Comprendre ses principes et son fonctionnement
Le Royaume de Dieu
André Kadjany 2022 · 435 min de lecture · 313 références 2022 · 435 min · 313 références
Ce livre explore l'origine, les principes et le fonctionnement du Royaume de Dieu, depuis la création jusqu'à l'établissement du règne de Christ. Il met en lumière la chute de l'homme, la restauration par Jésus, et les lois qui gouvernent la vie des citoyens du Royaume.
LE ROYAUME DE DIEU
Comprendre ses principes et son fonctionnement
KADJANY YOBOUET ANDRÉ
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Sauf indication contraire, les références bibliques citées sont tirées de la version Louis Segond.
Copyright © 2021, Kadjany Yobouet André
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Mise en pages et réalisation
PATMOS EDITIONS
23 B.P. 407, Abidjan 23, Rép. de Côte d’Ivoire
Dépôt légal CI Nº18502 du 25/03/2022
Éd. 4ème trimestre 2020
Sommaire
AVANT-PROPOS (p. 3)
INTRODUCTION (p. 6)
CHAPITRE I (p. 10)
L’ORIGINE DU ROYAUME DE DIEU (p. 10)
CHAPITRE II (p. 35)
L’ŒUVRE DE RESTAURATION DU ROYAUME (p. 35)
CHAPITRE III (p. 46)
LES FILS DU ROYAUME (p. 46)
CHAPITRE IV (p. 80)
LA LOI QUI GOUVERNE LE ROYAUME DE DIEU (p. 80)
CHAPITRE V (p. 129)
LES PRINCIPES QUI GOUVERNENT LE ROYAUME DE DIEU (p. 129)
CHAPITRE VI (p. 165)
LA VIE DANS LE ROYAUME DE DIEU (p. 165)
CHAPITRE VII (p. 191)
LE ROI DU ROYAUME DE DIEU (p. 191)
CONCLUSION (p. 228)
Avant-propos
Le Royaume de Dieu ou encore le Royaume des cieux est un projet essentiel du Seigneur Jésus-Christ qu’il a accompli en venant sur la terre.
Il est venu avec le salut pour les hommes, mais ce salut n’est pas en dehors du Royaume de Dieu. La nouvelle naissance nous introduit dans le Royaume de Dieu comme l’a expliqué Jésus à Nicodème. Le Royaume de Dieu apparaît alors comme la patrie du Chrétien. Le Chrétien vit dans le monde sur la terre, mais appartient à une patrie spirituelle qui est le Royaume de Dieu. Ce n’est pas après sa mort que le Chrétien entre dans le Royaume de Dieu mais il y est déjà par sa naissance spirituelle. L’Église de Jésus-Christ n’est pas en dehors du Royaume de Dieu. L’Église est une entité spirituelle composée de l’ensemble des rachetés ; elle est en mission sur la terre pour le Seigneur au profit de l’humanité. Le Royaume de Dieu est aussi en partie sur la terre. Jésus a dit aux pharisiens : « On ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le Royaume de Dieu est au milieu de vous. » (Luc 17:21) Jésus est venu dans le monde pour établir le Royaume de Dieu. À son ascension dans le Ciel, il n’a pas ôté le Royaume de Dieu de la terre car ses disciples l’avaient déjà reçu, et avaient pour mission de l’étendre à toutes les nations. L’Évangile c’est la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu.
Écrire un exposé sur les mystères du Royaume s’est imposé à moi comme une nécessité dès le début du Ministère auquel le Seigneur m’a appelé. Il a commencé à se révéler à moi par rapport aux principes qui déterminent le fonctionnement de son Royaume. Il me montrait en même temps le problème de l’Église. La majorité des chrétiens vivent en dehors des voies du Seigneur parce qu’ils n’ont pas conscience de leur réelle identité devant Lui. Le chrétien vit et travaille dans le Royaume de Dieu. Ce Royaume est organisé et fonctionne sur des principes et des lois comme tout autre Royaume. Vivre dans le Royaume en ignorant les lois et les principes qui le gouvernent est suicidaire.
Beaucoup échouent et n’atteignent pas le but parce qu’ils vivent dans le Royaume selon les principes du monde. Beaucoup ne savent même pas que sous la grâce il y a une loi qui est plus contraignante, par rapport à ses exigences, que la loi de Moïse. Les iniquités, les palabres, les querelles, les divisions et les séparations sont le résultat d’un manque de connaissance du Royaume de Dieu. Beaucoup de dénominations dites chrétiennes sont totalement en dehors du Royaume de Dieu. Leurs conducteurs ont créé leurs propres Royaumes et ont établi leurs propres règles et principes de fonctionnement. Ils règnent ainsi sur leurs organisations car ils en sont les concepteurs et créateurs. Ils ne sont pas établis sur le fondement des apôtres et des prophètes. Cela n’est pas l’Église de Jésus-Christ. L’Église de Jésus-Christ est bâtie, comme il est écrit, sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ étant la pierre angulaire.
Nul ministre de la parole n’a le droit de poser un autre fondement, en d’autres termes de créer de nouvelles doctrines pour les imposer à l’église. Dans le Royaume de Dieu, il y a une seule vie, c’est la vie de Jésus ; un seul esprit, l’Esprit de Christ qui est le Saint-Esprit ; une seule foi qui est la foi en l’œuvre rédemptrice de notre Seigneur, le Christ ; une seule loi qui est la parole de Dieu, la loi de l’Esprit ; une seule Église qui est l’Église du Christ composée de l’ensemble des rachetés, ceux qui ont expérimenté la nouvelle naissance. À eux, il est donné de comprendre les mystères du Royaume. C’est pour ce but que les ministères ont été donnés à l’Église. Car tous ne reçoivent pas l’enseignement sur les mystères du Royaume : « Les disciples s’approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? Jésus leur répondit : Parce qu’il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné. » (Matthieu 13:10-12) Que celui qui appartient au Royaume de Dieu sache que notre Royaume n’est pas compartimenté en groupes de dénominations qui se combattent entre eux.
Nous ne défendons aucune doctrine d’obédience religieuse ou dénominationnelle. Et aucun racheté ne devrait cultiver cet esprit. La parole de Dieu est écrite et consignée dans les livres de la Bible, de l’Ancien Testament au Nouveau Testament. Les écrits des prophètes et des apôtres restent valables dans tous les âges et à toute époque. Le jugement juste doit reposer sur ce qui est écrit.
Les versets cités dans cet exposé sont tirés pour la plupart de la Bible Louis Segond selon le moteur1 Bible On Line.
Écrire ce document n’a pas été sans épreuves et combats. Mais le Seigneur dans sa grâce infinie, m’a secouru et m’a accordé son assistance à toutes les étapes. Qu’il accorde à tout lecteur un esprit de liberté et de révélation afin que la Lumière, qui est sa Parole, inonde le cœur et brille ainsi sur la face de chacun.
KADJANY Yobouet André
Pasteur et Missionnaire, appelé par le Seigneur Jésus-Christ afin de prendre part à son œuvre qu’il accomplit à la fin des temps pour la restauration de son Église
1 La Bible Online : http://www.labibleonline.com/telecharger-gratuit.html dernière consultation le 10 novembre 2020.
Introduction
Le « Royaume de Dieu » est un thème biblique très important. De la Genèse jusqu’à l’Apocalypse, ce thème est présenté aux croyants comme une promesse et comme une nouvelle œuvre que le Seigneur entreprend.
L’Évangile que nous avons reçu, dans lequel nous obtenons le salut de nos âmes par la foi, est désigné comme étant l’Évangile du Royaume de Dieu. Il n’y a pas plusieurs évangiles. Il n’y a qu’un seul Évangile qui est l’Évangile de Christ, l’Évangile du Royaume, c’est-à-dire la Bonne Nouvelle :
C’est pourquoi mon peuple connaîtra mon nom ; C’est pourquoi il saura, en ce jour, Que c’est moi qui parle : me voici ! Qu’ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! La voix de tes sentinelles retentit ; Elles élèvent la voix, Elles poussent ensemble des cris d’allégresse ; Car de leurs propres yeux elles voient que l’Éternel ramène Sion. (Ésaïe 52:6-9)
L’annonce de la venue du Messie est une Bonne Nouvelle pour toute l’humanité car il vient avec de bonnes nouvelles. Il vient pour publier la paix, pour proclamer le salut. Le salut n’est pas en dehors du Royaume. Car, par le salut obtenu en Christ, nous devenons citoyens d’un autre Royaume qui est le Royaume du Fils de Dieu :
Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le Royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. (Colossiens 1:12-14)
Le Royaume de Dieu est présenté comme une nouvelle patrie, différente des patries qui sont sur la terre. Elle est différente de la patrie des Juifs qui sont les descendants d’Abraham selon la promesse. Elle ne s’apparente d’aucune manière à une nation sur la terre. Le pays que le Seigneur a donné à Abraham, Canaan, dans lequel il a séjourné et que sa descendance a eu en héritage n’est pas la patrie, le Royaume que le Messie est venu annoncer. Car Abraham lui-même vivait sur le territoire de Canaan comme un étranger :
C’est par la foi qu’il vint s’établir dans la terre promise comme dans une terre étrangère, habitant sous des tentes, ainsi qu’Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse. Car il attendait la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur. C’est par la foi que Sara elle-même, malgré son âge avancé, fut rendue capable d’avoir une postérité, parce qu’elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse. C’est pourquoi d’un seul homme, déjà usé de corps, naquit une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel, comme le sable qui est sur le bord de la mer et qu’on ne peut compter. C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. (Hébreux 11:9-14)
Ainsi, le Royaume est une promesse que les anciens ont reçue dans leur communion avec le Seigneur. Dieu leur a dévoilé son projet d’établissement d’un Royaume inébranlable, qui n’a pas de fin. Si ceux-là sont morts sans obtenir la promesse qu’ils ont reçue du Seigneur, ils sont morts dans la foi, ayant contemplé ces choses de loin, le Seigneur ayant ouvert leur intelligence spirituelle pour toucher la réalité du Royaume par la foi.
Le Royaume de Dieu est annoncé aussi comme un règne qui vient, le règne du Fils de David. C’est un règne qui n’a pas de fin et ce règne est non seulement une délivrance pour Israël, mais également une espérance pour toutes les nations :
Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père ! Hosanna dans les lieux très hauts ! (Marc 11:8-10)
Mais Jésus, l’ayant su, s’éloigna de ce lieu. Une grande foule le suivit. Il guérit tous les malades, et il leur recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète : Voici mon serviteur que j’ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, Jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice. Et les nations espéreront en son nom. (Matthieu 12:15-21)
Le Seigneur Jésus est venu avec le Royaume de Dieu, pour l’annoncer et l’établir sur la terre. Le point focal de sa prédication était le Royaume de Dieu. Il a parlé de cela de long en large afin que ceux qui sont concernés comprennent bien l’œuvre que Dieu fait. Voilà pourquoi dans le livre d’Ésaïe 52, il est présenté comme le messager qui apporte de bonnes nouvelles. Car l’annonce du Royaume est une Bonne Nouvelle pour l’humanité. Il a dévoilé plusieurs de ses mystères aux fils du Royaume car il était important que ceux qui y entrent soient enseignés afin qu’ils en comprennent le fonctionnement, les principes et les réalités existantes. Car le Royaume de Dieu, comme tout autre Royaume, fonctionne sur des principes. Il est régi par des normes ou des lois. C’est le Royaume des saints. Ceux qui entrent dans ce Royaume doivent être enseignés à vivre dans la sainteté, dans la pureté, dans la justice. Ce n’est pas à tous de connaître les mystères du Royaume, mais aux fils du Royaume :
Les disciples s’approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? Jésus leur répondit : Parce qu’il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné. (Matthieu 13:10-11)
Aujourd’hui dans les églises, plusieurs n’ont pas la notion du Royaume ou l’ont perdue. Ils en ignorent les réalités. Ils mènent une vie qui est étrangère à la vie du Royaume. Ils vivent et se comportent comme les gens du monde, marchant ainsi en ennemis du Royaume auquel ils prétendent appartenir. Voilà pourquoi il y a beaucoup de confusion dans les églises et parmi les serviteurs de Dieu. Car celui qui vit selon les principes de ce monde n’a pas l’amour de Dieu en lui. Le Royaume de Dieu et le Royaume du monde sont opposés entre eux. Il y a une guerre déclarée entre les deux. Nous sommes parvenus aux temps annoncés dans la Bible où le Royaume du monde doit être détruit pour laisser la place au Royaume de Dieu. Le règne de Satan doit laisser la place au règne du Fils de Dieu.
Il est important que les fils du Royaume connaissent bien leur identité, sachent qu’ils ne sont pas du monde, et que leur patrie est réelle et non imaginaire. La vie chrétienne ne se déroule pas seulement sur la terre, mais c’est une vie spirituelle qui est enracinée dans le Royaume de Dieu. Nous ne sommes pas du monde, même si nous sommes dans le monde. Dans le monde nous sommes en transit, comme des voyageurs. Le temps que nous passons dans le monde n’est qu’une petite parenthèse par rapport à l’éternité à laquelle nous appartenons. Dans ce monde nous avons une mission, une œuvre à accomplir : rendre témoignage à la vérité en triomphant du monde par la puissance de la parole de Dieu, par laquelle les œuvres du monde seront condamnées et anéanties. Il est important pour les fils de Dieu, citoyens du Royaume, d’être éduqués pour connaître leur patrie, leurs droits et devoirs envers celle-ci.
Dans cet exposé, je ne saurais aborder toutes les questions liées au Royaume, le sujet étant vaste et profond, et comme le dit l’apôtre Paul : aujourd’hui je connais en partie. Il serait donc prétentieux de ma part d’affirmer en cerner tous les contours. Bientôt, dans un avenir très proche, nous verrons les choses telles qu’elles sont et ce sera pour nous un sujet de joie éternelle. Pour l’heure, avec le secours de notre Maître et Sauveur Jésus-Christ de Nazareth, j’aborderai ce sujet sur certains de ses aspects liés notamment aux fonctionnements et principes qui le gouvernent. Que le nom du Seigneur soit béni.
Chapitre I : l’origine du Royaume de Dieu
Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du Royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. (Matthieu 25:34)
Pour appréhender l’origine du Royaume de Dieu, il faut remonter au commencement. C’est au commencement que les desseins de Dieu et sa volonté concernant la Création ont été exprimés. En effet, en créant toutes choses, le Seigneur Dieu Tout-Puissant avait des desseins et une volonté à manifester. Il a créé les cieux, l’univers, la terre et tout ce qui existe pour sa propre gloire. Il les a créés dans une harmonie parfaite.
I- Au commencement
Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi : Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour. (Genèse 1:25-31)
Comme il est écrit dans le livre de la Genèse, Dieu a créé toutes choses. Tout ce qui existe est objet de la Création de Dieu. En créant l’univers, les cieux et la terre, le Seigneur Dieu avait des desseins et une volonté à manifester. En lisant le récit de la Création, nous découvrons que le Seigneur a exprimé dès le début ses desseins à son égard. Il a créé l’homme à son image et lui a donné la domination sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre. Ensuite il leur commanda d’être féconds, de se multiplier et remplir la terre pour l’assujettir. Il donna ensuite à manger à l’homme toute herbe portant de la semence qui est à la surface de la terre et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence. Il a aussi donné à tout animal, aux oiseaux et à tout ce qui se meut sur la terre ayant un souffle de vie, l’herbe verte pour nourriture. Ce qu’il convient de remarquer, est que la parole que Dieu a prononcée sur sa création contient sa volonté parfaite. Sa volonté concernant l’homme a été nettement exprimée. Il a donné à l’homme une position et une mission.
1- La position de l’homme dans la création
Dieu a donné à l’homme une position centrale dans la Création. Il lui a donné la domination. Il dit : « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail et sur toute la terre. » (ibid.) Cela a été clairement exprimé. L’homme dès la fondation du monde a reçu du Créateur de dominer sur toute la Création. C’est ce rôle qu’Adam et Ève ont joué au commencement. Tout leur était soumis. C’est même lui qui a donné des noms à tout ce qui a été créé.
La parole de Dieu ayant été prononcée, aucun animal quelle que soit sa taille ou sa force ne pouvait s’opposer à Adam, car c’est selon l’ordre divin qu’Adam devait exercer l’autorité. La domination qu’Adam exerçait n’était pas une domination de la terreur. C’était une domination selon l’ordre de Dieu. Il y avait une harmonie parfaite entre Adam et les autres créatures qu’il dominait. Il n’y avait pas de conflit entre Adam et les animaux, ni entre les différentes espèces animales entre elles sur la terre, dans les eaux ou dans les airs. La Création baignait dans une harmonie parfaite.
Cette harmonie pouvait être observée dans les relations que Dieu a imposées entre les créatures. Cette relation n’était pas une relation alimentaire. Il n’existait aucune chaîne alimentaire. Dieu a donné de la nourriture à l’homme et aussi aux animaux. Il ne pouvait y avoir de conflit au sujet de la nourriture. En lisant dans les détails, on se rend compte que la nourriture donnée à Adam par le Seigneur était différente de celle qu’il a donnée aux animaux. Il y avait un partage. L’homme avait pour nourriture : « toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence. » (ibid.) Alors que les animaux avaient à se nourrir avec toute herbe des champs conformément à ce qui est écrit : « Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. » (ibid.)
Ainsi il y avait une harmonie parfaite dans la Création. Le règne d’Adam était un règne de paix et de félicité. Tout était sous la bénédiction du Seigneur. Car après la Création, il a regardé et vu que tout était très bon et il a béni sa création. C’est Dieu lui-même qui a inspecté la Création et qui a vu que tout était très bon. Il n’y avait aucune trace d’impureté et de péché. Au commencement c’était l’harmonie et la paix.
2- La mission que Dieu a assignée à l’homme
La mission que le Seigneur a assignée à l’homme est contenue dans le commandement ou l’ordre qu’il lui donna dès le commencement :
Dieu les bénit, et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissez. (ibid.)
Après qu’il ait béni tout ce qu’il a créé, Dieu confia à l’homme la mission de se reproduire pour peupler toute la terre.
Pour que cette mission soit accomplie, le Seigneur a rendu Adam et Ève féconds. Ils ont reçu la capacité de se reproduire, c’est-à-dire la capacité d’avoir des enfants conformément à la volonté de Dieu. C’était une mission pour Adam et Ève de remplir toute la terre d’hommes et de femmes issus de leur union. Adam a été créé à l’image de Dieu, à sa ressemblance. Ainsi les enfants issus de lui devaient être à sa propre ressemblance et par conséquent à l’image de Dieu.
Ceci est très important : par Adam devaient venir à l’existence d’autres fils de Dieu pour peupler la terre. La terre devait ainsi être habitée par les fils de Dieu, conçus selon Son plan. En clair, la terre devait être le lieu d’habitation des fils et des filles de Dieu car c’est pour eux que la terre a été créée. Voilà pourquoi il planta un jardin en Éden et qu’il en confia la gestion à Adam :
Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. (Genèse 2:8)
L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. (Genèse 2:15)
Ainsi, pour que ses desseins soient accomplis conformément à la parole qu’il a prononcée à la Création, le Seigneur Dieu le Créateur a tout préparé lui-même. Il a donné à Adam de manière incontestable la domination sur tous les animaux ; il a rendu Adam et sa femme Ève féconds pour que la mission de peupler la terre soit possible ; il a planté un jardin en Éden dont il a confié la gestion à Adam. Il a donné tout ce qui était nécessaire pour une vie harmonieuse et paisible sur la terre.
Le Seigneur, après inspection, a déclaré lui-même que tout était très bon. Dès la fondation du monde, notre Seigneur a préparé pour ses enfants qui devaient venir à l’existence, un monde, un Royaume où devaient régner l’harmonie, la paix, le bonheur et la félicité. Ce n’est pas dans ce Royaume que nous sommes présentement. Ce monde dans lequel nous sommes maintenant est le Royaume de Satan, le diable. Tout est à l’opposé de ce que Dieu a prévu pour ses enfants. C’est dire que ce monde n’est pas selon le dessein originel du Créateur. Pour comprendre la situation qui prévaut sur la terre actuellement et qui n’est pas conforme à la volonté parfaite de Dieu, examinons l’ordre de mission reçu par Adam et Ève.
3- L’exécution de l’ordre de mission par Adam et Ève
Comme nous l’avons lu dans le livre de Genèse 1 à partir du verset 25, le Seigneur a donné à Adam et Ève l’ordre de multiplier et de remplir la terre. Pour que cela soit possible, il les a bénis en les rendant féconds. Ils avaient en eux la capacité de procréer. C’était la volonté de Dieu que par la procréation ils remplissent toute la terre. Mais cet ordre de mission a été accompli dans la douleur. C’est dans la douleur qu’Ève a enfanté tous ses enfants. Nous voyons déjà là que l’harmonie existante était brisée. Car la douleur et les pleurs étaient étrangers à l’harmonie et à la paix dans lesquelles baignait la Création :
Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. (Genèse 3:16)
Nous voyons que le fait pour la femme d’accoucher dans la douleur n’est pas le fruit du hasard. Le Seigneur a prononcé une parole contre la femme. Pourtant, c’est le même Seigneur qui les a bénis et rendus féconds. Le fait que la femme donne naissance à des enfants devait être approuvé par Dieu à cent pour cent. Mais cela n’a pas été le cas. En effet, le Seigneur n’a pas approuvé ce qui s’est passé dans le jardin d’Éden entre les trois acteurs principaux que sont le serpent, Ève et Adam. Il est très important pour comprendre le plan du Salut que le Seigneur déroule sur la terre, de faire très attention à ce qui s’est passé ce jour-là et aux conséquences que cela a eues sur la Création :
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. (Genèse 3:1-7)
Avant d’examiner en détail ce qui s’est passé ce jour-là dans le jardin, il convient de rappeler qu’Adam a reçu un ordre de son créateur :
L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Genèse 2:16-17)
Adam avait reçu du Seigneur la liberté dans le jardin. Il était libre de manger tout ce qu’il désirait. Il lui a été donné un seul commandement à observer : ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. C’était une défense expresse du Seigneur. Toute transgression conduirait à la mort. Adam et Ève en avaient été avertis. Tout était parfait et en ordre durant tout le temps où ils ont obéi et observé le commandement du Créateur. Mais il y eut une créature, le serpent qui vint faire une proposition à Ève, la compagne d’Adam.
L’objectif du diable en abordant Ève était de la séduire pour la pousser à briser le commandement que Dieu leur avait donné. Son but a été atteint par le mensonge en réfutant la parole de Dieu. Il dit : « Vous ne mourrez point ! » Pour transgresser le commandement il fallait qu’Ève soit assurée que cette transgression ne la conduirait pas à la mort. Pourtant Dieu avait dit : « Le jour où tu en mangeras tu mourras. »
Cela Ève le savait, puisqu’elle a répété au serpent la conséquence de la désobéissance au commandement de Dieu. Mais elle a préféré accepter l’interprétation de Satan. Il dit : « Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Genèse 3:5) Lorsque l’apôtre Paul fait allusion à ce qui s’est passé ce jour-là entre le serpent et Ève, il dit que la femme a été séduite :
Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Ève ensuite ; et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. (1 Timothée 2:13-14)
Ici, l’apôtre Paul explique que c’est parce qu’elle a été séduite qu’elle a pu transgresser le commandement de Dieu. Il y a eu une puissante œuvre de séduction de la part du serpent sur la femme. Cette œuvre de séduction se situe à deux niveaux : spirituel et charnel.
4- L’œuvre de séduction au niveau spirituel
Au niveau spirituel, c’est par la parole que le serpent a accompli son œuvre de séduction. La parole de Dieu est Esprit et Vie (Jean 6:63). Elle a la puissance et la capacité pour garder quiconque met sa foi en elle. Mais pour détruire la foi d’un homme dans la parole de Dieu, il suffit de l’amener à mettre sa foi dans une autre parole qui n’est pas de Dieu. C’est le travail que le diable opère dans la marche des enfants de Dieu pour les tuer. La parole de Dieu est Esprit et Vie mais la parole de séduction est péché et mort pour celui qui l’accepte.
Ici, la séduction du serpent par la parole sur la femme a consisté à lui présenter une autre parole à côté de la parole de Dieu. C’est une parole de mensonges qui comporte des éléments de séduction. Les éléments de séduction sont toutes les propositions flatteuses qui poussent l’auditeur à croire que ce qui est dit est pour son bien. La séduction est basée uniquement sur le mensonge. Les éléments de séduction que nous pouvons énumérer dans la parole du serpent sont les suivants :
a- Vous ne mourrez point ;
b- Vos yeux s’ouvriront ;
c- Vous serez comme des dieux.
a- Vous ne mourrez point !
Cette déclaration du serpent à la femme vient carrément en opposition à la parole que le Seigneur a prononcée concernant le même sujet. Le Seigneur a dit sans ambiguïté : « car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Ève devait choisir entre ce que son Dieu avait dit ou continuer à écouter les propos du Serpent. Le péché ici, c’est que de manière consciente et délibérée, Ève a accordé du crédit au mensonge de Satan. Elle aurait dû, dès les premiers propos du serpent, le réfuter avec la parole de Dieu. « Dieu a dit que si nous mangeons, nous mourrons, je n’écoute plus tes mensonges. » Tels auraient dû être les propos d’Ève contre le serpent mais malheureusement elle a accepté ce premier gros mensonge. Dès lors, la suite était possible.
En réalité, Ève n’a pas cru à la parole de Dieu, car ni elle ni Adam n’avaient déjà vu ce qu’on appelle la mort. Ils ne connaissaient pas la mort car cela n’existait pas. La mort n’avait pas encore fait son apparition dans la Création. Elle a douté que la mort soit une réalité. Elle a mis sa foi plutôt dans le mensonge de Satan parce qu’à ce moment précis, c’est ce qui reflétait le plus la réalité. Personne n’était jamais mort depuis qu’ils étaient sur la terre. Ici, nous voyons que la base de toute transgression à la parole de Dieu est l’incrédulité.
Seule la parole est la vérité. Devant elle, toutes affirmations contraires sont mensongères. C’est ce qu’elle déclare qui est la vérité. Ils ne voyaient aucune trace de la mort, mais elle existait bel et bien dans le commandement que Dieu avait donné, c’est-à-dire dans cette parole : « car le jour où tu en mangeras, tu mourras. » Voilà pourquoi l’incrédulité est le véritable ennemi de l’homme. Car l’incrédulité tire sa force de la chair qui ne peut, comme le dit Paul dans 1 Corinthiens 2, accepter les choses de l’Esprit de Dieu.
La chair ne se fie qu’à ses sens naturels et aux faits ou réalités circonstanciels. La parole de Dieu a besoin de la foi qui en saisit le sens au-delà de toutes considérations charnelles comme il est écrit :
Or la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. (Hébreux 11:1)
Nous pouvons ici affirmer que la raison de la chute de l’homme dans le jardin d’Éden est l’incrédulité.
b- Vos yeux s’ouvriront !
Voilà une grande déclaration de Satan : vos yeux s’ouvriront ! La première analyse logique que nous pouvons faire face à cette parole, c’est qu’Adam et Ève étaient aveugles ! Ici le serpent affirme que les yeux d’Adam et Ève étaient fermés. Pourtant depuis le commencement, la Bible n’a pas relaté que les deux avaient une infirmité au niveau de la vue. Alors la question que l’on peut se poser est celle-ci : les yeux d’Adam et Ève étaient fermés sur quoi ? Qu’est-ce qu’ils devaient voir que la parole de Dieu empêchait de voir ? La réponse à ces questions nous aidera certainement à comprendre ce qui s’est passé ce jour-là.
Ici, la Bible apporte elle-même la réponse. Il est écrit ceci :
L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte. (Genèse 2:25)
Cela est le témoignage que la Bible nous rapporte sur la situation d’avant la chute. Adam et Ève étaient nus, mais eux n’avaient aucune conscience de leur état. Leurs corps respectifs étaient nus, sans aucun vêtement, mais cela ne dérangeait ni l’un ni l’autre. À ce moment-là, il leur manquait une faculté que nous avons tous aujourd’hui. Ils n’avaient pas conscience de l’attraction charnelle que pouvait exercer un corps féminin sur un corps masculin et vice versa. Leurs yeux étaient voilés par la parole de Dieu. Leur conscience était pure. Elle ne pouvait être affectée par la convoitise charnelle qui naît entre l’homme et la femme. Ils étaient nus mais ne pouvaient pas se convoiter. La pureté et l’innocence de leur cœur mettaient un voile sur leurs yeux. Leurs yeux étaient voilés par la sainteté. Ils se voyaient dans la sainteté.
La parole de Dieu a la puissance de garder tout homme parvenu à l’obéissance parfaite, contre tous mauvais désirs ou mauvaises pensées. Rappelons-nous qu’avant la désobéissance il n’y avait aucun germe de péché ou impureté dans le cœur de l’homme. Ils étaient saints dans leur corps, dans leur âme et dans leur esprit. La nudité physique n’avait aucun pouvoir pour amorcer dans leur cœur un sentiment de convoitise charnelle. Pour que cela soit possible il fallait que le voile de sainteté qui les gardait par l’obéissance à la parole de Dieu, soit déchiré. C’est le travail que Satan, par l’entremise du serpent, a accompli ce jour-là. Il fallait qu’Adam et Ève désobéissent à la parole de Dieu pour que leurs yeux s’ouvrent sur la nudité de leur corps physique. Pour que leur désobéissance soit accomplie, il suffisait de les pousser à manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Pour qu’ils ouvrent leurs yeux sur le péché, la clé était, pour le serpent, qu’ils consomment du fruit défendu. En ouvrant leurs yeux, le voile de sainteté qui les gardait se déchirait. En effet, la suite de la scène nous édifiera davantage :
La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. (Genèse 3:6-7)
Après avoir mangé du fruit défendu, c’est-à-dire après avoir péché, la conséquence a été immédiate. Les yeux d’Adam et d’Ève se sont ouverts sur une réalité qu’ils ignoraient : leur nudité physique. Adam et Ève découvrirent leur nudité commune. Tout cela s’est passé sous la conduite de Satan, bien entendu, en dehors des voies du Seigneur. C’est le péché originel. L’acte sexuel inspiré par le diable ce jour-là fut le péché originel qui a plongé toute l’humanité dans la défaite devant le diable et qui a engendré la mort dans la Création de Dieu :
Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. Mais l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ? Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. Et l’Éternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? (Genèse 3:7-11)
Comme l’atteste ce passage de Genèse, le résultat de la transgression au commandement du Seigneur a été immédiat. Les yeux d’Adam et Ève se sont subitement ouverts sur une réalité : leur nudité. La révélation qu’ils ont reçue par leur acte de désobéissance, c’est la convoitise charnelle. La convoitise de la chair peut être définie dans ce contexte, comme une puissante attraction vers un désir nouveau et impur dans le cœur de l’homme. Maintenant, dans la vie d’Adam et Ève il y a une autre force ou autorité qui vient de naître et qui a pris le dessus sur leur vie de pureté ou d’innocence : c’est la vie de la chair, ou la vie animale. C’est la puissance du péché.
Ce seul acte de désobéissance a été suffisant pour lier l’homme dans les chaînes de l’esclavage du péché. Cette découverte tragique de leur nudité n’est pas selon le plan originel de Dieu pour l’humanité. Il pouvait demander à son fils Adam : « Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? » (ibid.) En désobéissant au commandement exprès du Seigneur concernant le fruit défendu, de manière volontaire, l’homme s’est mis sous le joug de la chair.
Désormais, du cœur de l’homme naissent tous les désirs impurs qui conduisent à toutes sortes de mauvaises œuvres comme décrites dans Galates :
Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le Royaume de Dieu. (Galates 5:19-21)
Désormais Adam et Ève avaient conscience de ce qu’on appelle le bien et le mal. Ils ont assemblé des feuilles de figuier pour cacher la source du mal qu’ils venaient de découvrir. Ils ont compris qu’ils avaient désobéi à la parole de Dieu. Ils auraient bien voulu retourner à leur état initial de pureté et d’innocence mais les feuilles de figuier n’avaient pas la capacité de rétablir le voile de sainteté qui les avait gardés contre la convoitise charnelle qui conduit inexorablement au péché et à la mort.
La femme a été coupable de transgression parce que non seulement elle a écouté le serpent, mais elle a pris du fruit défendu avec lui, et en a consommé : « et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. » Elle a été la première à goûter le fruit défendu. Elle a mangé ce fruit par l’entremise du serpent qui a été présenté comme un animal intelligent et qui avait la capacité de parler :
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » (Genèse 3:1)
Aujourd’hui la grande difficulté pour les hommes est de parvenir à comprendre de manière profonde et claire ce qui s’est passé ce jour-là. Car après ces instants fatidiques de désobéissance, tout a changé sur la terre. La face de toute la terre a changé à commencer par les acteurs eux-mêmes.
Le serpent a été maudit et est devenu un reptile :
L’Éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. (Genèse.3:14)
Ce serpent tel qu’il a été au commencement n’existe plus sous sa forme originelle. Il n’est plus un animal parmi le bétail des champs, mais un reptile marchant sur son ventre. Voilà pourquoi lorsque la Bible parle du Serpent Ancien, l’Écriture veut nous ramener à cet être dans lequel le diable, qu’on appelle aussi Satan et Lucifer, s’est incarné pour séduire Ève. Voilà pourquoi ce terme de Serpent Ancien renvoie directement à Satan et le désigne ainsi. Aujourd’hui dans le domaine spirituel, le terme serpent représente aussi tous les anges déchus. Leur déchéance vient du fait qu’ils ont délibérément suivi Satan dans sa rébellion. Ils sont également désignés par les termes « esprits séducteurs » ou « démons ».
La femme, c’est-à-dire Ève, a dû porter la conséquence de sa transgression. La conséquence immédiate de ce qui s’est passé a été la grossesse. En effet, Ève la mère de toute l’humanité, avait reçu par le Seigneur la capacité de devenir enceinte et de mettre au monde des enfants en vue du peuplement de toute la terre. Mais cela devait se passer dans la volonté parfaite de Dieu afin que Ses desseins d’amener sur la terre des fils de Dieu pour la peupler soient accomplis. Mais le diable en devançant le plan de Dieu, a créé le mélange et la confusion. Désormais tous les habitants de la terre, bien qu’étant tous des créatures de Dieu ne sont pas tous fils de Dieu. La punition de Dieu contre la femme a été l’accouchement dans la douleur. La douleur et la souffrance pendant l’accouchement devaient lui rappeler qu’elle a péché contre Dieu et que depuis ce jour de désobéissance, l’humanité tout entière est entrée dans la douleur et la souffrance. La consommation du péché originel a produit la maladie, le vieillissement et la mort.
La première conséquence de la désobéissance au commandement de Dieu pour l’homme, c’est qu’il a été chassé du jardin que son Créateur lui avait confié pour le garder. Dans ce jardin, il y avait tout ce qu’il fallait pour sa propre subsistance, celle de sa femme et de leurs enfants à venir. Il devait désormais travailler avec ses propres forces pour prendre soin de sa famille. Il devait peiner avant de tirer sa nourriture de la terre, car à cause de sa désobéissance le sol a été maudit par Dieu et, depuis ce jour-là, il produit des épines et des ronces qui sont les signes de la malédiction. Pour cultiver les plantes utiles à sa consommation, Adam a dû commencer à se battre avec les épines et les ronces :
Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! Le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. (Genèse 3:17)
c- Vous serez comme des dieux !
Ces propos du serpent : « vous serez comme des dieux », révèlent de manière profonde les desseins qu’il poursuit dans la Création de Dieu. En effet, proposer à l’homme la possibilité d’être comme Dieu, c’est l’amener à une position de rébellion devant le seul Dieu qui a créé la terre, les cieux et l’univers entier. En fait, Satan a fait là une œuvre de recrutement pour la rébellion qu’il a créée contre Dieu et Son Autorité. En effet, avant que le diable ne vienne tenter Adam et Ève dans le jardin, il y avait déjà un conflit ouvert entre lui et le Dieu créateur, car il a osé s’opposer à Dieu :
Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l’aurore ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, J’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; Je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée à l’extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, Dans les profondeurs de la fosse. (Ésaïe 14:12-15)
La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : fils de l’homme, Prononce une complainte sur le roi de Tyr ! Tu lui diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : tu mettais le sceau à la perfection, tu étais plein de sagesse, parfait en beauté. Tu étais en Éden, le jardin de Dieu ; tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, de sardoine, de topaze, de diamant, de chrysolithe, d’onyx, de jaspe, de saphir, d’escarboucle, d’émeraude, et d’or ; tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus créé. Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; Je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi. Par la grandeur de ton commerce tu as été rempli de violence, et tu as péché ; Je te précipite de la montagne de Dieu, et Je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. Ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ; Je te jette par terre, Je te livre en spectacle aux rois. (Ézéchiel 28:11-17)
Comme le relatent si bien les récits d’Ésaïe 14 et d’Ézéchiel 28, Satan le diable appelé aussi Lucifer ou Astre brillant est une créature de Dieu. Il a été créé plein de sagesse, parfait en beauté. Il exprimait la perfection dans la Création de Dieu. Il était un chérubin protecteur aux ailes déployées. C’était un ange de grande beauté ayant reçu de Dieu une position qui lui conférait une grande autorité : « Je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. » (ibid.)
Parmi ses collègues il était haut placé et exerçait sur eux une grande influence. Tout était parfait jusqu’au jour où l’iniquité a été trouvée chez lui. En effet, il disait en son cœur : « Je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. » (Ésaïe 14:13-14) Le péché qui a été trouvé chez lui, est le fait de désirer une autre position que celle qu’il a reçue du Seigneur. Il voulait une position supérieure, une position d’élévation inégalée par ses collègues, il voulait la position du créateur et occuper la position du Créateur. Il voulait recevoir ainsi les honneurs, la louange et l’adoration à la place de Dieu.
C’était un Coup d’État, une rébellion à l’Autorité Suprême de Dieu. Bien sûr, il a été précipité par le Seigneur Dieu Tout-Puissant, auteur de la Création et qui est Seul digne d’en recevoir la louange, les honneurs, les hommages et l’adoration. Depuis lors, il y a un conflit, une guerre, voire un défi entre les deux. Lucifer est devenu ainsi adversaire de Dieu, opposant à Dieu. Être opposé à Dieu, c’est être le contraire de Dieu. Dieu est lumière, Satan est devenu ténèbres. Dieu est bon, Satan est devenu méchant. Dieu est le Sauveur, Satan est devenu le destructeur. Satan n’a pas renoncé et ne renoncera jamais à sa rébellion contre Dieu jusqu’à la fin.
En disant à l’homme « vous serez comme des dieux », le diable poursuivait un objectif précis qui répondait à sa volonté de soustraire l’homme de la dépendance de Dieu. Il voulait montrer à l’homme qu’il existe un chemin qui pouvait le soustraire de sa dépendance à l’égard de Dieu. C’est le chemin de la désobéissance et de la rébellion. Il voulait lui montrer qu’il n’avait pas besoin de Dieu et qu’il pouvait se réaliser lui-même. Il pouvait lui-même se déterminer un avenir meilleur par la connaissance et l’intelligence qu’il allait recevoir en consommant de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
En effet, il a dit : « vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » Satan montre ici qu’être « dieu » équivaut à connaître le bien et le mal. Cela signifie que le fait d’avoir accès à la connaissance du bien et du mal donnerait à l’homme la possibilité non seulement de s’affranchir de sa tutelle divine, mais aussi de pouvoir se comparer à celle-ci. Se comparer à Dieu signifie vouloir faire et agir comme lui, c’est-à-dire s’attribuer les attributs du Créateur. En regardant la condition de l’humanité depuis la chute jusqu’à aujourd’hui, nous pouvons affirmer que le diable a bien réussi sa mission d’amener l’homme à se rebeller contre Dieu et à vivre sans Dieu, sans se référer à lui dans ses œuvres et ses entreprises.
Depuis lors, l’homme a commencé à fonder son monde à lui, sans le concours de Dieu, étant guidé par celui qui l’a ainsi séduit, à savoir le diable. Le monde dans lequel nous sommes présentement est un monde opposé à Dieu. Dans les grandes sphères de décisions des affaires de ce monde, ce n’est pas le Seigneur Dieu Créateur qui décide. On ne se réfère aucunement à lui. Ce monde vit sans Dieu. Il définit ses propres valeurs ou normes sociales sans consulter la volonté du Dieu Créateur.
Ce qui caractérise ce monde, c’est le défi perpétuel contre Dieu. Comme cela a été depuis le commencement, c’est ainsi que ce monde ira jusqu’à sa fin, car l’esprit qui le domine depuis la chute est l’esprit de l’orgueil, l’esprit d’opposition et de rébellion contre Dieu et ses desseins. Cet esprit est très perceptible lorsque nous examinons le projet que les hommes ont résolu d’accomplir à Babel :
Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. Allons ! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre. (Genèse 11:1-9)
Ici nous voyons clairement l’ambition de nos ancêtres. Leur projet était clairement défini : « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. » (ibid.) En d’autres termes, nous avons assez de connaissance et de capacité pour construire une cité à nous. Nous la bâtirons selon nos aspirations et désirs. Nous avons les moyens de nous bâtir une tour dont le sommet pourra atteindre le ciel. Ici, très tôt après la consommation du péché, l’homme a entrepris de se réaliser lui-même.
L’homme qui était censé dépendre entièrement de son Créateur, a décidé de prendre en mains son avenir sur la terre. La porte de la connaissance du bien et du mal qu’il a franchie le libère de la tutelle de Dieu. Désormais l’homme est devenu comme Dieu. Il n’est pas obligé de croire en Dieu ou de se référer à Lui. Voilà pourquoi ils disent : « Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel. » (ibid.) Cela signifie, construisons notre monde à nous dans lequel nous allons atteindre nos ambitions et nos aspirations en établissant nous-mêmes les règles, les normes sociales et les principes qui vont le gouverner. Ils ont mis de côté les principes et les normes contenus dans la parole de Dieu qui a fondé ce monde. Ils ont ainsi déclaré que, pour atteindre Dieu, ils construiront une tour dont le sommet va toucher le ciel. On n’a pas besoin de Le chercher dans l’humiliation, dans la repentance ou la prière, par notre connaissance et notre propre intelligence nous sommes capables de communiquer avec Lui. C’est la voie de la religion, atteindre Dieu en dehors des voies qu’il a lui-même tracées pour rencontrer l’homme.
Aujourd’hui, il est aisé de constater que l’homme n’a jamais renoncé à son ambition de construire son monde à lui sans l’apport de Dieu. Cette construction se poursuit sous nos yeux. À travers les projets sociaux, politiques, économiques et religieux, ce vieux projet est mis en œuvre dans toutes les nations. Ce qui a donné la force à leur projet au commencement, c’était le fait de leur unité. Ils étaient ensemble dans un même espace, ils formaient un seul peuple et ils parlaient la même langue. C’était là une force fondamentale pour la réalisation de leur projet. Bien entendu le Seigneur Dieu a mis à mal ce projet en les divisant et en les dispersant sur la face de toute la terre. L’objectif de Dieu en créant la confusion dans leur langage, c’était de mettre fin à cette construction qui exprimait la rébellion contre Lui. En effet, il dit ceci : « Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. Allons ! Descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. » (ibid.)
Avec la confusion du langage, les hommes ne formaient plus un seul peuple et ne parlaient plus la même langue. Les hommes se sont établis dans les différentes régions de la terre par affinité linguistique. Dès lors, le projet inique de bâtir une seule cité et de construire une tour pour atteindre le ciel a connu des difficultés. Les rapports entre les humains étaient rendus difficiles, mais le principal instigateur Satan, le diable, n’a pas renoncé à son projet initial de priver l’homme de manière totale de l’influence de Dieu.
À travers les différents peuples, il a œuvré à la construction de Royaumes qu’il manipule et conduit à la réalisation de ses desseins. C’est lui qui subjugue les nations. C’est lui le véritable prince de ce monde (Jean 12:31). Avec la mise en œuvre du Nouvel Ordre Mondial qui se manifeste sous nos yeux par la globalisation et la mondialisation, nous pouvons constater que le diable n’a pas changé ses desseins. L’objectif visé, c’est un Gouvernement Unique où tous les pouvoirs des nations seront concentrés dans les mains d’un individu, l’Antéchrist qui est l’émanation de Satan sur la terre, en vue de l’accomplissement des derniers évènements qui marqueront la fin de ce système.
Depuis qu’il a réussi à arracher l’autorité et la domination à Adam, il poursuit un seul objectif : substituer au Royaume de Dieu, un monde différent complètement à l’opposé des desseins de Dieu. Pour cela, il utilise toute sa puissance de séduction pour faire de l’homme une créature sans Dieu. Être comme Dieu, c’est nier l’existence même de Dieu. Aujourd’hui, les hommes pour la plus grande majorité ne veulent rien avoir avec Dieu. Les plus audacieux cherchent en eux-mêmes une force vitale ou puissance mentale qui leur permettrait d’atteindre tous leurs objectifs. Ils se déclarent eux-mêmes dieux. Dès lors, chercher les voies du Seigneur pour se soumettre à lui est le dernier de leurs soucis. Même le reste des hommes voulant adorer le Seigneur sont égarés dans les différentes religions que Satan a mises en place pour les empêcher de trouver le chemin de la vraie adoration. Les hommes marchent ainsi en inimitié contre Dieu parce que dès le commencement, ils ont accepté le projet de société de Satan qui consiste à refuser toute dépendance à l’égard de Dieu.
5- L’œuvre de séduction au niveau physique ou charnel
La Bible dit que :
La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. (Genèse 3:6)
Pendant qu’elle écoutait le serpent, la femme elle-même s’est fait une opinion claire sur le sujet. Elle a regardé et elle a constaté que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue. Cela n’était pas quelque chose de repoussant ou désagréable. Au contraire cela était précieux pour ouvrir l’intelligence.
Pendant que le diable par l’entremise du serpent parlait à Ève, il se produisait une puissante œuvre de séduction sur elle. Une puissante attraction vers l’arbre. Par la parole de séduction, le voile de sainteté et de pureté qui protégeait Ève était en train de se déchirer. Elle voyait et elle constatait elle-même que la chose était agréable et même que cela était précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle était au fur et à mesure animée de nouveaux sentiments ou de sensations qu’elle découvrait. La convoitise charnelle était en train de naître ou de faire son apparition dans la vie de l’homme.
Ceci est très important. L’intelligence de la femme subissait un changement. Dès lors rien ne pouvait la retenir. Il fallait qu’elle-même prenne de l’arbre de la connaissance. En effet, « elle prit de son fruit, et en mangea. » Il était facile pour elle de convaincre son compagnon qui n’a pas résisté à la puissance de séduction qui se dégageait du fruit défendu : « elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. »
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’avant toute transgression ou désobéissance à la parole de Dieu, il y a une œuvre de séduction au niveau spirituel qui déclenche la consommation du péché dans la chair. La chair est disposée à répondre à tout appel ou tout désir de péchés amorcés dans le cœur de l’homme. Le diable sait aussi que la vue du péché, amène le cœur de l’homme à s’incliner vers le mal. Il fait les deux choses en même temps.
Pendant qu’il met ses pensées d’impuretés ou de désobéissances dans le cœur de l’homme, il expose le péché bien à sa vue. Il travaille à ce que le péché soit exposé dans tous les coins de rue. Il travaille à ce que les femmes exposent leurs corps, et travaille en même temps à éveiller des pensées d’impuretés dans le cœur de l’homme comme de la femme. Il expose le péché pour continuer de maintenir l’homme dans l’esclavage. Car par la puissance du péché, il a vaincu Adam et lui a ravi sa position donnée par Dieu à la Création. Comme exposé plus haut, Adam avait l’autorité et la domination, mais maintenant c’est Satan qui a l’autorité et la domination dans le monde. Voilà pourquoi il est désigné dans la Bible comme le prince de ce monde (Jean 12:31) ou encore le prince de la puissance de l’air. (Éphésiens 2:2)
II- Après le commencement
Après le commencement, c’est-à-dire après la chute de l’homme, sa vie a changé sur la terre. La domination et l’autorité que l’homme avait reçues de Dieu pour dominer et assujettir la Création sont passées entre les mains du diable. Désormais, ce n’est pas l’homme mais le diable qui gouverne le monde. De même que la nature de vie de l’homme a changé, le monde aussi dans sa conception originelle, tel que conçu par Dieu, a été dénaturé.
1- La nature de la vie dans l’homme a changé
Pour mieux appréhender le Royaume de Dieu, il est nécessaire de comprendre que l’enjeu de tout ce qui s’est passé dans le jardin d’Éden et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui, se rapporte à la Vie. À l’origine, Dieu a créé Adam par sa parole pour qu’il vive. La vraie Vie dans son essence, selon l’Auteur de la Vie, est la vie éternelle qui est la vie de Dieu. Lorsqu’on parle de la Vie, en réalité il n’existe qu’une seule Vie, celle qui est de Dieu et qui est dénuée de toute trace de mort.
Adam ne pouvait pas mourir car la sorte de vie qu’il a reçue n’avait aucun germe de mort. Cette vie est une vie sans péché. La désobéissance à la parole de Dieu est le péché. Et toute désobéissance à la parole de Dieu entraîne inexorablement la mort. Adam avait reçu la vie de Dieu. Mais depuis sa désobéissance à la parole de Dieu, une autre sorte de vie a surgi en lui. Cette vie, c’est la vie infectée par le mal.
Le serpent avait en lui un venin mortel, c’est le péché. Il avait déjà une sorte de vie qui est la corruption de la vraie vie. Satan avait corrompu la vie qu’il avait reçue de son créateur. En lui l’iniquité a été trouvée :
Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi. Par la grandeur de ton commerce tu as été rempli de violence, et tu as péché ; Je te précipite de la montagne de Dieu, et Je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. (Ézéchiel 28:15-16)
Comme cela est écrit depuis que l’iniquité a été trouvée en lui, Satan a été chassé de la présence de Dieu. Il est devenu l’adversaire de Dieu, l’opposant à Dieu. Il n’est plus au milieu des pierres étincelantes, car il a perdu sa clarté et sa lumière. Il est devenu ténèbres de même que tous les anges de Dieu qui l’ont suivi dans sa rébellion. Désormais il n’y a plus une seule puissance dans l’univers mais une autre puissance a vu le jour. La seule vraie puissance est de Dieu, c’est la puissance de la Vie qui a amené toutes choses à l’existence. Mais à côté de cette Autorité Suprême et légitime qui agit, une autre puissance « illégitime » qui est la puissance du mal ou la puissance de la mort agit aussi.
La vie vient de la parole de Dieu, la mort vient par la désobéissance à la parole de Dieu. Satan incarne la puissance de désobéissance qui est la puissance de la mort. La mort est une puissance qui détruit la vie. En venant vers Adam et Ève, le serpent avait une semence qui est la semence de la mort. La semence de la mort c’est le péché. Partout où le péché est semé, c’est la mort qui est manifestée comme fruit.
Le péché est manifesté dans la chair, et les œuvres de la chair sont aussi la manifestation de la présence de la mort :
Ne vous y trompez pas ; on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. (Galates 6:7-8)
Comme la Bible le dit, par Adam tous ont péché et sont privés de la vie. Car depuis Adam, la mort règne dans toute l’humanité :
C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché, … car jusqu’à la loi le péché était dans le monde. Or, le péché n’est pas imputé, quand il n’y a point de loi. Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. (Romains 5:12-14)
L’homme a perdu sa liberté et la domination qu’il a reçue de son créateur. Par la consommation du péché, il a reçu une nature de vie, qui est la vie du serpent. Car en réalité le péché est la vie de Satan, la vie des démons. C’est la vie du serpent parce que la semence qui l’a engendrée est la semence du serpent.
La semence du serpent doit s’appréhender strictement au plan spirituel. Il n’y a pas une race ou une catégorie de personnes qui n’est pas issue de cette semence. Tous les hommes, descendants de Noé portent en eux cette vie appelée la vie animale, la vie de péché, la vie charnelle ou encore le vieil homme. Même les Juifs qui avaient une alliance avec Dieu ont été considérés par Jean le Baptiste dans ses prédications comme « race de vipère ». Jésus lui-même en s’adressant aux scribes et aux pharisiens a révélé qu’en étant descendants d’Abraham ils avaient pour père le diable. Cette semence de serpent s’estompe seulement dans le Royaume de Dieu.
Par la puissance du péché Satan a vaincu Adam, c’est-à-dire l’humanité tout entière. Désormais il tient l’humanité et, par conséquent, toute la Création sous son pouvoir et sa domination. En résumé, après avoir consommé le péché, la vie de l’homme est devenue une vie de péché, une vie de déchéance spirituelle. Il a ainsi perdu sa position originelle pour devenir esclave de celui qui l’a vaincu c’est-à-dire Satan, le diable.
2- Le monde de Satan
Le monde de Satan est un monde de péché. Ce monde est venu à l’existence par la puissance du péché. L’essence ou la racine de ce monde est le péché, c’est-à-dire la désobéissance à la parole de Dieu. Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que ce monde dans lequel nous sommes présentement, est venu à l’existence quand le diable a usurpé l’autorité que Dieu a donnée à son fils Adam. Par la capitulation devant le péché, Adam et sa descendance en sont devenus esclaves.
Avec le règne du péché dans la vie des hommes, nous assistons au règne des démons dans le monde entier :
Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier est sous la puissance du malin. (1 Jean 5:19)
Comme il est écrit, le monde entier est sous la puissance du malin. Le diable, l’adversaire de Dieu tient le monde sous sa domination. Toutes les contrées de la terre sont investies par des puissances démoniaques. L’homme que Dieu a créé pour gouverner la terre est devenu esclave des mauvais esprits. Tous les hommes, riches ou pauvres, analphabètes ou savants, politiciens ou religieux, sont manipulés par des puissances démoniaques.
Voilà pourquoi, partout, la mode c’est le péché. La norme c’est le péché. Ce sont la débauche, les adultères, les abominations, l’homosexualité, la cupidité, le vol, les meurtres, la méchanceté… L’immoralité sexuelle est mise en avant par Satan pour faire chuter tous les hommes. Nous sommes en plein dans la civilisation du sexe. C’est la nouvelle civilisation. Tout ce qui était considéré comme immoral ou indécent reçoit aujourd’hui une valeur universelle. L’homosexualité, l’impudicité sont présentées comme des normes sociales que nous devons accepter.
Même les hommes dits importants dans la société affichent leur dépravation sexuelle et sont admirés. Il n’y a plus de scandale. Chacun est libre de vivre comme il veut. Déjà certaines églises ont admis l’homosexualité comme un mode de vie acceptable. La parole de Dieu est mise de côté pour permettre aux fidèles de vivre leur sexualité dans la liberté. Satan a vraiment pris le contrôle des assemblées. C’est le règne des esprits méchants qui étaient à Sodome et Gomorrhe. L’humanité entière est enveloppée par les ténèbres. Les méchants prospèrent et les plus forts dictent leur loi aux plus faibles. C’est le règne de Satan.
L’homme charnel, qu’il soit conscient de l’existence des démons ou non, est esclave des mauvais esprits. Les devins, les magiciens, les marabouts, les sorciers, les francs-maçons, les rosicruciens, les illuminés, les féticheurs, les bouddhistes et tous les mystiques sont des esclaves des démons. Ils ont des maîtres qu’ils reconnaissent et qu’ils servent. Ces maîtres sont des esprits mauvais, des démons. Ainsi, l’homme charnel ne peut lutter contre les mauvais esprits ni contre le péché.
La défaite a été consommée depuis le jardin d’Éden. Il n’y a aucune capacité de réaction. Nos parents en Afrique ont bien compris qu’ils ne pouvaient rien faire contre les génies qui sont des puissances ténébreuses. Voilà pourquoi, ils ont tissé des alliances impures avec les démons des rivières, des montagnes, des forêts et autres. Ils ont livré des familles entières, des tribus à des esprits méchants qui ont un droit réel sur ces vies. Ils l’ont fait parce qu’ils n’avaient aucune espérance de délivrance, ils ne connaissaient pas Jésus.
L’homme charnel a peur et tremble devant les démons. Ce qui est né de la chair est chair. N’est-ce pas que celui qui est vaincu se soumet à celui qui l’a vaincu ? Lorsque deux armées s’affrontent, l’armée vaincue reçoit le joug de son adversaire sur lui. Le peuple vaincu devient esclave de celui qui l’a vaincu. C’est ainsi dans l’histoire des nations, c’est aussi vrai dans les choses spirituelles. Mais ce que nous devons savoir, c’est que le Seigneur notre Dieu, dans ses desseins originels, n’a pas destiné la Création à l’esclavage. Il n’a pas créé pour placer sa création sous la domination des démons :
Car la Création a été soumise à la vanité, non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. (Romains 8:20-21)
Ce n’est pas dans la volonté de Dieu que la Création soit sous l’emprise des puissances démoniaques mais c’est la défaite dans le jardin d’Éden qui a placé l’homme et la Création tout entière sous le règne de Satan. La Création espère qu’un jour elle sera délivrée de la servitude, lorsque les fils de Dieu vont recouvrer la liberté. Les enfants de Dieu sont appelés à la liberté, mais cette liberté passe par la délivrance de la puissance du péché.
Chapitre II : l’œuvre de restauration du Royaume
I- La promesse du rétablissement du Royaume
Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un Royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces Royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement. C’est ce qu’indique la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d’aucune main, et qui a brisé le fer, l’airain, l’argile, l’argent et l’or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est véritable, et son explication est certaine. (Daniel 2:44-45)
Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, qui sera détruite et anéantie pour jamais. Le règne, la domination, et la grandeur de tous les Royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. (Daniel 7:26-27)
Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï, Et un rejeton naîtra de ses racines. L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. Il respirera la crainte de l’Éternel : Il ne jugera point sur l’apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire. Mais il jugera les pauvres avec équité, Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; Il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera avec le chevreau ; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; Car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. En ce jour, le rejeton d’Isaï Sera là comme une bannière pour les peuples ; Les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure. (Ésaïe 11:1-11)
Comme le relatent les versets cités plus haut, le Seigneur Dieu Tout-Puissant, le Créateur des cieux et de la terre, a prévu la restauration de sa Volonté sur toute la terre. Sa volonté exprimée depuis l’origine des temps et qui a été contrariée par le diable doit être à nouveau restaurée sur toute la face de la terre. La volonté de Dieu, comme on l’a dit plus haut, a été clairement définie dans ses desseins dès l’origine des choses.
Ses desseins pour l’homme, c’est qu’il vive dans une harmonie parfaite sur la terre avec toute la Création. Il avait reçu du Créateur une position de domination sur toute la Création. Dans le jardin d’Éden qu’il devait gérer, Adam et Ève sa compagne vivaient dans un environnement de paix, de liberté et de félicité. La paix et la liberté étaient totales car aucune créature ne connaissait ce qu’on appelle la frayeur ou l’angoisse, c’était l’harmonie.
La restauration de la volonté de Dieu signifie le retour à l’ordre originel qui a régi toute la Création de Dieu avant la chute. La restauration de la Création ne saurait intervenir sans que le problème qui est à l’origine de la chute et de la déchéance de l’homme ne soit résolu. Le problème fondamental de l’homme est le péché. C’est par le péché que la mort a fait son apparition sur la terre. Le péché est le moyen que le diable a utilisé pour ravir la Création à Adam. Adam et sa compagne ont été chassés du Jardin d’Éden à cause du péché qui avait souillé leur âme, leur esprit et leur corps. Ils ne pouvaient demeurer dans la présence de Dieu.
En jugeant les acteurs du péché originel qui a entraîné la Création dans la servitude, le Seigneur Dieu a déjà annoncé la restauration de sa volonté parfaite dans sa création en disant au serpent : « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon » (Genèse 3:15). Le Seigneur Dieu indique dans cette parole que la femme aura une postérité qui mènera la guerre contre le serpent et qui lui écrasera la tête. Il montre ici que cette postérité ne sera pas assujettie au serpent comme le reste de la Création, mais elle combattra contre les œuvres de Satan et le vaincra. L’écrasement de la tête du serpent indique le brisement de son joug et de son pouvoir sur l’homme. C’est par le péché que le diable a pris les hommes sous son pouvoir, c’est aussi par la victoire sur le péché que les hommes seront libérés.
La postérité de la femme qui a vaincu le péché et la mort, c’est Jésus-Christ de Nazareth. Il a combattu le péché, le monde de Satan et toutes les puissances des ténèbres et les a vaincus. C’est en cela que tout l’Ancien Testament rattache à la naissance du Messie la promesse du rétablissement du Royaume de Dieu. Il vient dans le monde pour accomplir les desseins originels de son père. Par son œuvre d’expiation du péché à la croix, lui-même aura une postérité qui prolongera ses jours, qui combattra contre le serpent et anéantira pour toujours son monde et son pouvoir de séduction sur la terre :
Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. (Ésaïe 53:10)
1- L’œuvre de Golgotha, commencement de la restauration
Le rétablissement du Royaume de Dieu et la restauration de toute la terre et de toute la Création, dans l’ordre originel divin, passe d’abord par la restauration de l’homme dans toutes ses dimensions. Le Seigneur Jésus-Christ, en venant sur la terre, est venu avec le Royaume de Dieu. Le Royaume de Dieu sur la terre commence avec le Seigneur Jésus-Christ et mieux encore, le Seigneur Jésus-Christ est le Royaume de Dieu :
On ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le Royaume de Dieu est au milieu de vous. (Luc 17:21)
Mais si c’est par l’Esprit de Dieu que je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc venu vers vous. (Matthieu 12:28)
La venue du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est l’accomplissement de la promesse de Dieu concernant une nouvelle œuvre de création dans laquelle Il est le premier-né.
Le Seigneur Jésus est venu avec le Royaume en donnant aux hommes la possibilité d’y entrer. L’Évangile de Jésus-Christ est un appel à tous les hommes pour entrer dans son Royaume. Il est le chemin et la porte d’entrée car le Royaume commence par lui et avec lui.
Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14:6)
La naissance de Jésus-Christ est l’accomplissement de la promesse de Dieu en ce qui concerne la restauration du Royaume :
Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit. Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous. (Matthieu 1:20-23)
La mission essentielle du Seigneur en venant dans le monde est de sauver l’homme du péché. Contre le péché il n’y a aucun remède si ce n’est l’œuvre accomplie par Jésus à la Croix de Golgotha. Il est important pour tout croyant de comprendre de manière profonde la signification de cette œuvre dite d’expiation, accomplie par le Seigneur. Pourquoi ce fait historique revêt-il une importance capitale pour l’humanité ? La délivrance de la puissance du péché est le point de départ de la restauration de l’homme. Cette délivrance passe par la croix. Sans l’œuvre de Golgotha il n’y a pas de délivrance, il n’y a pas d’Évangile, il n’y a pas non plus de Royaume. Car l’Évangile se résume à deux éléments essentiels : la mort de Jésus et Sa résurrection.
L’Évangile que Paul a prêché trouve son fondement dans la mort de Jésus, Son ensevelissement et Sa résurrection. Ce qui est écrit de lui, c’est qu’il devait mourir pour le pardon des péchés et ressusciter le troisième jour, en démontrant par là Sa victoire sur la mort et sur le tombeau :
Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures ; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures ; et qu’il est apparu à Céphas, puis aux douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m’est aussi apparu à moi, comme à l’avorton. (1 Corinthiens 15:1-8)
a- Christ est mort pour nos péchés
La mort de Jésus est le châtiment qu’il a subi après son jugement et sa condamnation. Sa mort vient de ce qu’il a été jugé et condamné. C’est une mort qui a été annoncée dans les Écritures. Tout devait se dérouler selon ce qui était écrit le concernant. Selon les Écritures, il devait être jugé et condamné à la peine capitale : la mort. Le livre d’Ésaïe 53 décrit et explique dans les moindres détails les circonstances de la mort de Jésus.
Le verset 4 explique que Jésus a été puni, frappé et humilié par Dieu : « Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; Et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. » (Ésaïe 53:4) En d’autres termes, c’est Dieu lui-même qui l’a frappé, humilié et puni par une mort terrible. La punition intervient toujours après un jugement lorsque celui qui est jugé est trouvé coupable.
La seule chose que nous ne saurions mettre en doute, c’est la justice de Dieu. Dieu est juste dans son jugement et en lui ne saurait se trouver la partialité ou l’injustice. C’est le Juste Juge. Alors, s’Il a condamné Jésus, son Fils, c’est que celui-ci a été trouvé coupable selon la loi de Dieu. La parole de Dieu dit que le salaire du péché, c’est la mort. La mort est le châtiment que doit subir tout homme trouvé pécheur. C’est pour cela qu’il est dit que Christ est mort pour nos péchés.
En réalité, Jésus-Christ né dans le monde par la vertu du Saint-Esprit n’avait en lui aucun germe de péché. Il est né sans péché et a vécu sans commettre aucun péché. En conséquence, selon la parole de Dieu, Il ne pouvait pas mourir. C’est le péché qui produit la mort, or étant sans péché, la mort n’avait aucun pouvoir sur lui. Pour qu’il meure, il a fallu qu’il se charge de nos péchés :
Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie ; et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. Il a été maltraité et opprimé, et il n’a point ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; Il n’a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment ; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu’il était retranché de la terre des vivants et frappé pour les péchés de mon peuple ? On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche, quoiqu’il n’eût point commis de violence et qu’il n’y eût point de fraude dans sa bouche. Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. (Ésaïe 53:4-10)
La Bible témoigne qu’il n’a pas commis de violence : il n’y a pas eu de fraude dans sa bouche, en d’autres termes il n’a rien fait pour mériter la mort, mais l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de tous. Sa mort était un sacrifice : « Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. » (ibid.) Il a livré sa vie en sacrifice pour le péché. C’est en cela qu’il est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Le Seigneur Dieu a décidé qu’il paie pour tous les hommes, afin que par lui et en lui soient justifiés tous les pécheurs qui auront accepté ce sacrifice que Dieu Lui-même a exécuté pour le pardon des péchés. Il a accepté de plein gré la volonté de son Père qui consistait à ce que Lui, le Juste, prenne nos péchés et qu’il soit jugé à notre place.
À Gethsémané, il a accepté la volonté de son père en acceptant de boire la coupe de nos péchés, de nos abominations, de nos humiliations, de nos souffrances, de notre défaite. Dès lors, Lui qui est la Lumière a été environné de ténèbres et son âme a connu une terrible angoisse. Il a dit en s’adressant aux principaux sacrificateurs et aux scribes : « Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons. J’étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n’avez pas mis la main sur moi. Mais c’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres. » (Luc 22:52-53) Ils sont venus le saisir comme on prend les brigands parce qu’il a pris la place de tous les brigands, des meurtriers, des voleurs et de tous les pécheurs.
C’était l’heure des méchants, des hypocrites et de la puissance des ténèbres. C’était leur temps d’entrer en scène et de poser leurs mains sur le Fils de Dieu. Eux qui n’avaient aucun pouvoir sur Lui, recevaient maintenant l’ordre et l’autorisation d’agir à son encontre selon ce qui est écrit de Lui. Dès lors, la mort pouvait avoir accès à lui, car la puissance de la mort est le péché. À cause de nos péchés, la mort l’a frappé. Il est mort pour nos péchés.
b- Christ est ressuscité le troisième jour
Dès lors, Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. (Matthieu 16:21)
Pendant qu’ils parcouraient la Galilée, Jésus leur dit : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et le troisième jour il ressuscitera. Ils furent profondément attristés. (Matthieu 17:22-23)
Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. (Jean 10:17-18)
Comme le relatent les Écritures, le Fils de Dieu a souffert de la part des pécheurs et a été mis à mort par ceux-ci. Mais aussi selon les Écritures, il est ressuscité le troisième jour. De même que sa mort a été constatée, sa résurrection a été également constatée par des témoins choisis d’avance, afin que par leur témoignage les hommes croient et soient sauvés de leurs péchés. Car l’Évangile est le témoignage de la mort et de la résurrection de Jésus. Nul n’a le droit de prêcher l’Évangile s’il n’est un témoin de la mort et de la résurrection de Jésus : Le Seigneur après sa mort a dit à ses disciples : « et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1:8)
En effet, ils ont été les témoins non seulement de son ministère mais aussi de sa mort et de sa résurrection. C’est pour cela qu’ils ont été jugés dignes de porter l’Évangile de Jérusalem jusqu’aux extrémités de la terre. Non seulement eux, mais tous ceux qui sont appelés et qui, par la foi dans leur témoignage, ont expérimenté eux-mêmes la mort et la résurrection de Christ. Ainsi, si le Salut est essentiellement lié à la mort et à la résurrection de Jésus, il est alors important de comprendre sa vraie signification selon Dieu, car plusieurs ont perdu cette signification en acceptant les interprétations religieuses inspirées par l’adversaire de Dieu.
La Bible dit que Christ est mort pour nos péchés. Si la Bible s’arrêtait seulement à ce fait établi, il n’y aurait point d’espérance pour les pécheurs. Christ est bien entendu le sacrifice de Dieu pour l’expiation des péchés des hommes mais à la différence des autres sacrifices, Lui, Il est un sacrifice vivant. Il n’est pas seulement mort, bien plus, Il est ressuscité.
Les autres sacrifices offerts dans le passé sont demeurés dans la mort mais Christ, après avoir subi le châtiment suprême – pour avoir porté nos péchés – est sorti vivant du tombeau. Non seulement nos péchés ont été totalement pardonnés parce que expiés mais nous recevons par sa résurrection la vie éternelle, qui est une vie incorruptible c’est-à-dire la vie de Jésus, la vie de Dieu.
Par le passé, les hommes pouvaient expérimenter le pardon de leurs péchés, mais ne pouvaient pas recevoir cette Vie. Sa résurrection marque la défaite de Satan. Car c’est par la puissance du péché qu’il maintenait l’humanité en esclavage. Or en Jésus-Christ nous avons été jugés et condamnés. En étant condamné à notre place, il subit par conséquent le châtiment à notre place. Voilà pourquoi il a accepté de mourir.
Maintenant, si après sa mort il revient à la vie par sa propre force ou puissance, personne ne pourra le rejuger pour la même faute. En effet, tout condamné après avoir purgé sa peine est libre vis-à-vis de la justice et de la loi qui l’a condamné. Jésus ayant subi le châtiment pour nos péchés – qui est la mort – à sa résurrection, pour Lui et pour tous ceux qui se reconnaissent dans cette œuvre de rédemption – par le moyen de la foi – il n’existe plus de chef d’accusation. Aucune autorité ou puissance, aucun adversaire ne pourrait reprocher à Jésus le fait qu’il soit revenu à la vie après sa mise à mort. S’il est revenu à la vie, c’est parce qu’il a le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre. Il a donné sa vie librement pour l’expiation de nos péchés. Sa résurrection d’entre les morts nous affranchit complètement de l’esclavage du péché et de la puissance de la mort :
En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est libre du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. (Romains 6:3-10)
En d’autres termes, Jésus peut être présenté comme notre Héros dans le combat contre le péché. En tant que Héros sur qui nous comptions, il a pris nos fautes et a été accusé pour elles. Quand il a été condamné, en réalité nous avons été condamnés avec lui. Quand il est mort pour nos péchés, nous sommes morts aussi. Quand il est ressuscité, c’est avec nous qu’il est ressuscité. Les trois réalités se tiennent ensemble. S’il a pris nos péchés, alors nous avons été condamnés avec Lui, s’il est mort pour nos péchés, alors nous sommes morts avec Lui, s’il est ressuscité des morts, alors nous sommes ressuscités avec Lui. Alléluia ! Voilà pourquoi la Bible déclare que nous sommes libres du péché, car celui qui est mort est libre du péché. Et encore :
Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. (Romains 8:1-2)
[…] nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ ; c’est par grâce que vous êtes sauvés ; il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. (Éphésiens 2:5-7)
L’œuvre de Golgotha exprime la grâce de Dieu pour l’humanité. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3:16) Le rétablissement du Royaume passe par la restauration de la vie de l’homme.
Dieu a décidé de réconcilier l’humanité avec lui en Jésus-Christ. En Christ, l’homme reçoit une nouvelle vie qui est la vie de Christ, une vie sans péché, sans corruption. Cette nouvelle vie nous donne une position de vainqueur sur le péché :
Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, non plus que celui qui n’aime pas son frère. (1 Jean 3:9-10)
Par l’Église qui est composée des hommes et des femmes rachetés par le sang versé à la croix de Golgotha, commence l’établissement du Royaume de Dieu sur la terre. Les chrétiens bien que vivant dans ce monde, n’appartiennent pas à celui-ci. Ils ne sont pas du monde. Mais par le rachat de leur âme, ils sont transférés du monde de Satan dans le Royaume de Jésus-Christ :
Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le Royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. (Colossiens 1:12-14)
Ainsi le Royaume est peuplé des fils et des filles de Dieu. C’est le Royaume des fils de Dieu, car le Seigneur notre Dieu dans ses desseins originels, a voulu manifester sur la terre ses fils et ses filles pour sa propre gloire. Les fils de Dieu reçoivent par leur naissance dans le Royaume, une position et une mission liées à la réalisation de la volonté de leur Père sur la terre.
Chapitre III : les fils du Royaume
Le Royaume des cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer et ramassant des poissons de toute espèce. Quand il est rempli, les pêcheurs le tirent ; et, après s’être assis sur le rivage, ils mettent dans des vases ce qui est bon, et ils jettent ce qui est mauvais. (Matthieu 13:4-48)
L’Évangile est le moyen par lequel Dieu appelle et rassemble ses enfants sur la terre. C’est l’Évangile du Royaume, car l’objectif principal est d’attirer les enfants de Dieu dans leur patrie. C’est un filet jeté sur la terre pour prendre les enfants de Dieu. La mer représente le monde dans lequel nous sommes. De même que la mer contient une multitude d’espèces de poissons et d’êtres vivants, le monde est rempli d’une multitude d’hommes de toutes sortes. Lorsque ce filet est jeté, il ramène à l’Église plusieurs types d’hommes, mais l’espèce qui est conservée est celle qui a reçu la vie de Jésus et qui reçoit ainsi la capacité de vivre dans le Royaume. L’Évangile du Royaume est la Bonne Nouvelle à annoncer à toute l’humanité. La mission que le Seigneur a confiée à ses envoyés ou serviteurs depuis Jean-Baptiste est d’annoncer le Royaume de Dieu.
I- L’annonce du Royaume : ordre de mission originel
En ce temps-là parut Jean-Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait : Repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche. Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu’il dit : c’est ici la voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. (Matthieu 3:1-3)
Le peuple de Zabulon et de Nephthali, de la contrée voisine de la mer, du pays au-delà du Jourdain, et de la Galilée des Gentils, ce peuple, assis dans les ténèbres, a vu une grande lumière ; et sur ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort la lumière s’est levée. Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire : repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche. (Matthieu 4:15-17)
Jésus, ayant assemblé les douze, leur donna force et pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les maladies. Il les envoya prêcher le Royaume de Dieu, et guérir les malades. (Luc 9:1-2)
Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Il leur dit : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. Partez ; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers, et ne saluez personne en chemin. Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Que la paix soit sur cette maison ! Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle reviendra à vous. Demeurez dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu’on vous donnera ; car l’ouvrier mérite son salaire. N’allez pas de maison en maison. Dans quelque ville que vous entriez, et où l’on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : Le Royaume de Dieu s’est approché de vous. (Luc 10:1-9)
Le Nouveau Testament commence avec un ministère important dans le plan du salut : le ministère de Jean-Baptiste. Ce Ministère prophétique, parce qu’annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament, devait préparer les cœurs à recevoir le Messie. Jean-Baptiste prêchait un message ainsi libellé : « Repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche. » (Matthieu 3:2) L’action d’un Ministère se mesure par le contenu du message véhiculé, qui exprime la volonté de Dieu dans le temps de l’accomplissement de ce ministère.
Au moment où Jean-Baptiste prêchait aux abords du Jourdain, la volonté de Dieu était exprimée dans ses prédications. L’action que devait produire sa prédication dans les cœurs de ceux qui l’écoutaient et qui recevaient le message était la repentance poussée par l’Esprit de Dieu. À cause de l’avènement imminent du Royaume de Dieu, le désir du Seigneur était que les cœurs se repentent pour pouvoir y accéder.
Au temps de Jean-Baptiste l’annonce du Royaume était une urgence. Il fallait absolument que le peuple comprenne l’action de Dieu en leur temps pour espérer être bénéficiaire de cette œuvre. Jean-Baptiste appelait le peuple à se préparer par la repentance pour entrer dans le Royaume de Dieu qui allait être manifesté sous leurs yeux. La Bonne Nouvelle que Jean-Baptiste annonçait, c’était l’imminence de la manifestation du Royaume de Dieu. C’était le thème central de sa prédication.
Avant Jean-Baptiste, beaucoup de prophètes avaient été envoyés à Israël, mais leur message était différent. Plusieurs parmi eux ont parlé du Royaume de Dieu mais pas dans le même ton. Ils ont annoncé la promesse de restauration du Royaume, mais Jean-Baptiste est celui qui pouvait dire à sa génération : repentez-vous maintenant, car le temps de l’accomplissement de la promesse était là. Celui qui recevait ce message se disposait dans son cœur à recevoir le Messie qui venait en vue d’accomplir cette promesse, en donnant libre accès au Royaume de Dieu, à ceux qui étaient préparés. Tous ceux qui, de manière délibérée, ont refusé ou contesté ce message, n’ont pas pu recevoir le Royaume de Dieu qui a été effectivement manifesté en leur temps. Car ils n’ont pas pu reconnaître le Messie, l’Agneau de Dieu qui a été envoyé pour ôter leurs péchés.
Dans le livre de Matthieu, il est dit :
Jésus, ayant appris que Jean avait été livré, se retira dans la Galilée. Il quitta Nazareth, et vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephthali. (Matthieu 4:12-13)
Cette écriture indique qu’à l’annonce de l’emprisonnement de Jean-Baptiste par Hérode, Jésus qui habitait auparavant à Nazareth avec ses parents, a déménagé pour s’établir en Galilée. Le verset 14 explique que c’était en vue de l’accomplissement de la prophétie d’Ésaïe qui avait annoncé que :
Le peuple de Zabulon et de Nephthali, de la contrée voisine de la mer, du pays au-delà du Jourdain, et de la Galilée des Gentils, ce peuple, assis dans les ténèbres, a vu une grande lumière ; et sur ceux qui étaient assis dans la région et l’ombre de la mort la lumière s’est levée. (Ésaïe 9:1-2)
L’établissement de Jésus en Galilée obéissait à l’accomplissement d’une promesse de Dieu pour les Galiléens. Ils habitaient au-delà du Jourdain et, bien que d’origine juive, étaient perçus comme des païens et n’avaient aucune considération dans la nation juive. Ils étaient sans instruction concernant l’enseignement de la Loi et loin du sacerdoce. Ils étaient dans les ténèbres de l’ignorance concernant la volonté de Dieu et le plan du salut. Mais c’est à eux que devait d’abord se révéler le Messie, celui qui apportait une Bonne Nouvelle pour toute l’humanité. Cette Bonne Nouvelle leur était d’abord destinée, c’était la lumière qui devait les éclairer.
Effectivement Jésus, la Lumière du monde, a commencé son Ministère à la suite de Jean-Baptiste, en Galilée en disant : repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche. Ce que les Galiléens devaient entendre et comprendre, c’est la Bonne Nouvelle du Royaume. Cette nouvelle disait : repentez-vous maintenant pour entrer dans le Royaume de Dieu. Le thème de la prédication de Jean-Baptiste à Jésus n’a pas varié : le Royaume de Dieu. Le Seigneur a accompli beaucoup de miracles pendant son ministère : des guérisons, des délivrances de toutes sortes et des résurrections. Mais le but de tout ceci était d’attirer l’attention du peuple afin de lui annoncer la Bonne Nouvelle : le Royaume de Dieu qui venait à eux.
Le Seigneur Jésus, en tant que Maître, a appris à ses disciples l’œuvre missionnaire en leur donnant un ordre de mission clairement défini :
Allez, prêchez, et dites : Le Royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. (Matthieu 10:7-8)
Il a Lui-même défini le thème de la prédication. Prêchez, et dites : Le Royaume des cieux est proche. La Bonne Nouvelle, c’est le Royaume de Dieu.
Guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, chasser les démons font partie de l’ordre de mission, c’est-à-dire du travail à accomplir par les disciples, mais l’objectif est d’annoncer le Royaume de Dieu. Le but à atteindre est de faire entrer les hommes dans le Royaume de Dieu. Voilà pourquoi l’envoyé qui accomplit les miracles mais qui n’annonce pas le Royaume de Dieu est disqualifié par le Seigneur Lui-même. Car la volonté de Dieu est de sauver les hommes de leurs péchés et donc de la mort. Or le salut se trouve en Christ et celui qui est en Christ est transféré du monde de péché dans le Royaume du Fils de Dieu. Le salut n’est pas dans le monde mais il se trouve dans le Royaume de Dieu. Recevoir le salut, c’est recevoir le Royaume de Dieu. C’est devenir citoyen d’une nouvelle patrie, qui est la patrie du Fils de Dieu et donc la patrie des fils de Dieu qui parviennent au salut par le moyen de la foi.
Du temps des apôtres, de Jésus jusqu’à la fin, le thème de la prédication que le Seigneur a donné ne change pas. Les ministères comme les appels sont différents, mais l’ordre de mission originel demeure le même pour tous jusqu’à la fin. Car jusqu’à la fin le but de Dieu est de rechercher ses enfants dans toutes les nations pour les faire entrer dans son Royaume.
Les véritables ministres de Dieu ne prêchent pas pour établir les chrétiens dans le monde, mais ils prêchent pour les faire entrer dans le Royaume et leur enseigner ensuite la Vie du Royaume. Toute prédication dont l’objectif est de faire prospérer les chrétiens dans ce monde est un évangile mondain qui n’a rien à voir avec le Royaume. Dans la Bible il n’existe aucun enseignement dont l’objectif est de faire gagner le monde aux frères. Au contraire, tout au long des évangiles et des épîtres le monde est condamné avec force. L’Évangile est contre le monde. L’Évangile dénonce les œuvres du monde et les condamne. Car l’espérance des chrétiens n’est pas dans ce monde.
Aujourd’hui, nous vivons une époque trouble et remplie de confusions. Il y a un autre évangile qui est prêché dans le monde. Cela est montré de manière évidente par l’entrée en scène de faux prophètes, de faux pasteurs. Avec eux, le thème de la prédication a changé. On ne prêche plus le Royaume de Dieu mais le monde. Ils ne sont pas du Royaume de Dieu, ils ne connaissent que le monde. Ils prêchent l’évangile de la prospérité aux peuples pour les détourner du Royaume de Dieu. Pourtant, la Bible déclare que la parole de Dieu demeure éternellement. Le thème et l’objectif n’ont pas changé dans le plan de Dieu. Le Seigneur a donné à ceux qui allaient venir après ses apôtres et jusqu’à la fin le même ordre de mission :
Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la Création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris. (Marc 16:15-18)
Dans tous les âges de l’Église, l’ordre de mission n’a pas changé parce que les desseins de Dieu non plus n’ont pas changé. La Bonne Nouvelle doit être prêchée dans toutes les nations. De même qu’au temps de Jean-Baptiste l’annonce du Royaume était une urgence, de même à la fin des temps cette urgence devient pressante. Car nous sommes à la fin où la dernière action du Seigneur doit être entreprise par ceux qui sont appelés pour cette heure. L’apostasie et l’iniquité se sont accrues, les jugements sont suspendus sur le monde. La Bonne Nouvelle doit être annoncée au reste des hommes pour leur salut et en signe de témoignage pour la fin :
Et, parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. (Matthieu 24:12-13)
La fin ne viendra que lorsque cette Bonne Nouvelle du Royaume sera à nouveau prêchée dans toutes les nations. Aujourd’hui, sur tous les continents et dans la majorité des nations sont implantées des églises. Le nom de Jésus est dans la bouche de beaucoup de peuples. On a l’impression que l’Évangile est implanté dans les nations. Mais lorsque nous examinons les œuvres manifestées dans toutes ces églises, il est loisible de conclure que l’Évangile, la véritable parole de Dieu, est absente.
Le diable, par les faux prophètes, a réussi à faire entrer un autre évangile dans les assemblées dites chrétiennes. Ces chrétiens, pour la plupart, ne sont pas du Royaume de Dieu et par conséquent mènent une vie étrangère au Royaume. C’est avec beaucoup de douleur que nous constatons les œuvres du monde établies dans l’Église. La vie de mondanité règne dans les assemblées.
Les prédicateurs de Satan prêchent le monde et ses valeurs. Ces prédicateurs sont reconnaissables par le thème de leur prédication et aussi par la vie qu’ils mènent dans l’église ou hors de l’église. C’est une vie de péché et de convoitise des choses du monde. Ils courent après le monde et engagent l’Église dans le monde. Ils se comportent exactement comme les gens du monde. Ils sont dans toutes les affaires du monde : la politique, les affaires d’argent ou l’enrichissement rapide par tous les moyens, les plaisirs mondains, les scandales, les trafics de toutes sortes et même le sport. Ils se mêlent de tout dans le monde. Pourtant, la parole de Dieu non seulement condamne le monde mais nous met en garde contre l’amour du monde :
N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui. (1 Jean 2:15)
Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. (Jean 17:16-18)
Et le monde passe, et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement. (1 Jean 2:17)
Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. (1 Timothée 6:7-9)
II- L’entrée dans le Royaume
Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le Royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. (Jean 3:1-8)
L’entretien entre Jésus et Nicodème, nous donne un enseignement important concernant le Royaume de Dieu. Nicodème était un docteur en Israël, et donc un croyant qui espérait dans le Royaume de Dieu comme tous ses frères. Il s’est rendu à l’évidence après avoir vu les signes et les miracles, que Jésus était un docteur venu de Dieu. Le terme docteur désigne celui qui a les doctrines et qui les enseigne. Bien sûr, Nicodème aussi était docteur en Israël, mais il s’est rendu compte que son enseignement n’avait rien à voir avec celui de Jésus. Cette confession de Nicodème devant Jésus, qu’il a reconnu comme le Maître, a donné l’occasion au Seigneur de lui donner un enseignement fondamental : la nouvelle naissance.
L’enseignement de la nouvelle naissance était nouveau, voire révolutionnaire pour Nicodème. En effet, il n’avait jamais entendu parler de cela. La nouvelle naissance, telle que présentée par le Seigneur, conditionne l’entrée dans le Royaume de Dieu : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » (ibid.) Pour expliquer la notion de « naître de nouveau », le Seigneur a utilisé les termes : naître d’eau et d’Esprit.
Cette naissance vient par le moyen de l’eau et de l’Esprit. L’eau symbolisant la Parole et l’Esprit désignant le Saint-Esprit ou la Puissance qui vient donner vie à cette Parole reçue dans le cœur du croyant. La nouvelle naissance est liée au salut de l’âme. C’est une naissance surnaturelle ou spirituelle qui montre que celui qui l’a expérimentée a reçu la vie éternelle. La nouvelle naissance est strictement liée au fait de recevoir la vie éternelle par la foi en Jésus. Pour mieux expliquer sa signification, il montre à Nicodème par quel moyen cela est possible :
Personne n’est monté au ciel, si ce n’est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. (Jean 3:13-17)
Pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut naître de nouveau, en d’autres termes il faut expérimenter le salut par la foi dans l’œuvre d’expiation accomplie par le Seigneur à la croix de Golgotha. Dans le désert, Moïse a élevé un serpent d’airain pour la guérison des fils d’Israël mordus par les serpents. Celui qui était mordu devait regarder le serpent élevé pour expérimenter la guérison. Maintenant, Jésus indique à Nicodème qu’il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en Lui ait la vie éternelle.
En effet, tous les hommes ont été mordus par le serpent (en Adam) recevant en eux le péché qui est la semence de la mort. Pour recevoir la délivrance de ce venin, il faut regarder au Fils de Dieu qui a été élevé pour notre guérison. Il indiquait le sacrifice qui devait être accompli par Lui pour le salut des hommes. C’est la raison qui motive son enseignement sur la nouvelle naissance. Celui qui croit en Lui expérimente la nouvelle naissance. C’est cela être né de l’Esprit ou être né de Dieu. Cela n’est pas le baptême du Saint-Esprit, mais c’est la réception de la Vie éternelle par le croyant qui fait ainsi son entrée dans le Royaume. Ce qui marque la différence entre les fils du Royaume et les autres hommes sur la terre, c’est la vie éternelle. On ne peut pas appartenir au Royaume de Dieu sans avoir reçu la vie éternelle, qui est la vie de Christ. Assurément, la vie reçue par le croyant est le Seigneur lui-même car il dit :
Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean14:6)
Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. (Jean 11:25)
Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. (1 Jean 5:11-13)
La seule voie indiquée pour entrer dans le Royaume de Dieu est la nouvelle naissance. En d’autres termes, la seule condition ou exigence pour être sauvé et pour expérimenter la vie éternelle est la nouvelle naissance. C’est une expérience dans la vie du croyant. La vie chrétienne ne va pas de soi. Elle commence un jour par l’expérience de la nouvelle naissance. Celui qui n’a pas expérimenté la nouvelle naissance n’est pas chrétien car son âme n’a pas expérimenté le salut en Christ. La religion fait des adeptes, mais on ne vient pas à l’Église par adhésion.
Ce n’est pas l’adhésion à une doctrine ou un enseignement même biblique qui donne le statut de chrétien ou de fils de Dieu. On devient chrétien après avoir expérimenté le salut de l’âme par la foi en l’œuvre accomplie par le Seigneur à la croix. Aujourd’hui, plusieurs se réclament de Jésus sans avoir expérimenté la nouvelle naissance. Ils adhèrent à des groupes religieux bien établis, à des ministères ou à des groupes de prière sans avoir vécu une expérience personnelle avec le Seigneur. Il nous est arrivé à plusieurs reprises de rencontrer des serviteurs de Dieu ou servantes du Seigneur qui n’ont pas pris d’engagement avec le Seigneur. Ils sont souvent envoyés dans les familles pour faire une œuvre de recrutement pour les pasteurs et leurs assemblées. Ils n’ont pas reçu l’Évangile pour croire et être sauvés.
En conséquence ils ne peuvent pas apporter la vie à ceux qui les écoutent. Leurs discours tournent autour des bénédictions sociales et matérielles. Le mariage, le travail, la promotion, le voyage, la bonne marche des affaires, la protection contre les sorciers et tous les envoûteurs, la guérison pour ceux qui sont malades, voilà les principaux thèmes de leur prédication. Cela n’a rien à voir avec l’Évangile éternel qui est la puissance de Dieu qui apporte la vie dans le cœur de celui qui le reçoit. Comme cela a été dit plus haut, nous le répétons : nul n’a le droit de prêcher l’Évangile, s’il n’est un témoin de la mort et de la résurrection de Jésus.
III- La position des fils du Royaume
Il y a une position pour les Fils du Royaume de Dieu sur la terre. Cette position est en Christ. Elle leur confère un statut, des droits et des devoirs. En entrant dans le Royaume par l’expérience de la nouvelle naissance, nous changeons de position et de statut.
Comme dans le monde dans lequel nous vivons, dans le Royaume de Dieu nous sommes aussi soumis à des lois et des principes. Mais le Royaume de Dieu fonctionne avec des lois et des principes qui n’ont rien à voir avec ceux du monde. Pour vivre selon ses règles, il est nécessaire de comprendre quelle est la position que nous avons en Christ et comment demeurer dans cette position jusqu’à la fin. On ne peut réussir la vie chrétienne que dans les limites de ce que la parole de Dieu nous assigne.
La première des choses qu’il faut comprendre c’est que l’expérience du salut fait de nous des hommes spirituels, c’est-à-dire des hommes nés de l’Esprit de Dieu. Il est écrit :
Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. (2 Corinthiens 5:16-17)
De manière évidente la Bible montre que le chrétien, de par sa naissance spirituelle, est différent des autres hommes qui sont sur la terre.
En réalité, le chrétien dans son essence est un homme spirituel, voilà pourquoi il appartient à un Royaume spirituel. La chair et le sang ne participent pas à la vie chrétienne. Ils ne peuvent hériter le Royaume et donc ne peuvent être associés aux œuvres du Royaume.
Comme nous l’avons vu plus haut, ce qui est né de l’Esprit est esprit et ce qui est né de la chair est chair. Dans la communauté chrétienne, les relations entre frères tout comme les valeurs essentielles manifestées au sein de l’Église devraient être spirituelles. Tout chrétien devrait être connu comme un homme spirituel. Voilà pourquoi Paul dit : « maintenant nous ne connaissons personne selon la chair. » (ibid.) Après la nouvelle naissance, toutes choses devraient être appréhendées sur le plan spirituel. Les considérations et les jugements devraient se faire sur une base spirituelle. Les frères et les sœurs, même s’ils se sont connus charnellement, devraient apprendre à se connaître sur le plan spirituel.
En effet, lorsque nous étions païens dans le monde nous étions connus avec notre caractère charnel. Nous avions une personnalité dans le monde voire une certaine réputation. Il y en a certains qui étaient connus comme des colériques, des impudiques, des menteurs, des bagarreurs… Mais en Christ on ne doit plus être connus sous ces traits de caractère. Ces caractères sont opposés à la nature de la vie qu’on a reçue. Nous devrions être reconnus par les vertus de la nouvelle vie que nous avons reçue.
Comme la vie qu’on a reçue est une vie spirituelle, les vertus qui la caractérisent sont aussi spirituelles. Ces vertus sont désignées comme le fruit de l’Esprit :
Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. (Galates 5:22)
Ces vertus ou qualités spirituelles doivent être cultivées par le chrétien. Pour les manifester, il y a une position que doit occuper le chrétien. Cette position est une position spirituelle et elle est en Christ. C’est pour cela que le Seigneur a dit :
Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruits, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. (Jean 15:4-8)
Le secret de la réussite de la vie chrétienne se trouve dans cette prescription du Seigneur : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » (ibid.) Les œuvres à accomplir comme l’autorité à exercer sont en Christ. C’est Christ en nous qui accomplit les œuvres et qui manifeste l’autorité et la puissance qui doivent nous accompagner. S’il demeure en nous alors nous avons la victoire sur le péché et sur tous les esprits impurs. Ce qui est exigé de nous, c’est de demeurer en Lui. La condition pour qu’il demeure en nous pour manifester son œuvre, c’est qu’on demeure en lui.
Premièrement, il nous revient de demeurer en Lui, alors Lui aussi demeurera en nous. Il dit bien : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. » (ibid.) Si nous ne demeurons pas en Lui, Lui non plus ne pourra demeurer en nous. S’il ne demeure pas en nous, il nous est quasiment impossible de porter des fruits. En d’autres termes, la vie chrétienne devient pour nous impossible. Jésus-Christ, en tant que premier-né de cette nouvelle création, a donné l’exemple parfait de la vie chrétienne sur la terre. Il y avait un lien étroit entre Lui et son Père. Il ne cessait de déclarer que son père, qui l’a envoyé, demeurait en lui et c’est Lui qui accomplissait les œuvres qui étaient manifestées :
Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces œuvres. (Jean 14:10-11)
Mais si je les fais, quand même vous ne me croyez point, croyez à ces œuvres, afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je suis dans le Père. (Jean 10:38)
Tel le Seigneur a marché sur la terre avec son Père dans son ministère, tel aussi nous devons marcher avec Lui dans notre pèlerinage sur la terre. Le Père demeurant en Lui, accomplissait les œuvres pour lesquelles il a envoyé le Fils, de même le Fils demeurant en nous doit accomplir les œuvres pour lesquelles il nous a envoyés. De même que les œuvres confirmaient la présence du père dans le fils, elles doivent aussi attester que le Fils demeure dans le croyant.
Le problème se trouve à notre niveau. Comment demeurer en Lui afin qu’il demeure en nous ? Il nous revient d’abord de créer les conditions propices pour qu’il demeure en nous. Demeurer en Lui ou dans son amour est le fait de garder ses commandements. La preuve qu’on demeure en Lui est donnée lorsque nous gardons ses commandements. Garder ses commandements, c’est marcher dans toute sa volonté. Il y a une volonté de Dieu pour nous les chrétiens concernant tous les aspects de notre vie. Il ne peut exister de victoire ou de succès dans la vie du chrétien en dehors de la volonté de Dieu concernant sa vie. Connaître la volonté de Dieu et y demeurer est la clé du succès de la marche chrétienne. La connaissance de cette volonté est possible lorsque nous avons communion avec lui.
Il existe une volonté du Seigneur pour l’œuvre qu’il accomplit maintenant dans l’Église mais pour chaque croyant, il existe aussi une volonté de Dieu pour sa marche quotidienne. La première condition est de garder ses commandements alors, Lui, se fera le plaisir de demeurer dans le croyant pour le conduire et manifester en lui les fruits et les vertus spirituelles. La vie chrétienne n’est pas à imaginer ou à concevoir par le croyant. C’est la vie de Christ, c’est là où Il demeure que cette vie est pleinement manifestée.
Les chrétiens n’ont pas tous le même niveau de piété parce qu’ils n’ont pas le même niveau de consécration. Beaucoup ne demeurent pas attachés au cep qui est le Christ et par conséquent manifestent une vie qui n’a rien à voir avec la foi chrétienne. Bien des chrétiens ayant expérimenté la nouvelle naissance et le baptême du Saint-Esprit manifestent une vie de mondanité et de péché. Celui qui ne demeure pas attaché au germe de la vie qui est le Christ, est à nouveau dominé et conduit par le monde et l’esprit qui est dans le monde : l’esprit d’iniquité. La vie coule du cep vers les sarments. Chaque sarment qui reçoit la vie du cep, porte beaucoup de fruits pour le vigneron. Remarquez que le Seigneur ne met pas en cause le cep, mais les sarments. C’est le sarment qui ne porte pas de fruit qui est jugé. La vie qui est dans le cep est suffisamment abondante pour vivifier tous les sarments.
Aujourd’hui Satan règne dans la vie des croyants et dans les assemblées parce que la volonté de Dieu a été perdue par ceux-ci. Un chrétien qui ne connaît pas la volonté du Seigneur est sans frein et une proie de tous les esprits séducteurs. L’adoration, c’est Le connaître et demeurer dans Sa volonté. Les adorateurs, ce sont ceux qui adorent en Esprit et en Vérité. La religion, c’est l’adoration sans la révélation de la volonté de Dieu. Le croyant qui marche sans la volonté de Dieu est un danger pour l’Église. Il est même un ennemi potentiel pour l’Église et pour le Seigneur.
Ceux qui ont livré le Seigneur aux païens pour être crucifié étaient des croyants véritables mais qui ne marchaient plus dans la volonté de Dieu. La volonté de Dieu existe mais elle est voilée pour les religieux. C’est le chemin caché, difficile et étroit. C’est la voie décriée par les officiels. Mais pour celui qui l’a trouvée, c’est une grâce et un grand privilège. La position des fils de Dieu est en Christ :
Est en Christ et demeure en Christ, celui qui marche dans la volonté de Dieu. C’est celui qui est conduit par l’Esprit de Dieu.
Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. (Romains 8:14)
Le Seigneur a blâmé l’Église de Laodicée qui, sur le plan prophétique, représente l’Église de la fin des temps :
Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la Création de Dieu : Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises ! (Apocalypse 3:14-22)
Cette Église n’a pas reçu de louange de la part du Seigneur parce que ses œuvres sont mauvaises : elles n’ont pas été selon les voies du Seigneur. Ce sont les œuvres accomplies avec tiédeur spirituelle qui expriment les œuvres religieuses. C’est la ferveur religieuse sans la conduite du Saint-Esprit. Ces œuvres sont la manifestation de la chair. Un examen plus attentif des termes employés par le Seigneur pour la qualifier dévoile un esprit de folie. Elle imagine avoir la volonté de Dieu alors qu’elle ne l’a pas. Elle s’imagine être riche et bien vêtue alors qu’en réalité elle est pauvre, misérable et nue. Elle ignore la réalité qui n’est pas dans l’apparence charnelle mais qui se trouve en Esprit. Elle est certainement riche du monde et des trésors du monde mais elle est pauvre dans les valeurs spirituelles. Les fruits manifestés sont charnels et non spirituels. Elle a de beaux temples construits à coups de millions, mais est pratiquement nue sur le plan spirituel. Car le vêtement des chrétiens en Esprit est le fin lin, qui symbolise les œuvres justes des Saints. (Apocalypse 19:8)
Ce qui manque de manière fondamentale à cette église ce sont les œuvres justes préparées par le Seigneur pour les saints. Pour porter ces fruits, il faut demeurer en Christ. La condition spirituelle de l’Église aujourd’hui est déplorable. Les principaux serviteurs de Dieu ou leaders spirituels, comme on les appelle maintenant, travaillent chacun pour sa dénomination ou son organisation sans se soucier de la volonté du Maître. Ils ont ramené le Royaume de Dieu à leur dénomination ou à leur assemblée. Les programmes ou les missions accomplis sont pour l’agrandissement de leur organisation avec tous les bénéfices matériels et financiers qui en résultent. Ils ne voient pas la pauvreté et la misère spirituelle des âmes. Ils ne voient pas les pauvres âmes qui sont liées encore par le péché et l’esprit mondain. Ils proposent à la place des richesses spirituelles, des bénédictions matérielles et financières. Eux-mêmes sont plongés dans un monde luxueux et ce sont des scandales qui les accompagnent en lieu et place des œuvres de la foi.
Cette église qui marche en dehors des voies du Seigneur est conduite par l’esprit des faux christs et des faux pasteurs. Mais pour ceux qui ont des oreilles pour entendre encore ce que l’Esprit dit à l’Église, le Seigneur dit ceci :
Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. (Apocalypse 3:20-21)
Malgré sa condition déplorable, le Seigneur indique à cette Église une porte de salut. Pour échapper aux jugements qui sont annoncés sur le monde et le système religieux babylonien, il faut accepter la voie indiquée par le Seigneur. Les frères et sœurs en Christ doivent impérativement abandonner le chemin de la séduction pour revenir au Seigneur. La voie indiquée est la voie de la repentance. Les chrétiens, aujourd’hui, doivent se repentir de leurs mauvaises œuvres et les abandonner : les scandales, les abominations, les mensonges, les divisions et les querelles entre les serviteurs de Dieu, la vie de mondanité, la cupidité dans les affaires et le péché sous toutes ses formes.
Cette Église a besoin de zèle pour se repentir de toutes les mauvaises œuvres accomplies en son sein. Ce zèle recommandé par le Seigneur est la force qui doit lui être communiquée pour entrer dans le jeûne et la prière afin de se défaire des chaînes religieuses qui l’ont maintenue dans les geôles babyloniennes.
À cette heure de la marche de l’Église la volonté de Dieu se trouve exprimée ainsi : « Aie donc du zèle, et repens-toi. » (Ibid.) Celui qui trouvera le chemin de la repentance avec un cœur sincère devant le Seigneur, pourra retrouver la vraie position des fils de Dieu, c’est-à-dire demeurer en Christ pour porter les fruits de la repentance, dignes du Royaume de Dieu. L’adresse du Seigneur à l’Église est personnelle et individuelle. Il est pratiquement impossible pour les dénominations ou groupes religieux de toutes tendances qui, dans le secret, ont donné leur accord à l’Antéchrist pour l’instauration de l’œcuménisme – le nouvel ordre religieux – de revenir au Seigneur. Mais la parole s’adresse à tous les rachetés du Seigneur, sincères dans leur foi mais qui sont encore prisonniers du système religieux de Babylone.
Voilà pourquoi le Seigneur s’adresse à chaque racheté : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (ibid.) C’est un appel à la communion avec le Seigneur qui désire une communion et une intimité avec ses rachetés de la fin des temps pour les soustraire à l’influence de la séduction qui est dans le monde religieux. Pour échapper à cette grande séduction, la clé se trouve dans une vie d’intimité avec le Seigneur, c’est-à-dire une vie de prière et de jeûnes multipliés pour disposer notre esprit à s’élever dans la présence de notre Dieu.
Concernant ces temps-ci, le Seigneur a dit : « Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C’est moi qui suis le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens. » (Matthieu 24:4-5) Les temps actuels sont des temps prophétiques qui marquent la fin des temps. Le Seigneur a annoncé des évènements prophétiques comme signes identifiant les temps qui précéderont son avènement.
Cette parole adressée à l’Église concernant ces temps-ci est une parole de mise en garde. C’est une mise en garde contre la séduction qui va se manifester dans l’Église. L’œuvre de séduction annoncée par le Seigneur est dirigée non contre le monde mais contre l’Église. Il dit : plusieurs viendront sous mon nom, pas au nom du diable. L’objectif de la séduction, c’est de détourner les fils du Royaume de la vraie adoration qui s’accomplit en Christ. Aujourd’hui, l’adoration n’est ni sur la montagne ni à Jérusalem mais en Christ.
Le travail des faux christs, des faux pasteurs ou des faux prophètes est d’empêcher les fils du Royaume de connaître la volonté de Dieu et de s’y soumettre. Tout serviteur de Dieu qui travaille en dehors de la volonté de Dieu n’est pas ouvrier avec le Seigneur, même s’il accomplit des miracles et des signes au nom du Seigneur. « Si quelqu’un vous dit alors : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. Car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes ; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s’il était possible, même les élus. » (Matthieu 24:23-24)
Aujourd’hui le défi pour tout croyant ou serviteur de Dieu est de retrouver la volonté de Dieu et d’y demeurer jusqu’à la fin. Ne prendront part à l’enlèvement que ceux qui non seulement auront connu la volonté de Dieu, mais qui auront persévéré dans cette volonté jusqu’au moment déterminé par le Seigneur pour venir enlever ses élus. Les élus seront distingués parmi les autres rachetés parce qu’ils auront gardé la volonté de Dieu jusqu’à la fin : « C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le Royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7:20-21)
La position idéale pour attendre l’enlèvement de l’Épouse ou des élus prévue dans la Bible est en Christ. C’est celui qui est en Christ qui porte les fruits pour le père qui est le vigneron. C’est en Christ que se déroule la vraie adoration du Père, ce n’est pas le fait d’appartenir à une dénomination ou à un quelconque groupe religieux. La voie du salut se trouve sur le chemin de la volonté de Dieu. C’est le chemin sur lequel se trouve la victoire dans le combat spirituel et le succès dans l’œuvre de Dieu :
Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. (Matthieu 7:13-14)
IV- La mission des fils du Royaume de Dieu sur la terre
Les Fils du Royaume sont des hommes spirituels. Leur position est en Christ. Dans cette position, ils ont une mission à accomplir sur la terre pour leur Sauveur. En tant que témoins de la mort et de la résurrection du Christ, ils ont le devoir de rendre témoignage que Jésus est vivant. En tant que Fils du Royaume de Dieu, ils sont en guerre contre le monde de Satan et donc contre toutes les puissances des ténèbres. Ils forment sur la terre l’armée de Jésus pour détruire les œuvres du diable.
1- Rendre témoignage de la mort et de la résurrection de Jésus
En tant que témoins de la mort et de la résurrection de Jésus, les fils du Royaume ont un devoir de témoignage. Ils doivent rendre témoignage que ce Jésus qui a été crucifié à Golgotha est ressuscité de manière effective. Ils doivent attester au monde qu’il est vivant et qu’il vit aux siècles des siècles. Témoigner c’est dire la stricte vérité au sujet d’une affaire. L’affaire en question concerne la mort et la résurrection de Jésus. Il y a évidemment deux parties en présence. D’un côté, il y a le Seigneur et ses partisans appelés disciples et de l’autre, le diable et ses acolytes. Chaque partie produit des témoins. L’enjeu, c’est le sort de l’humanité et de toute la Création :
Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite en disant : Ne crains point ! Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. (Apocalypse 1:17-18)
La preuve de la mort et de la résurrection du Seigneur a été donnée dans les écrits des disciples de Jésus, témoins oculaires de sa vie et de son ministère. Ils ont marché avec Lui pendant ses trois ans et demi de ministère. Ils l’ont vu non seulement à l’œuvre mais ils l’ont aussi vu être mis à mort par les pécheurs. Après cela, ils l’ont vu après sa résurrection, vivant parmi eux, mangeant, buvant et leur enseignant à nouveau les détails de la mission qu’il venait d’accomplir au profit de toute l’humanité et même de toute la Création. Ils ont été également témoins de son ascension au Ciel.
C’est leur témoignage qui a été consigné dans la Bible et qui nous est parvenu. Ils ont attesté dans leurs écrits des choses qu’ils ont expérimentées et vécues. C’est ce que l’apôtre Jean écrit :
Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. (1 Jean 1:1-3 )
Le témoignage des disciples du Christ concernant son œuvre est un témoignage écrit. Ils ont écrit sur la base de ce qu’ils ont vu et entendu concernant l’œuvre du Messie consignée dans l’Ancien Testament et manifestée parmi eux par Jésus. Leur témoignage atteste de manière irréfutable que ce qui était annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament concernant le Messie, a été accompli sous leurs yeux par le Seigneur Jésus.
Voilà pourquoi leurs écrits qui constituent le Nouveau Testament, appelé ainsi à cause de la Nouvelle Alliance en Christ, sont la continuité de l’Ancien Testament. Il est indéniable que leur témoignage comporte un volet historique consistant à rapporter des évènements et des faits ayant une importance certaine en relation avec l’Ancien Testament. Mais de manière fondamentale, leur témoignage dépasse le cadre historique car cela concerne la vie. La différence entre le témoignage de Jésus et les différents récits sur des peuples ou des évènements du passé se trouve dans le fait que le témoignage de Jésus se rapporte à la vie, c’est-à-dire à une réalité vivante qui n’appartient pas au passé. C’est le témoignage d’une expérience vécue et non d’un témoignage de connaissances acquises suite à des recherches ou des investigations scientifiques.
Ce que les apôtres nous ont transmis est un témoignage de la foi confirmée par l’expérience de la vie : « ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle. » (1 Jean :1-2) Les premiers disciples de Jésus avaient la preuve de la résurrection de Jésus. La preuve matérielle, c’est qu’ils l’ont vu après sa résurrection. Dans les évangiles, les différents auteurs ont mentionné que Jésus est apparu à plusieurs disciples après sa résurrection. Et le jour de son ascension, tous les frères rassemblés l’ont vu montant au ciel sur des nuées. Nous croyons tous ces témoignages. Mais cela est insuffisant pour attester qu’il est vivant ! Si leur témoignage s’était arrêté seulement aux faits historiques, cela n’aurait pas résisté à l’épreuve du temps et serait tombé certainement dans les légendes comme d’autres histoires semblables. Ce qui est extraordinaire, c’est que le témoignage qui dit que Jésus est vivant peut être vérifié par tous les chrétiens quelle que soit leur époque.
Celui qui croit dans le témoignage transmis qui est la parole de Dieu, peut lui-même expérimenter la mort et la résurrection de Jésus. Chaque chrétien est appelé témoin de Jésus parce que, par l’expérience du salut en Christ, il reçoit la preuve que Jésus est vivant. Paul fait partie des témoins de Jésus. Cependant il n’était pas avec les disciples de Jésus pendant son Ministère. Son témoignage a commencé après une expérience vécue avec le Seigneur Jésus, le ressuscité. Son témoignage n’est pas différent de celui des autres apôtres. Il peut attester que Jésus est vivant car non seulement Celui-ci lui est apparu sur le chemin de Damas, mais chaque jour il était en communion avec lui. Être témoin de Jésus, c’est vivre Sa vie sur la terre. Le témoignage se rapporte à la vie. « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi […] » (Galates 2:20) Les chrétiens rendent témoignage de Jésus parce qu’eux-mêmes constituent une preuve par la manifestation de la vie qu’ils ont reçue, que « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. » (Hébreux 13:8)
En réalité, le véritable chrétien est en même temps un témoin et un témoignage pour le Christ. Il est témoin parce qu’il peut attester par sa propre expérience que l’Évangile est vrai et il est un témoignage parce que les autres voient et constatent le changement de vie. Le chrétien, par la vie qu’il a reçue, qui est la vie de l’Esprit, porte en lui-même un témoignage. Celui qui a reçu la parole de Dieu porte en lui la vie et cette vie est la lumière des hommes :
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. (Jean 1:1-4)
Comme il est écrit, dans la parole se trouve la vie ; et c’est la vie qui est la lumière des hommes. La vie est la véritable lumière qui peut éclairer les hommes.
Le témoignage en question ne consiste pas seulement à proclamer son appartenance au Seigneur, mais à en manifester la vie reçue. Cette manifestation de la vie est une lumière qui éclaire les hommes. Cette vie se manifeste par les œuvres de la foi. Ce que les autres voient et qui les éclaire dans leur conduite, ce sont les fruits de la vie portés par le chrétien. À cet effet, Jésus a dit :
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Matthieu 5:14-16)
Là où la lumière luit, ce sont les bonnes œuvres qui sont manifestées.
En somme, le chrétien est un modèle de perfection pour tous les autres hommes. À cet effet, Paul dit : « Que personne ne méprise ta jeunesse ; mais sois un modèle pour les fidèles, en parole, en conduite, en charité, en foi, en pureté. » (1 Timothée 4:12) La vie que nous avons reçue de notre Maître et Sauveur nous commande d’être pour les autres des modèles dans nos paroles, dans nos actions, dans l’amour, dans la foi et dans la sainteté. Celui qui réussira à être un modèle dans ces cinq aspects essentiels de notre vocation, et de manière cumulative, sera un véritable témoin de Jésus-Christ. Cela est possible car celui qui nous a appelés est vivant et demeure en nous.
2- Ils forment l’armée de Jésus-Christ sur la terre
Le chrétien de par sa naissance est un homme spirituel. De ce fait, il est différent des autres hommes sur la terre car le statut « d’homme spirituel » lui confère des valeurs et des capacités. En tant qu’homme spirituel il doit vivre en esprit malgré l’enveloppe charnelle dans laquelle il habite. Le défi du chrétien c’est de pouvoir faire la distinction à chaque instant entre ce qui est charnel et ce qui est spirituel. La vie du Royaume est la vie de l’Esprit. Le disciple accompli est celui qui marche en Esprit, c’est-à-dire qui ramène toute chose en Esprit.
Toutes les prédications et enseignements que nous recevons en tant que croyant ont pour but de nous positionner en Esprit. L’œuvre de Dieu est l’œuvre de l’Esprit. C’est seulement celui qui marche en Esprit qui peut être un instrument entre les mains du Seigneur. L’ensemble des chrétiens constitue une armée qui est l’armée du Seigneur. Chaque chrétien est un soldat potentiel de Christ. C’est parce que nous sommes des soldats que nous sommes appelés au combat. L’armée du Seigneur est l’armée du Royaume de Dieu.
En effet, comme tous les Royaumes, le Royaume de Dieu a aussi une armée. Ce que beaucoup de chrétiens ignorent malheureusement, c’est que le Royaume de Dieu est en guerre contre un autre Royaume qui est le monde de Satan. C’est une guerre réelle et il n’y a aucune possibilité d’armistice jusqu’à la fin. Cette guerre n’est pas charnelle car elle concerne deux entités spirituelles. Ne peuvent prendre part aux combats dans l’armée du Seigneur que ceux qui ont été enrôlés par Celui-ci. L’enrôlement consiste à répondre à l’appel du Maître en acceptant de prendre l’armure et l’équipement spirituel pour s’engager à Ses côtés.
L’apôtre Paul et les autres apôtres ont donné des enseignements importants sur le combat spirituel qui est strictement lié au Royaume de Dieu. Ne peuvent mener le combat spirituel que ceux qui appartiennent au Royaume de Dieu. Par leur naissance et leur position dans le Royaume, ils ont reçu l’autorité et le pouvoir de triompher de toutes puissances ou dominations qui oppriment les hommes : « Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. » (Luc 10:19) En réalité, il n’y en a qu’un seul qui a reçu le pouvoir de combattre et de détruire les œuvres des ténèbres, c’est le Seigneur Jésus : « Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. » (Matthieu 28:18) Cette déclaration du Seigneur intervient à la fin de sa mission lorsqu’il eut tout accompli selon ce qui était écrit de lui. Cette déclaration est la conséquence de sa victoire sur le diable et son pouvoir.
Le pouvoir de Satan sur les hommes, et par conséquent sur la Création, est le péché ; et le péché est lui-même la puissance de la mort. Jésus, en détruisant le péché et la mort, a pris la porte de son ennemi. Il a vaincu le diable. Si ce n’est par le péché, le diable n’a aucun autre moyen pour opprimer qui que ce soit. Le péché est l’arme redoutable que le diable possède. Tous les malheurs que nous pouvons constater sur la terre sont la conséquence du péché : la maladie, la famine, les troubles, les guerres, les déchirements, les injustices, les massacres et toutes les formes de souffrances.
Par son triomphe sur le péché et la mort, Jésus pouvait déclarer : « tout pouvoir m’a été donné non seulement dans le ciel mais également sur la terre » (Ibid.). Il est la postérité de la femme qui a écrasé la tête du serpent, c’est-à-dire sa puissance. Il est la postérité qui n’a jamais été soumise et ne sera jamais soumise à Satan. De Lui est née une postérité semblable à Lui et qui a pour vocation de ne point se soumettre à Satan et à son pouvoir c’est-à-dire le péché. L’armée de Jésus est issue de la postérité qu’Il a reçue en récompense après avoir donné sa vie en rançon pour le pardon des péchés.
a- Premier critère pour être enrôlé : refuser de se soumettre au péché
Par essence le chrétien n’est pas soumis au péché. C’est ce qui le distingue des autres hommes. Il y a un rapport de force établi entre le chrétien et le péché. Ce rapport donne toujours le chrétien vainqueur sur le péché dans son principe. De par sa position, le chrétien est appelé à dominer sur le péché en toutes circonstances. Mais malheureusement il arrive, et cela très souvent, que celui-ci se laisse dominer par le péché qui est non seulement son ennemi mais également celui de tout homme.
La vérité c’est que celui qui est né de Dieu ne pèche pas, à la seule condition qu’il demeure dans sa position qui est en Christ. À l’égard du péché, la Bible fait des mises en garde et donne des conseils pratiques de prudence pour ne pas tomber sous son pouvoir. Le traitement du péché dans la marche du croyant et dans l’église est essentiel et doit occuper la première place. Si la question du péché n’est pas traitée, ou traitée que partiellement, alors l’assemblée tout entière se met sous le pouvoir du diable :
Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. (Romains 6:11-14)
Le chrétien doit refuser la soumission au péché. Il doit refuser dans son esprit, dans son âme et dans son corps de se soumettre au péché. Cela sous-entend une action du chrétien contre le péché. Le Seigneur Jésus, par l’œuvre d’expiation de la croix, nous a délivrés du péché. Il est venu ôter le péché du monde, c’est-à-dire le péché originel qui a enfermé toute la Création dans l’esclavage. Par le sacrifice à la croix nous recevons le pardon de nos péchés. C’est un acquis pour l’Église et pour tous ceux qui, par la foi, entrent dans la Nouvelle Alliance par le sang de Jésus.
L’œuvre de Golgotha donne aux chrétiens toute la capacité de réagir contre le péché. Par cette œuvre, le chrétien a reçu tous les moyens spirituels pour être actif contre le péché. C’est le combat spirituel et c’est le combat de la foi. Ce sont ceux qui ont la foi dans l’œuvre de Golgotha qui peuvent mener ce combat. Ceux dont la foi repose sur les acquis de Golgotha sont capables de s’opposer au péché sous toutes ses formes.
Beaucoup de chrétiens se trompent en croyant que, puisque le Seigneur a tout accompli à la croix, ils n’ont eux-mêmes rien à faire. La vraie foi dans l’œuvre de Golgotha consiste à s’approprier l’acquis de Golgotha pour engager la guerre contre le péché. La guerre consiste non seulement à se défendre mais aussi à mener des actions contre son ennemi. C’est parce que le Christ à la Croix a vaincu le péché que l’Église peut combattre le péché.
Voilà pourquoi dans la Bible les adresses faites aux chrétiens à l’égard du péché sont des injonctions, c’est-à-dire des dispositions à prendre ou des actions à mener de manière concrète. Celui qui néglige de prendre ces dispositions ou de mener les actions prescrites ne manque pas de sombrer à nouveau dans les ténèbres. Nous ne pouvons énumérer de manière exhaustive toutes les injonctions faites par la Bible à l’encontre du péché mais considérons quelques-unes d’entre elles :
• Regardez-vous comme morts au péché. (Romains 6:11)
• Que le péché ne règne pas dans vos corps mortels. (Romains 6:12)
• N’obéissez pas à ses convoitises. (Romains 6:12)
• Ne livrez pas vos membres au péché. (Romains 6:13)
• Rejetons tout fardeau, et le péché qui nous environne si facilement. (Hébreux 12:1)
• N’ayons pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. (Romains 13:14)
Ces quelques injonctions ou recommandations sont adressées aux chrétiens, c’est-à-dire à des hommes et des femmes nés de nouveau selon la volonté de Dieu et qui sont bénéficiaires de l’œuvre accomplie par le Seigneur à la croix. Ces versets montrent de manière évidente que, par rapport au péché, la Bible commande au chrétien une attitude : le rejet. Le chrétien ne doit pas accepter que le péché règne dans son corps, il ne doit pas obéir à ses convoitises. Mais pour y parvenir il y a un combat à mener. Ce combat est un combat perpétuel dans la vie du chrétien jusqu’à ce qu’il quitte son corps.
En effet, celui-ci est le siège de la chair qui ne peut se soumettre à l’action de l’Esprit. C’est la guerre contre le péché dans toutes ses formes, même les plus innocentes. Contre le péché aucune légèreté ne peut être tolérée : « Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché. » (Hébreux 12:4) Contre le péché, le chrétien n’est pas attentiste mais il doit refuser lui-même, sur la base de l’acquis de Golgotha, de se soumettre à ses convoitises ou accepter de se placer à nouveau sous son joug.
Ce qu’il convient de retenir, c’est que chaque chrétien est entièrement responsable de son attitude vis-à-vis du péché. L’œuvre accomplie à la Croix nous donne tous les moyens de combattre le péché et de triompher sur son pouvoir de séduction. Contre le péché il faut lutter jusqu’au sang si cela est nécessaire. La grâce de Dieu signifie que nous avons reçu, par son Fils, pouvoir et autorité pour détruire les œuvres du malin. Pour faire partie de l’armée de Jésus sur la terre, il faut refuser de manière ferme de se soumettre au péché.
Les soldats de Christ sont des hommes et des femmes libres. Ce qui les distingue, c’est la liberté. Tous les autres hommes, quelles que soient leurs croyances ou positions sociales, sont esclaves du péché. À cause des liens de péchés ils sont esclaves et sont sous le pouvoir de Satan. Ils ne peuvent par conséquent pas combattre le diable et son pouvoir. C’est seulement les affranchis qui ont le droit de contester contre l’ancien maître, car l’esclave n’a aucun droit. Être affranchi c’est recevoir des droits qui nous accordent un statut de citoyen libre, même à l’égard de l’ancien maître esclavagiste.
Un homme affranchi de l’esclavage doit veiller sur ses droits pour ne pas tomber sous la domination d’un autre. Cette réalité est encore vraie dans le domaine spirituel. Nous sommes libres parce que Christ nous a affranchis. Les droits perdus depuis le jardin d’Éden nous ont été restitués. Désormais les chrétiens ne sont plus esclaves du péché, des démons et de Satan. Pour mener la guerre contre le diable, il faut conserver son statut d’homme libre. C’est pourquoi le Seigneur dit ceci :
Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : si vous demeurez dans ma parole vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. Ils lui répondirent : nous sommes la postérité d’Abraham, et nous ne fûmes jamais esclaves de personne ; comment dis-tu : vous deviendrez libres ? En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit vous serez réellement libres. (Jean 8:31-36)
Le Fils nous a affranchis pour la liberté et chacun doit veiller sur sa liberté : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. » (Galates 5:1)
Tout homme qui se livre au péché, quelle que soit sa position dans l’Église, devient esclave du péché. Le combat contre le diable et son Royaume est le combat de la lumière contre les ténèbres, le combat de la sainteté contre l’impureté, le combat de la justice contre l’injustice, le combat de la vérité contre le mensonge. Il est impossible de combattre le diable en demeurant dans le péché c’est-à-dire dans les ténèbres du mensonge, de l’injustice ou de l’impureté.
Beaucoup de chrétiens prétendent combattre le diable et les démons mais en réalité ils sont utilisés par celui-ci dans une grande œuvre de séduction contre l’Église. Ils ont la prétention de servir le Seigneur ou de combattre pour Lui, mais en réalité ils sont des instruments du diable, car étant sous son entière domination. Comment est-ce possible qu’un adultère, un fornicateur, un cupide ou un menteur puisse combattre pour la vérité, pour la justice ou la sainteté ? Le combat que nous avons à mener n’est pas contre la chair ou le sang. C’est un combat spirituel c’est-à-dire un combat en esprit. Un homme qui se livre au péché paraît libre sur le plan physique ou naturel mais en esprit il est lié par les puissances des ténèbres.
Tout péché non confessé est un lien en esprit et donne le droit à un démon de nous tenir sous son influence. Tant que le péché demeure, malgré l’œuvre de Golgotha qui est une réalité vivante, nous perdons toute autorité ou tout pouvoir pour combattre et vaincre ce démon. Les soldats de Christ, ce sont des chrétiens armés en esprit contre le péché. Le bon chrétien ce n’est pas celui qui croit qu’il ne commet pas de péchés, mais c’est celui-là qui connaît le chemin de la repentance :
Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. (1 Jean 1:8-9)
Le diable et ses démons ne craignent pas tous ceux qui prétendent les combattre. Certes le nom de Jésus est puissant pour freiner l’élan de tous mauvais esprits, mais ce nom est extrêmement puissant dans la bouche d’un fidèle de Jésus, libre à l’égard du péché. Tout soldat de Jésus qui a des liens de péché dans sa vie n’est pas apte pour le combat spirituel.
La Bible dit que la prière du juste est d’une grande efficacité. Aujourd’hui plusieurs prient, jeûnent et mènent des combats contre le diable, mais sans effet. À cause de la vie de péché et de mondanité dans les assemblées, le diable se joue des serviteurs de Dieu qu’il manipule aisément. Plusieurs se trouvent sous le contrôle des mauvais esprits à cause de l’iniquité qui est en eux. Plusieurs ont été recrutés dans l’Église par Satan pour servir sa cause et créer la diversion parmi les enfants de Dieu. Ils travaillent avec des esprits séducteurs dont les manifestations sont faussement assimilées à l’action du Saint-Esprit. Les transes, les fausses prophéties, les cris et les faux parlers en langues sont malheureusement interprétés comme la présence de Dieu. Mais lorsque nous examinons la vie de ces porteurs de don, c’est la désolation. C’est la vie de mondanité et de péché. Le diable peut faire beaucoup de prouesses dans une assemblée placée sous son contrôle, mais ce qu’il ne peut pas communiquer, c’est la sainteté et la haine du monde. On le reconnaît facilement par le péché et l’amour du monde. C’est cela la marque de sa présence.
Quelle que soit la position d’un frère dans l’Église, si la question du péché dans sa vie n’est pas réglée, il ne peut combattre efficacement dans l’Armée du Seigneur. Ce sont les hommes libres qui combattent pour le Seigneur car dans ce combat, les armes que nous utilisons sont spirituelles et non charnelles. Le diable exploitera toujours les failles qu’il peut trouver dans notre arsenal de guerre. De même qu’un soldat, pour être efficace sur le terrain, doit apprendre à connaître la puissance et la portée de l’armement mis à sa disposition, le soldat de Christ est appelé à connaître l’équipement spirituel mis à sa disposition par son maître et Seigneur pour le combat contre l’ennemi.
La méconnaissance de l’arsenal spirituel du combattant conduit à bien des désastres dans notre armée. Concernant cet équipement spirituel, l’apôtre Paul dit ceci :
Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; revêtez la cuirasse de la justice ; mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix ; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin ; prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. (Éphésiens 6:11-17)
Ici l’apôtre fait une recommandation aux soldats de Christ : revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, prenez toutes les armes de Dieu. La nature du combat et la qualité de l’adversaire exigent que le chrétien prenne toutes les armes de Dieu pour s’en revêtir. Le combat est spirituel, car dirigé contre des entités spirituelles définies comme des dominations et autorités, ou les princes de ce monde des ténèbres, ou encore les esprits méchants dans les lieux célestes.
Si l’apôtre a tenu à faire ces précisions, c’est pour qu’on ne se trompe pas de combat et qu’on prenne toute la mesure de l’ennemi. Comme le combat est spirituel, les armes de Dieu en question le sont aussi tout comme la compréhension de leur signification.
Avant d’aller plus loin, il est bon de savoir que ce passage ne donne pas de manière exhaustive toutes les armes de Dieu pour le combat spirituel. L’apôtre énumère ici quelques armes qui font partie de l’arsenal spirituel du croyant. Ailleurs, il cite encore d’autres armes. Pour la compréhension du sujet, nous nous limiterons à ce qui est décrit ici. Les armes présentées sont les suivantes :
- la vérité : c’est la ceinture sur les reins
- la justice : c’est la cuirasse de protection
- le zèle qui provient de l’Évangile : ce sont les chaussures aux pieds
- la foi : c’est le bouclier pour éteindre les traits enflammés du malin
- le casque : c’est le salut
- l’épée de l’Esprit : c’est la parole de Dieu
Nous voyons, par exemple, que la vérité est une armure dont nous devons nous revêtir. C’est la ceinture sur les reins. Comment se revêt-on de la vérité ? Se revêtir de la vérité comme ceinture ce n’est pas seulement le fait de croire en Jésus qui est la Vérité, la parole de Dieu, mais aussi le fait de vivre la Vérité. Le chrétien qui porte à ses reins la vérité comme ceinture ne ment pas dans sa marche chrétienne et dans ses relations avec tous les autres hommes. Un chrétien qui prétend avoir la Vérité, c’est-à-dire la personne de Jésus, ne doit pas pratiquer le mensonge dans la vie de tous les jours.
Celui qui vit dans le mensonge ne doit pas croire en esprit qu’il porte une ceinture sur les reins. Or celui qui n’a pas de ceinture aux reins ne peut tenir dans le combat spirituel et sombrera facilement dans la fausseté. Un chrétien qui ment délibérément ne doit pas croire, qu’en esprit, il est équipé de la vérité comme ceinture sur les reins. Comme il est mal équipé, le diable pourra le renverser facilement et le mener par le bout du nez dans des doctrines de mensonge. Le drame, c’est que beaucoup de chrétiens tombent sur le champ de bataille faute d’équipement. Leur être intérieur n’est pas équipé. Les mystiques comme les sorciers arrivent aisément à prendre le contrôle de la vie de certains chrétiens par des sorts et sortilèges parce qu’il y a des défaillances dans leur armure.
Un chrétien qui vit dans l’injustice, malgré ses jeûnes et prières, sera toujours atteint par les flèches de ses ennemis car la cuirasse qui nous protège est la justice. Jésus nous a justifiés parce qu’il a été condamné à notre place, mais nous devons vivre la justice et demeurer dans la justice. La justice est une vie, la vérité aussi est une vie. Celui qui vit la justice est dans la justice et il est entièrement protégé. Toutes les armes énumérées plus haut concernent la vie, en d’autres termes se ramènent au caractère et au comportement. Celui qui les pratique est réellement revêtu des armes de Dieu.
Au niveau de l’équipement spirituel il n’y a aucune possibilité de tricher. On peut tromper les frères ou même l’Église, mais la réalité qui se trouve en esprit ne peut être dissimulée devant Dieu. Il est possible qu’un frère fasse beaucoup d’efforts pour paraître juste ou honnête devant les frères. Mais il ne saurait cacher ses forfaits ni devant le Seigneur ni devant les mauvais esprits qui sont parvenus à l’influencer. Dans le combat spirituel, il n’y a pas de place pour la tricherie.
Les démons et le diable reconnaissent l’autorité des vrais soldats de Christ comme ils reconnaissent celle du Seigneur car il s’agit de la même Autorité. Tout soldat du Seigneur équipé et combattant dans la position des fils du Royaume, est repéré par les puissances des ténèbres qui sont obligées de reconnaître son autorité et de se soumettre. C’est celui qui a reçu l’autorité qui peut mener le combat spirituel. Les sept fils de Scéva l’ont appris à leurs dépens. Ils voulaient exercer l’autorité comme Paul, sans avoir expérimenté la délivrance du péché par la foi en l’œuvre de Golgotha.
Les fils du Royaume ayant reçu l’Autorité et la Puissance par leur Roi et Seigneur sont appelés à combattre et à détruire les œuvres du diable par le témoignage de la Vérité comme leur Maître, Jésus. Ce témoignage est le témoignage de la Vie car c’est la vie, qui est la lumière manifestée, qui chasse les ténèbres. Car ainsi qu’il est écrit dans Jean 1:4, dans la parole se trouve la vie, et c’est la vie qui est la lumière qui éclaire les hommes. Celui qui reçoit la parole, reçoit la vie qui est la lumière ayant autorité et pouvoir sur les ténèbres.
Le combat des soldats consiste à manifester la vie et donc la lumière. Celui qui conserve la vie est un témoin véritable, précieux et utile dans l’armée du Seigneur pour repousser et détruire les hordes de ténèbres contre lesquelles le Royaume de Dieu est en guerre. Le règne de Jésus est imminent. Avant ce règne que toute la Création attend, il y a la guerre. Les fils du Royaume sont appelés au combat contre Babylone pour la détruire. Dans le Royaume de Dieu il y a un appel à la guerre. Les soldats sont appelés à la guerre. Celui qui est de l’armée de Jésus doit se lever pour la guerre.
Chapitre IV : la loi qui gouverne le Royaume de Dieu
Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. Car je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. (Matthieu 5:17-18)
Le Royaume de Dieu comme tous les autres Royaumes est régi par des normes ou lois qui sont applicables aux citoyens du Royaume. Les Royaumes ou nations de la terre sont déterminés par trois éléments principaux qui sont un territoire, un peuple et une loi fondamentale qui régit les rapports entre les citoyens. De même, le Royaume de Dieu obéit à une structure similaire. Le Royaume de Dieu est en Esprit et doit s’établir dans toute la Création car le règne du Seigneur s’établit des cieux jusqu’aux extrémités de la terre. Il a un peuple légitime qui est composé de l’ensemble des rachetés. Il a aussi une loi qui le régit. C’est la loi du Royaume de Dieu. L’un des sujets mal compris dans l’Église est celui de la loi. Est-ce que l’Église est soumise à la loi ? Ou bien existe-t-il une loi dans l’Église ? La loi s’applique-t-elle sous la grâce ? Existe-t-il une loi sous la grâce ? La réponse à ces interrogations permettra certainement de cerner les contours du problème.
I- À l’origine : la loi de Moïse ou l’ancienne alliance
Dans le pays d’Égypte les Juifs étaient régis par les lois égyptiennes. Ils étaient donc soumis aux lois de l’Égypte. Lorsqu’ils sont sortis d’Égypte par la puissante main de Dieu, ils étaient appelés à former un peuple à part entière. C’était le dessein de Dieu que la descendance d’Abraham, par Jacob, forme un grand peuple qui aurait pour vocation de l’adorer et de le servir comme Abraham leur père l’avait adoré et l’avait servi. Avant que la loi ne fût donnée, l’Éternel a exprimé ses vœux à l’endroit des enfants d’Israël :
Moïse monta vers Dieu : et l’Éternel l’appela du haut de la montagne, en disant : Tu parleras ainsi à la maison de Jacob, et tu diras aux enfants d’Israël : Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Égypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi. Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrez entre tous les peuples, car toute la terre est à moi ; vous serez pour moi un Royaume de sacrificateurs et une nation sainte. Voilà les paroles que tu diras aux enfants d’Israël. Moïse vint appeler les anciens du peuple, et il mit devant eux toutes ces paroles, comme l’Éternel le lui avait ordonné. Le peuple tout entier répondit : Nous ferons tout ce que l’Éternel a dit. Moïse rapporta les paroles du peuple à l’Éternel. (Exode 19:3-8)
L’objectif de Dieu était de faire de ce peuple un Royaume de sacrificateurs et une nation sainte. Pour que ce but soit atteint, il fallait rassembler ce peuple dans une unité homogène encadrée et régie par un dispositif légal qui détermine les normes et les nouvelles valeurs à observer. Il a décidé de s’approprier le peuple d’Israël d’entre tous les peuples de la terre. L’adhésion du peuple étant nécessaire, il l’a appelé à une alliance. Une alliance, pour qu’elle soit valable, doit recevoir l’adhésion formelle des parties en présence. Voilà pourquoi le peuple devait se prononcer sur les propositions de l’Éternel.
Moïse, après avoir fait connaître la parole de l’Éternel à Israël, devait aussi rapporter la réponse du peuple au Seigneur. Ce qu’il convient de noter, c’est que la loi donnée à Moïse contient les termes de l’alliance que le Seigneur a contractée avec le peuple d’Israël. Par définition, une alliance peut être considérée comme un traité, ou un contrat social qui contient pour chaque partie des obligations et des devoirs. C’est par le sang que cette alliance a été scellée.
Il n’existe pas d’alliance sans prescriptions, sans lois ou obligations entre les différentes parties. Ainsi, la loi de Moïse comprend des commandements, des prescriptions qui régissent la société (lois civiles) et des prescriptions relatives à l’adoration (lois sacerdotales). Avant que le sang ne vienne sceller l’alliance, il y a des paroles ou prescriptions que les parties ont acceptées et sont tenues de respecter. Ce sont ces paroles ou prescriptions qui constituent les termes de l’alliance. La loi de Moïse est l’ensemble des prescriptions que devait observer le peuple juif pour que le Seigneur atteigne son objectif : avoir un Royaume de sacrificateurs et une nation sainte. La loi était le moyen d’atteindre cet objectif.
C’est ainsi que la loi régissait tous les rapports entre les Juifs. Tous les aspects de la vie des Juifs étaient codifiés. C’est la loi qui définit ce qui est mal et ce qui est bien. C’est la loi qui définit le péché, c’est-à-dire la transgression de la loi. Tout ce qui est transgression est défini dans la loi. La connaissance de la transgression vient des dispositions de la loi. La loi n’est pas mauvaise, elle est sainte. Le commandement n’est pas mauvais, il est saint, juste et bon :
Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là ! Mais je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’eût dit : Tu ne convoiteras point. Et le péché, saisissant l’occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises ; car sans loi le péché est mort. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché saisissant l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c’est le péché, afin qu’il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point. (Romains 7:7-12)
Le problème du peuple juif ce n’est pas la loi. Le problème ne se trouve pas dans les dispositions de la loi. Ce n’est pas la loi qui a échoué mais c’est le peuple juif qui a échoué dans l’observation de la loi. Il y avait en eux une incapacité à observer la loi dans toutes ses saintes dispositions. Les rapports du peuple juif avec la loi ont été difficiles. Les autres peuples des nations étaient libres sur la terre. Ils vivaient selon leurs coutumes et pouvaient adorer leurs dieux selon leur convenance. La loi de Moïse ne pouvait pas leur être appliquée. Ils vivaient dans les souillures, dans les abominations et dans l’idolâtrie sans le jugement de la loi.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Seigneur s’est choisi un peuple : le peuple juif. Par l’alliance contractée, ce peuple est devenu son peuple et doit se soumettre aux termes de cette alliance. L’objectif de la loi, c’est la sainteté. Mais le peuple juif par la désobéissance à cette loi se rendait coupable de transgression, c’est-à-dire de péché. Voilà pourquoi l’apôtre Paul dit : « je n’ai connu le péché que par la loi. » (Romains 7:7) Ce n’est pas que la loi a créé le péché en moi, mais je n’ai été conscient du péché que par les dispositions de la loi. Ainsi la loi, par ses commandements, a révélé le péché en moi et mis à nu mon incapacité notoire à obéir aux prescriptions de Dieu.
La clé de compréhension de l’échec des Juifs à honorer les termes de l’alliance conclue avec l’Éternel est : « Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. » (Romains 7:14) Par ce passage, nous comprenons que la loi de Moïse est une loi spirituelle. C’est une loi de l’esprit alors que les Juifs étaient charnels. Ils vivaient dans la chair et n’avaient aucun moyen pour vivre en esprit afin d’obéir intégralement à la loi qui est venue du ciel.
Les Juifs étaient devant un grand dilemme : par vocation, ils désiraient observer la loi mais dans la pratique ils étaient incapables de l’observer dans toutes ses exigences. Quelle que soit leur bonne volonté, ils ne pouvaient obéir à la loi donnée dans l’Ancienne Alliance.
Le problème est lié à la nature de l’homme. Pas seulement des Juifs, mais tout homme qui voudrait obéir à cette loi ne saurait y parvenir. La loi est spirituelle, mais l’homme est charnel vendu au péché. L’homme vendu au péché signifie qu’il n’est pas libre mais qu’il est esclave du péché ; son maître c’est le péché qui est opposé à l’obéissance de la loi. En d’autres termes, tant qu’il demeure esclave du péché, il est pratiquement impossible pour lui d’obéir à la loi. Car le péché habitant dans l’homme l’a lié par la loi de péché qui agit dans ses membres charnels :
Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par-là que la loi est bonne. Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? […] (Romains 7:15-24)
Avant la loi de Dieu, il y a dans l’homme la loi du péché qui s’est rendu maître de lui et qui agit dans ses membres charnels. Il y a une lutte interne entre ces deux lois : l’homme intérieur aime la loi de Dieu, mais l’homme charnel est entièrement lié par la loi de péché. L’homme intérieur voudrait se défaire de la domination du corps de péché, appelé aussi vieil homme, qui n’aime pas la loi de Dieu et qui ne peut pas s’y soumettre, hélas.
Voilà pourquoi l’apôtre Paul pose la question : « Qui me délivrera de ce corps de mort ? » (Romains 7:24) Nous voyons que le dessein de l’homme intérieur, c’est d’obéir à la loi de Dieu. Il a en lui une aspiration à obéir à la loi dans son entendement mais à cause de ce qu’il demeure esclave du péché, il marche constamment dans la désobéissance à cette loi : « Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché. » (Romains 7:25)
La loi de Moïse a permis de révéler le péché dans l’homme, de démontrer ensuite que l’homme esclave du péché n’était pas en mesure d’obéir à la loi de Dieu. Elle a condamné sans aucune mesure le péché. Comme le texte de Romains 7 le montre, le problème se trouve dans la nature de vie qui est dans l’homme. Ce n’est pas la loi dans ses dispositions qui était mauvaise, mais c’est l’homme qui a une nature de péché insoumise à la parole de Dieu.
La loi dans ses dispositions n’a pas changé cette nature et elle ne pouvait pas la changer. L’Ancienne Alliance a été scellée par le sacrifice, c’est-à-dire par l’aspersion du sang sur le peuple. Ce sacrifice était pour l’expiation des péchés du peuple :
Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, et de l’hysope ; et il fit l’aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant : Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a ordonnée pour vous. Il fit pareillement l’aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tous les ustensiles du culte. Et presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n’y a pas de pardon. (Hébreux 9:19-20)
Ainsi, c’est avec le sang des veaux et des boucs que cette alliance a été scellée. Ici la fonction du sang, c’était la purification du peuple et de tout ce qui devait servir dans l’adoration. Gardons toujours à l’esprit que l’objectif de Dieu dans l’Ancienne Alliance est d’avoir un peuple saint capable d’accomplir les fonctions sacrées du sacerdoce. La fonction du sang dans cette alliance était de sanctifier le peuple afin de lui permettre d’accomplir le sacerdoce, le sacerdoce étant la dignité et la fonction du ministre du culte. Tout le peuple était appelé à constituer un Royaume de sacrificateurs. L’Éternel voulait un peuple d’adorateurs. Or, sans la sainteté il n’y a pas d’adorateurs. Notre Seigneur est Saint et ceux qui l’adorent doivent aussi être saints. Ce sont les saints qui peuvent adorer Dieu.
L’Ancienne Alliance a connu des limites parce que l’objectif du Seigneur n’a pas pu être atteint.
II- Les causes de l’échec dans l’ancienne alliance
Pour comprendre le fondement de la Nouvelle Alliance, il faut examiner les causes de l’échec de l’Ancienne Alliance. Comme exposé plus haut, une alliance est un traité ou un accord entre des parties. Il arrive que les parties ou une des parties n’arrivent pas à respecter les termes du traité signé. Ici, il y a deux parties : l’Éternel Dieu et le peuple juif. Les paroles que le Seigneur a adressées par Moïse au peuple et qui sont des commandements et des prescriptions, sont les termes de l’alliance. Le sang des boucs et des taureaux a scellé cette alliance et avait pour fonction de purifier le peuple afin de l’introduire dans le sacerdoce, c’est-à-dire dans l’adoration du Seigneur. Ce sont tous ces éléments qui participent à l’Ancienne Alliance. Alors, qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
La première observation c’est que l’une des parties est infaillible et ne peut donc violer les termes de cette alliance. La Bible dit de l’Éternel qu’il est fidèle à son alliance. C’est ce qu’il rappelle à Israël : « Je reste fidèle à l’alliance que j’ai faite avec vous quand vous sortîtes de l’Égypte, et mon esprit est au milieu de vous ; Ne craignez pas ! » (Aggée 2:5) La fidélité et la loyauté appartiennent à l’Éternel. Ce n’est pas lui qui a brisé les termes de l’Ancienne Alliance. Entre les parties, c’est bien le peuple d’Israël qui n’a pas gardé l’alliance :
L’Éternel fit avertir Israël et Juda par tous ses prophètes, par tous les voyants, et leur dit : Revenez de vos mauvaises voies, et observez mes commandements et mes ordonnances, en suivant entièrement la loi que j’ai prescrite à vos pères et que je vous ai envoyée par mes serviteurs les prophètes. Mais ils n’écoutèrent point, et ils raidirent leur cou, comme leurs pères, qui n’avaient pas cru en l’Éternel, leur Dieu. Ils rejetèrent ses lois, l’alliance qu’il avait faite avec leurs pères, et les avertissements qu’il leur avait adressés. Ils allèrent après des choses de néant et ne furent eux-mêmes que néant, et après les nations qui les entouraient et que l’Éternel leur avait défendu d’imiter. Ils abandonnèrent tous les commandements de l’Éternel, leur Dieu, ils se firent deux veaux en fonte, ils fabriquèrent des idoles d’Astarté, ils se prosternèrent devant toute l’armée des cieux, et ils servirent Baal. Ils firent passer par le feu leurs fils et leurs filles, ils se livrèrent à la divination et aux enchantements, et ils se vendirent pour faire ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, afin de l’irriter. Aussi l’Éternel s’est-il fortement irrité contre Israël, et les a-t-il éloignés de sa face. Il n’est resté que la seule tribu de Juda. Juda même n’avait pas gardé les commandements de l’Éternel, son Dieu, et ils avaient suivi les coutumes établies par Israël. L’Éternel a rejeté toute la race d’Israël ; il les a humiliés, il les a livrés entre les mains des pillards, et il a fini par les chasser loin de sa face. (2 Rois 17:13-20)
Ce passage résume clairement l’infidélité du peuple d’Israël à l’Ancienne Alliance, à la loi de Moïse. La conséquence est que le Seigneur les a chassés loin de sa face en les humiliant devant les nations. Le Seigneur a été fidèle dans toutes les dispositions de la loi. Même les malédictions qu’il a fait venir sur Israël et Juda étaient contenues dans les termes de l’alliance. Il se devait d’appliquer à la lettre toutes les dispositions de l’alliance. C’est ce que reconnaît Daniel, l’un des captifs de Juda emmenés en déportation à Babylone :
Seigneur, à nous la confusion de face, à nos rois, à nos chefs, et à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. Auprès du Seigneur, notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous avons été rebelles envers lui. Nous n’avons pas écouté la voix de l’Éternel, notre Dieu, pour suivre ses lois qu’il avait mises devant nous par ses serviteurs, les prophètes. Tout Israël a transgressé ta loi, et s’est détourné pour ne pas écouter ta voix. Alors se sont répandues sur nous les malédictions et les imprécations qui sont écrites dans la loi de Moïse, serviteur de Dieu, parce que nous avons péché contre Dieu. Il a accompli les paroles qu’il avait prononcées contre nous et contre nos chefs qui nous ont gouvernés, il a fait venir sur nous une grande calamité, et il n’en est jamais arrivé sous le ciel entier une semblable à celle qui est arrivée à Jérusalem. Comme cela est écrit dans la loi de Moïse, toute cette calamité est venue sur nous ; et nous n’avons pas imploré l’Éternel, notre Dieu, nous ne nous sommes pas détournés de nos iniquités, nous n’avons pas été attentifs à ta vérité. L’Éternel a veillé sur cette calamité, et l’a fait venir sur nous ; car l’Éternel, notre Dieu, est juste dans toutes les choses qu’il a faites, mais nous n’avons pas écouté sa voix. (Daniel 9:8-14)
Daniel reconnaît que l’Éternel est juste quand il a fait venir la calamité sur Israël, car cela est conforme aux dispositions de la loi.
Plus haut, nous avons montré que la loi était bonne, sainte et spirituelle mais que l’homme, juif ou païen était charnel et incapable d’obéir à cette loi. Nous nous souvenons également que c’est par le sang que l’alliance conclue a été scellée. La fonction du sang étant de sanctifier le peuple et tous les instruments participant au sacerdoce. En principe, puisque le sang était disponible pour la sanctification, le peuple aurait dû parvenir à la sainteté par l’obéissance de la loi. Ce sang était-il capable de régler le problème de l’homme qui est le péché ? Car l’homme par la désobéissance en Éden est devenu esclave du péché. La réponse de la Bible est claire :
En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. Autrement, n’aurait-on pas cessé de les offrir, parce que ceux qui rendent ce culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de leurs péchés ? Mais le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices ; car il est impossible que le sang des taureaux et des boucs ôte les péchés. (Hébreux 10:1-4)
La réponse à cette interrogation nous amène à découvrir un deuxième niveau de problème. Le sang des boucs et des taureaux dans sa fonction de sanctification est limité. En effet, il ne peut ôter le péché. Même si le transgresseur de la loi pouvait obtenir le pardon pour ne pas être frappé par la mort, il repartait avec le souvenir de son péché dans sa conscience, c’est-à-dire en l’homme intérieur. Il demeurait sous le poids de la culpabilité.
Le sang des animaux ne pouvait pas délivrer l’homme des chaînes du péché. Il faut quelque chose de plus puissant. Les imperfections notées dans l’Ancienne Alliance se trouvent donc à deux niveaux : la nature de l’homme et le sang du scellement. Ce sont ces deux éléments qu’il faut changer pour aller à une Nouvelle Alliance :
En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. Car c’est avec l’expression d’un blâme que le Seigneur dit à Israël : Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle, Non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte ; car ils n’ont pas persévéré dans mon alliance, et moi aussi je ne me suis pas soucié d’eux, dit le Seigneur. (Hébreux 8:7-9)
III- La promesse d’une nouvelle alliance
La promesse d’une Nouvelle Alliance est donnée au peuple d’Israël depuis l’Ancien Testament. C’est par le prophète Jérémie qu’il a donné cette promesse. Le contexte, c’était la déportation de Juda, la destruction de Jérusalem et celle du temple de l’Éternel. Au moment où les jugements de l’Éternel s’abattaient sur le peuple à cause de leur désobéissance à la loi de Moïse, une Nouvelle Alliance est annoncée en remplacement de l’Ancienne Alliance :
Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Éternel : je mettrai ma loi au-dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant : connaissez l’Éternel ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. (Jérémie 31:33-34)
La promesse que fait l’Éternel, c’est que cette fois-ci, Il mettra la loi au-dedans d’eux, Il l’écrira dans leur cœur. Déjà nous pouvons constater que la Nouvelle Alliance concerne toujours la loi de Dieu qui maintenant sera mise au-dedans de l’homme, inscrite sur son cœur. C’est une grande promesse pour les Juifs. Ils n’ont pas pu obéir aux termes de l’Ancienne Alliance contractée sous Moïse, ce qui leur a valu le jugement et les châtiments de Dieu, mais cette Nouvelle Alliance annoncée va plus loin, car ce n’est plus sur des tables de pierre mais sur le cœur qu’elle sera inscrite. Quand cela sera accompli, l’objectif de Dieu sera atteint : celui d’avoir un peuple saint pour accomplir le sacerdoce. Voilà pourquoi il affirme : « et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. » (ibid.) En mettant sa loi dans l’homme intérieur, en l’inscrivant sur son cœur, l’objectif de Dieu est de mener une action en faveur de l’homme pour le rendre capable d’obéir à la loi de Dieu.
Ce qui change de manière fondamentale, c’est que dans la Nouvelle Alliance, la loi n’est pas extérieure à l’homme mais elle est ancrée en l’homme de sorte que personne ne dira : « connaissez l’Éternel ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel. » (ibid.) Les termes de cette promesse montrent également que le problème du péché sera réglé de manière définitive : « car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. » (ibid.) En définitive la Nouvelle Alliance vient avec la solution pour pallier l’incapacité de l’homme à obéir à la loi de Dieu.
IV- La nouvelle alliance : une alliance de l’Esprit adressée à des hommes spirituels
De même que l’Ancienne Alliance est constituée de l’ensemble des commandements et prescriptions ou ordonnances contenues dans ce qui est appelé « loi de Moïse », ainsi la Nouvelle Alliance comprend, elle aussi, des commandements et prescriptions. Comme nous l’avons vu plus haut, une alliance est un traité, un accord ou un contrat entre des parties. La Nouvelle Alliance est une loi qui s’applique dans le Royaume de Dieu. Elle contient des commandements et des prescriptions qui régissent le sacerdoce en Jésus-Christ, et les rapports entre les citoyens du Royaume. Il ne saurait y avoir une alliance sans ordonnances ou prescriptions entre les parties.
Les parties concernées sont le Christ et les rachetés. La Nouvelle Alliance est conclue entre le Seigneur Jésus et ceux qu’il a rachetés par son sang. Tous ceux qui acceptent le sacrifice fait par Dieu par l’offrande de son Fils comme victime expiatoire et propitiatoire entrent dans la Nouvelle Alliance. Par l’œuvre de rachat à Golgotha, le Seigneur a accompli la promesse concernant la Nouvelle Alliance décrite dans Jérémie. En effet, l’œuvre de Golgotha règle de manière fondamentale et définitive les insuffisances constatées dans l’Ancienne Alliance.
Nous avons constaté plus haut que les Juifs, par leur nature charnelle, n’avaient aucun moyen de parvenir à l’observation de toutes les exigences de la loi et que le sang des boucs et des taureaux ne pouvait ôter le péché. Pour que la Nouvelle Alliance permette au Seigneur d’atteindre son objectif originel qui est d’avoir un peuple saint pour assurer le sacerdoce, il faut que le problème de la nature de l’homme héritée d’Adam soit réglé et que la culpabilité de l’homme à l’égard du péché soit ôtée.
Dans la Nouvelle Alliance, il ne s’agit pas d’annuler la loi de Dieu dans son essence mais d’amener l’homme dans une position où il aura tous les moyens pour obéir à la loi de Dieu. La loi ne peut être abolie parce qu’elle est la parole de Dieu. La perfection sera manifestée dans l’homme quand il parviendra à mettre en pratique toute la loi. Voilà pourquoi le Seigneur a déclaré : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir mais pour accomplir. » (Matthieu 5:17)
L’objectif de Dieu est d’amener l’homme à observer sa loi. Voilà pourquoi il a annoncé une nouvelle naissance en Christ et donné le Saint-Esprit. Le but ultime du salut en Jésus-Christ est d’amener l’homme à observer les commandements de Dieu. Deux notions fondamentales font leur apparition dans la Nouvelle Alliance : la nouvelle naissance et le baptême de l’Esprit.
Par la nouvelle naissance obtenue grâce à la puissance de l’Évangile de Christ, l’homme passe de l’état charnel à celui d’homme spirituel. Il reçoit le Saint-Esprit pour être conduit dans l’obéissance à la loi de Dieu :
Je vous retirerai d’entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous ramènerai dans votre pays. Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères ; vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. (Ézéchiel 36:24-28)
La nouvelle naissance est la solution donnée par le Seigneur en vue de régler le problème de l’incapacité de l’homme à observer les commandements de Dieu. L’homme né de la femme vient au monde avec une nature totalement soumise au péché. C’est la nature charnelle appelée aussi l’homme animal en référence au serpent qui a communiqué cette nature à l’homme. La nouvelle naissance est une vraie naissance. L’homme naturel entre dans le monde par une naissance naturelle au travers d’une femme, mais l’homme spirituel entre dans le Royaume de Dieu par une naissance spirituelle au moyen de la parole de Dieu et de l’Esprit de Dieu. Cette naissance vient par la puissance de Dieu dans le cœur de l’homme qui met sa foi dans la parole de Dieu. Le « cœur nouveau » et « l’esprit nouveau » signifient la régénération qui s’opère dans l’âme et l’esprit de l’homme. C’est une naissance de l’Esprit. Celui qui est né de l’Esprit reçoit en Esprit la capacité de vivre et de marcher en Esprit.
La nouvelle naissance a pour vocation de mettre un terme à la vie de l’homme animal, soit le vieil homme. Il faut que l’homme animal meure afin que l’homme spirituel vienne à la vie par la puissance de résurrection contenue dans l’Évangile. En d’autres termes, le chrétien expérimente la mort et la résurrection de Jésus. Son vieil homme a été crucifié à la croix et il est mort ; à la résurrection, son homme intérieur est revenu à la vie par l’Esprit. C’est la naissance de l’homme spirituel. C’est ce que l’apôtre Paul explique :
Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est libre du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. (Romains 6:2-11)
Selon sa promesse, le Seigneur met son Esprit dans l’homme pour que celui-ci puisse être conduit. Celui qui est né de nouveau et qui est baptisé du Saint-Esprit peut suivre les ordonnances de Dieu, observer et pratiquer la loi de Dieu. C’est pour marcher selon la loi de Dieu que le chrétien passe par la nouvelle naissance et le baptême de l’Esprit. La loi de Dieu est spirituelle et s’adresse à des hommes spirituels. Cette loi n’est valable que dans le Royaume de Dieu où vivent des hommes spirituels. L’Église de Jésus est en esprit et elle est composée d’hommes et de femmes qui sont devenus « esprits ». La loi de Dieu leur est applicable à tous les points de vue. Pour eux, il n’y a aucune excuse car tous les moyens nécessaires pour obéir à la loi de Dieu leur ont été donnés, à savoir : le sang de Jésus, la nouvelle naissance ainsi que le Saint-Esprit.
V- La loi du Royaume supérieure par ses exigences à la loi de Moïse
La loi du Royaume par ses exigences est supérieure à la loi de Moïse parce qu’elle a pour but de permettre aux fils du Royaume de Dieu de parvenir à la perfection. La perfection des fils de Dieu sera obtenue par l’accomplissement de la loi en chacun d’eux. Car la loi du Royaume est la loi du ciel, en d’autres termes la loi de la sainteté, la loi de la pureté, c’est-à-dire la loi parfaite exprimant la justice de Dieu. La perfection n’est possible pour les fils qu’en obéissant à la loi du Royaume. C’est elle qui régit la sainteté dans le ciel. La loi de Moïse, en son temps était une image de la loi céleste, les ordonnances et les prescriptions qui en ont découlé étaient l’ombre des ordonnances et commandements qui régissent la sainteté dans la présence de Dieu.
Le peuple d’Israël était un peuple charnel appelé dans la présence de Dieu et, pour lui permettre d’être admis dans Sa présence, il lui fallait de la sainteté et de la pureté pour ne pas mourir. La loi de Moïse contient les éléments nécessaires à l’adoration pour des hommes terrestres. Elle tient compte de l’imperfection innée dans l’homme qui est le résultat de la désobéissance en Éden. L’Église n’est pas soumise à cette loi. Elle est soumise à la loi supérieure qui régit la sainteté devant Dieu. C’est une loi de l’Esprit adressée à des hommes spirituels.
Au commencement de l’Église, les frères étaient tous Juifs, donc issus du judaïsme. Le passage de la loi de Moïse à la foi n’a pas été sans difficultés. Ils avaient reçu l’Évangile de la grâce mais plusieurs avaient des problèmes avec certains points des exigences de la loi de Moïse, car ils avaient en eux le désir de conserver certaines pratiques qui étaient devenues une tradition marquée dans leur conscience. Il fallait dès le départ ôter cette confusion.
C’est l’apôtre Paul qui a reçu le mandat d’expliquer le salut, la grâce et la foi en montrant l’évolution de l’ancienne à la Nouvelle Alliance. Il s’est attelé à expliquer que l’homme ne peut être justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi. Tout au long des épîtres qui en parlent, le lecteur peut sentir comme une opposition entre la foi et les œuvres. Il est important de lever toute équivoque car il n’y a aucune confusion dans les écrits de Paul. La juste compréhension est certes difficile mais la pensée du Seigneur exprimée par Paul est claire :
Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché. Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. Par quelle loi ? Par la loi des œuvres ? Non, mais par la loi de la foi. Car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. Ou bien Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? Ne l’est-il pas aussi des païens ? Oui, il l’est aussi des païens, puisqu’il y a un seul Dieu, qui justifiera par la foi les circoncis, et par la foi les incirconcis. Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi. (Romains 3:20-31)
Avant tout commentaire de ces versets, il faut garder à l’esprit que les païens n’ont pas commencé à adorer Dieu avec la loi de Moïse. Lorsque Paul dit que nul ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la loi, il dit cela en rapport avec les frères chrétiens issus du judaïsme qui avaient connu la loi de Moïse. C’est à cause d’eux qu’il parle ainsi car pour nous les païens, nous n’avions pas connaissance de cette loi et n’avons eu aucun rapport avec elle. Notre adoration commence par la foi en l’œuvre accomplie par le Seigneur à Golgotha.
Les chrétiens juifs passent de la loi à la foi. Mais en ce qui concerne le Salut en Christ, nous avons la même espérance. Nous sommes placés dans une seule et même position en Christ. Ils ne bénéficient pas de privilèges particuliers et ne sont pas non plus soumis à des exigences particulières du fait qu’ils ont connu la loi. Nous sommes tous sauvés par grâce et par le moyen de la foi.
Paul montre que non seulement les païens, mais l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. Que le païen soit justifié par la foi sans les œuvres de la loi, cela est d’une évidence indiscutable puisqu’il n’a jamais connu la loi pour espérer être justifié par ses œuvres. Voilà pourquoi il dit : « Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoignage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. » (Romains 3:21) En d’autres termes, la foi vient marquer la fin de la loi, celle de Moïse : « car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient. » (Romains 10:4)
La loi de Moïse a régi le peuple d’Israël jusqu’à Jésus-Christ. Dès lors que le sacrifice promis a été accompli, elle n’est plus valable ni pour les Juifs, ni pour quiconque. Par ce sacrifice nous entrons dans une Nouvelle Alliance qui annule l’Ancienne Alliance. Paul insiste pour montrer à ses frères juifs devenus chrétiens, qu’ils ne doivent pas perpétrer une quelconque œuvre issue de la loi pour espérer atteindre la justice.
Les Juifs ont espéré atteindre la justice par la loi de Moïse mais en réalité ils n’avaient pas connaissance de la justice de Dieu. Ils croyaient que, par leurs œuvres, ils pouvaient satisfaire Dieu mais cela était impossible. La justice de Dieu n’est pas parcellaire mais elle est totale, complète. On ne peut pas réaliser cette justice en partie, elle est par essence parfaite, donc complète. Voilà pourquoi est maudit de la même manière celui qui ne pratique pas du tout la loi et celui qui pratique en partie la loi. Les deux ont le même sort. Ainsi Paul rappelle aux chrétiens qui voulaient satisfaire à certaines exigences de la loi de Moïse qu’ils étaient tenus de pratiquer toute la loi.
Alors si la loi de Moïse n’est pas applicable dans le Royaume de Dieu, c’est-à-dire dans la Nouvelle Alliance, existe-t-il une autre loi ? Pourquoi le Seigneur Jésus proclame-t-il qu’il n’est pas venu pour abolir la loi mais pour l’accomplir ? S’il est venu non pour abolir mais pour accomplir la loi alors pourquoi est-il écrit que Christ est la fin de la loi ?
Lorsque Paul parle de la loi en rapport avec les Juifs il parle de la « loi des œuvres » ou encore « des œuvres de la loi ». En effet, dans plusieurs passages, il affirme clairement que l’homme ne peut être justifié par les œuvres de la loi :
Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. Par quelle loi ? Par la loi des œuvres ? Non, mais par la loi de la foi. Car nous pensons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. (Romains 3:27-28)
Dans ce passage il parle de la loi des œuvres et de la loi de la foi. La nouvelle notion que nous découvrons c’est la loi de la foi. Elle s’oppose à la loi des œuvres ou aux œuvres de la loi.
Dans Romains, Paul explique que les Juifs cherchaient une loi de justice mais ne sont pas parvenus à cette loi, tandis que les païens qui ne cherchaient pas la justice l’ont obtenue par la foi. Les Juifs n’ont pas eu accès à cette loi de justice parce qu’ils la cherchaient par les œuvres et non par la foi :
Que dirons-nous donc ? Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, tandis qu’Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu’Israël l’a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. (Romains 9:30)
Nous comprenons aisément qu’Israël a reçu une loi de justice mais qu’il n’a pas pu atteindre cette loi de justice à cause du moyen utilisé pour l’atteindre. Il la cherchait non par la foi mais comme provenant des œuvres. En d’autres termes, dans son principe fondamental, il était possible de parvenir à la justice dans la loi mais par la foi. À ce moment on ne parle plus de la loi des œuvres mais de la loi de la foi. Or, la foi est par son essence le domaine de l’esprit. Comme la loi est spirituelle car émanant du ciel, le moyen pour l’atteindre ne peut être que par l’esprit. Les Juifs ont échoué car ils voulaient atteindre cette justice par les œuvres prescrites dans la loi elle-même. Ceci est capital pour une bonne compréhension de la foi et de ses implications.
La question fondamentale qu’on pourrait se poser est de savoir s’il était possible que quelqu’un parvienne à cette loi de justice par la foi dans l’Ancienne Alliance ? Comme nous l’avons montré plus haut, l’ensemble des Écritures rendent le témoignage que cela n’est pas possible. En effet, de l’Ancienne Alliance la Bible dit ceci :
Or, nous savons que tout ce que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché. (Romains 3:19-20)
Mais que dit la Bible à propos de la Nouvelle Alliance ?
Maintenant, la justice de Dieu est manifestée sans la loi. La loi et les prophètes rendent témoignage de la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. (Romains 3:21-24)
C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je, de montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus. Où donc est le sujet de se glorifier ? Il est exclu. Par quelle loi ? Par la loi des œuvres ? Non, mais par la loi de la foi. (Romains 3:25-27)
La loi de Moïse dans son essence est spirituelle, mais elle contenait des prescriptions adressées à des hommes charnels. Pendant tout le temps que cette loi était applicable, le problème fondamental de l’homme n’était pas réglé. Ce problème c’est la chair. Lorsque Paul parle des œuvres de la loi, ou même de la loi des œuvres, il parle des prescriptions essentielles pour les Juifs dans leur adoration, mais qui appellent d’abord à une obéissance charnelle. Lorsqu’elle prescrit par exemple la circoncision de tout mâle au huitième jour ou le sacrifice de culpabilité pour le pécheur, cela est juste et conforme à la volonté de Dieu. Ou même encore, lorsqu’elle légifère sur le Sabbat. En pratiquant cela, les Juifs obéissaient certes à cette loi mais par leurs propres efforts qui émanaient de la chair.
Celui qui fait circoncire son fils au huitième jour de sa naissance fait bien, de même que celui qui offre pour son péché un sacrifice de culpabilité. Celui qui obéit aux commandements donnés sur le sabbat fait aussi une bonne œuvre conforme à la parole de Dieu. La circoncision exigée par la loi de Moïse ou le sacrifice de culpabilité étaient des dispositions aménagées par Dieu pour les Juifs appelés devant Lui, en attendant que le problème fondamental de l’homme soit réglé. Ce problème a été pleinement réglé en Jésus-Christ. En Christ le vrai sacrifice a été accompli et la vraie circoncision est possible, c’est celle du cœur. Concernant le sabbat, il était donné comme symbole du vrai repos qui n’est possible qu’en Jésus-Christ.
La loi de Moïse est d’accord avec cela car c’est en vue d’introduire l’homme dans cette dimension qu’elle a été donnée comme pédagogue selon Paul, c’est-à-dire préparant les hommes à entrer dans une Nouvelle Alliance avec Dieu. Dans cette Nouvelle Alliance on parle de la foi ou de la loi de la foi ou encore de la loi de l’esprit de vie.
Maintenant est-ce que la loi de Moïse est abolie ? Oui et non. Dans son essence ou son fondement, qui est spirituel, elle ne peut être abolie car elle n’est pas différente de la loi de l’Esprit, c’est la parole de Dieu. Mais en ce qui concerne ses prescriptions ou dispositions qui n’étaient que la voie ou le chemin pour entrer dans la vraie adoration, oui. Comme Jésus l’a annoncé à la femme samaritaine, l’adoration a changé. De la montagne à Jérusalem, l’adoration a connu certes une évolution, mais maintenant Jésus parle de la réalité de la vraie adoration. Maintenant qui peut adorer ?
Ce n’est plus celui qui est juif ou qui ne l’est pas mais c’est celui qui est spirituel. La vraie adoration est en Esprit parce que celui à qui elle est adressée est Esprit. Maintenant, sur la terre, la loi de Dieu a été accomplie pleinement mais dans un seul homme, Jésus. Il a affirmé ceci : « je suis venu non pas pour abolir la loi, mais pour l’accomplir. » (Matthieu 5:17) L’objectif principal de Jésus en venant dans le monde était d’accomplir la loi. Il est venu pour cela. Dès lors, les prescriptions ou dispositions de Moïse comme chemin pour atteindre la justice ne sont plus nécessaires, ce sont les « œuvres de la loi » car les cœurs qui les pratiquaient, demeuraient inchangés.
Comme en Jésus la loi a été parfaitement ou pleinement accomplie, Il est alors le seul chemin pour entrer dans la justice de Dieu. Par quel moyen ? Par le moyen de la foi. La foi peut-elle annuler la loi ? Non, car c’est le seul moyen que nous avons par Jésus-Christ d’être justifiés, par rapport aux exigences de la loi. Celui qui est justifié, c’est celui à qui la loi ne reproche rien. La foi ne s’oppose pas à la loi, mais par elle nous obtenons la justice qui est l’accomplissement de la loi. C’est ce que Paul explique : « Anéantissons-nous donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire, nous confirmons la loi. » (Romains 3:31) Par la foi dans l’œuvre accomplie par Jésus, le Juste, nous sommes justifiés devant la loi de Dieu.
Ce sont des paroles difficiles à comprendre pour beaucoup comme l’a reconnu Pierre au sujet des écrits de Paul, mais cela est donné par grâce afin que le diable ne triomphe pas sur les fils de Dieu. Si la foi confirme la loi, c’est que dans la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ il existe une loi qui gouverne le Royaume de Dieu de la même manière que la loi de Moïse, dans ses prescriptions, a gouverné Israël. Car par la foi nous sommes devenus des citoyens de ce Royaume. Comme ce Royaume est spirituel, ses citoyens sont obligatoirement spirituels et la loi qui leur est applicable est éminemment spirituelle.
Avant d’aller plus loin, il est important de revenir sur la notion de « justification ». La notion de justification est liée au salut. L’homme naît pécheur dans le monde. Ce qui le caractérise c’est l’injustice. Tout homme devant la loi de Dieu est coupable de péché. Il vit dans le monde avec cette culpabilité. Il attend le jour où la sentence, qui est déjà connue, soit prononcée sur lui afin qu’il en subisse la peine dans toute sa rigueur. C’est le sort de tous les hommes grands ou petits qui ne sont pas chrétiens. Mais pour le chrétien, le problème a été réglé de manière fondamentale. Être chrétien signifie que l’on n’est plus condamnable vis-à-vis de la loi. La condamnation due à la culpabilité et qui concerne tous les hommes a pour lui été réglée :
Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? C’est en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? C’est faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons. Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut, selon ce que dit l’Écriture : Quiconque croit en lui ne sera point confus. (Romains 10:6-11)
Paul explique ici que pour parvenir au salut il n’y a plus lieu de rechercher quelqu’un de providentiel qui ira le chercher soit au ciel ou même dans l’abîme. Ce qui devait être fait en rapport avec le salut a été accompli en Jésus-Christ. Qu’est-ce que le salut ? C’est confesser de la bouche le Seigneur Jésus et croire dans le cœur que Dieu l’a ressuscité des morts.
C’est cela que Paul appelle la Justice qui provient de la foi : « Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut. » (Romains 10:10) C’est aussi ce qu’il écrit ailleurs : « nous sommes sauvés par grâce, par le moyen de la foi. » (Éphésiens 2:8)
Le salut et la justice ne peuvent être dissociés. Jésus est venu non seulement comme une victime propitiatoire pour ôter le péché, mais il est aussi une victime expiatoire pour nous donner accès à la justice. C’était une victime propice car il était sans défaut répondant aux exigences du sacrifice pour le pardon des coupables. Lui, il n’avait aucun péché, donc à l’égard de la loi, il était libre, irrépréhensible.
Comme la loi par ses exigences réclamait un parent rédempteur, il est venu comme tel pour prendre nos péchés et être jugé, condamné et mourir pour nous, les coupables. C’est en croyant du cœur que Dieu l’a ressuscité des morts qu’on parvient à la justice, car en lui la justice de Dieu a été accomplie. Il a accompli les exigences de la loi en acceptant de mourir pour expier notre peine. Il est ressuscité libre à l’égard de la loi pour amener par la foi dans ce qu’il a accompli, plusieurs à la justification. Il est le don de la grâce de Dieu. Celui qui confesse son nom par la foi et qui croit dans son cœur que Dieu l’a ressuscité, parvient au salut et obtient la justification. À ce moment, Dieu se souvient que, pour les péchés de cet homme repentant, la dette a été payée et cet homme est juste devant Lui et la Loi.
Aucun péché ne peut être toléré par Dieu qui ne sera jamais indulgent pour un péché quelconque, c’est-à-dire que la loi ne sera violée pour aucun homme. L’homme qui est pardonné ne l’est pas par indulgence mais parce qu’il a obtenu la justice de Celui qui a expié sa peine. Voilà pourquoi le sort de tous les hommes se trouve dans la main de Jésus. C’est Lui seul qui est capable d’accorder le pardon sur la base de la justice qu’il a obtenue en payant le prix de nos offenses vis-à-vis de la loi de Dieu. Le problème de Dieu a été réglé depuis que Jésus a accepté de prendre nos péchés, de recevoir la condamnation et d’expier la peine en recevant le châtiment qu’exigeait la loi. La loi n’a pas été violée mais elle a obtenu toutes ses exigences en Jésus-Christ. Ce qui pourrait être résumé par : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » (Romains 8:1) La condamnation qui était sur nous a été expiée, pas annulée mais expiée. Il a payé de sa vie cette condamnation. Par sa mort, la rançon – c’est-à-dire le prix – a été payée. Maintenant nous pouvons vivre dans le Royaume des rachetés, c’est-à-dire dans le Royaume de ceux qui ont obtenu par Jésus le pardon de leurs offenses et qui, devant Dieu sont justes à l’égard de la loi et par rapport à leur vie passée. Maintenant, étant dans ce Royaume de justice, ils ont à marcher par la foi pour conserver cette position jusqu’à la fin de leur pèlerinage sur la terre, dans ce monde d’injustice. C’est là que se trouve le combat du chrétien.
On entre dans le Royaume de Dieu après avoir expérimenté le pardon de tous ses péchés par la repentance, au moyen du Sang répandu à la croix de Golgotha, et confirmé par le baptême au nom de Jésus. Le baptême est l’expression extérieure de notre engagement à marcher dans cette justice obtenue par grâce. C’est un engagement de bonne conscience devant Dieu et devant les hommes. Maintenant que nous sommes dans ce Royaume, quel est notre rapport avec la loi de Dieu ? Cette loi est-elle abolie pour nous qui sommes entrés par le moyen de la foi dans ce Royaume ? Pouvons-nous marcher comme nous le voulons car étant dans un Royaume qui n’a pas de loi ? La grâce signifie-t-elle que nous sommes sans loi ? Considérons en rapport avec ces interrogations, l’enseignement du Seigneur Jésus :
Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux.
Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère : Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne. Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant.
Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne.
Il a été dit : Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.
Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu ; ni par la terre, parce que c’est son marchepied ; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin.
Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.
Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5:17-48)
Ces passages relevés sont un extrait de la prédication de Jésus, connue sous le nom du « sermon sur la montagne ». C’est sa plus longue prédication rapportée dans la Bible. Il commence ce discours depuis le chapitre 5 de Matthieu et le termine au chapitre 7. Au premier verset du chapitre 5 il est dit ceci : « Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit […] » (ibid.) La première chose qu’il faut indiquer, c’est que tout le discours est adressé à une population bien ciblée : les disciples de Jésus. Il ne s’adressait pas à n’importe quel auditoire mais à ses disciples, ceux à qui le Royaume de Dieu est destiné : « Ne crains point, petit troupeau ; car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume. » (Luc 12:32)
C’est à ceux qui étaient appelés à entrer et à vivre dans le Royaume de Dieu que le sermon est adressé. Il s’adressait aux fils de Dieu et leur donnait un enseignement sur leur patrie qu’ils ne connaissaient pas encore mais dans laquelle ils étaient appelés à vivre dorénavant. Dans cette prédication le Seigneur a donné des enseignements qui posent les fondements du Royaume de Dieu. Ils sont par sa grâce, objet de beaucoup de prédications et d’écrits selon que l’Esprit du Seigneur inspire ses serviteurs. Concernant le sujet qui nous intéresse, la loi dans le Royaume, Jésus se présente ici comme le législateur de cette loi. Car à l’origine il y a un seul législateur, c’est celui par qui et pour qui sont toutes choses, le Seul qui puisse dire avec autorité « Moi je vous dis ».
C’est Lui que Jean a présenté en introduction de son Évangile comme étant « la Parole » :
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu […] Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. (Jean 1:14)
C’est Lui et Lui seul qui pouvait prendre la loi de Moïse dans ses dispositions ou prescriptions et montrer leurs significations profondes et leurs applications dans le Royaume de Dieu. Le drame des pharisiens, scribes et docteurs de la loi, c’est qu’ils avaient affaire au Législateur même de cette loi et ils ne le savaient pas. Nicodème l’a confessé :
Mais il y eut un homme d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui. (Jean 3:1-2)
Les principaux Juifs reconnaissaient que Jésus était un docteur venu de Dieu comme l’a déclaré Nicodème, cela était vrai, mais il était plus que cela car Il est le législateur, c’est-à-dire Celui qui édicte la loi en tant que « Parole » voilà pourquoi c’est lui aussi qui a le pouvoir de juger conformément à la loi :
Car l’Éternel est notre juge ; l’Éternel est notre législateur ; l’Éternel est notre roi ; c’est lui qui nous sauvera ! (Ésaïe 33:22)
Voici, je l’ai fait législateur des peuples, prince et conducteur des peuples. (Ésaïe 55:4)
Un seul est le Législateur et Juge, Celui qui a le pouvoir de sauver et de perdre. Mais qui es-tu, toi qui juges le prochain ? (Jacques 4:12)
Ici, la Bible montre clairement qu’il y a un seul législateur. Dans le Royaume de Dieu, il y en a un seul qui est législateur. Ce n’est pas un Royaume selon le monde où l’autorité ou le pouvoir est détenu par plusieurs entités. On n’est pas en démocratie. Dans le Royaume de notre père il y a une seule Autorité. Comme il est écrit dans Ésaïe, c’est l’Éternel qui est le Roi, le Législateur, le Juge et le Sauveur. C’est lui seul qui détient l’Autorité. C’est lui qui a déclaré : « je l’ai fait législateur des peuples, prince et conducteur des peuples. » (Ésaïe 55:4) Ici, il fait allusion à celui à qui le trône de David est destiné et qui doit régner. Il s’agit de Jésus-Christ, le Fils de David. C’est lui que Dieu a fait législateur, juge et conducteur des peuples.
Dans son Royaume, il est législateur et c’est en tant que tel qu’il peut interpréter la loi de Moïse pour donner sa signification selon l’esprit et non selon la lettre. La première déclaration de Jésus concernant la loi est capitale. Il dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. » (Matthieu 5:17)
Dans l’exercice de son Ministère, Jésus a eu constamment accrochage avec les pharisiens et docteurs de la loi sur la question de la pratique ou de l’observation des dispositions de la loi. Les pharisiens l’accusaient ouvertement de ne pas observer la loi et les traditions des anciens. Ils venaient même lui tendre des pièges en le questionnant au sujet des prescriptions de la loi, afin de trouver une occasion pour l’accuser de transgression d’une seule disposition de cette loi. En effet, toutes leurs investigations consistaient à trouver un seul motif de condamnation en rapport avec la loi.
Bien que Jésus ait eu un enseignement et une conduite bien particuliers, ils n’ont pas pu établir avec des preuves irréfutables qu’Il avait transgressé cette loi. Avant qu’il soit présenté comme la victime propitiatoire et expiatoire, il fallait que son innocence vis-à-vis de cette loi soit attestée. Il est né, il a grandi et marché parmi les gens de son époque, Il a eu des parents, des relations avec plusieurs et a exercé son ministère devant le peuple. Dans tout cela, il fallait que son témoignage soit irrépréhensible devant la loi.
À sa naissance, Joseph et Marie ont fait toutes choses par rapport à lui, en se conformant aux prescriptions de la loi de Moïse. Pendant sa marche et l’exercice de son ministère parmi les hommes, il a été un exemple d’obéissance et de soumission à la loi. Il pouvait aller plus loin que les scribes et les pharisiens dans l’observation de cette loi car il faisait une distinction entre les prescriptions de la loi et les traditions des anciens. À l’égard de cette loi, il a été déclaré juste.
Dans la nuit où il fut livré, il fut présenté devant le Sanhédrin qui est le tribunal juif. Pour les principaux sacrificateurs, les anciens et les scribes qui composaient le Sanhédrin, il fallait trouver une preuve contre Jésus par rapport à la loi de Moïse. C’était une tâche difficile comme l’attestent les rapports des témoins contenus dans les évangiles :
Ceux qui avaient saisi Jésus l’emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe, où les scribes et les anciens étaient assemblés. Pierre le suivit de loin jusqu’à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s’assit avec les serviteurs, pour voir comment cela finirait. Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il en vint deux, qui dirent : Celui-ci a dit : Je puis détruire le temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours. Le souverain sacrificateur se leva, et lui dit : Ne réponds-tu rien ? Qu’est-ce que ces hommes déposent contre toi ? Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur, prenant la parole, lui dit : Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. Alors le souverain sacrificateur déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ! Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous venez d’entendre son blasphème. Que vous en semble ? Ils répondirent : Il mérite la mort. (Matthieu 26:57-66)
Comme cela est écrit, le Sanhédrin, même en organisant le procès de Jésus sur la base du faux témoignage, n’arrivait pas à établir une accusation claire et cohérente pour prononcer valablement la sentence de mort comme il l’avait déjà résolu avant même ce jugement. Dans les accusations des faux témoins, il n’y avait rien de solide pour condamner Jésus selon la loi. Finalement, le souverain sacrificateur fut obligé d’aller droit au but en demandant à Jésus d’attester devant le tribunal par le nom du Seigneur s’il était le Christ, le Fils de Dieu. La réponse de Jésus fut aussi directe, sans ambages : « Tu l’as dit. » Jésus ne pouvait donner une autre réponse au souverain sacrificateur car c’est ce qu’il est : le Christ, le Fils de Dieu. Il annonce une conséquence de son affirmation : « De plus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu, et venant sur les nuées du ciel. » (Marc 14:62)
Cette affirmation ne pouvait être supportée par le souverain sacrificateur et le Sanhédrin. Il a crié au blasphème car pour lui et les autres, ce Jésus ne pouvait être le Christ qu’ils attendaient, leur libérateur selon les prophètes. Pourtant, les Écritures attestent que c’est bien Lui, le Messie, mais qu’eux les principaux du peuple ne le croiraient pas et le livreraient aux païens pour être mis à mort. L’accusation de blasphème ne pouvait reposer sur le vrai car c’est le Sanhédrin qui était dans l’erreur.
Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Sa mort et sa résurrection n’ont fait que le confirmer davantage car tout cela était conforme aux Écritures. En condamnant Jésus à la mort pour que le peuple soit préservé, ils participaient eux-mêmes à l’accomplissement des prophéties concernant le Christ. À l’égard de la loi, Jésus est celui qui a obéi parfaitement à toutes ses exigences. Il a pu dire devant tout le peuple et ses accusateurs : « Qui de vous me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? » (Jean 8:46) Qui pouvait démontrer, selon la loi et les prophètes, que Jésus a été trouvé transgresseur des dispositions non seulement de la loi mais de toutes les Écritures ? Même le diable, appelé à juste titre l’accusateur des frères, n’a pas pu trouver en Lui quelque faute sur laquelle il aurait pu étayer une accusation devant Dieu contre Jésus. Voilà pourquoi la Bible le présente comme le Juste, le Saint d’Israël.
Jésus le juste est venu non pour abolir la loi mais pour l’accomplir. La Nouvelle Alliance n’est pas apparue pour supprimer la loi, mais elle est intervenue pour ouvrir la voie de l’accomplissement de la loi dans la vie des croyants. C’est par la foi en celui qui a accompli toute la volonté de Dieu, que les croyants de la Nouvelle Alliance peuvent expérimenter l’obéissance à la loi de Dieu. N’est-ce pas là, la voie de l’accomplissement de la prophétie : « Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » (Ézéchiel 36:27)
Dans le Royaume de Dieu, il est question d’observer et de pratiquer la loi de Dieu. La loi n’a pas été abolie comme l’atteste le Seigneur : « Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (Matthieu 5:18) La loi qui régit les rapports entre les rachetés est la loi de Dieu. Cette loi est le socle de la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ.
Cette Nouvelle Alliance, comme l’ancienne, contient des ordonnances, des prescriptions et des commandements. Tout citoyen du Royaume doit être enseigné à observer et à pratiquer les ordonnances, prescriptions et commandements contenus dans cette loi. C’est une nécessité qu’ils soient tous enseignés à l’obéissance des exigences de cette loi. Le Seigneur a mandaté dans le Royaume des enseignants pour enseigner les fils du Royaume sur la loi du Royaume :
Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le Royaume des cieux ; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le Royaume des cieux. (Matthieu 5:19)
Les grands dans le Royaume, sont ceux qui observent ces commandements et qui enseignent aux autres à les observer. Il s’agit d’abord d’obéir et ensuite d’instruire les autres à faire de même. L’enseignement sur la loi et ses commandements ou ordonnances est une recommandation du Seigneur à ses serviteurs. Enseigner les dispositions de cette loi est conforme à la volonté du Seigneur car c’est pour cela qu’il a établi des ministères dans son Église.
Malheureusement, beaucoup de chrétiens et même des serviteurs de Dieu, dans leur ignorance, s’opposent à toutes prédications tendant à mettre l’accent sur cette loi et ses exigences. Ils ont des difficultés réelles à comprendre les notions de grâce, de foi et de justice dans la marche des fils de Dieu. Lorsque la prédication met un accent particulier sur les exigences contenues dans la Parole et met en lumière la responsabilité du croyant à faire tous les efforts pour s’y conformer, très souvent ces prédicateurs sont taxés de « légalistes ».
Alors surviennent des querelles entre des soi-disant « légalistes » et d’autres encore appelés « grâcistes ». Ce sont des querelles suscitées et alimentées par l’ennemi afin de détourner les enfants de Dieu de ce qui est essentiel.
Il n’y a pas plusieurs écoles dans le Royaume de Dieu. La seule école qui existe est l’école du Saint-Esprit. C’est cette école qui enseigne dans toute la vérité comme il est écrit. C’est le Saint-Esprit, l’Esprit de vérité qui enseigne dans toute la vérité. Et celui qui reçoit son enseignement comprend l’objectif et la volonté de Dieu concernant son Église. Tout enseignant de la Parole qui est à l’école du Saint-Esprit, est nécessairement habilité à enseigner de manière juste sur les notions fondamentales de grâce, de foi, de justice et des œuvres. Si la loi n’a pas été abolie dans le Royaume de Dieu, dans lequel nous sommes entrés par grâce par le moyen de la foi, alors il est loisible de parler de ces notions sans les opposer dans un conflit inutile. C’est la juste compréhension de la Parole qui fait de cette Parole une lumière sur notre sentier.
La loi qui gouverne le Royaume de Dieu est supérieure à la loi de Moïse par rapport à ses exigences. Elle va au-delà des exigences de la loi de Moïse. C’est pourquoi le Seigneur, dans l’enseignement qu’il a donné sur la loi du Royaume a, à chaque fois, rappelé les dispositions de la loi de Moïse. Il a ensuite montré son corollaire dans le Royaume de Dieu. Il a montré que dans l’Ancienne Alliance les prescriptions de Moïse étaient limitées : elles ne concernaient que les actions du peuple. C’étaient les actions des Juifs qui étaient jugées par cette loi. Le Seigneur montre que dans le Royaume de Dieu, ce sont les pensées des hommes qui sont jugées.
N’est pas adultère seulement celui qui a commis l’acte mais également celui qui, dans sa pensée, a eu un tel désir coupable. Le problème est jugé au niveau de la source du mal, c’est-à-dire le cœur de l’homme. Il y a dans l’Église beaucoup de personnes en situation d’adultère qui n’ont jamais commis l’acte physiquement mais qui le sont au niveau de la pensée. Ce sont des coupables qui s’ignorent et qui ne peuvent se repentir pour cause d’ignorance. Voilà pourquoi la Parole est adressée au cœur du croyant. Le combat du chrétien est au niveau de la pensée : comment garder une pensée pure et une conscience saine. L’ennemi sachant cela, agresse les croyants par toutes sortes de comportements impudiques pour souiller la pensée et la conscience du croyant. La différence est importante, car ce n’est pas seulement celui qui est tombé avec une femme qui a transgressé la loi mais également celui qui, en pensée, a eu un tel désir. Celui qui est passé à l’acte et celui qui en a eu seulement le désir sont coupables au même titre.
Jésus déclare également que le meurtrier, selon les dispositions de la loi de Moïse, est celui qui a ôté la vie de son semblable alors que, dans le Royaume de Dieu, le meurtrier est celui qui se met en colère contre son frère. Les deux sont coupables au même titre devant la loi de Dieu. Ils sont jugés et punis par la même peine.
La Sainteté dans la Nouvelle Alliance doit s’observer au niveau de l’esprit, de l’âme et du corps. C’est là l’exigence de la loi du Royaume de Dieu : « Or, que lui-même, le Dieu de la paix, vous sanctifie parfaitement, et que votre être entier, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible en l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ. » (1 Thessaloniciens 5:23)
La parfaite sanctification implique à la fois la pureté de l’esprit, de l’âme et du corps. Le corps ne peut être conservé pur alors que l’esprit et l’âme sont dans un état de souillure : cela n’est qu’une apparence de sainteté. Le Seigneur Jésus déclare que cela correspond à nettoyer seulement l’extérieur de la coupe et du plat en laissant l’intérieur dans la souillure et les impuretés. N’est-ce pas ainsi qu’Il a jugé les pharisiens, les scribes et docteurs de la loi ?
Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu’au dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance. Pharisien aveugle ! Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat, afin que l’extérieur aussi devienne net. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d’ossements de morts et de toute espèce d’impuretés. Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. (Matthieu 23:25-28)
Les pharisiens et les scribes étaient les docteurs de la loi de Moïse. C’étaient les enseignants de cette loi. Ils aimaient la loi et faisaient tous leurs efforts pour non seulement la pratiquer mais aussi la défendre dans toutes ses dispositions. Ils étaient les garants de cette loi.
Malheureusement, leur obéissance à cette loi était superficielle devant le Seigneur malgré tout leur sérieux et les efforts déployés. En apparence, c’est-à-dire aux yeux des autres hommes, ils paraissaient justes mais devant Dieu qui voit les cœurs, ils étaient remplis d’hypocrisie et d’iniquité.
Pourquoi une telle situation pour ces hommes qui, pour la plupart, avaient toute leur vie consacrée à remplir un sacerdoce devant le Seigneur ? Le problème se trouve au niveau de leur cœur. Leur cœur était incirconcis, non régénéré. Ils n’avaient pas encore reçu la vraie circoncision qui est celle du cœur.
Dans la Nouvelle Alliance il n’existe pas de cœur incirconcis. Ce sont ceux qui ont reçu la circoncision du cœur qui entrent dans la Nouvelle Alliance. Quelqu’un qui n’a pas le cœur circoncis n’est pas encore entré dans la Nouvelle Alliance et n’est pas concerné par les exigences de la loi du Royaume de Dieu. C’est parce que nos cœurs ont été régénérés, c’est-à-dire qu’ils ont reçu la nouvelle naissance, que notre justice ne saurait être comparée à celle des scribes et pharisiens. En effet l’Écriture dit : « Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. » (Matthieu 5:20)
L’une des erreurs que l’on ne doit pas commettre, c’est celle de mépriser la justice des scribes et des pharisiens. Du point de vue de l’équité, de la droiture et même de la justice, les scribes et les pharisiens avaient une meilleure position que beaucoup de chrétiens d’aujourd’hui qui marchent dans la corruption du monde en foulant au pied la parole de Dieu. Il est arrivé au Seigneur Jésus de rendre témoignage de la probité de certains Juifs qu’il a rencontrés dans son Ministère. Regardons l’exemple de Nathanaël :
Philippe trouve Nathanaël, et lui dit : Nous avons trouvé celui dont Moïse a écrit dans la loi, et dont les prophètes ont parlé, Jésus, le fils de Joseph de Nazareth. Et Nathanaël lui dit : Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? Philippe lui dit : Viens et vois. Jésus vit Nathanaël venant à lui, et il dit de lui : Voici un véritable Israélite en qui il n’y a point de fraude. Nathanaël lui dit : D’où me connais-tu ? Jésus répondit et lui dit : Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël lui répondit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël. (Jean 1:45-49)
Nathanaël est un véritable Juif qui était selon le Seigneur irréprochable devant la loi de Moïse. Sur le plan social, beaucoup de Juifs étaient intègres parce qu’ils craignaient Dieu. Cependant, leur justice était limitée par rapport aux exigences de Dieu.
En effet, Dieu exigeait de son peuple la perfection. Cette perfection restait inaccessible pour les Juifs dans l’Ancienne Alliance parce que la nature de la vie qui était en eux n’avait pas encore changé. À eux, il n’était pas exigé d’aimer leurs ennemis mais plutôt de les haïr. « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. » (Matthieu 5:43) Il était impossible pour eux d’aimer leur ennemi parce qu’ils étaient des hommes charnels.
L’exigence d’aimer son prochain ne peut être satisfaite par aucun homme naturel. Les hommes naturellement haïssent leurs ennemis. Cependant, le Seigneur s’adressant aux fils du Royaume dit :
Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. (Matthieu 5:44-48)
Les chrétiens sont tenus d’après cette disposition de la loi du Royaume, d’aimer leurs ennemis, de bénir ceux qui les maudissent, de faire du bien à ceux qui les haïssent et de prier pour ceux qui les maltraitent et qui les persécutent. C’est en accomplissant cela qu’ils seront fils de leur Père qui est dans les cieux. Alors ils pourront être parfaits, comme leur père céleste est parfait. Ici, l’Écriture confirme ou atteste que la perfection est pour les fils de Dieu et que cela passe nécessairement par l’obéissance à cette loi. C’est la loi supérieure par son objectif : la perfection dans l’intégrité, l’équité, la justice, la droiture, la pureté, la sainteté et l’amour. Est-il possible que cet objectif soit atteint par le chrétien ? Et comment doit-il procéder ?
VI- L’accomplissement de la justice de la loi s’obtient par la marche selon l’Esprit
Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. Car chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force, – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’esprit. Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’esprit s’affectionnent aux choses de l’esprit. Et l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’esprit, c’est la vie et la paix ; car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. (Romains 8:1-8)
L’objectif du Seigneur est que la justice de la loi soit accomplie dans la vie de tous les rachetés. Toute justice émane de la loi, c’est-à-dire provient de l’obéissance à la loi. Si on parle de justice, c’est qu’il y a une loi dont l’obéissance manifeste la justice. Les tribunaux et les juges ont pour mission de juger l’observation des dispositions de la loi par les citoyens. C’est la loi qui régule les rapports ou relations entre les concitoyens d’un pays. Ce qu’il convient de retenir, c’est qu’on ne peut parvenir à la justice sans que la loi trouve son accomplissement en nous.
Dans le Royaume de Dieu, on ne peut pas être déclaré juste sans que la loi de Dieu trouve son accomplissement en nous. Ici, l’Écriture indique qu’il y a une seule voie pour l’obéissance parfaite et totale de la loi, c’est la voie de la vie selon l’esprit. Les chrétiens, de par leur origine, sont des hommes spirituels. Comme il a été expliqué plus haut, la différence entre le chrétien et le non chrétien réside dans le fait que le chrétien, par sa naissance spirituelle, devient un homme esprit : « Jésus répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. » (Jean 3:5-6)
La nouvelle naissance c’est la naissance par l’Esprit de Dieu. Celui qui est né ainsi de l’Esprit de Dieu est esprit. En tant qu’esprit il a en lui des capacités et des vertus spirituelles. Les exigences de la loi du Royaume ne sont pas au-dessus des capacités ou vertus spirituelles qui sont en lui de par cette naissance. Les questions fondamentales qu’il faut se poser sont celles-ci : tous les chrétiens marchent-ils systématiquement par l’esprit ? Si la marche par l’esprit n’est pas systématique, alors comment parvenir à cette marche spirituelle ? Comment éliminer l’obstacle ou les obstacles à la marche par l’esprit ? Les réponses à ces différentes questions permettront non seulement de comprendre l’enjeu véritable, mais aussi de nous permettre, avec l’assistance du Saint-Esprit, de parvenir à une réelle compréhension de la pensée de Dieu et de sa volonté à l’égard de ses enfants.
a- La marche selon l’Esprit n’est pas systématique
La marche selon l’esprit n’est pas systématique dans la vie du croyant et l’obstacle principal est la chair appelée aussi le vieil homme, l’homme animal ou encore l’homme naturel. Le principal ennemi du chrétien n’est pas à l’extérieur de lui mais en lui. Le diable, les démons, le monde et autres intervenants associés sont des ennemis extérieurs que le chrétien se doit de combattre, mais son pire ennemi c’est lui-même. La première grande difficulté est de comprendre et d’accepter cette réalité. Plus haut, nous avons indiqué que, dans la première alliance, deux éléments étaient défaillants et ont été changés dans la Nouvelle Alliance : le sang et la nature de l’homme. Dans la Nouvelle Alliance nous recevons une vie dont la nature est divine. C’est la vie du Fils de Dieu, c’est la vie de Dieu, c’est la vie de l’Esprit. La vie charnelle est venue à la naissance par le péché. C’est la consommation du péché par Adam et Ève qui a manifesté la vie charnelle. C’est une vie de péché et de désobéissance. Elle est différente et opposée à la vie de l’Esprit.
Adam était fils de Dieu et vivait en Esprit dans une communion parfaite avec Dieu. Tous les fils de Dieu ont l’Esprit de leur père et marchent dans cet Esprit. Voilà pourquoi Paul déclare : « car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! » (Romains 8:14) Lorsqu’un homme devient chrétien, il reçoit cette vie de l’Esprit. Il survient alors une dualité entre ces deux sortes de vie qui expriment deux puissances : la loi de l’esprit de vie et la loi du péché et de la mort.
Ce qu’il faut noter, c’est que la Bible déclare qu’en Jésus-Christ, la loi de l’esprit de vie nous a affranchis de la loi du péché et de la mort. La puissance de la vie de l’Esprit de Dieu nous a libérés de la puissance du péché et de la mort : « En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. » (Romains 8:1) Pour une bonne compréhension du problème, il est bon de préciser comment la Bible définit la notion de « vie charnelle » et celle de « vie spirituelle ».
Toute vie est manifestée par des œuvres. Ce sont les œuvres manifestées – ou les fruits produits – qui déterminent quelle sorte de vie en est la source. Dans Galates, l’apôtre Paul expose clairement les manifestations de la vie charnelle et la manifestation de la vie de l’Esprit, qu’il a appelées les fruits de l’Esprit :
Or, les œuvres de la chair sont manifestes, ce sont l’impudicité, l’impureté, la dissolution, l’idolâtrie, la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table, et les choses semblables. Je vous dis d’avance, comme je l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses n’hériteront point le Royaume de Dieu. Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. (Galates 5:19-24)
Comme nous les voyons disposées, les œuvres de la chair sont manifestes et chacun peut examiner ses propres œuvres pour se situer. Il faut reconnaître que, quel que soit le niveau de foi où nous nous situons, nous manifestons certaines œuvres de la chair. Certainement qu’on en a fini par exemple avec les adultères, les impudicités, l’idolâtrie, la magie et autres, mais les inimitiés, les querelles, les jalousies, la colère, les divisions et autres comportements répréhensibles ne sont-ils pas encore présents parmi les croyants ou dans l’Église ? Si ces œuvres sont là, c’est que le problème du vieil homme qui en est la source n’est pas encore traité suffisamment.
L’apôtre Paul, pour nous permettre de mieux comprendre le problème du vieil homme dans la vie chrétienne, a présenté le nouveau chrétien comme un bébé spirituel qui doit grandir en passant par l’étape d’enfant spirituel à celui d’homme spirituel qui a atteint une certaine maturité :
Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter ; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme ? (1 Corinthiens 3:1-3)
Selon ce qui est écrit ici, la difficulté du nouveau chrétien peut être assimilée à un problème de croissance. En effet, Paul montre que tout comportement charnel révèle un caractère d’enfant. Dans tous les cas, un nouveau chrétien est encore charnel.
Certes, il est né de nouveau mais il n’a pas assez de connaissance de la Parole ou d’expérience spirituelle pour distinguer nettement la vérité du mensonge, la lumière des ténèbres et la sainteté de l’impureté. Voilà pourquoi il est confié à des tuteurs pour qu’ils lui enseignent la vie du Royaume afin de lui apprendre les lois et les principes qui gouvernent désormais sa vie. Cela est normal comme pour un enfant naturel qui doit tout apprendre dans sa vie d’homme pour gagner en maturité.
Ainsi, le chrétien doit apprendre comme un enfant à marcher, à se comporter dans sa famille, dans l’Église et dans ses relations avec les autres dans son environnement. Le terme de bébé ou d’enfant spirituel est lié à certaines manifestations de la vie de la chair. Cette notion n’est pas liée à l’âge du chrétien dans l’Église, c’est-à-dire au temps passé dans l’Église. Par exemple, si un chrétien converti depuis dix ans continue de tromper sa femme ou de mentir de manière délibérée malgré ses dix années de foi, c’est qu’il est encore un bébé spirituel. Les œuvres qu’il manifeste attestent qu’il ne sait pas encore marcher ou qu’il ne connaît pas ce qui est pour lui un poison.
Un bébé peut se rendre malade en consommant des produits toxiques. Dans certains cas, cela pourrait même menacer sa vie. Pour un tel frère on peut parler de folie au niveau spirituel. On peut lui attribuer le qualificatif « d’attardé spirituel » par analogie à l’attardé mental au plan naturel. En effet, les personnes retardées mentalement ont eu un problème de développement intellectuel. À l’âge où tout humain peut se prendre en charge, par exemple pour les besoins élémentaires tels que manger ou faire sa toilette, elles ont encore besoin d’assistance comme des enfants en bas âge.
L’image est forte mais cela est une réalité au niveau spirituel. Il y a des chrétiens qui ne grandissent pas. Leur croissance spirituelle s’arrête de manière prématurée. Il en est d’autres qui ont fait du chemin et dont la croissance s’est aussi arrêtée à un certain niveau. Ils ne pourraient pas tromper leur femme ou se livrer à toutes sortes de péchés ou impuretés, cependant ils peuvent manifester de la colère, de l’animosité. Ils peuvent entretenir des querelles, des divisions, des jalousies ou de l’orgueil. Le drame c’est que, parfois, de telles personnes peuvent avoir des responsabilités dans l’Église alors que, de manière évidente, elles ne sont pas encore matures sur le plan spirituel. C’est pourquoi certaines églises ou assemblées sont tenues par des personnes immatures en esprit. Ce sont des enfants spirituels. Si des enfants ont en charge l’éducation d’autres enfants, c’est la désolation.
Aujourd’hui cette désolation est une réalité dans l’Église. Des personnes charnelles enseignent la vie spirituelle ! Des personnes charnelles qui sont appelées à juger des choses spirituelles ! Cela est un scandale dans le Royaume de Dieu qui par essence est spirituel. Le résultat ce sont des querelles, des palabres, des divisions et le péché établi dans les assemblées. C’est aussi la pauvreté et la misère spirituelles dont parle Apocalypse 3:14.
Le temps passé dans l’Église ou à occuper une fonction ne confère pas automatiquement de la maturité spirituelle. On ne devient pas spirituel parce que cela fait longtemps que nous participons dans l’Église. La maturité s’acquiert dans un combat de délivrance contre l’emprise du vieil homme. Pour gagner en maturité, il faut traiter la question du vieil homme ou de la chair. Cela est primordial car nous sommes appelés à un héritage spirituel. Celui qui en est au stade de l’enfance ne peut entrer dans l’héritage de son père. Un bon héritier c’est quelqu’un qui a de la maturité et qui peut prendre en charge l’héritage avec beaucoup de responsabilités. Il y a des chrétiens et même des serviteurs de Dieu qui ne peuvent pas pardonner lorsqu’ils estiment être offensés par un autre. C’est un comportement infantile, car le chrétien responsable connaît la Parole du Seigneur : « […] Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. » (Matthieu 6:14-15)
Le niveau d’obéissance à la parole de Dieu manifeste le niveau de maturité spirituelle du chrétien. On n’a pas besoin de supplier un homme spirituel pour qu’il revienne à la parole de Dieu lorsqu’il a mal agi ou manifesté une attitude répréhensible parce que la semence qui manifeste en lui la vie de l’Esprit est la parole de Dieu.
Malheureusement, il arrive qu’on supplie des frères et souvent en vain, afin qu’ils reviennent de leurs mauvaises voies. Marcher et vivre dans la chair s’oppose à la soumission à la parole de Dieu. N’est-ce pas ce que Paul explique encore ici : « car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas. Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. » (Romains 8:7-8)
La survie du vieil homme dans le Royaume de Dieu, est un scandale et une abomination. Tout comportement ou attitude charnel est un scandale dans le Royaume de Dieu. Tout mensonge, toute colère, toute injure dans l’Église est un scandale. Or le Seigneur a promis dans Matthieu 40:42, qu’il enverra ses anges arracher de son Royaume les scandales et ceux qui commettent l’iniquité à la fin du monde. Avant cet avènement, il appartient à chaque chrétien de traiter le problème de son vieil homme, c’est-à-dire de la chair.
b- Le dépouillement du vieil homme, seule solution pour obéir à la loi du Royaume
Le dépouillement du vieil homme – ou la destruction de la chair – est l’un des sujets difficiles à cerner par le croyant. En vue de la victoire, tout croyant doit avoir une compréhension juste. Nous venons de voir que le vieil homme – ou la chair – a des œuvres. Les manifestations de ces œuvres attestent des problèmes spirituels du chrétien. Pour un chrétien, chaque manifestation de la chair révèle un problème spirituel c’est-à-dire une immaturité spirituelle. Comment alors traiter cette question du vieil homme ? Que dit la parole de Dieu à ce propos ?
J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. (Galates 2:20)
En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est libre du péché. (Romains 6:5-7)
Ces deux passages nous donnent une information capitale. Cette information, c’est que la question du vieil homme a été réglée à la croix.
Dans Galates, Paul écrit : J’ai été crucifié avec Christ ; et dans Romains, il dit notre vieil homme a été crucifié avec lui. Ces deux passages décrivent la même réalité. Ce qu’il faut noter, c’est que le vieil homme qui a été crucifié n’est pas extérieur à nous mais c’est nous-mêmes. Chaque chrétien doit pouvoir dire : « Moi, j’ai été crucifié avec Christ. » Répéter cette phrase « J’ai été crucifié avec Christ » n’est pas difficile. Par contre, la réalité ou vérité qu’elle exprime reste honnêtement difficile à accepter, et c’est là le problème.
Plus loin encore, le même Paul affirme : « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. » (Colossiens 3:3) Il y a comme de l’insistance dans ces différents versets. La nouvelle sur laquelle Paul insiste, c’est que nous sommes morts et nous ne devons plus vivre selon la chair. Comme il a été dit plus haut, dans la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ, deux éléments ont été changés car défaillants : la nature du sang de scellement et la nature de la vie de ceux qui entrent dans cette alliance.
Le sang des animaux (boucs, taureaux, béliers…) a été remplacé par celui de Jésus qui a été présenté comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché. Le changement de nature de vie a été fait par la mise à mort de l’ancienne vie à la croix et par la réception d’une autre nature de vie qui est la vie de la résurrection. Dans cette Nouvelle Alliance nous recevons une vie de résurrection qui est la vie du ressuscité, c’est-à-dire la vie qui est sortie victorieuse de la mort. Si chaque véritable chrétien peut attester sans douter de la réalité de son salut en Christ, il faut qu’il comprenne également l’autre réalité véritable : sa mise à mort avec Lui à la croix.
Voilà pourquoi Paul explique : « Comme j’ai été crucifié et que je suis mort avec Jésus à la croix, si je vis maintenant ce n’est pas moi qui vis mais c’est Christ qui vit en moi. » (Galates 2:20) Pourquoi ? Parce que sa résurrection est aussi notre résurrection, puisque nous sommes morts avec Lui, nous avons naturellement une vie de résurrection qui est la Sienne. C’est cette vie qui est la nouvelle création en Jésus-Christ.
La Bible parle de l’homme nouveau créé en Jésus-Christ. La Bible ne saurait mentir. Si elle déclare que le vieil homme a été crucifié et qu’il est mort, c’est cela qui est la vérité. Le traitement de la question du vieil homme commence par le fait de croire cela comme une vérité absolue. Paul reconnaissant cette vérité dit : « Si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu. » (Galates 2:20) Le salut s’obtient par le moyen de la foi et toute vérité contenue dans la parole de Dieu est manifestée dans la vie du croyant par la foi. Si le salut est une réalité indiscutable, c’est parce que notre mort et notre résurrection avec Lui est une véritable réalité intangible. C’est sur la base de cette foi dans ce qui a été accompli pour nous que le combat de la délivrance du vieil homme peut s’entreprendre.
Les passages qui suivent nous indiquent en la matière ce qui est demandé aux chrétiens d’accomplir :
Si donc vous êtes ressuscités avec Christ, cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes qui pourraient sortir de votre bouche. Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé. Il n’y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ est tout et en tous. Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’entrailles de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. (Colossiens 3:1-14)
Ainsi donc, frères, nous ne sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. (Romains 8:12-16)
Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l’avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l’esprit de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. C’est pourquoi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain ; car nous sommes membres les uns des autres. Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable. (Éphésiens 4:20-27)
Dans ces trois différents passages des saintes Écritures, nous remarquons des versets clés. Ceux-ci nous donnent des indications précises sur le rôle du chrétien en ce qui concerne le combat de la destruction du vieil homme. Ce sont :
- Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre ;
- mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez ;
- et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses.
Ce sont des versets qui ordonnent aux chrétiens de faire quelque chose ou en d’autres termes d’agir contre le vieil homme. Paul indique aux croyants qu’ils doivent faire mourir les membres qui sont sur la terre, c’est-à-dire les différents éléments ou traits de caractère qui manifestent le vieil homme et il les a cités : l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs et la cupidité, qui est une idolâtrie. Plus loin il a ajouté : « Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l’animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshonnêtes qui pourraient sortir de votre bouche. Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres. » (Colossiens 8:3-9)
Ce sont des injonctions faites aux croyants pour agir afin de se dépouiller du vieil homme. Si ce sont des injonctions, cela appelle à agir pour se dépouiller du vieil homme et de ses œuvres. Mais par quel moyen ? Par le moyen de l’Esprit. C’est pour cela qu’il précise dans Romains cité plus haut : mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez.
En tant que chrétien nous avons reçu l’Esprit de Dieu par lequel nous avons été engendrés en Jésus-Christ. En effet, nous sommes nés de l’Esprit de Dieu. Par l’Esprit nous avons reçu des capacités spirituelles pour agir. Avant de dire aux croyants de faire mourir les actions de la chair par l’esprit, il a déclaré :
Ceux, en effet, qui vivent selon la chair, s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’esprit s’affectionnent aux choses de l’esprit. Et l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’esprit, c’est la vie et la paix.
Ceux qui vivent selon la chair c’est-à-dire qui privilégient le vieil homme, s’affectionnent aux choses de la chair. Ils aiment tout ce qui concerne la chair et c’est là leur aspiration. Ils aiment les plaisirs de la chair et ne s’en privent pas. Ils sont imbus de leur personnalité et n’ont pas de remords à manifester tous les traits de caractère qui leur sont propres. Ils aiment et sont fiers de leur propre personnalité. Ils passent leur vie à rechercher ce qui leur procure du plaisir et de la satisfaction, même si cela va à l’encontre de la parole de Dieu. Ils s’affectionnent ainsi aux choses de la chair. Pour eux la finalité, c’est la mort.
Par contre la Bible dit que ceux qui vivent par l’Esprit s’affectionnent aux choses de l’Esprit. Pour vivre selon l’Esprit, il faut aimer les choses de l’Esprit et les rechercher. La même pensée est répétée : « Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. » (Colossiens 3:2) Les choses d’en haut, ce sont les choses de l’Esprit. Et les choses de l’Esprit sont des trésors inestimables qui se trouvent en Jésus-Christ. Ce sont des vertus, des qualités et capacités spirituelles qui se trouvent en Jésus-Christ. Pour les posséder, cela requiert un travail spirituel. De la même manière qu’un homme travaille dans la chair pour la satisfaction des besoins charnels, la Bible exige de nous du travail en esprit pour l’acquisition et la possession des biens spirituels. Le fondement du travail spirituel est la foi dans la parole de Dieu. Tout exercice spirituel repose sur la foi dans ce qui est écrit. Lorsque la parole de Dieu nous commande de faire quelque chose, c’est que notre volonté d’action est nécessaire et demandée pour l’accomplissement de cette chose.
Le chrétien est vivant, c’est-à-dire qu’il vit et agit en esprit. La prière, le jeûne, la méditation et toutes œuvres spirituelles sont des actions de l’esprit dans la vie du croyant. Le dépouillement du vieil homme passe nécessairement par une violente action de l’esprit contre les œuvres de la chair. Celui qui s’affectionne aux choses d’en haut – ou choses de l’esprit – c’est celui qui, par le moyen de la lumière de la parole de Dieu, est enseigné à prier et jeûner pour faire mourir, comme il est écrit, les membres charnels qui sont sur la terre.
Lorsque l’esprit est fervent, c’est-à-dire éveillé et fortifié, la chair perd de la puissance et de la force. Ainsi, au fur et à mesure que notre esprit se fortifie, les manifestations de la chair tombent également de manière progressive. L’écoute de la véritable parole de Dieu associée au jeûne et à la prière, est un moyen efficace pour maintenir notre esprit dans un état d’éveil et de force. Ainsi celui qui manifestait de la colère par exemple, constatera que, bien que des circonstances qui auraient provoqué sa colère soient réunies, il reste calme et imperturbable. Ce sera pour lui la victoire sur cet élément charnel par lequel le diable pouvait le manipuler.
Si la vie chrétienne est une marche, il faut bien comprendre que c’est une marche de délivrance. Nous marchons de délivrance en délivrance sur le chemin de la ressemblance parfaite à Christ. Celui qui vient d’être délivré de la colère a fait, de manière certaine, un pas de plus vers le but. Rechercher les choses d’en haut c’est les désirer du plus profond de notre cœur pour que cela devienne une vraie préoccupation que nous exprimons devant le Seigneur dans les jeûnes et les prières de supplications.
Aujourd’hui, la majorité des assemblées dites chrétiennes multiplient les jeûnes et prières, les veillées de prières dans de grands rassemblements mais l’objectif est tourné vers l’acquisition des biens matériels, financiers et en gros de l’amélioration de la situation sociale. Il y a toute une prédication qui accompagne cela : la prédication de la prospérité matérielle et financière ou la réalisation de soi dans la société. Pour eux, le chrétien doit être admiré pour sa prospérité matérielle et son aisance financière plutôt que pour sa piété. C’est un témoignage charnel concernant des choses charnelles. Tous ces faux enseignements sont suscités par le diable en vue de la séduction de plusieurs par la convoitise de la chair.
Les ministères dans le Royaume de Dieu ont été donnés pour le perfectionnement des saints. C’est pourquoi, par la prédication, ils doivent instruire les saints à se dépouiller des œuvres du vieil homme. C’est ce que Paul atteste ici : « […] conformément à la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller, eu égard à votre vie passée, du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses. » (Éphésiens 4:21-22)
Tout au long de sa marche chrétienne, le croyant est instruit à agir contre les œuvres du vieil homme. Celui qui n’obéit pas laisse son esprit s’endormir, permettant toute latitude à la chair de prendre le contrôle total pour manifester ses mauvaises œuvres, ce qui conduit sûrement à la mort. Car l’affection de la chair, c’est la mort. Par l’affection des choses de l’esprit qui conduit au travail spirituel, les chrétiens sont appelés à posséder des vertus, des qualités et capacités spirituelles qui sont en Christ. Paul décrit cela comme le fruit de l’Esprit :
Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ; la loi n’est pas contre ces choses. Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. (Galates 5:19-24)
C’est ce que l’apôtre Pierre enseigne également :
Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise, à cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l’amour fraternel, à l’amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. (2 Pierre 1:3-8)
En abordant la même question, Pierre demande de faire tous nos efforts. Les efforts demandés ici ne sont pas des efforts dans la chair mais des efforts spirituels ou en esprit. C’est ce qui nous donne accès à ces trésors spirituels dans le Royaume de Dieu. La loi n’est pas contre ces choses. Au contraire, leur possession nous conduit à l’accomplissement de la loi en nous, c’est-à-dire à l’obéissance totale à la parole de Dieu qui est la loi du Royaume de Dieu. Ainsi, vivre et marcher par l’esprit consiste à manifester les œuvres de l’Esprit qui sont également les œuvres de la foi. En le manifestant, nous accomplissons la loi du Royaume de Dieu. Car comme il est écrit, toute la loi trouve son accomplissement dans un seul verset : Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5:14)
Chapitre V : les principes qui gouvernent le Royaume de Dieu
Comme tout Royaume, le Royaume de Dieu est organisé et fonctionne sur des principes. Pour vivre comme un bon citoyen dans le Royaume, il importe de comprendre comment celui-ci est organisé et comment il fonctionne. Son organisation et son fonctionnement sont fondés sur des principes dont la compréhension est nécessaire pour réussir en tant que fils dans le Royaume de notre père.
Cette compréhension spirituelle permet d’éviter les pièges de l’ennemi et de surmonter les difficultés innombrables que le chrétien peut rencontrer au cours de son pèlerinage. De même que les Royaumes de la terre sont organisés et fonctionnent sur des principes qui sont dans le monde, le Royaume de Dieu a aussi une organisation et fonctionne sur des principes.
Les principes du monde ne sont pas les principes du Royaume de Dieu. Appréhender le Royaume de Dieu avec les principes du monde crée des désastres dans l’Église c’est-à-dire dans les assemblées chrétiennes. Les conflits et déchirures entre des frères, des assemblées ou des serviteurs de Dieu viennent du fait que plusieurs abordent les affaires du Royaume de Dieu selon les principes du monde. Le monde dans lequel nous sommes est régi par des normes ou lois qui souvent dépassent les frontières nationales. On parle alors de lois supranationales ou conventions internationales. Il est aussi fondé sur des principes établis qui permettent à ceux qui les possèdent d’avoir un avantage sur ceux qui les ignorent ou ne les appliquent pas. La maîtrise de ces principes et leurs applications effectives assurent à ceux-ci une réussite certaine.
Il y a beaucoup de principes qui se rattachent à la vie dans la communauté que les spécialistes en sciences sociales et politiques enseignent. Il y a même des principes secrets détenus par des maîtres qui les dispensent à leurs disciples par des cycles initiatiques. Il serait prétentieux d’en parler ici, mais ce qu’il faut retenir c’est que ce monde a des principes dans tous les domaines de la vie. Ceux qui parviennent à émerger et à prendre le pouvoir sur les autres et à les conduire dans une direction donnée, appliquent des principes de ce monde. Ce sont des leaders qui ont bâti leur leadership par l’application de ces principes. Pour comprendre le sujet des principes du Royaume de Dieu, il importe de regarder à un des principes de base sur lequel repose le fonctionnement de ce monde.
1- Nous sommes dans un monde de compétition
La compétition est un principe de base qui gouverne le monde dans lequel nous vivons. Elle est une réalité dans la vie de tous les hommes. Nous sommes en compétition les uns contre les autres. Les entreprises sont en compétition les unes contre les autres. Les nations sont également dans une grande compétition les unes contre les autres. La compétition est l’une des valeurs qu’on inculque à l’enfant dès ses premiers pas dans la vie. À l’école, il apprend et comprend qu’il y a toujours un premier et un dernier. Pour être premier il faut travailler, étudier. Ainsi, à toutes les étapes de la vie il y a des évaluations. Ce sont les résultats des évaluations qui déterminent les positions dans la société. Ceux qui montent toujours plus haut et qui atteignent leurs objectifs ne sont pas forcément les plus intelligents. Ce qu’ils ont de plus, c’est la maîtrise des règles du jeu. Ils ont l’intelligence des affaires du monde. Ils n’ont aucun état d’âme par rapport à la probité ou la moralité, ce qui compte c’est l’atteinte de l’objectif. Même si cela engendre beaucoup de victimes, on pourra soulager sa conscience plus tard par des œuvres sociales à travers des organisations non gouvernementales (ONG) ou des fondations qui portent leur nom.
Dans ce monde ce sont les méchants qui dominent. Ils atteignent leurs objectifs par le mal, le mensonge, la corruption. C’est une réalité dont l’origine remonte au commencement. Comme cela est expliqué plus haut, ce monde est venu à l’existence par le diable. C’est par la corruption, par le péché que ce monde a fait son apparition. Toutes les valeurs qu’il incarne tirent leur origine de là. Car à la compétition est liée la rivalité, la jalousie, l’orgueil, la vanité, la méchanceté, la tricherie, la politique, les complots, les meurtres, les guerres.
C’est parce que les nations sont dans une compétition sans merci que la guerre est admise et encadrée par des règles ou lois. Les plus grands dictent leurs lois aux plus petits. Les positions sont déterminées par l’issue de chaque compétition au niveau social, politique et économique. En outre, la compétition fait appel à un mérite personnel qui est le socle de l’orgueil et de la vanité humaine. Le Royaume de Dieu est complètement opposé à cette réalité. N’est-ce pas ce que le Seigneur a déclaré à ses disciples ?
Jésus les appela, et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur. (Matthieu 20:25-26)
2- Les positionnements dans le Royaume de Dieu
Le Royaume de Dieu est le Royaume des fils de Dieu. Existe-t-il un ordre de positionnement de ceux-ci dans leur Royaume ? Un ordre hiérarchique existe-t-il entre les différentes positions ? Par quels principes ces positions sont-elles déterminées ? Quelles relations entretiennent-elles ? Les réponses à ces questions fondamentales par le concours des saintes Écritures nous permettront d’avancer dans la compréhension du sujet :
Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et ils le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le battent de verges, et le crucifient ; et le troisième jour il ressuscitera. Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils, et se prosterna, pour lui faire une demande. Il lui dit : Que veux-tu ? Ordonne, lui dit-elle, que mes deux fils, que voici, soient assis, dans ton Royaume, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. Jésus répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? Nous le pouvons, dirent-ils. Et il leur répondit : Il est vrai que vous boirez ma coupe ; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite et à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui mon Père l’a réservé. Les dix, ayant entendu cela, furent indignés contre les deux frères. Jésus les appela, et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur ; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. (Matthieu 20:18-28)
L’enseignement donné par le Seigneur dans ce passage de l’Évangile de Matthieu est fondamental pour la compréhension du principe de positionnement dans le Royaume de Dieu. C’est la bonne compréhension de cet enseignement dans sa signification exacte qui permet la régulation des rapports spirituels entre les différents membres de l’Église. Le contexte de cet enseignement est une demande formulée par deux disciples de Jésus.
Alors que Jésus expliquait à ses disciples le terme de son ministère, en parlant des évènements liés à sa mort à la croix, ses disciples Jacques et Jean sont venus accompagnés par leur mère pour faire une demande. À l’examen de l’attitude des deux disciples, il est loisible d’affirmer que leur requête revêtait une importance capitale pour eux. C’était une prière importante adressée au Seigneur. En effet, ils ne sont pas venus seuls et ils n’ont pas eux-mêmes exprimé leur demande. Ils ont utilisé un symbole fort en venant au-devant du Seigneur avec leur mère.
Certainement que le Seigneur Jésus connaissait la mère de ses disciples. Souvenons-nous qu’il les avait appelés à le suivre alors qu’ils étaient occupés avec leur père Zébédée à réparer leurs outils de pêche. À la vue de cette mère accompagnant ses fils, le Seigneur a compris qu’elle avait un besoin, une demande importante à formuler. C’est le sens de la question qu’il lui a adressée : « Que veux-tu ? » Cette question, de manière certaine, indiquait que le Seigneur était favorable à exaucer la demande de la mère des disciples.
Dans les Évangiles, chaque fois que le Seigneur a posé une telle question, le requérant a toujours été exaucé quelle que soit sa demande. À Bartimée, il posa la même question : « […] Que veux-tu que je te fasse ? Rabbouni, lui répondit l’aveugle, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit : Va, ta foi t’a sauvé. Aussitôt il recouvra la vue, et suivit Jésus dans le chemin. » (Marc 10:51-53) Le Seigneur était prêt à satisfaire la requête de cette femme de foi car elle avait la révélation de qui était Jésus. Elle savait qu’il était le Roi d’Israël, celui qui était destiné selon les prophéties à rétablir le Royaume et à s’asseoir sur le trône de David. Celui dont le règne est éternel et qui représente l’espérance de toutes les nations. La demande de cette femme était empreinte de foi et de révélation.
Normalement, cette demande aurait dû être agréée par le Seigneur, mais sa réponse indique un problème : « Vous ne savez ce que vous demandez. » (ibid.) La requête des disciples, formulée par leur mère, a laissé le Seigneur perplexe. Il était même embarrassé, d’où son exclamation : vous ne savez pas ce que vous demandez ! C’est dire que le fait de demander au Seigneur de leur accorder les deux positions à droite et à gauche, près du Seigneur était une prière embarrassante pour le Seigneur. Jean et Jacques voulaient les positions les plus proches du Seigneur.
Une telle demande dans le Royaume de Dieu dérangeait un principe. La requête des deux frères exprimait une ambition, celle d’avoir les deux positions les plus élevées dans le Royaume après celle du Roi. La question qu’il faut se poser est de savoir si, dans le Royaume, il est possible de désirer ou de rechercher une certaine position par ambition. Dans le monde cela est possible. L’ambition est une qualité qui contribue à déterminer la position sociale d’un homme dans la société. Les ambitieux sont des hommes qui atteignent leurs objectifs dans le monde car ils se donnent les moyens nécessaires pour y parvenir. Jean et son frère Jacques, en venant avec cette requête, ont agi comme dans le monde.
L’ambition est légitimée dans le monde car nous sommes dans un monde de compétition. Les ambitions engendrent de manière systématique la compétition parce que celles-ci s’entrechoquent, d’où les luttes, les combats et les affrontements. Le grand mal dans l’église, c’est que plusieurs viennent avec des ambitions et veulent les réaliser. Le Seigneur, en répondant à ses disciples bien-aimés : « Vous ne savez ce que vous demandez » (Matthieu 20:22), montre qu’une telle requête ne peut être formulée dans le Royaume de Dieu. Une telle requête n’a pas de sens dans le Royaume de Dieu. Celui qui désire une certaine position pour satisfaire une ambition personnelle dans l’Église de Jésus-Christ, et qui prie pour l’obtenir élève des prières insensées qui ne sauraient être exaucées.
Après avoir manifesté de l’embarras en rapport avec la demande des frères, la deuxième réaction du Seigneur a été cette question : « Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? » (ibid.) Qu’est-ce que cela signifie ? Le Seigneur indique ici qu’il y a une condition essentielle à remplir pour quiconque voudrait occuper une position dans son Royaume. Cette condition est le fait de boire la coupe que lui-même était appelé à boire à cette époque-là. Que représente cette coupe ? Elle représente la somme des souffrances, des humiliations et sacrifices que les chrétiens doivent accepter de subir pour le nom du Seigneur Jésus et à cause de Lui. C’est le fait de prendre sa croix pour suivre le Seigneur. À cette question, les deux frères ont répondu sans hésitation : nous le pourrons. Cette réponse a été certifiée par le Seigneur qui sait toutes choses : « Il est vrai que vous boirez ma coupe. » (ibid.)
Le Seigneur savait que les deux disciples allaient achever la course en gardant la foi et en le servant dans la fidélité. Ils allaient souffrir pour lui et mourir à cause de l’Évangile. En effet, l’apôtre Jacques est mort en martyr à cause de sa foi, et son frère Jean a souffert également jusqu’à ce qu’il soit déporté dans sa vieillesse sur l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu. Cette condition n’était pas un obstacle pour Jean et Jacques, car l’amour qu’ils avaient pour le Seigneur était tel qu’ils haïssaient leur propre vie. Ce qui comptait pour eux c’était d’être le plus proche possible du Seigneur dans son Royaume. Ils en avaient fini avec le monde et tout ce que celui-ci pouvait offrir comme avantage ou gloire. Leur engagement de foi était sans faille. Mais le fait de « boire la coupe » ne donne à aucun fils de Dieu un avantage sur un autre fils de Dieu et donc ne peut être une raison pour solliciter une position.
3- […] ne sera donné qu’à ceux à qui mon Père l’a réservé
La réponse du Seigneur à la demande des deux frères nous donne des informations capitales. D’abord la position d’un frère ou d’une sœur dans le Royaume ne dépend pas de Jésus-Christ de Nazareth en tant que Fils de Dieu. Pourtant il a dit aux disciples : « si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » (Jean 14:14). Le fait de demander une position quelconque dans le Royaume de Dieu est exclu du champ d’exaucement de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Cela est fondamental et lourd de conséquence. Toute position est pour celui à qui le Père l’a réservée. Personne ne pourra de quelque manière que ce soit ravir la position réservée à un autre.
En clair, les positions sont déterminées et déjà affectées à chaque fils de Dieu par notre Père Céleste. Cela manifeste sa suprématie et sa souveraineté absolue. Ses choix sont souverains et ne peuvent être contestés. Cela appartient à la justice de Dieu que de réserver à chacun de ses fils une position selon sa seule convenance, ou volonté. Il fait grâce à qui il fait grâce, il fait miséricorde à qui il fait miséricorde. Aucun fils de Dieu n’a plus de mérite par rapport à un autre fils de Dieu.
Certes, la vie chrétienne comme l’ont enseignée les apôtres est une course et aussi un combat. Mais nous ne courons pas les uns contre les autres et nous ne combattons pas les uns contre les autres. Chacun court et combat pour gagner le prix de la vocation céleste à laquelle il a été appelé. La victoire d’un frère n’est pas contre les autres frères. Il n’y a pas de compétition entre les frères pour occuper une position.
Chacun, s’il est fils de Dieu, a une position déjà réservée. S’il court et s’il combat, c’est pour occuper la position qui lui a été réservée. Par sa piété et sa fidélité au Seigneur, il ne pourra entrer en possession que de ce qui lui a été réservé. Il ne risque pas de prendre la place d’un autre. En aucun cas. Pour réussir son pèlerinage sur terre et achever la course dans la victoire, il est important de comprendre ce grand principe de base sur lequel est fondé le Royaume de Dieu. Comprendre ce principe et l’appliquer dans sa marche chrétienne de tous les jours, c’est la sagesse d’en haut. C’est le secret de la réussite.
Malheureusement, plusieurs vivent leur vie chrétienne sans la sagesse et l’intelligence spirituelle. Ils courent et combattent des frères. C’est du gâchis et une perte de temps. Cela est même dramatique car c’est la cause de plusieurs échecs dans la marche chrétienne et surtout dans le ministère.
Si nous sommes nés de Dieu, alors nos relations doivent être spirituelles. On ne doit plus voir un frère dans la chair et le mépriser. Car la position d’un frère ne dépend ni de sa piété ni des dons qu’il manifeste. Nous n’avons pas les mêmes dons ni les mêmes capacités spirituelles. L’œuvre de chacun ne détermine pas une position dans le Royaume, mais toute position est déjà réservée. Chaque frère œuvre avec les dons qu’il a reçus par grâce afin d’hériter la position qui lui a été réservée également par grâce.
Celui qui a réussi c’est-à-dire qui est vainqueur, c’est celui qui aura couru selon les règles et combattu le bon combat. Il entre à la fin de son pèlerinage dans sa promesse. Pas dans la promesse d’un autre. Alors pourquoi les luttes et pourquoi les querelles qui conduisent aux séparations et divisions ? Jacques enseigne à ce sujet qu’il y a deux sortes de sagesse : la sagesse d’en haut et la sagesse terrestre :
Lequel d’entre vous est sage et intelligent ? Qu’il montre ses œuvres par une bonne conduite avec la douceur de la sagesse. Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n’est point celle qui vient d’en haut ; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie. Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix. (Jacques 3:13-18)
La sagesse terrestre est opposée à la sagesse d’en haut. Elle est inspirée et soutenue par un zèle amer. Le zèle amer est un zèle manifesté dans l’Église mais qui est dirigé contre les autres frères. C’est un zèle motivé par la jalousie et le besoin de paraître important aux yeux des autres. Partout où il y a un frère ou des frères animés par un zèle amer, ce sont des disputes et des querelles qui sont manifestées. Car chacun travaille dans le service divin avec un esprit de compétition. Cela ne peut qu’engendrer des palabres entre les frères et les serviteurs de Dieu.
Comme la compétition produit toujours la rivalité, alors des serviteurs de Dieu peuvent se regarder comme des adversaires voire des ennemis. Ce sont des luttes qui aboutissent généralement à des séparations ou à des divisions. Cette sagesse est terrestre car elle obéit aux principes du monde. C’est une sagesse charnelle, diabolique. Il arrive que les frères qui sont à la base des querelles se croient plus spirituels que les autres. Ils motivent leur combat charnel contre les frères par des arguments spirituels. Très souvent, ils aiment se présenter comme les défenseurs de la vérité. Ils peuvent utiliser des Écritures pour se justifier. Mais Jacques dit de ne pas se tromper : « Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. Cette sagesse n’est point celle qui vient d’en haut ; mais elle est terrestre, charnelle, diabolique. » (ibid.) Il ne faut pas se tromper. Partout où des frères dans l’œuvre ne s’entendent pas, font des querelles, des palabres, en se combattant les uns contre les autres, c’est qu’il y a un zèle amer, un esprit de compétition. Le résultat c’est le désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Une telle église se place directement sous le contrôle du diable qui tire les ficelles en actionnant les uns et les autres pour faire encore plus le mal.
Les querelles, la méfiance, le mépris, les inimitiés, les jalousies et autres choses semblables sont la preuve incontestable que le diable est assis dans une telle église. En réalité si chaque frère réalisait que nous sommes dans un Royaume dont les principes et le fonctionnement sont à l’opposé du monde dans lequel nous vivons, le diable serait rapidement mis hors des assemblées chrétiennes. Il n’y trouverait aucun partenaire : « La sagesse d’en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits […] » (ibid.)
Celui qui est animé de la sagesse d’en haut, c’est-à-dire de la sagesse selon Dieu, doit manifester les vertus que Jacques a énumérées : il doit être pur, pacifique, modéré, conciliant, plein de miséricorde et portant de bons fruits. En clair, l’œuvre de Dieu ne saurait être accomplie dans les conflits perpétuels entre les frères, dans la haine et le mépris. L’œuvre de Dieu est l’œuvre accomplie par le Seigneur. Ce n’est pas l’œuvre émanant d’un frère qu’on peut désigner « œuvre de Dieu ».
L’œuvre du Seigneur est accomplie par l’Esprit du Seigneur au travers des vases qu’il a choisis. Voilà pourquoi on peut lui attribuer toute œuvre qui est ainsi accomplie. Alors comme c’est le Seigneur qui œuvre, cela produit obligatoirement la paix, la conciliation, la modération et la pureté. Là où il y a un esprit de dispute et de querelle, ce n’est plus le Seigneur qui est à l’œuvre. Ce n’est pas l’Esprit du Seigneur qui œuvre au travers d’un vase choisi mais c’est un homme qui œuvre pour le compte de l’adversaire.
Le mobile qui peut conduire un frère dans les combats et les luttes dans l’Église n’est pas la défense de la Vérité. C’est un combat personnel de positionnement ou de maintien d’une position. C’est la politique dans l’Église. Dans l’Église, c’est le Seigneur qui appelle au Ministère. On ne devient pas Ministre par sa propre volonté. Aucune prière ne peut faire d’un frère un ministre de la Parole. On ne devient pas aussi ministre par le fait de l’expérience. C’est le Seigneur seul qui est responsable de tout appel pour son œuvre. Il traite avec chacun selon sa convenance. C’est là l’expression de sa souveraineté. Il ne demande pas l’avis des autres serviteurs qu’il a aussi appelés dans son œuvre avant de positionner un frère. Il ne les tient même pas informés de l’appel d’un autre. Celui qui travaille avec la sagesse d’en haut ne regarde pas à la qualité d’un frère, mais regarde aux dons et aux capacités spirituelles qu’il manifeste pour l’édification de l’Église. Il doit comprendre qu’aucun appelé du Seigneur ne vient pour lui faire de la concurrence ou lui ravir sa place.
Lorsque notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est entré en scène dans son ministère glorieux, ni le souverain sacrificateur ni les principaux sacrificateurs, scribes et pharisiens n’en ont été informés préalablement par le Ciel. Ils ont été surpris par ce ministère. Malheureusement pour eux, cela a été un point d’achoppement, un rocher de scandale comme il est écrit. Au lieu de louer le Seigneur Dieu qui leur envoyait par ce Ministère glorieux un libérateur, ils ont plutôt traité leur Messie promis comme un adversaire et même un ennemi. Malgré les signes du Messie accomplis sous leurs yeux, ils ont détesté Jésus sans cause et ont comploté contre lui afin de le livrer aux Romains pour qu’il soit mis à mort.
De même que le Seigneur a été rejeté et persécuté par ses propres frères, ainsi tout appelé véritable connaîtra certainement le rejet et le mépris. Le Seigneur, bien qu’il fût accusé injustement, n’a jamais manifesté de la rancœur, du mépris ou de la haine pour ceux qui agissaient ainsi. Il a manifesté tout au long de son Ministère la sagesse d’en haut par la douceur, la pureté, la paix, la miséricorde, la charité. Il n’a pas engagé de palabres et de querelles avec eux, car comme il est écrit : « Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix. » (Jacques 3:18)
Ainsi il est important que chaque croyant recherche la sagesse du Royaume. Cette sagesse nous garde et nous empêche de tomber dans les pièges du diable. Car toute œuvre entreprise avec un esprit de rivalité et de compétition ne peut être appelée œuvre de Dieu. C’est une œuvre manifestée par la chair. Car la chair est liée au monde et a des ambitions inspirées par l’orgueil et la vanité. Toute ambition motivée par la chair provoque du désordre et engendre des problèmes de leadership parmi les frères qui n’ont pas atteint un certain niveau de maturité spirituelle. C’est ce qui s’est passé ce jour-là lorsque les deux frères ont présenté cette requête au Seigneur : « Les dix, ayant entendu cela, furent indignés contre les deux frères. » (Matthieu 20:24)
L’indignation est un sentiment de colère mêlé de mépris qui résulte d’une injustice flagrante ou d’une mauvaise action. Les dix autres apôtres ont jugé que la demande des deux frères était mauvaise et dirigée contre chacun d’eux. La colère les a animés car dans leur entendement, Jacques et Jean agissaient directement contre eux. En effet chacun des apôtres aurait pu aussi réclamer ces deux positions. Ils pouvaient aussi manifester du mépris envers les deux frères, car chacun d’eux aurait pu présenter devant le Seigneur des arguments valables pour revendiquer l’une des positions sollicitées par les deux frères. La suite aurait été des querelles, des palabres, des jalousies et toutes sortes de désordres parmi les disciples.
Heureusement, le Seigneur étant présent et témoin des mauvais sentiments qui agitaient les cœurs, les a repris vivement et a recadré chacun selon l’ordre qui régit le Royaume de Dieu : « Jésus les appela, et dit : Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. » (Matthieu 20:25)
4- […] Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur
Dans le Royaume de Dieu il y a des grands. Être grand, c’est avoir une position élevée. C’est dire que les positions ne sont pas les mêmes. Il y a des positions plus élevées et des positions moins élevées. Ce qu’il faut comprendre, c’est que dans l’Église chacun a été appelé pour occuper une position dans le Ministère de Christ. Lorsque l’appelé occupe pleinement cette position en accomplissant les missions qui y sont rattachées, alors à la fin de la course, il pourra entrer dans la promesse faite par le Seigneur. En d’autres termes, il pourra occuper la position qui lui a été réservée par le Père bien avant la fondation du monde.
Le problème relevé ici dans l’enseignement du Seigneur est relié au comportement et à l’attitude des appelés dans le Ministère de Christ. Ici, on ne parle pas des cinq ministères de la Parole, mais de l’ensemble des rachetés qui forment l’Église du Seigneur. Être grand, c’est-à-dire avoir une position élevée dans le monde, confère des droits et privilèges qui sont totalement opposés à l’ordre qui régit le Royaume de Dieu. Être grand dans le monde, c’est détenir un pouvoir auquel sont rattachés des honneurs et des privilèges souvent exorbitants. Le grand est honoré, il est craint. Il a la domination sur plusieurs qui lui sont asservis.
Par contre, dans le Royaume de Dieu, tout appelé à une position élevée doit d’abord être serviteur des autres. Ce qui distingue un grand dans l’Église, c’est sa position de serviteur. Cette position de serviteur est mal comprise par beaucoup dans l’Église. D’abord, il faut comprendre que le serviteur n’est pas plus grand que son maître : « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. » (Jean 15:20) Être au service des autres dans l’Église n’est possible que si cette vérité est bien comprise et intégrée.
Plusieurs se réclament avec beaucoup de fierté d’être serviteurs de Dieu. Cela est une très bonne chose. Le proclamer est assez aisé car tous reconnaissent de manière incontestable que Dieu est le plus Grand. Il n’y a donc aucun problème à proclamer être son serviteur. On peut même éprouver de la fierté et même de l’orgueil quand l’on reconnaît que nous sommes des serviteurs de Dieu parce qu’Il est le plus Grand et qu’Il n’a pas son égal. En effet, le serviteur d’un grand dignitaire a fière allure parmi le peuple. Être grand dans le Royaume de Dieu, c’est être capable d’être le serviteur des frères et sœurs. Cela est très difficile. On ne pourra être véritablement au service des autres que si nous respectons l’ordre hiérarchique établi par le Seigneur et si nous en acceptons les conséquences.
Dans le Royaume, les grands n’asservissent pas les autres mais sont plutôt au service des plus petits. Ce n’est pas le serviteur qui a droit à des égards ou des honneurs, mais c’est plutôt à Celui que l’on sert qu’ils sont réservés. Si nous sommes serviteurs des frères dans l’Église, nous ne sommes pas pour autant plus grands qu’eux. Si nous sommes leurs serviteurs, nous devons être capables d’admettre que c’est à eux que reviennent la considération et les honneurs. La position de serviteur doit respecter ce principe-là. Cela ne doit pas être une vue de l’esprit mais une réalité.
Aujourd’hui, la situation dans l’Église est assez difficile parce que la vérité est renversée dans beaucoup de cœurs. Le diable a réussi à introduire dans l’Église un ordre tyrannique. Dans le monde, les grands asservissent les autres et les dominent ; dans l’Église, ceux que l’on appelle « serviteurs de Dieu » asservissent les frères et les dominent. Les serviteurs ont pris la position de ceux qu’ils sont censés servir et se font servir avec beaucoup de tyrannie. Les enfants de Dieu sont devenus des serviteurs de ceux que leur Père a mandatés pour être à leur service.
Beaucoup ont érigé dans l’Église leur propre Royaume et règnent sans partage. Ils ont établi leurs propres lois et règles et tiennent les frères et sœurs sous leur pouvoir. Sous l’apparence de la piété, ils tyrannisent les enfants de Dieu. Il y a beaucoup d’enseignements qui conditionnent le peuple à la soumission absolue à leur pouvoir. Beaucoup vont encore plus loin en limitant le salut à leurs enseignements ou à leurs assemblées. Ceux qui n’obéissent pas à leurs enseignements ou qui ne prient pas avec eux sont perdus. Ils déplacent ainsi le Salut qui est seulement dans le Christ à leur propre personne, enseignements ou dénomination. C’est une grave hérésie qui a pour objectif l’aliénation des enfants de Dieu.
Plusieurs enfants de Dieu sont ainsi liés par des chaînes de faux enseignements ou doctrines et sont à la merci de ces gourous qui les tyrannisent. Être « grand dans le monde » et être « grand dans le Royaume » de Dieu sont deux notions carrément opposées. C’est ce que le Seigneur a voulu montrer à ses disciples qui commençaient à emprunter la voie des hommes à ce moment-là. Être grand dans le Royaume de Dieu, c’est avoir une certaine maturité spirituelle pour se conformer aux règles et aux principes qui le régissent : celui qui est grand est serviteur des autres. Il doit pouvoir manifester les vertus qui caractérisent le serviteur : la soumission, l’obéissance, la douceur, la simplicité, l’humilité, le respect, la fidélité, la charité… Ce sont les vertus que notre Seigneur de Gloire, Jésus-Christ de Nazareth a manifestées, lui dont le nom est au-dessus de tout nom, lorsqu’il a pris la position de serviteur afin de nous sauver.
5- […] et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave
Le Seigneur montre dans cet enseignement qu’il y a deux positions élevées : la position de « grand » et celle de « premier ». Celui qui veut être grand parmi les frères doit accepter d’être serviteur des frères, par contre celui qui veut être le premier parmi les frères doit être l’esclave des frères. La position de premier est une position d’élévation extrême. Il peut y avoir plusieurs grands mais il y a un seul premier. Vouloir être premier, c’est accepter d’occuper la position d’esclave parmi les frères. Si être premier est de loin plus honorable qu’être grand, il faut reconnaître également que la condition d’esclave est pire que celle de serviteur. Il ne s’agit pas ici de prendre la position « d’esclave du Seigneur » mais celle d’esclave des frères. Être esclave du Seigneur est une position très honorable parce que c’est Lui le Grand Roi.
En effet, être l’esclave d’un souverain procure dans le Royaume de ce dernier des privilèges, de l’autorité et des honneurs. Le Seigneur déclare que quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. Être esclave des frères signifie : être la propriété des frères. L’esclave appartient à son maître. Tout ce que l’esclave est, et tout ce qu’il a, appartiennent à son maître. Les rapports qui existent entre l’esclave et son maître sont des rapports de soumission et d’obéissance. L’esclave est soumis à son maître et lui doit obéissance, respect, considération de manière absolue. Car celui-ci a même le droit de vie sur sa personne.
Dans le monde, le premier des citoyens, c’est-à-dire le souverain, a des sujets sur qui il domine mais dans le Royaume de Dieu, celui qui veut la position de premier doit accepter de devenir l’esclave des frères qui sont les citoyens du Royaume. Dans l’Église, qui veut être le premier ? Qu’il soit notre esclave. C’est là le principe qui détermine la hiérarchie dans l’Église. Celui qui veut être le premier ne cherche pas les honneurs, la considération et les premières places. L’esclave n’est pas à la première place. Il n’a même pas de place parmi ses maîtres. Aujourd’hui, beaucoup prônent et enseignent le leadership dans l’Église en ignorant que l’Église n’est pas le monde. Les principes de fonctionnement du monde ne peuvent être appliqués dans l’Église.
Il y a des pasteurs qui règnent en maîtres absolus sur des assemblées. Ils sont des « rois » et leur épouse des « reines ». Dans l’assemblée, ils sont assis sur des trônes alors que les frères sont assis sur des bancs ou des chaises. Ils exigent des frères des présents, des dons, des offrandes de manière exagérée et vivent dans l’opulence alors que ceux-ci, pour la plupart, vivent dans la précarité. Ils sont en concurrence avec les leaders du monde en ce qui concerne les richesses financières et matérielles.
Tout ce qu’ils manifestent se trouve à l’opposé des principes du Royaume de Dieu. Qui peut être esclave des frères et laver les pieds de ceux-ci dans l’Église ? En effet, c’est à l’esclave qu’il revient de laver les pieds de son Maître. Jésus en lavant les pieds des apôtres, Lui le Maître et Seigneur, a obéi à ce grand principe. Lui, le Roi du Royaume, a pris cette position d’extrême humiliation pour laver les pieds de ses disciples qui en réalité sont ses sujets dans son Royaume. En instituant le lavage des pieds dans l’Église, le Seigneur a défini les rapports qui doivent exister entre les fils du Royaume. Dans le Royaume de Dieu, les rapports entre les fils du Royaume sont des rapports de soumission mutuelle. Chaque frère devant considérer son frère comme étant au-dessus de lui :
Après qu’il leur eut lavé les pieds, et qu’il eut pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit : Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur ; et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. (Jean 13:12-17)
6- L’organisation et le fonctionnement du Royaume : le principe du « corps de Christ »
L’Église de Jésus-Christ est composée de l’ensemble des rachetés. Elle n’est pas seulement une entité physique, elle est aussi spirituelle. Les rachetés sont ceux qui ont expérimenté la nouvelle naissance par l’action de la parole de Dieu et de l’onction de l’Esprit de Dieu. L’Église est la manifestation du Royaume de Dieu sur la terre :
Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le Royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. (Colossiens 1:12-14)
En intégrant l’Église par la nouvelle naissance, nous sommes transportés dans le Royaume du Fils de Dieu, c’est-à-dire le Royaume de Dieu. Le Royaume de Dieu étant une entité spirituelle, son organisation et son fonctionnement sont aussi d’ordre spirituel. Comment le Royaume de Dieu est-il organisé ? Et comment fonctionne-t-il ? Pour le montrer, la Bible le représente semblable à un organisme vivant formant un corps.
La Bible parle du Corps de Christ : « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. » (1 Corinthiens 12:13) Ici, la Bible indique clairement que l’expérience du baptême de l’Esprit a pour vocation la formation d’un corps. En d’autres termes, par le baptême de l’Esprit, le chrétien intègre le corps de Christ. Plus haut, il a été expliqué que, par la nouvelle naissance et le baptême du Saint-Esprit, le chrétien obtient un statut spirituel. Il est une nouvelle création : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Corinthiens 5:17) Cette nouvelle création est une création en esprit et par l’Esprit pour être une entité spirituelle. Être en Christ signifie appartenir à un corps spirituel. Sont des frères en Christ ceux qui, par leur naissance spirituelle au moyen de la puissance de Dieu, sont devenus « esprit ». En réalité, en Christ, il n’y a aucune place pour la chair. On peut alors affirmer que le corps de Christ comprend l’ensemble des chrétiens : « Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Corinthiens 12:21)
Les chrétiens, par essence, sont des hommes spirituels et sont identifiés au corps de Christ, chacun étant l’un des membres qui le constituent. En tant que chrétiens, nous sommes le corps de Christ. L’Église est son corps : « Car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps, et dont il est le Sauveur. » (Éphésiens 5:23)
L’Église de Jésus-Christ n’est pas une organisation associative régie par des statuts et règlements intérieurs. Elle n’est pas une dénomination encadrée par des lois et règlements humains. Elle est spirituelle et représente le Royaume de Dieu appelé encore le Royaume des Cieux sur la terre. Elle tire sa source du Ciel. Son organisation et son fonctionnement tirent leur source également du Ciel. Il n’y a pas plusieurs Églises de Jésus-Christ, car il y a un seul corps de Christ. Aujourd’hui, il y a plusieurs églises qui sont identifiables par leurs dénominations, leurs doctrines ou leurs pratiques. Toutes se réclament du corps de Christ.
La confusion est grande et la difficulté énorme pour celui qui veut comprendre. Elles sont différentes les unes des autres par leurs doctrines et pratiques. Elles sont souvent même à l’opposé les unes des autres. Cependant, la Bible atteste ceci :
Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. (Éphésiens 4:4)
En effet, il y a un seul Seigneur et un seul Dieu. Il y a également un seul corps, appelé corps de Christ qui est l’Église. Il y a une seule foi qui est le seul moyen pour être sauvé et pour appartenir à l’Église des rachetés.
Ainsi, le corps de Christ n’est pas composé de l’ensemble des dénominations ou groupes religieux. Il est composé de l’ensemble des rachetés qui ont expérimenté la nouvelle naissance et le baptême de l’Esprit. Ils forment en Esprit un seul Corps spirituel qui transcende toutes les dénominations et toutes les organisations religieuses. L’unicité de l’Église de Jésus-Christ ou du corps de Christ a été illustrée par le symbole du pain de la sainte cène par le Seigneur Jésus Lui-même.
Cette nuit-là, comme l’attestent les Écritures, c’est un seul pain qui a été béni, rompu et distribué à l’ensemble des participants. Il n’a pas pris plusieurs pains mais c’est un seul pain qu’il a partagé à tous ses disciples en disant « ceci est mon corps » :
Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon corps. (Matthieu 26:26)
La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang de Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion au corps de Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ; car nous participons tous à un même pain. (1 Corinthiens 10:16-17)
Ainsi, le corps de Christ est une entité spirituelle unique ayant plusieurs membres. Tous les membres appartiennent au corps et ont tous la même origine et la même nature. Chaque morceau de pain partagé pendant le repas du Seigneur provient du même pain et reste identique dans sa composition aux autres morceaux. Cela atteste que les membres du corps ont une seule source de vie, qui est la vie du Fils de Dieu.
Celui qui a reçu le Fils a la vie du Fils, et a pour vocation à terme d’être à la ressemblance parfaite de Christ. Ainsi, dans le corps de Christ, il n’y a pas de races ni tribus ni ethnies ni classes sociales. Dans l’Église de Jésus, il n’y a pas de traditions ou de cultures à observer : « Il n’y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ est tout et en tous. » (Colossiens 3:11) Il n’y a pas une église de Juifs à part et une église de Grecs à côté. Il n’y a pas non plus une église de pauvres à part et une église de riches ou de nobles à côté. L’Église de Jésus ou le Corps de Christ est une seule Église parce qu’il n’y a qu’un seul corps appelé Corps de Christ. Elle est reconnaissable par la Vie de l’Esprit qui provient de la parole de Dieu.
Chaque chrétien est membre du corps de Christ. La position de chaque membre est déterminée par le Seigneur seul. En effet, parlant du corps de Christ, l’apôtre Paul dit : « Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. » (1 Corinthiens 12:18) Ainsi, comme cela a été montré plus haut, c’est le Seigneur qui attribue à chaque membre une position. L’image du corps est frappante et permet de comprendre plus facilement le fonctionnement de l’Église, du Royaume de Dieu.
De même que dans le naturel chaque membre du corps humain a une position unique qui détermine sa fonction, de même en est-il pour le corps de Christ. Dans ce corps spirituel, chaque position détermine une fonction. Il n’y a pas de membre qui n’ait pas de fonction car être membre du Corps signifie manifester dans sa position la vie du corps. Chaque membre manifeste dans sa position la vie du corps et participe au fonctionnement du corps. Ici, on pourrait parler d’expertise des membres du corps. En prenant l’exemple du corps humain, le nez dans sa position participe à la vie du corps. Sa position lui confère une fonction vitale pour tout le corps. Ses capacités sont essentiellement liées à cette fonction voire cette position. En la matière, il détient une expertise unique dans le corps. Il est pratiquement impossible qu’un autre membre du corps puisse suppléer ou remplacer le nez. Cela est vrai de même pour les yeux et pour chaque membre du corps.
Si le Seigneur lui-même en parlant de l’Église l’identifie à son propre corps, c’est pour montrer l’importance de chaque membre de l’Église et les liens qui existent entre les différents membres. De même qu’aucun membre du corps n’est inutile, dans l’Église tous les membres ont une importance capitale. Chaque frère ou sœur, s’il appartient au corps de Christ, est important par sa position et sa fonction pour la vie, l’harmonie et l’équilibre de tout le corps. Comme le dit l’apôtre Paul : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. » (1 Corinthiens 12:7) Nous n’avons pas les mêmes dons, les mêmes capacités ou vertus mais la manifestation de l’Esprit en chacun participe à la vie de tout le corps.
Ce qu’il faut noter, c’est que chaque position a une fonction et manifeste la vie de l’Esprit car c’est un corps spirituel. Ce que manifestent les yeux comme « vie » a un effet différent de ce que le nez manifeste, mais les deux manifestations proviennent de la même source et sont utiles pour tout le corps. Lorsque les yeux manifestent la vie, tout le corps voit et peut se diriger car étant dans la lumière. Mais lorsque les yeux ne vivent plus, c’est-à-dire n’ont plus de fonctionnalité, alors tout le corps est dans le noir.
Cela montre clairement que dans le corps de Christ, nous dépendons les uns des autres. La défaillance d’un membre ou d’une partie du corps est un problème pour tout le corps. La maladie d’un membre, quelle que soit sa position, affecte tout le corps. Lorsqu’on ramène tout cela à l’Église, on se rend compte de la difficulté. En effet, l’Église ne se porte pas bien. Le corps de Christ est malade et ne fonctionne pas bien. Quelle est la situation de l’Église ou du corps de Christ aujourd’hui ? Le diagnostic de l’état de l’Église révèle plusieurs niveaux de problèmes.
Le problème fondamental se trouve au niveau de l’enseignement. Plusieurs vivent leur foi chrétienne sans discerner le corps de Christ. Ils ne comprennent pas qu’ils appartiennent à un corps et, par conséquent, ils ne connaissent pas leurs droits et obligations en lien avec ce corps. Cette méconnaissance affecte le fonctionnement de tout le corps. Elle est source de maladie voire de mort :
Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné ; c’est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi.
De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit : Cette coupe est la Nouvelle Alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez. Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. C’est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même. C’est pour cela qu’il y a parmi vous beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts. Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. (1 Corinthiens 11:23-31)
Discerner le Corps de Christ en participant à la sainte cène, c’est réaliser que le pain et le vin que nous prenons symbolisent la communion à la vie du Seigneur par son Esprit. Nous sommes en communion avec la vie du Seigneur et cette communion nous rattache les uns aux autres par un lien spirituel. Participer au pain et au vin sans le discernement du Corps de Christ est un péché. Celui qui discerne ce Corps se conserve pur non seulement à cause du Seigneur, mais aussi à cause des autres membres du corps selon le lien spirituel qui les unit. Discerner le Corps de Christ, c’est comprendre qu’étant membre du Corps, on n’est pas seul.
À cause du Seigneur et des autres membres du Corps, on ne peut pas toujours faire ce que l’on veut. Notre liberté dans le Seigneur doit tenir compte de la situation des autres membres du Corps. À ce propos Paul dit ceci : « prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d’achoppement pour les faibles. » (1 Corinthiens 8:9) Discerner le Corps de Christ, c’est avoir de l’intelligence spirituelle dans sa marche de tous les jours.
Cette intelligence ou sagesse doit amener le chrétien à ne rien entreprendre qui pourrait affecter sa propre vie de sanctification. Il doit prendre garde à ne pas créer une brèche que l’adversaire pourrait exploiter dans la vie des autres à cause de leurs faiblesses et créer ainsi des ténèbres dans l’Église. Ainsi, je me conserve pur et je veille à ne pas contribuer à la chute d’un frère plus faible.
Dans le corps de Christ nous sommes non seulement liés les uns aux autres, mais également limités les uns par rapport aux autres. Un seul frère n’a pas tous les dons, toutes les vertus ou capacités spirituelles, mais à chacun comme il est écrit, la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. La restauration du Corps de Christ se fera avec la restauration de tous les membres qui le constituent. Un seul membre du corps ne sera pas enlevé au détriment des autres membres. Avoir le discernement du Corps de Christ, c’est vivre et travailler à sa vitalité, à son harmonie et à son unité.
Jésus est la tête du Corps. Nous lui appartenons en tant que membres. Il est bien vrai qu’il a été élevé à la perfection. Il attend maintenant, avec patience, que les membres qui sont à lui parviennent également à cette même perfection. Dans nos épreuves il nous soutient, dans nos faiblesses il nous supporte. Il travaille par son Esprit qui agit encore, à amener dans la glorification tout le Corps. L’enlèvement réalisera la réunion de tout le Corps avec la Tête. Ainsi de même qu’il est Un dans le Père, nous serons Un en lui.
6- Principes sur les doctrines, prescriptions et organisations dans l’Église
Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. (2 Corinthiens 3:17)
Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. (Éphésiens 2:20)
L’Église de Jésus-Christ est fondée sur les doctrines et les prescriptions que les apôtres et les prophètes nous ont laissées. Ces doctrines et prescriptions sont les enseignements de Jésus-Christ. Ils les ont reçus de manière particulière pendant son Ministère terrestre et pour d’autres comme Paul par révélation directe. Ils ont reçu mandat du Seigneur pour écrire le Nouveau Testament qui est à tous points de vue la continuité de l’Ancien Testament écrit par d’autres serviteurs ayant également reçu mandat du même Seigneur. Dans sa marche, l’Église doit absolument se soumettre aux doctrines et prescriptions des apôtres et des prophètes.
Tous les Ministères suscités par le Seigneur au cours des âges de l’Église ont pour mission, non de poser de nouveaux fondements ou doctrines, mais d’enseigner à l’Église ceux qui sont déjà contenus dans la Bible, afin qu’elle ne soit pas séduite par des doctrines étrangères. Tout ministre appelé dans l’Église reçoit par son appel les capacités pour conduire et garder l’Église dans les saintes doctrines. L’enseignement des saintes Écritures est délicat et n’est pas donné à tous les prédicateurs. C’est un domaine réservé aux ministres de la Parole, car c’est leur vocation première.
En effet les termes concernant l’appel au ministère sont clairs :
Celui qui est descendu, c’est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’œuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef, Christ. (Éphésiens 4:10-15)
Les apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs ont été donnés à l’Église pour le perfectionnement des saints. Le perfectionnement des saints est un processus qui doit amener les saints à la maturité, c’est-à-dire à la stature parfaite de Christ. À ce moment-là ils parviennent à l’unité de la foi et à la connaissance du Fils de Dieu.
L’objectif étant de permettre ainsi à chaque saint de garder la sainte doctrine en résistant à la séduction et à la tromperie des hommes qui égarent les croyants par l’introduction de leurs propres doctrines dans l’Église. Avoir la capacité de reconnaître les fausses doctrines et d’y échapper est l’œuvre du ministère d’édification du Corps de Christ. Malheureusement beaucoup de serviteurs de Dieu, ignorant certains principes divins, imposent de fausses doctrines à l’Église par leurs enseignements.
Avant d’aller plus loin il faut noter que les prophéties contenues dans les saintes Écritures ne sont pas des doctrines. Ce sont des prédictions de l’action de l’Esprit. Lorsque le temps d’accomplissement arrive, le Seigneur mandate un ministre pour expliquer la prophétie et son accomplissement. Cela n’est pas une nouvelle doctrine dans l’Église, mais une nouvelle étape dans l’œuvre d’édification du Corps de Christ.
Ainsi aucun serviteur n’a le droit de donner une doctrine ou prescription supplémentaire à l’Église. Tout ce qui est nécessaire pour le perfectionnement des saints se trouve déjà établi dans l’ensemble de la Bible. Ceux qui ont écrit la Bible en ont reçu le mandat du ciel. Concernant l’Église dans le Nouveau Testament, le Seigneur a mandaté les apôtres et les prophètes pour en poser les fondements spirituels : « Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. » (Éphésiens 2:20) Ces apôtres et prophètes, dont les écrits sont consignés dans la Bible, sont déjà connus et ont agi dans la pleine volonté de Dieu. À partir des enseignements du Maître, ils ont posé les fondements de la sainte doctrine dans l’Église. Ils ont reçu les capacités pour faire des prescriptions à tout le Corps de Christ. Les doctrines n’évoluent pas, car elles sont parfaites dans toutes leurs prescriptions.
Le principe fondamental, c’est qu’aucun enseignement ne doit aboutir à la naissance d’une doctrine ou prescription qui n’est pas consignée dans les écrits des apôtres et des prophètes. Les faits bibliques ou les exemples de la Bible ne permettent pas d’établir une nouvelle vérité biblique. Les faits ou exemples dans la Bible peuvent être utilisés pour démontrer une vérité déjà écrite mais ils ne peuvent pas créer une vérité qui n’est pas écrite. C’est l’un des grands problèmes dans l’enseignement des saintes Écritures.
Certains serviteurs affirment que deux ou trois témoignages des saintes Écritures suffisent pour confirmer une vérité. Cela n’est pas vrai dans tous les cas. Deux ou trois exemples de faits bibliques suffisent pour attester la vérité écrite. Mais des exemples tirés de la Bible ne suffisent pas pour donner naissance à une vérité non écrite. Pour une meilleure compréhension, il est nécessaire d’examiner certaines fausses doctrines et leur mode de conception.
a- Le parler en langue – signe du baptême du Saint-Esprit
Beaucoup de chrétiens croient ceci : « le signe de l’évidence du Saint-Esprit est le parler en langues. » Celui qui expérimente au moins une fois le parler en langues a reçu le Saint-Esprit selon cette doctrine. C’est pour eux la certitude du baptême de l’Esprit. Cette manière de croire est totalement fausse, car cela n’est pas écrit dans la parole de Dieu. On ne trouve aucune écriture qui dise expressément que le fait de parler en langues est le signe que l’on a reçu le baptême du Saint-Esprit ou bien que lorsque l’on reçoit le baptême du Saint-Esprit on doit obligatoirement parler en langues. Cependant beaucoup d’exemples bibliques montrent que plusieurs de ceux qui étaient baptisés du Saint-Esprit parlaient en langues et prophétisaient :
Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. (Actes 2:1-4)
Comme Pierre prononçait encore ces mots, le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis qui étaient venus avec Pierre furent étonnés de ce que le don du Saint-Esprit était aussi répandu sur les païens. Car ils les entendaient parler en langues et glorifier Dieu. (Actes 10:44-46)
Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir parcouru les hautes provinces de l’Asie, arriva à Éphèse. Ayant rencontré quelques disciples, il leur dit : Avez-vous reçu le Saint-Esprit, quand vous avez cru ? Ils lui répondirent : Nous n’avons pas même entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit. Il dit : De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? Et ils répondirent : Du baptême de Jean. Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. Lorsque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils parlaient en langues et prophétisaient. (Actes 19:1-6)
À partir de ces exemples, on pourrait être tenté de conclure que le parler en langues est l’évidence du baptême du Saint-Esprit. Cette conclusion serait le résultat d’une mauvaise déduction logique. La parole de Dieu n’est pas ou ne se comprend pas selon des déductions logiques. On ne peut pas, par une déduction logique, créer une vérité biblique ou une doctrine. Ce qui est vérité est écrit et consigné par les apôtres et les prophètes qui l’ont reçu et écrit par révélation.
Dans le domaine de la révélation, il n’y a pas de déduction logique. L’interprétation des faits bibliques par la logique est dangereuse, elle peut être source de fabrication de vérités ou doctrines non écrites, donc fausses. Quand on impose ces fausses vérités ou doctrines à l’Église, le diable s’en réjouit et ouvre grandement la porte à toutes sortes d’esprits qui se manifestent dans la vie des croyants. Les fausses interprétations créent non seulement du désordre, mais ferment l’accès à la véritable lumière qui est la sainte doctrine.
b- Une assemblée par ville
Dans certains milieux chrétiens, les frères croient ceci : « dans une ville il ne doit y avoir qu’une seule église ou assemblée de chrétiens. » Selon cette assertion, les frères qui croient et qui marchent dans le même esprit doivent avoir, dans la même ville, un seul lieu de culte de manière obligatoire. C’est une « vérité » qui est enseignée et crue. Cependant, lorsque nous examinons les écrits de nos pères apostoliques qui ont rédigé le Nouveau Testament, aucun d’eux n’a fait une telle recommandation à l’Église. Cela n’est écrit nulle part. Si cela n’est pas écrit, c’est que cette doctrine a été fabriquée. Comment a-t-elle été fabriquée ? Par une mauvaise interprétation logique des faits bibliques :
Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. (Actes 2:1)
Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille âmes. Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. (Actes 2:41-44)
Nous pouvons ajouter à cela, les exemples des localités d’Antioche, d’Éphèse, de Corinthe à partir desquels on pourrait démontrer que les frères se réunissaient dans une assemblée de saints dans un même lieu.
Nous sommes d’accord pour dire qu’il y a un avantage certain pour les frères de demeurer ensemble dans un même lieu de prière, si cela est possible. Mais le fait d’enseigner et de prescrire aux frères que, dans une ville, il ne doit y avoir qu’un seul lieu de culte – ou église – est erroné. Cela résulte d’une mauvaise interprétation des exemples bibliques. Nul ministre ou serviteur de Dieu n’a le droit de créer une doctrine ou de faire une telle prescription à l’Église du Seigneur. Ce que la Bible n’a pas prescrit au Corps de Christ, ne doit pas lui être imposé par qui que ce soit. Cette doctrine provoque de graves blocages dans l’œuvre d’édification du Corps de Christ.
Lorsque deux serviteurs de Dieu se rencontrent dans la même ville où chacun tient une assemblée du Seigneur, ce qui est normal est qu’ils se donnent la main d’association. Cette main d’association permettra aux différents ministres œuvrant dans chacune des assemblées de visiter ces dites assemblées afin qu’elles bénéficient des fruits de ces ministères. Maintenant, si les serviteurs de Dieu trouvent qu’il est nécessaire de se regrouper dans un seul lieu de prière pour une plus grande efficacité dans l’œuvre d’édification du Corps de Christ, gloire à Dieu. À ce moment-là, ils pourront résoudre les difficultés d’ordre matériel, notamment celles liées à la distance. Mais enseigner et imposer que dans une ville il n’y ait obligatoirement qu’un seul lieu de prière, n’est pas juste car cela n’est pas écrit.
Revenons aux prescriptions faites par les apôtres dans les saintes Écritures. Une prescription est un ordre donné par les apôtres en ce qui concerne la conduite de l’Église de Jésus-Christ. Cela peut avoir pour objectif de régler un problème dans l’Église, ou même donner une orientation spirituelle aux serviteurs de Dieu.
La première prescription majeure faite à l’Église est intervenue à la conférence de Jérusalem. Cette conférence a été convoquée par les apôtres en vue de débattre sur une doctrine que certains frères voulaient imposer à l’Église. Selon cette doctrine, les païens qui se convertissaient à l’Évangile devaient se faire circoncire conformément à la loi de Moïse. Ils faisaient de cela une obligation attestant que cela était indispensable au salut obtenu dans la Nouvelle Alliance. Les débats ont été vifs, mais à la fin les frères ont conclu par une déclaration qui a été envoyée à toutes les églises comme prescription à observer :
Ils les chargèrent d’une lettre ainsi conçue : Les apôtres, les anciens, et les frères, aux frères d’entre les païens, qui sont à Antioche, en Syrie, et en Cilicie, salut ! Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n’avions donné aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes, nous avons jugé à propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabas et Paul, ces hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous avons donc envoyé Jude et Silas, qui vous annonceront de leur bouche les mêmes choses. Car il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer d’autre charge que ce qui est nécessaire, savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l’impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. (Actes 15:23-29)
Cette prescription est claire et ne peut faire l’objet d’interprétation. Elle s’impose à l’Église comme un ordre et règle de manière définitive le problème qui avait été soulevé par certains frères. Ce qu’il faut savoir, c’est que les apôtres qui ont écrit le Nouveau Testament ont reçu mandat et autorité pour faire des prescriptions à l’Église.
L’apôtre Paul également, dans le mandat qu’il a reçu en faveur de l’Église, a fait des prescriptions à l’Église. L’une des prescriptions importantes faites à l’Église concerne la question sur le Ministère de la femme dans l’Église. Cette prescription a été faite pour régler les questions suivantes : Peut-on ordonner une femme dans un Ministère de la Parole dans l’Église de Jésus-Christ ? Une femme peut-elle prêcher dans l’Église ? Peut-elle avoir de l’autorité dans l’Église pour jouer un rôle de leader ? Paul a été clair, concis et ferme sur ces questions dans sa prescription faite dans les passages suivants :
Je veux aussi que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d’or, ni de perles, ni d’habits somptueux, mais qu’elles se parent de bonnes œuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu. Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Ève ensuite ; et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans la charité, et dans la sainteté. (1 Timothée 2:9-15)
Car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, selon que le dit aussi la loi. Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leurs maris à la maison ; car il est malséant à une femme de parler dans l’Église. Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ? Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur. Et si quelqu’un l’ignore, qu’il l’ignore. (1 Corinthiens 14:33-38)
C’est en vertu de cette prescription qu’on ne peut pas ordonner, dans l’Église de Jésus-Christ, des femmes dans le Ministère. Les deux passages mis ensemble répondent à toutes les interrogations sur le sujet : « Que la femme écoute l’instruction en silence […], elle doit demeurer dans le silence […], que les femmes se taisent dans les assemblées […], car il ne leur est pas permis d’y parler […]. » Ces quelques extraits choisis des deux passages sont assez clairs pour donner des éléments de réponse à nos interrogations. La femme dans l’Église doit écouter l’instruction en silence. Elle doit demeurer dans le silence. Par conséquent, il ne lui est pas permis de parler. Pour quelle raison ? « […] car il est malséant à une femme de parler dans l’Église. » Et si elles ne comprennent pas ce qui est enseigné ou prêché ? « […] qu’elles interrogent leurs maris à la maison. »
Honnêtement, si elle n’a pas le droit de parler dans l’église, ni même de poser une question pour la compréhension de ce qui est enseigné, comment peut-elle se tenir à la chaire pour adresser un message à l’église ? Comment pourrait-elle s’attribuer un ministère de la Parole, alors que Paul dit : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner. » Peut-elle exercer un ministère de la Parole, si dans l’église il lui est formellement interdit de parler et d’enseigner ? Ou encore, comment peut-elle exercer l’autorité dans une assemblée des saints, en la dirigeant s’il lui est dit : « […] Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme. » Où ce genre de ministère peut-il s’exercer ? Certainement en dehors de l’Église de Jésus-Christ. Car cette vive prescription est adressée aux assemblées de l’Église des saints : « Comme dans toutes les Églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées […] » Est-il possible d’atténuer la rigueur de cette prescription pour s’en dérober parce que c’est une pensée de Paul ? À cette éventualité Paul répond : « Si quelqu’un croit être prophète ou inspiré, qu’il reconnaisse que ce que je vous écris est un commandement du Seigneur. » (1 Corinthiens 14:37) Pour ceux qui voudraient contester, voilà ce que Paul leur répond : « Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? Ou est-ce à vous seuls qu’elle est parvenue ? » Maintenant celui qui veut ignorer l’ordre du Seigneur, qu’il l’ignore. Chacun étant appelé à rendre compte au Seigneur.
Ce qui est important c’est la prescription de Paul. C’est elle qui établit la vérité sur la question de la femme et le Ministère de la Parole. Si Paul n’avait pas écrit ainsi, la controverse serait grande dans l’Église. Bien que les faits montrent que le Seigneur Jésus a choisi douze apôtres, tous des hommes, que les sept choisis pour distribuer la nourriture à Jérusalem étaient tous des hommes, que dans l’Ancien Testament les sacrificateurs étaient tous des hommes, la controverse allait demeurer. Les prescriptions écrites des apôtres mettent fin à toutes controverses pour les véritables croyants.
Toute prescription écrite faite par les apôtres, est un ordre du Seigneur. La Parole du Seigneur est immuable car elle est parfaite et demeure vérité dans tous les âges. Le principe qu’il faut garder pour tout enseignant de la parole de Dieu, c’est qu’on n’a pas le droit de créer une vérité ou doctrine qui n’est pas écrite, sur la base d’interprétations erronées des faits bibliques. Il n’est non plus pas permis de créer une vérité ou doctrine sur la base d’expériences spirituelles vécues car la manifestation de l’Esprit est donnée à chacun de manière particulière.
On ne fait pas les mêmes expériences spirituelles par exemple lors de la nouvelle naissance ou du baptême du Saint-Esprit. Mais le résultat reste le même dans la vie des chrétiens. Ce résultat reste le changement qui s’opère dans le cœur du croyant et l’assurance de son appartenance à Christ. Enseigner alors sur la nouvelle naissance et le baptême du Saint-Esprit en érigeant son expérience personnelle comme l’absolu ou la seule manière d’opérer du Saint-Esprit, crée une fausse doctrine. Elle sera un obstacle pour les frères par rapport à la liberté du Saint-Esprit. L’enseignement a pour but de mettre en lumière dans l’esprit des frères ce qui est écrit. Les faits bibliques et exemples bibliques viennent attester ou confirmer la vérité mais ne peuvent pas, par eux seuls, créer une doctrine ou une vérité.
Bien que les choses soient dites ainsi, la Bible déclare également : « Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. » (2 Corinthiens 3:17) L’autre réalité ou principe, c’est que le chrétien doit être libre dans sa marche. La liberté est une vertu que donne le Saint-Esprit. Dans son enseignement sur la nouvelle naissance, le Seigneur a comparé au vent celui qui est né de l’Esprit : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. » (Jean 3:8) L’Esprit de Dieu œuvre dans la liberté. Le serviteur de Dieu peut être amené à poser des actes circonstanciels ou à faire des prescriptions limitées à son assemblée locale pour la bonne tenue du culte. Cette liberté d’action n’a pas pour objectif d’aller à l’encontre des doctrines et prescriptions établies dans la Bible. Le but n’est pas de créer une nouvelle pratique dans le Corps de Christ.
L’exemple de l’acte de Paul est édifiant :
Il se rendit ensuite à Derbe et à Lystre. Et voici, il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d’une femme juive fidèle et d’un père grec. Les frères de Lystre et d’Icone rendaient de lui un bon témoignage. Paul voulut l’emmener avec lui ; et, l’ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là, car tous savaient que son père était grec. En passant par les villes, ils recommandaient aux frères d’observer les décisions des apôtres et des anciens de Jérusalem. (Actes 16:1-4)
Paul a été mandaté avec les autres frères, Barnabas, Jude et Silas pour expliquer et faire appliquer les résolutions de la conférence de Jérusalem qui avait rassemblé les apôtres, les anciens et les frères. Fallait-il imposer aux païens qui se convertissaient à l’Évangile de grâce de Jésus, la circoncision selon le rite hébraïque ? La conférence n’a rien imposé de plus aux païens, sinon ce qui a été prescrit. Paul, en faisant circoncire Timothée, un converti grec, a-t-il désobéi à la résolution des apôtres et anciens alors qu’il était chargé de la faire appliquer dans toutes les assemblées ? La réponse est non.
Paul n’a pas désobéi aux résolutions de la conférence. Il n’a pas fait circoncire Timothée parce qu’il croyait à la doctrine des frères qui disaient que la circoncision dans la chair devait attester le salut des païens convertis à l’Évangile. Il l’a fait de manière délibérée pour que l’incirconcision de Timothée ne soit pas un obstacle à l’œuvre de Dieu, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux et qui le connaissaient comme un païen grec. À cause d’eux, il l’a fait circoncire pour ne pas les scandaliser afin qu’ils ne ferment pas leur cœur à l’Évangile. Est-ce que Paul s’est compromis ? Non, mais il a agi dans la sagesse au profit du Royaume de Dieu, selon la liberté du Saint-Esprit. Paul a écrit ailleurs : qu’est-ce que la circoncision ou l’incirconcision ? C’est la foi dans l’œuvre de Golgotha qui donne le salut. Nous avons été sauvés par grâce, par le moyen de la foi.
La vraie circoncision c’est celle du cœur par l’action du Saint-Esprit. Paul avait la connaissance des saintes Écritures. Cette connaissance procure de la sagesse, de l’intelligence spirituelle et la liberté. Celui qui a cette maturité spirituelle ne crée pas de problème dans l’œuvre de Dieu ou dans l’Église. La preuve, c’est que Paul a continué la mission confiée par les apôtres et les anciens, en exhortant les frères à obéir aux prescriptions de la conférence : « En passant par les villes, ils recommandaient aux frères d’observer les décisions des apôtres et des anciens de Jérusalem. » (Actes 16:4)
Le Seigneur c’est l’Esprit, là où est l’Esprit du Seigneur, c’est la liberté. L’œuvre de Dieu s’accomplit dans la liberté de l’Esprit. Dans certaines assemblées locales par exemple, il y a des rangées de sièges réservés aux sœurs, d’autres aux frères. Il n’y a pas de mélange entre les deux genres. C’est une bonne disposition pour le bon déroulement du culte. Cela ne dérange aucune écriture mais cela n’a pas été l’objet de prescription particulière par les apôtres. Cette pratique n’est pas écrite ni recommandée à l’Église. Par conséquent, cette disposition bien qu’elle soit acceptable, ne doit pas être érigée en doctrine dans l’Église du Seigneur. Elle ne doit pas être imposée à l’ensemble des églises. Chaque serviteur étant libre par l’Esprit de disposer les choses selon son entendement.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il est formellement interdit de faire des prescriptions au Corps de Christ sur ce qui n’est pas écrit dans la Bible. La liberté que le Saint-Esprit nous donne ne fait pas de nous des législateurs ou des juges. Dans l’enseignement de la parole de Dieu, on n’est pas appelé à créer des doctrines par une mauvaise interprétation logique des faits bibliques. Tout Ministre de la Parole qui est sous la conduite de l’Esprit, a la capacité spirituelle pour enseigner ce qui est écrit et rendre cela clair et compréhensible dans l’esprit des frères.
C’est ainsi que l’Église peut garder la sainte doctrine des apôtres et des prophètes pour croître dans la connaissance du Fils de Dieu et parvenir, à terme, à la perfection à laquelle elle a été appelée. Ceux qui œuvrent pour le Royaume de Dieu doivent toujours garder à l’esprit cette parole : « Le fruit de la justice est semé dans la paix par ceux qui recherchent la paix. » (Jacques 3.18) Car ceux qui enseignent de fausses doctrines ou des prescriptions non écrites sont à l’origine des désordres, des divisions et des séparations. Travailler dans cet esprit, c’est faire obstacle à l’édification du Corps de Christ.
Le Royaume de Dieu vit et fonctionne sur des principes. La connaissance de son mode de fonctionnement et des principes qui le régissent est primordiale pour réussir dans la vocation qui nous a été adressée par le Seigneur. Les vainqueurs, ce sont les fils de Dieu qui ont été instruits sur les mystères du Royaume. Cette instruction a pour but d’amener chaque fils de Dieu à connaître sa patrie dans son organisation et son fonctionnement.
Les hommes sont terrestres et ne connaissent que les choses de la terre. Mais les chrétiens ont été transportés dans le Royaume de lumière et de vie du Fils de Dieu qui, lui, est céleste. D’où la nécessité d’enseigner le fonctionnement du Royaume afin qu’ils connaissent non seulement ses principes de vie, mais également quels sont leurs droits et devoirs envers cette patrie. L’enseignement de la Parole ayant pour vocation d’expliquer des choses spirituelles – c’est-à-dire célestes – aux enfants de Dieu, exige des enseignants le respect du contenu de toutes les saintes Écritures. La perfection n’est possible dans la vie du croyant que par l’accomplissement de toute la Parole en lui-même.
Or la Parole manifeste la vie harmonieuse dans la paix, la douceur, la patience, l’équité, la justice, la charité… et l’amour. Les matériaux qui participent à l’édification de la maison spirituelle de Dieu sont spirituels. Tous ceux qui œuvrent à la construction de cet édifice doivent être équipés par le Maître de l’ouvrage. Ils doivent alors veiller à ne pas utiliser des matériaux terrestres qui mettent à mal l’équilibre de l’édifice. Tout usage de matériaux terrestres engendre les ténèbres et la mort. Or le Royaume de Dieu, c’est la lumière, c’est la vie.
Chapitre VI : la vie dans le Royaume de Dieu
Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. (1 Jean :11-13)
L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. (Genèse 2:7)
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. (Jean 1:1-4)
Le Royaume de Dieu est un Royaume de vie et de lumière. Le Royaume de Dieu vient des Cieux pour s’établir sur la terre. C’est une entité spirituelle dont l’origine est céleste et divine. C’est un Royaume spirituel, dont les citoyens ont en commun une vie spirituelle appelée vie de l’Esprit. Contrairement au monde dans lequel nous sommes, le Royaume de Dieu, lui, est essentiellement caractérisé par la vie. C’est ceux qui ont la vie qui appartiennent à ce Royaume. La différence entre les Royaumes du monde et le Royaume de Dieu est liée à la vie. La mort et tout ce qui appartient à la mort n’existent pas dans ce Royaume. L’évangile du Royaume est un appel à la vie.
Prêcher le Royaume de Dieu, c’est prêcher la vie. Entrer dans le Royaume de Dieu, c’est d’abord expérimenter la vie. Il y a une vie dans le Royaume de Dieu. Cette vie est différente de ce que le monde appelle « vie ». Cette vie est étrangère au monde et n’est pas connue de lui. C’est la vie qui vient du ciel.
Ce monde comme il a été dit plus haut, est venu à l’existence par le péché. C’est le péché qui l’a manifesté avec l’apparition de la mort dans la Création. Au commencement c’était la vie et non la mort. Pour comprendre le fondement de ce monde et son avenir, il faut retourner au commencement. De même, la compréhension de l’œuvre du Seigneur sur la terre exige un retour aux desseins originels de Dieu. Alors, si le Royaume de Dieu est caractérisé par la vie, quelle est l’origine de cette vie ? Qu’est-ce que cette vie ? Quelle est sa nature et ses caractéristiques ?
1- La terre dans la création
Au commencement était la Parole. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu comme il est écrit. Par la Parole toutes choses ont été créées. Lorsque la Bible parle de commencement, cela indique l’instant de départ de la réalisation du projet de Dieu. Le commencement marque également le début du temps. Sinon, Dieu est Éternel et s’est révélé à l’homme en se présentant sous son nom : Éternel Dieu. Dès la Genèse, il est désigné sous ce nom : Éternel Dieu. Ce qui est éternel est hors du temps et n’a pas de commencement.
Lorsqu’on parle de commencement, on se réfère à ce qui a été manifesté à la Création. Au commencement était la Parole. Le premier élément manifesté au commencement est la Parole. Cette Parole était avec Dieu et elle était Dieu. Elle était avec Dieu et était Dieu parce qu’elle est sortie de Dieu et exprime toute la pensée de Dieu. Elle est la pensée de Dieu et contient en elle la puissance de Dieu pour manifester à l’existence son contenu, c’est-à-dire sa pensée. Avant la Création, Dieu avait en lui des desseins qu’il a manifestés par la puissance de sa Parole : « Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. » (Jean 1:3) En somme, la parole de Dieu a créé toutes choses. Que dit-elle à propos de la Création de la terre et de sa position dans la Création ?
Le récit de la Genèse concernant la Création commence ainsi : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Genèse 1:1) Le premier verset de la Bible indique la Création de deux entités au commencement : les cieux et la terre. Le deuxième verset décrit l’état de la terre à sa création : « La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » (Genèse 1:2) La terre à sa création était informe et vide. Il y avait un abîme, des ténèbres et des eaux au-dessus desquelles se mouvait l’Esprit de Dieu. Dieu régla le problème des ténèbres en manifestant la lumière par sa Parole. « Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. » (Genèse 1:3)
Ensuite Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. La lumière fut appelée jour et les ténèbres nuit. La séparation de la lumière d’avec les ténèbres a défini le jour et la nuit et marqué le décompte du temps en jours et nuits. Le second problème traité fut celui des eaux et de l’abîme. Dieu créa une étendue pour séparer les eaux. Il y eut des eaux au-dessus de l’étendue et des eaux en-dessous de l’étendue. L’étendue fut nommée ciel par Dieu, ce fut le second jour. Par la suite, il rassembla les eaux au-dessous du ciel en un seul lieu et fit paraître le sec. Les eaux rassemblées furent nommées mers et le sec terre. À partir de là, Dieu ordonna que la terre produisît de la verdure :
Puis Dieu dit : Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le troisième jour. (Genèse 1:11-13)
Comme nous pouvons le constater, le récit de la Création suit un ordre chronologique. D’abord, comme l’indique le premier verset de la Genèse, Dieu créa les cieux et la terre. Par la suite il s’occupa de l’état de la terre en travaillant pour créer les conditions de vie sur terre. Le premier travail a consisté à manifester la lumière sur la terre qui venait d’être créée. Ainsi, il sépara la lumière des ténèbres de sorte que les jours succèdent aux nuits et ainsi de suite. Aujourd’hui, qui peut ignorer l’importance de la lumière du jour et de la succession des jours et des nuits pour la vie végétale et animale ? Tout a été créé par l’Éternel Dieu pour que la vie manifestée par sa Parole se perpétue sur terre.
Avant d’ordonner que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant leur semence et des arbres fruitiers donnant des fruits selon leur espèce, il a fallu qu’il sépare les eaux en créant une étendue entre ces eaux. Il était également nécessaire qu’il rassemble les eaux en un ensemble pour manifester la terre ferme avant de manifester la vie végétale sur la terre. Les trois premiers jours ont été consacrés par le créateur pour mettre en place les conditions nécessaires à l’apparition de la vie sur la terre.
Ainsi la première apparition de vie fut la vie végétale. Dans sa Parole étaient contenues les semences qui devaient manifester toutes les différentes sortes d’herbes et d’arbres fruitiers. Chaque semence devant produire selon son espèce. Le quatrième jour fut consacré par l’Éternel Dieu à la Création des astres dans l’étendue appelée ciel :
Dieu dit : Qu’il y ait des luminaires dans l’étendue du ciel, pour séparer le jour d’avec la nuit ; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années ; et qu’ils servent de luminaires dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit ; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le quatrième jour. (Genèse 1:14-19)
Au cinquième jour, il créa les animaux vivant dans les eaux selon leur espèce ainsi que les oiseaux qui volent dans le ciel selon leur espèce. Au sixième jour, il créa les animaux vivant selon leur espèce sur la terre ferme avant de créer l’homme selon sa ressemblance. Le septième jour il se reposa de toutes ses œuvres :
Ainsi furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée. Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu’il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite. Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant. (Genèse 2:1-13)
Le constat qui peut être fait, en suivant le récit de la Création, c’est que le Créateur avait un objectif dans l’œuvre qu’il a accomplie. Rien n’a été créé au hasard, tout ce qui a été créé avait une position déterminée et jouait un rôle précis dans la Création. Les détails concernant la terre lors de la Création, donnés dans la Genèse, montrent tout l’intérêt du créateur pour celle-ci. En effet, la terre est au centre de la Création et tout ce qui a été créé l’a été à cause d’elle. Le créateur fit une étendue appelée ciel en séparant les eaux afin de donner une forme à la terre et de la préparer à recevoir la vie.
La manifestation de la lumière sur terre et la succession des jours et des nuits est essentielle pour perpétuer la vie végétale et animale sur terre. Les scientifiques ne sauraient minimiser le rôle de la lumière dans la photosynthèse. C’est par ce processus que les plantes vertes synthétisent les matières organiques en absorbant le gaz carbonique de l’air et en rejetant l’oxygène. Tout ce qui existe dans le ciel comme sur la terre a été créé pour maintenir les conditions de vie sur la terre.
Les astres, les étoiles et tout l’univers et ses armées ont été créés pour la vie sur terre. Dieu a créé les luminaires et les étoiles pour éclairer la terre, pour séparer le jour d’avec la nuit et pour qu’ils soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années sur terre. Dans toute la Création, la terre a été choisie par le Créateur pour abriter la vie. Il n’existe dans l’univers aucune autre planète qui ait été conçue pour abriter la vie. Les savants peuvent mobiliser toutes les ressources possibles pour mener des investigations afin de trouver des traces de vie sur d’autres planètes, mais c’est en vain. Ils ne peuvent trouver une telle planète dans tout l’univers car cela n’existe pas. Ce qui existe, c’est ce qui a été créé par le Créateur. S’il existe un univers avec des astres, des galaxies et des planètes, le créateur l’a réalisé uniquement pour que ses desseins soient accomplis sur la terre. Si le créateur a placé la terre dans une position centrale et qu’Il porte un intérêt particulier à celle-ci, c’est parce que dans ses desseins originels la terre a été créée pour les fils de Dieu. Par Adam, fils de Dieu, devaient venir sur la terre d’autres fils de Dieu pour la peupler.
Comme cela est expliqué dans le premier chapitre, Dieu a créé la terre dans une harmonie parfaite. Il a donné à l’homme une position de domination sur les autres créatures. Il lui a confié la mission de cultiver le jardin d’Éden et l’ordre de se multiplier pour remplir la terre.
Au commencement, tout a été conçu pour la vie. Après que toutes les conditions pour la vie sur terre aient été réunies, Adam, fils de Dieu, a été manifesté comme une âme vivante en recevant le souffle de vie :
L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. (Genèse 2:7)
Avant de former l’homme de la poussière de la terre, il y a d’abord eu un acte de création de l’homme :
Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. (Genèse 1:26-27)
L’homme qui a été créé à l’image de Dieu, à la ressemblance de Dieu devait vivre sur la terre. Pour que cela soit possible, Dieu a utilisé la poussière de la terre afin de façonner un corps dans lequel l’homme créé devait habiter. Cette forme créée par Dieu était à sa ressemblance parce que l’homme a été créé à l’image de Dieu.
En d’autres termes, l’homme créé esprit, à l’image de Dieu, a reçu du Créateur une matrice terrestre dans laquelle il pouvait vivre sur la terre. Cette « forme » souvent comparée à une « tente » ou un « tabernacle » a été ainsi aménagée par le créateur pour permettre à l’homme, image de Dieu, de vivre sur la terre. Le souffle de Dieu reçu par cette « tente » terrestre a manifesté en elle la vie selon la ressemblance de Dieu. Au commencement, Adam a reçu une vie image de Dieu, c’est-à-dire la vie de Dieu. Cette vie était en Adam et devait être multipliée sur la terre. Pour que cela soit possible, il n’a pas créé l’homme seul : « il créa l’homme et la femme. »
À travers Adam et Ève devaient être manifestés sur la terre d’autres fils à la ressemblance de Dieu. Comme cela a été expliqué dans le premier chapitre, après la chute intervenue dans le jardin d’Éden, la face de toute la terre a changé. La chute a donné naissance à un monde différent de celui dans lequel le Créateur avait placé l’homme. La vie sur la terre a changé. Une autre sorte de vie due à la corruption de la vraie vie reçue par Adam est venue à l’existence. C’est une vie infectée par le mal, soumise au péché et contrôlée par le diable. Adam a été chassé du jardin d’Éden où il avait connu la paix, l’harmonie et la félicité. Il est entré dans un monde de péché et de souffrance. Par lui, sa descendance c’est-à-dire toute l’humanité, est entrée dans un ordre mondial où la mort règne. Elle est inéluctable. Tous meurent en Adam à cause de la désobéissance mais les desseins originels du créateur demeurent.
Le second Adam, le Seigneur Jésus, est venu pour restaurer les desseins de Dieu. Ce qui a été perdu dans la confrontation entre Adam et le serpent, c’est la vie. La vie manifestée sur la terre après la chute n’est pas à l’image de Dieu. C’est une vie de péché. Une vie vaincue par la mort. Elle contient en elle les germes de la désobéissance. C’est une vie qui contient en elle le caractère de celui par qui elle est venue à l’existence, le diable. Ce que les hommes manifestent de manière naturelle sur cette terre ne vient pas de Dieu. Toute vie terrestre aujourd’hui est diabolique car corrompue par le mal. Par cette vie, aucun homme ne peut satisfaire le cœur de Dieu. En rapport avec cela, la Bible parle de ténèbres sur la terre. Mais qu’est-ce que les ténèbres ? Et qu’est-ce que la lumière ? De quoi s’agit-il lorsqu’on parle de ténèbres ou de lumière ?
Au commencement était la Parole, par elle toutes choses ont été faites et cette Parole était avec Dieu et elle était Dieu. Cette écriture précise également que dans cette Parole, était la vie, et la vie est la lumière : « En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » (Jean 1:4)
La vie vient de la Parole qui est Dieu. La vie du commencement, vient de la Parole Dieu. La source de cette vie est de Dieu. N’est-ce pas que le Créateur a dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance […] » (Genèse 1:26) Lorsque Jean, inspiré par l’Esprit, écrit que dans la Parole se trouve la vie et que de cette vie provient la lumière qui éclaire, cela est la vérité et c’est conforme à toutes les Écritures. En effet, la Bible affirme que Dieu est lumière : « La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres. » (1 Jean 1:5)
La lumière est un état spirituel, la nature de la vie. La vraie lumière est de Dieu. Cette vie lumière a été manifestée sur terre par le Seigneur Jésus. Pour que cela puisse être rendu possible, la Parole a été faite chair : « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1:14) La vie reçue par les chrétiens à leur nouvelle naissance provient de la puissance de la parole de Dieu qui a créé toutes choses. Celui qui reçoit la Parole, reçoit la vie qui se trouve en elle. Cette vie est la vraie lumière qui éclaire les hommes. Elle manifeste la lumière, car elle est de Dieu. Être enfant de Dieu signifie que l’on a reçu cette vie :
Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle (la lumière) a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. (Jean 1:12-13)
Jésus le Fils de Dieu, est la lumière venue du ciel. La vie du Royaume de Dieu est la vie venue du ciel. Jésus est venu dans le monde avec la vie du ciel. C’est une vie étrangère à ce monde. Par conséquent le monde ne l’a pas reçue. Cette lumière est allée vers les siens, c’est-à-dire les Juifs qui ne l’ont pas reçue non plus. Le monde ne l’a pas reçue parce que le monde gît sous la puissance des ténèbres. Les Juifs ne l’ont pas reçue parce qu’ils se sont compromis avec le monde. Ils avaient abandonné depuis longtemps leur Seigneur et n’étaient plus en communion avec Lui.
Cependant, l’annonce de la venue de Jésus-Christ, le Messie, rapportée par Ésaïe au chapitre 9, est présentée comme une grande espérance pour toute la terre :
Mais les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des angoisses : Si les temps passés ont couvert d’opprobre le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, les temps à venir couvriront de gloire la contrée voisine de la mer, au-delà du Jourdain, le territoire des Gentils. Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière resplendit. Tu rends le peuple nombreux, Tu lui accordes de grandes joies ; Il se réjouit devant toi, comme on se réjouit à la moisson, Comme on pousse des cris d’allégresse au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, Le bâton qui frappait son dos, La verge de celui qui l’opprimait, Tu les brises, comme à la journée de Madian. (Ésaïe 8:23-9:3)
Cette grande nouvelle, c’est que les ténèbres ne règneront pas toujours sur la terre. Il y a un temps qui vient où les ténèbres ne règneront plus sur la terre. Mais qu’est-ce que les ténèbres et comment règnent-elles sur la terre ? Au plan spirituel, les ténèbres sont du diable et viennent de lui. Les ténèbres caractérisent et manifestent ce que Satan est devenu de par son opposition à Dieu.
À cause de l’iniquité qui a été trouvée en lui, il est devenu ténèbres. Au commencement il était un chérubin protecteur et habitait parmi les pierres étincelantes de Dieu. Mais l’iniquité qu’il a manifestée a terni son éclat et il est devenu ténèbres :
Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; Je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; Tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, Depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi. Par la grandeur de ton commerce tu as été rempli de violence, et tu as péché ; Je te précipite de la montagne de Dieu, et je te fais disparaître, chérubin protecteur, Du milieu des pierres étincelantes. (Ézéchiel 28:14-16)
Les ténèbres représentent un état spirituel. Au plan spirituel, il y a deux états possibles : l’état de lumière et celui de ténèbres. La lumière est de Dieu. C’est ce qu’il est : « La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a point en lui de ténèbres. » (1 Jean1-5) Les ténèbres sont du diable et représentent sa nature. Dieu est lumière, Satan est sans Dieu, il est sans Lumière. Les ténèbres sont l’absence de lumière. La Bible dit que le monde entier gît sous la puissance des ténèbres. L’état spirituel de la terre est un état de ténèbres. Le règne des ténèbres est le règne du diable.
L’une des choses qu’il faut comprendre, c’est que la terre n’est pas seulement habitée par les hommes, les animaux et les végétaux. Les scientifiques admettent que, sur la terre, il existe plusieurs types de vies, à savoir la vie humaine, la vie animale et la vie végétale. Bien entendu, nous connaissons l’existence de toutes ces formes de vie dans l’infiniment petit, non perceptible à l’œil nu : les microbes, bactéries, virus et autres. Il existe aussi, au-delà de toutes ces sortes de vie, l’existence d’autres formes de vie ou entités spirituelles qui vivent sur la terre. Nous ne sommes pas seuls sur la terre. Il y a des entités spirituelles qui vivent sur la terre.
Ignorer ces entités ou nier leur existence, c’est faire preuve de folie. Satan, le diable et les anges qui l’ont suivi dans sa rébellion ont été chassés du ciel et se sont installés sur terre. Par la chute au jardin d’Éden, ils ont investi toutes les contrées de la terre. Leur domination est établie sur toutes les tribus de la terre. Chaque tribu, chaque langue ou peuple est soumis à des puissances démoniaques spécifiques. Elles influencent ainsi les hommes dans tous les aspects de leur vie. Tous les hommes, quelle que soit leur position dans la société, sont manipulés par ces entités démoniaques.
Malheureusement, la plupart des humains ne connaissent pas leur existence et leur influence sur leur vie. Ces entités spirituelles démoniaques vivent dans une sphère où les hommes naturels ou charnels ne peuvent avoir accès. Elles agissent avec beaucoup d’efficacité et de méchanceté sur les hommes. Elles communiquent aux hommes des pensées et des sentiments. Il y a des hommes et des femmes en qui elles habitent pour manifester librement leur vie d’abomination. Ces entités ténébreuses n’ayant pas de corps, cherchent à posséder des corps d’hommes afin de se manifester sur la terre sans entrave. La vie qu’elles communiquent aux hommes est la vie des ténèbres.
Tous les habitants de la terre, non réellement chrétiens sont dans les ténèbres et mènent une vie de ténèbres. La vie de ténèbres est une vie de péché. Ces entités démoniaques établies dans les régions de la terre sont à la base des modes de vie des peuples de la terre sur qui elles dominent. Elles sont la source des traditions et de toutes valeurs dites culturelles. Toutes les civilisations passées et présentes tirent leurs sources des puissances démoniaques. C’est à juste titre que la Bible affirme que le monde entier gît sous la puissance des ténèbres. C’est le règne des ténèbres sur la terre. Le règne des ténèbres, c’est le règne de Satan. C’est le règne du méchant, c’est le règne de la mort. Les sorciers, devins, astrologues, mystiques, magiciens, marabouts, féticheurs, géomanciens et tous ceux qui sont adeptes des loges sataniques (Rose-Croix, Franc-maçonnerie, Illuminatis…) connaissent ces puissances démoniaques et travaillent avec elles. Au plan spirituel, la terre est remplie de ténèbres.
Le monde actuel est du diable et il est organisé par lui. Le système qui gouverne les nations est sous l’autorité de Satan. Toutes les politiques du monde sont inspirées et décidées par lui. L’objectif principal qu’il poursuit, est d’éliminer la parole de Dieu sur terre. Ainsi il pourra sans obstacle maintenir l’humanité dans les ténèbres de la mort. Car les ténèbres engendrent des œuvres qui conduisent à la mort. Les caractères et les comportements des hommes sur la terre émanent des esprits qui les dominent. Les peuples, langues ou tribus terrestres manifestent les caractères et comportements des esprits auxquels ils sont soumis. Ces caractères ou comportements sont la manifestation de la vie de ces esprits. Les ténèbres, au niveau spirituel, sont la manifestation de la vie des démons.
Les ténèbres règnent sur la terre parce que les hommes sont sous la puissance des entités démoniaques qui impriment dans leur conscience des pensées, des conceptions de la vie en société et des comportements. Ainsi, les hommes sont marqués par des traits de caractère spécifiques selon leur appartenance à une ethnie, une tribu, langue ou nation. On pourra parler de traits civilisationnels ou culturels, mais la réalité sur le plan spirituel est différente. Les peuples sur la terre manifestent la vie des démons auxquels ils sont soumis. Tout ce qui revêt une valeur culturelle : chants, musiques, danses, créations artistiques, rituels, adorations, croyances, sont du domaine des esprits. Les hommes naturellement sont les montures des démons qui vivent leur vie à travers eux.
Toutes observations des traditions ont pour but de perpétrer l’héritage des ancêtres. Or cet héritage est spirituel. Ils nous ont légué les esprits auxquels ils étaient assujettis. Les ténèbres règnent sur la terre parce que les démons règnent dans la vie des hommes. Les ténèbres règnent sur la terre car le diable règne sur les nations. C’est à juste titre que, s’adressant aux chrétiens pour leur révéler leurs ennemis véritables, Paul dans son épître aux Éphésiens a écrit : « Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. » (Éphésiens 6:12)
Toute vie est manifestée par des œuvres. Les ténèbres dans la vie des hommes sont manifestées par des œuvres. Ces œuvres émanent du cœur de l’homme car les ténèbres sont logées dans le cœur de l’homme. C’est ce que le Seigneur a révélé à ses apôtres :
Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l’homme ; mais manger sans s’être lavé les mains, cela ne souille point l’homme. (Matthieu 15:18-19)
Celui qui manifeste les œuvres énumérées par le Seigneur vit dans les ténèbres et il est gouverné par les puissances des ténèbres. Le mensonge, le vol, la cupidité, les meurtres, l’impudicité, l’idolâtrie, la magie, la débauche, les abominations, l’homosexualité sous toutes ses formes, la colère, l’animosité, la jalousie, les querelles et toutes les œuvres semblables sont la manifestation des ténèbres.
De telles œuvres proviennent de la vie de péché qui est du diable. C’est la vie infectée par le mal et vaincue par la mort. Tous les hommes sur la terre quelles que soient leurs origines, croyances ou religions excepté les chrétiens, sont dans les ténèbres de la mort.
Aucune philosophie, aucun concept religieux, aucune connaissance scientifique ne peuvent apporter la lumière dans le cœur de l’homme. Il n’y a que la parole de Dieu, l’Évangile, qui puisse établir la lumière dans le cœur de l’homme : « Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière ! » (Éphésiens 5:8) Le chrétien est lumière. C’est la nature qui le caractérise :
Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14:6)
Jésus leur parla de nouveau, et dit : Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. (Jean 8:12)
Avant que Jésus n’entre dans le monde, toute la terre sombrait dans les ténèbres. Toutes les tribus de la terre étaient dans les ténèbres. Toutes, elles habitaient le pays de l’ombre de la mort, sans espérance. Elles étaient sous l’oppression des ténèbres et de la mort. La lumière qui a resplendi sur la terre est la vie de Jésus, la parole de Dieu.
Jésus est venu comme l’espérance des nations car il est la Vie. C’est lui seul qui a pu déclarer : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jean 14:6) Ou encore : « Je suis la lumière du monde. » (Jean 8:12) C’est la parole de Dieu qui manifeste la vie. La vie manifestée par cette Parole est la lumière qui éclaire les hommes.
Jésus est la lumière parce qu’il est la Parole de Dieu. Dans le Royaume de Dieu, il y a une seule vie. C’est la vie qui est descendue du Ciel avec le Christ. Ce qui caractérise les fils du Royaume, c’est la vie. Celui qui reçoit la vie venue du ciel par le Christ devient citoyen du Royaume de Dieu. C’est la vie du Christ reçue en nous qui fait de nous des fils du Royaume de Dieu :
Celui qui croit au Fils de Dieu a ce témoignage en lui-même ; celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. (1 Jean 5:10-13)
Celui qui a reçu le Fils a la vie, celui qui n’a pas le Fils n’a pas la vie. Ce qui distingue le Royaume de Dieu des autres Royaumes, c’est la vie. Dans le Royaume de Dieu, il y a une seule vie qui est manifestée : c’est la vie de Christ, la lumière. L’entrée dans le Royaume est un changement de vie. La mort et les ténèbres n’existent pas dans le Royaume de Dieu. Entrer dans le Royaume de Dieu, c’est passer de la puissance des ténèbres et de la mort à la lumière et la vie :
Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le Royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés. (Colossiens 1:12-14)
L’Église – ou le Corps de Christ – est l’émanation du Royaume de Dieu sur la terre. Tous ceux qui composent l’Église, ceux qui sont membres du Corps de Christ, ont le témoignage de Dieu en eux-mêmes. Ce témoignage qu’ils ont en eux atteste qu’ils ont la vie éternelle.
La vie éternelle est la vie de Christ. Elle n’est pas une doctrine ou conception idéologique voire philosophique mais une réalité. C’est un témoignage dans le cœur du chrétien qui confirme le témoignage de Dieu, c’est-à-dire la parole de Dieu.
Aucune religion sur la terre ne peut attester un témoignage semblable dans le cœur de leurs adeptes. C’est seulement les chrétiens qui peuvent rendre ce témoignage de la vie éternelle, car ce témoignage est une réalité vivante dans leur cœur. Appartenir à une organisation religieuse même dite chrétienne ne garantit pas ce témoignage dans le cœur de l’homme. C’est seulement ceux qui ont expérimenté la délivrance de la puissance des ténèbres, qui produit un changement de vie, qui ont ce témoignage dans leur cœur. Ils sont passés du Royaume des ténèbres au Royaume du Fils de Dieu.
Ce Royaume est un Royaume de lumière. Ce sont ceux qui sont engendrés par la Lumière qui sont fils du Royaume. Celui qui nous a engendrés en Christ est Lumière et en Lui il n’y a point de ténèbres. Les chrétiens sont fils de Lumière. C’est en cela que le Christ, après avoir déclaré qu’il est la lumière du monde, a aussi déclaré aux chrétiens :
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. (Matthieu 5:14-16)
La manifestation de la vie reçue en Christ est la lumière. Là où il y a la vie de Christ, la lumière luit. Lorsqu’elle luit, alors on sait qu’il y a la vie du Christ. Cette lumière luit par les bonnes œuvres du chrétien. Ne vous contentez pas de proclamer que vous êtes la lumière du monde mais « que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 5:16) Si nous avons la vie, sachons que la manifestation de cette vie produit la lumière qui luit. Elle luit par les bonnes œuvres du chrétien.
Les chrétiens ont une mission divine : manifester sur terre les bonnes œuvres afin que les hommes voient ces œuvres et qu’ils glorifient Dieu. C’est par les chrétiens que les hommes doivent connaître ce qu’on appelle « bonnes œuvres ». Ce qui est commun sur terre parmi les hommes ce sont les mauvaises œuvres. Les bonnes œuvres dont le Seigneur parle ne peuvent être produites par le commun des hommes. Seuls les chrétiens qui ont en eux la vie du Fils sont capables de manifester ces œuvres-là. Ce qui vient d’être dit peut être schématisé comme sur la fig. 1 :
fig. 1
Considérons que le cœur de l’homme est représenté dans la fig. 1 : la parole de Dieu est reçue dans le cœur, dans la Parole se trouve la vie, cette vie est la lumière des hommes. Ainsi, le cœur du chrétien contient la Parole, la vie et la lumière. Celui qui reçoit le Fils de Dieu reçoit la vie et cette vie est la lumière. Cette lumière luit à l’extérieur par les bonnes œuvres. Le cœur qui contient la Parole, la vie et la lumière doit manifester des bonnes œuvres à l’extérieur. Les hommes ne peuvent voir dans le cœur du chrétien mais ce sont les bonnes œuvres qu’ils voient. Par conséquent les hommes sont éclairés par les bonnes œuvres du chrétien. C’est ce que le Seigneur exprime ainsi : « que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 5:16) La lumière luit à l’extérieur par les bonnes œuvres. Les bonnes œuvres ne doivent pas demeurer seulement au niveau des intentions ou des résolutions du cœur, mais elles doivent être manifestées en actes. Le témoignage des chrétiens édifie les hommes du monde par les actes produits.
2- La justification par les œuvres de la foi
La question que l’on peut se poser est celle-ci : que sont les « bonnes œuvres » dont parle la Bible ? Une partie de la réponse à cette question se trouve dans l’épître aux Éphésiens :
Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. (Éphésiens 2:8-10)
Ce passage indique que les chrétiens ont été créés en Jésus-Christ pour pratiquer de bonnes œuvres. Ces bonnes œuvres ont été préparées d’avance par le Seigneur. Les bonnes œuvres dont il est question ne sont pas à inventer, elles ont été préparées d’avance par Dieu. Nous ne sommes pas sauvés par nos œuvres mais par grâce et par le moyen de la foi. Personne n’a contribué à son propre salut, mais la grâce de Dieu s’est manifestée pour chacun de nous dans son amour par le sacrifice de Golgotha. C’est gratuitement que nous sommes appelés à entrer dans la Nouvelle Alliance en Christ car Dieu lui-même a pourvu au sacrifice. Il n’y a aucune confusion.
Aucune « bonne œuvre » humaine ne peut contribuer au salut de quiconque. Avant le salut on ne peut pas parler de bonnes œuvres dans la vie d’un homme. Les aumônes religieuses ou libéralités ne peuvent racheter un homme de la perdition ni être données comme prix de rachat de son âme. En d’autres termes le péché de l’homme ne peut être ôté par les aumônes ou œuvres de charité.
Nous l’avons déjà vu, l’homme ne parvient au salut que par le moyen de la foi dans l’œuvre unique de rédemption accomplie à la croix par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. C’est à partir de ce moment-là que la Bible nous enseigne que nous devons produire de bonnes œuvres préparées d’avance pour les sauvés. La foi par laquelle nous sommes sauvés nous prédispose à la pratique de bonnes œuvres. Car c’est pour la pratique de ces œuvres préparées par Dieu que nous avons été sauvés en d’autres termes créés en Christ.
Les œuvres sont inséparables de la foi. On ne peut prétendre avoir la foi sans que les œuvres ne suivent. C’est en cela que Jacques déclare que la foi sans les œuvres est morte :
Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu’un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent. Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile ? Abraham, notre père, ne fut-il pas justifié par les œuvres, lorsqu’il offrit son fils Isaac sur l’autel ? Tu vois que la foi agissait avec ses œuvres, et que par les œuvres la foi fut rendue parfaite. Ainsi s’accomplit ce que dit l’Écriture : Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice ; et il fut appelé ami de Dieu. Vous voyez que l’homme est justifié par les œuvres, et non par la foi seulement. Rahab la prostituée ne fut-elle pas également justifiée par les œuvres, lorsqu’elle reçut les messagers et qu’elle les fit partir par un autre chemin ? Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte. (Jacques 2:14-26)
La pratique des bonnes œuvres est une exigence de la foi chrétienne. Le chrétien qui vit sa foi manifeste de bonnes œuvres. Jacques nous montre dans ces versets que sans les œuvres la foi est morte. En d’autres termes la foi ne peut être dissociée des œuvres. L’apôtre Jacques montre deux choses importantes. La foi parvient à la perfection par les œuvres manifestées et par conséquent le chrétien est justifié par ses bonnes œuvres. La foi sans les œuvres est dans l’imperfection. Ce qu’il faut comprendre c’est que les œuvres sont liées à notre degré d’obéissance. Il y a des bonnes œuvres lorsque le chrétien marque sa soumission à la Parole par l’obéissance.
L’obéissance à la parole de Dieu est la seule source de bonnes œuvres. Celui qui croit la Parole obéit aux prescriptions ou exigences de celle-ci. Par l’obéissance, les bonnes œuvres sont manifestées à l’extérieur et attestent la foi contenue dans le cœur. Devant les hommes et même devant Dieu, nous sommes justifiés par les bonnes œuvres manifestées.
Par la qualité des œuvres manifestées, notre obéissance est démontrée et reflète l’état de notre foi. L’obéissance parfaite manifeste la foi parfaite. Par les œuvres qui proviennent de l’obéissance à la parole de Dieu, notre foi est rendue parfaite. Notre foi est jugée par les œuvres qui marquent notre obéissance et soumission à la parole de Dieu.
Abraham fut justifié par les œuvres qui ont montré son obéissance et sa soumission à Dieu. C’est lorsqu’il offrit son fils unique, Isaac, que sa foi fut approuvée de Dieu. La vraie foi n’est pas stérile mais elle porte des fruits qui sont manifestés devant les hommes. Comme cela est écrit plus haut, le chrétien est un témoin appelé à rendre témoignage de la vie de Jésus. La vie de Jésus reçue par la foi est manifestée devant les hommes par les bonnes œuvres. Le témoignage ne devrait pas consister seulement en paroles mais être aussi attesté par une manifestation de la vie dont on témoigne. On pourra alors constater ce témoignage par les œuvres qui illustrent le comportement du chrétien.
Ainsi, l’évaluation de la foi du chrétien revient à l’évaluation de son comportement parmi ses semblables : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? À moins peut-être que vous ne soyez réprouvés. » (2 Corinthiens 13:5) Il est recommandé au chrétien de s’examiner ou de s’éprouver soi-même pour déterminer l’état de sa foi. L’examen de la foi ne se trouve pas dans une confession orale de foi mais consiste à éprouver sa propre vie à la lumière de la parole de Dieu. On ne peut pas dire qu’on est dans la foi si la vie manifestée n’est pas conforme à la vie du Christ.
La vie du Christ est visible et manifestée par les œuvres de la foi. Les œuvres sont l’expression de notre comportement dans la société qui nous environne. Celui qui possède la foi possède en réalité la vie de Jésus-Christ. C’est pourquoi l’apôtre Paul pose cette question aux Corinthiens : « Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous ? » (ibid.) Dans le Royaume de Dieu il n’existe qu’une seule vie, c’est la vie de Jésus-Christ. Par le moyen de la foi, le chrétien possède cette vie. La vraie foi nous amène à la possession de cette vie. La vie chrétienne est la manifestation de la vie de Christ. Par la foi au nom du Fils de Dieu, nous avons la vie du Fils. La vie du Fils est la vie éternelle, la vie du Royaume. Cette vie est la vie de la résurrection, c’est-à-dire la vie qui a triomphé de la mort. La vie du Royaume de Dieu est la vie du Ressuscité.
La Bible affirme qu’il nous a délivrés des ténèbres et nous a transportés dans son Royaume de lumière. Il nous a aussi bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ. La vie du Christ est une vie spirituelle d’origine céleste. C’est celui qui est venu du Ciel qui l’a fait connaître en la manifestant sur la terre. Elle a été manifestée par Jésus à travers des vertus et des qualités qui étaient inconnues dans la vie des hommes. Car la vie du Christ reçue par les chrétiens est la vie du Ciel, la vie de Dieu.
Aucun homme quelles que soient ses qualités humaines ne peut manifester cette vie, s’il n’est en Christ. Être en Christ signifie être membre de son Corps. Le Corps de Christ est un corps spirituel qui est sur la terre. Si nous sommes membres du corps, alors nous sommes porteurs de la vie qui anime tout le corps en chacune de ses parties :
Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. (Jean 15:4-8)
Pour manifester les vertus et qualités qui sont en Christ, il faut être en Christ et demeurer en lui. C’est à cette seule condition que nous pouvons porter beaucoup de fruits. Nous ne produisons pas de fruits, mais nous portons les fruits déjà produits par le Christ. Les membres du Corps de Christ portent la vie du Corps. Ils constituent la postérité du Christ et prolongent ses jours sur la terre : « Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance […] Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. » (Ésaïe 53:10) Le Seigneur Jésus-Christ a livré sa vie en sacrifice et, en retour, Il a reçu de son père une postérité. Qu’est-ce qu’une postérité ? Une postérité est une descendance. C’est une suite ou lignée de personnes de la même origine.
La récompense de notre Seigneur et Sauveur, après avoir donné sa vie en sacrifice, est de recevoir une postérité à travers laquelle la vie qu’il a donnée en sacrifice sera prolongée sur la terre. Jésus-Christ, après sa résurrection d’entre les morts, est monté au ciel et s’est assis à la droite de Dieu. Il est monté dans la gloire vers son père et a laissé sur la terre l’Église qu’il a rachetée par son sang.
Cette église est le prolongement de ses jours sur la terre. Par l’Église, le Seigneur continue de vivre sur la terre. Il vit au travers des membres de l’Église qui constituent son Corps spirituel. L’Église est une entité spirituelle. Le Christ, par son Esprit, vit au travers de l’Église. L’Église est vivante parce qu’elle a la vie de Jésus. La vie du Fils de Dieu est la seule vie. C’est la vie du Royaume. Dans le Royaume de Dieu, il n’y a pas plusieurs sortes de vie. Tous les fils du Royaume ont reçu la vie du Fils de Dieu. Cette vie est la vie de la résurrection. Elle a triomphé de la mort et du séjour des morts et par conséquent ne peut pas mourir. La postérité que le Christ a reçue en héritage après son sacrifice est issue de lui-même. C’est la nouvelle création de Dieu en Christ. (2 Corinthiens 5:17 ; Galates 6:15)
L’Église porte en elle la vie du Ressuscité. C’est la vie qui a triomphé du péché et de la mort. Elle est différente de la vie adamique qui a été soumise au péché et à la mort. La vie adamique, c’est-à-dire la vie héritée d’Adam, n’existe pas dans le Royaume de Dieu. L’Église est appelée à manifester la vie du Ressuscité qu’elle a reçue par la régénération. Le Christ n’est plus présent sur la terre de manière physique, mais par l’Église on peut encore le voir œuvrant sur terre. Il est rendu visible et perceptible par sa vie qui est manifestée dans l’Église. C’est seulement ceux qui portent en eux la vie du Christ qui sont appelés chrétiens.
Lorsque cette vie est vécue par le chrétien, on parle alors des œuvres de la foi. Car la foi manifeste les œuvres qui sont en Christ. Celui qui demeure attaché au cep, qui est le Christ, porte les fruits qui proviennent du Cep. Si l’Église manifeste pleinement les œuvres du Christ, alors le Christ vit. Il prolonge ainsi ses jours au travers de l’Église qui est son corps.
De même que le Dieu invisible a été manifesté et révélé par Jésus le Christ, l’Église est aussi appelée à révéler le Christ à toute l’humanité. Si le Christ est le mystère de Dieu dévoilé, l’Église appelée « Corps de Christ » est le mystère de Christ qui doit être pleinement dévoilé à la fin des temps à toute l’humanité.
Selon les Écritures, en Jésus-Christ a habité toute la plénitude de la divinité. Ainsi, l’Église est aussi appelée à être remplie de toute la plénitude de la gloire de Jésus. Tout ce que Jésus est doit être dans l’Église. Cette Église glorieuse qui sera sans tache, ni ride, ni rien de semblable, sera l’image parfaite du Christ. La Bible dit qu’en ce jour-là, Il viendra pour se glorifier dans ses saints et se faire admirer dans ceux qui ont cru à l’Évangile :
Car il est de la justice de Dieu de rendre l’affliction à ceux qui vous affligent, et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force, lorsqu’il viendra pour être, en ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru, car notre témoignage auprès de vous a été cru. (2 Thessaloniciens 1:6-10)
L’espérance des chrétiens est de participer à la gloire du Seigneur. Ils sont appelés à porter cette gloire et à la manifester :
C’est d’elle que j’ai été fait ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée auprès de vous, afin que j’annonçasse pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints, à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en vous, l’espérance de la gloire. (Colossiens 1:25-27)
L’ultime but de Dieu, c’est que son fils soit révélé pleinement dans l’Église.
Par l’Église, toute l’humanité ainsi que les autorités et les dominations dans les lieux célestes devraient connaître la sagesse infiniment variée de Dieu.
L’Église glorieuse sera une église sans tache, ni ride, ni rien de semblable. Elle sera composée de l’ensemble des rachetés qui seront parvenus à la perfection. Cette perfection signifie la destruction du vieil homme, c’est-à-dire l’homme adamique.
En effet, la vie du Christ n’est pleinement manifestée dans le croyant que lorsque celui-ci a réussi à détruire les éléments qui caractérisent le vieil homme. Le chrétien dans son pèlerinage est appelé à détruire son vieil homme pour revêtir l’homme nouveau, créé en Christ. C’est la seule condition pour pouvoir expérimenter dans toute sa signification cette parole : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » (Galates 2:20) La vie chrétienne est la manifestation de la vie du Fils de Dieu. À terme, la vie adamique doit disparaître de l’Église. Chaque croyant ayant revêtu Christ manifestera essentiellement la vie qui provient du Christ. Il n’y aura plus diverses personnalités dans l’Église mais une seule personnalité ; celle de Christ. Il n’y aura plus divers caractères dans l’Église mais un seul caractère, celui de Christ.
L’Église sera d’un seul cœur et d’une seule âme parce qu’une seule vie se manifestera en elle. À ce moment-là, nous serons un avec le Christ comme lui-même était un avec le père. Il a pu dire : « Celui qui m’a vu a vu le père. » (Jean 14:9) Nous aussi nous pourrons dire également : « Celui qui m’a vu a vu le Seigneur. » Les chrétiens seront pleinement identifiés à lui. Tel Il est, tels nous serons aussi. Tel Il a vécu, tels nous vivrons aussi. Les œuvres qu’Il a manifestées, nous les manifesterons aussi et davantage car sa puissance sera multipliée dans chacun des membres de son Corps.
Pour que cet objectif soit réalisé, le Seigneur ne lésinera pas sur les moyens pour accomplir son œuvre : « Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. » (Romains 8:30) C’est le Seigneur lui-même qui accomplira son œuvre dans la vie des appelés afin de les amener à la glorification. Ceux qui auront été justifiés seront appelés à être glorifiés.
Le chemin de cette glorification passe par l’élimination de la vie adamique ou du vieil homme en chacun d’eux. L’ultime action de la prédication dans l’Église sera la destruction du vieil homme dans la vie des croyants. Pour que le caractère et la personnalité de Christ soient révélés dans le corps de Christ, il faut nécessairement que chaque membre du corps soit pleinement délivré de l’influence du caractère adamique manifesté dans la nature du vieil homme. Les justifiés qui parviendront à la glorification sont ceux qui auront, avec l’appui du Seigneur, réussi à détruire les éléments charnels qui caractérisent la vie de la chair. Les ministères ont été donnés à l’Église pour cela. Par la prédication de la Parole, les rachetés reçoivent tous les moyens spirituels nécessaires pour mener ce combat et le gagner.
Aujourd’hui la confusion règne dans les églises. Plusieurs caractères, plusieurs comportements et plusieurs vies sont manifestés dans « l’église ». Plusieurs se réclament du Corps de Christ ou de l’Église, mais mènent une vie complètement opposée à celle du Christ. Les faux chrétiens, les faux pasteurs, les faux prophètes qui en réalité n’ont aucune alliance avec le Seigneur, parlent et agissent au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. Le mensonge est reçu comme la vérité et la Vérité est calomniée sur la place publique par les officiels.
C’est une tâche ardue pour les appelés de trouver la porte étroite et le chemin resserré qui mènent à la vie comme l’a indiqué le Seigneur :
Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs. (Matthieu 7:13-5)
Il est difficile de trouver la vraie voie à cause des faux pasteurs et des faux prophètes ou des faux serviteurs de Dieu. C’est pour cette raison que le Seigneur nous met expressément en garde contre les faux prophètes ou faux conducteurs.
Beaucoup confessent être chrétiens mais en réalité, ils ne le sont pas car ils n’ont jamais expérimenté la nouvelle naissance. Les chrétiens sont des appelés du Seigneur qui, par l’expérience de la nouvelle naissance, deviennent des fils du Royaume de Dieu. Par conséquent ils sont appelés à vivre la vie du Royaume de Dieu. C’est ceux-ci qui sont enseignés à revêtir l’homme nouveau créé en Christ par la destruction du vieil homme.
Heureusement la confusion ne sera pas toujours dans le Royaume de Dieu. Le Seigneur a promis dans Malachie qu’il fera la différence entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas. (Malachie 3:18) Le temps vient où Dieu lui-même distinguera les vrais adorateurs des faux adorateurs. Il mettra une différence entre ceux qui le servent réellement et ceux qui ne le servent pas. Cette distinction des vrais adorateurs ou vrais serviteurs se fera par la glorification de ces derniers. La glorification étant la pleine manifestation de la Vie de Christ en chacun d’eux. Le Seigneur va se révéler en eux par sa vie glorieuse de sorte que l’Église glorieuse sera manifestée à nouveau sur la terre. Avant que ce glorieux jour n’arrive, il enverra ses anges pour arracher de son Royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité comme il est écrit :
Or, comme on arrache l’ivraie et qu’on la jette au feu, il en sera de même à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son Royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité ; et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. (Matthieu 13:40-43)
Lorsque le Soleil de Justice paraîtra dans sa gloire, ils resplendiront de son éclat, car ils sont issus de Lui. Ils brilleront comme le Soleil de Justice parce qu’ils manifesteront la même nature de vie. Ainsi ils brilleront dans le Royaume de leur père sous le règne du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs dont le règne et le Royaume sont éternels.
Chapitre VII : le roi du Royaume de Dieu
Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête : Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. (Matthieu 27:37)
L’inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots : Le roi des Juifs. (Marc 15:26)
Il y avait au-dessus de lui cette inscription : Celui-ci est le roi des Juifs. (Luc 23:38)
Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue : Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville : elle était en hébreu, en grec et en latin. Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate : N’écris pas : Roi des Juifs. Mais écris qu’il a dit : Je suis roi des Juifs. Pilate répondit : Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. (Jean 19:19-22)
Nous l’avons vu, le Royaume de Dieu fonctionne sur des principes. Il est régi par une loi qui comprend des commandements et des préceptes. Le Royaume de Dieu, à l’instar de tout autre Royaume, est gouverné par un Roi. L’autorité et la souveraineté sont détenues par celui qui règne sur le Trône. La question de la royauté de Jésus a été un sujet à controverse pendant son ministère terrestre. En effet, les prophéties annonçant le Messie le présentent comme celui qui doit rétablir le Royaume d’Israël. En rapport avec cela, il est présenté comme le rejeton de la tribu de Juda ou la postérité de David.
Tous les Juifs savaient donc que l’un des attributs du Messie était la royauté. Ils espéraient la délivrance d’Israël et cette délivrance devait nécessairement être manifestée par le Messie appelé aussi Fils de David. Comme l’indiquent les passages des évangiles cités plus haut, devant l’autorité politique romaine qui gouvernait la Judée, un seul motif a été retenu contre Jésus pour le condamner. Il a été condamné au motif qu’il était le roi des Juifs.
Les officiels juifs, au plan politique, social et religieux ne pouvaient pas reconnaître Jésus comme le Messie. Le reconnaître comme tel impliquait un changement radical du pouvoir politique. En d’autres termes reconnaître Jésus-Christ comme le Messie équivalait à le proclamer roi d’Israël car le Messie est destiné à hériter du trône de David. Cette reconnaissance se présentait comme une proclamation de guerre contre César, contre Rome. Or Jésus, bien que manifestant les signes du Messie, ne semblait pas avoir un projet pour la conquête du pouvoir. Il n’avait pas d’armée et ne tenait pas de discours politique pour une prise de pouvoir. Il ne représentait aucune menace pour Rome.
Cependant le peuple allait après lui et croyait qu’il était le fils de David, la délivrance d’Israël. Cette reconnaissance populaire du peuple comportait un enjeu terrible aux yeux de tous les officiels juifs : la destruction de la nation par l’armée romaine qui avait des garnisons à Jérusalem. Cependant, Jésus ignorant les préoccupations des officiels, parlait d’un autre Royaume : le Royaume de Dieu. Il annonçait le Royaume de Dieu et en expliquait les mystères à ses disciples. Les officiels religieux et politiques de la Judée ne percevaient pas son discours. Pendant qu’ils faisaient allusion au Royaume d’Israël, lui, parlait d’un autre Royaume. Il a répondu à Pilate : « Mon Royaume n’est pas de ce monde. » On pourrait se demander alors quel est le lien entre le Royaume d’Israël et le Royaume de Dieu ?
1- Le Royaume d’Israël
L’histoire du Royaume d’Israël est dans la Bible. De tous les Royaumes qui ont existé sur la terre, c’est le seul dont l’histoire complète a été préservée. Les détails des évènements qui ont jalonné son existence ont été écrits dans plusieurs documents ou livres par des auteurs différents. L’authenticité de leurs écrits est garantie par l’Esprit de Dieu qui a animé lesdits auteurs. En effet, ceux-ci ne sont pas de simples narrateurs mais des hommes pour la plupart oints par l’Esprit de Dieu. Ce sont des prophètes, des sacrificateurs et des scribes au service de Dieu.
Les livres de l’Ancien Testament demeurent pour les scientifiques, les historiens et les chercheurs d’une richesse inestimable pour comprendre l’histoire des différents Royaumes de la terre de cette époque. Ils sont précieux pour comprendre les relations que le Royaume d’Israël a eues avec ces différents Royaumes durant son existence.
Tout commence par la volonté de Dieu de se choisir un peuple qui lui appartienne et qui porte son nom. Après le déluge, les enfants de Noé qui se sont multipliés sur la terre ont à nouveau corrompu leurs voies devant le Seigneur. Alors le Seigneur a appelé un homme, Abraham à qui il a fait une promesse. Nous trouvons ci-dessous les détails de cette promesse divisée en plusieurs parties, faite à Abraham par l’Éternel :
L’Éternel dit à Abram : Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. (Genèse 12:1-2)
L’Éternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta postérité. Et Abram bâtit là un autel à l’Éternel, qui lui était apparu. (Genèse 12:7)
L’Éternel dit à Abram, après que Lot se fut séparé de lui : Lève les yeux, et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l’orient et l’occident ; car tout le pays que tu vois, je le donnerai à toi et à ta postérité pour toujours. Je rendrai ta postérité comme la poussière de la terre, en sorte que, si quelqu’un peut compter la poussière de la terre, ta postérité aussi sera comptée. Lève-toi, parcours le pays dans sa longueur et dans sa largeur ; car je te le donnerai. (Genèse 13:14-17)
Et l’Éternel dit à Abram : Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux ; ils y seront asservis, et on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais je jugerai la nation à laquelle ils seront asservis, et ils sortiront ensuite avec de grandes richesses. Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une heureuse vieillesse. À la quatrième génération, ils reviendront ici ; car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore à son comble. Quand le soleil fut couché, il y eut une obscurité profonde ; et voici, ce fut une fournaise fumante, et des flammes passèrent entre les animaux partagés. En ce jour-là, l’Éternel fit alliance avec Abram, et dit : Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’Euphrate, le pays des Kéniens, des Keniziens, des Kadmoniens, des Héthiens, des Phéréziens, des Rephaïm, des Amoréens, des Cananéens, des Guirgasiens et des Jébusiens. (Genèse 15:13-21)
Les promesses faites à Abraham par l’Éternel, sont relatives à la possession d’une postérité et d’un territoire. Il a dit en s’adressant à Abraham : « Je ferai de toi une grande nation. » Il a promis une postérité à son serviteur Abraham. Cette postérité sera un peuple innombrable dont le nombre pourra être comparable aux étoiles du ciel et à la poussière de la terre. Ce sera une grande postérité qu’on ne pourra dénombrer. Il a aussi défini le territoire du pays qu’il a promis à Abraham, allant du fleuve d’Égypte, c’est-à-dire le Nil, jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate. Au moment où ces promesses étaient faites à Abraham, il n’avait ni postérité, ni aucune possession territoriale.
Selon la promesse, Abraham a engendré Isaac de son épouse Sara. D’Isaac est né Jacob et son frère Ésaü, mais l’élection de Dieu est tombée sur Jacob, qu’il a nommé Israël.
D’Israël sont nés douze fils qui formeront les douze tribus d’Israël. C’est en Égypte qu’Israël est devenu un peuple voire une nation. Ce peuple s’est multiplié en Égypte conformément à la parole que l’Éternel avait annoncée à Israël :
Et Dieu dit : Je suis le Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains point de descendre en Égypte, car là je te ferai devenir une grande nation. Moi-même je descendrai avec toi en Égypte, et moi-même je t’en ferai remonter ; et Joseph te fermera les yeux. (Genèse 46:3-4)
Le nombre de personnes de la famille de Jacob qui sont descendues en Égypte, y compris Joseph et ses deux fils, était de soixante-dix : « Et Joseph avait deux fils qui lui étaient nés en Égypte. Le total des personnes de la famille de Jacob qui vinrent en Égypte était de soixante-dix. » (Genèse 46:27)
C’est dire que le peuple d’Israël s’est formé en Égypte pour devenir un peuple fort nombreux. Ce peuple sera opprimé dans les liens de l’esclavage pendant quatre cents ans conformément à la parole de l’Éternel :
Et l’Éternel dit à Abram : « Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux ; ils y seront asservis, et on les opprimera pendant quatre cents ans. » (Genèse 15:13)
En sortant d’Égypte avec Moïse, Israël était devenu un peuple qui pouvait devenir une nation.
Un peuple est sorti du sein de l’Égypte pour aller s’établir sur un territoire en vue de former une nation à part entière. Ce peuple est venu à l’existence selon les desseins de Dieu. Le Seigneur a décidé d’avoir un peuple sur la terre qui porte son nom et qui lui appartienne. Lorsqu’il s’est révélé à Moïse son serviteur il lui a dit : « […] L’Éternel dit : J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs […] » (Exode 3:7) Le peuple d’Israël est le peuple de Dieu car c’est un peuple choisi, élu selon la volonté de Dieu.
Sur la terre, aucun autre peuple n’a ce statut. Seul Israël a été destiné à être identifié comme le peuple de Dieu, qui porte son nom et qui peut l’invoquer et l’adorer. Ainsi, lorsque l’on parle du Dieu d’Israël, on parle de l’Éternel Dieu, le Dieu Tout-Puissant qui a créé les cieux et la terre. Le peuple d’Israël a été béni pour former une nation, un Royaume. Pour que cela soit une réalité, l’Éternel s’est révélé à son peuple dans le désert et a contracté une alliance avec lui. Cette alliance contenait les commandements, la loi et les préceptes qui devaient régir cette nation. Il l’a établie sur le territoire promis.
Israël est devenu une nation souveraine avec un peuple, un territoire et des lois données par Dieu lui-même. Le peuple étant constitué, établi sur un territoire avec des lois et commandements régissant les rapports entre les concitoyens, pouvait-on parler du Royaume d’Israël ? Car un Royaume est gouverné nécessairement par un roi. Josué, qui a fait entrer et établir le peuple d’Israël sur son territoire, a-t-il été proclamé roi d’Israël ? À partir de quelle époque parle-t-on d’Israël en tant que Royaume ? Les réponses à ces interrogations sont sans équivoque. De l’époque de Josué jusqu’à celle du Prophète Samuel, il n’y eut pas de roi qui fut proclamé sur Israël. La nation d’Israël était donc particulière, différente des autres Royaumes de la terre qui étaient gouvernés par des rois et des souverains qui régnaient sur eux. Après la mort de Josué, il y a eu quatorze juges en Israël. Les juges étaient des guerriers suscités par le Seigneur pour la libération du peuple d’Israël lorsque celui-ci se repentait sincèrement de ses mauvaises œuvres. En effet, comme cela est décrit dans le livre des Juges, le peuple s’égarait chaque fois en abandonnant la loi et les commandements donnés par Moïse. Alors, le Seigneur les livrait entre les mains de leurs ennemis jusqu’à ce qu’ils se repentent de leurs idolâtries en revenant à l’Éternel.
Le Seigneur, en exauçant leurs prières et leurs supplications, suscitait parmi eux un homme, un libérateur. Il le saisissait par son Esprit et l’envoyait faire la guerre aux ennemis d’Israël en vue de leur libération. Après la libération du peuple, le juge ainsi suscité gouvernait le peuple en les maintenant dans une relative obéissance à la loi de l’Éternel. Après la mort du juge, le peuple s’égarait à nouveau jusqu’à ce que, dans leur détresse, ils crient à l’Éternel pour qu’Il leur suscite un autre juge.
Le dernier juge dans l’histoire fut Samuel. Samuel fut consacré dès son enfance au service de l’Éternel. Il était voyant et prophète en Israël et a jugé le peuple pendant toute sa vie :
Samuel fut juge en Israël pendant toute sa vie. Il allait chaque année faire le tour de Béthel, de Guilgal et de Mitspa, et il jugeait Israël dans tous ces lieux. Puis il revenait à Rama, où était sa maison ; et là il jugeait Israël, et il y bâtit un autel à l’Éternel. (1 Samuel 7:15-17)
Durant tout le temps où il a jugé le peuple d’Israël tout allait bien en Israël car Samuel était un juge intègre, juste et équitable. Mais lorsque dans sa vieillesse il établit ses fils comme juges pour le suppléer, les difficultés ont alors commencé. Ses fils ne marchaient pas dans ses pas. Il leur manquait la probité et la droiture, ils recevaient des présents et violaient la justice.
L’inconduite des fils de Samuel a été le motif qui a amené tous les anciens d’Israël devant Samuel pour réclamer un roi sur la nation d’Israël :
Les fils de Samuel ne marchèrent point sur ses traces ; ils se livraient à la cupidité, recevaient des présents, et violaient la justice. Tous les anciens d’Israël s’assemblèrent, et vinrent auprès de Samuel à Rama. Ils lui dirent : Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent point sur tes traces ; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme il y en a chez toutes les nations. (Samuel 8:3-5)
Cette demande des anciens d’Israël marque un tournant dans l’histoire d’Israël. Cette démarche du peuple déplut fortement à Samuel. En tant que prophète et voyant, il ressentait cela comme un acte de défiance à l’égard de l’Éternel Dieu. La réaction de l’Éternel en rapport avec cette affaire nous édifie sur le type de relation qui existait entre Israël et son Dieu :
Samuel vit avec déplaisir qu’ils disaient : Donne-nous un roi pour nous juger. Et Samuel pria l’Éternel. L’Éternel dit à Samuel : Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira ; car ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. (Samuel 8:7)
En réalité Israël n’était pas sans roi. En disant à Samuel « c’est moi qu’ils rejettent afin que je ne règne plus sur eux » (Ibid.), il faut comprendre que l’Éternel a toujours été le Roi d’Israël mais cela, le peuple ne le percevait pas toujours. Il voulait un roi en chair et en os, un homme établi sur lui comme cela était de coutume dans les nations.
Par cette demande, le peuple rejetait l’Éternel comme Roi d’Israël. Pourtant, l’Éternel s’est toujours considéré comme le Roi d’Israël. Il se présente ainsi, car c’est une réalité. Il a choisi le peuple d’Israël pour régner sur lui comme Roi. Il était leur Roi, mais un Roi invisible à leurs yeux qui n’avaient qu’une vision charnelle. Mais Samuel, le voyant, savait que cette demande était un grand péché envers son propre Roi.
En effet, c’est le Seigneur qui combattait directement contre les ennemis d’Israël en tant que Roi. C’est Lui, le Roi, qui était au-devant de Josué pour mener la guerre contre les rois de Canaan, pour installer son peuple dans la terre promise. C’est par sa puissance que Josué pouvait commander au soleil d’arrêter sa course, c’est Lui qui pouvait faire tomber des pierres sur les armées nombreuses que combattait son peuple. Un seul Israélite pouvait poursuivre mille soldats. Israël pouvait détruire des Royaumes entiers sans perdre un seul soldat. C’est sa présence qui créait l’épouvante et la terreur dans le camp ennemi. C’est Lui qui a combattu au temps des juges pour délivrer son peuple de l’oppression de ses ennemis. Dans les psaumes et les prophètes, Il se présente comme le roi d’Israël, malgré tout ce qui s’est passé :
Ainsi parle l’Éternel, Votre rédempteur, le Saint d’Israël : À cause de vous, j’envoie l’ennemi contre Babylone, Et je fais descendre tous les fuyards, Même les Chaldéens, sur les navires dont ils tiraient gloire. Je suis l’Éternel, votre Saint, Le créateur d’Israël, votre roi. (Ésaïe 43:14-15)
Ainsi parle l’Éternel, roi d’Israël et son rédempteur, L’Éternel des armées : Je suis le premier et je suis le dernier, Et hors moi il n’y a point de Dieu. (Ésaïe 44:6)
Car l’Éternel est notre bouclier, Le Saint d’Israël est notre roi. (Psaumes 89:18)
L’Éternel se proclame roi d’Israël car c’est lui qui a fondé Israël en tant que peuple, nation et Royaume. Il est le Roi légitime d’Israël mais Israël était charnel et voulait ressembler aux nations de la terre. C’était là une absurdité car depuis sa création à l’origine jusqu’à ce qu’il soit devenu un peuple, une nation, il y avait déjà une alliance contractée par leur père Abraham avec l’Éternel.
Cette alliance faisait d’eux un peuple différent sur la terre. Par cette alliance, il ne devait pas chercher à ressembler aux autres peuples de la terre ni à les imiter. Il ne devait pas se conformer à leurs adorations et coutumes, ni se mélanger à eux par mariage. En accordant un roi à Israël selon la demande du peuple, l’Éternel n’a ni rejeté son peuple ni renoncé à sa souveraineté en tant que Roi d’Israël. C’était une volonté permissive, c’est-à-dire qui n’était pas l’expression de la parfaite volonté de Dieu. Il a fait connaître au peuple d’Israël les conséquences d’avoir un homme établi roi sur lui. Alors, Il a demandé à Samuel de leur faire connaître le droit et les prérogatives du roi sur le peuple et comment ils allaient subir la domination du souverain qu’il réclamait :
Écoute donc leur voix ; mais donne-leur des avertissements, et fais-leur connaître le droit du roi qui régnera sur eux. Samuel rapporta toutes les paroles de l’Éternel au peuple qui lui demandait un roi. Il dit : Voici quel sera le droit du roi qui régnera sur vous. Il prendra vos fils, et il les mettra sur ses chars et parmi ses cavaliers, afin qu’ils courent devant son char ; il s’en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante, et il les emploiera à labourer ses terres, à récolter ses moissons, à fabriquer ses armes de guerre et l’attirail de ses chars. Il prendra vos filles, pour en faire des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. Il prendra la meilleure partie de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers, et la donnera à ses serviteurs. Il prendra la dîme du produit de vos semences et de vos vignes, et la donnera à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs et vos servantes, vos meilleurs bœufs et vos ânes, et s’en servira pour ses travaux. Il prendra la dîme de vos troupeaux, et vous-mêmes serez ses esclaves. Et alors vous crierez contre votre roi que vous vous serez choisi, mais l’Éternel ne vous exaucera point. Le peuple refusa d’écouter la voix de Samuel. Non ! dirent-ils, mais il y aura un roi sur nous, et nous aussi nous serons comme toutes les nations ; notre roi nous jugera, il marchera à notre tête et conduira nos guerres. Samuel, après avoir entendu toutes les paroles du peuple, les redit aux oreilles de l’Éternel. Et l’Éternel dit à Samuel : Écoute leur voix, et établis un roi sur eux. Et Samuel dit aux hommes d’Israël : Allez-vous-en chacun dans sa ville. (Samuel 8:9-22)
Le premier roi établi sur Israël fut Saül dont le règne fut écourté par l’Éternel qui l’a rejeté pour cause de désobéissance. L’Éternel choisit à sa place David qui régna d’abord à Hébron avant de régner sur tout Israël. David était l’homme selon le cœur de Dieu. À sa mort, son fils Salomon lui succéda. C’est lui qui a construit le temple de l’Éternel à Jérusalem comme le Seigneur l’avait annoncé à son serviteur David.
Vers la fin de son règne, Salomon abandonna la voie de l’Éternel en s’attachant aux idoles de ses nombreuses femmes étrangères. À cause de cette infidélité, l’Éternel divisa le Royaume en deux en séparant dix tribus. Les tribus de Juda et Benjamin restèrent les seules attachées au trône de David.
Dès lors, il y eut deux Royaumes distincts. Le Royaume de Juda qui avait pour capitale Jérusalem et le Royaume d’Israël qui avait pour capitale Samarie. Les fils de David régnaient sur Juda tandis qu’Israël est passé sous le règne de plusieurs familles des tribus d’Israël. À cause de leurs infidélités à l’alliance avec l’Éternel et leur désobéissance vis-à-vis des commandements et des lois de Moïse, ces deux Royaumes ont été détruits par la main de l’Éternel. Le premier Royaume qui disparut fut celui d’Israël dont le dernier roi d’Israël fut Osée :
La douzième année d’Achaz, roi de Juda, Osée, fils d’Ela, régna sur Israël à Samarie. Il régna neuf ans. Il fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, non pas toutefois comme les rois d’Israël qui avaient été avant lui. Salmanasar, roi d’Assyrie, monta contre lui ; et Osée lui fut assujetti, et lui paya un tribut. Mais le roi d’Assyrie découvrit une conspiration chez Osée, qui avait envoyé des messagers à So, roi d’Égypte, et qui ne payait plus annuellement le tribut au roi d’Assyrie. Le roi d’Assyrie le fit enfermer et enchaîner dans une prison. Et le roi d’Assyrie parcourut tout le pays, et monta contre Samarie, qu’il assiégea pendant trois ans. La neuvième année d’Osée, le roi d’Assyrie prit Samarie, et emmena Israël captif en Assyrie. Il les fit habiter à Chalach, et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes. Cela arriva parce que les enfants d’Israël péchèrent contre l’Éternel, leur Dieu, qui les avait fait monter du pays d’Égypte, de dessous la main de Pharaon, roi d’Égypte, et parce qu’ils craignirent d’autres dieux. (2 Rois 17:1-7)
La chute du Royaume d’Israël a été marquée par la déportation du peuple juif par le roi d’Assyrie sur des terres étrangères, loin de leurs territoires. Comme le dit l’Écriture, cela est arrivé parce que les enfants d’Israël péchèrent contre l’Éternel leur Dieu, en craignant d’autres dieux. Ils ont délibérément abandonné l’alliance de l’Éternel pour se conformer aux coutumes des autres nations.
Le roi d’Assyrie, après avoir emmené les enfants de Jacob en exil, fit venir de Babylone d’autres peuples pour s’établir dans les villes de Samarie :
Le roi d’Assyrie fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d’Avva, de Hamath et de Sepharvaïm, et les établit dans les villes de Samarie à la place des enfants d’Israël. Ils prirent possession de Samarie, et ils habitèrent dans ses villes. (2 Rois 17:24)
Ces peuples établis dans les villes de Samarie sont les ancêtres des Samaritains dont il est question dans le Nouveau Testament à l’époque de Jésus.
Pour ne pas subir la colère de l’Éternel en péchant contre sa Parole, on fit venir un prêtre juif de la déportation pour leur enseigner comment adorer le Dieu d’Israël. Cependant, ils n’abandonnèrent point de servir les dieux de leurs pays d’origine tout en offrant des sacrifices à l’Éternel sur des hauts lieux :
Ainsi ils craignaient l’Éternel, et ils servaient en même temps leurs dieux d’après la coutume des nations d’où on les avait transportés. Ils suivent encore aujourd’hui leurs premiers usages : ils ne craignent point l’Éternel, et ils ne se conforment ni à leurs lois et à leurs ordonnances, ni à la loi et aux commandements prescrits par l’Éternel aux enfants de Jacob qu’il appela du nom d’Israël. (2 Rois 17:33-34)
L’histoire du Royaume d’Israël dont le peuple était composé de dix tribus d’Israël prend fin ainsi par l’occupation de leurs territoires par les Samaritains.
Le dernier roi de Juda fut Sédécias. Il a été abandonné par l’Éternel et livré entre les mains du Roi de Babylone pour les mêmes péchés commis par Israël. Lui, ses chefs et le peuple ont abandonné l’alliance de l’Éternel et n’ont pas écouté les avertissements du Seigneur exprimés par la bouche du prophète Jérémie :
La neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du dixième mois, Nebucadnetsar, roi de Babylone, vint avec toute son armée contre Jérusalem ; il campa devant elle, et éleva des retranchements tout autour. La ville fut assiégée jusqu’à la onzième année du roi Sédécias. Le neuvième jour du mois, la famine était forte dans la ville, et il n’y avait pas de pain pour le peuple du pays. Alors la brèche fut faite à la ville ; et tous les gens de guerre s’enfuirent de nuit par le chemin de la porte entre les deux murs près du jardin du roi, pendant que les Chaldéens environnaient la ville. Les fuyards prirent le chemin de la plaine. Mais l’armée des Chaldéens poursuivit le roi et l’atteignit dans les plaines de Jéricho, et toute son armée se dispersa loin de lui. Ils saisirent le roi, et le firent monter vers le roi de Babylone à Ribla ; et l’on prononça contre lui une sentence. Les fils de Sédécias furent égorgés en sa présence ; puis on creva les yeux à Sédécias, on le lia avec des chaînes d’airain, et on le mena à Babylone. (2 Rois 25:1-7)
Après la fin tragique de Sédécias, il n’y a plus eu de rois établis sur le peuple d’Israël jusqu’à aujourd’hui. Le peuple fut emmené en captivité à Babylone. Jérusalem fut détruite avec ses murailles. Le temple de l’Éternel fut également détruit et les instruments d’adoration transportés à Babylone.
Ce fut la fin de la royauté en Israël. Dès lors, les territoires d’Israël ont été administrés par des puissances étrangères. Même à l’époque du roi Cyrus, lorsque la ville de Jérusalem et le temple furent rebâtis par les exilés qui y retournèrent sur son ordre, les territoires de la Judée restèrent soumis à son autorité.
Plus tard, Néhémie fut établi comme gouverneur sur la Judée par le roi Artaxerxès, empereur de Perse, puissance dominante à cette époque. Néhémie fut un gouverneur qui fit beaucoup de bien au peuple d’Israël. Il rebâtit Jérusalem et ses murailles et suscita un grand réveil avec le sacrificateur Esdras. Il rétablit les sacrificateurs et les lévites dans leurs fonctions respectives. Il ordonna que les dîmes et les offrandes soient prélevées et données aux sacrificateurs et lévites. Il fit du bien à ses frères et à sa patrie tout entière, mais il restait au service de son maître et seigneur le Roi de Perse.
À l’époque du Seigneur Jésus, la puissance dominante était l’empire romain. Rome avait établi des gouverneurs sur tous les territoires d’Israël. César, l’empereur romain, avait des garnisons à Jérusalem. Les Juifs étaient très hostiles à l’autorité de Rome parce qu’ils avaient l’espérance du rétablissement de leur Royaume comme auparavant. Il y eut dans l’histoire du peuple juif plusieurs tentatives pour se libérer du joug romain, mais toutes ces rébellions furent réprimées et anéanties par l’armée romaine.
Malgré cela, le peuple, ses chefs et ses conducteurs religieux attendaient la délivrance d’Israël, car les prophètes qui avaient annoncé la destruction du Royaume d’Israël avaient aussi prédit l’avènement d’un libérateur qui rétablirait le trône de David.
2- L’avènement du Messie et le rétablissement du trône de David
L’avènement du Messie et le rétablissement du trône de David sont annoncés par plusieurs prophéties dans la Bible. Au temps de Jésus, les Juifs attendaient l’accomplissement de ces prophéties. Ils s’attendaient donc au rétablissement du Royaume d’Israël avec la montée sur le trône du Fils de David. Le Christ appelé Messie, tel qu’annoncé par toutes les prophéties, est identifié au Fils de David :
Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, Où je susciterai à David un germe juste ; Il régnera en roi et prospérera, Il pratiquera la justice et l’équité dans le pays. (Jérémie 23:5)
Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l’origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l’éternité. C’est pourquoi il les livrera Jusqu’au temps où enfantera celle qui doit enfanter, Et le reste de ses frères reviendra auprès des enfants d’Israël. Il se présentera, et il gouvernera avec la force de l’Éternel, avec la majesté du nom de l’Éternel, son Dieu : Et ils auront une demeure assurée, car il sera glorifié jusqu’aux extrémités de la terre. (Michée 5:2-4)
Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Donner à l’empire de l’accroissement, Et une paix sans fin au trône de David et à son Royaume, L’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, Dès maintenant et à toujours : Voilà ce que fera le zèle de l’Éternel des armées. (Ésaïe 9:6-7)
Comme cela est annoncé dans ces prophéties, il est annoncé un roi à Israël. Ce roi sera de la tribu de Juda et sera un germe de David, c’est-à-dire de la descendance ou de la lignée du Roi David. Son règne est décrit de manière claire et détaillée :
Il régnera en roi et prospérera, Il pratiquera la justice et l’équité dans le pays […] (Jérémie 23:5)
Il se présentera, et il gouvernera avec la force de l’Éternel, Avec la majesté du nom de l’Éternel, son Dieu : Et ils auront une demeure assurée, Car il sera glorifié jusqu’aux extrémités de la terre. (Michée 5:4)
Ainsi le Messie promis à Israël est le roi qui vient rétablir le trône de David, pour l’affermir par la justice et l’équité. Il lui assurera une paix sans fin. Ce roi sera glorifié jusqu’aux extrémités de la terre.
Dès lors, il apparaît légitime que les officiels juifs retiennent, comme critère de reconnaissance du Messie, sa vocation évidente, celle liée à la royauté. Car le Messie vient pour libérer Israël de la servitude. La question qui mérite d’être posée est de savoir si les Juifs avaient connaissance de tous les éléments caractéristiques de la mission du Messie, de sa personnalité ou de son identité. Car sa mission est rattachée à son identité. Qui est le Messie selon les Écritures ? Il est le Fils de David. C’est la première réponse qu’on peut avancer de manière indiscutable.
Toutes les Écritures témoignent qu’il est effectivement le Fils de David. Mais quelle est la signification biblique de l’expression « Fils de David » ? Pour comprendre cela, il faut être en mesure de donner la réponse à la question du Seigneur Jésus-Christ adressée aux Juifs et qui est restée sans réponse :
Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus les interrogea, en disant : Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il fils ? Ils lui répondirent : De David. Et Jésus leur dit : Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? Nul ne put lui répondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n’osa plus lui proposer des questions. (Matthieu 22:41-46)
Si le Christ est le Fils de David, alors pourquoi David l’appelle-t-il son Seigneur ? Cette question n’a pas pu être résolue par les scribes et pharisiens. Alors, elle reste toujours posée. Qui est le Christ appelé le Messie ? De la même manière que la réponse à cette question était importante à l’époque de Jésus, pour comprendre la portée de sa mission, elle reste également cruciale pour tous les croyants appelés à avoir la véritable révélation de la volonté de Dieu. Jésus a posé une question semblable à ses disciples. Qui dit-on que je suis ?
Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? Ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. (Matthieu 16:13-16)
Ce passage montre qu’il y avait plusieurs opinions sur Jésus parmi le peuple d’Israël en ce temps-là. À la question de Jésus, les réponses furent diverses : « Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. » (Ibid.) Les Juifs n’avaient pas une opinion précise de qui était ce Jésus de Nazareth. Il y avait une confusion dans l’esprit des Juifs. Mais ils savaient que c’était un prophète de la trempe de ceux qui avaient marqué l’histoire d’Israël par le sceau de leur ministère. Ils ne pouvaient pas aller au-delà car il fallait une révélation du Ciel pour cela.
Par une révélation directe du Ciel, Simon-Pierre a donné la réponse : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » (Ibid.) Cette réponse du ciel révèle que Jésus est le Christ et que le Christ est le Fils du Dieu vivant. Si nous récapitulons ce que nous savons des réponses des pharisiens, de l’opinion du peuple sur l’identité de Jésus, et de la révélation de Pierre, nous pouvons résumer tout ceci de la manière suivante : Jésus est Le Christ, le Fils du Dieu vivant. Il se présente lui-même comme le Fils de l’homme et selon les prophéties il est aussi le Fils de David.
En entamant son ministère en Judée, Jésus s’est identifié lui-même comme le Fils de l’homme. C’est une marque l’identifiant à l’humanité en lien avec la mission qu’il devait accomplir en faveur de celle-ci :
Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie, retenus dans la servitude. Car assurément ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham. En conséquence, il a dû être rendu semblable en toutes choses à ses frères, afin qu’il fût un souverain sacrificateur miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple ; car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés […] (Hébreux 2:14-18)
Il est venu comme un simple homme pour s’identifier à l’humanité comme un parent rédempteur. En effet, il a participé au sang et à la chair pour qu’il soit tenté en toutes choses comme les hommes et qu’il souffre jusqu’à expérimenter la mort afin « d’anéantir celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il délivrât tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie, retenus dans la servitude. » (Ibid.) Jésus en tant que Fils de l’homme s’est identifié pleinement à l’homme pour accomplir la volonté de son père. C’est pour cela qu’il est le frère de plusieurs et qu’il a été immolé en tant que victime propitiatoire pour en racheter plusieurs. Il est le Fils de l’homme, cela signifie qu’il est le prophète car la Parole vient au prophète. Moïse poussé par l’Esprit, dit à ses frères que l’Éternel leur suscitera un prophète, celui qui ne l’écoutera pas sera retranché du peuple.
Il était le prophète attendu par Israël.
3- Jésus le Christ, le Fils du Dieu vivant : Roi d’Israël
Par une révélation directe du Ciel, Pierre dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Ainsi, le Ciel témoigne que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, Fils du Dieu Vivant, exprime la divinité de Jésus. Dans cette position de Fils du Dieu vivant, Jésus est le Seigneur, c’est-à-dire le Dieu vivant. C’était là, la pierre d’achoppement pour les officiels juifs. Pourtant, toutes les prophéties définissent clairement l’identité de celui qui était annoncé à Israël. Pour connaître l’identité du Messie, il faut remonter dans les prophéties qui l’annoncent. Ainsi dans Ésaïe, il est dit voici votre Dieu :
Consolez, consolez mon peuple, Dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem, et criez-lui Que sa servitude est finie, Que son iniquité est expiée, Qu’elle a reçu de la main de l’Éternel au double de tous ses péchés. Une voix crie : Préparez au désert le chemin de l’Éternel, Aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. Que toute vallée soit exhaussée, Que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les coteaux se changent en plaines, Et les défilés étroits en vallons ! Alors la gloire de l’Éternel sera révélée, Et au même instant toute chair la verra ; Car la bouche de l’Éternel a parlé. Une voix dit : Crie ! – Et il répond : Que crierai-je ? Toute chair est comme l’herbe, Et tout son éclat comme la fleur des champs. L’herbe sèche, la fleur tombe, Quand le vent de l’Éternel souffle dessus. – Certainement le peuple est comme l’herbe : L’herbe sèche, la fleur tombe ; Mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. Monte sur une haute montagne, Sion, pour publier la Bonne Nouvelle ; Élève avec force ta voix, Jérusalem, pour publier la Bonne Nouvelle ; Élève ta voix, ne crains point, Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu ! Voici, le Seigneur, l’Éternel vient avec puissance, Et de son bras il commande ; Voici, le salaire est avec lui, Et les rétributions le précèdent. Comme un berger, il paîtra son troupeau, Il prendra les agneaux dans ses bras, Et les portera dans son sein ; Il conduira les brebis qui allaitent. (Ésaïe 40:1-11)
Ces passages d’Ésaïe permettent d’identifier celui qui vient pour Israël. Jean-Baptiste s’est référé à ces passages pour justifier l’œuvre qu’il accomplissait au Jourdain dans le désert. Il a pu dire : « […] je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. » (Jean 1:23) Il y avait quelqu’un qui criait dans le désert et Jean-Baptiste était cette voix. Les paroles qui sortaient de la bouche de Jean-Baptiste étaient celles de celui qui criait au travers de lui. Que disait alors celui qui s’exprimait par la voix de Jean-Baptiste ? « Préparez au désert le chemin de l’Éternel, Aplanissez dans les lieux arides Une route pour notre Dieu. » (Ibid.) Un chemin doit être préparé pour celui qui vient délivrer Israël, c’est-à-dire le Messie. Or ici, de manière claire, l’Écriture annonce que celui pour qui le chemin est préparé c’est l’Éternel.
Celui pour qui une route devait être tracée dans les lieux arides est « notre Dieu ». Plus loin dans les passages qui suivent, parlant de celui qui vient et qui est l’objet de la Bonne Nouvelle, il est dit : « Voici votre Dieu ! Voici, le Seigneur, l’Éternel vient avec puissance. » (Ibid.) Celui pour qui Jean-Baptiste était chargé de préparer un chemin dans le désert et une route dans les lieux arides, est l’Éternel, le Dieu d’Israël. Or, Jean-Baptiste présente Jésus-Christ de Nazareth comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché, c’est-à-dire notre parent rédempteur et le Fils de Dieu : celui sur qui est descendu l’Esprit comme une colombe. Il a expliqué à ses disciples que celui-ci était plus grand et qu’il n’était pas capable de délier la courroie de ses souliers. Le témoignage de Jean-Baptiste concorde parfaitement avec la prophétie et indique que c’est pour ce Jésus qu’il est venu baptisant d’eau dans le Jourdain :
Ces choses se passèrent à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait. Le lendemain, il vit Jésus venant à lui, et il dit : Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. C’est celui dont j’ai dit : Après moi vient un homme qui m’a précédé, car il était avant moi. Je ne le connaissais pas, mais c’est afin qu’il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d’eau. Jean rendit ce témoignage : J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et s’arrêter sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et s’arrêter, c’est celui qui baptise du Saint-Esprit. Et j’ai vu, et j’ai rendu témoignage qu’il est le Fils de Dieu. (Jean 1:28-34)
Jean-Baptiste a rendu le témoignage que Jésus est le Fils de Dieu, c’est-à-dire celui pour qui il a prêché afin de préparer dans les cœurs une route, un chemin. C’est lui le Seigneur notre Dieu, le Dieu éternellement béni qui est venu pour nous sauver. C’est ce qui est attesté par la prophétie :
Dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ; Voici votre Dieu, la vengeance viendra, La rétribution de Dieu ; Il viendra lui-même, et vous sauvera. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds ; Alors le boiteux sautera comme un cerf, Et la langue du muet éclatera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, Et des ruisseaux dans la solitude. (Ésaïe 35:4-6)
Jésus s’est référé à ce passage d’Ésaïe pour répondre à Jean-Baptiste lorsqu’il envoya ses disciples pour Lui demander s’il était effectivement, comme annoncé, celui qui devait venir. Voici la réponse de Jésus : « Et il leur répondit : Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » (Luc 7:22) Il atteste à Jean que ce n’est pas un autre qui est venu mais celui qui a été annoncé. C’est pour lui rappeler la prophétie : « Voici votre Dieu, la vengeance viendra, la rétribution de Dieu ; Il viendra lui-même, et vous sauvera. » (Ésaïe 35:4) De manière incontestable celui qui est venu pour manifester le salut en Israël, est l’Éternel Dieu lui-même, Jésus étant ainsi le Fils du Dieu vivant, la manifestation du Dieu invisible.
Jésus est le Fils de David, il est aussi le Christ, le Fils du Dieu vivant. En tant que Fils du Très-Haut, David animé par l’Esprit de Dieu, l’appelle « mon » Seigneur parce qu’il est effectivement le Dieu de David. C’était difficile à comprendre pour les scribes et les pharisiens, grands docteurs d’Israël. À cause de la royauté, Jésus est venu en chair, de la descendance de David. C’est pour cela qu’il est appelé Fils de David. Ce qu’il convient de noter, c’est que le trône du Royaume d’Israël est réservé au Fils de David. La Bible indique que le règne de ce Fils de David sera un règne sans fin, c’est-à-dire éternel. Or David est mort et tous ses fils nés selon sa descendance charnelle meurent également dans toutes les générations. Alors, ce trône de David annoncé dans les prophéties, est-il identique au trône sur lequel les rois d’Israël se sont succédé ? En d’autres termes, le Royaume d’Israël et le Royaume de Dieu sont-ils le même Royaume ? Sinon quel lien existe-t-il entre ces deux entités ?
À toutes ces interrogations la Bible donne des réponses claires. L’ange Gabriel dit à Marie :
[…] Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. (Luc 1:30-34)
Sans équivoque, le trône de David est réservé pour Jésus, le Fils du Très-Haut comme cela est annoncé par l’ange Gabriel. Il règnera sur la maison de Jacob, et son règne n’a pas de fin. Son règne est un règne éternel. Il paraît évident que ce Roi est éternel ainsi que son Royaume et son trône. Dès lors nous comprenons que l’Éternel Dieu, qui a été rejeté en tant que Roi d’Israël au temps de Samuel, revient ici dans une position de Fils de l’homme, Fils de David et Fils du Très-Haut pour reprendre son trône.
Aucun autre roi ne peut être proclamé sur Israël si ce n’est le Fils de Dieu, appelé Fils de David, c’est-à-dire Dieu Lui-même. Actuellement le peuple d’Israël est revenu s’établir sur ses terres à la faveur des deux guerres mondiales. Ces deux grandes guerres ont été les moyens par lesquels l’Éternel a secoué les nations afin de ramasser un reste d’Israël comme on ramasse des fruits, et de les amener sur leur territoire en vue de l’accomplissement des prophéties rattachées au Messie :
En ce temps-là, L’Éternel secouera des fruits, Depuis le cours du fleuve jusqu’au torrent d’Égypte ; Et vous serez ramassés un à un, enfants d’Israël ! En ce jour, on sonnera de la grande trompette, Et alors reviendront ceux qui étaient exilés au pays d’Assyrie ou fugitifs au pays d’Égypte ; Et ils se prosterneront devant l’Éternel, Sur la montagne sainte, à Jérusalem. (Ésaïe 27:12-13)
Selon la traduction Louis Segond, il est écrit « l’Éternel secouera les fruits », mais selon d’autres versions ce même passage est traduit par « l’Éternel secouera les arbres ». Les arbres symbolisent les nations. Les nations ont été secouées par l’Éternel pour que son peuple soit contraint à retourner sur ses terres. La restauration d’Israël commence en notre temps par leur retour sur le territoire d’Israël.
En 1948, Israël est devenu une nation parmi les nations de la terre après des milliers d’années de dispersion dans le monde. Leur retour et la reconnaissance d’Israël comme un État souverain est l’accomplissement de plusieurs prophéties bibliques qui parlent de la restauration d’Israël. Cependant, bien qu’Israël soit revenu sur ses terres et soit un État indépendant et souverain, sa restauration n’est pas terminée. Ce pays établi n’est pas encore proclamé Royaume d’Israël. Le trône de David n’est pas encore rétabli. Ils attendent l’avènement de leur Roi, c’est-à-dire le Messie qui est le Christ, le Fils du Dieu Vivant, Fils de David.
En rapport avec cela, toutes les prophéties ne sont pas encore accomplies. Israël attend son Messie, son Roi alors qu’il est déjà venu en tant que Emmanuel, Dieu avec nous, Jésus c’est-à-dire Dieu-Sauveur. Le lien qu’il faut comprendre ici c’est que Jésus, dans son Ministère, a prêché une Bonne Nouvelle. La Bonne Nouvelle c’est qu’il est venu établir un autre Royaume qu’il a appelé le Royaume de Dieu. Toute sa prédication était centrée sur le Royaume de Dieu. L’appel qu’il a adressé aux Juifs est un appel à entrer dans le Royaume de Dieu. Il leur a montré le chemin et les conditions pour entrer dans ce Royaume. Il leur a dit qu’Il était le Chemin, la Vérité et la Vie éternelle. Il a aussi dit « Je suis la Porte. » Les Juifs ont refusé la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu qui leur a été prêchée parce qu’ils n’avaient pas toute la révélation du plan de Dieu. Ils n’ont pas compris que le peuple d’Israël, le Royaume d’Israël et son trône, le temple, le tabernacle, le sacerdoce lévitique et la sacrificature selon Aaron étaient l’ombre des choses. La réalité c’est le Christ, c’est l’Esprit.
Le Royaume de Dieu est éternel. Son Trône est éternel. Son Roi est éternel ainsi que son règne. Son peuple aussi est éternel. Israël en tant que nation était appelé à entrer dans ce Royaume éternel, mais Israël a refusé et rejeté son Roi :
C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi. Mais ils s’écrièrent : Ôte, ôte, crucifie-le ! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi ? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n’avons de roi que César. Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l’emmenèrent. (Jean 19:14-16)
Cette scène résume à elle seule la tragédie d’Israël. Ils ont rejeté leur propre roi et revendiqué César comme roi d’Israël. Cela est arrivé, comme Paul l’a expliqué dans Romains, pour que les païens parviennent au Salut. Après quoi, Israël aussi entrera dans le Salut unique qui est dans le Christ :
Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c’est qu’une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu’il est écrit : Le libérateur viendra de Sion, Et il détournera de Jacob les impiétés ; Et ce sera mon alliance avec eux, Lorsque j’ôterai leurs péchés. En ce qui concerne l’Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l’élection, ils sont aimés à cause de leurs pères. Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel. (Romains 11:25-29)
Israël est appelé au Salut en tant que peuple et nation. Ils se convertiront à l’Évangile de grâce du Seigneur par l’accomplissement de la prophétie d’Ézéchiel :
Je vous retirerai d’entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous ramènerai dans votre pays. Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. Vous habiterez le pays que j’ai donné à vos pères ; vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu. (Ézéchiel 36:24-28)
Cette prophétie d’Ézéchiel est l’une des plus importantes pour Israël. Par elle, le Seigneur prédit de retirer les Juifs de toutes les nations pour les rassembler dans leur pays. Le verset 24 de cette prophétie est accompli dans notre ère. Les Juifs ont été retirés de toutes les nations et sont rassemblés dans leur pays. L’eau pure pour la sanctification n’a pas encore été répandue sur eux. Ils n’ont pas encore été purifiés de leurs souillures qu’ils ont ramassées dans les nations où ils étaient en exil. Beaucoup sont idolâtres, mondains et même athées. Ils n’ont pas encore reçu un nouveau cœur et un esprit nouveau comme promis dans la prophétie. En bref, ils n’ont pas encore expérimenté ce que les chrétiens, fils du Royaume de Dieu, expérimentent depuis maintenant plus de deux mille ans : la nouvelle naissance pour devenir une nouvelle création en Christ.
L’Évangile, qui est la puissance qui manifeste cette nouvelle création, ne leur a pas encore été prêché. Lorsque le temps de grâce des nations sera accompli, alors le Seigneur se tournera vers son peuple pour le Salut. Ils croiront dans l’Évangile éternel qui leur était destiné premièrement. Ils reconnaîtront alors leur Messie car ils le verront comme cela est écrit. Il viendra pour Israël. Ce sera un grand jour de deuil et de repentance pour Israël comme il est écrit dans le livre de Zacharie :
En ce jour-là, Je m’efforcerai de détruire toutes les nations Qui viendront contre Jérusalem. Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem Un esprit de grâce et de supplication, Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. En ce jour-là, le deuil sera grand à Jérusalem, Comme le deuil d’Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddon. Le pays sera dans le deuil, chaque famille séparément : La famille de la maison de David séparément, et les femmes à part ; La famille de la maison de Nathan séparément, et les femmes à part ; La famille de la maison de Lévi séparément, et les femmes à part ; La famille de Schimeï séparément, et les femmes à part ; Toutes les autres familles, chaque famille séparément, Et les femmes à part. (Zacharie 12:9-12)
En ce jour-là, une source sera ouverte Pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, Pour le péché et pour l’impureté. (Zacharie 13:1)
En ce jour-là, dit l’Éternel des armées, J’exterminerai du pays les noms des idoles, Afin qu’on ne s’en souvienne plus ; J’ôterai aussi du pays les prophètes et l’esprit d’impureté. (Zacharie 13:2)
Ainsi, comme il y a un seul Dieu, il y aura également un seul peuple de Dieu et une seule adoration. Dieu étant Esprit, ceux qui l’adorent doivent l’adorer en Esprit et en vérité. Israël étant le peuple promis de Dieu, devra expérimenter l’adoration recherchée par le Seigneur car ce n’est plus à Jérusalem ni sur la montagne qu’est le lieu d’adoration. Mais l’adoration est en Christ. Pour adorer il faut être en Christ. Israël est appelé à entrer en Christ pour la vraie adoration. Le Royaume de Dieu étant un Royaume éternel, il faut qu’Israël expérimente la vie éternelle comme les chrétiens.
Jésus-Christ est le Roi du Royaume de Dieu appelé aussi le Royaume des Cieux. Il n’y a pas deux trônes. Il y a un seul Trône. Le trône du Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Comme expliqué plus haut, le trône temporaire et physique sur lequel s’asseyait David dans son règne n’est qu’une image ou symbole du Vrai Trône de Dieu qui doit régner sur toutes les nations et toute la Création.
4- La guerre pour le règne du Christ
Aujourd’hui, Jésus-Christ le Roi aspire à entrer dans son règne car son règne n’est pas encore établi. Le diable, par le mensonge et la séduction du péché, a pris en otage la Création. Les nations voire toute la Création sont dans la servitude du diable. Pour que notre Seigneur et souverain Maître prenne possession de son règne, il faut qu’Il parvienne à dégager le diable et son pouvoir. C’est la guerre. La guerre pour le règne de Jésus est en cours. Les Fils du Royaume de Dieu sont concernés par cette guerre.
Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre la situation spirituelle du corps de Christ dans les temps précédant l’avènement du Seigneur. Cela est extrêmement important pour comprendre l’enjeu de la guerre qui se déroule en ce moment. Toute l’Écriture indique que ces temps seront difficiles pour l’Église. Ce seront des temps de tiédeur spirituelle, selon Apocalypse 3, des temps de sommeil et d’assoupissement spirituels décrits dans la parabole des vierges dans Matthieu 25.
Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. (2 Thessaloniciens 2:1-4)
Paul indique qu’avant l’enlèvement de l’Église, il y aura l’apostasie dans l’Église et le temple de Dieu sera occupé par l’adversaire de Dieu. L’apostasie est définie comme le reniement de la foi véritable et de la sainte doctrine. C’est dans l’Église que l’apostasie arrive, ce n’est pas ailleurs. L’apostasie c’est aussi le mystère de l’iniquité. C’est-à-dire le péché et l’abomination établis dans le lieu d’adoration. C’est un mystère car il est difficilement compréhensible que des rachetés de l’Éternel donnent leur adoration à l’adversaire de Dieu sans le savoir.
C’est un mystère, car sa compréhension exige un dévoilement par l’Esprit de Dieu. Le lieu d’adoration est le lieu où réside celui qui est adoré. Or, dans la Nouvelle Alliance, l’adoration est en Christ. Or, le Christ se trouve dans le cœur du croyant. Donc, le cœur de l’homme se trouve être le lieu de résidence de notre Seigneur et par conséquent le lieu d’adoration. C’est pourquoi Paul dit que nous sommes le temple de Christ. Le temple de Dieu occupé dans 2 Thessaloniciens se trouve être les cœurs des croyants de la fin des temps. C’est dans le cœur des croyants que l’apostasie est établie. La tiédeur, le sommeil et l’assoupissement sont les conséquences de cette apostasie.
La foi authentique et la sainte doctrine ont été abandonnées au profit d’une foi religieuse et de fausses doctrines. L’adversaire de Dieu est assis dans le cœur des croyants, dans le lieu d’adoration du Christ, dans le temple de Dieu. La fin des temps est marquée par de grandes ténèbres dans l’Église. C’est l’accumulation des ténèbres de tous les âges de l’Église. Le résultat, c’est la situation décrite dans le septième âge de l’Église. Situation fort déplorable :
Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la Création de Dieu : Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. (Apocalypse 3:14-22)
À la fin des temps l’Église est caractérisée par un état de déchéance spirituelle. Le diable a réussi, par ses assauts au cours des différents âges de l’Église, à la dépouiller. Elle se retrouve à la fin dans un état qualifié de misérable. Les termes utilisés par le Seigneur sont sans appel : « […] et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu […] » (Ibid.) Le drame dans tout cela est qu’elle ne le sait pas. Le niveau de séduction dans laquelle elle se trouve est extrême. Elle nie son état spirituel réel. C’est parce que le séducteur est établi en son sein. Elle dit : « je suis riche, je me suis enrichie et je n’ai besoin de rien. » (Ibid.) C’est l’œuvre de l’esprit babylonien, l’esprit religieux.
Elle n’a pas de puissance, elle est pauvre en vertus, elle n’a pas de vision, c’est-à-dire d’orientation spirituelle claire. Par ce manque de vision spirituelle, elle est aveuglée. Elle a abandonné l’ancien Évangile pour accepter un évangile sans puissance. Elle est nue parce que l’Esprit du Seigneur n’œuvre plus en son sein. Les œuvres manifestées sont des œuvres religieuses sans la puissance de Dieu. Elle ne reflète en rien la gloire de la première église parce qu’elle n’a ni son Évangile, ni sa piété, ni sa vision de l’œuvre de Dieu. Son état spirituel lamentable devrait la pousser dans des prières de supplications, dans le jeûne et l’humiliation pour appeler le secours de Dieu.
Comme elle ne reconnaît pas son état décrit par le Seigneur, elle refuse de prendre le chemin de repentance indiqué par le Seigneur : « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. » (Ibid.) Comme elle ne reconnaît pas son égarement, elle refuse de se repentir pour être secourue par le Seigneur qui est prêt à changer sa condition misérable : « […] je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. » (Ibid.) La conséquence de ce refus, c’est qu’elle s’expose à être vomie par le Seigneur à cause de sa tiédeur.
Cependant, le Seigneur se tient à la porte de chaque cœur et frappe. Celui qui lui ouvrira la porte, le Seigneur entrera pour lui apporter tout le secours nécessaire afin d’échapper à cette grande séduction. L’armée appelée à combattre pour le règne du Christ est constituée par l’ensemble des rachetés humbles qui reconnaîtront leur état de profonde misère pour accepter le secours de Dieu par une vraie repentance des œuvres religieuses. Le Seigneur, en entrant dans leur cœur, va les conduire dans une communion intime pour mener le combat contre l’usurpateur et ses œuvres.
Le règne du Seigneur est d’abord en esprit et doit s’établir dans le cœur des croyants, c’est-à-dire des fils du Royaume. La guerre se déroule dans le cœur de ceux qui appartiennent au Seigneur. Pour rappel, c’est en prenant le contrôle des cœurs des hommes que le diable a réussi à établir son règne sur l’humanité voire la Création tout entière. L’acte de désobéissance dans le Jardin d’Éden a introduit dans le cœur de l’homme les ténèbres qui sont la preuve de la présence et de la manifestation des mauvais esprits.
La guerre consiste à chasser des cœurs des chrétiens les ténèbres par la prédication de la Parole authentique de Dieu. L’appel est adressé aux croyants pour se lever afin de combattre et chasser de leurs cœurs les ténèbres. La guerre est d’abord interne dans le cœur du croyant. Par l’obéissance à la parole de Dieu nous avons le pouvoir de chasser les ténèbres de nos cœurs.
Au sein de l’Église, le Seigneur prépare une armée puissante et redoutable qui va se lever contre Satan et son système babylonien. Nous appelons le règne du Seigneur, mais ce règne doit s’établir d’abord dans le cœur du croyant, c’est-à-dire dans l’Église. Une armée sortira de l’Église pour affronter l’ennemi dans toutes ses positions au sein du corps de Christ. Cette armée sera équipée par le Roi Lui-même.
Le lieu d’adoration est le lieu du règne de notre maître et sauveur. Comme il réside dans nos cœurs, c’est là qu’il est aussi adoré. Son règne doit être alors établi dans le cœur du croyant. De manière impérative, il faut libérer le lieu d’adoration et de règne de notre Roi. Le méchant, le menteur, l’usurpateur et trompeur doit être chassé et mis hors des cœurs, c’est-à-dire hors de l’Église, hors du Corps de Christ.
Cette armée est une élite qui parviendra par des sacrifices extrêmes, par la souffrance et un total renoncement à soi-même à en finir avec le diable et sa séduction. Cette armée n’aura rien du diable avec elle ou en son sein. C’est l’armée de la fin des temps suscitée par le Seigneur Lui-même. Par beaucoup de souffrances dans diverses épreuves, elle apprendra à compter uniquement sur le Seigneur. Elle parviendra par l’obéissance à toute la parole de Dieu à détruire le vieil homme.
Chaque recruté devra parvenir à se dépouiller du vieil homme pour être un instrument achevé dans la main du Roi. C’est une armée irréprochable, irrépréhensible, parvenue à la perfection. La dernière action du Seigneur pourra être mise en œuvre au travers de cette armée pour la délivrance de l’Église, le Corps de Christ. L’armée que le Seigneur va lever à la fin des temps est une armée de libération. Ce sera la manifestation des fils de Dieu parvenus à la perfection. Comme notre père est parfait, les croyants sont appelés également à la perfection. Cette perfection manifeste la liberté des fils de Dieu.
Un seul fils de Dieu parvenu à la perfection et à cette liberté totale, c’est-à-dire qui ne peut être influencé ni par les esprits ni par la chair et sa convoitise ni par quoi que ce soit, est un soldat invincible et très dangereux pour le Royaume de mensonge du diable. Cette armée agira dans l’Église et dans les nations avant l’enlèvement. C’est l’accomplissement du ministère de l’Épouse de Christ. Cette Épouse qui sera enlevée auprès du Seigneur est présentée dans Apocalypse comme le Fils Mâle. Ce sont les vierges sages parvenues à la ressemblance parfaite de Christ. Quand cela s’accomplit, ces vierges changent de statut pour être appelées Épouse de Christ. Car l’union entre le Christ et son épouse est accomplie.
Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de Christ, je l’achève en ma chair, pour son corps, qui est l’Église. C’est d’elle que j’ai été fait ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée auprès de vous, afin que j’annonçasse pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints, à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en vous, l’espérance de la gloire. C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ. (Colossiens 1:24-28)
C’est Christ en nous qui est l’espérance de la gloire des chrétiens. Celui qui est parvenu à la perfection, c’est celui en qui le Christ est parfaitement révélé et manifesté. L’Église est appelée à faire connaître la glorieuse richesse de ce mystère. C’est le Christ révélé pleinement dans les croyants, dans sa puissance, dans sa sainteté et ses vertus. Tout le Christ manifesté dans les croyants est un Mystère révélé. Le Christ que le monde ne connaît pas et n’a pas connu sera révélé dans les croyants de la fin des temps.
Le Christ Jésus est le mystère de Dieu révélé, et l’Église est le Mystère de Christ révélé dans les nations. L’Épouse dans son union parfaite avec le Christ, l’Époux, va révéler le Christ sur la terre dans toutes les nations. Cette révélation sera le coup fatal porté à Babylone, le système de domination du diable. La Bible parle du Fils Mâle dans Apocalypse 12 parce que c’est Jésus Lui-même au travers des croyants qui agira et Il paîtra les nations avec une verge de fer :
Car il est de la justice de Dieu de rendre l’affliction à ceux qui vous affligent, et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous, lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force, lorsqu’il viendra pour être, en ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru, car notre témoignage auprès de vous a été cru. (2 Thessaloniciens 1:6-10)
Par l’action de cette armée, on parviendra au dénouement de la guerre qui a commencé depuis le Ciel. L’Épouse – ou le Fils mâle – est appelée à vaincre le diable et à porter un grand coup qui va ébranler Babylone la grande. Par la vérité de l’Évangile, le système de séduction du diable par le mensonge sera pleinement dévoilé. Il n’y aura plus de confusion. La vérité de l’Évangile sera éclatante pour tous et les nations seront éclairées par cette grande lumière.
La fausse église et Jézabel seront clairement identifiées. Les faux prophètes, les faux christs et tous les ouvriers du diable dans l’église seront mis à nu. L’ivraie sera arrachée du Royaume de Dieu par les anges du Seigneur. Alors les fils de Dieu brilleront comme le soleil dans le Royaume de leur père :
Or, comme on arrache l’ivraie et qu’on la jette au feu, il en sera de même à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, qui arracheront de son Royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité : et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. (Matthieu 13:40-43)
La victoire sera la chute de Babylone. Le grand réveil de la fin des temps va provoquer la chute de Babylone. Ce réveil sera la manifestation du Ministère de l’Épouse de Christ. Les croyants parvenus à la ressemblance parfaite de Christ vont provoquer, par cette manifestation de l’Esprit de Christ en eux, la chute de Babylone. C’est un grand évènement que le ciel et la terre attendent. Ce sera la victoire de l’Époux et de l’Épouse. Le Fils mâle engendré par l’Église symbolise les croyants parvenus à la maturité au sein de l’Église et qui sortent pour agir dans les nations.
Après son action dans les nations, le Fils mâle, c’est-à-dire la troupe des vainqueurs, est enlevé vers le trône de Dieu. Le Fils mâle – l’épouse – est enlevé vers le trône de Dieu. Car les vainqueurs sont appelés à s’asseoir sur le Trône avec Christ. Le diable dans sa fureur va se tourner vers le reste de l’Église, ce sera la grande tribulation pour ceux qui n’ont pas atteint la perfection en Christ, en d’autres termes pour ceux qui n’ont pas accepté le secours de Dieu au temps favorable. Pour cette raison, ils n’ont pas achevé leur préparation pour atteindre la perfection en Christ. Immédiatement après les évènements intermédiaires, les armées célestes entreront en guerre contre le diable et son armée. Alors le diable sera précipité avec tous ses anges sur la terre. Leur place ne sera plus trouvée au ciel. Pendant ce temps, dans le ciel, ce sera la grande fête. Ce seront des réjouissances et la louange du seul Vrai Dieu :
Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ ; car il a été précipité, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. C’est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et vous qui habitez dans les cieux. (Apocalypse 12:7-12)
5- Le règne de mille ans de Jésus le Roi
Après les différents jugements et fléaux sur la terre, le Seigneur combattra avec les armées des cieux, jusqu’à la proclamation de la victoire sur la bête et le faux prophète. L’adversaire de Dieu sera saisi et lié pour mille ans :
Puis je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne dans sa main. Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l’abîme, ferma et scella l’entrée au-dessus de lui, afin qu’il ne séduisît plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu’il soit délié pour un peu de temps. (Apocalypse 20:1-3)
Le règne de mille ans de Jésus-Christ et de ses fidèles commencera après que le diable soit lié et fait prisonnier. Immédiatement après cela des trônes de jugement seront établis. Ceux qui s’y assiéront recevront le pouvoir de juger. Après ces jugements aura lieu la première résurrection :
Et je vis des trônes ; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. (Apocalypse 20:4)
Après le jugement accompli par ceux qui seront sur les trônes et qui auront reçu pouvoir et autorité pour juger, ce sera l’accomplissement de la première résurrection. Cette première résurrection concerne deux catégories de saints : les martyrs qui sont morts à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu et ceux qui, pendant la grande tribulation ont été mis à mort parce qu’ils ont refusé d’adorer la bête et son image et qui n’ont pas reçu sa marque sur leur front ou sur leur main. Ils reviennent à la vie sur la terre pour prendre part au règne de mille ans. La seconde mort n’a pas de pouvoir sur eux. Ils sont faits sacrificateurs de Dieu et de Christ et prennent part au règne de Christ comme il est écrit.
Le règne de mille ans de notre Seigneur est caractérisé par la paix. C’est un règne de paix, d’harmonie, de bonheur et de vie. La terre et toute la Création seront délivrées de l’oppresseur, du méchant et du destructeur. Le Prince de paix manifestera la paix sur toute la terre :
Puis un rameau sortira du tronc d’Isaï, Et un rejeton naîtra de ses racines. L’Esprit de l’Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. Il respirera la crainte de l’Éternel ; Il ne jugera point sur l’apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire. Mais il jugera les pauvres avec équité, Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; Il frappera la terre de sa parole comme d’une verge, Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l’agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau ; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira. La vache et l’ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte ; Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s’ébattra sur l’antre de la vipère, Et l’enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte ; Car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. En ce jour, le rejeton d’Isaï sera là comme une bannière pour les peuples ; Les nations se tourneront vers lui, Et la gloire sera sa demeure. (Ésaïe 11:1-10)
La terre connaîtra la paix, les nations expérimenteront la paix, l’ordre et le repos. Les pécheurs et les méchants ne pourront prospérer pendant le Règne du Roi des rois et Seigneur des seigneurs. La vie sera prolongée sur la terre, car les hommes accompliront leurs jours sur la terre :
Car je vais créer de nouveaux cieux Et une nouvelle terre ; On ne se rappellera plus les choses passées, Elles ne reviendront plus à l’esprit. Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l’allégresse, À cause de ce que je vais créer ; Car je vais créer Jérusalem pour l’allégresse, Et son peuple pour la joie. Je ferai de Jérusalem mon allégresse, Et de mon peuple ma joie ; On n’y entendra plus Le bruit des pleurs et le bruit des cris. Il n’y aura plus ni enfants ni vieillards Qui n’accomplissent leurs jours ; Car celui qui mourra à cent ans sera jeune, Et le pécheur âgé de cent ans sera maudit. Ils bâtiront des maisons et les habiteront ; Ils planteront des vignes et en mangeront le fruit. Ils ne bâtiront pas des maisons pour qu’un autre les habite, Ils ne planteront pas des vignes pour qu’un autre en mange le fruit ; Car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres, Et mes élus jouiront de l’œuvre de leurs mains. Ils ne travailleront pas en vain, Et ils n’auront pas des enfants pour les voir périr ; Car ils formeront une race bénie de l’Éternel, Et leurs enfants seront avec eux. Avant qu’ils m’invoquent, je répondrai ; Avant qu’ils aient cessé de parler, j’exaucerai. Le loup et l’agneau paîtront ensemble, Le lion, comme le bœuf, mangera de la paille, Et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte, Dit l’Éternel. (Ésaïe 65:17-25)
C’est ainsi que la Bible décrit le règne du Fils de David. C’est le règne du Messie appelé le Christ, le Fils du Dieu Très-Haut. C’est Lui notre Seigneur et Maître, notre rédempteur qui a accompli la rédemption pour nous racheter de la mort et du séjour de la mort. C’est ici l’espérance des saints, de ceux qui aiment le Seigneur et combattent pour son règne et sa gloire dans les nations.
L’appel retentit encore aujourd’hui pour les rachetés qui veulent se lever pour prendre part à cette grande guerre pour le règne de notre Roi. Au temps de Pilate, Il était seul car son Royaume n’est pas celui sur lequel César régnait. Il a dit « je suis roi mais mon Royaume n’est pas de ce monde. » (Jean 18:36) Par son sacrifice et sa résurrection, il a établi son Royaume sur la terre par l’entremise de l’Église. Maintenant, il désire que son Royaume soit établi sur toute la terre ainsi que son règne.
La guerre engagée a pour fin la destruction du monde de Satan, l’instauration du Royaume de Dieu et le règne de son Fils. Qui est du Royaume de Dieu ? Qui veut prendre part au Règne du Fils de Dieu ? Qu’il se lève et dise Seigneur, me voici, je suis prêt à combattre pour ton règne, prêt à livrer ma vie pour que ton règne vienne. Car les vainqueurs ce sont des appelés, des élus. La Bible dit qu’ils ont vaincu le diable car ils n’ont pas aimé leur propre vie pour la conserver : « Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. » (Apocalypse 12:11) Le combat est directement dirigé contre Babylone, le système religieux qui combat la vérité, la foi originelle, la doctrine des apôtres et des prophètes.
Actuellement, l’Église souffre les douleurs de l’enfantement comme il est écrit dans Apocalypse 12. De son sein sortira une armée de saints parvenus à la maturité spirituelle. C’est l’Église glorieuse qui sera sans tache, ni ride ni rien de semblable. Elle sera irrépréhensible devant le Seigneur, devant les hommes et devant le diable, l’accusateur des frères. Par la prédication de l’ancien Évangile qui sera entièrement restauré en elle, Babylone va s’écrouler car l’édifice de mensonges qu’elle a bâti sera renversé avec fracas. Alors le Fils mâle – ou encore l’Épouse de Christ – montera vers le Trône de Dieu. C’est là que se tient l’Époux pour la célébration des noces de l’Agneau. Ce sont les vainqueurs qui prennent part aux noces de l’Agneau :
Après cela, j’entendis dans le ciel comme une voix forte d’une foule nombreuse qui disait : Alléluia ! Le salut, la gloire, et la puissance sont à notre Dieu, parce que ses jugements sont véritables et justes ; car il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre par son impudicité, et il a vengé le sang de ses serviteurs en le redemandant de sa main. Et ils dirent une seconde fois : Alléluia ! … et sa fumée monte aux siècles des siècles. Et les vingt-quatre vieillards et les quatre êtres vivants se prosternèrent et adorèrent Dieu assis sur le trône, en disant : Amen ! Alléluia ! Et une voix sortit du trône, disant : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands ! Et j’entendis comme une voix d’une foule nombreuse, comme un bruit de grosses eaux, et comme un bruit de forts tonnerres, disant : Alléluia ! Car le Seigneur notre Dieu tout-puissant est entré dans son règne. Réjouissons-nous et soyons dans l’allégresse, et donnons-lui gloire ; car les noces de l’agneau sont venues, et son épouse s’est préparée, et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin, éclatant, pur. Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. Et l’ange me dit : Écris : Heureux ceux qui sont appelés au festin de noces de l’agneau ! Et il me dit : Ces paroles sont les véritables paroles de Dieu. (Apocalypse 19:1-9)
Celui qui a cette espérance se purifie pour être un vase d’honneur dans la main de son Dieu. À la fin des temps plusieurs seront épurés mais aucun des méchants ne comprendra :
J’entendis, mais je ne compris pas ; et je dis : Mon seigneur, quelle sera l’issue de ces choses ? Il répondit : Va, Daniel, car ces paroles seront tenues secrètes et scellées jusqu’au temps de la fin. Plusieurs seront purifiés, blanchis et épurés ; les méchants feront le mal et aucun des méchants ne comprendra, mais ceux qui auront de l’intelligence comprendront. (Daniel 12:8-9)
Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement. (Apocalypse 22:17)
Conclusion
Le Royaume de Dieu est la patrie des rachetés. Notre espérance n’est pas en dehors du Royaume. La vie reçue par les rachetés est la vie du Royaume de Dieu.
Le monde dans lequel nous sommes présentement, est venu à l’existence par la puissance du péché. La désobéissance dans le jardin d’Éden a placé toute la création dans la servitude. Le monde est du diable, il règne par la puissance du péché et de la mort. Son règne est un règne de terreur, d’angoisse et d’avilissement. Il a dénaturé l’homme qui était à la ressemblance de Dieu.
Par le péché qu’il a réussi à introduire dans l’homme par la désobéissance en Éden, il lui a communiqué une autre nature de vie qui est la vie animale, la vie charnelle ou encore « le vieil homme ». Cette nature de vie n’était pas en l’homme au commencement. Elle n’a pas été conçue par le Seigneur Dieu notre Créateur. Cette vie de péché ne peut obéir à la parole de Dieu, parce que soumise au diable. Il tient les hommes en son pouvoir et les manipule à sa guise parce qu’il les tient par « le vieil homme », la vie charnelle.
Le projet de restauration du Royaume de Dieu est un projet qui a pour but de ramener toute la création dans la volonté originelle du Créateur. L’adoration a commencé dans l’Ancien Testament et a été structurée par le Seigneur avec le peuple juif. Les commandements, lois ou prescriptions ont été donnés pour placer le peuple juif sous l’autorité de l’Éternel Dieu. Cela n’a pas été facile comme le démontrent les souffrances et les épreuves de ce peuple. Toutes les souffrances éprouvées par ce peuple ont un lien avec l’adoration. Ils n’ont pas pu garder l’alliance de Dieu parce que le diable les tenait par la puissance du péché, car la nature de vie qui était en eux était sous l’autorité du diable.
En Christ il y a une œuvre de restauration. Cette restauration commence par l’homme car c’est par sa déchéance que la création a été soumise à Satan. Le moyen unique de Dieu pour ramener l’homme déchu dans sa position de fils de Dieu est l’Évangile. L’Évangile est la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. La mort et la résurrection de Jésus le Christ sont la solution donnée par Dieu pour le salut c’est-à-dire la délivrance de l’homme.
Être chrétien, c’est expérimenter la Nouvelle Naissance qui nous introduit dans le Royaume de Dieu. Cette expérience est essentielle et est le commencement de la restauration dans la vie du chrétien. Cette naissance place le chrétien dans une position, celle des fils de Dieu. Cette position est en Christ. Dans cette position s’entreprend la vie chrétienne, la marche chrétienne. Cette vie ou cette marche chrétienne bien qu’enracinée dans le Royaume de Dieu, se déroule dans le monde. C’est une vie de combat contre le diable, contre son monde et contre « le vieil homme ». Et, la victoire passe nécessairement par l’obéissance à toute la parole de Dieu. La restauration est celle de la parole de Dieu en nous. Cette obéissance nous donne la victoire sur « le vieil homme » qui est le principal allié du diable en nous. La perfection des fils de Dieu passe nécessairement par la destruction du caractère animal hérité de la désobéissance à la parole de Dieu. Cela est possible car le « vieil homme » a été crucifié à la croix à Golgotha.
Par la prédication de l’Évangile, les chrétiens reçoivent les moyens spirituels pour mener le combat et détruire les éléments qui caractérisent la vie charnelle.
L’Église est appelée à manifester une grande victoire sur le diable et le système babylonien qu’il a établi pour séduire les nations. Cette victoire passe par une grande guerre qui a pour objectif final le règne de Christ, le Roi du Royaume. Il y a donc un appel qui retentit, un appel « au réveil des vierges » de Matthieu 25. Comme l’Époux est à la porte, la préparation doit reprendre de toute urgence. Le Seigneur a besoin d’un peuple préparé et prêt pour le recevoir. Le chemin de sa manifestation dans les nations pour le témoignage final passe dans le cœur de chaque appelé pour cette heure. Car le Seigneur, le Fils de Dieu doit à nouveau se manifester dans les nations avant la fin. Alors, il faut lui préparer ce chemin. Comme le chemin passe dans nos cœurs, le combat est interne et personnel. Celui qui acceptera le sacrifice suprême, aura la victoire sur le « vieil homme », l’ancienne création.
C’est ici de manière pratique le renoncement à soi-même exigé par le Seigneur à tout chrétien. Celui qui a à cœur de répondre à cet appel doit accepter de s’abandonner dans les mains du Seigneur et apprendre à connaître le Royaume de Dieu auquel il appartient. Alors, il pourra se soumettre à ses lois et à ses principes et garder la doctrine des apôtres et des prophètes. L’ancienne création passera, le monde passera ainsi que le diable et tous ceux qui l’ont suivi. La nouvelle création promise par le Créateur seule subsistera. Les chrétiens appartiennent à la nouvelle création, car en Christ ils ont été créés et ont reçu la vie de cette nouvelle création. Voilà pourquoi nous n’avons pas peur de livrer l’ancienne création, l’homme déchu à la mort. C’est là l’espérance des appelés, des élus. La victoire est possible car Christ a déjà triomphé.
« Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. » (Apocalypse 12:11)
Chant :
Vaillants soldats debout
En avant pour les combats
L’avenir est à Jésus
Et consacré pour sa victoire
Tout mon être entier à lui
Et pour que son règne vienne
(cantique de combat inspiré par le Seigneur à l’Église)
« Voici donc comment vous devez prier : « Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » » (Matthieu 6:9)
MARANATHA SEIGNEUR JÉSUS
Abidjan, le 14 décembre 2019
Les Écritures de ce texte
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Luc 17:21Matthieu 13:10-12Ésaïe 52:6-9Colossiens 1:12-14Hébreux 11:9-14Marc 11:8-10Matthieu 12:15-21Ésaïe 52Matthieu 13:10-11Matthieu 25:34Genèse 1:25-31Genèse 2:8Genèse 2:15Genèse 1Genèse 3:16Genèse 3:1-7Genèse 2:16-17Genèse 3:51 Timothée 2:13-14Jean 6:631 Corinthiens 2Hébreux 11:1Genèse 2:25Genèse 3:6-7Genèse 3:7-11Galates 5:19-21Genèse 3:1Genèse 3:14Genèse 3:17Ésaïe 14:12-15Ézéchiel 28:11-17Ésaïe 14Ézéchiel 28Ésaïe 14:13-14Genèse 11:1-9Jean 12:31Genèse 3:6Éphésiens 2:2Ézéchiel 28:15-16Galates 6:7-8Romains 5:12-141 Jean 5:19Romains 8:20-21Daniel 2:44-45Daniel 7:26-27Ésaïe 11:1-11Genèse 3:15Ésaïe 53:10Matthieu 12:28Jean 14:6Matthieu 1:20-231 Corinthiens 15:1-8Ésaïe 53Ésaïe 53:4Ésaïe 53:4-10Luc 22:52-53Matthieu 16:21Matthieu 17:22-23Jean 10:17-18Actes 1:8Romains 6:3-10Romains 8:1-2Éphésiens 2:5-7Jean 3:161 Jean 3:9-10Matthieu 13:4-48Matthieu 3:1-3Matthieu 4:15-17Luc 9:1-2Luc 10:1-9Matthieu 3:2Matthieu 4:12-13Ésaïe 9:1-2Matthieu 10:7-8Marc 16:15-18Matthieu 24:12-131 Jean 2:15Jean 17:16-181 Jean 2:171 Timothée 6:7-9Jean 3:1-8Jean 3:13-17Jean 11:251 Jean 5:11-132 Corinthiens 5:16-17Galates 5:22Jean 15:4-8Jean 14:10-11Jean 10:38Romains 8:14Apocalypse 3:14-22Apocalypse 19:8Apocalypse 3:20-21Matthieu 24:4-5Matthieu 24:23-24Matthieu 7:20-21Matthieu 7:13-14Apocalypse 1:17-181 Jean 1:1-3Galates 2:20Hébreux 13:8Jean 1:1-4Matthieu 5:14-161 Timothée 4:12Luc 10:19Matthieu 28:18Romains 6:11-14Romains 6:11Romains 6:12Romains 6:13Hébreux 12:1Romains 13:14Hébreux 12:4Jean 8:31-36Galates 5:11 Jean 1:8-9Éphésiens 6:11-17Jean 1:4Matthieu 5:17-18Exode 19:3-8Romains 7:7-12Romains 7:7Romains 7:14Romains 7:15-24Romains 7:24Romains 7:25Romains 7Hébreux 9:19-20Aggée 2:52 Rois 17:13-20Daniel 9:8-14Hébreux 10:1-4Hébreux 8:7-9Jérémie 31:33-34Matthieu 5:17Ézéchiel 36:24-28Romains 6:2-11Romains 3:20-31Romains 3:21Romains 10:4Romains 3:27-28Romains 9:30Romains 3:19-20Romains 3:21-24Romains 3:25-27Romains 3:31Romains 10:6-11Romains 10:10Éphésiens 2:8Romains 8:1Matthieu 5:17-48Matthieu 5Luc 12:32Jean 1:14Jean 3:1-2Ésaïe 33:22Ésaïe 55:4Jacques 4:12Matthieu 26:57-66Marc 14:62Jean 8:46Ézéchiel 36:27Matthieu 5:18Matthieu 5:191 Thessaloniciens 5:23Matthieu 23:25-28Matthieu 5:20Jean 1:45-49Matthieu 5:43Matthieu 5:44-48Romains 8:1-8Jean 3:5-6Galates 5:19-241 Corinthiens 3:1-3Apocalypse 3:14Matthieu 6:14-15Romains 8:7-8Romains 6:5-7Colossiens 3:3Colossiens 3:1-14Romains 8:12-16Éphésiens 4:20-27Colossiens 3:2Éphésiens 4:21-222 Pierre 1:3-8Galates 5:14Matthieu 20:25-26Matthieu 20:18-28Marc 10:51-53Matthieu 20:22Jean 14:14Jacques 3:13-18Jacques 3:18Matthieu 20:24Matthieu 20:25Jean 15:20Jean 13:12-171 Corinthiens 12:132 Corinthiens 5:171 Corinthiens 12:21Éphésiens 5:23Éphésiens 4:4Matthieu 26:261 Corinthiens 10:16-17Colossiens 3:111 Corinthiens 12:181 Corinthiens 12:71 Corinthiens 11:23-311 Corinthiens 8:92 Corinthiens 3:17Éphésiens 2:20Éphésiens 4:10-15Actes 2:1-4Actes 10:44-46Actes 19:1-6Actes 2:1Actes 2:41-44Actes 15:23-291 Timothée 2:9-151 Corinthiens 14:33-381 Corinthiens 14:37Jean 3:8Actes 16:1-4Actes 16:4Genèse 2:7Jean 1:3Genèse 1:1Genèse 1:2Genèse 1:3Genèse 1:11-13Genèse 1:14-19Genèse 2:1-13Genèse 1:26-27Genèse 1:261 Jean 1:5Jean 1:12-13Ésaïe 9Ésaïe 8:23Ézéchiel 28:14-161 Jean 1Éphésiens 6:12Matthieu 15:18-19Éphésiens 5:8Jean 8:121 Jean 5:10-13Matthieu 5:16Éphésiens 2:8-10Jacques 2:14-262 Corinthiens 13:5Galates 6:152 Thessaloniciens 1:6-10Colossiens 1:25-27Jean 14:9Romains 8:30Matthieu 7:13-5Malachie 3:18Matthieu 13:40-43Matthieu 27:37Marc 15:26Luc 23:38Jean 19:19-22Genèse 12:1-2Genèse 12:7Genèse 13:14-17Genèse 15:13-21Genèse 46:3-4Genèse 46:27Genèse 15:13Exode 3:71 Samuel 7:15-17Ésaïe 43:14-15Ésaïe 44:6Psaumes 89:182 Rois 17:1-72 Rois 17:242 Rois 17:33-342 Rois 25:1-7Jérémie 23:5Michée 5:2-4Ésaïe 9:6-7Michée 5:4Matthieu 22:41-46Matthieu 16:13-16Hébreux 2:14-18Ésaïe 40:1-11Jean 1:23Jean 1:28-34Ésaïe 35:4-6Luc 7:22Ésaïe 35:4Luc 1:30-34Ésaïe 27:12-13Jean 19:14-16Romains 11:25-29Zacharie 12:9-12Zacharie 13:1Zacharie 13:2Apocalypse 3Matthieu 252 Thessaloniciens 2:1-4Colossiens 1:24-28Apocalypse 12Apocalypse 12:7-12Apocalypse 20:1-3Apocalypse 20:4Ésaïe 11:1-10Ésaïe 65:17-25Jean 18:36Apocalypse 12:11Apocalypse 19:1-9Daniel 12:8-9Apocalypse 22:17Matthieu 6:9
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