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La légitimité d’un serviteur de Dieu

I

Irié Anderson 27 min de lecture   ·   35 références 27 min   ·   35 références

Cet article traite de la légitimité d'un serviteur de Dieu, basée sur l'appel divin et non sur l'appartenance à un ordre ou une organisation. L'auteur s'appuie sur Marc 9:38-41 pour montrer que Christ rejette l'esprit sectaire et que tout homme qui œuvre au nom de Jésus est légitime. Il met en garde contre les systèmes rigides qui étouffent les vrais ministères et encourage à reconnaître les serviteurs de Dieu à leurs fruits, non à leur affiliation.

Jean lui dit : « maître, nous avons vu un homme qui chassait des démons en ton nom ; et nous l’en avons empêché, parce qu’il ne nous suit pas. Ne l’empêchez pas, répondit Jésus, car il n’est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de moi. Qui n’est pas contre nous est pour nous. Et quiconque vous donnera un verre en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense ». (Marc 9/38-41).

Voici un passage des Saintes Écritures qui règle le problème de la légitimité d’un serviteur de Dieu. La légitimité dont je parle ici est celle de l’acceptation morale et psychologique d’un serviteur de Dieu. Point n’est besoin qu’il appartienne à un ordre (tel l’ordre d’Aaron), à une classe (Zacharie de la classe d’Abia ; Luc 1/5), à une communauté, un clan ou une église avant d’être reconnu comme tel.

Le texte-ci montre comment Christ le Seigneur réfute l’esprit sectaire qui consiste à rejeter ou à déclarer faux, un ministre de Dieu tout simplement parce qu’il n’est pas avec nous. Les disciples considéraient la chair de Jésus plus que Son œuvre. Ils pensaient béatement que le Sauveur était leur propriété et ne devait s’occuper de personne d’autre que d’eux seuls. Si le ridicule tuait ! Alors qu’ils étaient plus nombreux, ils butaient sur des démons. (Marc 9/14-29). Voici un homme tout seul, dans l’anonymat, qui chassait des démons, rendant service à des âmes en peine. Malgré la grande puissance de Dieu qui se manifestait, le Seigneur était tout seul à la tâche. La plupart des opprimés attendaient le Seigneur pour les délivrer. Les disciples trouvaient simplement du plaisir à l’écouter et à le contempler. Une position manifestement stérile. Mais cet inconnu avait un tel niveau de révélation qu’il s’est mis au travail sans attendre qu’un quelconque prélat le reconnaisse ou lui délivre une licence.

Le serviteur inconnu avait vu que cette incommensurable puissance pouvait être démultipliée. En effet, le corps physique de Christ l’empêchait d’envelopper le monde. Cet homme pouvait par la révélation aider Christ là où Il n’était pas physiquement parvenu. Le nom de Jésus était en réalité avec cet homme, ce qui était ignoré des disciples. Comment avait-il découvert cette foi pour chasser des démons et guérir des malades ? Avait-il vu les disciples chasser des démons au nom de Jésus ? Jésus ordonnait directement aux esprits mauvais de s’en aller. Il n’invoquait pas son propre nom, ni un autre nom. Ces derniers s’exécutaient parce que c’est sur « SON ÉPAULE QUE LA DOMINATION REPOSE » ; (Ésaïe 9/5). L’homme en question n’essayait pas d’imiter les disciples. Car si c’était une simple imitation, le Seigneur l’aurait désavoué et les démons ne lui auraient jamais obéi. L’exemple des sept fils de Scéva dans Actes des apôtres est édifiant à ce sujet. (Actes 19/13-16).

Ces hommes avaient imité Paul en essayant de chasser des démons par le précieux nom de Jésus. Ils en ont fait les frais, car les démons les ont violemment battus et déchiré leurs habits. Ils n’ont eu leur salut que par la fuite. Comme quoi ce n’est pas permis à tout le monde de chasser des esprits mauvais. Certes, mais il ne faut pas aussi résumer le Ministère au seul fait de chasser les démons. Ceux qui ont malheureusement restreint leur ministère à cette seule vision doivent savoir que Jésus a dit que plusieurs diront : « j’ai chassé des démons en ton nom » et Il leur répondra : « je ne vous ai jamais connu ».

On peut dire que c’est avec une foi révélée et authentique que ce serviteur inconnu opérait. Son pouvoir était bien « le doigt de Dieu ». Les disciples avaient une communion charnelle avec Christ alors que cet homme l’était déjà en esprit. Celui qui n’est donc pas contre Christ et qui apporte sa contribution à l’œuvre de Christ est légitime. On n’a pas le droit de le rejeter tout simplement parce qu’il ne nous suit pas. Il ne faut pas non plus nuire à son ministère ou l’empêcher de travailler. Christ s’est évertué dans Sa vie terrestre à montrer que les seuls liens valables dans le domaine spirituel sont ceux de l’Esprit.

Ceux qui, du temps de Christ, avaient eu la révélation de sa personne avaient brisé les barrières raciales, temporelles et spatiales. La Syro-Phénicienne avait déjà compris par la foi que Christ n’était pas venu seulement pour Israël, mais pour les païens aussi, dont elle et sa fille. Par sa foi, elle a détruit le mur racial. (Matthieu 15/21-28). Il y a également l’exemple du centenier romain qui a obtenu de Jésus la guérison de son serviteur à distance (Matthieu 8/5-13). Ces deux personnages étaient des païens qui n’acceptaient pas la conception tribale des juifs et celle clanique des disciples de Jésus. D’ailleurs Jésus a loué leur foi. Ils avaient Jésus au-delà de la vue charnelle pendant que les juifs et les disciples se collaient à la chair de Jésus. Ces personnes avaient de la légitimité aux yeux de Dieu, mais pas des juifs. Les anciens patriarches et les prophètes avaient cru en Jésus avant sa manifestation physique. Leur foi a été agréée de Dieu et ils ont obtenu la résurrection avec Christ (Matthieu 27/52-53).

La légitimité repose uniquement sur le Seigneur qui appelle et non sur un serviteur de Dieu ou une équipe qui fonctionne comme un ordre. C’est pourquoi si quelqu’un a des doutes au sujet d’un appel, un ministère ou une révélation, la meilleure manière est de s’adresser à Dieu humblement dans la prière. S’il est sincère Dieu l’éclairera. C’est le lieu de dire qu’il faut y aller sans jalousie, sans envie et sans parti pris. Certains y vont dans l’espoir que Dieu leur montre que celui qu’ils n’aiment pas ou qui dérange leur équilibre est un faux serviteur de Dieu.

Un cœur dans lequel il y a la fraude est dans une mauvaise disposition et ne peut pas obtenir de réponse de Dieu. Jésus a dit : « qu’il te soit fait selon ta foi ». C’est donc ce que tu cherches que tu trouveras. « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » telle est la question à laquelle la plupart de ceux qui ont appelé Jésus ont dû faire face. Si ton désir est que Dieu te montre qu’un tel est faux pour que tu sois soulagé, tu l’auras conformément à ton désir. Le danger est que si le Seigneur ne dit rien, le diable vous donnera ce que l’état de votre cœur mérite. Jacques fait aussi comprendre la raison du silence de Dieu : « vous demandez et vous ne recevez pas parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions (fanatismes) » (Jacques 4/3).

Celui qui priera pour que Dieu l’oriente dans sa foi avec un cœur pur, sans arrière-pensées, le fidèle Seigneur le conduira sur le chemin et il rencontrera de vrais mandatés de Dieu. La réponse divine n’est pas toujours dans les songes et les visions, même si cela n’est pas exclu. Dieu peut aussi organiser les situations ou des circonstances pour rencontrer l’un de ses vrais serviteurs ou leurs écrits. Alors le cœur humble entendra tout au fond la voix du Sauveur lui dire : « c’est moi, c’est le chemin ! ». La paix de Dieu qui surpasse tout raisonnement envahira ce cœur. Ce cœur est ainsi scellé car le Seigneur « met le sceau à ses instructions » (Job 33/16b). Dès cet instant, même si le concerné n’a pas une grande connaissance des choses spirituelles ou bibliques, aucun docteur, prophète ou qui que ce soit ne pourra enlever de son cœur ce que Dieu lui-même y a mis, en réponse à sa prière. Car « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ » ; (Philippiens 4/7). C’est la promesse faite à celui qui s’appuie sur Dieu et non un homme comme référence.

Ce n’est pas une affaire d’ethnie, de communauté, de nationalité, de race, de diplôme ni de parenté. Jésus prêchait en un certain lieu et une femme plutôt émue s’est écriée : « heureux le sein qui t’a porté ! Heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! ». Jésus ne se laissa pas flatter et répondit : « heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Luc 11/27-28). Une autre fois pendant qu’Il parlait, on vient lui dire que sa mère et ses frères le cherchaient. Il dit : « qui est ma mère et qui sont mes frères ? » « Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère ». Les réponses de Christ ont probablement choqué les charnels, mais Il devrait montrer aux hommes que seul le lien spirituel avec Dieu comptait.

Tout lien charnel est vain. L’appartenance à une communauté, à une organisation ou à la famille d’un prophète n’est pas une garantie, ni une faveur. Tant que la mère et les frères de Jésus n’avaient pas cru en Lui et fait l’expérience de la nouvelle naissance, ils n’étaient rien. De même, avoir fréquenté, mangé, voyagé avec un homme de Dieu ne fait pas de nous un absolu ou un incontournable dans les choses spirituelles. Dieu est donc libre de se révéler à qui Il veut. Des serviteurs de Dieu vont jusqu’à penser qu’il n’y a pas d’appel semblable au leur, tellement ils admirent leur personne et leur appel. Ils croient que tant qu’ils sont en fonction, Dieu ne peut pas les contourner. Quel orgueil ? Ils s’autoproclament organe consultatif du pouvoir divin et se noient sans se douter de rien.

Ils sont comme le personnage de la mythologie nommé Narcisse. En effet, ce Narcisse était tellement beau qu’il tomba sous l’envoûtement de sa propre beauté. Chaque jour, il passait la journée, couché au bord de l’eau à contempler l’image de son propre visage dans l’eau. Il fit ainsi jusqu’au jour fatal où il perdit l’équilibre, tomba dans l’eau et se noya.

Je rappelle que le mot grec employé pour idole signifie « reflet » ou « image ». Voilà plus ou moins le danger qui guette ceux qui adorent leur propre image. Et comme Sédécias, ils s’offusquent quand un autre prétend parler de la part de Dieu. Saint Paul pouvait s’écrier : « qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 cor.4/7). C’est Dieu, le donneur ou donateur universel de « tout don parfait » qui est au-dessus de nous tous. Ce Sédécias, lors d’une convention, gifla Michée et lui dit avec arrogance : « par où l’Esprit de l’Éternel est-il sorti de moi pour te parler ? » (1 rois 22/11-28). Au lieu de malmener les autres (qui croient ce que tu rejettes) et créer la confusion parmi le peuple, il faut plutôt garder le silence du cœur, prier et recommander la prière au peuple de Dieu devant la situation.

Que créa la polémique de Sédécias ? Elle eut pour conséquence que le peuple se retrouva sans berger à la fin et livré à lui-même. De même l’attitude arrogante de beaucoup d’anciens qui ont émergé disperse au contraire et ne rassemble pas le peuple de Dieu. Il y a des chrétiens spirituellement paresseux qui ont donné procuration à d’autres pour consulter Dieu à leur place. De cette façon, ils se libèrent pour courir après le monde. Toute position de leur voyant est inévitablement celle de Dieu pour eux. On oublie que ceux qu’on loue ont eu un commencement dans l’anonymat et l’adversité avant d’être là où on les place.

En toute humilité, j’ai fait le constat que les systèmes rigides et les organisations protègent en réalité des intérêts charnels (des positions, l’argent, des carrières, etc.). Ainsi ont-ils noyé beaucoup de braves ministres de l’Évangile. Ces ministres qui pouvaient être des héros au vu de leur potentiel ont préféré le nid douillet de l’organisation. En retour, ils se sont contentés de la stabilité financière et matérielle que leur procure le monstre de l’organisation. Au fond d’eux, comme ce n’est pas leur destination normale d’appelés de Dieu, ils détestent les chaînes du système. En privé ils le décrient, mais ne peuvent pas s’y attaquer.

Cet esprit abîmera complètement leur image et ils en souffriraient énormément. Alors ils restent dans ce mariage dangereux avec l’esprit de Dalila (symbole de l’organisation typique de l’alliance entre la race de Dieu et le modèle mondain) et perdent comme Samson, leur chevelure tôt ou tard. Car voilà l’esprit de l’organisation décrit par le Seigneur dans Amos 2/11-12 : « j’ai suscité parmi vos fils des prophètes, et parmi vos jeunes hommes des nazaréens. N’en est-il pas ainsi, enfants d’Israël ? dit l’Éternel… Et vous avez fait boire du vin aux nazaréens ! Et aux prophètes vous avez donné cet ordre : ne prophétisez pas ! ». C’est là le triste sort des oints, prisonniers de la religion.

En effet, un véritable appelé ne saurait s’accommoder de l’esprit de l’organisation. Elle finit par le mettre à la porte ou à le noyer. Je parle de l’esprit parce qu’on peut ne pas porter de nom et fonctionner exactement en organisation humaine. Là, on ne consulte Dieu d’aucune façon et on attend la décision du guide vénéré.

En effet, on trouve dans le royaume de Dieu, toutes sortes de ministres qui sont pris dans le bourbier des systèmes. Tous ces hommes libérés et travaillant ensemble, le monde prendrait tout simplement feu. Raison pour laquelle le peuple de Dieu doit recourir aux jeûnes et à la prière maintenant. Car sachons que le réveil repose certainement sur les animateurs que sont les ministres de Dieu. Que ce soit dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament et même dans l’histoire de l’Église, les réveils reposent sur des ministres. Pour chaque réveil, Dieu a toujours fait lever des prédicateurs. C’est pourquoi le réveil final attendu par le peuple de Dieu est précédé de la prédication sur les Ministères de la parole.

L’histoire des peuples au plan naturel et politique ne nous enseigne-t-elle pas qu’il faut des leaders visionnaires pour conduire toute révolution ? Nous y reviendrons si Dieu le permet. Je reviens à mon témoignage. J’ai connu un pasteur qui a eu une expérience authentique avec le Sauveur. Cet homme était capable de faire de n’importe quel verset de la Bible, une prédication excellente. Il avait une foi que j’admirais et un esprit de sacrifice. Il était bien meilleur que les chefs de son système auquel il est soumis. Il n’avait pas droit à la parole dans l’Assemblée-mère de sa dénomination. Mais ses pasteurs supérieurs venaient prendre la parole dans son église locale. À la fin, il s’est fondu dans le système et ne sert plus à rien.

Il y a un autre qui n’a pas l’art oratoire, mais qui est prompt à courir au chevet de n’importe quelle brebis en difficulté à n’importe quelle heure et avec tous les risques que cela comporte. Il a fini par créer son petit système autour de lui. Comme ces deux pasteurs, il y a beaucoup de talents qui sont gaspillés à construire des tours de Babel. Par contre, j’en ai rencontré qui font honte à la race des prédicateurs. Ils n’ont aucune vision et aucune connaissance du plan de Dieu et du Royaume de Dieu. En conséquence, ils n’en parlent jamais. Et leurs fidèles pensent que Dieu est limité à leur petit groupe et à leur pasteur. Ils ont réduit le ministère à la vente des miracles, des guérisons et même des prières à des fidèles. Ces derniers doivent en retour apporter de l’assistance matérielle et financière en plus de leur fidélité à sa personne. C’est un ministère de marabout. Ces étranges hommes de Dieu ont pour tout associé que leurs épouses. Soit, elles prêchent ouvertement ou elles se mettent dans la position de reines-mères (un peu comme la couronne anglaise). Ces pasteurs fréquentent assidûment les fidèles socialement aisés et ignorent les démunis. Les démunis sont juste là pour augmenter le nombre des fidèles et donner l’impression d’une grande assemblée.

Ils ont chassé le Seigneur de Sa vigne pour en recueillir les produits. Ils ne travaillent pas pour le Corps de Christ. Je me demande si ces pasteurs pensent au Corps de Christ. Leur arrive-t-il de prier pour le peuple de Dieu et le royaume de Dieu ? Ils sont tellement déconnectés des choses du royaume, qu’ils sont impliqués dans les affaires et la politique.

Les plus imprégnés de politique cherchent à se faire élire à des postes politiques. Drôles de sacrificateurs ! « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Ce n’est pas de brillants hommes politiques que nos pays manquent. S’il vous plaît, faites-vous aider et revenez avec l’onction que vous avez reçue ! Si vous avez vraiment une onction de Dieu, venez aider les croyants ou allez chercher les brebis du Seigneur, égarées dans le monde. Ne les encouragez pas à s’attacher davantage au monde. Votre attitude ou position dans la politique peut les encourager à rester dans le monde. Les présidents, les députés, les maires, les présidents de conseils généraux sont des autorités venant de Dieu pour s’occuper des affaires du monde. Nous devons prier pour qu’ils craignent Dieu et non vouloir nous-mêmes les remplacer.

En Israël, il y avait les rois qui s’occupaient de la politique et de la vie sociale. À côté, il y avait les sacrificateurs et les prophètes pour les choses de Dieu. Soit les politiques venaient pour les consulter ou Dieu envoyait les prophètes vers eux. Les vrais prophètes n’habitaient pas les palais des rois. De même qu’il y a eu des bons rois qui prenaient conseil auprès des prophètes, il y a eu aussi des mauvais politiques que Dieu a punis. C’est l’affaire de Dieu.

Le grand tort fait au peuple de Dieu est de lui faire croire que tel ou tel homme de Dieu est le seul et le dernier. En conséquence, il ne doit ni lire ni écouter un autre serviteur de Dieu. C’est le cas des groupes du Message et de toute la chrétienté. Certains ne lisent que William Branham. D’autres, Ewald Franck. Point final. Je m’inscris en faux contre cette conception non biblique. La Bible dit de Jésus qu’il est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apoc 22/13). C’est donc Lui qui a ouvert dans l’Ancien Testament, le sacerdoce avec Melchisédech et l’a terminé en Christ sur la croix dans le Nouveau Testament (genèse 14/17-20 ; hebreux5/5-10 ; 7/1-28). C’est encore et toujours Lui qui a commencé les ministères (en trois ans il a exercé les cinq ministères) et c’est lui qui ferme la marche par sa venue physique. Il est la pierre angulaire sur qui tout repose et la pierre de faîte qui vient pour couronner le tout.

En conclusion, tant que l’Église n’est pas enlevée, Christ enverra toujours des gens pour travailler. J’ajoute que nous sommes à la fin des temps. Cette période est la moisson. (Matt.13/39 ; Jean 4/35). Et Jésus a dit dans Matthieu 9/37 : « la moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson ». Il faut savoir qu’il y a deux moissons : la moisson de la vigne de Dieu et celle de la terre. La dernière est un jugement physique des nations ; c’est une vendange de feu (Apocalypse14/15-19). La vendange qui est la récolte du raisin a lieu en automne. Or l’automne au plan spirituel symbolise le jugement. Il faut aussi savoir qu’il y a un jugement dans l’Église.

C’est un jugement pour la génération de serviteurs qui ont permis à l’adversaire d’entrer dans l’Église. (2 Thes 2). Ils auront honte. C’est aussi le jugement du péché dans l’Église avant son nouveau rayonnement. Pour éviter l’humiliation et le rejet humilions-nous volontairement et Dieu ne le fera pas avec violence. Car « si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions jugés » (1cor.11/31).

La moisson du champ de Dieu a besoin de serviteurs. Jésus qui envoie les serviteurs trouve qu’il n’y en a pas assez. Comment alors on peut se contenter d’un seul ou de deux et réduire à eux seuls l’œuvre de Dieu ? Nous devons aussi savoir qu’il y a des ministères qui peuvent s’être compromis. Aussi le Seigneur peut-il susciter à l’insu, un autre pour conduire son troupeau. C’est le cas de Saül et David. Le premier a eu une onction publique et plus solennelle que celle du second. En effet, c’est dans la clandestinité que David a reçu l’onction pour son appel par crainte de représailles. Il a débuté son ministère dans la clandestinité (2 Samuel).

Malgré cette réalité hostile, David avait plus de légitimité que Saül. Désormais, Saül tenait sa légitimité des hommes : ses parents et amis d’un côté et ceux qui le redoutaient, de l’autre. Ses hommes ignoraient que Dieu avait suscité David, c’est pourquoi ils craignaient Saül. Ceux qui étaient informés ont rejoint David dans le maquis. Il y a Éli le sacrificateur et Samuel. Le second vint comme un jugement moral pour le premier.

En effet, ce jugement moral est un avertissement. Et si on n’y prend garde, notre chair est jugée ensuite. Je voudrais faire savoir que l’âge ou la vieillesse ne peuvent pas pousser Dieu à remplacer un serviteur. Ce phénomène naturel n’altère jamais l’onction. Cependant, il existe une sorte de malédiction spirituelle : c’est la vieillesse spirituelle. Elle entraîne la perte de la vue (vision de l’œuvre) et de l’oreille (entendement spirituel) spirituelles. Le concerné ne voit plus dans le spirituel et ne comprend plus les mouvements de l’Esprit de Dieu. Il reste indifférent. Il n’a plus le même zèle qu’au départ. Il est désormais occupé à entretenir sa notoriété, sa place comme Saül qui se battait pour lui-même contre David.

Il est clair qu’un serviteur qui a veillé comme Paul le dit n’a rien à craindre : « je traite durement mon corps (ma chair) et je le tiens assujetti afin de ne pas être moi-même rejeté après avoir annoncé l’évangile aux autres » (1cor.9/27). Ils quittent toujours la scène dans la gloire. Certes Samuel était vieux, mais l’Éternel n’en avait pas fini avec lui.

Samuel est mort comme un prophète bien éclairé. Même au-delà de la tombe, il a prophétisé à En-Dor quand Saül est allé chez une sorcière (1samuel28/7-25). Élisée dans son agonie donna des prophéties au roi d’Israël (2rois13/14-21). Elles se sont d’ailleurs accomplies tout comme la prophétie posthume de Samuel s’est accomplie sur Saül. Même dans la tombe, les os d’Élisée ont ressuscité un mort. Tel est l’heureux sort de celui qui reste fidèle et se surveille. Même une maladie ne peut déranger leurs facultés surnaturelles. Je parlerai du vieux prophète aveugle Achija de Silo. Il a reçu la femme de Jéroboam et lui a annoncé tout ce qui concernait sa maison (1 rois 14). Mais ceux qui ont mordu aux convoitises de la chair tomberont. Car dans le succès se trouvent de nombreux pièges. La position d’élévation attire naturellement beaucoup de gens vers vous.

Notre Seigneur a dit : « lorsque je serai élevé, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean 12/37). C’est vrai ! Car Il a attiré toutes sortes de personnes. Ils apporteront avec eux ce qu’ils ont et les partageront avec vous. Les richesses matérielles, leur convoitise, leurs idées, le désir d’être élevé avec vous, parce qu’ils auraient voulu être vous ; leur ruse, leur haine et donc les calomnies et les faux rapports pour se faire aimer de vous. N’oublions pas ce que dit le livre des Proverbes : « les paroles du rapporteur sont comme des friandises, elles descendent jusqu’au fond des entrailles » (prov.18/8). Ils vous détruiront sans le vouloir. D’autres parmi eux sont carrément des émissaires du diable. Attention !

Un serviteur dont les capacités spirituelles diminuent ou disparaissent a probablement un problème avec Dieu. Dans ce cas, soit, il se repent, soit il reste dangereux pour ceux qui l’écoutent. Un jeune prophète a été victime d’un vieux prophète éteint. Il a cru à la fausse vision donnée par le vieux prophète jaloux (1 rois 13/11-32). Toutefois l’onction demeure. Si celui qui est tombé se repent et s’humilie, Dieu le relèvera certainement « car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (rom 11/29). Il est aussi écrit : « mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir » (rom 14/4). Malgré cette promesse de relever celui qui tombe, il peut arriver que celui qui est tombé ne s’aperçoive pas qu’il est tombé.

Ceux qui tombent trouvent souvent de nouvelles occupations. Bâtir des affaires et entretenir la confusion babylonienne dans le Corps de Christ. En tout état de cause, une onction reste attachée à une personne. Mais celle-ci peut être rejetée de Dieu. C’est pourquoi je recommande souvent aux frères et aux sœurs d’être prudents dans leur propos, vis-à-vis de quelqu’un qui a fait l’objet d’onction. Mon rôle n’est pas de leur enseigner la désinvolture, mais de les préserver d’inutiles malédictions. Il appartient au Seigneur de s’occuper des mauvais serviteurs. Ce qui est plus important est de s’occuper de soi-même pour être meilleur que de passer le temps à démontrer que les autres sont faux. Je pourrais montrer les erreurs de toutes les tendances, mais cela ne me qualifie pas automatiquement pour l’enlèvement.

Seule la qualité de vie que j’aurai produite, à partir de la grâce reçue, me garantira l’enlèvement attendu. Pour étayer mes propos, voyons le cas de Saül et David. David avait compris qu’on ne devrait jamais toucher à un oint. Il savait également que Dieu avait rejeté Saül. Par deux fois David a eu l’occasion de tuer et de se débarrasser de Saül. Il ne l’a pas fait. Quand cette tentation est venue, son cœur s’est mis à battre et il perdit cette paix intérieure qui est le sceau de Dieu. Il dit : « que l’Éternel me garde de commettre contre mon seigneur, l’oint de l’Éternel, une action telle que de porter la main sur lui ! Car il est l’oint de l’Éternel » (1samuel 24/6-7).

Il se limitait à montrer à Saül qu’il avait tort de le poursuivre. Il lui disait son erreur. Cela est permis. Paul n’a pas hésité à faire des reproches à Pierre (galates 2/11-14). On peut quitter un ministre parce qu’on n’est pas d’accord avec lui, mais le calomnier équivaut à le tuer. « Venez, tuons-le avec la langue » (Jérémie 18/18). De même Jacques ajoute :

la langue aussi est un feu ; c’est le monde de l’iniquité, la langue est placée parmi nos membres souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne (Jacques 3/6).

Au sujet des calomnies et des médisances, voici une histoire que j’ai eue de l’un de mes professeurs. Il s’agit d’un fidèle catholique dans un village. Tous les jours, quand il venait au confessionnal, le péché qu’il avouait était la calomnie. Le prêtre outré lui dit : « voici ce que tu vas faire pour ta pénitence. Va et achète un poulet blanc. Traverse le village d’un bout à l’autre en le plumant. Puis après reviens sur tes pas et ramasse toutes les plumes et les duvets et apporte-les-moi. » Il alla et fit ce qu’avait dit le prêtre. Mais il fut incapable de récupérer tous ces duvets et plumes du poulet, car le vent en avait emporté la majeure partie. Malheureux, il revint voir le berger et lui fit part de son échec à récupérer les plumes.

Ce dernier lui fit comprendre que c’est là l’image des calomnies. Une fois que tu les répands, tu ne peux plus les reprendre et le mal est fait. Alors, abandonne ! C’est la fidélité de David qui le poussa à tuer celui qui était venu lui annoncer avoir aidé Saül à mourir. Ce jeune homme sans le savoir avait porté la main sur un oint. Même la femme et les enfants naturels d’un oint ne sont pas épargnés en péchant contre lui. Michal, fille de Saül fut frappée de stérilité pour avoir méprisé son mari, lors d’un service divin (2samuel 6/20-23). Absalom, le fils de David est mort pour s’être rebellé contre son père (2samuel 18/9-18). Même la qualité d’oint de David ne l’aurait pas sauvé de la malédiction s’il avait tué Saül un oint comme lui.

Il est inutile de craindre quand on est sincère avec le Seigneur. Le faux serviteur ne se trouve pas forcément dans des révélations qu’on ne comprend pas. Jésus a dit d’observer les fruits qu’il manifeste.

Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons. C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre mauvais donne des fruits détestables. Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez (Matthieu 7/15-20).

On ne les reconnaîtra pas seulement dans les miracles, les guérisons divines ou les grands enseignements. Mais aussi dans la marche de la foi. En effet, en dépit de la faiblesse de la chair, un esprit ne peut se cacher indéfiniment ; il finira par se dévoiler un jour. Paul a dit à Timothée : « les péchés de certains hommes sont manifestes, même avant qu’on les juge, tandis que chez d’autres, ils ne se découvrent que dans la suite. De même les bonnes œuvres sont manifestes, et celles qui ne le sont pas ne peuvent rester cachées » (1 Timothée 1/24-245). Le temps manifeste toujours chaque esprit.

De même que le Saint-Esprit ne peut changer, les démons ne peuvent changer. Ils peuvent se déguiser, mais ne peuvent pas changer leur nature. Personnellement je propose deux grands axes pour juger. La première piste est l’humilité vraie, qui caractérise le véritable serviteur de Dieu. Il présente plus Jésus-Christ aux gens et les aide à être indépendants spirituellement. La seconde piste est l’orgueil qui caractérise le faux. Il fait plus sa promotion et celle de son ministère ou de ses dons, au lieu de se contenter juste d’exercer. Il ne propose pas grand-chose si ce n’est la recherche de signes surnaturels pour se faire valoir. Il veut tellement régner qu’il s’arrange pour que les chrétiens soient toujours dépendants de lui.

Il parle beaucoup de sa personne dans le but de se faire craindre ou admirer. Pour finir, un seul homme ne peut pas, ni même dix hommes ne sont pas en nombre suffisant pour couvrir le monde par la puissance de Dieu. La puissance est comme l’huile de la veuve. Elle ne s’arrêtera que lorsqu’il n’y aura plus de vases à remplir (2rois 4/1-7). Les 5 ministères de la parole sont ces vases-là. Car « Nous portons ce trésor (onction) dans des vases de terre (corps), afin que cette grande puissance soit attribuée à DIEU, et non pas à nous » (1corinthiens 4/7).

Celui qui a la révélation de Christ et un appel peut exercer en toute tranquillité son ministère, et l’Église doit l’y encourager après l’avoir éprouvé et non lui faire la guerre. Car quand un s’ajoute, c’est la puissance de Dieu qui augmente parce que mise en œuvre par un nouvel utilisateur. Et c’est le diable qui perd du terrain parce que le nouveau venu va occuper une nouvelle portion de terrain. Que le Seigneur soit loué !

Frère IRIE ANDERSON

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I

Irié Anderson

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