltrer dans le film. Il visita même le Colisée Sam Houston pour vérifier si la réflexion d’un des projecteurs aurait pu causer l’anomalie. Lorsque M. Lacy fut prêt à donner son rapport final, il convoqua une conférence de presse. En plus des journalistes du Houston Chronicle, des journalistes de Look, de Colliers et du Time Magazine assistèrent aussi à la conférence. La pièce était presque bondée lorsque Billy et ses gérants arrivèrent. Billy s’assit à l’arrière. George Lacy s’assit à une table à l’autre extrémité de la pièce. M. Lacy se présenta et indiqua le but de la conférence, en se donnant des airs de chef de police dur à cuire. Puis il demanda : « Qui ici porte le nom de Révérend William Branham ? » Billy se leva. « C’est moi, Monsieur. »
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« Révérend Branham, vous allez quitter ce monde comme n’importe lequel autre mortel, mais tant et aussi longtemps qu’il y aura une nation chrétienne, votre photo demeurera. À ce que je sache, c’est la première fois dans toute l’histoire de l’humanité qu’un être surnaturel est photographié et validé scientifiquement. Pour ma part, j’étais plutôt critique en ce qui concernait votre ministère. J’avais lu à propos de vos réunions dans des revues et j’écoutais d’une oreille sceptique votre déclaration à propos d’un ange. Je m’étais dit que c’était de la psychologie. Mais, M. Branham, l’œil mécanique de cette caméra ne capte pas la psychologie. La lumière a frappé la lentille. Le négatif le prouve. M. Branham, pourriez-vous vous avancer ? » Billy s’avança jusqu’à la table. George Lacy continua : « Il a souvent été dit par l’incroyant qu’il n’y a pas de preuves de l’existence d’un Dieu surnaturel. Ces jours sont maintenant révolus. Révérend Branham, voici le négatif. » M. Lacy étendit la main afin que Billy puisse prendre le négatif. Billy secoua la tête. « Cela ne m’appartient pas. Si j’ai bien compris, l’Association américaine des Photographes en possède les droits d’auteur. » George Lacy se montra surpris. « Révérend Branham, vous ne vivrez pas assez longtemps pour voir cette photographie atteindre sa juste valeur, car le testateur est toujours décédé avant le testament. Un jour, cette photographie sera vendue dans tous les magasins du pays. Mais réalisez-vous la valeur qu’elle a maintenant ? Si je devais deviner, je l’estimerais à plus de 100 000 $ [70 000 €] ». « Monsieur, à mes yeux, elle vaut autant que ma vie. Si mon Seigneur Jésus-Christ m’estime assez pour descendre et Se laisser photographier avec moi, je L’aime trop pour en commercialiser la photo. Les Studios Douglas ont pris cette photographie ; laissez-les en faire la distribution. Je ne veux pas prendre part à cela. La seule chose que je demanderais serait qu’ils la vendent à un prix assez bas pour que des gens pauvres puissent en avoir une copie. »
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« Nous allons nous assurer qu’il en soit fait ainsi », dit Ted
Kipperman en s’avançant pour prendre le négatif. « Mais je crains
qu’on ne puisse prouver l’authenticité de la photo. »
M. Lacy dit : « Je peux vous donner une copie de mon rapport
que vous pourrez photocopier et joindre à chaque photo vendue. »
Billy lut le rapport :
George J. Lacy
Examinateur de documents contestables
Shell Building
Houston (Texas)
Le 29 janvier 1950
Rapport et opinion
Re : Négatif contestable
Le 28 janvier 1950, à la requête du révérend Gordon Lindsay, représentant du Révérend William Branham de Jeffersonville, Indiana, j’ai reçu des Studios Douglas, 1610 Avenue Rusk, une pellicule photographique de 4 » x 5” [25,8 cm X 32,25 cm] exposée et développée. Ce cliché a prétendument été pris du Révérend William Branham par les Studios Douglas, au Colisée Sam Houston dans cette ville, lors d’une visite du Révérend à la fin janvier 1950.
Requête
Le Révérend Gordon Lindsay requit que je fasse un examen du négatif mentionné ci-dessus. Il demanda que je détermine, si possible, si à mon avis le négatif avait été ou non « retouché » ou « modifié » de quelque façon que ce soit après le développement de la pellicule, causant l’apparition d’une lisière de lumière sous forme de halo au-dessus de la tête du Révérend Branham.
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Examen
Un examen et une étude macroscopique et microscopique de la surface entière des deux côtés du film, un Kodak Eastman Safety, furent effectués. Les deux côtés du film furent examinés aux rayons ultra-violets filtrés et des photographies de la pellicule furent prises au spectre infrarouge. L’examen microscopique ne révéla aucune modification du film par des procédés de retouches utilisés commercialement. L’examen microscopique ne put non plus révéler de perturbation des émulsions sur la lisière de la lumière en question ni sur son pourtour. L’examen aux rayons ultra-violets n’a révélé aucune substance étrangère, ni substrat de quelque réaction chimique que ce soit, sur l’une ou l’autre surface du négatif, susceptibles de causer cette lisière de lumière ultérieurement au développement du négatif. La photographie à l’infrarouge n’a rien révélé qui aurait pu indiquer une retouche apportée au film. L’examen n’a rien révélé qui pourrait suggérer que ledit négatif ait été composé ou doublement exposé. Il ne fut rien trouvé qui indiquerait que la lisière de lumière ait été produite lors du développement de la pellicule. Rien non plus qui ait été trouvé ne met en doute le fait que le film ait été développé selon un procédé régulier et reconnu. Il ne fut rien trouvé dans la comparaison des densités qui ne soit en harmonie.
Opinion
Basé sur l’examen et l’étude décrits ci-dessus, j’émets l’opinion que le négatif soumis pour examen n’a subi aucune retouche et n’a pas non plus été composé ou doublement exposé. Je suis des plus affirmatifs quant au fait que la lisière de lumière en position de halo,
394 | Livre Trois : L’homme et sa commission apparaissant au-dessus de la tête, a été causée par de la lumière frappant le négatif.
Soumis respectueusement,
GJL/ll George J. Lacy
Billy se sentit satisfait. Que pouvait-on demander de plus
comme preuve ? Les gens le croiraient ou ne le croiraient pas.
C’était à leur discrétion.
PENDANT PLUSIEURS semaines après chaque campagne, des témoignages de gens ayant été guéris à ses réunions arrivaient en abondance au bureau de Billy. Cette fois-ci, après Houston, Texas, plusieurs personnes mentionnèrent avoir vu une lumière particulière au-dessus de la tête de Billy le soir du débat. Une lettre typique arriva de M. Becker, un vendeur de Cleveland, Texas, qui souffrait de violentes crampes à l’estomac. Même s’il n’était pas un croyant de la guérison divine, sa femme l’avait incité à aller au réveil Branham. Ils décidèrent d’y aller le soir du débat. Il écrivit : « J’ai vu une lumière autour de la tête du Révérend Branham lorsqu’il se tenait sur l’estrade après le débat. Ce n’était pas la lumière d’un flash ; c’était comme un halo au-dessus de sa tête. » Lorsque Billy fit un appel à l’autel, M. Becker s’avança à l’avant pour donner sa vie à Jésus-Christ. Il assista au dernier service et y obtint une carte de prière, mais son numéro ne fut pas appelé. Il fut néanmoins guéri de ses troubles d’estomac lorsque Billy termina la campagne de Houston avec une prière de masse pour la délivrance. Ce témoignage prouvait encore une fois ce que Billy disait souvent : « Vous n’avez pas besoin d’être dans la ligne de prière pour être guéris. Vous devez tout simplement avoir la foi. »
Chapitre 47
LE VOL D’AVION DÉSESPÉRÉ DE
NIGHTINGALE
1950
L E LENDEMAIN du débat de Houston, Texas, Fred Bosworth se rendit à la chambre de Billy pour lui remettre une lettre qu’il venait de recevoir par la poste. Meda se pencha sur l’épaule de son mari. « Ça vient de Durban, Afrique du Sud. Ouvre-la, Billy. » Billy décacheta l’enveloppe et commença à lire. Cette lettre venait de l’infirmière privée d’une certaine Florence Nightingale Shirlaw, une dame qui prétendait être une proche parente de la fameuse infirmière anglaise du 19e siècle, Florence Nightingale. Mme Shirlaw se mourait du cancer et implorait Billy de prendre l’avion pour Durban, Afrique du Sud, afin de venir prier pour elle. Elle était trop faible pour venir en Amérique. Le cancer se trouvait au niveau du duodénum à la sortie de son estomac, l’empêchant de digérer sa nourriture. Elle avait été maintenue en vie par de la nourriture intraveineuse tout en dépérissant lentement. Ses médecins ne s’attendaient pas à ce qu’elle vive bien longtemps. Un miracle de Jésus-Christ était son dernier espoir. Pour souligner sa situation désespérée, Mme Shirlaw avait envoyé une photo d’elle-même.69 Meda en eut le souffle coupé. Billy regarda la photo avec horreur. Il n’avait jamais vu d’être humain aussi maigre. Ses bras avaient l’air de manches à balai, sauf
69 Une copie de cette photographie se trouve à la page 49 du livre William Branham, un prophète visite l’Afrique du Sud, par Julius Stadsklev.
396 | Livre Trois : L’homme et sa commission pour les bosses aux articulations des coudes. Billy pouvait facilement compter ses côtes. La pauvre femme avait l’air d’une peau étirée sur un squelette. Florence Nightingale avait joint un billet d’avion à sa lettre. Billy jeta un coup d’œil au billet et regarda ses gérants d’un air interrogateur. Fred Bosworth savait exactement ce que Billy pensait. « Frère Branham, vous ne pouvez pas vous rendre en Afrique du Sud maintenant. Vous êtes attendu à Beaumont dans quelques jours, puis vous partez pour Pensacola, Floride. Vous avez ensuite plusieurs engagements en Arkansas, puis vient Carlsbad, Nouveau-Mexique. Votre horaire est chargé à bloc jusqu’au mois d’avril lorsque vous partirez pour l’Europe. Vous pourriez y aller en mai, à votre retour de Scandinavie. » « Si j’en juge par le ton de sa lettre (Billy leva la photo pour que tous y jettent un autre coup d’œil) et d’après cette photo, elle sera probablement déjà décédée au mois de mai. » « Peut-être, dit Fred Bosworth, mais, frère Branham, vous recevez des lettres de gens sur leur lit de mort tous les jours. Vous ne pouvez pas aller prier pour toute personne malade qui vous envoie un billet d’avion. Sinon, vous seriez toujours en train de faire cela. Vous devez être guidé par l’Esprit. » « Exactement, répliqua Billy, l’Esprit me dit qu’il y a quelque chose de spécial à propos de cette femme. Peut-être le Seigneur m’appelle-t-Il à aller en Afrique du Sud. » La pièce fut silencieuse pour un moment, excepté pour le son de Meda qui ravalait ses larmes. Puis Billy suggéra : « Prions au moins pour Mme Shirlaw dès maintenant. » Posant la lettre et la photo sur le sol, ils s’agenouillèrent en formant un cercle autour de celle-ci et Billy pria : « Père Céleste, lorsque j’ai vu les mots “Afrique du Sud” sur cette lettre, quelque chose a remué à l’intérieur de moi. Veux-Tu que j’aille tenir des réunions à Durban ? Père, il y a une pauvre femme mourante qui regarde à toi comme son dernier espoir de vivre. Je te demande de
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guérir Florence Nightingale Shirlaw au Nom de Ton Fils Jésus. Et,
Seigneur, si Tu la guéris, j’y verrai là une indication de Ta part pour
que je tienne une campagne de guérison en Afrique du Sud. »
ALORS QU’IL PRÊCHAIT en Floride au mois de février 1950, Billy reçut un appel interurbain de la part de Mme Reece. Son mari, un vieil ami de Billy, avait eu une attaque cérébrale et gisait, mourant, dans un lit d’hôpital. Tout ce que Billy pouvait faire fut de prier pour son ami au téléphone, demandant à Dieu d’avoir pitié. Le jour suivant, Mme Reece rappela Billy pour lui annoncer la bonne nouvelle que pendant la nuit, la condition de son mari s’était remarquablement améliorée. Les médecins semblaient maintenant certains qu’il allait survivre. Billy remercia le Seigneur d’avoir épargné la vie de son ami. Au mois de mars, Billy se rendit à Carlsbad, Nouveau-Mexique, pour y tenir une campagne. Après une réunion, il se tenait à l’extérieur sur le trottoir avec Billy Paul lorsqu’ils virent M. Reece sortir de l’église. Billy s’avança pour lui dire bonjour et fut bouleversé de voir à quel point son ami avait vieilli depuis la dernière fois qu’il l’avait vu. Un de ses bras pendait inutilement le long de son corps et l’autre ne bougeait qu’avec difficulté. Sa femme et son chauffeur devaient l’aider à marcher. « Frère Branham », dit-il, avec des mots lents et mal articulés : « la nuit dernière, ma carte de prière était si proche. Vous avez appelé les numéros 25 à 35 et mon numéro était 36. Oh, si j’avais seulement pu avoir une place dans la ligne de prière… » « Frère Reece, juste le fait d’être dans la ligne de prière ne vous aurait pas guéri. » « Je le sais, frère Branham. Mais je veux savoir ce que j’ai fait pour mériter ceci. Si j’ai fait quoi que ce soit de mal, Dieu sait que j’en suis désolé. Je suis reconnaissant d’être encore en vie, mais pourquoi aurais-je à vivre le reste de mes jours ainsi ? » « Bien, frère Reece, je ne sais pas pourquoi ces choses se produisent. Ce n’est pas votre faute. Pendant les réunions, je choisis
398 | Livre Trois : L’homme et sa commission les numéros au hasard afin que tout le monde ait la même chance. Si Dieu avait voulu… » « C’est juste, frère Branham. Ce n’est pas votre faute. Je vais suivre vos réunions et continuer d’essayer jusqu’à ce que Dieu me montre si je vais être guéri ou non. » Billy regarda avec pitié son ami tout décrépit qui était vêtu d’un costume bleu et d’une cravate rouge. M. Reece était si voûté et instable que sa femme et son chauffeur devaient l’aider à se tenir debout. Soudainement, Billy vit un palmier apparaître entre eux. Il vit un autre M. Reece apparaître, portant un costume brun, une chemise blanche et une cravate brune, se tenant fort et droit sous le palmier, levant les deux bras au-dessus de sa tête en louant Dieu. Pendant que la vision disparaissait, Billy dit : « Frère Reece, ainsi dit le Seigneur, “Vous serez guéri.” Je ne sais pas où, mais je sais que ce ne sera pas ici parce qu’il n’y a pas de palmiers dans les environs. Un jour, vous vous tiendrez sous un palmier, portant un costume brun, une chemise blanche et une cravate brune. Vous allez me voir et alors vous serez guéri. Je ne sais pas si cela se produira cette année, l’an prochain ou dans dix ans. Mais souvenez-vous, frère Reece, c’est le “ainsi dit le Seigneur”. »
LE 6 AVRIL 1950, William Branham, Ern Baxter, Jack Moore, Gordon Lindsay et Howard Branham s’envolèrent pour Londres, Angleterre. Pour Billy, cette façon semblait appropriée pour fêter ses 41 ans ; étendant ses ailes et s’élançant dans un ministère international. Lorsque l’avion atterrit à Londres, la première surprise de Billy fut la foule qui l’y attendait pour l’accueillir. Il ne tiendrait pourtant pas de réunions dans les îles Britanniques ; ceci n’était qu’une brève escale sur sa route pour la Finlande afin de prier pour le Roi George VI d’Angleterre. Pendant que le groupe Branham se frayait un chemin à travers la foule, Billy entendit son nom appelé dans les haut-parleurs de l’aéroport. Ern Baxter se porta volontaire pour aller voir ce qui en était.
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Dix minutes plus tard, Ern Baxter revint avec une autre surprise. « Frère Branham, vous ne croirez jamais cela, mais cette femme d’Afrique du Sud, Florence Nightingale Shirlaw, a appris que vous atterrissiez ici et dans un effort final pour que vous priiez pour elle en personne, elle a pris le risque de venir jusqu’ici. Son avion est arrivé seulement quelques minutes avant le vôtre. L’avion est juste là et elle est encore à bord. » Ern Baxter désigna l’avion stationné de l’autre côté de la piste. « Frère Branham, Mme Shirlaw veut que vous veniez prier pour elle immédiatement. Elle pense qu’elle est en train de mourir. » Billy évalua la situation, incertain. Il y avait des milliers de gens se tenant entre lui et Florence Shirlaw. Se tournant vers l’un des prédicateurs hôtes, un évêque anglican, Billy suggéra : « Pourquoi n’iriez-vous pas reconduire Mme Shirlaw chez-vous ? Je vais aller au Palais de Buckingham prier pour le roi, puis je passerai à votre presbytère prier pour elle. Vous pourrez m’appeler à l’Hôtel Piccadilly pour me dire vers quelle heure passer. » « Mais, frère Branham, protesta l’évêque, elle ne vivra peut-être pas si longtemps. » « Je ne peux pas me rendre là-bas, vous pouvez le constater par la taille de la foule. » L’évêque acquiesça. « D’accord, si c’est le mieux que l’on peut faire. Vous avez raison, vous ne pouvez pas traverser la foule jusqu’à son avion. » La journée s’avéra plus longue que ce que Billy avait estimé. Après avoir prié pour le roi au Palais de Buckingham,70 les hôtes de Billy l’amenèrent à la maison historique de John Wesley, l’évangéliste renommé du 18e siècle qui avait fondé l’Église méthodiste. Billy s’agenouilla et pria dans la pièce où le grand
70 Le Roi George VI souffrait de la maladie de Buerger, un type
douloureux d’artériosclérose qui restreignait le flot sanguin de ses
jambes et de ses pieds. Après que William Branham eut prié pour
lui, la condition du roi s’améliora tellement que, pour la première
fois en plusieurs mois, il fut en mesure de faire des apparitions
publiques.
400 | Livre Trois : L’homme et sa commission homme avait lui-même prié à cinq heures tous les matins qu’il était à la maison. Puis Billy revêtit la cape de Wesley, entra dans son église et se tint derrière sa chaire. Billy pensa à comment Wesley avait prêché un message de sanctification, mettant l’accent sur le fait que les gens devaient non seulement accepter Jésus comme leur Sauveur, mais qu’ils devaient aussi vivre des vies saintes. Il pensa à quel point Dieu avait utilisé John Wesley pour entamer un réveil qui avait balayé l’Angleterre et atteint aussi plusieurs parties du monde chrétien. Billy se demanda ce que l’histoire allait dire à propos du réveil qui s’étendait à partir de son propre ministère. Plus tard ce jour-là, ses hôtes l’amenèrent à l’Abbaye de Westminster où un grand groupe de prédicateurs attendait pour le rencontrer. Il était deux heures du matin lorsqu’ils retournèrent à l’Hôtel Piccadilly. Le matin suivant, il faisait chaud, malgré le brouillard d’avril. Billy et son groupe prirent le taxi jusqu’à la demeure de l’évêque. Il vivait dans un magnifique presbytère adjoint à une grosse église anglicane. L’évêque les rencontra à la porte et les guida dans un escalier circulaire qui montait à l’étage. Lorsque Billy vit Florence Nightingale Shirlaw, il en fut momentanément bouche bée. Même s’il avait vu une photo de sa condition, cette photographie ne l’avait pas préparé à la terrible réalité. Billy la fixait, horrifié. Florence Shirlaw était couchée sur le dos, bordée d’un drap blanc qui lui donnait l’air d’une momie égyptienne. Ses joues étaient creuses, ses yeux enfoncés dans leurs orbites. Billy pouvait voir la forme de ses dents à travers la peau tendue de son visage. La pauvre femme avait l’air de peser environ 23 kg [50 lb]. Billy se souvint de Georgie Carter qui avait aussi pesé 23 kg avant que le Seigneur la guérisse de la tuberculose. Mais même Georgie n’avait pas eu l’air aussi émacié. Georgie Carter était une petite femme ; Florence Nightingale Shirlaw mesurait près de 1,8 m [6 pi]. Le médecin de Mme Shirlaw se tenait près de la porte. Billy retrouva sa voix et demanda tranquillement : « A-t-elle une chance de survivre ? »
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Le médecin secoua la tête. « Pas une seule chance. Elle n’a pas mangé de nourriture solide depuis deux mois. Elle est maintenant si maigre que les veines de ses bras et de ses jambes se sont affaissées et on ne peut plus y entrer une aiguille pour la nourrir. » « Oh, c’est dommage », murmura Billy. Il s’approcha du lit et dit : « Bonjour, Mme Shirlaw. Je suis frère Branham. » Ses yeux s’ouvrirent et ses lèvres bougèrent, mais Billy ne pouvait entendre son murmure. L’infirmière se pencha au-dessus d’elle pour l’écouter puis dit : « Frère Branham, elle veut vous serrer la main. » L’infirmière retira la main de la patiente de sous le drap et la plaça dans la main de Billy. Sa main était aussi froide que la mort. La peau était tellement tirée autour des os que Billy avait l’impression de tenir la main d’un squelette. « Frère Branham, dit l’infirmière, Florence a suivi votre ministère attentivement. Elle a tellement prié et désiré vous voir, croyant que si elle pouvait simplement être près de vous, Jésus-Christ la guérirait. Mais j’ai peur qu’elle ait maintenant abandonné tout espoir. Je crois qu’elle va mourir dès maintenant, frère Branham, parce qu’elle voulait vous voir avant de mourir. » Les larmes coulaient le long des joues de la mourante alors qu’elle murmurait quelque chose. Billy se demanda où elle pouvait trouver assez d’humidité pour pleurer. « Elle veut que vous voyiez son corps », dit l’infirmière. Lorsqu’ils retirèrent le drap, Billy sentit une autre vague de sympathie l’envahir, de même qu’une certaine nausée. Ses bras et ses jambes, qui n’étaient pas plus gros que les os, étaient marqués de stries d’un bleu profond là où les veines s’étaient affaissées. Sa poitrine et son estomac étaient creux et ses côtes ressortaient de sa peau. La peau s’était même formée autour de l’articulation de la hanche. Elle avait l’air d’un squelette vivant. Encore une fois, Florence remua les lèvres. L’infirmière se pencha pour comprendre les sons qu’émettait sa patiente puis
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répéta ses mots : « Dis à frère Branham qu’il demande à Dieu de me laisser mourir. » Billy sentit son cœur se déchirer. « Prions », dit-il. Gordon Lindsay, Ern Baxter, Jack Moore, trois prédicateurs anglais, deux infirmières et un médecin se rassemblèrent autour du lit de Florence Shirlaw. Billy se mit à prier la prière du Seigneur : « Notre Père qui est aux cieux, que ton Nom soit sanctifié… » Pendant que Billy priait, une colombe se posa sur le rebord de la fenêtre juste derrière sa tête. Elle se balançait sans arrêt d’avant à arrière, roucoulant : « Coo, coo, coo. » Terminant la prière du Seigneur, Billy continua : « Dieu Tout-Puissant, je Te prie que Ta bénédiction repose sur cette pauvre femme mourante. Je ne peux Te demander sa mort alors qu’elle a tellement prié pour sa vie. Aie pitié d’elle, Père. Je Te demande ceci au Nom de ton Fils, Jésus-Christ. Amen. » Billy entendit le battement des ailes de la colombe qui s’envolait. Lorsqu’il ouvrit les yeux, il réalisa que les prédicateurs n’avaient pas prié, mais avaient observé l’oiseau. « Avez-vous remarqué la colombe ? » demanda l’un des prédicateurs. Ouvrant la bouche pour dire « oui », Billy fut stupéfait de s’entendre proclamer : « Ainsi dit le Seigneur : “Cette femme ne mourra pas, elle vivra !” » Toutes les personnes dans la pièce eurent l’air abasourdies. Cela semblait tellement impossible. « Frère Branham, en êtes-vous certain ? » questionna Ern Baxter. « Je n’avais pas l’intention de dire cela », répliqua Billy. « Ce n’est pas moi qui ai parlé ; c’était Lui. Et c’est pour cette raison que cela s’accomplira. Et lorsque cela se produira, je vais le prendre comme un signe que je suis censé aller à Durban, Afrique du Sud. »
Chapitre 48
RÉSURRECTION D’UN GARÇON MORT SELON UNE VISION
1950
W ILLIAM BRANHAM atterrit à Helsinki, Finlande, le 14 avril 1950. De nombreux prédicateurs étaient présents pour le saluer, notamment le pasteur Manninen qui avait envoyé la première invitation à Billy et Mlle May Isaacson, une Américaine finlandaise qui serait son interprète. Les réunions commencèrent ce soir-là dans le plus grand auditorium d’Helsinki, le Messuhalli Hall, qui pouvait asseoir 25 000 personnes. La première soirée, seulement 7 000 personnes assistèrent au service. Toutefois, le don de discernement fit une telle impression sur la foule que le soir suivant, de bouche à oreille seulement, l’assistance tripla. Billy fut étonné de constater à quel point la Finlande était différente de l’Amérique. La Deuxième Guerre mondiale s’était terminée cinq ans auparavant, mais l’économie finlandaise ne s’en était pas encore remise. Les gens étaient pauvres. Les denrées étaient rares. Encore plus évident que le reste était l’absence d’automobiles. Même si 20 000 personnes remplissaient le Messuhalli Hall, Billy compta seulement dix automobiles à l’extérieur. Les gens venaient à pied ou à bicyclette. Malheureusement, au lieu de pouvoir continuer les réunions à Helsinki consécutivement, il y eut une période de cinq jours pendant laquelle le hall ne pouvait pas être utilisé, ayant été loué par un autre groupe. Pendant cet intervalle, une vieille locomotive à vapeur amena le groupe Branham à 355 km vers le nord, à Kuopio,
404 | Livre Trois : L’homme et sa commission une autre grande ville finlandaise non loin du cercle polaire arctique. Le vendredi 21 avril, la deuxième journée de Billy à Kuopio, les prédicateurs locaux qui parrainaient sa campagne amenèrent Billy à un restaurant sur le sommet du Mont Puijo. À cause de la dure bataille spirituelle qu’il avait combattue la veille lors de son premier service à Kuopio, Billy jeûnait afin d’amener son corps dans une communion spirituelle plus proche de Dieu pour la réunion du soir. Grâce à son interprète, May Isaacson, Billy avait très peu de difficulté à comprendre et à parler aux 30 prédicateurs assis autour de la table de banquet. Le gouverneur en chef de Kuopio était aussi présent, de même que d’autres officiers civiques importants. Gordon Lindsay le pressa : « Allez, frère Branham, mangez un peu. » « Non, frère Lindsay, je ne veux pas manger avant 18 h. Mais je vais vous dire ceci ; quelque chose est sur le point de se produire. Je ne sais quoi, mais je le sens dans mon esprit ; quelque chose de spirituel va prendre place. » Le déjeuner se termina à 15 h. Avant de prendre la route pour Kuopio, Billy et quelques prédicateurs montèrent les marches jusqu’à un observatoire pour admirer le paysage environnant. Près de la ville, ils pouvaient voir plusieurs lacs et forêts de pins qui s’étendaient à l’horizon. Regardant en bas, Billy vit du remue-ménage se produire au pied de la montagne. Une auto semblait être dans le fossé. Des gens couraient autour de l’auto dans toutes les directions, mais Billy était trop loin pour voir ce qui se passait. De son nid d’aigle, les gens avaient l’air de fourmis courant autour d’un jouet. Il n’y avait que deux autos au sommet du Mont Puijo. La plupart des prédicateurs étaient venus en taxis tirés par des chevaux. Billy monta dans une des automobiles avec Gordon Lindsay, Jack Moore, May Isaacson et le pasteur finlandais Vilho Soininen. Il leur fallut presque 20 minutes pour descendre la route sinueuse jusqu’au pied de la montagne. Lorsqu’ils arrivèrent au lieu de l’accident, l’auto que Billy avait vue dans le fossé n’était plus là. De l’autre côté
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de la rue, une foule s’était rassemblée autour d’une petite forme étendue dans l’herbe. « On dirait qu’il y a eu un accident », dit le Pasteur Soininen. « Nous pourrions peut-être leur apporter de l’aide. » Arrêtant la voiture, Vilho Soininen sortit pour aller voir ce qui s’était passé. Mme Isaacson le suivit. À leur retour, Mme Isaacson leur raconta l’histoire. Deux petits garçons avaient été frappés par une automobile alors qu’ils revenaient de l’école. Comme il y avait si peu d’autos en Finlande, les garçons n’étaient pas habitués à la circulation à grande vitesse. Ils n’avaient pas fait attention en traversant la rue et une automobile Ford 1938 les avait surpris en descendant la colline. Les deux garçons s’étaient séparés, l’un allant au nord et l’autre au sud. Essayant de les éviter, le conducteur fit une embardée vers le nord en tentant d’appuyer sur ses freins. Malheureusement, son pied manqua la pédale de frein et il appuya sur l’accélérateur. Les deux gamins n’avaient eu aucune chance de s’en sortir indemnes. Le garçon courant vers le sud avait été frappé par le devant de l’auto, propulsé dans les airs pour se fracasser la tête contre un arbre. Même s’il était sérieusement blessé, il était toujours en vie et ils l’avaient emmené à l’hôpital dans l’automobile. Le deuxième garçon, courant vers le nord, n’avait pas été aussi chanceux. L’auto l’avait frappé de plein fouet, de telle façon qu’il avait roulé sous les pneus et avait été projeté dans les airs pour retomber sur le dos. Il était mort sur le champ. La loi finlandaise ne permettait pas que le corps du garçon soit déplacé sans la permission des parents ; alors quelqu’un était allé les chercher à leur travail dans les champs. La foule flânait maintenant en attendant leur arrivée. Lindsay et Moore sortirent de l’auto pour jeter un coup d’œil au gamin. Ils revinrent à l’auto drôlement secoués. Jack Moore dit : « Je n’ai jamais vu un garçon si mutilé. Je ne peux m’empêcher de penser, et si c’était mon garçon ? Frère Branham, vous devriez aller jeter un coup d’œil. »
406 | Livre Trois : L’homme et sa commission Billy pensa à son propre fils, Billy Paul, qui avait maintenant 14 ans. Et si un télégramme lui arrivait d’outre-mer lui annonçant que son fils avait été tué dans un accident d’auto ? Cette pensée lui fit réaliser ce que la pauvre maman finlandaise allait ressentir lorsqu’elle verrait son enfant chéri étendu froid et rigide sur le sol, un manteau sur le visage. Billy sortit de l’auto et marcha jusqu’au groupe rassemblé autour du petit garçon mort. Lorsque la foule le vit, les gens se mirent à murmurer entre eux. Mme Isaacson dit à Billy : « N’est-ce pas terrible ? Les gens disent : « Voici ce faiseur de miracles d’Amérique. Je me demande ce qu’il va faire à propos de ce cas. » Billy écarta le commentaire, le considérant sans importance. « Ils ne comprennent pas, c’est tout. » Un grand nombre de femmes, vêtues de longues jupes épaisses et portant de grosses bottes de travail laissaient libre cours à leur émotion. Un homme s’agenouilla et retira le manteau qui couvrait le gamin. L’enfant avait l’air d’avoir environ de huit à dix ans. Son visage était ensanglanté et couvert de bleus. Sa bouche était ouverte et sa langue pendait. Ses yeux avaient roulé dans leurs orbites et on n’en voyait que le blanc. Il portait le costume finlandais typique, une culotte qui lui allait à mi-mollet et d’épais bas blancs côtelés. L’accident lui avait fait perdre un soulier et on pouvait voir ses orteils par le trou à l’extrémité de son bas. C’était un spectacle pitoyable, spécialement pour Lindsay et Moore qui avaient tous deux des garçons de cet âge. Gordon Lindsay était secoué de sanglots. Billy avait la gorge nouée. Il se retourna et se mit à marcher vers l’auto. Soudainement, il sentit une main le retenir. Billy s’arrêta et se retourna pour voir qui c’était. Étrangement, il n’y avait personne qui se tenait assez près de lui pour le toucher. Il fit un autre pas vers l’auto. Encore une fois, la main invisible le retint. Lorsque Billy se retourna vers la victime de l’accident, la main le lâcha. Billy pouvait maintenant entendre le sifflement du vent comme un tourbillon. L’ange du Seigneur était proche. Billy réalisa qu’il devait y avoir quelque chose de particulier à propos de l’accident. Il regarda le petit garçon de nouveau. Il lui semblait qu’il l’avait déjà vu quelque part. Billy se tourna vers
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Mme Isaacson. « Demandez à ces prédicateurs si ce garçon était dans la ligne de prière hier soir. » Aucun des prédicateurs ne reconnut le gamin. « J’ai déjà vu ce garçon quelque part, mais je ne peux me rappeler à quel endroit. » Pendant que Billy fouillait dans sa mémoire, ses yeux se posèrent sur de longs rochers superposés les uns sur les autres. Cela le frappa comme la foudre. Il savait maintenant où il avait vu cet enfant auparavant. Tremblant d’excitation, il appela ses compagnons : « Frère Moore, frère Lindsay, vous souvenez-vous de cette vision que je vous ai racontée en Amérique à propos d’un petit garçon qui ressuscitait des morts ? Ouvrez vos Bibles et lisez-moi ce qui est écrit à ce sujet sur la page de garde. » Jack Moore ouvrit sa Bible et lut rapidement ce qu’il y avait écrit deux ans auparavant… « Cheveux bruns, yeux bruns… entre huit et dix ans… pauvrement vêtu de vêtements ayant l’air étrangers… défiguré par un accident… un pays avec de grandes plaques rocheuses superposées les unes sur les autres… de grands pins… Frère Branham, ça correspond exactement à la description. » « C’est lui », affirma Billy. Son cœur battait d’excitation alors qu’il se souvenait de la vision. « Et ainsi dit le Seigneur, “Ce garçon reviendra à la vie.” » Gordon Lindsay ne pouvait y croire. « Vous voulez dire que ce garçon mutilé va respirer de nouveau ? Comment cela pourrait-il se produire ? » Billy sentit un regain de confiance en lui. Peu lui importait que le garçon soit mort depuis plus d’une demi-heure ; les visions n’avaient jamais échoué. Il déclara avec audace : « Si ce gamin n’est pas vivant dans les prochaines minutes, vous pourrez apposer une pancarte sur mon dos indiquant que je suis un faux prophète. Maintenant, voyez si vous pouvez calmer ces femmes. » Pendant que Mme Isaacson demandait aux femmes d’essayer de se contrôler, Billy s’agenouilla près du garçon mort, faisant bien attention de faire exactement ce qu’il avait vu dans la vision. Il pria : « Père Céleste, je me souviens lorsque ton Fils a dit à ses disciples,
408 | Livre Trois : L’homme et sa commission “Guérissez les malades, purifiez les lépreux, ressuscitez les morts, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.”71 Il y a deux ans, Tu m’as montré ce moment par vision. Agissant selon Ta Parole, Ta Parole écrite comme Ta Parole parlée par vision, je dis à la Mort, “Tu ne peux plus retenir cet enfant. Laisse-le revenir. Au Nom de Jésus-Christ.” » Quelque part le long de ce mystérieux voyage au-delà de cette vie, une âme s’arrêta et rebroussa chemin. La poitrine du gamin se souleva comme si ses poumons s’étaient remplis d’air. Ses paupières battirent puis ses yeux s’ouvrirent pour regarder le monde à nouveau. Il tourna la tête. Cela changea les pleurs des femmes en cris stridents d’étonnement. Quelques minutes plus tard, le garçon était assis pour qu’on l’examine. Pas un seul os de son corps n’était brisé. Au-delà des bleus et cicatrices superficielles, le gamin semblait en parfait état.
LES NOUVELLES de ce miracle se répandirent dans la province de Kuopio comme un feu de forêt dévorant tout sur son passage. Ce soir-là, l’auditorium de Kuopio était rempli au maximum de sa capacité. La foi des gens était à son comble et les miracles abondèrent. Le soir suivant, il y avait tellement de gens voulant assister aux réunions que l’immense bâtiment ne put les contenir tous. Les portes durent être verrouillées de bonne heure, laissant des milliers de gens dans la rue. Le gouvernement finlandais demanda même à la Garde nationale d’aider à maintenir l’ordre. Après la réunion, Billy s’apprêtait à entrer dans son hôtel lorsqu’un couple finlandais attendant aux portes se jeta sur lui, parlant si vite que même Mme Isaacson ne put les comprendre. Ils étaient complètement frénétiques, surtout la jeune femme qui était accrochée à Billy comme si sa vie en dépendait. Lindsay, Baxter et Moore durent littéralement arracher Billy des mains de ces gens
71 Matthieu 10.8
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pour le conduire à l’hôtel en toute sécurité. Billy en perdit presque son manteau. Mme Isaacson resta pour découvrir ce que le couple voulait. Dix minutes plus tard, elle monta à la chambre de Billy pour le lui dire. « Ce sont les parents du deuxième petit garçon qui était dans l’accident de l’autre jour. Leur fils est toujours dans le coma et les médecins ne pensent pas qu’il va survivre. Les parents veulent que vous alliez à l’hôpital prier pour lui. » « Vous ne pouvez certainement pas faire ça, frère Branham », dit Ern Baxter. « Cela a toujours été notre règle depuis que frère Bosworth et moi-même avons commencé à organiser vos réunions. Si vous allez prier pour une personne à l’hôpital, les journaux vont faire circuler la nouvelle et vous allez être inondé d’autres requêtes de gens désespérés voulant que vous alliez prier pour eux à l’hôpital ou chez eux. Comme vous ne pourrez pas prier pour tous ces gens, cela causerait du ressentiment et porterait dommage aux réunions. Non, aussi désolé que je puisse être pour cette pauvre mère, je crois que notre politique est sage : ils doivent amener les malades et les affligés aux réunions où tout le monde a la même chance de recevoir la prière. » Billy acquiesça tristement, mais ajouta : « Je voudrais au moins leur parler et leur expliquer. Faites-les monter. » La mère et le père avaient l’air d’être dans le début vingtaine. Il était facile de voir à leurs vêtements qu’ils étaient pauvres. La mère, pleurant toujours, répéta sa requête avec agitation. Mme Isaacson traduisit : « Venez guérir notre bébé. Il est toujours inconscient et les médecins disent qu’il va mourir. » Billy dit : « Je suis désolé, mais je ne peux pas guérir votre bébé. » « Vous avez guéri l’autre garçon. » « Non, Jésus-Christ l’a guéri, pas moi. Je n’avais rien à y voir. Il y a deux ans, Dieu m’a montré dans une vision que l’autre garçon ressusciterait des morts. Il ne m’a jamais rien montré à propos de votre fils. »
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« Alors, voyez une vision de notre fils. » Billy secoua la tête. « Je ne peux pas décider d’avoir une vision. Je ne peux les voir que lorsque Dieu me le permet. Mais je vais prier pour que Dieu guérisse votre fils. Néanmoins, le fait qu’il vive ou qu’il meurt ne dépend que de Dieu et de votre foi. Êtes-vous chrétiens ? » Aucun des deux n’était chrétien. Billy leur expliqua l’évangile en des termes simples. « Vous savez, vous vous attendez à beaucoup en demandant à Dieu de guérir votre fils alors que vous ne Lui avez pas donné vos vies. Pensez à cela — si votre fils meurt, Dieu va le prendre au ciel avec Lui parce qu’il est trop jeune pour être responsable de sa vie. Mais si vous mourez pécheurs, vous ne pourrez jamais le revoir. Mais si vous acceptez Jésus-Christ comme votre Sauveur, alors même si votre fils meurt, vous allez le revoir au ciel parce que c’est là que vont les chrétiens lorsqu’ils meurent. Pourquoi ne donnez-vous pas vos vies à Jésus-Christ dès maintenant ? Une fois que vous êtes chrétiens, vous pouvez aller vers Dieu avec confiance et Lui demander de guérir votre fils. Peut-être Dieu l’épargnera-t-il ? » Cela semblait être un marché auquel ils n’avaient rien à perdre. Ils s’agenouillèrent sur le plancher et Billy guida le couple en une simple prière qui demandait à Jésus-Christ d’être le Seigneur de leur vie. Aussitôt qu’ils eurent terminé, la mère sauta sur ses pieds en babillant hystériquement. « Maintenant, ayez une vision de notre fils. » « Je vous l’ai dit, je ne peux pas forcer Dieu à me montrer une vision. S’Il ne m’en montre pas, Il ne m’en montre pas. S’Il le fait, je vais vous appeler à l’instant. Laissez-moi un numéro de téléphone où je peux vous joindre. » Cela n’était pas assez pour la mère désespérée. Le jour suivant, dimanche le 23 avril, elle appela à l’hôtel à toutes les 15 minutes, demandant à Mme Isaacson : « A-t-il eu une vision ? »
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LES NOUVELLES de la résurrection du garçon s’étaient répandues à travers chaque lac et rivière du nord de la Finlande jusqu’à ce qu’elles atteignent la région reculée de Laplander. Des gens des quatre coins de la province arrivaient à Kuopio, remplissant l’auditorium dès le milieu de l’après-midi. Lorsqu’il fut temps pour Billy de faire son apparition, il découvrit qu’il ne pourrait pas s’approcher à plus de trois pâtés de maisons du bâtiment. Le gouverneur en chef envoya un détachement de la Garde nationale à son aide. Ces hommes formèrent une flèche humaine autour de l’évangéliste et se mirent en marche, épée en main. La foule recula d’une bonne distance. Les gardes escortèrent Billy jusqu’au sous-sol de l’auditorium et verrouillèrent les portes derrière lui. La plus grande partie de la troupe demeura à l’extérieur pendant que quatre gardes, deux à l’avant et deux à l’arrière, restèrent avec Billy pour s’assurer qu’il se rende jusqu’à la plate-forme sans anicroche. Le grand sous-sol du bâtiment était vide, sauf pour quelques personnes qui attendaient d’utiliser les toilettes. On entendait la musique qui était jouée à l’étage, des paroles finlandaises chantées en clés mineures. Sachant qu’il était bientôt temps d’y aller, Billy traversa le sous-sol pour monter l’escalier. Il n’avait marché qu’une petite distance lorsque la porte de la salle de toilettes des femmes s’ouvrit et qu’une fille infirme en sortit à l’aide de ses béquilles. Elle avait environ dix ans. Ses cheveux tombaient en désordre sur ses épaules ; on aurait dit qu’elle les avait coupés elle-même avec des ciseaux. Sa robe pendait en lambeaux en bas des genoux. Mais ce qui arrêta Billy pour la dévisager étaient ses orthèses : elle était la fille la plus infirme qu’il ait jamais vue étant encore capable de se déplacer. Une de ses jambes était forte et en santé tandis que l’autre pendait, molle et inerte, de plusieurs cm trop courte, soutenue par un soulier à la semelle épaisse. Sa jambe infirme était enrobée d’une grosse orthèse qui s’articulait à un harnais de métal cintré à sa taille. Il y avait autre chose que Billy ne comprenait pas : une petite corde attachée à l’extrémité de son soulier surélevé passait par-dessus son épaule et était attachée au harnais derrière son dos.
412 | Livre Trois : L’homme et sa commission Dès que la fillette vit Billy l’observer, elle baissa la tête et une larme roula sur sa joue, reluisant sous l’éclairage électrique cru des plafonniers. Billy était certain que cette fillette savait qui il était. Il avait la nette impression qu’elle voulait aller vers lui, mais qu’elle n’osait pas, de peur que ce ne soit un geste déplacé de sa part. Les soldats qui marchaient devant Billy s’arrêtèrent pour voir pourquoi il ne suivait pas. Les deux soldats derrière lui donnèrent un petit coup de coude pour qu’il continue d’avancer. Comme aucun des quatre soldats ne parlait anglais, Billy leur fit signe avec sa tête et ses mains qu’il désirait attendre un moment. Lorsque la petite fille le regarda de nouveau, Billy lui fit signe de s’approcher. Elle boitilla jusqu’à lui. Billy comprenait maintenant à quoi servait la cordelette tendue entre son épaule et ses orteils : elle plantait d’abord ses deux béquilles devant elle puis, s’appuyant sur celles-ci, elle relevait son épaule pour tendre la cordelette et faisait avancer sa jambe infirme. C’était un principe laborieux, mais ça fonctionnait. Billy sentit son cœur fondre de pitié. Lorsque la petite infirme arriva jusqu’à lui, elle prit le rebord du veston de Billy, le releva jusqu’à son petit visage, l’embrassa puis le laissa retomber. Des larmes coulaient de ses yeux bleus. Penchant la tête et relevant sa jupe en lambeaux, elle lui fit une révérence maladroite et dit « merci » en finlandais. Billy vit une ombre au-dessus de sa tête qui se transforma en image de la même petite fille, mais marchant dans les airs sur deux bonnes jambes. « Ma chérie, dit-il tout excité, tu peux enlever ces orthèses maintenant. Dieu t’a guérie. » Bien sûr, elle ne comprenait pas l’anglais et comme il n’y avait personne pour traduire, ces mots lui étaient inutiles. Les gardes derrière lui décidèrent qu’il prenait trop de temps et commencèrent à le forcer à marcher vers l’escalier. Impuissant, Billy pensa : « Oh, Dieu, sûrement qu’elle comprendra un jour. » Ce soir-là, lorsque ces robustes Laplandais virent le don de discernement prouver que Jésus-Christ était vivant, des centaines de gens n’eurent pas besoin de s’avancer dans la ligne de prières
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pour recevoir leur guérison. Du haut de l’estrade, Billy pouvait les voir lancer leurs béquilles et se lever de leur fauteuil roulant. Lorsque Billy eut terminé de prier pour le deuxième groupe qui avait des cartes de prière, Howard mit la main sur l’épaule de son frère : « C’est probablement assez pour la soirée, Billy. Il reste encore plusieurs réunions à ce voyage et on ne voudrait pas que tu t’épuises. » « J’ai encore des forces, Howard. Appelons dix autres numéros, en commençant par le numéro 45. » Pendant que Howard assemblait les dix derniers patients en une ligne de prière, Billy fit dos à la foule pour boire un verre d’eau. Il entendit des cliquetis venant de derrière lui. En se retournant, il vit la même fillette infirme à laquelle il avait parlé au sous-sol un peu plus tôt. Elle essayait maintenant de monter les marches de l’estrade. Son numéro de carte de prière était 45. Le cœur de Billy se remplit de joie. Il se tourna vers Mme Isaacson et dit : « Je veux que vous répétiez exactement ce que je dirai, même si vous ne comprenez pas pourquoi. » Tout en boitillant vers lui, la petite fille lui sourit. Il lui manquait une dent à l’avant. Billy dit : « Tu es la petite fille que j’ai rencontrée au sous-sol avant la réunion, n’est-ce pas ? » « Oui », répondit-elle. « Mon nom est Veera Ihalainen. Je suis une orpheline de guerre. Mes parents furent tués par les Russes. J’habite maintenant dans une tente à Kuopio. Pensez-vous que Jésus va me guérir ? » « Jésus t’a déjà guérie, ma chérie. Il t’a guérie au sous-sol avant la réunion. Va t’asseoir là et demande à quelqu’un de t’aider à enlever tes orthèses, puis reviens me voir. » Pendant qu’un prédicateur finlandais enlevait les orthèses de Veera, Billy se mit à parler au patient suivant. Soudainement, un cri perçant se fit entendre et Veera arriva en hurlant, tenant une béquille dans sa main et ses orthèses dans l’autre, courant pieds nus sur la plate-forme en bois, sautillant comme un jeune renne. Billy
414 | Livre Trois : L’homme et sa commission joignit sa propre voix à l’harmonie de louanges qui s’élevait de l’auditoire. Après le service, Howard aida Billy à retourner à l’hôtel. Pendant qu’ils marchaient dans le hall, Howard bavardait de tout et de rien, essayant de ramener son frère de l’onction au monde physique. « Billy, te souviens-tu lorsqu’on était à Prince Albert et que tu as mangé ces horribles bonbons durs canadiens ? » « Uh-huh. » « Si tu pensais que ces bonbons étaient mauvais, tu devrais goûter ces friandises finlandaises. J’imagine que le sucre, comme toutes les autres denrées, est plutôt rare ici alors ils font les bonbons avec de l’amidon. Tiens, goûte donc ces deux-là. » Howard mit deux bonbons dans la main de son frère, mais Billy ne les mangea pas. En quittant l’ascenseur, ils passèrent devant l’unique téléphone de l’étage. C’était un téléphone ancien, avec un microphone en forme de cloche fixé solidement à une boîte de bois, une manivelle pour appeler la téléphoniste et un écouteur qui avait l’air d’une cloche au bout d’une corde. « Vous savez, commenta Mme Isaacson, le second garçon de l’accident est toujours dans le coma. Toute la journée aujourd’hui, la mère a téléphoné à l’hôtel, toutes les quinze minutes, pour savoir si vous aviez eu une vision. Si elle rappelle encore comme cela demain, elle va me rendre folle. » Mme Isaacson déverrouilla la porte de sa chambre. « Le Seigneur ne m’a encore rien montré à propos de lui », dit Billy alors qu’il déverrouillait sa porte et entrait dans sa chambre. Posant sa Bible et ses deux bonbons sur une table antique au-dessus de marbre, Billy marcha jusqu’à la fenêtre. Il regarda à l’est vers la Russie. Même s’il était près de minuit, le ciel ressemblait plutôt à un crépuscule en Indiana ; il faisait encore assez clair pour lire un journal. C’était le pays du soleil de minuit, si près du cercle polaire arctique que le trajet du soleil en avril ne touchait que brièvement à l’horizon avant de reprendre son cours pour une autre journée. Les rues étaient bondées de gens qui revenaient de
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l’auditorium en parlant. Il ne faisait aucun doute qu’ils parlaient des choses merveilleuses dont ils avaient été témoins pendant la réunion. Puis, Billy vit avec étonnement un groupe de soldats finlandais donner l’accolade à un groupe de soldats russes. Billy pensa : « Ce qui peut pousser un Finlandais à mettre son bras autour d’un Russe est assez puissant pour régler toutes les guerres du monde. Jésus-Christ est la réponse, oui Monsieur. » Billy leva ses bras et adora : « Père Céleste, Tu es si merveilleux. Combien je t’aime pour avoir guéri cette orpheline infirme ce soir ! Oh ! Grand Jéhovah, comme Tu es merveilleux ! Un jour, Tu vas briser ces cieux de l’Est et descendre dans la gloire. Des milliers de ces Finlandais vont s’avancer dans la vie éternelle à cause des décisions qu’ils ont prises ce soir. Oh ! Jésus-Christ, mon Maître et mon Seigneur, comme je T’adore, comme je suis heureux de travailler pour Toi. » Un tintement se fit entendre derrière lui. Billy se retourna et fut surpris de voir l’ange du Seigneur se tenir près de la table antique. L’ange était toujours pareil ; grand, les épaules larges, imberbe, la peau olivâtre, d’épais cheveux noirs tombant sur ses épaules et portant une tunique blanche qui ne couvrait pas totalement ses pieds nus. Comme toujours, il avait l’air sévère. Au-dessus de l’ange tournoyait cette lumière qui l’accompagnait toujours. Les bras de l’ange étaient croisés, comme d’habitude, mais il venait probablement tout juste de les croiser puisque sur la table se trouvait un vase en verre qui n’était pas là auparavant. Le son que Billy avait entendu était probablement celui du vase lorsque l’ange l’avait déposé sur la surface en marbre. Billy savait que ceci n’était pas une vision ; l’ange et le vase étaient aussi substantiels que lui-même. Si Billy avait osé, il aurait pu étendre la main et les toucher physiquement. Mais il ne l’osa pas. Dans le vase se trouvaient deux jonquilles, l’une penchée vers le sud, l’autre vers le nord. L’ange regarda les fleurs et demanda : « De quelle sorte de fleurs s’agit-il ? » « Elles me semblent être des fleurs de Pâques », répondit Billy.
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« Ces deux fleurs représentent les deux garçons qui étaient impliqués dans l’accident d’il y a trois jours. Le garçon qui est tombé vers le nord est mort instantanément, mais sa vie lui fut redonnée. Le garçon qui fut projeté vers le sud est en train de mourir. » Pendant que Billy regardait, la fleur penchée vers le nord tomba sur la table pendant que la fleur penchée vers le sud descendait lentement, comme la trotteuse d’une horloge, tombant un peu plus à chaque tic. L’ange demanda : « Qu’est-ce que ton frère t’a donné ? » « Deux bonbons. » « Mange-les. » Les deux bonbons étaient de part et d’autre du vase, en ligne avec les fleurs. Billy prit celui qui était au nord et le mit dans sa bouche. Il avait bon goût. Pendant que Billy mangeait le bonbon, la jonquille qui était tombée sur la table se retrouva soudainement toute droite dans le vase. Mais la fleur au sud continuait à descendre lentement, tic, tac, tic, tac. « Maintenant, mange l’autre bonbon. » lui ordonna l’ange. Mettant l’autre bonbon dans sa bouche, Billy commença à le croquer. Il avait un goût terriblement mauvais. Il était tellement amer et pâteux que Billy le cracha dans sa main. L’ange l’avertit : « Si tu ne manges pas ce bonbon, l’autre garçon va mourir. » La jonquille penchée vers le sud était maintenant presque tombée sur la table. Billy remit le deuxième bonbon dans sa bouche. Le goût était terriblement mauvais, mais il le mangea quand même. Lorsqu’il l’avala, la fleur fanée se redressa aussi droite que sa compagne. Inclinant légèrement la tête, l’ange reprit le vase de fleurs puis se volatilisa à même le tourbillon de lumière au-dessus de sa tête et disparut. Pendant quelques minutes, Billy demeura immobile, se sentant tout engourdi. Il tituba finalement jusque dans le corridor en criant : « Sœur Isaacson, venez vite ! »
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Mme Isaacson ouvrit brusquement sa porte et se précipita dans le corridor. « Frère Branham, qu’y a-t-il ? Que s’est-il passé ? » « L’ange du Seigneur vient juste de me rencontrer dans ma chambre et m’a dit ce qu’il adviendrait du deuxième petit garçon de l’accident. Je veux que vous appeliez cette jeune mère et lui disiez : Ainsi dit le Seigneur : “Votre fils vivra.” » Mme Isaacson courut au bout du corridor, tourna la manivelle du téléphone et demanda à la téléphoniste de rejoindre la maison des parents. Mme Isaacson parla brièvement en finlandais, écouta un moment puis raccrocha. « C’était la gardienne. Le couple est parti à l’hôpital il y a environ une demi-heure. Il semble qu’ils aient reçu un appel disant que leur fils était en train de mourir. » « D’accord, dit Billy, alors nous appellerons à l’hôpital parce que je lui ai dit que je l’appellerais aussitôt que Dieu me montrerait quelque chose. » Mme Isaacson rappela la téléphoniste pour qu’elle établisse la communication avec l’hôpital. Peu après, elle annonçait la bonne nouvelle à la mère en finlandais. « Frère Branham a dit, Ainsi dit le Seigneur : “Votre fils vivra.” » Mme Isaacson écouta une minute, puis regarda Billy avec un sourire surpris. « La mère dit qu’elle le savait. Lorsqu’ils arrivèrent à l’hôpital, les battements de cœur de leur fils diminuaient rapidement. Puis, il y a environ cinq minutes, alors qu’ils se tenaient près du lit en attendant son dernier souffle, son cœur s’est soudainement remis à battre aussi fort que normal. Il ouvrit les yeux et leur parla. Il était cohérent et semblait bien portant. Les docteurs sont stupéfaits. Ils disent que s’il se porte aussi bien qu’il en a l’air, il pourra retourner à la maison demain matin. » Billy hocha la tête avec satisfaction. « Dis-leur à quel point nous sommes heureux pour le petit garçon. Et rappelle-lui que ce n’était ni moi ni la vision qui a guéri son fils ; c’était sa foi dans le Seigneur Jésus-Christ qui l’a fait. »
418 | Livre Trois : L’homme et sa commission APRÈS LA FINLANDE, le groupe Branham se rendit en Suède puis en Norvège. Le deuxième jour en Norvège, Billy se réveilla en sursaut à cinq heures du matin. L’ange du Seigneur se tenait près de son lit et le regardait. Il avait les bras croisés, comme d’habitude. La lumière surnaturelle tournoyait au-dessus de sa tête, projetant une lueur étrange, presque lugubre, sur les murs de la chambre d’hôtel. « Mets tes vêtements », ordonna l’ange. Puis l’ange se fondit dans la lumière et disparut. Billy s’habilla et attendit. Rien ne se produisit. « Qu’est-ce que cela signifie ? » songea-t-il. « Je me demande ce que le Seigneur veut que je fasse. » Comme il ne recevait pas d’instructions plus précises, Billy décida d’aller faire une promenade matinale et de prier à ce sujet. Il marcha pendant 5 km dans la ville norvégienne et aboutit sur le bord d’une rivière. Se blottissant sous un arbre, il relaxa et pria tandis que le soleil s’élevait de plus en plus haut dans le ciel. À neuf heures, il commença à se tracasser en songeant à l’inquiétude que les autres ressentiraient lorsqu’ils s’apercevraient qu’il n’était plus dans sa chambre. À ce moment, Billy entendit la voix de l’ange dire sévèrement : « Lève-toi et retourne. » Billy marcha environ 1,5 km, puis de nouveau, il entendit la voix de l’ange de façon audible : « Tourne à droite. » Billy tourna à droite. Après quelques pâtés de maisons, l’ange dit : « Tourne à gauche. » Billy obéit, se demandant à quel endroit le Seigneur le dirigeait. Il aperçut ensuite le Norvégien qui avait été son interprète le soir précédent. L’homme vit Billy aussi et se dirigea vers lui pour lui serrer la main. Le Norvégien avait un regard très surpris. « Frère Branham, c’est étrange, je… » « Juste un moment », interrompit Billy. Une vision s’était formée entre eux. Billy vit le problème de l’homme. Puis il se vit lui-même en train de conclure le service de la veille. Dans la vision, il se vit pencher la tête, fermer les yeux et conduire l’auditoire en prière.
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Billy voyait maintenant quelque chose se produire dont il n’avait pas été conscient hier soir. Lorsque la vision se termina, Billy dit à l’homme : « Vous revenez de l’hôpital, n’est-ce pas ? » « Euh, oui. Comment l’avez-vous su ? » « Vous n’avez qu’un seul rein et vous vous inquiétez de le perdre. » « C’est vrai. Je pouvais à peine me tenir debout hier. La seule chose que j’ai faite de toute ma journée fut d’aller sur l’estrade interpréter pour vous. » Billy acquiesça. « Il y a trois ou quatre ans, vous étiez censé faire quelque chose pour le Seigneur et vous ne l’avez pas fait. N’est-ce pas juste ? » L’étonnement de l’homme parut sur chaque ride de son visage. « Frère Branham, c’est la vérité. » « Après cela, vous avez subi une intervention chirurgicale où l’on vous a enlevé un de vos reins. Depuis ce temps, cela s’est répandu dans l’autre rein et a commencé à vous inquiéter. La nuit dernière, pendant que je priais pour l’assemblée, n’avez-vous pas tenu légèrement le bord de mon veston en priant : “Guéris-moi Seigneur, s’il Te plaît ?” » L’homme leva un bras vers le ciel. « C’est juste, frère Branham. J’ai aussi demandé à Dieu de confirmer si j’étais réellement guéri. Il y a environ une demi-heure, j’ai eu ce sentiment étrange que je devrais venir ici et me tenir sur le bord de la rue. Et voilà que je vous ai rencontré ! Je suis maintenant certain que Jésus-Christ m’a guéri. » Lorsque Billy retourna à l’hôtel, Lindsay, Moore, Baxter et le pasteur hôte norvégien étaient tous prêts à prendre leur petit déjeuner. Ils marchèrent ensemble vers le centre-ville et s’arrêtèrent pour regarder la vitrine d’un magasin avant d’aller au restaurant. Se tournant vers les autres, Billy dit : « Ainsi dit le Seigneur : “Un homme sortira d’un bâtiment et nous arrêtera. Il portera un costume foncé et un chapeau pâle. Il me demandera de monter
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chez lui pour prier pour sa femme malade ; seulement, je ne pourrai pas le faire parce que son heure est venue.” » Jack Moore demanda : « Quand cela se produira-t-il ? » « Probablement sur le chemin de retour vers l’hôtel, répliqua Billy, parce que la vision a montré clairement que cela se passerait ce matin. » Après le petit déjeuner, les cinq hommes flânaient sur le chemin de retour, faisant du lèche-vitrine, lorsqu’un homme sortit brusquement d’un magasin, excité de les voir. Grâce au pasteur norvégien qui servait d’interprète, ils apprirent qu’il vivait dans l’appartement au-dessus de son magasin et que sa femme y était au lit, mourante. L’homme supplia le « grand évangéliste américain » de venir prier pour sa femme. Billy détestait refuser sa requête, mais il devait dire non. Il savait qu’il devait obéir aux visions, qu’elles lui plaisent ou non. C’était le prix élevé qui se rattachait à son don et à son appel.
Chapitre 49
Amis et ennemis
1950
E N JUIN 1950, William Branham tenait une campagne de guérison à Lubbock, Texas, lorsqu’une autre attaque publique fut soulevée contre lui. Cette fois-ci, l’éditeur d’un journal local imprima un article cinglant, accusant Billy d’abuser de la naïveté des chrétiens à l’aide de tours et de trucs psychologiques. Gordon Lindsay tempêta. « Avez-vous lu cet article, frère Branham ? Ils disent que vous retirez tellement d’argent de vos réunions que ça vous prend deux hommes costauds pour le transporter. Cet article est rempli de mensonges comme celui-là. Ça me met tellement en colère. Frère Branham, pourquoi n’appelez-vous pas le feu du ciel pour venir brûler cet endroit ? » Billy s’esclaffa. « Oh, frère Lindsay ! Il semble que Jacques et Jean voulurent faire la même chose une fois lorsqu’une ville rejeta le Seigneur. Et Jésus leur dit, “Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés. Car le Fils de l’homme est venu non pour perdre les hommes, mais pour les sauver.” »72 « Je ne parlais pas des gens ; je parlais des presses qui impriment ces ordures. » « J’essaie d’ignorer ces choses-là, frère Lindsay. De plus, je ne ferais jamais quelque chose d’aussi radical à moins que le Seigneur me dise directement de le faire. »
72 Luc 9.51-56
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Lindsay n’était pas satisfait. « Ce dont nous avons besoin aujourd’hui ce sont des prophètes comme Élie. Il n’avait pas besoin d’avoir une vision avant de faire un pas. Il monta en trombe au mont Carmel, y construisit un autel et défia ces prophètes de Baal en disant, “Venez ici et je vais vous prouver qui est le vrai Dieu.” Élie marcha de long en large, ridiculisant Baal et se moquant de ces hommes : “Allez, montrez-nous ce que Baal peut faire !” Ces faux prophètes de Baal eurent l’air plutôt ridicules lorsque le feu descendit du ciel et brûla le sacrifice d’Élie, avec l’eau et tout. Élie savait où il se tenait, même sans vision. On aurait besoin de prophètes comme lui aujourd’hui. » « Attendez une minute, frère Lindsay », contrecarra Billy. « Vous êtes un bon enseignant, mais vous oubliez un point important. Lorsqu’Élie eut fini de tout arranger, de dépecer les bœufs, les placer sur l’autel et verser l’eau sur le sacrifice, il dit, “Seigneur, j’ai fait toutes ces choses par Ta parole.”73 Voyez, le Seigneur le lui avait tout d’abord montré en vision. C’est comme ça avec les prophètes ; c’est toujours par vision. Même Jésus, qui était le Dieu-Prophète, dit, “Je ne fais que ce que je vois faire au Père.” »74 Lindsay le lui concéda à contrecœur, marmonnant : « Toujours est-il que j’aimerais bien voir plus de prophètes comme Élie de nos jours. » Quelques semaines plus tard, Billy prêchait à une campagne de trois jours à Harlingen, Texas, une petite ville située à environ 32 km au nord de la frontière mexicaine. Il y avait beaucoup de monde à la première soirée (environ 4 000 personnes), mais la foule semblait plutôt tranquille et contenue. Les gens n’avaient pas la même excitation ni les mêmes attentes que Billy satisfaisait ailleurs. Heureusement, l’humeur sceptique n’empêcha pas le don d’opérer sur la plate-forme, toutefois, l’ange du Seigneur ne se déplaça pas dans l’auditoire comme il avait si souvent l’habitude de le faire. L’après-midi suivant, pendant qu’il priait dans sa chambre d’hôtel, Billy reçut un appel téléphonique de son gérant. « Frère
73 1 Rois 18.17-40 74 Jean 5.19
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Branham, je m’apprête à aller souper au centre-ville. Êtes-vous certain que vous ne voulez pas m’accompagner ? » « Non merci frère Baxter. Pas aujourd’hui. Je suis encore en jeûne devant le Seigneur. » « D’accord. Voudriez-vous venir me rencontrer dans le hall dans quelques minutes ? Je dois vous parler de quelque chose avant la réunion de ce soir. » « Bien sûr, j’arrive à l’instant. » Dans le hall, Ern Baxter exprima ses inquiétudes. « L’offrande d’hier soir était plutôt maigre et nous manquons actuellement de fonds pour poursuivre cette campagne. » « De combien d’argent manque-t-on ? » demanda Billy. « Ça nous prendrait au moins 900 $ [630 €] pour nous remettre à flot. » « Je me demande pourquoi c’est comme ça », songea Billy. « Il me semble qu’une foule de cette taille pourrait donner cette somme aisément. » « Je me suis posé la même question et c’est pourquoi je me suis informé auprès d’un pasteur local. Il y a eu plusieurs autres évangélistes qui sont venus tenir des “réunions de guérisons” au cours des derniers mois et il semblerait qu’ils aient escroqué les gens sans trop de scrupules. » Billy comprenait maintenant l’humeur de la foule de la veille. « J’imagine que je ne peux pas les blâmer d’être plutôt sceptiques à mon égard. » « Frère Branham, vous devriez me laisser demander un peu d’argent sinon nous allons nous retrouver dans le rouge. » Billy pensa à sa promesse au Seigneur, à savoir qu’il persisterait à être un évangéliste aussi longtemps que le Seigneur pourvoirait à ses besoins et qu’il n’aurait jamais besoin de mendier pour de l’argent. « Il n’en est pas question. Non, Monsieur, vous ne le ferez pas. Frère Baxter, si jamais vous demandez de l’argent dans une de
424 | Livre Trois : L’homme et sa commission mes réunions, ce sera le jour où je vous serrerai la main en tant que frère et je commencerai à organiser mes réunions tout seul. Non, on ne demandera pas d’argent aux gens qui viennent dans mes réunions. Dieu possède le bétail sur des milliers de collines ; tout Lui appartient ; je Lui appartiens. Il prendra soin de moi. » « D’accord, frère Branham, si c’est ainsi que vous voyez les choses, je ne mentionnerai pas l’argent. » En retournant à sa chambre d’hôtel, Billy entendit des sanglots désespérés. Regardant autour de lui, il vit deux adolescentes qui s’enlaçaient, pleurant comme si elles étaient condamnées à mourir. Billy se dirigea vers elles et demanda : « Que se passe-t-il ? » Une des filles lui dit, le souffle coupé : « Oh ! frère Branham, c’est vous ! » « Bien, je vois que vous me connaissez. Puis-je vous aider de quelque façon que ce soit ? » La même fille répondit : « Frère Branham, il s’agit de mon amie ici, elle a des problèmes mentaux et elle devra être admise dans une institution psychiatrique à moins que Dieu n’opère un miracle. J’ai assisté à vos réunions à Lubbock. Lorsque j’ai vu les œuvres du Saint-Esprit, j’ai su que Dieu pouvait guérir mon amie si seulement je réussissais à l’amener dans la ligne de prière afin que vous priiez pour elle. J’ai donc emmené mon amie, ici, à Harlingen. Mais nous n’avons même pas réussi à obtenir une carte de prière et j’ai peur que nous ayons fait tout ce chemin pour rien. » Lubbock était à près de 1 600 km plus au nord. Billy pouvait voir que cette fille avait dû cumuler une foi extraordinaire pour emmener son amie jusqu’à Harlingen. « Eh bien, ma sœur, peut-être que si vous amenez votre amie aux réunions de bonne heure chaque soir, vous pourriez… » Billy s’arrêta. Une vision s’était formée entre eux et il l’observait se dérouler devant ses yeux. L’image n’était pas plane comme sur un écran de télévision ; elle était tridimensionnelle, comme s’il s’y trouvait réellement. « Jeune fille, votre mère est invalide. Et vous appartenez à l’Église méthodiste, n’est-ce pas ? »
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La fille mit sa main sur sa bouche : « Oui ! », dit-elle le souffle coupé. « Vous êtes venues ici dans une voiture décapotable jaune. En conduisant jusqu’ici, vous et votre amie étiez en train de rire lorsque la route a amorcé un tournant prononcé. Vous vous êtes retrouvées à moitié sur l’asphalte, à moitié sur l’accotement et vous avez failli renverser l’auto. » « Frère Branham, c’est la vérité ! » « Et ceci est aussi la vérité, Ainsi dit le Seigneur : “Votre amie est guérie.” » Les deux filles se mirent à crier de joie. Lorsque Billy les quitta, il était certain qu’elles n’avaient pas l’ombre d’un doute. Ce soir-là, après la réunion, le révérend Baxter vint vers Billy et dit : « Frère Branham, regardez, il y a une enveloppe sans identification dessus dans le plateau à offrande et elle contient neuf billets de 100 $ [70 €]. C’est exactement le montant dont nous avons besoin pour couvrir les frais. Frère Branham, vous aviez raison. Dieu va prendre soin de nous. Me pardonnez-vous d’avoir voulu demander de l’argent aux gens ? » « Certainement, frère Baxter. Ceci n’est qu’une leçon pour nous apprendre à faire confiance au Seigneur. » Billy ne le dit pas sur le moment, mais il savait qui avait déposé l’enveloppe. Dieu lui avait montré une vision de cette fille de Lubbock déposant une enveloppe sans nom dans le plateau à offrande. Le lendemain matin, Ern Baxter s’arrêta à la chambre de Billy pour s’enquérir de sa santé. « Allez-vous manger ce matin, frère Branham ? » « Pas encore, frère Baxter, je suis toujours en jeûne. » « C’est la troisième journée que vous ne mangez pas. Faites attention de ne pas jeûner trop longtemps, vous avez besoin de vos forces physiques. »
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« J’ai aussi besoin de mes forces spirituelles. Je serai prudent, mais je me sens poussé à faire cela, comme si quelque chose est sur le point de se produire et que je dois être prêt spirituellement. » « D’accord, je vous le redemanderai ce soir. » Baxter était sur le pas de la porte lorsqu’il se retourna et dit : « En passant, vous souvenez-vous des deux filles pour lesquelles vous avez prié hier après-midi à l’hôtel ? Ces deux adolescentes sont si excitées, elles disent à tous les gens qu’elles croisent que Jésus-Christ a délivré cette jeune fille de la démence. Plus tôt ce matin, je les ai entendues le dire à tout le monde dans le hall puis je les ai vues marcher dans la rue, arrêtant tous les passants qu’elles rencontraient. Je ne sais pas si c’est réellement salutaire ; personne ici ne les connaît, alors personne ne sait si la fille était réellement dans cet état lamentable ou non. » Billy sourit : « Ce n’est pas grave, c’est ce que j’aime voir : des gens qui sont prêts à témoigner que Jésus les a guéris. » Un peu plus tard cet après-midi-là, le Révérend Baxter frappa de nouveau à la porte de Billy, l’air anxieux cette fois-ci. « Qu’est-ce qui ne va pas, frère Baxter ? » Le grand homme s’affaissa sur une chaise, se pencha en avant, les mains tenant son chapeau entre ses genoux écartés. « Frère Branham, j’ai bien peur que nous ayons tout un problème. Cet après-midi, j’ai reçu plusieurs appels de prédicateurs qui parrainent vos réunions ici. Apparemment, quelqu’un a imprimé un dépliant des plus incendiaires contre vous. Cette personne a distribué ces dépliants partout à travers la ville, les plaçant contre les parebrises des automobiles. D’après ce que j’ai entendu, il en fut distribué des milliers. » « Ce n’est pas la première fois que je suis critiqué publiquement. Que disent ces dépliants ? » « Je ne les ai pas lus moi-même, mais, de toute évidence, ça dit que vous faites du spectacle, que vous utilisez des trucs mentaux pour séduire l’auditoire et que les gens chez qui vous discernez les problèmes ne sont qu’un coup monté. On vous accuse d’être
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semblable à Simon le sorcier dans le livre des Actes, principalement intéressé à l’argent.75 Et le comble est que ce pamphlet aurait été imprimé par… (il fit une pause pour créer un effet dramatique) « le Bureau fédéral d’enquêtes ». Billy siffla. « Voilà que ça prend une autre tournure. » « Oui, et le dépliant dit aussi que ce soir, sur l’estrade, le FBI vous dénoncera en tant qu’imposteur. Frère Branham, qu’allez-vous faire ? » « Je crois que nous devons juste continuer à faire notre travail et laisser tout cela entre les mains du Seigneur. Il a pris soin de nous hier soir, n’est-ce pas ? Il prendra soin de nous ce soir aussi. » Les grosses mains de Baxter serrèrent son chapeau. « Lorsque je pense que des gens vous accusent de n’être intéressé qu’à l’argent des gens… Je vous ai vu lorsque cet homme du Texas vous a tendu un chèque de 25 000 $ [17 500 €] et que vous l’avez déchiré devant lui. » « Vous souvenez-vous lorsque ce millionnaire m’a envoyé un chèque de 1 500 000 $ [1 050 000 €] ? Je l’ai refusé. Des gens m’ont offert des maisons partout à travers le pays. Récemment, un homme a offert de m’acheter une Cadillac neuve. J’ai toujours refusé ces offres. Je veux la confiance des gens ; pas leur argent. » Cela éveilla la curiosité de Baxter. « Je peux comprendre que vous ayez refusé les maisons et l’argent, mais pourquoi la Cadillac ? Je sais ce que vous conduisez ; vous avez besoin d’une auto neuve. » « Je ne suis pas contre les automobiles neuves, mais une Cadillac, c’est trop. Comment pourrais-je conduire à travers l’Arkansas dans une Cadillac et laisser ces pauvres petites mamans de l’Arkansas qui mangent du bacon et du pain de maïs pour déjeuner, leurs mains toutes gercées à cause de leur travail dans les champs de coton, déposer un dollar durement gagné dans le plateau à offrandes à mes réunions… et moi conduire une Cadillac ? Non monsieur ! Non,
75 Actes 8.9-14
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jamais ! Je ne ferai jamais cela. Je veux être comme les gens pour lesquels je prie. » « Cela a du bon sens. Dites, je m’en vais souper en ville, êtes-vous prêt à mettre fin à votre jeûne maintenant ? » « Oui, j’irai avec vous. » Comme ils entraient dans la cafétéria, le Révérend Baxter se pencha vers Billy et chuchota : « Je vois quelques-uns de nos amis ici. Ce sont les Wilbanks. Ils vont probablement vouloir venir vous parler. » « J’espère qu’ils ne viendront pas. Vous savez ce qui arrive lorsque l’onction est sur moi — Dieu me révèle des choses et je ne voudrais pas m’épuiser avant le service. » Les deux hommes prirent place et mangèrent. Effectivement, lorsqu’ils se levèrent pour quitter, M. et Mme Wilbanks se levèrent aussi pour payer leur facture. Ils se rencontrèrent devant le comptoir-caisse. M. Wilbanks dit : « Frère Branham, j’aimerais vous serrer la main. » Billy prit la main tendue de l’homme et commença à dire quelque chose lorsque Ern Baxter s’interposa et dit : « Écoutez, M. Wilbanks, vous ne devriez pas lui parler maintenant. Il se prépare pour la réunion de ce soir. » « Nous comprenons. » Lorsque Billy et Ern Baxter se mirent à marcher dans la rue, Billy entendit une voix intérieure lui dire : « Rebrousse chemin et monte dans l’automobile avec les Wilbanks. » Billy secoua la tête, se disant qu’il commençait à entendre des voix. « C’est vraiment une belle soirée, n’est-ce pas frère Baxter ? » « Certainement. » Soudainement, les jambes de Billy devinrent aussi lourdes que du plomb ; il essaya de faire un pas, mais elles ne voulaient pas avancer. Baxter se tourna vers lui, perplexe. « Que se passe-t-il ? »
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« Frère Baxter, nous devons retourner et monter dans l’automobile avec les Wilbanks. » « Frère Branham, nous ne pouvons pas faire cela. » « C’est l’Esprit du Seigneur. » « D’accord, alors. » Les Wilbanks furent heureux de les embarquer avec eux. Comme ils voyageaient en auto, ils arrivèrent à l’hôtel bien plus tôt que s’ils avaient continué à pied. Ern Baxter entra dans le bâtiment, mais Billy s’arrêta à mi-chemin dans les marches. Il entendit cette voix de nouveau, disant : « Retourne et parle aux Wilbanks. » Billy retourna à l’auto : « Frère Wilbanks, j’espère qu’il n’y a pas de problèmes dans votre famille. » « Non, tout va bien. » « C’est étrange. Quelque chose me dit de rester ici et je ne sais pas pourquoi. » Après avoir bavardé pendant quelques minutes, Billy se retourna pour aller à l’hôtel lorsqu’une voiture dispendieuse passa tout près. Il reconnut la voiture ; elle appartenait à M. Reece. L’auto ralentit et se stationna près d’un palmier, à quelques automobiles de distance d’où Billy se tenait. Le chauffeur sortit, fit le tour de la voiture et, ouvrant la porte du passager, aida M. Reece à sortir de l’auto. M. Reece avait l’air aussi décrépit que la dernière fois où Billy l’avait vu à Carlsbad, Nouveau-Mexique, au mois de mars. Billy savait maintenant ce qui en était. Le palmier qu’il avait vu dans la vision se trouvait là ; son ami était vêtu d’un complet brun. Tout était en ordre. Lorsque M. Reece vit Billy, il tourna immédiatement les yeux vers le palmier. Puis, sans même avoir échangé un seul mot, il leva ses bras dans les airs et cria : « Gloire à Dieu ! Je suis guéri ! » Il frappa du pied sur le sol et agita les bras en criant et en dansant. Il ne ressemblait plus du tout au vieil homme faible qui avait eu besoin d’aide pour sortir de la voiture quelques minutes auparavant.
430 | Livre Trois : L’homme et sa commission En retournant vers sa chambre, Billy fut arrêté dans le couloir par le révérend Baxter. « Frère Branham, ces deux adolescentes sont en train de faire leurs bagages pour partir. Elles sont toutes chavirées à propos de quelque chose. Vous devriez aller leur parler. » « Certainement. Quel est leur numéro de chambre ? » Trouvant leur numéro de chambre, Billy frappa à leur porte. La fille qui était venue de Lubbock répondit. « Oh !, frère Branham, dit-elle en ravalant ses larmes, je suis désolée de vous avoir causé tous ces problèmes. » « Problèmes ? Sœur, quels problèmes m’avez-vous causés ? » « Nous avons lancé le FBI après vous. Je pense que nous avons trop témoigné en ville aujourd’hui. Maintenant, le FBI veut vous dénoncer sur l’estrade. » « Bien, si je fais quelque chose de mal, il faut que je sois dénoncé. » « N’avez-vous pas peur d’aller là ce soir ? Le FBI sera là. » « Peur ? Certainement pas. Pourquoi serais-je effrayé alors que je fais exactement ce que Dieu m’a envoyé faire ici ? De plus, des agents du FBI sont déjà venus dans mes réunions et ils ont tous été sauvés, comme le Capitaine Al Ferrar à Tacoma, Washington ; peut-être que cet homme fera de même. De toute façon, vous devriez venir à la réunion ce soir et regarder le Seigneur en action. C’est Lui qui livrera la bataille, non pas moi. » De retour dans sa chambre, Billy s’agenouilla auprès de son lit et pria : « Père Céleste, qu’est-ce que c’est que cette histoire ? » Quelques minutes plus tard, une vision se forma. Puis Billy sut…
DERRIÈRE L’ESTRADE avant la réunion, Billy rencontra son gérant qui parlait avec le gardien du bâtiment. Ern Baxter tenait un des dépliants blasphémateurs dans sa main.
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« Révérend Branham, dit le gardien, c’est une honte qu’ils disent de telles choses sur vous dans ce dépliant. » Baxter acquiesça : « Lorsque je pense qu’ils vous appellent un imposteur… et ma propre fille qui a été guérie lors de la réunion d’hier. » Le gardien dit : « Quelqu’un a mis ces dépliants dans les parebrises de toutes les voitures dans le stationnement. J’ai engagé dix enfants mexicains pour les enlever. » « Malheureusement, il y en a eu des centaines d’autres qui furent distribués à travers la ville aujourd’hui », ajouta Baxter. « Les gens les ont probablement déjà lus de toute façon. » Baxter froissa le dépliant avec son poing. « De telles ordures… la loi devrait arrêter la personne qui a fait cela. » « Ce n’est pas grave », dit Billy. « Il y a des lois supérieures à celles de la terre. Le Seigneur va s’en occuper. Souvenez-vous ce que Jésus a dit, “quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir.” »76 Le gardien dit : « Toujours est-il que si jamais je rencontre le gars qui a fait ça, je… » « Ne vous inquiétez pas à propos de lui », dit Billy. « Dieu se saisira bien de lui en temps et lieu. Ne vous en faites pas. » La foule commença à chanter « Crois seulement. » Billy monta sur l’estrade. Il savait ce que les gens pensaient alors il alla droit au but. « J’ai ici un dépliant qui dit que je suis comme Simon le sorcier dans le livre des Actes, insinuant que je ne suis intéressé qu’à l’argent des gens. J’imagine que la plupart d’entre vous l’ont lu. Je pense que des milliers d’exemplaires ont été distribués à travers la ville aujourd’hui. Ces dépliants disent aussi que le FBI viendra ici ce soir pour me dénoncer. Allez-y. Je suis prêt. J’ai même envoyé mon gérant à l’autre bout du bâtiment pour qu’il ne s’interpose pas.
76 Matthieu 12.32
432 | Livre Trois : L’homme et sa commission Alors, les agents du FBI, vous pouvez venir à l’avant et me dénoncer. » Un murmure nerveux traversa la salle. Billy attendit. Personne ne bougea. Billy dit : « Peut-être ne sont-ils pas encore arrivés. Nous allons leur laisser un peu de temps. Quelqu’un pourrait-il s’avancer pour chanter un cantique ? » Après qu’un homme eut chanté un solo, Billy dit : « J’attends le FBI. Où êtes-vous donc ? Selon ce dépliant, vous allez vous avancer ce soir pour me dénoncer. Si j’ai fait quelque chose de contraire à la Bible ou quoi que ce soit d’illégal selon les lois de cette nation, je veux être dénoncé. Alors, finissons-en tout de suite. » Billy attendit, scrutant la foule avec des yeux d’aigle. Dans sa chambre d’hôtel, Dieu lui avait montré les coupables, mais il ne les avait pas encore repérés dans l’auditoire. Il saisit un mouvement du coin de l’œil. Se retournant, Billy vit une ombre sombre, comme un nuage aux contours flous qui se déplaçait au-dessus de la tête des gens. Il regarda les visages se trouvant sous ce nuage. Non, aucune de ces personnes n’était dans la vision. L’ombre s’élevait maintenant, jusqu’à ce qu’elle s’arrête au deuxième balcon où deux hommes étaient assis à la première rangée. Billy pouvait voir leurs visages distinctement. C’était eux. « Amis, il n’y a pas d’agents du FBI ici. Qu’est-ce que le FBI a à faire avec la prédication de l’Évangile de toute façon ? Non, le FBI n’est pas ici pour me dénoncer ; mais il y aura quand même une dénonciation. Les deux hommes qui ont imprimé ce dépliant sont assis à la première rangée du deuxième balcon, juste là, l’un vêtu d’un complet bleu et l’autre d’un complet gris. Ils ne sont pas des agents du FBI — ils sont des prédicateurs rétrogrades. Le Seigneur me les a montrés en vision cet après-midi. » Toutes les têtes se retournèrent pour tâcher de les voir. Les deux conspirateurs rougirent et s’enfoncèrent dans leur siège. « Ne vous calez pas dans vos sièges », dit Billy dans le microphone. « C’est maintenant votre chance de vous avancer et de me dénoncer. » Les deux hommes se tortillèrent de honte, mais ils ne pouvaient pas s’enfoncer davantage dans leurs bancs. Billy
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continua sa contre-attaque. « Vous dites que je suis comme Simon le sorcier et que je ne suis intéressé qu’à l’argent des gens. Pourquoi ne descendez-vous pas ici sur l’estrade pour un test ? Si je suis Simon le sorcier et que vous êtes deux hommes de Dieu, alors Dieu peut me frapper de mort. Mais si je suis un homme de Dieu et que vous êtes dans l’erreur, Dieu peut vous frapper de mort. Descendez-donc pour voir qui est qui. » Les deux hommes se levèrent et se ruèrent vers la sortie. « Je vois qu’ils quittent le balcon. Peut-être qu’ils viennent ici sur l’estrade. Chantons un chant en attendant. » Après que l’assemblée eut chanté plusieurs couplets d’un cantique, il devint évident que les deux hommes n’avaient pas l’intention de relever le défi de Billy. « On dirait que nos deux compagnons ont quitté le bâtiment. Ça devrait régler la question. Amis, vous savez que je ne suis pas intéressé à votre argent. Si ce n’était pour couvrir les frais des réunions, je ne laisserais pas mon gérant passer l’offrande du tout. Mais lorsque les dépenses sont couvertes, ce qui reste est envoyé aux missions. Pour ce qui est de ma part, je ne prends qu’un petit salaire hebdomadaire. Demandez à mon gérant, demandez à quiconque me connaît bien. Voyez, je ne veux pas de votre argent, je veux votre confiance. »
Chapitre 50
Une lavandière retarde son vol
1950
A PRÈS AVOIR passé un mois au Texas, William Branham avait hâte de retourner chez lui vers sa femme et ses enfants. Malheureusement, l’après-midi qu’il s’envola de Dallas, de dangereux orages se déplaçaient dans le sud-est, forçant son avion à atterrir à Memphis, Tennessee. La compagnie aérienne hébergea les passagers à l’hôtel Peabody en attendant que la tempête se calme. Billy appela à la maison pour avertir Meda et passa le reste de la soirée à écrire des lettres. À l’extérieur, une pluie battante tombait sur Memphis. Périodiquement, le ciel s’enflammait d’éclairs suivis du vacarme du tonnerre. Un peu avant minuit, la pluie diminua d’intensité. Regardant par la fenêtre, Billy vit quelques étoiles entre les masses sombres des cumulo-nimbus qui grondaient encore. Il semblait que la tempête était en train de s’apaiser. À six heures le lendemain matin, un employé de la ligne aérienne appela Billy pour lui dire que son avion décollerait à huit heures pile. Billy se leva et revêtit son complet brun pâle. Jetant un coup d’œil à sa montre, il décida qu’il avait amplement le temps de trouver une boîte aux lettres pour poster son courrier. Le matin était clair et chaud. Les jardins de fleurs remplissaient l’air d’un riche parfum intensifié par la pluie purifiante de la veille. Les oiseaux chantaient partout, donnant à Billy le goût de se joindre à eux. Il fredonna une mélodie chrétienne en savourant la beauté du monde que son Père avait créé.
436 | Livre Trois : L’homme et sa commission Après deux pâtés de maisons, Billy trouva une boîte aux lettres devant une banque. Il glissa ses lettres dans la fente et s’apprêtait à se retourner lorsqu’il entendit le son d’un tourbillon, whoossssh. Il se mit à avoir la chair de poule le long de la nuque au fur et à mesure qu’il sentait la présence de l’ange du Seigneur s’approcher. Billy recula à l’ombre d’un poteau, inclina la tête et dit : « Père, que veux-Tu que ton serviteur fasse ? » Aussi distinctement qu’il entendait les oiseaux chanter, il entendit la voix de l’ange du Seigneur qui disait : « Marche et continue de marcher. » Comme c’était là son seul commandement, Billy reprit la direction de l’hôtel. Lorsqu’il s’approcha de l’hôtel, il pensa naturellement à pénétrer à l’intérieur. Mais la voix profonde de l’ange dit de nouveau : « Continue de marcher. » Billy regarda sa montre. Son avion décollait dans une heure. Il continua cependant à marcher et dépassa bientôt l’hôtel, ne sachant pas où le Seigneur le guidait, ni dans quel but. Il marcha nonchalamment pendant plusieurs kilomètres, fredonnant des cantiques, appréciant l’air lavé par la pluie et la fragrance de rose et de chèvrefeuille qui embaumait l’air. Il était bon d’être en vie. Il était pourtant un peu nerveux à propos de l’heure. Il regardait sa montre de plus en plus fréquemment à mesure que huit heures approchaient. Chaque fois qu’il examinait sa montre, l’ange le pressait : « Continue de marcher. » Lorsque les aiguilles dépassèrent huit heures, Billy se résigna à devoir prendre d’autres dispositions pour retourner chez lui. « Seigneur, je ne sais pas pourquoi je suis ici, mais Tu m’as dit de marcher, alors je marche. Mais qu’est-ce qui se passe ? » Il marchait maintenant dans l’un des quartiers les plus pauvres de Memphis. Les rues n’étaient pas pavées et il n’y avait pas de trottoirs. Il descendit une colline où un ruisseau coulait le long de la route. Au bas de cette colline, il aperçut une femme noire corpulente qui se tenait dans sa cour, les coudes appuyés sur la portière d’une clôture. Elle portait une chemise d’homme, en guise de foulard, enroulée autour de sa tête. Lorsque Billy s’approcha, la femme dit : « Bonjour pasteur. »
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Enlevant son chapeau, Billy répondit : « Bonjour, tantine. » Puis il s’arrêta brusquement en réalisant l’étrangeté de la situation. Elle avait dit « pasteur ». Il se tourna vers la femme de couleur et demanda : « Savez-vous qui je suis ? » « Non, Monsieur. » « Comment savez-vous que je suis un pasteur alors ? » Elle sourit. « Je savais que vous viendriez. » Billy se dirigea vers la clôture. « Comment avez-vous pu le savoir ? Je ne le savais pas moi-même. » Elle expliqua : « Pasteur, connaissez-vous l’histoire dans la Bible à propos de la femme Sunamite qui ne pouvait pas avoir d’enfant ? Elle a promis à Dieu que s’Il lui donnait un bébé, elle l’élèverait pour Son service.77 Bien, je suis ce genre de femme et j’ai promis à Dieu la même chose. Il m’a donné ce bébé et j’ai fait de mon mieux pour l’élever pour le Seigneur. Mais il y a quelques années, il a été influencé par de mauvaises compagnies. Il a pris la mauvaise voie et a contracté une maladie vénérienne. C’est la syphilis. Lorsqu’il réalisa ce qui lui était arrivé, il était trop tard. Il est maintenant étendu sur mon lit, mourant. Hier, le médecin est venu et a dit : « Il n’y a plus d’espoir pour lui. Il a un trou dans le cœur et son sang est plein de pus. Attendez-vous au pire à tout moment. » « Pasteur, je ne pouvais pas supporter de voir mon garçon mourir dans cette condition. Je veux qu’il soit sauvé. J’ai donc prié et prié toute la soirée hier, disant : « Seigneur, si je suis comme la femme Sunamite, où est ton Élisée ? » « La nuit dernière, je me suis endormie dans ma chaise et j’ai rêvé que je venais ici et que je me tenais près de cette porte ; j’ai rêvé qu’un pasteur vêtu d’un complet brun pâle et d’un chapeau passait par là. Lorsque je me suis levée, à l’aube, je suis venue ici et je me tiens là depuis ce temps. Pasteur, croyez-vous à la conduite du Saint-Esprit ? »
77 2 Rois 4.8-37
438 | Livre Trois : L’homme et sa commission Le cœur de Billy se mit à battre la chamade et ses nerfs se tendirent. Ça devait être ici que le Seigneur voulait qu’il aille. « Tantine, mon nom est Branham. Avez-vous déjà entendu parler de moi ? » « Non, Monsieur le Pasteur Branham, je n’ai jamais entendu parler de vous. » « Mon ministère est de prier pour les malades. Aimeriez-vous que j’aille prier pour votre fils ? » « Oui, Monsieur le Pasteur Branham. Je vous en prie. » Billy ouvrit la porte de la barrière. Un vieux soc de charrue rouillé attaché à une chaîne servait à refermer la porte derrière lui. La femme conduisit Billy dans une petite baraque blanchie à la chaux. Les planchers en bois de peuplier étaient aussi propres qu’ils pouvaient l’être. Dans un coin se trouvait une bassine en métal avec une planche à laver appuyée contre le rebord. Il ne faisait aucun doute que c’était là son gagne-pain. L’enseigne « Dieu, bénis notre foyer » était accrochée à la porte. Billy avait été invité dans des palais de rois et dans quelques-unes des plus belles maisons du pays, mais il ne s’était jamais senti aussi bien accueilli que dans cette humble petite maison. Dans un autre coin se trouvait un vieux lit à poteaux de fer. Sur le lit se trouvait son fils. C’était un grand garçon d’environ 1,8 m [6 pi] et d’au moins 82 kg [180 lb]. Il tenait les draps à poings fermés et se tordait sur le matelas de paille en marmonnant : « Nnn… nnn… Il fait si sombre ici… Oh, Maman ! Il fait si sombre… Je ne sais pas où je m’en vais… » « Il délire depuis maintenant deux jours », dit sa mère. « Il pense qu’il est dans une chaloupe, perdue dans le noir sur l’océan. C’est ce que je ne peux supporter, pasteur, de savoir que mon enfant est perdu. » Elle lui tapota tendrement l’épaule. « Mon enfant chéri, reconnais-tu ta Maman ? » Il frissonna et marmonna : « Nnn… nnn… il fait si froid ici… si froid. »
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Elle lui donna un baiser sur le front. « Tu es le bébé de Maman. » « Oui, pensa Billy, c’est là l’amour d’une mère. Peu importe ce qu’il a fait, elle le considère encore comme “le bébé de Maman”. » Il dit : « Tantine, prions. Allez-y en premier. » Lorsqu’ils s’agenouillèrent près du lit, cette humble blanchisseuse épancha son cœur devant Dieu à tel point que les yeux de Billy se remplirent de larmes. Elle termina en disant : « Seigneur, si Tu veux reprendre mon garçon, dis-moi qu’il va être avec Jésus et je serai heureuse. » Billy posa ses mains sur les pieds du garçon… ils étaient aussi glacés que les eaux de l’océan Atlantique du nord. « Cher Dieu, je ne sais pas ce qui se passe, mais sur la rue ce matin, Tu m’as fait changer de direction pour m’emmener dans cette petite cabane. Je sais que mon avion a déjà décollé, mais en obéissance à la conduite de Ton Esprit, j’impose les mains à ce garçon au Nom de Ton Fils, Jésus-Christ. » Le garçon remua. « Oh ! Maman, il commence à y avoir de la lumière ici. » Ses yeux roulèrent puis semblèrent se fixer sur le visage de sa mère. « Maman, mais que fais-tu ici ? » Il releva sa tête du matelas de paille. « Et qui est cet homme ? » Billy attendit encore cinq minutes ; assez longtemps pour voir le garçon s’asseoir sur le bord du lit et commencer à s’habiller. Puis Billy s’excusa et s’empressa de quitter. Après quelques pâtés de maisons, il arrêta un taxi et fut rapidement transporté à l’aéroport. À sa grande surprise et son soulagement, son avion était encore sur la piste. Son envolée avait été repoussée de deux heures et l’avion venait tout juste de démarrer ses moteurs pour le décollage. Billy s’émerveilla de tout ce qu’une prière jointe à une foi sincère pouvait accomplir. Il était certain que c’étaient les prières de cette lavandière qui avaient retardé son vol de dix-huit heures. « Oui, tantine, pensa-t-il, je crois en la conduite du Saint-Esprit. »
Chapitre 51
Les visions expliquées
1950
E N AOÛT 1950, William Branham tenait un réveil à Cleveland, Ohio. Il en était à la dixième journée d’une campagne de deux semaines lorsque M. Boeing, un millionnaire local qui avait fait sa fortune en manufacturant des pare-chocs d’automobiles, lui dit : « Frère Branham, je crois que vos réunions à Cleveland pourraient aller bien mieux que ça. La tente que vous avez ne peut contenir que 4 000 personnes. Le temps que les gens d’ici aient fini de travailler, qu’ils aient soupé et se soient rendus sur place, la tente est déjà remplie de gens de l’extérieur de la ville. Des centaines de personnes de Cleveland ne peuvent pas assister aux réunions. Si vous passez à l’auditorium municipal, ce sera beaucoup mieux. De cette façon, toutes les personnes qui veulent venir pourraient avoir un siège. J’ai vérifié les prix ; il en coûte 1 900 $ [1 330 €] pour une soirée à l’auditorium. Je vais couvrir tous les frais si vous y déménagez. » Poliment, mais fermement, Billy répondit : « Frère Boeing, même si vous pouviez payer l’auditorium pour un an, je ne pourrais pas accepter à moins que Dieu ne me dise d’y aller. Pour l’instant, j’ai signé un contrat avec ces autres frères m’engageant à tenir trois autres réunions dans cette tente et je dois respecter mes engagements. » M. Boeing avait une autre suggestion. « Lorsque vous aurez terminé ces réunions, vous aurez plusieurs jours de libres avant votre prochaine campagne. Pourquoi ne tiendriez-vous pas au moins une réunion dans l’auditorium avant de quitter Cleveland ? »
442 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Je vais prier à ce sujet et je vous informerai de ce que le Seigneur me dira. » Le lendemain matin, Billy devait être l’invité d’honneur à un déjeuner ministériel. Une berline Cadillac bleue vint prendre Billy et Gordon Lindsay à leur hôtel pour les amener au restaurant. Lorsque le repas fut terminé et les assiettes repoussées, ces prédicateurs demandèrent à Billy de leur expliquer le processus des visions. « Les visions sont difficiles à expliquer, commença Billy, mais je vais faire de mon mieux pour vous aider à comprendre. Vous avez tous vu le Seigneur me donner des visions sur l’estrade ; vous avez vu comment Dieu révèle différents secrets et que chaque discernement est exact à 100 %. Vous avez sans doute remarqué à quel point je deviens faible, ce qui restreint le nombre de personnes pour lesquelles je peux prier chaque soir. Ceci est scripturaire. Rappelez-vous de la femme avec une perte de sang qui toucha le vêtement de Jésus. Il a dit qu’Il avait senti une vertu sortir de Lui. La vertu est une force. C’était la foi de cette femme qui tirait une force de Jésus. « Ce même Jésus est avec nous aujourd’hui. Il est Celui qui opère les guérisons à chaque réunion. Il est vrai que Dieu m’a donné le don de voir des visions, mais sur la plate-forme, c’est notre foi tirant sur Dieu qui amène la vision. Je me soumets simplement à Dieu et bien souvent, le Saint-Esprit parle par moi sans même que je sache ce que je dis. Mais ce n’est pas moi que les gens touchent. Par la foi, ils touchent le Souverain Sacrificateur, Jésus-Christ, tout comme la femme à la perte de sang a touché Jésus et fut guérie. « Lorsque je suis seul ou à la maison, Dieu me montre aussi des visions. Il peut me diriger à un certain endroit pour faire quelque chose en particulier, ou Il peut me montrer quelque chose qui va se produire dans le futur. Chaque fois, cela arrive exactement comme dans la vision. Assez étrangement, ces visions-là ne me fatiguent pas du tout. Elles peuvent parfois durer pendant une heure, mais chaque fois que j’en sors, je me sens fortifié et rafraîchi.
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« Alors un type de vision me fortifie et l’autre m’affaiblit. Pourquoi en est-il ainsi ? Bien, j’ai découvert qu’il en était de même dans la vie de notre Seigneur. Il vit une vision de Lazare qui ressuscitait des morts et la vision ne l’a pas fatigué du tout.78 Pourtant, lorsqu’une femme ayant une perte de sang toucha son vêtement pour être guérie, Il dit qu’Il se sentait faible. Le premier cas était Dieu utilisant Son propre don, le deuxième cas était la femme tirant elle-même sur le don de Dieu. « J’espère que vous comprenez la comparaison que je tente d’établir. Je ne dis pas que le don qui est en moi est aussi grand que celui qui était en Jésus-Christ, car en Lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité.79 Mais c’est le même Jésus faisant les mêmes œuvres aujourd’hui. Il est, comme le frère Bosworth l’explique, toute l’eau dans l’océan. Mon don n’est qu’une cuillerée d’eau de cet océan ; pourtant, les mêmes minéraux qui sont dans l’océan sont dans la cuillère. « Laissez-moi l’illustrer autrement. Imaginons que vous et moi soyons des petits garçons voulant aller au cirque, mais que nous n’ayons pas assez d’argent pour acheter un billet. Nous allons donc à l’arrière pour regarder au-dessus de la clôture. Malheureusement, la clôture est trop haute pour que nous puissions voir par-dessus. Que pouvons-nous faire ? Supposons que je sois plus grand que vous. Je peux sauter et agripper le dessus de la clôture puis me hisser assez haut pour voir à travers un nœud dans le bois. Vous me demandez ce que je vois et je vous réponds que je vois une girafe mangeant les feuilles d’un arbre. Bientôt, mes bras sont trop fatigués et je dois redescendre me reposer. Vous me demandez ce que j’ai vu d’autre, mais je n’ai pas eu le temps de voir autre chose. Je saute donc de nouveau et y jette un coup d’œil. Je peux m’agripper un petit moment encore avant d’être complètement épuisé. Il en est ainsi chaque soir sur l’estrade lorsque les gens utilisent mon don pour voir des visions. « Maintenant, laissez-moi vous expliquer comment cela se passe lorsque Dieu utilise le don Lui-même. Pour continuer avec
78 Jean 11 79 Colossiens 2.9
444 | Livre Trois : L’homme et sa commission l’exemple du cirque, imaginons que le directeur du cirque vienne nous demander ce que nous faisons là. Supposons qu’il est un homme gentil et compréhensif et qu’il me dise : « Viens, je vais t’aider à mieux voir. » Avec ses grands bras forts, il me lève par-dessus la clôture et je peux maintenant jeter un bon coup d’œil. Je peux voir des lions, des tigres, des éléphants et des clowns. Je ne peux pas voir le cirque au complet, mais je vois mieux qu’à travers le nœud dans la clôture de bois et je ne suis pas fatigué du tout parce que c’est lui qui me tient. Il en est ainsi lorsque Dieu opère le don. « Maintenant, Dieu nous a tous donné des dons. Peut-être êtes-vous prédicateur ou enseignant. Je ne me considère pas comme étant l’un ou l’autre ; mon don est d’avoir des visions. Nous avons tous été appelés à un ministère différent, mais nous faisons tous partie du même corps. Et à quoi servent ces dons ? À magnifier un homme ou une organisation ? Non, Monsieur ! Ils sont là pour magnifier Jésus-Christ seul. » Lorsque son explication fut terminée, Billy passa un long moment à siroter du café et à bavarder avec de nouveaux amis et, parmi eux, M. Boeing. Un prédicateur ukrainien dit à Billy : « Je comprends mieux le phénomène des visions maintenant, mais je suis encore curieux à propos de certains aspects. Lorsqu’une vision se produit, que voyez-vous ? Est-ce vague comme un rêve ? » « Non, ce que je vois est clair comme de l’eau de roche, comme si j’étais réellement là en train de regarder un événement se produire. » « Mais comment est-ce possible ? » « Avec Dieu, tout est possible. Le passé et le futur Lui sont aussi réels que le présent. Rappelez-vous que le temps est quelque chose que Dieu a créé. Il transcende le temps. C’est comme ça qu’Il peut connaître la fin dès le commencement. De quelle autre façon la Bible pourrait-elle être remplie de prophéties qui se sont accomplies ? De quelle autre façon pourrait-il y avoir des prophètes pouvant regarder dans le passé et le futur ? »
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« Cela est plein de bon sens. J’ai vu ce que les visions ont révélé sur la plate-forme, mais vous dites que vous avez aussi des visions lorsque vous êtes seul. Quel genre de choses Dieu vous révèle-t-Il lors de ces occasions ? » « Je vais vous donner un exemple pour vous aider à comprendre. Hier soir, M. Boeing m’a demandé si je pouvais demeurer à Cleveland un jour de plus pour tenir une réunion à l’auditorium municipal. Je lui ai répondu que je devais prier premièrement et que je lui donnerais la réponse ensuite. Ce matin, le Seigneur m’a donné une vision pour m’aider à savoir quoi faire. À un moment donné ce matin, je vais voir une dame traverser la rue en tenant par la main deux petites jumelles. Les deux fillettes seront vêtues de jupes à carreaux et auront les cheveux relevés en queues de cheval. Ce sera mon premier signe. Ensuite, même si je suis venu au déjeuner dans une voiture bleue, je retournerai à l’hôtel dans une voiture rouge. Lorsque je serai dans l’auto sur la rue, deux jeunes filles portant de longues robes du soir vont passer tout près. Lorsque ces signes s’accompliront, je saurai que j’ai la permission de Dieu pour tenir un service de plus à Cleveland dans l’auditorium. » Ils continuèrent à parler pendant une autre heure. Finalement, Gordon Lindsay s’approcha de leur table et dit : « Frère Branham, ne pensez-vous pas que nous devrions retourner à l’hôtel ? » « J’imagine que oui », acquiesça Billy. En se levant pour prendre son manteau, il jeta un coup d’œil par la fenêtre. « Regardez par ici, messieurs. Les voyez-vous ? » Les prédicateurs regardèrent. Une femme traversait la rue en tenant deux petites jumelles par la main. Les deux fillettes étaient habillées exactement comme Billy l’avait décrit quelques instants plus tôt ; jupes à carreaux et queues de cheval volant dans le vent. M. Boeing avait la gorge serrée en disant : « Voilà un premier signe d’accompli… il n’en reste que deux. » Gordon Lindsay dit : « Frère Boeing, l’homme qui nous a conduit ici a dû partir plus tôt que prévu. Pourriez-vous nous reconduire à l’hôtel ? »
446 | Livre Trois : L’homme et sa commission
« Certainement frère Lindsay, avec plaisir. Dites, frère Branham, ma voiture est rouge ! » « En voilà deux d’accomplis », dit Billy. « Ouvrez bien les yeux ; le troisième signe ne devrait pas tarder. » Six hommes s’entassèrent dans l’auto et M. Boeing démarra le moteur. Le stationnement du restaurant débouchait dans une rue à sens unique. M. Boeing aurait dû tourner à gauche pour aller dans la bonne direction, mais il tourna à droite. Un policier à dos de cheval l’attendait au coin de la rue. Lorsque M. Boeing baissa la vitre, le policier se mit à le réprimander comme s’il était un délinquant juvénile. « Vous me dites que vous habitez à Cleveland et vous faites une erreur comme celle-là ! Vous n’avez aucune excuse ! » « Je suis désolé, officier, s’excusa M. Boeing, j’imagine que je pensais à autre chose. » Le policier continua à sermonner sévèrement M. Boeing, ce qui garda la voiture arrêtée pendant plusieurs minutes. Du coin de la rue s’approchèrent alors deux jeunes femmes vêtues de robes du soir. Lorsqu’elles passèrent près de la voiture, Billy donna un petit coup sur l’épaule de M. Boeing et dit : « Regardez, frère, elles sont là. » Oubliant qu’il se faisait gronder par un policier, M. Boeing leva ses deux bras dans les airs et cria : « Gloire à Dieu ! Alléluia ! Alléluia… » Le prédicateur ukrainien se joignit à lui : « Loué soit le Seigneur ! Gloire à Jésus-Christ ! » puis il se mit à parler en langues. « Vous êtes fous ! » beugla le policier. « Allez-vous en d’ici. » Avec la permission de Dieu, Billy resta donc à Cleveland pour une autre réunion au mois d’août 1950 et plus de 12 000 personnes remplirent l’auditorium municipal pour entendre son message de délivrance par la puissance de Jésus-Christ.
Les visions expliquées | 447
QUELQUES SEMAINES après que William Branham eut terminé sa campagne à Cleveland, il prit le train pour Phœnix, Arizona. Son train dut faire escale à Memphis, Tennessee. Billy sortit pour s’acheter un sandwich. La gare de Memphis était pleine de gens arrivant et partant. Comme il se frayait un chemin à travers la foule, il remarqua un employé de la gare vêtu d’un uniforme rouge qui poussait un chariot à bagages dans sa direction. Lorsque ce jeune homme de couleur leva la tête et vit Billy, son visage s’éclaira de surprise. Abandonnant son chariot, il courut vers Billy en disant tout excité : « Pasteur Branham ! Pasteur Branham ! » Il attrapa la main de Billy et lui donna une fervente poignée de main. « Bonjour Pasteur Branham. » Billy regarda le jeune homme et pensa : « Peut-être a-t-il assisté à une de mes réunions. » « Pasteur Branham, vous ne me reconnaissez pas, n’est-ce pas ? » « Non, je ne crois pas. » « Vous souvenez-vous il y a environ six mois, lorsque votre avion a été retenu à Memphis ? Vous rappelez-vous du garçon mourant pour lequel vous avez prié ? » « Ne me dites pas que vous… » « Oui, Monsieur, je suis ce garçon. Je suis non seulement parfaitement guéri, mais je suis maintenant un chrétien aussi. » Pour Billy, il était toujours satisfaisant d’être témoin des résultats de ses prières en rencontrant les gens qui avaient été aidés par son ministère. Il y avait maintenant des dizaines de milliers de ces gens partout à travers le pays. Plus tard à l’automne 1950, Billy reçut deux lettres qui le touchèrent profondément. La première venait de son ancien pasteur, le Dr Roy Davis, le prédicateur baptiste qui l’avait ordonné au ministère en décembre 1932. La lettre n’était pas adressée personnellement à Billy, mais fut envoyée à Gordon Lindsay avec une requête de la publier dans le magazine La Voix de la Guérison.
448 | Livre Trois : L’homme et sa commission Le Dr Davis voulait publier des excuses pour avoir critiqué Billy et son ministère. Billy lut la lettre pensivement. Ses pensées le ramenèrent à ce matin du mois de mai 1946… Il s’était rué au presbytère pour dire au Dr Davis qu’un ange lui avait donné la commission de prendre un don de guérison pour les peuples de la terre. Billy se souvint que le Dr Davis avait ridiculisé l’idée, disant : « Billy, qu’as-tu mangé pour souper hier soir ? » Et Billy lui avait répondu gravement : « Dr Davis, je n’apprécie pas cela du tout. Si vous ne voulez pas de moi, quelqu’un d’autre me prendra. Dieu m’envoie et j’irai où Il m’appelle. » L’homme plus âgé et expérimenté s’était moqué de lui, disant : « D’accord, Billy, vas-y, va faire le tour du monde. Je suis curieux de voir jusqu’où tu te rendras. » Billy tenait maintenant entre ses mains une lettre qui présentait des excuses pour ce sarcasme. Le Dr Davis avait écrit : « Si j’avais été plus sincère et étudié ma Bible avec plus de diligence, j’aurais mieux compris à propos des visions et de la puissance de Dieu. » La deuxième lettre venait d’Afrique du Sud. Florence Nightingale Shirlaw, qui avait été guérie à Londres, avait envoyé son témoignage, racontant son rétablissement progressif depuis la guérison de son cancer de l’estomac. Au cours des six derniers mois, son poids était passé de 23 à 70 kg [50 à 155 lb]. Elle avait envoyé une photographie récente de sa personne pour souligner cette incroyable transformation. Billy fixait la photo, stupéfié. Elle n’avait même plus l’air de la même femme. La photo la montrait vêtue d’une robe à carreaux, debout sur le bord de la rue, tenant un grand sac à main par la poignée.80 Ses bras, ses jambes et même ses joues s’étaient tellement arrondis que Billy n’aurait jamais pu deviner (s’il ne l’avait pas su comme étant un fait établi) qu’en avril dernier elle avait été à l’article de la mort. Billy se souvint de la prière qu’il avait faite par ce matin brumeux d’avril : « Seigneur, si Tu guéris cette femme, je vais le prendre
80 Une copie de cette photographie se trouve à la page 51 du livre William Branham, un prophète visite l’Afrique du Sud, par Julius Stadsklev.
Les visions expliquées | 449
comme un signe que Tu veux que j’aille tenir une campagne de guérisons à Durban, Afrique du Sud. » Il tenait maintenant la confirmation en main ; une photographie en noir et blanc de la robuste Florence Nightingale Shirlaw. Billy appela son gérant et lui demanda de commencer à prendre les dispositions nécessaires. Il ne fallut pas beaucoup de temps à Ern Baxter pour obtenir un engagement du Conseil National des Églises sud-africaines. Ils étaient impatients d’avoir un évangéliste américain si populaire sur leur sol. Une date provisoire fut fixée au milieu de 1951. Billy se sentait excité. Si Dieu l’appelait spécifiquement à Durban, Afrique du Sud, les signes et les miracles suivraient certainement. Puis un jour, alors qu’il était à Shreveport, Louisiane, le Saint-Esprit lui donna un avertissement disant : « Ainsi dit le Seigneur : “Soit prudent, Satan t’a tendu un piège en Afrique.” » L’Esprit n’en dit pas plus et Billy se demandait maintenant de quel genre de piège il s’agissait.
Chapitre 52
UN AIGLE SUR LE SENTIER DE LA
RIVIÈRE TROUBLESOME
1950
A LORS QUE l’été 1950 laissait sa place à l’automne, William Branham ne pouvait réprimer son excitation. Son mois préféré approchait à grands pas. Billy aimait le mois d’octobre avec passion parce qu’octobre était la saison de la chasse et la saison de chasse apportait un changement, un défi, un souffle de liberté. La chasse représentait pour Billy plus qu’une pause dans son horaire chargé. La chasse le remettait en contact avec ses racines. Lorsqu’il était un jeune garçon, les régions sauvages l’avaient soutenu émotionnellement. La nature avait été son réconfort, sa joie et sa santé mentale, le seul endroit dans son enfance tourmentée où il pouvait trouver la paix intérieure. Aujourd’hui, la forêt était vivifiante ; il avait la chance d’échapper à la demande constante de son ministère public et de communier tranquillement avec son Créateur dans la beauté de la création parfaite de Dieu. La chasse lui donnait le temps de relaxer, de réfléchir, de chercher au plus profond de lui-même pour examiner le but réel de sa vie ; elle lui donnait le temps d’examiner ses motifs et ses objectifs pour voir s’il était toujours sur la bonne voie. L’air frais des montagnes était tonifiant pour son corps, son esprit et son âme. Jusqu’à maintenant, Billy avait pris des vacances de chasse tous les automnes de sa vie d’adulte. Même son mariage d’octobre avec Meda n’avait pas brisé la tradition ; il avait simplement combiné sa lune de miel avec son voyage de chasse. Après cette première expérience, Meda décida qu’elle n’aimait pas coucher sur la dure et n’alla donc jamais plus en voyage de chasse avec son mari. Par
452 | Livre Trois : L’homme et sa commission conséquent, pendant toutes les années de leur union, Billy et Meda n’avaient jamais passé leur anniversaire de mariage ensemble parce que le 23 octobre, Billy était toujours en train de camper dans la nature. Lorsque Billy était plus jeune, il avait l’habitude de chasser près de chez lui. Mais au cours des dernières années, depuis que sa vie s’était étendue à travers le continent de l’Amérique du Nord en entier, Billy prenait ses vacances dans les Rocheuses du Colorado. C’était là qu’il s’en allait à nouveau ce mois d’octobre 1950. Billy chassait l’élan. La saison avait commencé la semaine précédente alors les troupeaux n’étaient plus dans les basses vallées, mais ceci faisait partie du plan. Billy savait qu’aussitôt que les premiers coups de feu étaient tirés, les élans se déplaçaient vers les sommets où il était plus difficile de les atteindre. La plupart des chasseurs n’avaient ni le temps ni l’énergie de les traquer aussi loin. Billy avait les deux. Il monta avec un ami jusqu’à la vallée de la rivière Troublesome à dos de cheval et ils établirent leur camp à l’endroit où la rivière se séparait en fourche. Ils étaient à 320 km de la ville la plus proche et à 55 km de toute civilisation. Le lendemain matin, les deux hommes se séparèrent. Billy suivit une branche de la rivière vers les plateaux élevés pendant que son ami suivit l’autre. Ils avaient projeté de faire le tour d’une certaine montagne et de se retrouver dans plusieurs jours. Billy se fraya un chemin à travers les fourrés épais et les bosquets de trembles le long de la rivière Troublesome. Lorsque le sentier devint impraticable, Billy quitta la rivière et se mit à longer un ravin, guidant son cheval en haut de pentes escarpées couvertes de mélèzes, de pins, de cèdres et d’épicéas. Lorsqu’il atteignit finalement le sommet, Billy décida de continuer à pied. Il n’avait pas encore neigé de la saison, alors les élans se seraient rassemblés sur les plus hauts sommets. Des chevaux attireraient trop l’attention. Il avait plus de chance de tirer une belle pièce s’il chassait tranquillement à pied comme les Indiens. Billy attacha ses deux chevaux et leur donna assez de corde pour qu’ils puissent boire et brouter librement pendant son absence. Puis, fusil en main, il passa le reste de la journée à grimper les rochers en faisant bien attention de rester dissimulé sous les conifères.
Un aigle sur le sentier de la rivière Troublesome | 453
Cet après-midi-là, un immense cumulo-nimbus se pointa à l’horizon. Les éclairs se mirent à illuminer le ciel pendant que le tonnerre frappait si fort qu’on aurait cru que la montagne se fendait en deux. La pluie se mit à tomber. Billy s’abrita sous un conifère touffu aux longues branches qui le garda au sec aussi bien qu’un parapluie. Il appuya sa carabine contre le tronc de l’arbre et se mit à observer la vallée, pensant à quel point Son Maître et Seigneur était bon et merveilleux. Après 20 minutes, la pluie cessa. Un vent froid venant des sommets se mit à souffler, gelant les gouttelettes de pluie qui tombaient des branches, revêtant les arbres de la vallée de milliers de petits glaçons. La beauté de la scène était à couper le souffle. Le soleil descendit lentement derrière les nuages jusqu’à ce qu’il touche les cimes, inondant le monde d’une lumière orangée qui intensifiait les ombres et contours de chaque fissure et crevasse des montagnes. Un arc-en-ciel surplombait la vallée. Le cœur de Billy se gonfla d’émotion. Il dit à haute voix : « Oh ! Grand Jéhovah, voilà Ton arc-en-ciel dans les cieux ; le signe magnifique de l’alliance que Tu as établie dans l’Ancien Testament entre Ton peuple et Toi lorsque Tu as promis que Tu ne détruirais plus jamais la terre par un déluge. » Puis Billy pensa à Apocalypse chapitre dix qui décrit un arc-en-ciel au-dessus de la tête de Christ, symbolisant l’alliance du Nouveau Testament. C’était là la plus belle alliance de toutes ; une alliance de sang par laquelle Dieu promit qu’Il sauverait tous ceux qui regarderaient au sacrifice de son Fils, Jésus-Christ. Les larmes coulèrent sur les joues de Billy à cette pensée. Le troupeau d’élans devait s’être dispersé pendant la tempête. Au loin, Billy pouvait entendre les mâles claironner en s’appelant les uns les autres. Des sommets non loin de là, Billy entendit le hurlement d’un loup. Une femelle répondit d’un peu plus bas. Billy sentit l’héritage de sa grand-mère s’élever à l’intérieur de lui, ce sang indien Cherokee qui, le croyait-il, était la cause de son amour profond pour la nature. Les montagnes étaient si vivantes du souffle de Dieu, comme si son Créateur l’appelait à travers chaque cône de pin et chaque rayon de soleil. Billy ne pouvait plus se contenir. Il se mit à courir autour des arbres aussi vite que ses jambes pouvaient le porter, criant des louanges à Dieu à pleins
454 | Livre Trois : L’homme et sa commission poumons. Il s’arrêta finalement et s’appuya contre un tronc noueux pour reprendre son souffle. À environ 46 m [150 pi] en bas de la pente qui était à la droite de Billy, un petit écureuil était assis sur une souche d’arbre en train de jacasser. « Qu’est-ce qui te rend si excité, mon ami ? » demanda Billy. « Je ne te ferai pas de mal. » Il remarqua que le petit rongeur ne regardait même pas dans sa direction. Billy suivit le regard de l’écureuil jusqu’au bas de la pente, là où plusieurs arbres morts s’étaient écroulés et vit ce qui avait attiré l’attention de l’écureuil. La tempête avait forcé un immense aigle à tête blanche à se poser. L’aigle était sorti des broussailles en se dandinant et se tenait maintenant à découvert, son regard oscillant entre l’homme et l’écureuil. Billy dit : « Dieu, je Te vois dans les conifères et dans les sommets dentelés ; je Te vois dans la tempête, le vent, le tonnerre, les éclairs et la pluie ; je Te vois dans le coucher du soleil et dans l’arc-en-ciel, mais je ne Te vois pas encore dans cet aigle. Ce n’est qu’un rapace nécrophage. Pourquoi as-Tu attiré mon attention vers cet oiseau ? » Plus Billy observait l’oiseau, plus il remarquait à quel point l’aigle paraissait à l’aise et maître de soi. Billy pensa : « Je sais que Dieu veut que les chrétiens soient courageux lorsqu’il est temps de croire à la Parole de Dieu. Je me demande si Dieu veut que je voie cet aigle parce qu’il n’a pas peur. Je pense que je vais essayer de voir s’il est réellement brave. » Il dit à haute voix : « Pourquoi n’as-tu pas peur de moi ? Ne sais-tu pas que je pourrais te tuer ? » Maintenant que Billy avait parlé, l’aigle ignora l’écureuil et regarda directement l’homme. Billy fit semblant d’étendre la main pour prendre son fusil. L’aigle ne bougea pas. « Tu n’es toujours pas effrayé, n’est-ce pas ? Je me demande pourquoi. » Puis Billy remarqua que l’aigle ployait ses ailes en mouvements lents et gracieux. « Je comprends maintenant pourquoi tu es si brave. Dieu t’a donné ces deux ailes pour que tu puisses t’enfuir du danger et tu
Un aigle sur le sentier de la rivière Troublesome | 455
as confiance dans le don que Dieu t’a donné. Peu importe la vitesse à laquelle j’attraperais mon fusil, tu t’envolerais dans les buissons avant même que j’aie le temps de tirer. Aussi longtemps que tu peux voler, tu sais que tu es en sécurité. Aussi longtemps que je peux sentir le Saint-Esprit dans ma vie, je sais que je suis aussi en sécurité. » L’aigle et l’homme se regardèrent pendant un long moment avec un respect mutuel. Finalement, l’aigle tourna les yeux vers l’écureuil qui jacassait continuellement. L’aigle semblait dégoûté du bavardage incessant du petit rongeur. Sautant dans les airs, il battit deux fois des ailes puis les étendit pour se laisser porter par le vent. Il n’eut plus besoin de battre les ailes ; les courants d’air le soulevèrent et le portèrent de plus en plus haut, jusque dans le soleil couchant. Billy regarda l’aigle s’élever jusqu’à ce qu’il ne soit plus qu’un point noir dans le ciel. Le soleil, qui brillait maintenant dans un creux entre deux sommets, rappelait à Billy l’œil de Dieu qui voyait tout, regardant sa création avec approbation. Billy leva les mains et adora : « Père Céleste, comme ton monde est merveilleux. Aide-moi à être comme cet aigle. Aide-moi à laisser les chichis du monde derrière, à étendre mes ailes par la puissance de Dieu et à m’élever dans l’Esprit jusqu’aux hauteurs spirituelles auxquelles Tu m’as appelé. » Ce soir-là, assis en indien près d’un feu de camp, Billy sortit sa Bible usée de sa sacoche de selle, tourna les pages dans Exode 19 et lut : « … Israël campa là, vis-à-vis de la montagne. Moïse monta vers Dieu ; et l’Éternel l’appela du haut de la montagne, en disant : Tu parleras ainsi à la maison de Jacob, et tu diras aux enfants d’Israël : Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi ? Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi. » Comme il était étonnant que Dieu compare son prophète Moïse aux ailes d’un aigle. Mais après ce que Billy avait vu aujourd’hui, il n’était pas surpris. Il savait que l’aigle avait la vue la plus perçante de toutes les créatures du royaume animal, ce qui signifiait qu’il pouvait voler plus haut et plus loin que tous les autres oiseaux. Et
456 | Livre Trois : L’homme et sa commission n’est-ce pas ce qu’un prophète a été appelé à faire — voir plus loin que quiconque, que ce soit dans le passé ou dans le futur, ou même dans la pensée de Dieu ? Billy pensa aux visions qui lui permettaient de voir dans le passé et le futur. Il avait toujours su que ce don n’était pas pour son usage personnel, mais devait bénéficier à l’église de Jésus-Christ dans le monde entier. Mais quel était son but ultime ? Il se rappelait la voix à la rivière qui avait dit : « Comme Jean-Baptiste a été envoyé pour annoncer la première venue de Jésus-Christ, tu as été envoyé pour annoncer Sa seconde venue. » Qu’est-ce que ça voulait dire exactement ? Son ministère posait-il les fondations pour quelque chose de monumental ? Le retour de Jésus-Christ était-il à la porte ? Encouragé par ces pensées, Billy s’éleva dans les cieux, plus loin encore que l’aigle, là où les atomes rétrécissent, au-delà de la lune et des planètes, plus haut que la Voie lactée, jusqu’à ce qu’il semble flotter entre les innombrables galaxies dans un univers si vaste que les sens humains étaient inutiles. Que c’est dommage de devoir retourner sur la terre… mais son feu de camp s’était éteint et il pouvait sentir l’air frais de la nuit. Il remua les cendres avec un bâton jusqu’à ce qu’une flamme s’allume puis ajouta une nouvelle bûche. Bientôt, le feu de camp devint lumineux et chaud à nouveau. En regardant les flammes, Billy pensa au feu surnaturel qui suivait ses réunions, si différent de ce feu de camp terrestre. Il avait tenté plusieurs fois d’expliquer ce phénomène aux gens, mais ses descriptions s’étaient toujours avérées si loin de la réalité. La lumière pouvait varier de grandeur, allant de 30 cm à plusieurs mètres de diamètre. Elle était parfois sphérique, comme une étoile ; parfois plutôt cylindrique, se tenant debout comme une colonne de feu ; d’autres fois plate et horizontale, tourbillonnant comme une Voie lactée miniaturisée. Elle était ambre la plupart du temps, jaune-vert à l’occasion. De temps à autre, elle brillait de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les soirs, pendant les campagnes de guérison, lorsqu’elle se déplaçait dans l’auditoire, elle ressemblait à un flash de caméra qui ne s’éteignait pas. Elle se mettait ensuite à tournoyer et palpiter comme si elle avait une vie en elle-même, tout en faisant le son d’un puissant tourbillon. Mais il y avait plus à cette
Un aigle sur le sentier de la rivière Troublesome | 457
lumière que dimension, couleur et forme. Même lorsque Billy ne pouvait la voir, il savait qu’elle était proche. Il pouvait la sentir radier d’une présence indescriptible en termes humains. Il y avait ensuite l’ange du Seigneur qui semblait associé à cette lumière. Billy trouvait que l’ange du Seigneur était tout aussi indescriptible. Il était vrai qu’il y avait des aspects qu’il pouvait décrire, comme ses cheveux noirs lui tombant sur les épaules et sa peau couleur olive. Mais lorsque Billy essayait de décrire le caractère de ce visage surnaturel, les mots lui manquaient. Comment pouvait-il dépeindre une si grande paix et une si grande bonté se manifestant simultanément avec une puissance d’une telle ampleur ? C’était un paradoxe, un mystère… Ce n’était pourtant qu’une seule des nombreuses choses que Billy ne comprenait pas à propos de cet être surnaturel. Il ne connaissait pas le nom de l’ange. Il savait néanmoins que l’ange n’était pas le Seigneur Jésus-Christ sans toutefois comprendre le lien entre l’ange et la lumière. Et la question la plus importante de toutes, pourquoi cet ange venait-il à lui ? Où tout cela allait-il le mener ? Billy se blottit dans son sac de couchage et remonta la couverture par-dessus ses épaules. Couché sur le dos, il observait le ciel illuminé de milliers d’étoiles. Les grands pins sombres qui l’entouraient étaient pointés vers le ciel. À l’est, la constellation d’Orion venait d’apparaître. Au-dessus de l’Orion brillait un petit groupe d’étoiles connu sous le nom des Pléiades. Billy pensa au prophète Job qui avait levé les yeux vers ces deux mêmes constellations tant de milliers d’années plus tôt. Alors que le regard de Billy se portait vers la Grande Ourse, il remarqua les lumières clignotantes d’un avion voyageant vers l’est. De penser à cet avion lui donna le mal du pays. Il s’ennuyait de sa femme et de ses enfants. En ce mois d’octobre 1950, il y avait maintenant neuf ans que Meda et lui étaient mariés. Ils attendaient un autre enfant dans cinq mois. Cela allait être bon de revoir sa famille, même s’il savait que… Il poussa un soupir. Ses émotions lui semblaient étranges dans ce domaine. À toutes les fois qu’il voyageait, sa famille lui manquait terriblement ; mais après quelques semaines à la maison, il aspirait à voyager de nouveau. Il ne faisait aucun doute que Dieu lui avait
458 | Livre Trois : L’homme et sa commission donné ce trait de personnalité pour l’aider à faire le travail d’un évangéliste. Il se rappelait la vision que Dieu lui avait donnée le matin où il avait posé la pierre angulaire du Tabernacle Branham. Dans la vision, il avait vu le bâtiment rempli de gens, ce qui le rendit tout excité. Puis l’ange du Seigneur l’avait surpris en disant : « Ceci n’est pas ton tabernacle. » L’ange l’avait emporté puis l’avait déposé sous un ciel bleu et clair et lui avait dit : « Ceci sera ton tabernacle. » Une par une, ces paroles s’étaient accomplies. À partir de son humble ministère en tant que pasteur d’une petite église dans une petite ville, son ministère s’était étendu dans toute l’Amérique du Nord et s’étendait maintenant en Europe, en Afrique et plus loin encore. Un autre avion apparut dans le ciel sombre, celui-là se dirigeant vers l’ouest. En se demandant d’où il venait, les pensées de Billy se portèrent à ses propres origines. Il se rappela le petit garçon forcé à porter de lourds seaux d’eau en haut de la colline jusqu’à l’alambic d’alcool de contrebande de son papa. Ce jour-là était à jamais gravé dans sa mémoire ; son découragement et ses larmes, la journée sans vent, le peuplier, le tourbillon, la voix profonde disant : « Ne bois jamais, ne fume ni ne souille ton corps d’aucune façon. Il y aura un travail à faire pour toi lorsque tu seras plus âgé. » Billy avait souvent pensé à ces mots pendant son enfance et son adolescence troublées. À certaines occasions, alors qu’il avait essayé de boire du whisky et une autre fois, en tentant de fumer une cigarette, le son d’un tourbillon lui avait rappelé ces mots, l’empêchant de commettre les mêmes erreurs que son père. Il avait eu une enfance difficile, remplie de pauvreté, de rejet et de confusion. Il n’avait trouvé la paix que lorsqu’il avait finalement abandonné sa vie au Seigneur Jésus-Christ quand il était un jeune homme. La confusion n’était disparue que lorsqu’il avait rencontré l’ange du Seigneur face à face. Cette nuit-là, le 7 mai 1946, était aussi gravée à jamais dans sa mémoire : la cabane, l’obscurité, sa douleur et son désespoir, la lumière, le bruit de pas, l’homme qui sortit de cette lumière, la peur de Billy qui s’était évaporée aussitôt que l’ange avait dit : « Ne crains pas », et son message : « Je suis envoyé de la présence du Dieu Tout-Puissant pour te dire que ta naissance particulière et ta vie mal comprise étaient pour t’indiquer que tu allais prendre un don de
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guérison divine et l’apporter aux peuples de la terre. » Billy ne pourrait jamais oublier ces mots. Cela s’était produit exactement comme l’ange l’avait prédit. En 1946, Billy n’était que le pasteur peu connu d’une petite église dans une petite ville. Maintenant, en 1950, seulement quatre ans plus tard, il était si connu et respecté que même des rois et autres personnes importantes demandaient ses prières. Des prédicateurs de plusieurs dénominations différentes lui écrivaient tous la même requête : « Venez tenir une campagne de guérisons dans notre ville. » Il avait eu plus de requêtes de villes et de pays qu’il y avait de soirées dans une année pour tenir des réunions. Il n’était pas difficile de comprendre pourquoi il avait tant de demandes. Comme l’ange l’avait promis, le signe dans sa main avait laissé sa place au discernement par vision, réveillant des millions de gens à la réalité de Jésus-Christ, le Dieu qui connaît toutes choses. Le grondement de l’avion devenait de plus en plus fort, cadrant si peu avec la quiétude des montagnes. Dans le ciel, l’avion parvint au point milieu entre les deux horizons. Billy réalisa que sa propre vie avait probablement atteint son point milieu. Et son ministère… son ministère était probablement à son zénith. Il avait vu la puissance de Dieu donner la vue à l’aveugle, l’ouïe au sourd, rétablir l’infirme et guérir le cancer, toutes sortes de miracles jusqu’à la résurrection des morts. Existait-il des choses plus merveilleuses encore ? Il s’attendait naturellement à de tels miracles en Afrique du Sud parce que Dieu lui avait spécifiquement montré d’aller dans ce pays à travers la guérison spectaculaire de Florence Nightingale Shirlaw. Peu importe si Satan lui avait tendu un piège en Afrique du Sud. Que pouvait Satan contre lui, spécialement maintenant qu’il était averti ? Billy regardait la lumière clignotante disparaître à l’horizon. Il se demanda à quel endroit l’avion se dirigeait. Los Angeles, Californie ? Tucson, Arizona ? Billy pensa à quel point il aimait ces états de l’ouest. Puis il se souvint, il y avait de cela maintenant bien des années, une astrologue, une étrangère, lui avait dit la date de sa naissance, lui avait décrit son aura et lui avait dit que sa destinée
460 | Livre Trois : L’homme et sa commission était dans l’Ouest. C’était plutôt étrange parce que plusieurs de ses visions avaient rapport à l’Ouest. À l’âge de 14 ans, lors de son opération pour enlever les résidus de balles dans ses jambes, il avait eu une vision de lui-même se tenant dans une prairie dans l’Ouest, les bras levés vers une croix de lumière qui envoyait des rayons de chaleur dans son cœur et dans son âme. Après la mort de Hope et Sharon Rose, il avait expérimenté un rêve saisissant de réalisme où il marchait dans une prairie de l’Ouest près d’un chariot à bâche ayant une roue brisée. Sharon Rose, devenue jeune femme, le rencontra près de la roue brisée et le dirigea vers un grand manoir où Hope l’attendait. Dans le rêve, le soleil se couchait, inondant le ciel d’une lumière orangée. Plus tard, après son mariage avec Meda, il eut une vision dans laquelle il marchait vers le Nord-Est et l’ange du Seigneur lui fit rebrousser chemin pour le faire marcher vers l’ouest. Il traversa une montagne jusque dans un vaste désert où il trouva une tente géante ou une cathédrale, ses dômes recouvrant un énorme monceau de Pain de Vie. L’ange lui dit de distribuer ce pain aux milliers de gens qui affluaient de toutes parts dans le désert. Billy se rappela même le rêve de sa mère dans lequel six colombes descendirent du ciel en formant la lettre « S » et atterrirent sur sa poitrine. Dans le rêve, Billy se construisait une maison dans l’Ouest. Grâce à ces indices, il était clair pour Billy que sa destinée l’attendait dans l’Ouest. Mais quel genre de destinée ? Qu’est-ce qui pourrait bien surpasser les visions, les guérisons et les miracles qui transparaissaient déjà dans son ministère ? L’avion disparut du côté ouest de l’horizon. Billy ne pouvait pas voir au-delà de sa propre ligne d’horizon non plus. Il ne pouvait pas voir le piège que Satan lui avait astucieusement tendu en Afrique du Sud et à quel point il passerait proche d’être complètement détruit par celui-ci. Il ne pouvait pas non plus prévoir l’époque à laquelle il n’y aurait plus autant de demandes pour ses réunions. Il ne pouvait savoir que Dieu changerait son ministère en l’appelant à un plus haut appel que celui d’évangéliste. En ce soir frisquet d’octobre 1950, William Branham n’aurait jamais pu imaginer la série d’événements surnaturels qui le
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dirigeraient vers l’ouest au Mont Sunset en Arizona. Là, il découvrirait finalement sa destinée et il tremblerait d’une crainte révérencielle face à toute son ampleur, car elle tonnerait d’une voix qui allait secouer la terre.
Sources et notes de la fin
La plupart des détails de cette biographie proviennent du témoignage personnel de William Branham contenu dans approximativement 1 100 sermons enregistrés entre 1947 et 1965. Dans ces notes de la fin, ces sermons sont répertoriés par l’année, le mois et le jour où il a prêché ce sermon, ainsi que le numéro de la page, le numéro de paragraphe ou le numéro de la citation du sermon. L’année sera sous la forme AA-MMJJ. (Ex. : 62-0311, pour le 11 mars 1962.) Les sermons du matin et ceux du soir sont identifiés par un « M » ou un « E » [pour « soir » – Note de l’éditeur] à la fin de la date. La page ou le numéro de paragraphe seront séparés par un trait d’union indiquant que le matériel utilisé se trouve entre ces deux numéros. Tous les sermons enregistrés de William Branham ont maintenant été transcrits et ont été placés sur un programme de recherche informatisée appelé le « Message Software Package » [pour le « Progiciel du Message ». — Note de l’éditeur]. Ce programme peut être acheté sur le site branham.org ; il est aussi accessible gratuitement sur le site Branham.org/MessageSearch. Si un sermon n’existait pas sous forme imprimée lorsque le programme de Recherche du Message a été compilé, les développeurs du programme (Eagle Computing) ont numéroté les regroupements de paragraphes. Pour bien identifier ces identifiants arbitraires des pages régulières ou des numéros de paragraphes, Eagle Computing a placé un « E » majuscule devant chaque numéro de citation. La recherche et l’écriture de Surnaturelle : La vie de William Branham, Volume Un et Deux, ont été effectuées avant que le programme « Message Software » ne soit développé. J’ai commencé à travailler avec Pearry Green sur ce projet à l’automne 1993. À ce
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moment-là, le logiciel « Message Software » était disponible depuis peu. Saundra Miles et moi-même avons alors revérifié de nombreux détails des livres grâce à fonction de recherche. Avant d’écrire le livre 4, je n’avais pas réalisé que le système de référence utilisé dans le programme Message Software permettait de répertorier assez facilement les sources de la majorité des documents de Surnaturelle : la vie de William Branham. Par conséquent, les livres Quatre, Cinq et Six de cette série ont une liste assez complète de mes sources. Pour la présente édition du volume I, j’ai rassemblé une partie du matériel d’origine que j’ai répertorié dans cette section ; mais comme cela est fait rétrospectivement, il se peut que les listes que vous trouverez dans les volumes restants ne soient pas aussi complètes. Concernant l’exactitude des détails de cette biographie, je peux seulement mentionner que j’ai fait de mon mieux. William Branham a raconté ces histoires à public et je les ai obtenues en écoutant ses sermons sur bande magnétique. (Ces bandes sont aujourd’hui en format numérique.) Souvent, il racontait ces histoires peu de temps après les événements ; elles étaient donc fraîches dans son esprit. Ainsi, ils étaient frais dans son esprit. Il était habituellement généreux en détail. Alors qu’il répétait une histoire plusieurs fois au fil des ans, il ajoutait ou soustrayait des détails à chaque récit, comme il était naturel de le faire. Chaque fois qu’il décrivait un incident plus d’une fois, j’en ai fait un rapport d’ensemble, ajoutant autant de détails que possible. J’ai consulté des sources autres que les sermons de William Branham. Pour les derniers volumes, il y avait une abondance de documents publics, tels que des articles de journaux, des articles de magazines et des témoignages personnels de personnes qui le connaissaient ou qui étaient impliqués dans les événements que j’ai rapportés. Mais pour la première partie de sa vie, les sources externes étaient peu nombreuses. Mais il en existait néanmoins. Par exemple, j’ai lu des comptes-rendus de journaux et j’ai vu des photographies de l’inondation de la rivière Ohio en 1937. J’ai consulté des livres de médecine concernant la machine pneumothorax utilisé par les médecins pour tenter de sauver la vie de Hope Branham. J’ai aussi bénéficié des recherches approfondies
Sources et note de la fin | 465
de Pearry Green sur la vie de William Branham, qu’il a notamment relatées dans son livre Les Actes du Prophète et qu’il a partagées avec moi personnellement. Billy Paul Branham a gentiment répondu à toutes les questions que je lui ai posées au fil des années. Au début de ce projet, Rebekah Branham Smith m’a envoyé une liste des membres de la famille immédiate de son père et de leurs dates d’anniversaire. De plus, j’ai tiré profit des recherches approfondies que George et Rebekah Smith ont effectuées puis publiées dans le magazine Only Believe. (Vous pouvez lire plusieurs de ces publications épuisées sur le site onlybelieve.com.) Par exemple, le détail concernant la colombe se posant sur le rebord de la fenêtre de la cabane où habitait la famille Branham peu après la naissance de William Branham. Ce détail provient de Henry Branham (un cousin de Billy) dont la mère était présente à la naissance de Billy et qui l’a raconté à Henry. (Voyez le magazine Only Believe, la parution d’août 1988, Volume 1, numéro 2, page 18.) J’ai pu décrire de façon détaillée la caverne de William Branham parce que George Smith a fait un enregistrement vidéo à ce sujet et Rebekah Smith a publié des photos dans un rapport spécial qu’elle a envoyé aux personnes qui figuraient sur la liste de diffusion du magazine Only Believe.
« Chapitre 15 : Une demande en mariage muette » La demande en mariage de W.M. Branham à Hope Brumbach : 50-0200 E31-E37, 50-0820A E61-E73, 51-0722A E46-E57 « Chapitre 16 : Comme une chauve-souris sortie de l’enfer » Description du nouveau Tabernacle Branham : 53-1115 E1 L’histoire avec Nellie et Wayne Bledsoe : 62-0311 37-2 – 41-3 La dernière histoire de « Margie » qui s’était moquée des baptêmes sur la rivière Ohio : 55-0117 71-4 – 71-7 « Chapitre 17 : Un mariage plein d’espoir » W.M. Branham donne des détails concernant le début de son mariage, la naissance de Billy Paul. Le compte-rendu de W.M.
466 | Livre Trois : L’homme et sa commission Branham concernant l’expérience de Mishawaka : 50-0200 E37 – E47, 59-0419A 35-2 – 40-3, 50-0820A E71-E89 Walt Johnson est le premier qui parle à W.M. Branham des pentecôtistes : 55-0117 62-1 – 62-3. « Chapitre 18 : L’erreur après Mishawaka » W.M. Branham relate ses débuts avec les gens de la Pentecôte avec comme moment culminant le décès de Hope. Des détails dans plusieurs sermons et des témoignages tels : 50-0200, commençant environ à E47, 51-0722A E70, 59-0419A 41-1 « Chapitre 19 : Un rideau noir tombe » W.M. Branham continue de relater une série d’événements autour de la mort de Hope dans les sermons suivants : 50-0200 E50-E63, 510722A E70-E73, 59-0419A 41-1 – 42-6 « Chapitre 20 : La désastreuse inondation » W.M. Branham continue de parler des événements vécus : 50-0200 E50-E63, 510722A E70-E73, 59-0419A 41-1 – 42-6 « Chapitre 21 : Hope meurt » W.M. Branham relate de nouveau des événements entourant le décès de Hope dans les mêmes témoignages : 50-0200 E64 — E79, 51-0722A E73-E92, 59-0419A 42-7 – 46-4 « Chapitre 22 : Le moment le plus traître de sa vie » W.M. Branham continue à parler d’événements qui ont suivi le décès de Hope, son angoisse et l’aide de Dieu : 50-0200 E54–E63, 51-0722A E93-103, 59-0419A 46-5 – 53-1 « Chapitre 23 : Combattant l’adversité » La Bible qui demeure sur la chaire après l’inondation : 61-1231 E11 Le témoignage de W.M. Branham concernant les événements et ce qu’il pensait alors qu’il réalise que les dons de l’esprit peuvent être démontrés par des hypocrites autant que par de vrais chrétiens dans « Comment l’ange est venu à moi » 55-0117 commençant autour du paragraphe 69-3.
Sources et note de la fin | 467
Le service de la longue veille du 31 décembre 1939 : 54-0221 E6-E10, 54-1231 146 « Chapitre 24 : Des jambes estropiées redressées » Quoique mentionnés à d’autres endroits, les événements mentionnés dans ce chapitre proviennent du témoignage de W.M. Branham donné dans « Expériences #3 » : 47-1221 « Chapitre 25 : Le miracle de M-i-i-i-lltown » Témoignage concernant la vision de Milltown, les réunions qui suivirent et les événements entourant dans : « Un homme envoyé de Dieu », pages 195-200, « Le prophète du vingtième siècle » : pages 46-51, 50-0816 E17. « Chapitre 26 : Perdu sur le Mont Hurricane » W.M. Branham et Meda Broy se marient : 60-1204E 248, 63-1229E 17-1 Billy Paul demande : « Papa, où est ma maison ? » : 52-0713A E18 Le témoignage de W.M. Branham sur le fait de s’être perdu avec sa famille et l’histoire de son salut de la tempête : 54-0720A E43-E51, 55-0120 E43-E66 « Chapitre 27 : Le taureau meurtrier » Références sur l’état du monde en 1945 de l’Encyclopedia Britannica. La tentative de W.M. Branham de prélever une offrande : 57- 0519E E3-E6 Le travail de W.M. Branham lui permet de témoigner et quelques agriculteurs se convertissent : 51-0729E E18, 53-0608E E5 W.M. Branham rencontre un taureau meurtrier : 55-0610 E39-E41, 56-0218B E12 Mme Reed est guérie de la tuberculose ; critique du voisin de W.M. Branham jusqu’à ce que sa femme devienne malade et qu’elle guérisse : 53-0405S 191-238
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« Chapitre 28 : Un ange apporte une commission » Dans ma version originale du « Le Jeune Homme et Son Désespoir », j’avais écrit que W.M. Branham était dans sa caverne dans la région désertique de tunnel Mill lorsque l’ange le rencontra premièrement face à face. J’ai su qu’à plusieurs reprises il a dit qu’il avait premièrement rencontré l’ange dans une cabane abandonnée d’un garde forestier, laquelle était sur son chemin vers la caverne. J’avais alors écrit que cela s’était produit dans la grotte sur la base de plusieurs de ses déclarations et qui semblaient suggérer que cela s’était réellement passé dans sa grotte. Alors que je repassais mes notes pour cette édition, j’ai eu des doutes sur ce sujet. Dans six sermons, il mentionne la cabane en connexion avec sa première rencontre avec l’ange, et dans seulement trois sermons il mentionne la caverne alors qu’il parle de cette nuit — et dans deux de ces sermons où il fait mention de la caverne, il mentionne aussi la cabane du garde-chasse, décrivant la cabane en détail. J’ai vu des photos ainsi qu’une vidéo de cette caverne prise par George Smith, le gendre de W.M. Branham. La caverne n’est pas tellement grande. Cela aurait été difficile pour toute l’activité que frère Branham décrit dans cet environnement à l’étroit alors qu’il a arpenté le plancher pendant des heures ; l’ange s’approchant de lui à sa droite ; et même la lumière encerclant autour de la tête de l’ange comme celui-ci mesure 1,8 m [6 pi]. W.M. Branham mentionne le fait qu’il regardait par la fenêtre ; il décrit le poêle et il rajoute qu’il s’était assis sur une boîte et il parle aussi d’un plancher de bois et il dit qu’il pensait que quelqu’un venait avec une lampe de poche. Toutes ces choses ne conviendraient pas bien avec le scénario d’une caverne. En réexaminant ce que W.M. Branham a dit concernant ce jour, il me semble davantage qu’il s’est arrêté premièrement à la cabane du garde-forestier avec l’intention de se rendre à sa caverne le lendemain. J’ai réécrit ce chapitre avec cette perspective. Source des sermons : 50-0821 E30–E35 (mentionne la caverne, mais décris la cabane en détail) ; 53-0509 E24 (mentionne la caverne) ; 51-0501 E27 (mentionne la cabane) ; 51-0717 E30–E35 (mentionne la cabane) ; 52-0713A E24–E29 (mentionne la caverne, mais décris la cabane en détail) ; 55-0117 73-1 to 73-5 (mentionne la cabane) ; 60-0210 E13 et E19 (mentionne la cabane).
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« Chapitre 29 : Le signe dans sa main » W.M. Branham consulte le Dr Davis après la visitation de l’ange dans la caverne : 57-0126B E46 L’homme de Paducah, Kentucky est guéri, 47-0412 E77 Les yeux de Charlie McDowell sont guéris : 53-0614E E16-E18 Magie, la femme de M. Morgan, est guérie du cancer : 55-0117 80-3 – 80-5, 63-1229E 9-4 « Chapitre 30 : Des prisonniers libérés » La guérison de Betty Daugherty : 53-1107 E23-28, 58-1002 E1-E4 « Un homme envoyé de Dieu », pages 83-88 Les événements de ce chapitre sont rapports dans le livret « Je n’ai pas été désobéissant à la vision céleste » par W.M. Branham « Chapitre 31 : Le rêve étrange de l’homme aveugle » W.M. Branham raconte les événements de Camden, Arkansas comme lorsque le Saint-Esprit apparaît visiblement, les guérisons et le salut d’un gérant d’hôtel et d’un journaliste : 50-0820E E41, 53-0902 E48-E50, 510 413 E44-E48 Racontant l’histoire de l’homme de couleur qui cria et reçut sa vue : 47-0412 E82-E87 « Chapitre 32 : Défiant la folie » Racontant l’histoire de M. Kinney lui disant premièrement qu’il mourrait, mais que le Seigneur avait épargné sa vie : 47- 1221 E53-E67 La femme démente qui est délivrée : 50-0100 100-134, 50- 0815 E40, 55-0116E E46-E55 « Chapitre 33 : Une ligne de prière longue de huit jours » W.M. Branham voyage afin de prier pour un bébé qui est guéri : 47- 1221 E47-E52
470 | Livre Trois : L’homme et sa commission W.M. Branham rencontre la femme guérie de sa démence à Pine Bluff, Arkansas dont le témoignage crée une atmosphère pour les réunions : 50-0815 E49 Compte-rendu de plusieurs événements qui se produisirent durant les 8 jours qu’ont duré la ligne de prière : 50-0818 E9, 52-0720A E36, 62-0630E E5-E6, 54-1207 E54-E79 « Chapitre 34 : Le choc du retour » Conduisant jusqu’à la maison alors qu’il est si fatigué, priant pour un bébé malade et une femme : 50-0818 E10-E13, 52-0720A E37-40 Dialogues avec une fille qui a une appendicite, puis prière pour sa guérison : 47-0412 E23-E47 « Chapitre 35 : Refusant un cadeau de 1 500 000 $ » Il rencontre Jack Moore — voir notes de la fin Langues et interprétations à San Antonio, TX qui répète ce que la Voix a dit au-dessus de la rivière Ohio en 1933 : 62-1133 E114 Un prédicateur manquant de respect et d’autres contractent l’épilepsie : 55-0604 E63, 57-0728 E76 De l’irrévérence à Phoenix, AZ alors que quelqu’un refuse de baisser sa tête, éventuellement guéri : 48-0304 E55, 50-0100 162-172 Haddie Waldorf ressuscitée de la mort : 54-0228A E10, 65-0815 30 Guérison de Mme Melikian, une traite bancaire de 1 500 000 $ que W.M. Branham refuse : 53-0329 110, 50-0820A E18, 53-1108A E10 « Chapitre 36 : Une foi d’Apache » Rencontrant le petit David Walker : 53-1203 E30 Une prophétie datant de 22 années qui est accomplie 62-0628 E4 Les réunions chez les Apaches à San Carlos : 51-0509 E21, 53-0906 E8, 54-0221 E10
Sources et note de la fin | 471
« Chapitre 37 : La réprimande de l’ange » Un garçon né aveugle est guéri : 50-0821 E15, 51-0714 La réprimande de l’ange : 47-1207 E13 Il est permis à Billy Paul de voir l’ange du Seigneur « Chapitre 38 : La ligne aux miracles » Laddie Myric guérie : 47-1207 E37 La « ligne aux miracles » : 47-1102 E3, 471 207 E16 Un prédicateur tient une « offrande d’amour » afin de construire une maison pour W.M. Branham sans que celui-ci le sache : 58- 0928M E71, 65-1126 E70 « Chapitre 39 : Les Rocheuses du Colorado » W.M. Branham chasse dans les Rocheuses du Colorado et décrit ce qu’il voit et des expériences : 50-0819 E26, 54-0624 E4 « Chapitre 40 : Le grand test » Un maniaque attaque W.M. Branham dans une réunion à Portland, OR : 51-0728 E3, 53-1213E E49 « La ligne aux miracles » à Phoenix, AZ : 47-1207 E16, « William Branham, un homme envoyé de Dieu », page 125 Dieu montre à W.M. Branham de ne pas mettre de l’accent sur les miracles : 48-0304 55, 47-1207 E9 « Chapitre 41 : La connexion Bosworth » W.M. Branham rencontre David Walker et fait l’échange de tentes : 60-0724 E73 Vision d’un garçon ressuscité des morts : 50-0818 E27 « La Voix de la guérison » est née : « William Branham, un homme envoyé de Dieu » page 127 W.M. Branham rencontre F.F. Bosworth : 51-0928 E15, 50-0100 76
472 | Livre Trois : L’homme et sa commission Une voix explique la perte de la force de W.M. Branham : 47-1214 « Chapitre 42 : Brisé et relevé » 55-1006A E17, 53-1206 E57, 50-0820A E12 W.M. Branham est guéri et restauré : 51-0729E E39 « Chapitre 43 : Le second signe apparaît » Le second signe apparaît en accord avec une vision précédente : 50-0110 E35 « Chapitre 44 : Comprenant son ministère » Un prédicateur trafique une carte de prière pensant exposer W.M. Branham comme un fraudeur 53-0508 E67 Les visions et leur effet sur les forces de W.M. Branham : 50-0802 E2, E26, 54-0900 E3, « William Branham, un homme envoyé de Dieu », chapitre 30. Contribution du Révérend F.F. Bosworth qui décrit le ministère de guérison de W.M. Branham Les linges de prière utilisés : 60-0803 E3 Guérisons à une réunion à Beaumont : 50-0100 E68 « Chapitre 45 : Phénomènes à Fort Wayne » Le piano joue surnaturellement « Le Grand Médecin » : 50-0714 E19, 51-0502 E44, 56-0617 124 John Rhyn guéri de sa cécité sur sa confession : 51-0507 E34, 53- 0614E E23 Mme Bosworth prie pour une femme qui louche : 50-0100 E68 Les guérisons à Forth Wayne : 51-0930 E30 Conversation avec le Dr Pedigrew : 61-0520 E6 Conduit par l’Esprit à la cafétéria Miller’s Cafeteria où une main handicapée est guérie, la tenue d’une ligne de prière dans la rue : 51-0930 E30
Sources et note de la fin | 473
« Chapitre 46 : L’ange photographié à Houston » Débat et photographie : 51-0718 E26, 55-0117 81-2, « William Branham, un homme envoyé de Dieu » par Gordon Lindsay page 147. « William Branham, un Prophète visite l’Afrique du Sud » par Julius Stadsklev page 34. « Rapport et Opinion » George J. Lacey – examinateur sur des documents litigieux datés du 29 janvier 1950 « Chapitre 47 : Le vol d’avion désespéré de Nightingale » Guérison de Florence Nightingale Shirlaw : 60-0805 E19, « William Branham, un Prophète visite l’Afrique du Sud » par Julius Stadsklev page 48 Guérison du Roi George : 52-0713A E38 Vision et guérison de M. Reece : 52-0715 E37 « Chapitre 48 : Résurrection d’un garçon mort selon une vision » Un garçon mort ressuscité : 51-0719 E33, 51-0728 E49, « William Branham, un homme envoyé de Dieu » par Gordon Lindsay Guérison de l’autre garçon blessé dans l’accident : 51-0729E 50, 53- 1203 E75 Guérison d’un homme malade et la vision empêchant W.M. Branham de prier pour une certaine femme malade : 50-0715 E14-16 « Chapitre 49 : Amis et ennemis » L’attaque d’un journal à Lubbock, TX : 52-0715 E29 Vision de la guérison de M. Reece accomplie : 52-0715 E34 W.M. Branham refuse de retirer de l’argent à la suite d’un canular du FBI : 53-0609 126-130, 52-0224 213-218 W.M. Branham refuse le don d’une Cadillac : 50-0300 E20, 52- 0715 E30
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« Chapitre 50 : Une lavandière retarde son vol » Ce chapitre est dérivé de l’histoire racontée dans ces sermons : 55-0629 E9-E21, 51 — commençant à E11, 55-1004 commençant à E14 « Chapitre 51 : Les visions expliquées » M. Boeing offre de louer un auditorium : 51-0728 E28 Les visions expliquées : 50-0715 E8, 51-0729A E11, 55-1004 E- 14 L’exemple d’une vision : 51-0728 E28 « Chapitre 52 : Un aigle sur le sentier de la rivière Troublesome » Le voyage de chasse de Billy en octobre 1950 : 53-1129A E90-E97, 53-0513 E30-E37 W.M. Branham rencontre une femme portant un costume brun et une jupe ce qui a signifié un changement dans son ministère. Sources : 57-0309E E52 ; 59-0406 E12-E19 ; 63-0714E 23-27
Au sujet de l’auteur
Owen Jorgensen est né en 1952 d’un agriculteur danois américain de deuxième génération. Owen a grandi dans la ferme familiale près de la petite ville de Coulee City, dans l’État de Washington. En tant qu’écolier, il a développé un amour pour la lecture et il a rêvé qu’un jour, il serait auteur. À l’âge de 16 ans, il est devenu chrétien. Il a commencé à lire la Bible, ainsi que d’autres ouvrages chrétiens. À l’âge de 18 ans, il a lu deux courtes biographies sur le ministère de William Branham. Il a été tellement impressionné par sa vie qu’il a cherché une biographie plus longue et plus détaillée. N’en trouvant pas, il pensait qu’il pourrait peut- être en écrire une. Mais à ce jeune âge, ce n’était qu’un rêve. Les années ont passé. Owen s’est marié, a eu quatre enfants, a occupé plusieurs emplois (y compris le pastorat d’une église) pour finalement retourner vivre sur la ferme familiale. Pourtant, personne n’avait encore écrit une biographie détaillée sur William Branham. Alors, à l’âge de 34 ans, Owen a décidé de le faire lui- même. Il a écouté les sermons de William Branham dans un ordre chronologique, prenant plus de mille pages de notes avant de commencer à écrire. Il a également interviewé des personnes qui connaissaient William Branham, recherché des documents corroborants et visité les lieux habités par William Branham. La plupart du temps, Owen a travaillé sur ce livre pendant les mois d’hiver, car le reste de l’année, il était occupé à cultiver. Au cours des 20 ans qu’il a pris pour écrire Surnaturelle : La Vie de William Branham, il estime avoir passé 12 000 heures à travailler sur ce projet. À ce jour, il a reçu tant de remerciements de la part de lecteurs reconnaissants, qu’il sait que son temps était bien dispensé.
Index
A Bosworth, Fred, 310, 313,
Adair, Sam 322, 334, 336, 378, 397 ami d’enfance de Bill, 59 auteur de La confession s’occupe de Hope et chrétienne, 331 Sharon Rose, 74 débat avec le Dr Best sur la s’occupe de Sharon Rose, guérison divine, 380 84 gérant de campagne, 348 traite Hope pour une Branham Tabernacle pneumonie, 59 après l’inondation de 1937, Aigle, 289, 458, 459 95 Ange du Seigneur, 123, 189, photographie du, 37 209, 228, 275, 278, 295, Branham, Billy Paul 297, 306, 307, 327, 338, né en 1935, 30 346, 353, 360, 388, 410, photographie de, 92, 159 419, 422, 440, 461, 462, 464 voit l’ange du Seigneur, 277 avertit Bill de ne pas mettre Branham, Charles Jr l’emphase sur les tué dans un accident de miracles, 276 voiture, 57 dit à Bill de marier Meda Branham, Charles Sr Broy, 139 conversion sur son lit de photographié, 389, 391 mort, 58 vu par Billy Paul, 277 Branham, Edward, 52 Branham, Ella B photographie de, 136 rêve de Bill et de six Baxter, Ern, 293, 301, 322, colombes blanches, 330, 334, 336, 337, 340, 348, 464 364, 400, 401, 404, 413, Branham, Hope (Brumbach) 427, 429, 432, 433, 434, 453 accepte d’épouser Bill, 17 assure Bill que le don est épouse Bill, 27 encore là, 301 meurt, 81 devient un organisteur de photographie de, 33, 56 Bill, 334 Branham, Howard Duffy
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assiste Bill dans le ministère cas”, 266, 273, 276, 283, de guérison, 360, 417 299 Branham, James Donald demande Hope Brumbach (Donny), 284 en mariage, 13 aide Bill dans les réunions, écrit un tract sur ses 275, 284, 338, 353 expériences personnelles, voit la lumière surnaturelle, 51 277 emploi avec les Services Branham, Meda (Broy), 63, publics, 21, 52, 64, 153, 137 154, 160, 197 entendu la prophétie au emploi en tant que garde- baptême à la rivière chasse, 22, 154, 197 Ohio, 139 épouse Hope Brumbach, 27 épouse Bill, 140 épouse Meda Broy, 140 lit Ésaïe chapitre 42, 200 grondé pour sa grammaire, photographie de, 141 363 signe lui est donné qu’elle Incident de la chaise doit épouser Bill, 138 Morris, 28 Branham, Sharon Incident des bas en soie, 54 meurt en 1937, 86 lune de miel / voyage de Branham, Sharon Rose chasse, 141, 455 Bill rêve qu’elle l’attend, 90 parle avec un rabbin, 372 née en 1936, 57 refuse un chèque de 1 500 Branham, William 000 $, 258 mauvaise santé le force à refuse un chèque de 25 000 arrêter temporairement, $ d’un homme travaillant 322 dans le pétrole, 317 reçoit le second signe, 339 s’écroule pendant une Branham, William (Bill) ligne de prière rapide, ange lui dit de ne pas 303 mettre l’emphase sur les tentative de suicide, 90 miracles, 276 visite la clinique Mayo, 326 ange lui dit d’épouser Meda Brumbach, Charlie Broy, 139 sa philosophie de la vie, 19 attitude envers l’argent, 21, 152, 194, 259, 285, 317, C 427 comprends la signification cabane, 7, 36, 142, 145, 148, d’Hébreux 6:101 174, 175, 176, 178, 185, défi “Amenez-moi le pire 188, 195, 208, 275, 287,
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290, 292, 325, 389, 443, D 462, 469, 472 Campagnes Branham, adresse, Davis, Dr Roy 350 excuses publiques à Bill, Campagnes, lieux de 451 Beaumont, Texas, 353 réagit négativement à Camden, Arkansas, 207 l’histoire de Bill ayant Cleveland, Ohio, 445 rencontré un ange, 185 Fort Wayne, Indiana, 359 Démonologie, 24, 194, 216, Helsinki, Finlande, 407 217, 240, 254, 255, 261, Houston, Texas, 377 268, 275, 279, 288, 299 Jonesboro, Arkansas, 230 joignant son expérience Kuopio, Finlande, 408 avec les doctrines de la Little Rock Arkansas, 211 Bible, 254 Long Beach, Californie, 257 Dîmes, 21 Lubbock, Texas, 425 Miami, Floride, 336 E Oakland, Californie, 263 Expériences surnaturelles Phoenix, Arizona, 254, 257, Billy chasse un démon pour 265, 297 la 1ere fois, 25 Pine Bluff, Arkansas, 215 empêché de se suicider, 89 Portland, Oregon, 293 Hope voit le paradis avant Regina, Saskatchewan, 337 qu’elle décède, 78 réserve indienne de San l’amour arrête un taureau Carlos, 267 en train de charger, 156 Tacoma, Washington, 321 quittant son corps, 120, 133 Windsor, Ontario, 344 Chanson G Crois seulement, 189, 357 Le Grand Médecin, 361 Grotte de Tunnel Mill, 100 Vieille croix, 88 Guérison de Colombe aveugle John Rhyn, 372 dans le rêve de sa mère, 330 fille avec problèmes se pose sur le rebord de la mentaux au Texas, 429 fenêtre lors de la prière fille de Mme Nail, 121 pour Mme Nightingale fille des montagnes de Shirlaw, 404 l’appendicite, 250 fils de John Himmel, 116 fils de la femme noire
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“sunamite”, 443 233, 239, 241, 246, 247, Florence Nightingale 253, 259, 261, 266, 267, Shirlaw, 397, 402, 452 268, 269, 271, 273, 274, homme de Paducah, 276, 280, 282, 283, 286, Kentucky, 188 288, 295, 299, 300, 302, interprète norvégien avec 303, 309, 310, 313, 314, seulement un rein, 423 317, 318, 321, 323, 324, John Rhyn, 361 325, 341, 344, 347, 348, la femme démente sur son 349, 350, 351, 352, 354, dos dans le sous-sol, 222, 355, 357, 358, 359, 361, 231 362, 363, 364, 366, 369, madame Damico, 370, 375 370, 371, 373, 376, 383, Margie Morgan, 191 384, 385, 387, 389, 393, monsieur Leeman de la 396, 397, 403, 404, 412, sclérose en plaques, 366, 413, 414, 416, 419, 421, 376 423, 430, 443, 446, 447, monsieur Reece, 400, 433 448, 450, 457, 460, 461, Guérison de madame Reed de 462, 463 la tuberculose, 158 H Miracle de M Hitler, Adolf, 98, 151 Betty Daugherty, 193 Georgie Carter, 128 I Mishawaka, convention Innondation rivière Ohio de pentecôtiste, 36 1937, 63, 67, 95 Mussolini, 30, 151 Israël P nouveau pays, 333 Prohibition, 22 J Prophétie Jésus-Christ, 23, 38, 51, 52, “Comme Jean le Baptiste 53, 54, 57, 58, 115, 117, fut envoyé pour 129, 130, 133, 139, 155, annoncer…”, 139, 177, 156, 157, 163, 170, 173, 253, 460 181, 182, 190, 199, 201, “Georgie Carter sera 202, 210, 216, 217, 218, guérie”, 131 221, 222, 225, 229, 231, 22 pieds d’eau sur la rue Spring, 61, 95
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enfant avec la moustache V de lait, 109, 116 John Ryan prophétise sur Visions Bill Branham, 32 2 semeurs sèment sur la terre, 101 R agneau perdu de Milltown, 123 Rêves Billy voit un ange quand Bill rêve de Hope et Sharon son père décède, 59 au ciel, 90 différence entre les visions différence entre les rêves et et les rêves, 95 les visions, 95 drap noir tombant, 60 Ella rêve de Bill prêchant fille de Mme Nail guérie, sur un nuage blanc, 330 120 Ella rêve de Bill sur un homme parlant en langues nuage blanc prêchant, 48 aux rencontres de Ella rêve de six colombes Mishawaka, 46 volant en formant un innondation de la rivière “S”, 330 Ohio de 1937, 60 femme noire “sunamite” le fils de John Himmel rêve de pasteur Branham, guéri, 108 441 Mme Andrews guérie, 163 roue de chariot brisée dans Mme Carter voit une vision l’Ouest, 90 de Bill, 132
T W
Tourbillon de Dieu, 97, 173, Walker, David, 263, 306 195, 388, 410, 440, 461, 462 Tunnel Mill, 99, 174, 208, 305
Lisez ou écoutez les six livres de
« Surnaturelle : la vie de William Branham »
VOLUME I Livre Un : Le jeune garçon et sa privation
VOLUME II Livre Deux : Le jeune homme et son désespoir Livre Trois : L’homme et sa commission
VOLUME III Livre Quatre : L’évangéliste et son acclamation Livre Cinq : L’enseignant et son rejet
VOLUME IV Livre Six : Le prophète et sa révélation
L’Édition audio de ces livres est disponible en format mp3 pour téléchargement numérique sur le site surnaturelle.ca Il est aussi disponible en anglais chez :
Believers Christian Fellowship
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Les Écritures de ce texte
Index complet des 123 références
Marc 16:17Actes 2:4Actes 2:38Actes 10:44,46Job 38:4-7Luc 16:23Marc 16Hébreux 13:8Job 1:21Romains 8:28Jean 141 Corinthiens 12:1-121 Corinthiens 14:1-33Hébreux 6Matthieu 5:44-45Jean 15Matthieu 7:22-23Galates 5:22-23Matthieu 7:15-20Exode 15:20-212 Samuel 6:12-15Marc 16:15-18Malachie 4Psaumes 46:1Matthieu 2:1-11Matthieu 9:32-34,10,25Marc 3:22-26Luc 11:15-20Actes 13:45,50Actes 14:2Actes 16:16-18Exode 4:1-8Jean 1:43-51Jean 5:191 Jean 5:1-15Matthieu 17:24-27Matthieu 21:1-7Marc 11:1-7Luc 19:28-35Jean 4:6-19Jean 14:12,19-201 Samuel 17Jacques 5:14-15Ésaïe 42Marc 9:23Matthieu 19:26Marc 10:27Luc 1:371 Corinthiens 12:12-272 Rois 20Matthieu 27:32Marc 15:21Luc 23:26Matthieu 21:18-22Marc 11:12-141 Corinthiens 12Matthieu 8:28-322 Rois 5:1-16Matthieu 10:37-38Luc 14:26-27Matthieu 4:23Exode 19:4Exode 3Exode 4Exode 3:2Matthieu 2:1-2Actes 9:1-5Nombres 22Matthieu 13:58Marc 6:5-6Romains 11:29Juges 16:1-3Juges 16:16-30Nombres 20:7-13Jean 11:39Matthieu 9:20-22Marc 5:25-34Luc 8:43-48Daniel 7:15Exode 19Daniel 2Exode 15:26Luc 21Exode 4:8Marc 14:13-15Jean 1:43-50Luc 5:22Jean 4:1-39Luc 19:10Actes 19:11,122 Rois 4:29Actes 19Ésaïe 53Ésaïe 9:6Matthieu 15:12-14Josué 14:6-12Genèse 22:14Exode 17:15Juges 6:24Psaumes 23:1Jérémie 23:6Ézéchiel 48:35Psaumes 103:3Matthieu 8:16-17Matthieu 9:35Marc 6:56Luc 6:19Actes 10:381 Pierre 2:24Matthieu 28:20Marc 16:17,18Jacques 5:15Marc 11:241 Corinthiens 15Matthieu 10:8Luc 9:51-561 Rois 18:17-40Actes 8:9-14Matthieu 12:322 Rois 4:8-37Jean 11Colossiens 2:9Hébreux 6:101
Marc 16:17Actes 2:4Actes 2:38Actes 10:44,46Job 38:4-7 + 118 autres