20.07.1952
Histoire de ma vie
William Branham 20 juillet 1952 · Hammond (Indiana) · 45 min de lecture · 5 références 20 juil. 1952 · Hammond (Indiana) · 45 min · 5 références
William Branham raconte son enfance pauvre dans le Kentucky, sa conversion, son mariage avec Hope, la maladie et la mort de celle-ci, et comment il a appris à obéir à Dieu malgré les oppositions.
Résumé de la prédication « Life Story » (texte original en anglais).
1. Bonjour. Billy souhaiterait rencontrer maintenant le frère Jackson d’Afrique du Sud. Beaucoup d’entre nous pourraient raconter leur vie, avec leurs exploits et leurs déceptions. Dieu a donné une vie à chacun. La meilleure des vies, c’est celle qui a trouvé le chemin prévu par Dieu pour nous, avec ses hauts et ses bas. Je pense à tous ceux qui ont cru en Christ au cours de l’histoire, aux prophètes qui ont écrit sur lui, aux patriarches.
2. Je ne suis pas politicien, mais je pense à la foi de George Washington, d’Abraham Lincoln, mon Président préféré. Jusqu’à 21 ans, ses seuls livres ont été la Bible et le “Livre des martyrs” de Fox. Dites-moi ce que vous lisez, et je vous dirai qui vous êtes. Que la Bible soit à portée de vos enfants. C’est ce qui m’a manqué dans ma jeunesse.
3. Le Docteur Dewitt (1832-1902) avait l’église contre lui, et ils allaient voter son éviction. Il prêchait une dernière fois sur Jésus-Christ, quand son cœur a lâché. Un médecin dans la salle lui a dit qu’il n’en avait plus que pour quelques minutes. Deux diacres l’ont soutenu, il s’est relevé et a levé les mains : “Je veux être debout !”
4. “Si j’ai un mot à dire, c’est ceci : Gloire à la puissance du Nom de Jésus, et que les anges se prosternent …” Il a trébuché, a embrassé la croix qui était derrière lui, et il est parti à la rencontre du Seigneur. Je pense à Paul Rader (1878-1938) qui a bouleversé Chicago, qui a été persécuté par ses proches, et qui a eu un cancer à cause de cela. Il était sur son lit de mort, et les rideaux avaient été baissés. Il est revenu un instant à lui : “Qui est mourant, vous ou moi ?” Il a demandé qu’on chante un cantique joyeux, et a fait venir son frère Luke : “Dans cinq minutes, je serai dans la Présence de Jésus-Christ, enveloppé de sa justice !” Et il est mort. [Chant] …
5. Lincoln est mort parce qu’il a pris position pour les hommes et pour Dieu. Avant de mourir, il a demandé qu’on tourne sa tête vers le soleil couchant et il a répété la prière modèle. Eddie Perronett a été persécuté, mais a écrit sous inspiration : “Grâce étonnante …” ! On a demandé à Fanny Crosby [1820-1915, compositrice baptiste], aveugle toute sa vie, ce qu’elle pensait de Jésus : “Il est plus que la vie pour moi. Je n’ai que lui sur terre” … [Chant] …
6. Si nous sommes des chrétiens nés de nouveau, restons debout, quelles que soient les circonstances, et regardons devant nous, vers la venue du Seigneur : le mortel revêtira alors l’immortalité ! A Pensacola, Floride, 2 000 pécheurs sont venus à l’autel ; ce fut l’un de mes plus importants appels en Amérique. A Durban, ils étaient 30 000. Lisons Hébreux 13:10 à 14
(10) Nous avons un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n’ont pas le pouvoir de manger. (11) Les corps des animaux, dont le sang est porté dans le sanctuaire par le souverain sacrificateur pour le péché, sont brûlés hors du camp. (12) C’est pour cela que Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. (13) Sortons donc pour aller à lui, hors du camp, en portant son opprobre. (14) Car nous n’avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir.
7. Combien viennent de loin ? … Nous sommes des pèlerins cherchant la Cité à venir ! Aucune maison ne vous conviendra avant cela. Faisons un voyage aujourd’hui. Nous aimerions tous revenir à notre enfance, malgré les chagrins que cela entraînerait.
8. J’aimerais me blottir à nouveau, comme je le faisais après un chagrin, dans le tablier de ma mère assise sous l’arbre dans la cour, près du baquet. J’aimerais revoir mon père revenir des champs, ou faire marcher le poêle par un matin froid et chanter ! [Chant]. J’aimerais le revoir retrousser ses manches dehors. Mais tous les deux sont partis. Nous n’avons pas de maison permanente ici. Si nous revenions dans l’ancienne maison, elle ne serait déjà plus la même.
9. Je suis revenu il y a peu là où était notre maison. Elle n’est plus la même, et il y a un projet immobilier. C’était une maison en rondins, avec un sol en terre battue, avec 3 ou 4 Branham dehors. Un rondin scié était au milieu de la pièce, et le poêle était posé sur une pierre dessus. La table et un banc étaient faits avec des planches d’une vieille grange.
10. Maman avait un fourneau bas. Avez-vous déjà nettoyé une lampe à huile ? … dormi sur un matelas de paille ? On a l’impression que les sauterelles sont encore dedans ! Elle faisait bouillir le linge dans la cour avec de la lessive, puis l’accrochait sur un fil contre le mur. Les dix commandements étaient écrits sur du noyer au-dessus de la porte. En cas de manquement je me faisais tanner le cuir ! Mais j’aime mon père aujourd’hui, il ne m’a pas châtié pour la moitié de ce que je méritais.
11. Je pensais que cette cabane de rondins, les fentes colmatées avec de la terre, tiendrait toujours, mais nous n’avons pas de demeure permanente ici. Nous nous vautrions comme de petits opossums dans l’espace de terre battue devant la porte. J’aimerais revivre ces moments.
12. Il y avait une source où j’aimais aller boire. J’allais y remplir une cruche que j’apportais à mon père dans les champs. Il travaillait si dur que j’ai vu maman tailler sa chemise collée sur son dos brûlé par le soleil. Il était payé 75 cents par jour. Il buvait, mais peu importe, il était mon père, et je dis aux jeunes de ne jamais appeler leurs parents : “mon vieux, ma vieille” ! Respectez-les. Vous découvriez combien vous les aimez quand le cercueil les emportera.
13. Ils ont souvent raison, alors que vous croyez qu’ils ont tort. “Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne … c’est le premier commandement avec une promesse.” [Exode 20:12, Éphésiens 6:2]. Mon père est mort dans mes bras, et je me souviens quand il était allongé dans le cercueil. Il avait perdu un doigt dans un broyeur. Peu importe ce que les autres pensaient de lui, il était mon père. Je l’aime encore aujourd’hui. J’ai eu le privilège de le conduire au Christ. Ma mère vit encore.
14. Nous allions chaque samedi à l’épicerie acheter les vivres pour la semaine. J’avais 12 ou 14 ans, et mon père me donnait 10 cents : “Ne dépense pas tout au même endroit.” Aujourd’hui mon fils me demande 5 dollars ! Les temps ont changé !
15. J’achetais un sachet de haricots rouges pour un penny, puis une glace pour un penny. Papa attelait une vieille mule à la carriole. Nous mettions de la paille l’hiver. Les parents étaient assis devant. Mon père gagnait 3 dollars ½ par semaine, et il fallait nourrir toute cette marmaille, non avec du poulet rôti, mais avec une nourriture qui calait l’estomac, des pommes de terre, etc.
16. Après avoir payé l’épicerie, papa achetait des sucres d’orge à la menthe qu’il fallait casser et partager équitablement entre cinq Branham. Je ne mangeais qu’une partie de ma part. Je ressortais la portion restante le lundi, et, quand on me demandait d’aller chercher l’eau pour remplir le baquet, je demandais à mon frère de faire le travail : en échange je lui permettais de lécher le morceau le temps que je compte jusqu’à dix. Le lundi était un bon jour !
17. Je ne trouverai jamais de confiserie aussi bonne ! Le dimanche, nous avions un ragoût mélangé avec du bœuf et tous les restes, des navets, des carottes, etc. : nous étions irlandais ! Ce ragoût devait durer trois jours.
18. Je me souviens du temps où j’allais à l’école avec mon premier frère, aujourd’hui dans la gloire. Nous étions les plus pauvres des écoliers. J’étais le seul venant du Kentucky, et, en tant que mangeur de maïs, j’ai été sous pression de toutes les manières ! Je n’étais pas à l’aise pour parler, et ils se moquaient de ma façon de parler. C’était dur.
19. Papa était un vrai homme, et payait toutes ses dettes, mais il buvait l’argent restant. C’est pourquoi je suis si opposé à la boisson. Elle ruine un foyer. J’ai toujours eu envie d’être aimé, mais ce n’était pas le cas. A cause de la boisson, nous allions à l’école à moitié habillés. La boisson est une malédiction de ce pays. Vous dites que boire un peu de bière ne vous fera pas de mal. Naissez de nouveau d’abord, et buvez ensuite ce que vous voulez.
20. A l’école tous se moquaient de moi à cause de mes vêtements et de mes cheveux longs. J’ai lu qu’Abraham Lincoln avait été scandalisé en voyant un Noir vendu aux enchères, et il a dit : “Je m’attaquerai à cela, fut-ce au prix de ma vie.” Il l’a fait et a donné sa vie. J’ai promis la même chose à propos de la boisson.
21. Quiconque a vraiment contacté Jésus en a fini avec la boisson. On m’a demandé si c’était mal de boire et de fumer. J’ai retrouvé une note que j’avais écrite il y a 20 ans dans une vieille Bible : “Cessez de poser des questions stupides. Si vous aimez le Seigneur de tout votre cœur, vous ne boirez pas, ne fumerez pas.” Voyez ce que cela a donné en Amérique !
22. Il y a certes eu la prohibition et la guerre des gangs. Je ne suis pas politicien. Mon travail est de prêcher l’Evangile. Mais en introduisant le whisky, on a introduit la prostitution et les jeux. Le buveur de whisky a peut-être changé d’aspect. Mais même si on lave un porc, il ira toujours vers la boue.
23. Ce qu’il faut, c’est que l’homme change de nature, qu’il devienne une nouvelle créature en Christ. Je suis allé un an à l’école sans chemise. Mrs. Watham, une riche catholique, une chrétienne aujourd’hui dans la gloire, m’avait donné une grande veste que je portais. Mes orteils passaient au travers d’une vieille paire de tennis, et la neige est venue.
24. Au printemps, il a fait un jour très chaud, je suis allé à l’école, et mon visage transpirait. Ma veste était boutonnée jusqu’en haut. Si Mrs. Temple est ici présente, qu’elle sache que je l’ai toujours aimée. “William, pourquoi portes-tu cette veste ?”. Elle ne devait pas sentir très bon après tout un hiver. “J’ai un peu froid.” Je n’avais pas de chemise ! “Tu dois avoir le fièvre, va près du poêle.” … “Tu peux enlever ta veste maintenant.” – “J’ai encore froid.” - “Il vaut mieux que tu rentres chez toi.”
25. J’avais une chaussure de ma mère à un pied, et une chaussure de mon père à l’autre, à cause de Satan et du péché. Nous ne pouvions pas manger avec les autres enfants. Ils avaient des sandwiches et des gâteaux, mais mon frère et moi ne pouvions nous offrir cela. Nous avions des haricots, du pain de maïs et deux cuillères, et nous avions honte de manger cela devant les autres.
26. Nous allions manger tous les deux près de la rivière. L’arbre de Noël de l’école était orné de guirlandes de papier. A la maison, maman allait chercher un petit arbre, et l’ornait avec des popcorns qu’elle enfilait. Nous accrochions nos chaussettes, et le matin nous trouvions une orange ou des bonbons. Nous faisions sécher les peaux d’orange, j’en gardais en poche, et je les mangeais les jours suivants. Nous étions heureux.
27. Un jour, mon frère a porté à l’école la boîte que maman avait remplie de popcorn, et l’a déposée dans le vestiaire. Avant l’heure du repas, j’ai demandé à la maîtresse la permission de sortir. Je suis allé au vestiaire, j’ai ouvert la boîte et j’ai mangé une pleine poignée de popcorn. Quand nous sommes sortis à l’heure du repas, il manquait un tiers de la boîte. Mon frère a dit : “Il est arrivé quelque chose à ce popcorn !” – “C’est bien vrai.”
28. Il n’y a pas longtemps, en revenant d’une réunion à Houston, j’étais fatigué après avoir passé 8 jours et nuits sur l’estrade. J’avais tenu la ligne de prière jusqu’à ce que je perde connaissance et qu’on me porte à la voiture. Je m’appuyais sur le pupitre, dormait un instant et reprenais la ligne de prière. On m’apportait à manger sur l’estrade. Cela a duré des heures et des heures. Même une fois ramené à l’hôtel, je ne pouvais pas m’endormir.
29. Au retour, je conduisais ma vieille Ford. C’était il y a environ 5 ans. J’avais essayé de rester éveillé pour continuer à prier. Ces gens m’aimaient et je les aimais, et je les servais de tout mon cœur. Je me suis arrêté dans un champ. Quand je me suis réveillé, mes mains étaient à l’extérieur, et j’étais en train de dire : “Croyez seulement.” Et quand je suis arrivé à la maison, il y avait là 150 à 200 personnes !
30. Le jour n’était pas loin quand ma femme m’a mis au lit. Mais je me réveillais, je prenais l’oreiller et je me mettais à prier : “Qui est le suivant ? Croyez seulement !” Ma femme pleurait. Aujourd’hui, à 32 ans, ses cheveux deviennent gris. Les mérites lui reviennent à elle, non à moi. Je venais de m’endormir quand j’ai entendu un bruit. Une Chevrolet venait d’arriver. Il était 3 ou 4 heures du matin. Ils venaient avec un bébé qui pleurait, et le médecin ne savait pas d’où cela venait. Ma femme leur a demandé d’attendre mon réveil, mais je ne pouvais plus dormir. Croyez-vous que j’aurais pu dormir, sachant qu’une prière pouvait faire du bien à cet enfant ?
31. Je me suis levé en titubant. L’enfant a été placé sur une table dans une autre pièce, et nous nous sommes agenouillés autour de la table. L’enfant a cessé de pleurer, et ils sont partis une heure plus tard, avec l’enfant qui riait. Avant que la foule ne vienne, ma femme m’a conduit à Green’s Mill où j’avais eu ma vision, puis à l’emplacement où avait été l’école. J’ai retrouvé le puits et j’ai bu, tandis que Rebekah, âgée d’un an, cueillait des violettes. J’ai pensé à David soupirant après l’eau d’un puits !
32. Je me suis accoudé sur la vieille barrière. J’ai regardé les prés où j’avais joué. Je me suis souvenu des enfants faisant de la luge après une grosse chute de neige au début de 1917. Mon frère et moi n’avions pas de luge. Nous avions trouvé dans une décharge une vieille poêle, et nous glissions, assis l’un derrière l’autre. Nous glissions aussi bien que les autres !
33. Mais le fond de la poêle est parti. Nous avons alors utilisé un tronc dont j’avais taillé l’avant à la hache. C’était la Première Guerre, et tout le monde portait un uniforme. L’un de mes camarades, Lloyd Ford, avait un costume d’éclaireur. Comme j’en avais envie ! Il le mettait à l’école. Je lui ai demandé de me le donner quand il ne le porterait plus, et il a été d’accord. Mais quand il ne l’a plus porté et que je l’ai interrogé, il ne restait qu’une jambe du pantalon, et il me l’a donnée.
34. Un jour, j’ai prétendu que je m’étais fait mal à une jambe, et j’ai enfilé cette jambière en disant qu’elle faisait partie de mon uniforme d’éclaireur. Quand j’ai dû aller au tableau noir, j’y suis allé en me plaçant de telle sorte que la jambe sans la jambière était du côté du tableau. Je voulais faire croire que j’avais les deux jambières. Mais tous se sont mis à rire de moi. Je me suis mis à pleurer et on m’a renvoyé à la maison. J’aurais voulu être soldat. A 17 ans, j’ai signé pour aller dans la Marine, mais ma mère m’a fait renoncer. Quand la guerre est venue, ils n’ont pas voulu de moi.
35. Finalement, je me suis engagé dans l’Armée de Jésus-Christ, comme soldat de la Croix, et mon uniforme est celui du Ciel, pour me joindre à vous. Appuyé sur la barrière, je pensais à ces choses. J’ai repensé à mon frère, aux popcorns que je lui avais pris, au lever du drapeau, au maître nous alignant avant d’entrer en classe. Je me suis souvenu de Ralph Field, de Howard Higgins qui ne sont plus.
36. Mon frère Howard est mort en disant : “Dites à mon frère que je l’aime et que je le rencontrerai au Ciel.” Je me suis souvenu du ranger venu à cheval m’annoncer sa mort, et j’ai pensé aux popcorns. Ne faites jamais rien de mal, même si petit que ce soit, sinon cela retombera sur vous.
37. J’ai commencé à pleurer : “Mon Dieu, je donnerais tout pour pouvoir lui rendre les popcorns que je lui ai volés !” Sur l’emplacement de notre maison, un projet immobilier était en vue. Le ruisseau avait disparu. Autrefois, un miroir était fixé sur un tronc, et une bassine était posée sur un banc. Mon père était un bûcheron de 72 kg et de 1,70 mètre, tout en muscles. Quand il retroussait ses manches pour se laver, je voyais ses muscles rouler, et je croyais qu’il vivrait cent ans. Mais il est mort à 52 ans. Nous n’avons pas de Cité permanente ici-bas.
38. De belles maisons que j’avais connues ont disparu. Beaucoup de garçons ont disparu. Je pense à mon ami Rollin Halloway, un petit rouquin mort en prison pour meurtre, à Wilmer, impliqué dans un combat au couteau, à Willis mort de maladie.
39. Je les revois tous. J’ai crié pour que les anges viennent me prendre. Ce monde n’est pas ma maison. Je sortais de 7 jours épuisants. Ma femme m’a entouré de son bras : “Viens te reposer, ne pleure pas.” – “Je viens de me souvenir de ma petite Sharon qui était tombée malade dans cette même maison.”
40. C’est une vraie épouse. Elle a mis notre petite sur mes épaules, et nous sommes repartis en voiture. Vous ne savez pas ce qu’il y a derrière les apparences d’un lit de fleurs, le nombre de fois où mon cœur a été brisé. Ne croyez pas que Satan me laisse tranquille. Je pourrais raconter pendant une semaine les moments où Dieu m’a épargné quand j’étais aux portes de la mort, le nombre de pièges que Satan m’a tendus et qu’il tend encore. Mais il ne peut pas me prendre tant que Dieu n’en a pas fini avec moi. Quand j’aurai prononcé ma dernière prédication, ma dernière prière, je veux qu’il m’emporte alors.
41. Un jour, vers l’âge de 7 ans, après l’école, un ange m’a dit de ne jamais ni boire, ni fumer, ni souiller mon corps. Je ne dis pas cela aux sœurs présentes, mais je détestais les femmes. J’ai vu ce que faisaient de jeunes femmes avec les maris d’autres femmes dans les endroits que fréquentait mon père. Je n’avais du respect que pour ma mère, une vraie dame. Je l’ai vu pleurer avec les enfants dans les bras, sur le seuil, devant la porte fermée.
42. Mon père était un vrai homme quand il était sobre. Quand j’avais 17 ou 18 ans, je changeais de trottoir si je voyais une fille arriver. J’envisageais, une fois mes frères hors d’affaire, de prendre ma mère avec moi, et de devenir trappeur au Colorado ou au Canada, avec un tas de chiens et un fusil.
43. Mon grand-père maternel était chasseur. C’est aussi ce que je voulais être, et aucune femme n’y aurait part. C’est curieux comme on peut changer d’avis ! Une mignonne fille aux yeux de colombe et au cou de cygne m’a regardé : “Comment vas-tu Billy ?” Cela a suffi ! Un ami m’a dit que je lui plaisais. J’allais céder.
44. Mon ami a proposé de faire un tour dans la Ford de son père, avec sa petite amie et la mienne. Nous avons réuni assez d’argent pour acheter l’essence, et pour leur acheter une boisson ou des glaces. Nous avons démarré avec la manivelle, et nous sommes allés chercher les filles. J’étais assis à l’arrière, je la regardais et je me disais qu’elles n’étaient peut-être pas toutes pareilles. “Il fait beau ce soir.” – “Oui madame.”
45. Nous nous sommes arrêtés à un drive-in. Jimmy Pool et moi sommes sortis acheter des sandwiches et des sodas. Nous avons mangé. Je suis allé rapporter les bouteilles, mais à mon retour j’ai eu la surprise de voir ma reine en train de fumer ! Je n’ai jamais changé d’avis sur les femmes qui fument. C’est aussi grave que de boire.
46. Je vois que j’énerve certains. Mais ce que je dis vous fera du bien. Chaque samedi soir, maman nous faisait boire de l’huile de castor obtenue en faisant bouillir des peaux “Je t’en prie, maman, cela me soulève le cœur !” – “Si cela ne te déplaisait pas, c’est que ce serait inefficace.” Ma petite amie a perdu mon estime à cet instant-là ! Jim et sa petite amie fumaient eux aussi ! Elle m’a demandé si je voulais une cigarette. “Non, je ne fume pas.” – “Tu ne danses pas non plus. Qu’est-ce que tu aimes ?” – “Pêcher et chasser.” – “Tu es une chochotte.”
47. Mon père m’avait appelé ainsi parce que je n’avais pas voulu boire du whisky. Je lui ai alors demandé une cigarette. Elle me l’a donnée avec ce qu’il fallait pour l’allumer. Ma main tremblait quand je l’ai portée à la bouche. J’ai alors entendu quelque chose : “whoosh”. J’ai arrêté mon geste. “Billy, qu’est-ce qui ne va pas ?” J’ai encore essayé … “Whoosh”. J’ai jeté la cigarette et je me suis mis à pleurer. “Tu es vraiment une chochotte.”
48. J’ai quitté la voiture en pleurant et j’ai marché sur la route, tandis que Jim me disait de remonter, et elle, elle disait : “Billy, je croyais que tu étais un homme, mais tu es une grande chochotte.” J’ai continué de marcher, et j’ai coupé à travers champs. Je me suis arrêté : j’aurais voulu mourir là : “Personne ne veut de moi. Les autres ont du bon temps, ils dansent, et les filles fument, et moi je suis esclave. A quoi bon vivre ?” J’ai pleuré presque jusqu’au matin.
49. Vous vous demandez comment j’ai pu me marier en étant aussi timide ? J’ai finalement rencontré la mère de mes enfants, un ange. Je l’aime encore. Elle allait à l’église baptiste, j’avais 21 ans, et je sortais avec elle. Je travaillais dans les services publics de l’Indiana, et j’avais pu acheter une vieille voiture.
50. Son père, Charlie Brumbach, était président de la Fraternité des Gens du rail de Pennsylvanie. Il est parti récemment pour la gloire. Il gagnait 500 dollars par mois, alors que je gagnais 20 cents de l’heure à creuser des fossés. J’ai vu que c’était une vraie dame. Je l’aimais trop pour qu’elle perde son temps avec un homme comme moi.
51. J’étais pauvre, je n’avais plus de père, et je devais prendre soin de 9 enfants. Il fallait que je me décide : lui demander de m’épouser ou la laisser trouver un bon mari qui la rendrait heureuse. J’avais alors trouvé Christ comme mon Sauveur, et je suivais des études pastorales chez les baptistes. J’ai été nommé ancien local, puis j’ai obtenu ma licence de pasteur. Je me suis demandé si je pourrais la faire vivre ainsi.
52. Je me suis décidé, mais comment lui demander de m’épouser ? Je n’arrivais pas à lui poser la question. J’ai envisagé de faire appel à une autre personne pour faire la demande. Finalement, je lui ai écrit une lettre et je l’ai postée un lundi matin. Je devais la voir le mercredi.
53. Le mercredi soir, je suis allé la chercher. Ils habitaient une jolie maison. Je me suis arrêté devant la porte, mais il n’était pas question d’utiliser l’avertisseur pour la faire sortir. Il fallait que je lui parle dehors, puis que je parle aux parents. Je me suis dirigé vers la porte. Son père était un homme remarquable, et sa mère une brave femme, mais elle ne prêtait pas trop attention à moi à l’époque, et me considérait comme un peu étroit d’esprit.
54. Mais que se passerait-il si sa mère avait eu la lettre en main ? J’ai frappé à la porte. Hope a ouvert : “Bonjour Billy, veux-tu entrer ?” – “Non, il fait bon, je reste à la porte.” – “Entre, papa et maman veulent te voir.” J’ai pensé que c’était fichu. “Va à la cuisine, je serai bientôt prête.” J’ai salué les parents. “Viens prendre une tasse de thé.”
55. Mon cœur battait, mais ils n’ont parlé de rien. J’ai pensé qu’elle n’avait peut-être pas reçu la lettre. Elle m’a proposé d’aller à l’église à pied. Je n’ai rien écouté de ce que le pasteur Davis a dit ! Je la regardais et je pensais maintenant qu’elle avait reçu ma lettre, et que si elle avait voulu venir à pied, c’est que c’était la dernière fois.
56. Je n’écoutais rien, et je la trouvais plus belle que jamais. Elle ne fumait pas, ne dansait pas, ne parlait pas grossièrement. Après la réunion, je l’ai raccompagnée. Elle me paraissait si belle avec ses cheveux noirs sous la lune. En approchant de la porte, je me suis senti soulagé en pensant que personne n’avait reçu la lettre. C’est alors qu’elle m’a dit : “Billy, j’ai reçu ta lettre.” Elle a continué d’avancer sans dire un mot. J’aurais tant voulu qu’elle parle !
57. Quel suspense ! “L’as-tu lue ?” – “Hm, hm.” Elle n’a rien dit d’autre ! Finalement nous nous sommes mariés. J’étais si heureux quand j’ai glissé l’alliance à son doigt sous un arbre ! Avant d’accepter l’alliance, elle m’a suggéré de demander l’accord de ses parents. Je lui ai proposé de faire chacun notre part : “Tu parleras à ta mère, et je parlerai à ton père.” J’ai pensé qu’il valait mieux que je parle le premier. “Tu devrais le faire ce soir.”
58. Il était derrière son bureau. Hope me faisait de petits signes de tête. Il était déjà neuf heures. J’ai dit : “Il se fait tard.” Je me suis levé pour partir, et Hope m’a lancé un regard spécial. Sa mère était présente, mais faire ma demande, c’était la faire au père et à la mère ! Hope m’a accompagné à la porte. Je lui ai dit : “On se retrouve mercredi.” Elle m’a serré la main en regardant vers son père. “Je ne pourrai pas ! …d’accord j’y vais.” J’ai raclé ma gorge : “Mr. Brumbach, pourrais-je vous parler une minute.”
59. “Bien sûr.” Lui et sa femme se sont regardés. Hope est allée vers sa mère, et je me suis dirigé vers la porte. “Que veux-tu Bill ?” – “Il fait bon ce soir !” – “C’est vrai.” – “C’est une belle nuit, Charlie.” – “Oui.” – “Tu sais …” – “Tu peux l’épouser Bill.” J’ai serré sa main : “Charlie, je suis pauvre. Votre fille est bien habillée, mais je n’ai qu’un costume. J’ai cherché toute ma vie celle qui serait ma reine. Je ne pourrais pas lui donner la vie que vous auriez voulue pour elle. Je ne gagne que 14 dollars par semaine.”
60. “Charlie, je dois m’occuper aussi de ceux de mes frères qui n’ont pas encore de travail et de ma mère. Mais je travaillerai de mon mieux car j’aime Hope. Je lui serai fidèle.” Il a posé sa lourde main sur moi : “Bill, je préfère que ce soit toi qui l’épouses sur ces bases, plutôt qu’un homme riche qui la maltraiterait. Le bonheur dépend non de la quantité des biens, mais de la satisfaction que l’on tire de ce qu’on a.”
61. Je ne sais pas comment Hope a fait avec sa mère, mais nous nous sommes mariés à Fort Wayne, Indiana [22 juin 1934]. J’ai loué une maison de deux pièces pour 4 dollars par mois. On nous a donné un vieux lit pliant. Plus tard, maman nous a donné un lit métallique. J’ai acheté pour 3 ou 4 dollars de vaisselle que j’ai peinte en jaune avec un chardon vert.
62. J’ai acheté dans une brocante un four pour 75 cents, et des grilles pour un peu plus d’un dollar. L’amour de Dieu était dans nos cœurs, et c’était l’essentiel. Peu importe que la maison soit une cabane. Ce qui importe, c’est la bonne entente du foyer à l’intérieur. Mieux vaut être heureux dans une cabane, que malheureux dans un palais. Un an après notre mariage, Dieu nous a donné Billy Paul [né le 13 septembre 1935].
63. Hope était allemande, et moi irlandais. J’ai donc proposé comme prénom “Heinren Michael”, mais elle n’a pas aimé. John Ryan est réapparu dans ma vie, et il m’a invité à Dowagiac, Michigan, où il vit. J’avais 10 ou 12 dollars d’économie. Au retour, je suis passé par Mishawaka où il y avait une foule de gens et de voitures. J’ai entendu des chants et des hurlements, et j’ai pensé qu’il y avait des funérailles.
64. Je suis entré dans l’église où cela se passait. Il s’agissait d’une convention pentecôtiste internationale se tenant au Nord pour éviter les problèmes de ségrégation. Je n’avais jamais rencontré de pentecôtistes auparavant. Ils étaient tous en train de chanter, de crier et de battre des mains. “C’est un comportement bizarre !” Un Noir a chanté : “Le Sang a été versé pour moi”, et tous ont repris le chant, et tous s’embrassaient, Noirs et Blancs réunis. Certains sautaient, d’autres parlaient en langues. Un prédicateur a prêché sur le baptême de l’Esprit, et son doigt me désignait au fond de la salle ! “Que pourrait-il savoir de moi ?” Il y avait là deux ou trois mille personnes réunies.
65. Un groupe de musiciens Noirs, appelés Locust Group ou Piney Wood, était venu de Chicago. Je n’avais jamais entendu une musique pareille, et j’ai pensé : “Ces gens n’ont pas honte de leur religion.” J’ai décidé de revenir le soir. J’avais juste assez d’argent pour acheter l’essence du retour, et je ne pouvais pas me payer une chambre. J’ai garé ma voiture dans un champ pour la nuit, et j’ai acheté des petits pains rassis.
66. Le soir, ils ont demandé à tous les pasteurs de venir sur l’estrade pour se présenter. J’ai dit : “Évangéliste, William Branham, Jeffersonville, Indiana.” Ils ont trouvé que j’étais le plus jeune. J’avais 23 ans. Je les ai écoutés toute la soirée prêcher sur la Divinité de Christ, sa vie, son sacrifice, etc.
67. Un Noir âgé, vêtu d’une longue redingote à l’ancienne, est venu. “Pauvre homme, il est bien vieux !” Je n’avais jamais vu de micro auparavant. Il a lu un passage de Job 38 : “Où étais-tu quand je fondais la terre … alors que les étoiles du matin éclataient en chants d’allégresse, et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ?” Il est remonté dix millions d’années avant la fondation du monde, il a escaladé les cieux, parlé des fils de Dieu éclatant de joie, puis il a traversé les différents âges jusqu’au Millénium. Il a terminé en sautant en l’air et en claquant des talons : “Alléluia ! Je n’ai pas assez de place ici pour prêcher !”
68. J’ai pensé : “Si cela produit un tel effet sur un vieil homme, quel effet cela aurait-il sur moi ! Voilà ce dont mon cœur a faim ! Ces gens ont reçu quelque chose.” Je suis retourné à ma vieille Ford dans le champ pour la nuit. Pour repasser mon pantalon, je l’ai étendu sur le siège replié.
69. J’ai prié : “Ouvre-moi une porte parmi ces gens, qu’ils soient baptistes ou non. J’ai toujours cherché de tels gens !” Au matin j’y suis retourné vêtu d’un T-shirt et d’un pantalon léger. Personne ne me connaissait et ne savait que j’étais pasteur. Un Noir s’est assis à côté de moi, une dame était assise de l’autre côté.
70. Une chanteuse et un trompettiste sont venus. J’ai pleuré comme un enfant. Un pasteur du nom de Kurtz est venu sur l’estrade : “Hier soir, le plus jeune pasteur était William Branham de Jeffersonville. Nous voudrions qu’il apporte le message ce matin.” Je me suis rencoigné. Mais il a renouvelé son appel. Je n’étais pas présentable, et ces gens avaient quelque chose que je n’avais pas. Mon voisin Noir m’a demandé : “Tu le connais ?” Je ne voulais pas mentir : “C’est moi.” – “Je me disais aussi … vas-y mon gars.”
71. “Non, regardez comme je suis habillé !” – “Ces gens s’en fichent ! Vas-y.” Ils ont demandé si quelqu’un avait trouvé le pasteur Branham. “Il est ici ! Il est ici !” J’y suis allé tout rougissant et épouvanté. Mais j’avais prié la veille pour avoir une ouverture ! Je ne savais pas à quelle distance tenir le micro. “Je ne connais pas votre manière de prêcher …” Et je suis tombé sur le texte de Luc qui parle de l’homme riche qui levait les yeux en enfer, et du pauvre Lazare. “Et mon sujet sera : Alors il pleura”.
72. “Il n’y avait pas d’église là, et il pleura. Il n’y avait pas d’enfants, et il pleura. Il n’y avait pas de chants, et il pleura. Il n’y avait pas de Dieu, et il pleura.” Les gens se sont mis à crier et j’ai pleuré. Tous étaient debout. Je me souviens seulement que je me suis retrouvé dehors, tandis que toute l’assemblée louait Dieu et criait. Je ne savais pas ce qui s’était passé.
73. Un grand gars du Texas avec son chapeau et ses bottes est venu m’inviter pour des réunions de réveil. Il était prédicateur malgré les apparences. Un autre est venu en pantalon de golf. Il était pasteur en Floride. Tout compte fait, mon pantalon et mon T-shirt n’étaient pas incongrus !
74. Une femme du nord du Michigan et s’occupant des Indiens s’est approchée : “Le Seigneur m’a dit que vous devriez venir m’aider auprès des Indiens.” J’ai mis les adresses par écrit. Il y en avait pour une année. Je suis reparti tout joyeux et aussi vite que possible vers Jeffersonville ! Ma femme a couru à ma rencontre : “Qu’est-ce qui te rend si joyeux ?” - “J’ai rencontré les gens les plus heureux du monde !” –“Où sont-ils ?”
75. Je lui ai tout raconté. “Je suis invité partout !” – “Pourquoi se comportent-ils ainsi ?” – “Je ne sais pas, mais cela me convient. Je vais arrêter mon travail, quitter cette église et partir prêcher avec eux. Viens-tu avec moi ?”
76. “J’irai où que tu ailles.” Je suis heureux de pouvoir dire qu’elle était une reine. J’en ai parlé à ma mère. “Il y a eu autrefois dans le Kentucky des baptistes qui se comportaient ainsi ! C’était une religion du cœur. Tu devrais aller les voir. Que Dieu te bénisse Bill.”
77. Entre temps, les parents de Hope s’étaient séparés. “Mrs. Brumbach, j’ai rencontré des gens merveilleux !” – “William, je n’autoriserai jamais ma fille à aller avec une bande d’agités et de déchets de ce genre.” – “Mais je ressens que Dieu veut que je fasse cela.” – “Tu ferais mieux de t’occuper de ton assemblée naissante, de prendre soin de ta femme et de ton bébé pour qu’ils aient à manger tous les jours. Si ma fille s’en va, j’irai dans la tombe le cœur brisé !” Hope a demandé : “Tu le penses vraiment ?” – “Oui.” Hope s’est mise à pleurer. Je suis sorti avec Hope. “Mrs. Brumbach, elle est ma femme.” – “Et elle est ma fille !”
78. Hope m’a dit : “C’est ma maman, mais j’irai avec toi.” – “Je ne veux pas lui faire de la peine. Si quelque chose lui arrivait, je m’en voudrais toute ma vie. Remettons cela à plus tard.” Ce fut la pire décision de ma vie ! Cela a commencé quelques semaines plus tard avec l’inondation. Mais d’abord la maladie a frappé ma femme, puis Billy, puis sa petite sœur Sharon Rose [née le 27 octobre 1936], plus jeune de 11 mois.
79. Je ne pouvais pas l’appeler Rose of Sharon [cf. Cant. 2:1], alors je l’ai appelée Sharon Rose. Quand l’inondation est survenue, elle était étendue là, avec une pneumonie, avec plus de 40 de fièvre. Le docteur Sam Adair, un ami pour moi, est venu : “C’est grave. Donne-lui du jus d’orange toute la nuit.” Au matin, la fièvre avait un peu baissé. Ma belle-mère n’aimait pas le Dr. Adair. Elle voulait la transporter chez elle, une maison qui serait mieux chauffée. Elle ne voulait pas que je demande l’avis de Sam Adair. Il m’a déconseillé de la déplacer : “Elle en mourrait par ce froid.” Mais elle a insisté, et Sam Adair a dégagé toute responsabilité.
80. Je suis allé prier à l’église. Il m’a semblé qu’un drap sombre descendait devant moi. J’ai dit à tous : “Elle ne va pas s’en sortir. C’est comme pour l’inondation et pour ce qui est arrivé à ma femme.” J’avais dit qu’elle ne se lèverait pas de son lit.
81. L’inondation a eu lieu [crue de l’Ohio, 1947]. Je faisais partie des équipes de secours et j’avais une barque. Hope a été conduite dans un hôpital public avec les deux enfants gravement malades. J’avais cru entendre un cri du côté de Chester Street, alors que les eaux étaient partout. J’y suis allé avec la barque. Vers 11 heures, j’ai trouvé une mère qui s’est évanouie dans mes bras, et je l’ai mise dans la barque avec ses deux enfants. J’ai rejoint la berge, mais la mère a crié : “Mon bébé !” J’ai pensé qu’un autre enfant était resté là-bas, et j’y suis retourné.
82. Je n’ai trouvé personne. J’ai entendu la maison craquer, je me suis précipité dans la barque. Il neigeait. J’ai détaché la barque, et le courant l’a emportée au milieu de la rivière, et je n’arrivais pas à faire démarrer le moteur. Les chutes de l’Ohio étaient un peu plus loin. Le chemin du transgresseur est rude !
83. Impossible de faire partir le moteur ! “Mon Dieu, les chutes sont proches. J’ai une femme et deux enfants à l’hôpital. Je te prie de faire repartir le moteur !” Je me suis souvenu de la phrase : “Je ne laisserai pas ma fille partir avec cette bande de détritus.” En fait, ils étaient le meilleur de la récolte.
84. J’ai tiré sur le démarreur, et le moteur s’est mis à tourner. Il a fallu remonter le courant. J’ai accosté non loin de New Albany. J’ai couru vers l’hôpital, mais il n’en restait plus rien. J’avais froid et j’étais trempé. Je ne savais pas où était le frère Ryan. J’ai couru et j’ai rencontré le Major Weekly.
85. Je ne savais pas où était ma femme. On m’a dit que personne ne s’était noyé et que tous avaient été évacués en train à Charlestown. D’autres m’ont dit que le train avait été emporté, et que ma femme avec ses deux enfants avaient une pneumonie, et se trouvaient dans un wagon à bestiaux, sous la pluie et le vent.
86. Si Dieu vous dit de faire quelque chose, ne laissez personne se mettre en travers du chemin. J’ai essayé d’atteindre Charlestown avec ma barque malgré les tourbillons. Le jour allait se lever. Je me suis retrouvé sur un îlot. J’y suis resté 3 ou 4 jours, et on devait m’apporter de quoi manger. J’avais le temps de réfléchir pour savoir s’ils étaient ou non des “détritus” ! Écoutez toujours ce que Dieu dit !
87. L’eau avait baissé. On m’avait dit que ma femme était à Charlestown, j’y suis allé, mais elle n’y était pas. Le Colonel Hay, décédé récemment, m’a conduit à la gare. “Ils ont sans doute échoué quelque part contre une haie.” J’avais le cœur brisé. J’ai pleuré et je me suis repenti. Si j’étais allé avec ces gens qui croyaient au surnaturel, l’Ange m’aurait parlé, et des milliers de gens de plus seraient allés dans la gloire ! C’est pourquoi je consacre toute mes forces à cela, car je dois racheter le temps.
88. Finalement on m’a dit : “Ils ne sont pas noyés, ils sont à l’église baptiste de Colombus, Indiana.” On m’y a conduit, et j’ai crié : “Hope ! Hope ! Où es-tu ?” Les réfugiés étaient entassés sur des civières. J’ai enfin repéré une main levée. Elle était étendue, mourante. Je l’avais cherchée pendant 3 semaines. Son visage était creusé et ses yeux enfoncés.
89. “Je sais que je ne suis pas belle !” Elle m’a dit que les enfants étaient avec sa mère dans un bâtiment voisin, et que Sharon était vivante. Quelqu’un m’a touché l’épaule. “N’êtes-vous pas un ami de Sam Adair ? … Je dois vous informer que votre femme a une tuberculose foudroyante. Il ne lui reste que quelques jours à vivre. … Vous aurez de la chance si vos enfants passent à travers.” – “Merci docteur. Permettez-moi de rester près d’elle. Je tiendrai bon.”
90. J’ai bien vu qu’elle s’en allait. “Tu as bonne mine Hope.” – “Dieu va peut-être me laisser vivre.” … Quelques jours après, je l’ai fait venir à Jeffersonville. Son état est allé en empirant. Les enfants semblaient aller mieux. Le docteur Adair a tout essayé. Il a fait appel à un spécialiste, et j’ai emprunté pour louer une machine pour pneumothorax, pour ponctionner les poumons. Puis ils l’ont examinée aux rayons X. La tuberculose avait progressé hors du poumon. “Il n’y a plus rien à faire.”
91. Il y avait là ma petite Sharon de 11 mois et le petit Billy de 18 mois. Ils seraient bientôt sans mère. J’ai prié et pleuré. Je vous le dis : écoutez quand Dieu vous parle ! J’étais dans ma voiture quand on m’a dit de me rendre immédiatement à l’hôpital.
92. Le docteur Adair m’a vu arriver. Il était un ami de toujours, et il pleurait. “C’est fini.” – “Non !” – “Si.” – “Entrez avec moi, docteur.” – “Je ne peux pas, elle était comme ma sœur.” L’infirmière est alors venue, et m’a donné des médicaments à prendre. “Je n’en veux pas. Laissez-moi entrer seul.” Elle était allongée, les yeux fermés. J’ai posé la main sur son front. Il était moite. “Peux-tu me parler encore une fois ? … Mon Dieu, je sais que j’ai eu tort, mais laisse-la me parler … ” Je n’oublierai jamais cela. Ses grands yeux noirs se sont ouverts, et elle m’a regardé. Elle m’a fait signe de me pencher.
93. “Billy, pourquoi m’as-tu appelée ? J’étais si bien !” – “Que veux-tu dire ?” – “Tu sais que je m’en vais … et tu sais pourquoi … tu te souviens de ce que ma mère a dit à propos de ces gens ?” – “Nous n’aurions pas dû faire cela.”
94. L’infirmière est entrée. Hope l’a fait approcher et elle m’a pris la main : “Louise, je vous souhaite d’avoir un mari comme le mien, aussi gentil.” Louise n’a pas pu tenir, et elle est sortie. “Bill, je m’en vais. Il y avait quelqu’un en blanc de chaque côté de moi, et je suivais un chemin magnifique, avec des palmiers et de grands oiseaux allant d’arbre en arbre. C’est un endroit si beau !”
95. Je crois que Dieu lui a donné un aperçu du Paradis au moment de son départ. “Bill, la religion dont nous parlons depuis notre baptême du Saint-Esprit … ne cesse jamais de la prêcher.” – “Si seulement j’avais écouté.” – “Oui. Mais souviens-toi que le Saint-Esprit merveilleux que nous avons reçu, me conduit. Promets-moi d’être toujours fidèle à cela. C’est merveilleux dans la mort.” – “Je te le promets.”
96. “Te souviens-tu quand tu voulais un fusil calibre 22 pour aller à la chasse ? Tu n’avais pas les 3 dollars pour les arrhes.” – “Oui.” Pour moi la chasse est du repos. “J’ai fait des économies sur ma garde-robe pour te l’offrir. Tu les trouveras sous les journaux, à la tête du lit de Ryan.” Vous ne pouvez pas savoir ce que j’ai ressenti quand j’ai trouvé ces 2 dollars et 70 cents.
97. Elle m’a rappelé le jour où, au lieu de lui acheter des bas, je lui avais acheté des chaussettes ! “Promets-moi aussi de ne pas rester célibataire.” – “Hope, ne me demande pas cela !” – “Il n’y a pas de mariage dans les cieux. Je te laisse deux enfants. Peu m’importe de partir, mais je n’aimerais pas qu’ils fassent n’importe quoi alors que tu as un ministère. Trouve une gentille femme ayant reçu le Saint-Esprit. Qu’elle soit une mère à ma place.”
98. Je ne pouvais pas faire une telle promesse ! “Tu ne peux pas me laisser partir triste.” – “Je ferai de mon mieux.” – “Bill, je sens qu’ils reviennent me chercher.” – “Je te déposerai au cimetière de Walnut Ridge. Si Jésus revient avant mon départ, je serai sur le champ de bataille.”
bataille, en train de pêcher l’Évangile du Saint-Esprit. Je te donne rendez-vous pour le jour où la Cité aux portes de perle descendra.
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Un chrétien ne croit pas à la mort. Le Sang de Christ a ôté son péché, et est dès maintenant dans la Présence de Christ. “Tu viendras la première puisque les morts en Christ ressusciteront les premiers. Quand tu verras Abraham, Isaac et Jacob, crie mon nom. Sharon et Billy seront avec moi, et je t’attendrai à la porte avant d’entrer.” Elle a pris et serré ma main. Je me suis baissé pour l’embrasser. Elle m’a regardé et a dit : “Je t’attendrai à la porte.” Dieu a conduit son âme dans la gloire. Ils ont pris son corps pour l’embaumer. Je suis rentré chez moi, et je ne pouvais pas m’endormir. Quelqu’un a alors frappé. C’était le frère Frank : “Sharon est mourante.”
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Le docteur Adair venait de la conduire à l’hôpital pour une méningite tuberculeuse, et il n’y avait plus d’espoir. Je me suis précipité. Ils ont dû me tenir et me mettre dans une Chevrolet. Une infirmière m’a interdit d’entrer dans la chambre : “Elle est en isolement. Vous risquez de contaminer Billy.” – “Je dois voir mon enfant !”
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“Elle a contracté cela avec sa mère. C’est dans la colonne vertébrale.” Je suis parti, mais dès qu’elle a eu le dos tourné, je suis revenu et j’ai ouvert la porte. La chambre était en sous-sol. Le lit était entouré d’une moustiquaire. Elle avait des mouches dans les yeux. Ses yeux bleus me regardaient. Ses petites jambes étaient agitées. “Sharon, reconnais-tu papa ?”
133 à 134. Ses lèvres ont tremblé. Elle souffrait tant qu’un œil louchait. Je pense à cette scène à chaque fois que je vois un enfant qui louche. Je me suis effondré : “Mon Dieu, ne la reprends pas, c’est moi qui ai commis la faute !” Mais Dieu sait comment agir dans un cœur. “Ma femme est à la morgue. J’ai honte d’avoir écouté une autre voix. Je veux vivre pour toi peu importe si on me traite d’agité. Mais laisse-la vivre !”
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Un drap noir est alors descendu. J’ai compris qu’elle allait partir. “Sharon, tu me reconnais ?” Sa bouche a fait un curieux bruit. J’ai posé la main sur sa tête. Satan s’est alors approché : “As-tu encore confiance en Lui ?” J’ai dit : “Mon Dieu, tu me l’as donnée, et tu me la reprends. Béni soit le Nom du Seigneur. Je ne peux pas dire que tu es injuste. Je mérite cela et je t’aime de tout mon cœur. Que ta volonté soit faite pour mon enfant.”
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Mes forces m’ont abandonné, et je suis tombé. Son petit corps a été placé dans les bras de sa mère. Le pasteur méthodiste Smith, ici présent, a prononcé l’oraison au cimetière. Mon cœur était déchiré. Puis Billy Paul est tombé malade et a failli mourir. La dernière fois où il a vu sa mère, c’était par la vitre d’une ambulance.
137 à 138. Quand elle a été ensevelie, il m’a semblé entendre sa voix au travers des arbres … [Chant] … Il n’y a pas longtemps, un matin de Pâques, je suis allé porter des fleurs sur sa tombe avec Billy. Il a ôté son chapeau, comme moi, et nous nous sommes agenouillés. Je l’ai entouré de mon bras : “Je crois que j’ai été ta mère et ton père !” J’étais célibataire, et je tenais les biberons au chaud dans ma veste ou sous le traversin. “J’ai fait de mon mieux pour t’élever. Ici, il y a la poussière d’où elles ont été tirées. Mais il y une Tombe vide. Un jour, ceux qui sont morts en Christ vont en sortir.” Il pleurait et nous avons prié.
139 à 140. Je ne trouvais la paix nulle part. Un jour, j’ai voulu me suicider. Je n’en pouvais plus. J’étais accroché en haut d’un poteau électrique, je chantais “sur la colline il y a une croix”, et sur le sol mon ombre et celle du poteau formaient une croix. J’ai pensé alors que mes péchés l’avaient mis sur la croix. “Mon Dieu, je n’en peux plus ! Sharon, j’arrive !” J’ai ôté mes gants protecteurs … [Enregistrement interrompu]
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… [W.M. Branham relate maintenant un songe, au cours duquel il avançait sur un chemin] … j’ai ôté mon chapeau : “Bonjour mademoiselle.” – “Bonjour papa.” – “J’ai le même âge que vous, comment pourrais-je être votre père ?” – “Tu ne comprends pas où tu es. Ici, c’est le ciel. Où est mon frère Billy Paul ? Sur terre, j’étais ta petite Sharon !” – “Mais tu es grande !” – “Il n’y a pas de bébés ici. Nous avons tous le même âge. Maman t’attend.”
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“Où est-elle ?” – “Dans ta nouvelle maison.” – “Les Branham n’ont pas de maison, ce sont des vagabonds.” – “Ici, tu as une maison.” J’ai regardé. On aurait dit une colline, une grande propriété entourée de la gloire de Dieu. “Maman t’attend là-haut. Elle veut te voir. Moi, je vais attendre Billy Paul.”
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J’ai grimpé les marches en courant. Elle se tenait là, avec ses beaux cheveux noirs descendant sur les épaules, le regard vif, vêtue de blanc. Elle a tendu les bras : “Bill !” Je suis tombé à ses pieds et j’ai pris ses mains. “Chérie, je ne comprends pas.” – “Relève-toi.” – “J’ai vu Sharon, elle est belle !”
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“Je sais que tu ne peux comprendre. Mais tu vas te réveiller, et tu comprendras. Mais ton inquiétude te tue. Ne t’inquiète plus pour Sharon et moi. Nous allons beaucoup mieux que vous ! Va de l’avant et fais ce que tu as promis. Veux-tu t’asseoir ?” Il y avait là un fauteuil Morris [NDT : fauteuil à dossier inclinable]. “T’en souviens-tu ?” – “Oui.”
145 à 146. Ce fauteuil était mon coin de repos après les prédications. Je l’avais acheté 15 dollars, à raison d’un dollar par semaine. Mais, après avoir versé 5 ou 6 dollars, j’ai dû le rendre, faute de pouvoir payer. C’était notre seul meuble. Ce soir-là, elle avait fait une tarte aux cerises, et elle m’a proposé d’aller à la rivière. Elle n’aimait pas pêcher, et j’ai compris qu’il y avait un problème. Il y avait des larmes dans ses yeux. Nous sommes revenus, et j’ai alors vu qu’ils étaient venus chercher le fauteuil. Je l’ai consolée : “Un jour, nous en aurons un !”
- Dans le songe, elle m’a montré le fauteuil : “Celui-là ne sera pas enlevé, il est déjà payé.” Je sais qu’il y un Repos, un foyer pour moi de l’autre côté de la rivière ! Mes erreurs auront été des marches.
148 à 149. J’espère que votre expérience n’est pas la même, mais nous serons chacun un jour devant Dieu. Sa grâce m’a sauvé et me garde chaque jour. Une dame m’a demandé quand je trouvais le temps de me reposer. Je ne ressemble plus à ce que j’étais sur les photos il y a quelques années. Après ma première grande réunion, mon enfant ne m’a pas reconnu, j’étais courbé. Les visions me consument la vie. Mais, une fois de l’autre côté, ce sera différent !
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Je vous aime, j’essaie de vous aider. Je suis ici afin de prier pour vous. J’aimerais pouvoir dire à mon arrivée là-haut : “J’ai fait du mieux possible”, et j’espère l’entendre dire : “C’est bien, entre dans la joie de ton Maître, bon et fidèle serviteur.” … [Prière].
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[Prière en forme d’appel à la conversion].
152 à 155. [Long appel à la conversion. De nombreuses mains se lèvent en réponse à l’appel].
156 à 157. [Ceux qui ont levé la main, sont invités à s’avancer vers l’estrade. Cantique].
158 à 159. Que tous les chrétiens prient tandis que l’orgue joue. [Suite de l’appel] …
- [Prière et cantique].
161 à 162. Que ceux qui veulent être remplis du Saint-Esprit s’avancent. Cela fera une telle différence ! On ne peut voir le Royaume à moins d’être né d’Eau et d’Esprit. N’affrontez pas l‘éternité sans être né de nouveau ! … [Cantique].
163 à 165. Que les pasteurs s’avancent. … [Exhortation à l’adresse des pécheurs qui se sont avancés.].
Les Écritures de ce texte
Hébreux 13:10Exode 20:12Éphésiens 6:2Job 38Cantique des cantiques 2:1
Hébreux 13:10Exode 20:12Éphésiens 6:2Job 38Cantique des cantiques 2:1
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